{"id":24493,"date":"2026-06-04T14:53:43","date_gmt":"2026-06-04T12:53:43","guid":{"rendered":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/?page_id=24493"},"modified":"2026-06-04T15:57:54","modified_gmt":"2026-06-04T13:57:54","slug":"la-sociabilite-rurale-en-avesnois","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/la-sociabilite-rurale-en-avesnois\/","title":{"rendered":"La sociabilit\u00e9 rurale en Avesnois"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La sociabilit\u00e9 rurale en Avesnois reposait sur un ensemble de lieux, de pratiques et de relations qui structuraient la vie quotidienne. Dans un territoire o\u00f9 les villages \u00e9taient dispers\u00e9s, o\u00f9 les fermes \u00e9taient isol\u00e9es et o\u00f9 les d\u00e9placements restaient limit\u00e9s, chaque occasion de rencontre comptait. Cette sociabilit\u00e9 ne se vivait pas seulement dans les grandes f\u00eates ou les march\u00e9s : elle se tissait dans les caf\u00e9s, dans les ateliers des artisans, dans les veill\u00e9es familiales, dans les entraides agricoles, dans les sociabilit\u00e9s f\u00e9minines, dans les jeux des enfants, dans les rites familiaux, jusque dans la pr\u00e9sence famili\u00e8re des animaux du village.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle prenait forme dans les discussions au caf\u00e9, les \u00e9changes au lavoir, les visites chez le forgeron, les travaux collectifs, les passages des colporteurs, les petites histoires du voisinage, les moments partag\u00e9s autour d\u2019un repas ou d\u2019un bapt\u00eame. Elle se nourrissait autant des solidarit\u00e9s que des tensions, des habitudes que des impr\u00e9vus, des traditions que des n\u00e9cessit\u00e9s du quotidien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comprendre cette sociabilit\u00e9, c\u2019est entrer dans l\u2019intimit\u00e9 d\u2019un monde o\u00f9 les relations humaines \u00e9taient essentielles \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre du territoire. Un monde o\u00f9 l\u2019on vivait entour\u00e9, m\u00eame au c\u0153ur des campagnes les plus isol\u00e9es, parce que chaque geste, chaque parole, chaque rencontre contribuait \u00e0 faire tenir ensemble la communaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et parmi tous ces lieux de rencontre, un tenait une place toute particuli\u00e8re dans la vie quotidienne : <strong>le caf\u00e9 de village<\/strong>, v\u00e9ritable c\u0153ur battant de la sociabilit\u00e9 rurale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83d\udc13 I. Les caf\u00e9s de village : le c\u0153ur social du quotidien<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les caf\u00e9s de village \u00e9taient des lieux incontournables. On y venait pour boire un verre, bien s\u00fbr, mais surtout pour discuter, \u00e9changer des nouvelles, commenter les r\u00e9coltes, les prix du b\u00e9tail, les \u00e9v\u00e9nements du canton. Les hommes s\u2019y retrouvaient apr\u00e8s le travail, les dimanches apr\u00e8s la messe, ou lors des veill\u00e9es d\u2019hiver. Les femmes y entraient plus rarement, sauf dans les caf\u00e9s\u2011\u00e9piceries o\u00f9 l\u2019on venait acheter du sucre, du caf\u00e9, du savon ou du fil.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le caf\u00e9 \u00e9tait aussi un lieu de jeux : cartes, billard, jeux de d\u00e9s, concours de fl\u00e9chettes. C\u2019\u00e9tait un espace o\u00f9 se construisaient les r\u00e9putations, o\u00f9 se r\u00e9glaient parfois les diff\u00e9rends, o\u00f9 se formaient les alliances. Chaque caf\u00e9 avait son ambiance, ses habitu\u00e9s, ses histoires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais la sociabilit\u00e9 rurale ne se jouait pas seulement dans les caf\u00e9s. Elle passait aussi par ceux qui allaient de village en village, portant avec eux des objets, des histoires, des rumeurs et parfois m\u00eame des secrets. Ces figures itin\u00e9rantes formaient un autre maillon essentiel du lien social : <strong>les colporteurs et marchands ambulants<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83e\uddfa II. Les colporteurs et marchands ambulants : des liens entre les villages<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les colporteurs sillonnaient l\u2019Avesnois avec leurs paniers, leurs caisses ou leurs charrettes. Ils vendaient des objets rares ou difficiles \u00e0 trouver : aiguilles, rubans, savon, images pieuses, petits outils, almanachs. Mais ils apportaient aussi des nouvelles : naissances, d\u00e9c\u00e8s, mariages, rumeurs, d\u00e9cisions administratives, \u00e9v\u00e9nements des villages voisins.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Leur passage \u00e9tait attendu. Ils repr\u00e9sentaient un lien entre les communaut\u00e9s, un fil discret mais essentiel. Les marchands ambulants, eux, vendaient des l\u00e9gumes, du poisson, des v\u00eatements, parfois m\u00eame des rem\u00e8des. Ils connaissaient les familles, les habitudes, les besoins.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces \u00e9changes mobiles compl\u00e9taient les rencontres plus massives des foires, mais la sociabilit\u00e9 rurale se jouait aussi dans les relations de voisinage, faites d\u2019entraide autant que de tensions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si les colporteurs apportaient des nouvelles du dehors, la vie du village, elle, reposait avant tout sur les relations entre voisins. Dans un monde o\u00f9 l\u2019on d\u00e9pendait des autres pour les gros travaux comme pour les moments difficiles, la solidarit\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas un choix mais une n\u00e9cessit\u00e9. C\u2019est dans ce quotidien partag\u00e9 que s\u2019exprimait pleinement <strong>l\u2019entraide rurale<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83e\udd1d III. Les solidarit\u00e9s rurales : entraide, corv\u00e9es et voisinage<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La vie rurale reposait sur une solidarit\u00e9 de fait. On s\u2019aidait pour les gros travaux : moisson, fenaison, battage, r\u00e9paration d\u2019un toit, abattage d\u2019un arbre. Ces corv\u00e9es collectives \u00e9taient indispensables, car aucune famille ne pouvait tout faire seule. Elles renfor\u00e7aient les liens, cr\u00e9aient des obligations r\u00e9ciproques, structuraient la vie du village.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019entraide se manifestait aussi dans les moments difficiles : maladie, accident, d\u00e9c\u00e8s. On apportait du bois, du lait, du pain ; on gardait les enfants ; on prenait en charge les b\u00eates. Cette solidarit\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas th\u00e9orique : elle \u00e9tait v\u00e9cue, quotidienne, n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais la proximit\u00e9 pouvait aussi engendrer des tensions, parfois vives.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pourtant, cette proximit\u00e9 constante ne produisait pas que de l\u2019entraide. Vivre c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, partager les chemins, les haies, les cours d\u2019eau, les b\u00eates\u2026 tout cela pouvait aussi cr\u00e9er des tensions, parfois anciennes, parfois vives. Car la sociabilit\u00e9 rurale, c\u2019\u00e9tait aussi <strong>les conflits de voisinage<\/strong>, in\u00e9vitables dans un territoire o\u00f9 chaque parcelle comptait.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u2696\ufe0f IV. Les conflits de voisinage : bornes, chemins et b\u00eates<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La sociabilit\u00e9 rurale n\u2019\u00e9tait pas toujours harmonieuse. Les conflits de voisinage \u00e9taient fr\u00e9quents : \u2013 limites de parcelles, \u2013 bornes d\u00e9plac\u00e9es, \u2013 chemins obstru\u00e9s, \u2013 b\u00eates \u00e9chapp\u00e9es, \u2013 haies mal taill\u00e9es, \u2013 eaux d\u00e9tourn\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmi les conflits les plus vifs, ceux qui opposaient les meuniers occupaient une place particuli\u00e8re. Le fonctionnement d\u2019un moulin d\u00e9pendait enti\u00e8rement du d\u00e9bit de la rivi\u00e8re, et chaque modification en amont \u2014 une vanne ouverte trop t\u00f4t, un bief mal entretenu, une retenue d\u2019eau trop haute \u2014 pouvait priver un autre moulin de sa force motrice. Les meuniers surveillaient donc leurs voisins avec une attention jalouse, accusant l\u2019un de \u00ab voler l\u2019eau \u00bb, l\u2019autre de d\u00e9tourner le courant, un troisi\u00e8me de retenir trop longtemps la chute.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces querelles donnaient lieu \u00e0 des discussions anim\u00e9es sur les berges, \u00e0 des plaintes d\u00e9pos\u00e9es aupr\u00e8s du maire ou du juge de paix, parfois m\u00eame \u00e0 des interventions du garde\u2011rivi\u00e8re. Elles r\u00e9v\u00e9laient l\u2019importance vitale de l\u2019eau dans l\u2019\u00e9conomie rurale : sans elle, le moulin s\u2019arr\u00eatait, la farine manquait, et tout le village en ressentait les cons\u00e9quences. Ces tensions, souvent anciennes, faisaient partie du paysage social autant que les alliances et les entraides.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces disputes, parfois anciennes, pouvaient durer des ann\u00e9es. Elles se r\u00e9glaient autour d\u2019une table, devant le maire, ou parfois devant le juge de paix. Elles faisaient partie de la vie rurale autant que l\u2019entraide, et contribuaient \u00e0 d\u00e9finir les \u00e9quilibres locaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais au\u2011del\u00e0 des tensions, la sociabilit\u00e9 rurale s\u2019exprimait aussi dans les moments de joie, de musique et de danse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais malgr\u00e9 les disputes, malgr\u00e9 les rivalit\u00e9s, les habitants savaient aussi se retrouver, oublier les tensions et c\u00e9l\u00e9brer ensemble. Les moments de joie, de musique et de danse jouaient un r\u00f4le essentiel pour souder la communaut\u00e9 et r\u00e9affirmer l\u2019appartenance au village. C\u2019est dans ces instants partag\u00e9s que prenait vie <strong>la f\u00eate de village<\/strong>, joyeuse et f\u00e9d\u00e9ratrice.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83c\udfb6 <strong>V. Les f\u00eates de village : musique, danse et jeux<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les f\u00eates de village, distinctes des grandes ducasses, \u00e9taient des moments de convivialit\u00e9 plus modestes mais tr\u00e8s attendus. On organisait des bals dans les granges, des soir\u00e9es de musique, des concours de jeux traditionnels : quilles, bourle, tir \u00e0 la corde, jeux de cartes. Les musiciens locaux \u2014 accord\u00e9onistes, violoneux, joueurs de fifre \u2014 animaient la soir\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces f\u00eates \u00e9taient l\u2019occasion de rencontres amoureuses, de retrouvailles, de discussions anim\u00e9es. Elles renfor\u00e7aient le sentiment d\u2019appartenance au village, cr\u00e9aient des souvenirs communs, et donnaient un rythme \u00e0 la vie sociale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83e\ude91 VI. Les veill\u00e9es familiales : un foyer de sociabilit\u00e9 discr\u00e8te<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les veill\u00e9es familiales \u00e9taient un moment essentiel de la sociabilit\u00e9 rurale. Quand la nuit tombait t\u00f4t et que les travaux des champs ralentissaient, les familles se retrouvaient autour du feu ou de la lampe \u00e0 p\u00e9trole. On y tricotait, on r\u00e9parait des outils, on \u00e9pluchait des l\u00e9gumes\u2026 mais surtout, on parlait. Les enfants \u00e9coutaient les histoires des anciens, les adultes \u00e9changeaient des nouvelles, des souvenirs, des conseils.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces veill\u00e9es cr\u00e9aient une intimit\u00e9 particuli\u00e8re, un lien profond entre g\u00e9n\u00e9rations. Elles formaient un espace de transmission, de chaleur humaine, de partage silencieux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais la sociabilit\u00e9 ne se limitait pas \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des maisons. Elle se jouait aussi dans les ateliers, les forges, les \u00e9choppes, ces lieux o\u00f9 l\u2019on venait autant pour se faire d\u00e9panner que pour discuter.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83d\udee0\ufe0f VII. Les artisans du village : forge, atelier et boutique comme lieux de rencontre<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le forgeron, le mar\u00e9chal-ferrant, le sabotier, le bourrelier\u2026 Tous ces artisans \u00e9taient au c\u0153ur de la vie sociale. Leur atelier \u00e9tait un lieu de passage permanent : on venait y faire r\u00e9parer un outil, ferrer un cheval, acheter une bride, mais aussi \u00e9changer des nouvelles, commenter les r\u00e9coltes, raconter une anecdote.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le bruit du marteau sur l\u2019enclume attirait les curieux, les enfants, les voisins. L\u2019artisan connaissait tout le monde, et tout le monde passait chez lui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et pendant que les hommes se retrouvaient \u00e0 la forge ou au caf\u00e9, les femmes, elles aussi, avaient leurs propres lieux de sociabilit\u00e9, tout aussi vivants et essentiels<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83e\uddf5 VIII. Les sociabilit\u00e9s f\u00e9minines : lessives, couture et entraide entre voisines<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les femmes se retrouvaient au lavoir, dans les cours de ferme, ou autour d\u2019une grande table pour coudre, repriser, \u00e9cosser les haricots. Ces moments \u00e9taient l\u2019occasion d\u2019\u00e9changer des recettes, des conseils, des nouvelles du village, des inqui\u00e9tudes, des joies. On s\u2019entraidait pour les naissances, les maladies, les travaux lourds.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces sociabilit\u00e9s f\u00e9minines formaient un r\u00e9seau discret mais puissant, fond\u00e9 sur la solidarit\u00e9, la confiance et la parole partag\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et pendant que les adultes travaillaient, discutaient ou s\u2019entraidaient, les enfants, eux, inventaient leur propre mani\u00e8re d\u2019habiter le village.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83e\uddd2 IX. Les enfants dans le village : jeux, bandes et petites aventures<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les enfants formaient un monde \u00e0 part. Ils jouaient dans les chemins creux, grimpaient aux arbres, construisaient des cabanes, faisaient des courses dans les pr\u00e9s. Ils se d\u00e9pla\u00e7aient en bandes, inventaient des r\u00e8gles, des d\u00e9fis, des histoires. Le village entier \u00e9tait leur terrain de jeu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ils participaient aussi \u00e0 la sociabilit\u00e9 : ils portaient des messages, aidaient aux petites corv\u00e9es, accompagnaient les parents au march\u00e9 ou au caf\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais la sociabilit\u00e9 rurale ne se limitait pas aux loisirs ou aux rencontres informelles.<br>Elle se vivait aussi dans le travail, dans les champs, dans les \u00e9tables, dans les grandes journ\u00e9es de labeur partag\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83d\udc04 X. Les sociabilit\u00e9s li\u00e9es au travail agricole : entraide et travail collectif<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les travaux agricoles rassemblaient les familles et les voisins : moisson, fenaison, battage, r\u00e9colte des pommes de terre, abattage du cochon. Ces moments exigeaient de nombreuses mains, et chacun venait aider. On travaillait ensemble, on mangeait ensemble, on riait ensemble malgr\u00e9 la fatigue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces journ\u00e9es cr\u00e9aient des liens forts, fond\u00e9s sur la n\u00e9cessit\u00e9, la solidarit\u00e9 et la fiert\u00e9 du travail accompli.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et au-del\u00e0 du travail, la sociabilit\u00e9 rurale se retrouvait aussi dans les grands moments de la vie, ceux qui rassemblaient tout le village.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83d\udd4a\ufe0f XI. Les rites familiaux et religieux : bapt\u00eames, mariages, fun\u00e9railles<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les bapt\u00eames, les mariages et les fun\u00e9railles \u00e9taient des moments majeurs de sociabilit\u00e9. Tout le village y participait, de pr\u00e8s ou de loin. On se retrouvait \u00e0 l\u2019\u00e9glise, puis chez les familles, autour d\u2019un repas, d\u2019un verre, d\u2019une conversation. Ces rites structuraient la vie collective, renfor\u00e7aient les liens, apaisaient les tensions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ils donnaient au village un rythme, une coh\u00e9sion, une m\u00e9moire commune.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et dans ce monde rural, m\u00eame les animaux participaient \u00e0 leur mani\u00e8re \u00e0 la sociabilit\u00e9 quotidienne.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83d\udc15 XII. Les animaux du village : chiens, chevaux et b\u00eates comme m\u00e9diateurs sociaux<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les animaux jouaient un r\u00f4le discret mais r\u00e9el dans la sociabilit\u00e9 rurale. Le chien qui accompagnait son ma\u00eetre au caf\u00e9, le cheval que l\u2019on pr\u00eatait pour un labour, la vache que l\u2019on allait voir chez le voisin, les poules qui passaient sous la haie\u2026 Ils cr\u00e9aient des occasions de rencontre, de conversation, d\u2019entraide.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ils faisaient partie du paysage social autant que les habitants eux-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La sociabilit\u00e9 rurale en Avesnois formait un tissu dense, vivant, tiss\u00e9 de rencontres, de gestes partag\u00e9s, de paroles \u00e9chang\u00e9es et de pr\u00e9sences famili\u00e8res. Elle se d\u00e9ployait partout : dans les caf\u00e9s anim\u00e9s, dans les ateliers des artisans, dans les veill\u00e9es familiales, au lavoir, dans les champs, sur les chemins, autour des rites familiaux, jusque dans les jeux des enfants et les all\u00e9es des fermes. Chaque lieu, chaque moment, chaque m\u00e9tier devenait une occasion de se retrouver, de s\u2019entraider, de se raconter, de rire ou de d\u00e9battre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans un territoire o\u00f9 les distances \u00e9taient grandes et les moyens de communication limit\u00e9s, ces relations humaines \u00e9taient essentielles \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre du quotidien. Elles structuraient la vie du village, apaisaient les tensions, renfor\u00e7aient les solidarit\u00e9s, donnaient un rythme aux saisons et une profondeur aux jours ordinaires. Elles faisaient de l\u2019Avesnois un monde o\u00f9 l\u2019on ne vivait jamais vraiment seul, m\u00eame au c\u0153ur des campagnes les plus isol\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui encore, malgr\u00e9 les transformations du monde rural, cette sociabilit\u00e9 laisse des traces : dans les caf\u00e9s qui subsistent, dans les f\u00eates locales, dans les habitudes de voisinage, dans les ateliers qui continuent d\u2019\u00eatre des lieux de passage, dans les entraides spontan\u00e9es, dans la m\u00e9moire collective. Elle raconte un territoire o\u00f9 les liens humains ont toujours \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur de la vie, et o\u00f9 la convivialit\u00e9, la solidarit\u00e9 et la parole partag\u00e9e restent des valeurs profond\u00e9ment ancr\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La sociabilit\u00e9 rurale en Avesnois reposait sur un ensemble de lieux, de pratiques et de relations qui structuraient la vie quotidienne. Dans un territoire o\u00f9 les villages \u00e9taient dispers\u00e9s, o\u00f9 les fermes \u00e9taient isol\u00e9es et o\u00f9 les d\u00e9placements restaient limit\u00e9s, chaque occasion de rencontre comptait. 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