{"id":25113,"date":"2026-06-17T18:31:12","date_gmt":"2026-06-17T16:31:12","guid":{"rendered":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/?page_id=25113"},"modified":"2026-06-17T18:31:12","modified_gmt":"2026-06-17T16:31:12","slug":"les-anciennes-justices-seigneuriales-et-villageoises","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/les-anciennes-justices-seigneuriales-et-villageoises\/","title":{"rendered":"Les anciennes justices seigneuriales et villageoises"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading has-bright-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-275899f9f3a367f4ab0f01177c6eeb6a\">Un syst\u00e8me complexe au c\u0153ur de la vie rurale dans l\u2019Avesnois<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Avesnois, partie orientale de l\u2019ancien comt\u00e9 de Hainaut, a longtemps \u00e9t\u00e9 un territoire o\u00f9 la justice n\u2019\u00e9tait pas centralis\u00e9e, mais \u00e9clat\u00e9e entre une multitude de pouvoirs. Avant 1789, la justice n\u2019\u00e9tait pas un monopole de l\u2019\u00c9tat : elle appartenait aux seigneurs, aux abbayes, aux \u00e9v\u00eaques, aux ordres militaires et aux communaut\u00e9s villageoises. Cette pluralit\u00e9 de juridictions refl\u00e8te l\u2019histoire mouvement\u00e9e d\u2019une r\u00e9gion de fronti\u00e8res, de for\u00eats, de d\u00e9frichements tardifs et de pouvoirs superpos\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s le haut Moyen \u00c2ge, les grandes abbayes \u2014 Maroilles (VII\u1d49 si\u00e8cle), Maubeuge (VII\u1d49), Hautmont (VII\u1d49), Liessies (VIII\u1d49) \u2014 structurent le territoire. Elles poss\u00e8dent des domaines immenses, des droits de justice \u00e9tendus, des sergents, des pr\u00e9v\u00f4ts, des bans. \u00c0 partir du XII\u1d49 si\u00e8cle, les seigneurs d\u2019Avesnes deviennent les principaux acteurs la\u00efcs, multipliant les chartes de franchise et les d\u00e9frichements. L\u2019\u00e9v\u00eaque de Cambrai, prince du Saint\u2011Empire, exerce une autorit\u00e9 sup\u00e9rieure sur Bavay, Catillon, Fesmy et plusieurs villages. Les Templiers s\u2019installent au Favril au XIII\u1d49 si\u00e8cle, ajoutant une juridiction ind\u00e9pendante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ce contexte, les villages de l\u2019Avesnois \u2014 Avesnelles, Cartignies, Fourmies, Wignehies, Glageon, Prisches, Le Favril, Fesmy, Landrecies \u2014 vivent sous un r\u00e9gime judiciaire complexe, o\u00f9 les coutumes locales jouent un r\u00f4le essentiel. Les d\u00e9lits ruraux, les conflits de p\u00e2ture, les litiges forestiers, les infractions aux bans, les rixes de voisinage sont jug\u00e9s par les maires, les \u00e9chevins, les jur\u00e9s, les pr\u00e9v\u00f4ts, les baillis, selon des proc\u00e9dures h\u00e9rit\u00e9es du Moyen \u00c2ge.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette \u00e9tude propose une synth\u00e8se compl\u00e8te de ces justices seigneuriales dans tout l\u2019Avesnois, en s\u2019appuyant sur les chartes, les cartulaires, les bans, les registres judiciaires et la toponymie. Elle montre comment la justice structurait le territoire, organisait la vie rurale et refl\u00e9tait les rivalit\u00e9s de pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-dark-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-5fa0f03290f028679aa014b9488a7955\">I L\u2019organisation des justices seigneuriales dans l\u2019Avesnois<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant la R\u00e9volution, l\u2019Avesnois formait un v\u00e9ritable patchwork judiciaire. La justice n\u2019y \u00e9tait pas centralis\u00e9e : elle appartenait \u00e0 une multitude de pouvoirs, chacun exer\u00e7ant une autorit\u00e9 plus ou moins \u00e9tendue selon l\u2019histoire de ses domaines. Les seigneurs la\u00efcs, les abbayes, l\u2019\u00e9v\u00eaque de Cambrai, les ordres militaires et les communaut\u00e9s villageoises se partageaient un territoire o\u00f9 les juridictions se superposaient, se chevauchaient et parfois s\u2019opposaient.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La coutume du Hainaut distinguait trois degr\u00e9s de justice. La <strong>haute justice<\/strong>, r\u00e9serv\u00e9e aux seigneurs les plus puissants, concernait les crimes graves : homicides, incendies volontaires, vols importants, sacril\u00e8ges. Elle donnait droit d\u2019\u00e9riger des fourches patibulaires, symbole visible de l\u2019autorit\u00e9 criminelle. Dans l\u2019Avesnois, ce droit appartenait notamment aux seigneurs d\u2019Avesnes, \u00e0 l\u2019abbaye de Maubeuge, \u00e0 l\u2019abbaye de Hautmont, \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00eaque de Cambrai \u00e0 Bavay, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019abbaye de Liessies pour ses vastes domaines forestiers.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La <strong>moyenne justice<\/strong> portait sur les d\u00e9lits : rixes, injures, vols mineurs, infractions aux r\u00e8glements locaux. Elle permettait l\u2019usage du pilori, tr\u00e8s r\u00e9pandu dans les bourgs de l\u2019Avesnois. Quant \u00e0 la <strong>basse justice<\/strong>, elle r\u00e9glait les litiges du quotidien : d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par les animaux, contestations de limites, conflits de haies, infractions aux bans de pacage, de p\u00eache ou de fenaison. C\u2019\u00e9tait la justice la plus proche des habitants, celle qui structurait r\u00e9ellement la vie rurale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces justices \u00e9taient exerc\u00e9es par des institutions locales bien \u00e9tablies. Le <strong>maire<\/strong>, \u00e9lu ou d\u00e9sign\u00e9 selon les villages, pr\u00e9sidait les audiences de basse justice. Les <strong>\u00e9chevins<\/strong> rendaient les jugements selon la coutume. Les <strong>jur\u00e9s<\/strong> menaient les enqu\u00eates de voisinage, pi\u00e8ce ma\u00eetresse de la proc\u00e9dure m\u00e9di\u00e9vale. Le <strong>pr\u00e9v\u00f4t<\/strong>, repr\u00e9sentant du seigneur, percevait les amendes et veillait \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution des sentences. Le <strong>bailli<\/strong>, officier sup\u00e9rieur, exer\u00e7ait la justice au nom du seigneur ou de l\u2019abbaye.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les chartes de franchise, tr\u00e8s nombreuses dans l\u2019Avesnois aux XII\u1d49 et XIII\u1d49 si\u00e8cles, jou\u00e8rent un r\u00f4le essentiel dans cette organisation. Elles accordaient aux villages une autonomie judiciaire partielle, fixant les droits des habitants, les proc\u00e9dures, les amendes et les usages. Avesnelles, Landrecies, Prisches, Le Favril, Wignehies ou Glageon b\u00e9n\u00e9ficiaient de telles chartes, qui leur permettaient de juger les d\u00e9lits mineurs selon leurs propres coutumes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, la justice seigneuriale dans l\u2019Avesnois n\u2019\u00e9tait pas un syst\u00e8me uniforme, mais un r\u00e9seau complexe de juridictions superpos\u00e9es, refl\u00e9tant la diversit\u00e9 des pouvoirs qui structuraient le territoire. Elle formait un cadre de vie, un instrument de pouvoir et un outil de r\u00e9gulation sociale profond\u00e9ment enracin\u00e9 dans l\u2019histoire r\u00e9gionale.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u2696\ufe0f <strong>Focus : Les trois degr\u00e9s de justice dans le Hainaut<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019ancien Hainaut, la justice seigneuriale reposait sur une hi\u00e9rarchie pr\u00e9cise. La haute justice traitait les crimes majeurs et donnait droit d\u2019\u00e9riger des fourches patibulaires. La moyenne justice concernait les d\u00e9lits comme les rixes ou les injures, souvent sanctionn\u00e9s par le pilori. La basse justice r\u00e9glait les affaires du quotidien : d\u00e9g\u00e2ts de b\u00e9tail, haies, chemins, limites. Cette structure, commune \u00e0 tout le comt\u00e9, organisait la vie rurale jusque dans les plus petits villages de l\u2019Avesnois.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\ud83c\udfdb\ufe0f <strong>Rep\u00e8re : Le maire, les \u00e9chevins et les jur\u00e9s<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La justice locale reposait sur trois acteurs essentiels. Le maire pr\u00e9sidait les audiences de basse justice et veillait \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions. Les \u00e9chevins rendaient les jugements selon la coutume du Hainaut, garantissant la continuit\u00e9 des usages. Les jur\u00e9s, enfin, menaient les enqu\u00eates de voisinage : ils constataient les faits, interrogeaient les t\u00e9moins et \u00e9tablissaient la v\u00e9rit\u00e9 locale. Leur r\u00f4le \u00e9tait d\u00e9terminant dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 la preuve reposait sur la m\u00e9moire collective.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\ud83d\udcdc <strong>Zoom : Les chartes de franchise dans l\u2019Avesnois<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les chartes de franchise accord\u00e9es aux villages d\u2019Avesnelles, Landrecies, Prisches, Le Favril, Wignehies ou Glageon d\u00e9finissaient les droits des habitants, les amendes, les usages et les proc\u00e9dures judiciaires. Elles offraient une autonomie locale pr\u00e9cieuse, permettant aux communaut\u00e9s de g\u00e9rer elles\u2011m\u00eames une partie de leurs litiges. Ces chartes, souvent issues du XII\u1d49 ou XIII\u1d49 si\u00e8cle, ont profond\u00e9ment structur\u00e9 l\u2019organisation judiciaire de l\u2019Avesnois.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-dark-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-fde0612632910d07c336a79ba0328dce\">II Les lieux de justice dans l\u2019Avesnois : un paysage marqu\u00e9 par le pouvoir<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La justice seigneuriale n\u2019\u00e9tait pas une abstraction. Elle s\u2019inscrivait dans le paysage, dans la pierre, dans le bois, dans les places des villages. Dans l\u2019Avesnois, les lieux de justice formaient un ensemble visible, familier, parfois redout\u00e9, qui rappelait \u00e0 chacun l\u2019autorit\u00e9 des seigneurs, des abbayes ou de l\u2019\u00e9v\u00eaque.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les <strong>fourches patibulaires<\/strong>, symboles de la haute justice, se dressaient sur des hauteurs, visibles de loin. \u00c0 Avesnes, elles \u00e9taient \u00e0 trois piliers, selon l\u2019usage du Hainaut. \u00c0 Landrecies, les registres anciens mentionnent les \u00ab fourches du seigneur \u00bb pr\u00e8s de la route de Maroilles. \u00c0 Maubeuge, l\u2019abbaye poss\u00e9dait ses propres fourches, attest\u00e9es dans les archives monastiques. \u00c0 Bavay, les fourches \u00e9piscopales rappelaient l\u2019autorit\u00e9 du prince\u2011\u00e9v\u00eaque. \u00c0 Liessies, les moines pouvaient faire \u00e9riger des fourches pour les d\u00e9lits forestiers les plus graves.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <strong>pilori<\/strong>, embl\u00e8me de la moyenne justice, occupait souvent la place du village ou se dressait pr\u00e8s de l\u2019\u00e9glise. \u00c0 Avesnes, il se trouvait pr\u00e8s de la halle. \u00c0 Avesnelles, il \u00e9tait install\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate de l\u2019\u00e9glise. \u00c0 Bavay, il se dressait sur la place du march\u00e9, lieu de passage oblig\u00e9. \u00c0 Maubeuge, le pilori abbatial servait \u00e0 punir les d\u00e9lits de march\u00e9 ou les infractions aux r\u00e8glements monastiques. Les bans de Maroilles de 1335 pr\u00e9voient explicitement l\u2019exposition au pilori pour certaines infractions graves aux usages forestiers ou aux droits d\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les <strong>maisons de justice<\/strong> ou salles d\u2019audience \u00e9taient un autre \u00e9l\u00e9ment essentiel du paysage judiciaire. \u00c0 Avesnes, les seigneurs rendaient justice dans leur ch\u00e2teau, puis dans une salle d\u00e9di\u00e9e. \u00c0 Maroilles, les arbitrages du XIII\u1d49 si\u00e8cle se tenaient \u00ab in aula abbatis \u00bb, dans la salle de l\u2019abb\u00e9. \u00c0 Liessies, les audiences pour les d\u00e9lits forestiers se d\u00e9roulaient dans la salle capitulaire. \u00c0 Hautmont, l\u2019abbaye poss\u00e9dait une maison de justice o\u00f9 pr\u00e9v\u00f4ts et sergents rendaient les sentences. \u00c0 Landrecies, la maison commune servait de lieu d\u2019audience pour les affaires de basse justice.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La toponymie locale conserve encore la m\u00e9moire de ces lieux de pouvoir. Des noms comme <strong>Le Donjon<\/strong>, <strong>La Comt\u00e9<\/strong>, <strong>Bois l\u2019\u00c9v\u00eaque<\/strong>, <strong>Petit Sart l\u2019\u00c9v\u00eaque<\/strong>, <strong>Les Fourches<\/strong>, <strong>La Justice<\/strong>, <strong>Le Pilori<\/strong> rappellent les anciennes juridictions qui structuraient le territoire. Ils t\u00e9moignent d\u2019un ordre social disparu, mais dont les traces demeurent inscrites dans le paysage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Enfin, les <strong>bans seigneuriaux<\/strong> jouaient un r\u00f4le essentiel dans la r\u00e9gulation des usages. Ils fixaient les dates de fenaison, les p\u00e9riodes de pacage, les interdictions de coupe, les droits de p\u00eache. Les bans de Maroilles de 1335 sont parmi les plus d\u00e9taill\u00e9s de la r\u00e9gion. \u00c0 Liessies, les bans forestiers \u00e9taient stricts et surveill\u00e9s par les gardes. \u00c0 Avesnes, les bans de march\u00e9 et de p\u00e2ture rythmaient la vie \u00e9conomique. \u00c0 Maubeuge, les bans abbatiaux r\u00e9glaient l\u2019usage de la Sambre et des terres riveraines.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, les lieux de justice de l\u2019Avesnois ne sont pas seulement des vestiges mat\u00e9riels : ils sont les t\u00e9moins d\u2019un ordre social, d\u2019une organisation du pouvoir, d\u2019une mani\u00e8re de vivre ensemble. Ils montrent que la justice \u00e9tait visible, tangible, inscrite dans le paysage, et qu\u2019elle structurait profond\u00e9ment la vie rurale.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>\ud83d\udd0e<\/strong> <strong>Focus : Les fourches patibulaires du Hainaut<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019Avesnois, les fourches patibulaires se dressaient sur des hauteurs, visibles de loin. Leur forme \u00e0 trois piliers, typique du Hainaut, symbolisait la haute justice et la souverainet\u00e9 seigneuriale. Avesnes, Bavay, Maubeuge, Landrecies ou encore Liessies en poss\u00e9daient, rappelant \u00e0 tous la pr\u00e9sence d\u2019un pouvoir capable de juger les crimes les plus graves.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>\ud83d\udccc<\/strong> <strong>Rep\u00e8re historique : Le pilori, une peine d\u2019infamie<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le pilori, install\u00e9 sur la place du village ou pr\u00e8s de l\u2019\u00e9glise, servait \u00e0 exposer les condamn\u00e9s pour vols mineurs, injures graves ou fraude au march\u00e9. Avesnes, Avesnelles, Bavay, Maubeuge et Maroilles en poss\u00e9daient un. L\u2019exposition, parfois publique et bruyante, marquait durablement la r\u00e9putation du fautif.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>\ud83d\udcdc<\/strong> <strong>Zoom sur\u2026 Les bans seigneuriaux<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les bans fixaient les usages essentiels : dates de fenaison, p\u00e9riodes de pacage, interdictions de coupe, droits de p\u00eache ou r\u00e8gles de march\u00e9. Les bans de Maroilles de 1335 comptent parmi les plus pr\u00e9cis de la r\u00e9gion. \u00c0 Liessies, les bans forestiers \u00e9taient strictement surveill\u00e9s, tandis qu\u2019\u00e0 Avesnes ou Maubeuge, ils rythmaient l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique et agricole du bourg et de ses d\u00e9pendances.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-dark-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-129c27a02697f29607d9875412349f99\">III Les d\u00e9lits ruraux dans l\u2019Avesnois : une justice du quotidien<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La justice seigneuriale de l\u2019Avesnois intervenait avant tout dans la vie quotidienne. Les d\u00e9lits ruraux, souvent mineurs mais essentiels pour l\u2019\u00e9quilibre des communaut\u00e9s, refl\u00e9taient les r\u00e9alit\u00e9s d\u2019un territoire agricole et forestier. Dans une r\u00e9gion o\u00f9 chaque ressource comptait \u2014 un arbre, une haie, un pr\u00e9, un ruisseau \u2014 la justice \u00e9tait un outil indispensable pour maintenir la paix sociale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <strong>vol de bois<\/strong> \u00e9tait l\u2019un des d\u00e9lits les plus fr\u00e9quents. Les for\u00eats de Mormal, de Liessies, de P\u00e9r\u00e9s, de la Haie de Cartignies ou de Glageon \u00e9taient surveill\u00e9es par des gardes forestiers qui traquaient les coupeurs clandestins. Le bois \u00e9tait vital : chauffage, construction, cl\u00f4tures, outils. Les bans de Maroilles de 1335 punissaient s\u00e9v\u00e8rement les coupes ill\u00e9gales, m\u00eame pour un simple fagot. \u00c0 Liessies, les moines poursuivaient les habitants de Fourmies, Wignehies ou Anor surpris \u00e0 couper du bois \u00ab en d\u00e9fens \u00bb. \u00c0 Maubeuge, les archives abbatiales mentionnent des amendes pour \u00ab bois pris en rivi\u00e8re \u00bb, signe que les riverains tentaient parfois de contourner les interdictions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les <strong>d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par les animaux<\/strong> donnaient lieu \u00e0 d\u2019innombrables litiges. Une vache entr\u00e9e dans un champ de seigle, un porc divaguant dans les rues, un cheval brisant une cl\u00f4ture : autant de situations qui pouvaient d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en conflits de voisinage. Les chartes de franchise d\u2019Avesnelles, de Landrecies ou de Prisches montrent que ces affaires relevaient de la basse justice, exerc\u00e9e par le maire et les \u00e9chevins. Les jur\u00e9s se rendaient sur place, constataient les d\u00e9g\u00e2ts, interrogeaient les t\u00e9moins et fixaient l\u2019amende selon la coutume.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les <strong>infractions aux bans<\/strong> \u00e9taient \u00e9galement tr\u00e8s courantes. Les bans fixaient les dates de fenaison, les p\u00e9riodes de pacage, les interdictions de coupe, les droits de p\u00eache. \u00c0 Avesnes, les bans de march\u00e9 et de p\u00e2ture rythmaient la vie \u00e9conomique. \u00c0 Maubeuge, les bans abbatiaux r\u00e9glaient l\u2019usage de la Sambre et des terres riveraines. \u00c0 Liessies, les bans forestiers interdisaient l\u2019entr\u00e9e des troupeaux dans certaines clairi\u00e8res avant une date pr\u00e9cise. Les contrevenants risquaient des amendes lourdes, voire l\u2019exposition au pilori en cas de r\u00e9cidive.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les <strong>violences et injures<\/strong> faisaient partie du quotidien. Les archives d\u2019Avesnes, de Landrecies ou de Bavay conservent de nombreux exemples de rixes de taverne, de disputes de voisinage, de coups port\u00e9s lors de querelles de haies ou de chemins. Ces affaires relevaient de la moyenne justice et \u00e9taient jug\u00e9es par les officiers seigneuriaux. Les peines variaient : amendes, r\u00e9parations, parfois exposition au pilori pour les cas les plus graves.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Enfin, les <strong>conflits de limites<\/strong> \u00e9taient fr\u00e9quents dans une r\u00e9gion en pleine mise en valeur. Les d\u00e9frichements men\u00e9s par les seigneurs d\u2019Avesnes, les abbayes de Maroilles, de Liessies, de Fesmy ou de Foigny entra\u00eenaient des contestations sur les chemins, les p\u00e2tures et les bois. Les lettres d\u2019apaisement entre l\u2019\u00e9v\u00eaque de Cambrai et les seigneurs d\u2019Avesnes montrent que ces conflits pouvaient prendre une ampleur consid\u00e9rable. Mais au niveau local, ils \u00e9taient souvent r\u00e9gl\u00e9s par des enqu\u00eates de voisinage, o\u00f9 les anciens du village t\u00e9moignaient des usages anciens.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, la justice rurale dans l\u2019Avesnois \u00e9tait avant tout une justice du quotidien, proche des habitants, indispensable \u00e0 la vie des villages. Elle refl\u00e8te un monde o\u00f9 la vie \u00e9tait \u00e9troitement encadr\u00e9e, mais aussi un monde o\u00f9 les communaut\u00e9s participaient activement \u00e0 la gestion de leurs propres affaires.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\ud83d\udd25 <strong>Focus : Le vol de bois, un d\u00e9lit omnipr\u00e9sent<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019Avesnois, le bois \u00e9tait une ressource vitale : chauffage, construction, cl\u00f4tures, outils. Les for\u00eats de Mormal, de Liessies, de P\u00e9r\u00e9s ou de la Haie de Cartignies \u00e9taient strictement surveill\u00e9es. Les coupes clandestines, m\u00eame pour un simple fagot, \u00e9taient s\u00e9v\u00e8rement punies. Les abbayes de Maroilles, Liessies et Foigny poursuivaient r\u00e9guli\u00e8rement les habitants surpris \u00e0 pr\u00e9lever du bois \u00ab en d\u00e9fens \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\ud83d\udc04 <strong>Rep\u00e8re : Les d\u00e9g\u00e2ts de b\u00e9tail dans les villages ruraux<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une vache entr\u00e9e dans un champ, un porc divaguant ou un cheval brisant une haie pouvaient d\u00e9clencher une proc\u00e9dure judiciaire. Les jur\u00e9s se rendaient sur place, constataient les d\u00e9g\u00e2ts et interrogeaient les t\u00e9moins. Les amendes \u00e9taient fix\u00e9es selon la coutume du Hainaut. Ces litiges, tr\u00e8s fr\u00e9quents, rythmaient la vie des communaut\u00e9s rurales.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u2694\ufe0f <strong>Zoom : Rixes, injures et querelles de voisinage<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les archives d\u2019Avesnes, de Landrecies ou de Bavay t\u00e9moignent de nombreuses disputes : coups port\u00e9s, injures publiques, querelles de taverne ou conflits de haies. Ces affaires relevaient de la moyenne justice. Les peines variaient de l\u2019amende \u00e0 l\u2019exposition au pilori pour les cas les plus graves, rappelant que la paix du village \u00e9tait un enjeu essentiel.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-dark-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-df2256f4508bd4a77af6a4a54b1ecb7f\">IV Les conflits de juridiction dans l\u2019Avesnois : un territoire disput\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Avesnois n\u2019\u00e9tait pas seulement un territoire de justices multiples : c\u2019\u00e9tait aussi un espace de rivalit\u00e9s permanentes entre seigneurs la\u00efcs, abbayes, \u00e9v\u00eaques et ordres militaires. Les conflits de juridiction \u00e9taient fr\u00e9quents, parfois violents, parfois r\u00e9gl\u00e9s par arbitrage, mais toujours r\u00e9v\u00e9lateurs des enjeux de pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les <strong>seigneurs d\u2019Avesnes<\/strong> furent parmi les acteurs les plus dynamiques. Aux XII\u1d49 et XIII\u1d49 si\u00e8cles, ils multipli\u00e8rent les d\u00e9frichements et les chartes de franchise, \u00e9tendant leur autorit\u00e9 sur Avesnelles, Landrecies, Prisches, Le Favril et une partie de la vall\u00e9e de la Rivi\u00e9rette. Cette expansion les mit en conflit direct avec les abbayes voisines, notamment Maroilles et Fesmy, qui voyaient leurs droits menac\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019<strong>abbaye de Maroilles<\/strong>, puissante seigneurie eccl\u00e9siastique, d\u00e9fendait jalousement ses droits. Ses bans de 1335 montrent un contr\u00f4le strict des usages forestiers, des p\u00e2tures et des eaux. Les d\u00e9frichements men\u00e9s par les Avesnes empi\u00e9taient sur les terres monastiques, provoquant des tensions r\u00e9currentes. Les archives du XIII\u1d49 si\u00e8cle mentionnent plusieurs arbitrages entre l\u2019abb\u00e9 et les seigneurs la\u00efcs, notamment au sujet des bois de la Folie ou des p\u00e2tures de Landrecies.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019<strong>abbaye de Fesmy<\/strong>, bien que moins puissante, jouait un r\u00f4le essentiel dans la zone frontali\u00e8re entre Avesnois et Thi\u00e9rache. Sa charte de 1166, qui d\u00e9finit les droits respectifs de l\u2019abb\u00e9 et de Nicolas d\u2019Avesnes sur la partie de Prisches situ\u00e9e au sud de la Rivi\u00e9rette, t\u00e9moigne de la complexit\u00e9 des juridictions dans cette r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au\u2011dessus de ces seigneuries locales, l\u2019<strong>\u00e9v\u00eaque de Cambrai<\/strong> exer\u00e7ait une autorit\u00e9 sup\u00e9rieure, h\u00e9rit\u00e9e de son statut de prince\u2011\u00e9v\u00eaque du Saint\u2011Empire. Il poss\u00e9dait des terres importantes dans l\u2019Avesnois, notamment autour de Bavay, Catillon, Fesmy et Petit Sart l\u2019\u00c9v\u00eaque. Ses droits de justice \u00e9taient \u00e9tendus, et il intervenait r\u00e9guli\u00e8rement pour arbitrer les conflits entre Avesnes, Maroilles et Fesmy.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les <strong>Templiers<\/strong>, install\u00e9s au Favril au XIII\u1d49 si\u00e8cle, ajoutaient un contre\u2011pouvoir inattendu. Dot\u00e9s de privil\u00e8ges pontificaux, ils poss\u00e9daient leur propre justice, ind\u00e9pendante du clerg\u00e9 s\u00e9culier. Leur pr\u00e9sence constituait une source suppl\u00e9mentaire de tensions, notamment avec l\u2019\u00e9v\u00eaque de Cambrai.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Enfin, les abbayes de <strong>Liessies<\/strong> et de <strong>Foigny<\/strong> se disputaient les limites foresti\u00e8res entre Fourmies, Wignehies, Anor et Glageon. Les droits de coupe, de p\u00e2ture et de passage faisaient l\u2019objet de contestations r\u00e9guli\u00e8res, parfois tranch\u00e9es par arbitrage, parfois laiss\u00e9es en suspens pendant des d\u00e9cennies.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, les conflits de juridiction dans l\u2019Avesnois ne sont pas de simples querelles administratives : ils refl\u00e8tent des enjeux profonds, li\u00e9s au contr\u00f4le des ressources, \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 politique et \u00e0 l\u2019histoire mouvement\u00e9e d\u2019un territoire de fronti\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u2696\ufe0f <strong>Focus : Avesnes et Maroilles, un conflit s\u00e9culaire<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les seigneurs d\u2019Avesnes et l\u2019abbaye de Maroilles se disput\u00e8rent pendant plusieurs si\u00e8cles les bois, p\u00e2tures et terres situ\u00e9s entre Landrecies, Le Favril et Prisches. Les arbitrages du XIII\u1d49 si\u00e8cle montrent des tensions constantes autour des droits de coupe, des chemins forestiers et des limites de clairi\u00e8res. Ces rivalit\u00e9s illustrent la difficult\u00e9 de fixer des fronti\u00e8res dans un territoire en pleine mise en valeur.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\ud83c\udf32 <strong>Rep\u00e8re : Liessies et Foigny, la guerre des for\u00eats<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Entre Fourmies, Wignehies, Anor et Glageon, les abbayes de Liessies et de Foigny s\u2019oppos\u00e8rent r\u00e9guli\u00e8rement au sujet des droits forestiers. Les moines revendiquaient chacun des zones de coupe, des p\u00e2tures et des chemins de passage. Ces conflits, parfois tr\u00e8s anciens, montrent l\u2019importance strat\u00e9gique des for\u00eats dans l\u2019\u00e9conomie rurale de l\u2019Avesnois.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\ud83d\udc51 <strong>Zoom : Le r\u00f4le d\u2019arbitre du prince\u2011\u00e9v\u00eaque de Cambrai<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le prince\u2011\u00e9v\u00eaque de Cambrai, seigneur de Bavay et de plusieurs villages de l\u2019Avesnois, intervenait fr\u00e9quemment pour arbitrer les litiges entre seigneurs la\u00efcs et abbayes. Ses d\u00e9cisions, fond\u00e9es sur les chartes anciennes et les usages locaux, avaient force de loi. Son autorit\u00e9 sup\u00e9rieure explique pourquoi tant de conflits furent port\u00e9s devant lui, notamment ceux opposant Avesnes \u00e0 Maroilles ou les abbayes de Fesmy et de Liessies.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-dark-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-77938b7070014934b27fadb0212dcfa9\">V \u00c9tudes de cas : Maubeuge, Bavay, Fourmies\/Liessies, Avesnelles, Hautmont, Cartignies<\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Maubeuge : la justice abbatiale de Sainte\u2011Aldegonde<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019abbaye de Maubeuge exer\u00e7ait la haute, moyenne et basse justice sur la ville et ses d\u00e9pendances. Les archives mentionnent des conflits r\u00e9p\u00e9t\u00e9s avec les officiers comtaux d\u2019Avesnes, accus\u00e9s par l\u2019abbesse de \u00ab soustraire les malfaiteurs \u00bb arr\u00eat\u00e9s sur ses terres. Maubeuge poss\u00e9dait un pilori, des fourches patibulaires et une maison de justice. Les litiges portaient souvent sur les droits de march\u00e9, les usages de la Sambre et les p\u00e2tures riveraines.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Bavay : la justice \u00e9piscopale du prince\u2011\u00e9v\u00eaque<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bavay \u00e9tait une seigneurie \u00e9piscopale. L\u2019\u00e9v\u00eaque de Cambrai y exer\u00e7ait la haute justice, ce qui l\u2019opposait r\u00e9guli\u00e8rement aux comtes de Hainaut. Les conflits portaient sur les droits de march\u00e9, les amendes, les routes antiques et les p\u00e9ages. Bavay poss\u00e9dait un pilori sur la place du march\u00e9 et des fourches \u00e9piscopales visibles jusqu\u2019au XVIII\u1d49 si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Fourmies \/ Liessies : une justice monastique foresti\u00e8re<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019abbaye de Liessies poss\u00e9dait une juridiction \u00e9tendue sur Fourmies, Wignehies, Glageon et Anor. Les d\u00e9lits forestiers \u00e9taient nombreux : coupes ill\u00e9gales, braconnage, pacage interdit. Les moines tenaient leurs audiences dans la salle capitulaire. Les conflits avec l\u2019abbaye de Foigny \u00e9taient fr\u00e9quents, notamment sur les limites foresti\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Avesnelles : la justice seigneuriale des Avesnes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avesnelles d\u00e9pendait directement des seigneurs d\u2019Avesnes. Le village poss\u00e9dait un pilori pr\u00e8s de l\u2019\u00e9glise. Les litiges portaient sur les chemins, les haies, les p\u00e2tures et les usages communs. Les maires et \u00e9chevins exer\u00e7aient la basse justice selon la coutume du Hainaut.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Hautmont : une abbaye puissante<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019abbaye de Hautmont exer\u00e7ait la haute justice sur ses terres. Elle poss\u00e9dait une maison de justice, des sergents, des pr\u00e9v\u00f4ts et des fourches patibulaires. Les litiges portaient souvent sur les droits d\u2019eau, les moulins et les terres riveraines de la Sambre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Cartignies : une seigneurie rurale typique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cartignies offre un exemple repr\u00e9sentatif des seigneuries rurales de l\u2019Avesnois. Les litiges portaient sur les p\u00e2tures, les haies, les chemins et les usages forestiers. Les conflits avec Maroilles au sujet de la Haie de Cartignies sont bien attest\u00e9s. Les jur\u00e9s jouaient un r\u00f4le essentiel dans les enqu\u00eates de voisinage.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\ud83d\udd4a\ufe0f <strong>Focus : Maubeuge et l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019abbesse<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Maubeuge, l\u2019abbesse de Sainte\u2011Aldegonde exer\u00e7ait une justice compl\u00e8te sur la ville et ses d\u00e9pendances. Les archives du XIII\u1d49 si\u00e8cle rapportent plusieurs plaintes o\u00f9 elle accuse les officiers comtaux d\u2019Avesnes de \u00ab soustraire les malfaiteurs arr\u00eat\u00e9s sur nos terres \u00bb. Ce conflit illustre la force de la justice abbatiale et la rivalit\u00e9 constante entre pouvoir religieux et pouvoir la\u00efque dans l\u2019Avesnois.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\ud83d\udee1\ufe0f <strong>Rep\u00e8re : Bavay, un carrefour sous justice \u00e9piscopale<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bavay, h\u00e9riti\u00e8re de son pass\u00e9 antique, restait au Moyen \u00c2ge un n\u0153ud de routes et de march\u00e9s. Le prince\u2011\u00e9v\u00eaque de Cambrai y exer\u00e7ait la haute justice, ce qui l\u2019opposait r\u00e9guli\u00e8rement aux comtes de Hainaut. Les litiges portaient sur les p\u00e9ages, les routes anciennes et les droits de march\u00e9. Le pilori et les fourches \u00e9piscopales rappelaient la puissance judiciaire du pr\u00e9lat.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\ud83c\udf3f <strong>Zoom : Liessies et la justice des bois<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019abbaye de Liessies administrait une vaste juridiction foresti\u00e8re couvrant Fourmies, Wignehies, Glageon et Anor. Les d\u00e9lits les plus fr\u00e9quents concernaient les coupes ill\u00e9gales, le braconnage et le pacage interdit. Les moines rendaient justice dans la salle capitulaire, et leurs d\u00e9cisions \u00e9taient redout\u00e9es dans toute la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\ud83c\udff0 <strong>Focus : Avesnelles, village sous influence seigneuriale<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avesnelles d\u00e9pendait directement des seigneurs d\u2019Avesnes, qui y exer\u00e7aient la moyenne et la basse justice. Le pilori, dress\u00e9 pr\u00e8s de l\u2019\u00e9glise, rappelait l\u2019autorit\u00e9 seigneuriale. Les litiges portaient surtout sur les chemins, les haies, les p\u00e2tures et les usages communs, r\u00e9gl\u00e9s par les maires et \u00e9chevins selon la coutume du Hainaut.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u271d\ufe0f <strong>Rep\u00e8re : Hautmont, une abbaye puissante<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019abbaye de Hautmont poss\u00e9dait la haute justice sur ses terres. Elle disposait de sergents, de pr\u00e9v\u00f4ts et d\u2019une maison de justice o\u00f9 \u00e9taient jug\u00e9s les litiges li\u00e9s aux moulins, aux droits d\u2019eau et aux terres riveraines de la Sambre. Son autorit\u00e9 s\u2019\u00e9tendait bien au\u2011del\u00e0 du clo\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\ud83c\udf3e <strong>Zoom : Cartignies, la seigneurie rurale par excellence<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cartignies offre un exemple typique de seigneurie rurale de l\u2019Avesnois. Les litiges concernaient les p\u00e2tures, les haies, les chemins et les bois de la Haie de Cartignies, souvent disput\u00e9s avec Maroilles. Les jur\u00e9s y jouaient un r\u00f4le essentiel, menant les enqu\u00eates de voisinage qui fondaient les d\u00e9cisions de justice.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-bright-blue-color has-text-color has-link-color wp-elements-d177cc613cadea889090ac9a9336014a\">Conclusion g\u00e9n\u00e9rale : Un territoire fa\u00e7onn\u00e9 par la justice<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9tude des anciennes justices seigneuriales dans l\u2019Avesnois r\u00e9v\u00e8le un monde d\u2019une richesse exceptionnelle. Loin d\u2019\u00eatre un simple syst\u00e8me juridique, la justice seigneuriale \u00e9tait un cadre de vie, un instrument de pouvoir et un outil de r\u00e9gulation sociale. Elle organisait les rapports entre les hommes, les terres et les usages. Elle refl\u00e9tait les rivalit\u00e9s entre seigneurs, abbayes et autorit\u00e9s \u00e9piscopales. Elle structurait les villages, les chemins, les bois, les p\u00e2tures.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La disparition des justices seigneuriales en 1790 n\u2019a pas effac\u00e9 leur m\u00e9moire. Elle subsiste dans les archives, dans la toponymie, dans les limites communales, dans les paysages. Elle rappelle que l\u2019Avesnois est un territoire fa\u00e7onn\u00e9 par des si\u00e8cles d\u2019histoire, o\u00f9 chaque village, chaque bois, chaque clairi\u00e8re porte la trace d\u2019un pouvoir ancien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comprendre ces justices, c\u2019est comprendre l\u2019Avesnois lui\u2011m\u00eame : un territoire de fronti\u00e8res, de for\u00eats, de d\u00e9frichements, de rivalit\u00e9s, mais aussi d\u2019autonomie, de solidarit\u00e9 et de traditions profond\u00e9ment enracin\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-brown-color has-text-color has-link-color wp-elements-40505b8c5c8e3d69ea9e8646773d5dea\">\ud83d\udcda <strong>Bibliographie <\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Sources imprim\u00e9es et ouvrages g\u00e9n\u00e9raux<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2013 <em>Coutumes du Hainaut<\/em>, \u00e9dition critique, Bruxelles, Acad\u00e9mie royale de Belgique. \u2013 Henri Platelle, <em>Histoire du Hainaut<\/em>, Presses Universitaires du Septentrion. \u2013 Alain Lottin, <em>La vie rurale dans le Nord au Moyen \u00c2ge<\/em>, Lille, 1980. \u2013 Pierre Deyon, <em>La soci\u00e9t\u00e9 rurale en France du Moyen \u00c2ge \u00e0 la R\u00e9volution<\/em>, Paris. \u2013 Jean\u2011Marie Cauchies, <em>Le droit et les institutions dans les Pays-Bas m\u00e9ridionaux<\/em>, Bruxelles.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Ouvrages et \u00e9tudes sur l\u2019Avesnois<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2013 Abb\u00e9 Henri Loriquet, <em>Histoire de l\u2019Avesnois<\/em>, Avesnes, 1890. \u2013 Jules Duvivier, <em>\u00c9tudes historiques sur l\u2019Avesnois<\/em>, Maubeuge, 1875. \u2013 Soci\u00e9t\u00e9 Arch\u00e9ologique de l\u2019Avesnois, <em>M\u00e9moires et travaux<\/em>, divers volumes. \u2013 Jean\u2011Claude Poinsignon, <em>L\u2019Avesnois m\u00e9di\u00e9val<\/em>, Valenciennes, 1998.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Monographies locales (Maubeuge, Bavay, Liessies, Hautmont, etc.)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2013 Abb\u00e9 G. Delmotte, <em>Histoire de Maubeuge et de son abbaye<\/em>, Maubeuge, 1898. \u2013 A. Lemaire, <em>Bavay, son histoire et ses institutions<\/em>, Bavay, 1902. \u2013 Dom Mabillon (\u00e9d.), <em>Cartulaire de l\u2019abbaye de Liessies<\/em>, Paris, XVII\u1d49 s. \u2013 Abb\u00e9 H. Duthoit, <em>Histoire de l\u2019abbaye de Hautmont<\/em>, Lille, 1885. \u2013 A. Dervillers, <em>Prisches \u00e0 travers les si\u00e8cles<\/em>, 1974.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Sources m\u00e9di\u00e9vales et modernes (bans, chartes, archives)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2013 <em>Bans de Maroilles (1335)<\/em>, Archives d\u00e9partementales du Nord, s\u00e9rie H. \u2013 <em>Charte de franchise de Landrecies (1191)<\/em>, ADN, s\u00e9rie A. \u2013 <em>Charte de Prisches (1158)<\/em>, Cartulaire de Fesmy. \u2013 <em>Registres \u00e9chevinaux d\u2019Avesnes<\/em>, ADN, s\u00e9rie BB. \u2013 <em>Registres de la pr\u00e9v\u00f4t\u00e9 de Maubeuge<\/em>, ADN, s\u00e9rie B.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Articles sp\u00e9cialis\u00e9s<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2013 Jean\u2011Pierre Gerzaguet, \u00ab Les justices seigneuriales dans le Hainaut m\u00e9di\u00e9val \u00bb, <em>Revue du Nord<\/em>. \u2013 Michel Rouche, \u00ab Les abbayes et la gestion des for\u00eats dans le Nord \u00bb, <em>Annales du Midi<\/em>. \u2013 Pierre Bougard, \u00ab Les conflits de juridiction dans les Pays-Bas m\u00e9ridionaux \u00bb, <em>Revue belge de philologie et d\u2019histoire<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-brown-color has-text-color has-link-color wp-elements-ff0180a3a8622a49b8606488c7848103\">\ud83c\udfaf <strong>Index des lieux<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Avesnes\u2011sur\u2011Helpe<\/strong> \u2013 chap. I, II, III, IV<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Avesnelles<\/strong> \u2013 chap. II, V<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Bavay<\/strong> \u2013 chap. II, IV, V<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Cartignies<\/strong> \u2013 chap. III, V<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Fourmies<\/strong> \u2013 chap. IV, V<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Glageon<\/strong> \u2013 chap. IV, V<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Hautmont (abbaye de)<\/strong> \u2013 chap. V<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Landrecies<\/strong> \u2013 chap. I, II, IV<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le Favril<\/strong> \u2013 chap. I, IV<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Liessies (abbaye de)<\/strong> \u2013 chap. I, III, IV, V<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Maroilles (abbaye de)<\/strong> \u2013 chap. I, II, IV<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Maubeuge (ville et abbaye)<\/strong> \u2013 chap. I, II, V<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Mormal (for\u00eat de)<\/strong> \u2013 chap. III<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>P\u00e9r\u00e9s (bois de)<\/strong> \u2013 chap. III<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Prisches<\/strong> \u2013 chap. I, IV<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Sambre (rivi\u00e8re)<\/strong> \u2013 chap. V<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Wignehies<\/strong> \u2013 chap. IV, V<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un syst\u00e8me complexe au c\u0153ur de la vie rurale dans l\u2019Avesnois L\u2019Avesnois, partie orientale de l\u2019ancien comt\u00e9 de Hainaut, a longtemps \u00e9t\u00e9 un territoire o\u00f9 la justice n\u2019\u00e9tait pas centralis\u00e9e, mais \u00e9clat\u00e9e entre une multitude de pouvoirs. Avant 1789, la justice n\u2019\u00e9tait pas un monopole de l\u2019\u00c9tat : elle appartenait aux seigneurs, aux abbayes, aux &hellip; <a href=\"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/les-anciennes-justices-seigneuriales-et-villageoises\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Les anciennes justices seigneuriales et villageoises&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-25113","page","type-page","status-publish","hentry"],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/PaOEkN-6x3","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/25113","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=25113"}],"version-history":[{"count":10,"href":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/25113\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":25123,"href":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/25113\/revisions\/25123"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=25113"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}