{"id":25504,"date":"2026-06-23T13:24:17","date_gmt":"2026-06-23T11:24:17","guid":{"rendered":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/?page_id=25504"},"modified":"2026-06-23T13:24:17","modified_gmt":"2026-06-23T11:24:17","slug":"lavesnois-terre-de-garnisons","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/lavesnois-terre-de-garnisons\/","title":{"rendered":"L\u2019Avesnois, terre de garnisons"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Avesnois n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un territoire comme les autres. Situ\u00e9 aux confins du royaume, au contact direct des Pays\u2011Bas espagnols puis autrichiens, il a longtemps \u00e9t\u00e9 une fronti\u00e8re, un passage, un enjeu strat\u00e9gique. De cette position particuli\u00e8re est n\u00e9e une histoire militaire dense, continue, profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans les villes et dans les paysages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Quesnoy, Landrecies, Avesnes et Maubeuge ont \u00e9t\u00e9, chacune \u00e0 leur mani\u00e8re, des places fortes, des garnisons, des cit\u00e9s fa\u00e7onn\u00e9es par la pr\u00e9sence des soldats. Leurs remparts, leurs bastions, leurs glacis et leurs casernes ont structur\u00e9 leur d\u00e9veloppement, rythm\u00e9 leur vie quotidienne, marqu\u00e9 leur m\u00e9moire. Pendant des si\u00e8cles, ces villes ont v\u00e9cu au son des rel\u00e8ves, des exercices, des ordres, des d\u00e9fil\u00e9s, des mobilisations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette page retrace l\u2019histoire de ces quatre villes de garnison, non pas \u00e0 travers leurs batailles ou leurs si\u00e8ges, mais \u00e0 travers leurs casernes : ces b\u00e2timents massifs, aust\u00e8res ou \u00e9l\u00e9gants, qui ont abrit\u00e9 des g\u00e9n\u00e9rations de soldats et qui demeurent, pour beaucoup, les t\u00e9moins silencieux d\u2019un pass\u00e9 militaire encore visible dans la pierre.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\"><strong>LE QUESNOY \u2014 VILLE DE GARNISON<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le Quesnoy fut pendant des si\u00e8cles l\u2019un des verrous militaires les plus solides du royaume, une place o\u00f9 la pr\u00e9sence des soldats faisait partie du paysage autant que les remparts eux\u2011m\u00eames.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Quesnoy est sans doute la plus embl\u00e9matique des villes de garnison de l\u2019Avesnois. Pendant plus de huit si\u00e8cles, la cit\u00e9 a v\u00e9cu au rythme des troupes, des rel\u00e8ves, des exercices, des travaux de fortification et des passages d\u2019arm\u00e9es. Sa position strat\u00e9gique, au contact direct des Pays-Bas espagnols puis autrichiens, en a fait un verrou essentiel du royaume de France. Les casernes y ont \u00e9t\u00e9 nombreuses, vari\u00e9es, et profond\u00e9ment li\u00e9es \u00e0 l\u2019histoire militaire de la ville.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une place forte avant tout<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bien avant l\u2019apparition des casernes modernes, Le Quesnoy \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 une ville-soldat. Ses remparts m\u00e9di\u00e9vaux, renforc\u00e9s au fil des si\u00e8cles, accueillaient des garnisons permanentes. Les soldats logeaient chez l\u2019habitant ou dans les corps de garde, comme partout avant le XVIII\u1d49 si\u00e8cle. La pr\u00e9sence militaire \u00e9tait massive, mais dispers\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout changea avec Vauban. \u00c0 partir de 1654, la ville devint une v\u00e9ritable machine d\u00e9fensive : bastions, demi-lunes, tenailles, chemins couverts, glacis\u2026 et bient\u00f4t, des casernes adapt\u00e9es \u00e0 une garnison permanente.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les premi\u00e8res casernes modernes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s la fin du XVII\u1d49 si\u00e8cle, Le Quesnoy se dote de b\u00e2timents militaires capables d\u2019h\u00e9berger des troupes de mani\u00e8re stable. Plusieurs casernes sont construites dans l\u2019enceinte fortifi\u00e9e, souvent adoss\u00e9es aux remparts ou int\u00e9gr\u00e9es \u00e0 des ouvrages existants.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La caserne d\u2019Infanterie (XVIII\u1d49 si\u00e8cle)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle est l\u2019une des plus anciennes structures militaires de la ville. Construite pour loger les r\u00e9giments d\u2019infanterie affect\u00e9s \u00e0 la d\u00e9fense de la place, elle se compose de longues chambr\u00e9es, de magasins, de cuisines et de cours int\u00e9rieures. Elle pouvait accueillir plusieurs centaines d\u2019hommes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La caserne de Cavalerie<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Situ\u00e9e pr\u00e8s des anciennes \u00e9curies royales, elle abritait les escadrons mont\u00e9s charg\u00e9s de la reconnaissance et de la surveillance des approches de la place. Les vastes \u00e9curies, vo\u00fbt\u00e9es et robustes, t\u00e9moignaient de l\u2019importance de la cavalerie dans la d\u00e9fense mobile du secteur.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les casernes int\u00e9gr\u00e9es aux bastions<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme dans de nombreuses places fortes, certains bastions du Quesnoy comportaient des casernements internes, prot\u00e9g\u00e9s par des vo\u00fbtes \u00e9paisses. Ces abris servaient autant au logement qu\u2019\u00e0 la protection en cas de bombardement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le XIX\u1d49 si\u00e8cle : une garnison permanente et structur\u00e9e<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la R\u00e9volution et l\u2019Empire, Le Quesnoy reste une place forte active. Les casernes sont modernis\u00e9es, agrandies, parfois reconstruites. La ville accueille :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>des r\u00e9giments d\u2019infanterie,<\/li>\n\n\n\n<li>des unit\u00e9s d\u2019artillerie,<\/li>\n\n\n\n<li>des compagnies du g\u00e9nie,<\/li>\n\n\n\n<li>des d\u00e9tachements de cavalerie.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les casernes deviennent de v\u00e9ritables quartiers militaires, avec leurs man\u00e8ges, leurs parcs \u00e0 mat\u00e9riel, leurs magasins, leurs ateliers.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le Quartier du G\u00e9nie<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Install\u00e9 pr\u00e8s des remparts, il abritait les sapeurs charg\u00e9s de l\u2019entretien des fortifications. Le G\u00e9nie jouait un r\u00f4le essentiel dans une place forte aussi complexe que Le Quesnoy.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les casernes d\u2019Artillerie<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elles logeaient les artilleurs responsables des nombreuses pi\u00e8ces install\u00e9es sur les bastions. L\u2019artillerie \u00e9tait le c\u0153ur de la puissance d\u00e9fensive de la ville.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La fin de la place forte et la transformation des casernes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s 1870, puis surtout apr\u00e8s 1918, Le Quesnoy perd progressivement son r\u00f4le strat\u00e9gique. Les fortifications sont d\u00e9class\u00e9es, mais les casernes continuent d\u2019\u00eatre utilis\u00e9es par l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Certaines sont modernis\u00e9es, d\u2019autres abandonn\u00e9es. La pr\u00e9sence militaire reste forte jusqu\u2019\u00e0 la fin du XX\u1d49 si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>1998 : la fin de la garnison<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La dissolution des unit\u00e9s encore pr\u00e9sentes marque la fin d\u2019une histoire militaire vieille de plusieurs si\u00e8cles. Les casernes sont alors reconverties :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>en logements,<\/li>\n\n\n\n<li>en \u00e9quipements publics,<\/li>\n\n\n\n<li>en espaces culturels,<\/li>\n\n\n\n<li>ou int\u00e9gr\u00e9es au patrimoine touristique.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une m\u00e9moire militaire omnipr\u00e9sente<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui encore, Le Quesnoy porte les traces de son pass\u00e9 de garnison :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>les remparts,<\/li>\n\n\n\n<li>les bastions,<\/li>\n\n\n\n<li>les anciennes casernes,<\/li>\n\n\n\n<li>les \u00e9curies,<\/li>\n\n\n\n<li>les magasins militaires,<\/li>\n\n\n\n<li>les cours int\u00e9rieures,<\/li>\n\n\n\n<li>les fa\u00e7ades de briques typiques des b\u00e2timents militaires du XVIII\u1d49 et XIX\u1d49 si\u00e8cles.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La ville reste un exemple exceptionnel de cit\u00e9 militaire pr\u00e9serv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\"><strong>LANDRECIES \u2014 VILLE DE GARNISON<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00c0 Landrecies, la vie militaire a longtemps rythm\u00e9 le quotidien, tant les casernes formaient un ensemble indissociable de la forteresse et de la ville qu\u2019elles prot\u00e9geaient.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Landrecies fut, pendant plusieurs si\u00e8cles, l\u2019une des places militaires les plus actives de l\u2019Avesnois. Sa position sur la Sambre, au contact direct des Pays-Bas espagnols puis autrichiens, en fit un verrou strat\u00e9gique essentiel. La ville, fortifi\u00e9e d\u00e8s le Moyen \u00c2ge, devint sous Louis XIV une v\u00e9ritable sentinelle du royaume. Et comme toute place forte, elle se dota progressivement d\u2019un ensemble impressionnant de casernes, capables d\u2019accueillir des troupes nombreuses et vari\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Avant les casernes : une garnison dispers\u00e9e<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jusqu\u2019au XVII\u1d49 si\u00e8cle, Landrecies ne poss\u00e9dait pas de caserne au sens moderne du terme. Les soldats logeaient chez l\u2019habitant, dans les corps de garde, ou dans les b\u00e2timents municipaux. En temps de paix, la garnison comptait quelques centaines d\u2019hommes. En temps de si\u00e8ge, elle pouvait atteindre des chiffres vertigineux : jusqu\u2019\u00e0 30 000 soldats, entass\u00e9s dans une ville minuscule. Cette situation rendait indispensable la construction de b\u00e2timents militaires adapt\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La caserne Saint\u2011Charles, future caserne Clarke<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La premi\u00e8re v\u00e9ritable caserne de Landrecies fut \u00e9difi\u00e9e en 1717. Longue de plus de cent m\u00e8tres, construite dans le style sobre et fonctionnel de Vauban, elle \u00e9tait destin\u00e9e \u00e0 la cavalerie. Les \u00e9curies occupaient le rez-de-chauss\u00e9e, tandis que les chambr\u00e9es des cavaliers se trouvaient \u00e0 l\u2019\u00e9tage. Elle prit plus tard le nom de caserne Clarke, en hommage au g\u00e9n\u00e9ral Clarke, ministre de la Guerre et natif de Landrecies. Ce b\u00e2timent, robuste et massif, resta l\u2019un des piliers de la garnison jusqu\u2019\u00e0 la fin du XX\u1d49 si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La caserne Saint\u2011Philippe, future caserne Dupleix<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un second b\u00e2timent, construit au XVIII\u1d49 si\u00e8cle, fut destin\u00e9 \u00e0 l\u2019infanterie. Reconstruit apr\u00e8s un incendie en 1732, puis \u00e0 nouveau entre 1830 et 1834, il devint l\u2019une des plus grandes casernes de la ville. Long de plus de cent m\u00e8tres, il pouvait loger plusieurs centaines de fantassins. \u00c0 la fin du XIX\u1d49 si\u00e8cle, il prit le nom de caserne Dupleix. Le 84\u1d49 r\u00e9giment d\u2019infanterie y s\u00e9journa longuement, marquant durablement la m\u00e9moire locale. La caserne fut finalement d\u00e9molie en 1959.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La caserne Biron<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Construite au XVIII\u1d49 si\u00e8cle pour loger les officiers, la caserne Biron dominait la ville haute. Elle offrait un cadre plus sain et plus a\u00e9r\u00e9 que les ruelles \u00e9troites du centre. Ce b\u00e2timent \u00e9l\u00e9gant, aux proportions harmonieuses, fut longtemps appel\u00e9 simplement \u00ab le Quartier \u00bb par les habitants. Il r\u00e9sista aux si\u00e8ges de 1794, fut occup\u00e9 par diverses troupes au XIX\u1d49 si\u00e8cle, puis par des unit\u00e9s fran\u00e7aises jusqu\u2019au milieu du XX\u1d49 si\u00e8cle. Aujourd\u2019hui, il a \u00e9t\u00e9 reconverti en logements, mais conserve son allure militaire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La caserne Peignan<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 proximit\u00e9 de l\u2019arsenal se trouvait un autre b\u00e2timent militaire, reconstruit en 1832. Il devint plus tard la caserne Peignan, du nom d\u2019un lieutenant du 84\u1d49 r\u00e9giment d\u2019infanterie. Ce casernement, de belle facture, fut longtemps un \u00e9l\u00e9ment important du dispositif militaire de la ville. Il a malheureusement \u00e9t\u00e9 d\u00e9moli, mais quelques pierres taill\u00e9es subsistent encore, t\u00e9moins discrets de son existence.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La caserne Foch<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un pavillon militaire du XVIII\u1d49 si\u00e8cle, reconstruit au XIX\u1d49, fut r\u00e9utilis\u00e9 comme casernement au d\u00e9but du XX\u1d49 si\u00e8cle. Il prit le nom de caserne Foch dans les ann\u00e9es 1930. Ce b\u00e2timent, adoss\u00e9 aux anciennes structures de l\u2019arsenal, accueillit diverses unit\u00e9s avant d\u2019\u00eatre reconverti \u00e0 d\u2019autres usages.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La caserne Chanu<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au d\u00e9but du XX\u1d49 si\u00e8cle, un nouveau quartier militaire fut \u00e9difi\u00e9 sur un terrain appartenant \u00e0 l\u2019arm\u00e9e depuis la R\u00e9volution. Cinq pavillons, construits dans un style militaire classique, form\u00e8rent la caserne Chanu. Elle accueillit d\u2019abord des unit\u00e9s mobiles, puis servit de logement \u00e0 diverses troupes jusqu\u2019\u00e0 la fin du XX\u1d49 si\u00e8cle. Aujourd\u2019hui, elle a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e en r\u00e9sidence, mais son architecture trahit encore son origine militaire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une ville fa\u00e7onn\u00e9e par ses casernes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Landrecies, les casernes n\u2019\u00e9taient pas de simples b\u00e2timents. Elles structuraient la ville, rythmaient la vie quotidienne, faisaient vivre les commerces, animaient les rues. Elles formaient un ensemble coh\u00e9rent, li\u00e9 aux remparts, aux portes, aux glacis, \u00e0 l\u2019arsenal. La ville enti\u00e8re \u00e9tait une machine militaire, organis\u00e9e pour accueillir, loger, nourrir et entra\u00eener des troupes nombreuses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui, beaucoup de ces casernes ont disparu ou chang\u00e9 d\u2019usage. Mais leur empreinte demeure dans le plan de la ville, dans les noms de rues, dans les souvenirs, dans les fa\u00e7ades de briques qui ont surv\u00e9cu. Landrecies reste, malgr\u00e9 les transformations, une ville profond\u00e9ment marqu\u00e9e par son pass\u00e9 militaire.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\"><strong>AVESNES \u2014 VILLE DE GARNISON<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Avesnes\u2011sur\u2011Helpe, perch\u00e9e sur son \u00e9peron rocheux, a toujours \u00e9t\u00e9 une cit\u00e9 de soldats, fa\u00e7onn\u00e9e par les casernes qui veillaient sur ses remparts et ses vall\u00e9es.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avesnes\u2011sur\u2011Helpe fut, pendant des si\u00e8cles, l\u2019un des pivots militaires du Hainaut fran\u00e7ais. Sa position dominante, au sommet d\u2019un \u00e9peron rocheux, en faisait un poste d\u2019observation id\u00e9al et un verrou naturel entre les vall\u00e9es de l\u2019Helpe et de la Sambre. D\u00e8s le Moyen \u00c2ge, la ville accueillait des troupes, mais c\u2019est surtout \u00e0 partir du XVI\u1d49 si\u00e8cle, puis sous les r\u00e8gnes de Charles Quint et de Louis XIV, qu\u2019Avesnes devint une v\u00e9ritable ville de garnison, dot\u00e9e de casernes structur\u00e9es et d\u2019un syst\u00e8me d\u00e9fensif complet.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une place forte avant tout<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant m\u00eame la construction de casernes modernes, Avesnes \u00e9tait une ville-soldat. Les remparts m\u00e9di\u00e9vaux, renforc\u00e9s au fil des si\u00e8cles, abritaient une garnison permanente. Les soldats logeaient dans les corps de garde, dans les tours, ou chez l\u2019habitant. La ville vivait au rythme des rel\u00e8ves, des patrouilles et des travaux de fortification.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque Charles Quint fit moderniser les d\u00e9fenses au XVI\u1d49 si\u00e8cle, puis lorsque Vauban intervint apr\u00e8s 1659, Avesnes devint une place forte de premier ordre. Cette transformation entra\u00eena naturellement la construction de b\u00e2timents militaires adapt\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les premi\u00e8res casernes modernes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 partir du XVII\u1d49 si\u00e8cle, Avesnes se dote de casernes capables d\u2019h\u00e9berger durablement des troupes. Ces b\u00e2timents, souvent adoss\u00e9s aux remparts, \u00e9taient con\u00e7us pour r\u00e9sister aux bombardements et pour loger des effectifs importants.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La caserne d\u2019Infanterie<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Situ\u00e9e \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate des remparts, elle accueillait les r\u00e9giments charg\u00e9s de la d\u00e9fense de la place. Ses longues chambr\u00e9es, ses cours int\u00e9rieures et ses magasins en faisaient un b\u00e2timent essentiel de la garnison. Elle pouvait loger plusieurs centaines d\u2019hommes, r\u00e9partis dans des chambr\u00e9es vo\u00fbt\u00e9es ou dans des dortoirs plus r\u00e9cents.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La caserne de Cavalerie<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avesnes abritait \u00e9galement une caserne destin\u00e9e aux unit\u00e9s mont\u00e9es. Les \u00e9curies, vastes et robustes, occupaient le rez\u2011de\u2011chauss\u00e9e, tandis que les cavaliers logeaient \u00e0 l\u2019\u00e9tage. La cavalerie jouait un r\u00f4le crucial dans la surveillance des routes menant \u00e0 Maubeuge, Landrecies et Le Quesnoy.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les casernements int\u00e9gr\u00e9s aux bastions<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme dans toutes les places fortes de l\u2019\u00e9poque, certains bastions d\u2019Avesnes comportaient des casernements internes. Ces abris, prot\u00e9g\u00e9s par des vo\u00fbtes \u00e9paisses, servaient \u00e0 loger les troupes en cas de bombardement ou de si\u00e8ge. Ils faisaient partie int\u00e9grante du dispositif d\u00e9fensif.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le XIX\u1d49 si\u00e8cle : une garnison structur\u00e9e et active<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la R\u00e9volution, Avesnes conserve son r\u00f4le militaire. Les casernes sont modernis\u00e9es, agrandies, parfois reconstruites. La ville accueille successivement :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>des r\u00e9giments d\u2019infanterie,<\/li>\n\n\n\n<li>des unit\u00e9s d\u2019artillerie,<\/li>\n\n\n\n<li>des d\u00e9tachements du g\u00e9nie,<\/li>\n\n\n\n<li>des compagnies de d\u00e9p\u00f4t.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les casernes deviennent de v\u00e9ritables quartiers militaires, avec leurs man\u00e8ges, leurs parcs \u00e0 mat\u00e9riel, leurs ateliers et leurs magasins.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le Quartier d\u2019Artillerie<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avesnes fut longtemps un centre important pour l\u2019artillerie. Les b\u00e2timents destin\u00e9s aux artilleurs \u00e9taient vastes, dot\u00e9s de magasins \u00e0 poudre, de salles d\u2019instruction et de cours adapt\u00e9es aux exercices.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le Quartier du G\u00e9nie<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le g\u00e9nie militaire jouait un r\u00f4le essentiel dans l\u2019entretien des fortifications. Les sapeurs disposaient de b\u00e2timents sp\u00e9cifiques, souvent proches des remparts, o\u00f9 \u00e9taient stock\u00e9s outils, mat\u00e9riaux et \u00e9quipements.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La fin de la place forte et la reconversion des casernes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s 1870, puis surtout apr\u00e8s 1914, Avesnes perd progressivement son statut strat\u00e9gique. Les fortifications sont d\u00e9class\u00e9es, mais les casernes continuent d\u2019\u00eatre utilis\u00e9es par l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise jusqu\u2019au milieu du XX\u1d49 si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Certaines sont modernis\u00e9es, d\u2019autres abandonn\u00e9es. La pr\u00e9sence militaire reste n\u00e9anmoins forte jusqu\u2019\u00e0 la Seconde Guerre mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Peu \u00e0 peu, les casernes sont reconverties :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>en logements,<\/li>\n\n\n\n<li>en b\u00e2timents administratifs,<\/li>\n\n\n\n<li>en \u00e9quipements publics.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais leur silhouette, leurs fa\u00e7ades de briques, leurs cours int\u00e9rieures rappellent encore leur vocation premi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une empreinte militaire toujours visible<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui, Avesnes porte encore les traces de son pass\u00e9 de garnison :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>les remparts,<\/li>\n\n\n\n<li>les bastions,<\/li>\n\n\n\n<li>les anciennes casernes,<\/li>\n\n\n\n<li>les \u00e9curies,<\/li>\n\n\n\n<li>les magasins militaires,<\/li>\n\n\n\n<li>les cours pav\u00e9es,<\/li>\n\n\n\n<li>les fa\u00e7ades typiques du XVIII\u1d49 et du XIX\u1d49 si\u00e8cle.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La ville conserve une atmosph\u00e8re particuli\u00e8re, celle d\u2019une cit\u00e9 qui fut longtemps un poste avanc\u00e9 du royaume, un lieu o\u00f9 l\u2019arm\u00e9e faisait partie du quotidien.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\"><strong>MAUBEUGE \u2014 VILLE DE GARNISON<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Maubeuge, immense forteresse de briques et de pierre, a longtemps v\u00e9cu au rythme de ses casernes, v\u00e9ritables quartiers militaires qui structuraient la ville et son identit\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Maubeuge est sans doute la plus puissante, la plus vaste et la plus embl\u00e9matique des villes de garnison de tout l\u2019Avesnois. Sa position sur la Sambre, au contact direct des Pays-Bas espagnols puis autrichiens, en fit un verrou strat\u00e9gique majeur d\u00e8s le Moyen \u00c2ge. Mais c\u2019est surtout \u00e0 partir du XVII\u1d49 si\u00e8cle, avec l\u2019arriv\u00e9e de Vauban, que Maubeuge devint une v\u00e9ritable forteresse, une ville enti\u00e8rement organis\u00e9e autour de la pr\u00e9sence militaire. Les casernes y furent nombreuses, massives, et profond\u00e9ment li\u00e9es \u00e0 l\u2019histoire de la cit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une forteresse avant d\u2019\u00eatre une ville<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bien avant la construction de casernes modernes, Maubeuge \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 une place militaire. Les remparts m\u00e9di\u00e9vaux, renforc\u00e9s au fil des si\u00e8cles, accueillaient une garnison permanente. Les soldats logeaient dans les tours, les corps de garde, ou chez l\u2019habitant. La ville vivait au rythme des patrouilles, des exercices et des travaux de fortification.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque Vauban transforma Maubeuge en une forteresse de premier ordre, la pr\u00e9sence militaire devint omnipr\u00e9sente. La ville enti\u00e8re fut remodel\u00e9e pour accueillir des troupes nombreuses, et les premi\u00e8res casernes modernes apparurent.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les grandes casernes de Maubeuge<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Maubeuge se distingua par la taille et le nombre de ses casernes. Elles formaient un ensemble coh\u00e9rent, r\u00e9parti autour de la citadelle et des remparts, et capable d\u2019h\u00e9berger plusieurs milliers d\u2019hommes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La caserne Joy<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est l\u2019une des plus c\u00e9l\u00e8bres. Construite au XIX\u1d49 si\u00e8cle, elle devint le c\u0153ur de la garnison maubeugeoise. Immense, aust\u00e8re, parfaitement align\u00e9e, elle accueillait des r\u00e9giments d\u2019infanterie et servait de quartier g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 de nombreuses unit\u00e9s. Ses cours int\u00e9rieures, ses chambr\u00e9es, ses magasins et ses \u00e9curies formaient une v\u00e9ritable ville dans la ville. La caserne Joy fut longtemps le symbole de Maubeuge, jusqu\u2019\u00e0 sa d\u00e9molition dans les ann\u00e9es 1970.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La caserne Sous\u2011le\u2011Bois<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Situ\u00e9e dans le quartier du m\u00eame nom, elle accueillait des unit\u00e9s d\u2019infanterie et parfois des troupes de passage. Son implantation en p\u00e9riph\u00e9rie imm\u00e9diate de la ville permettait d\u2019y loger des effectifs importants sans saturer le centre fortifi\u00e9. Elle joua un r\u00f4le essentiel lors des mobilisations de 1870 et de 1914.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La caserne de Douzies<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Plus discr\u00e8te mais tout aussi importante, la caserne de Douzies accueillait des unit\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9es, notamment des d\u00e9tachements du g\u00e9nie et de l\u2019artillerie. Sa proximit\u00e9 avec les voies ferr\u00e9es en faisait un point strat\u00e9gique pour les mouvements de troupes et de mat\u00e9riel.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les casernes int\u00e9gr\u00e9es aux remparts<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme dans toutes les grandes places fortes, plusieurs bastions de Maubeuge comportaient des casernements internes. Ces abris vo\u00fbt\u00e9s, prot\u00e9g\u00e9s par des m\u00e8tres de terre et de ma\u00e7onnerie, servaient \u00e0 loger les troupes en cas de bombardement. Ils faisaient partie int\u00e9grante du syst\u00e8me d\u00e9fensif con\u00e7u par Vauban et perfectionn\u00e9 au XIX\u1d49 si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le XIX\u1d49 si\u00e8cle : l\u2019\u00e2ge d\u2019or de la garnison<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la R\u00e9volution, Maubeuge reste une place forte majeure. Les casernes sont modernis\u00e9es, agrandies, parfois reconstruites. La ville accueille successivement :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>des r\u00e9giments d\u2019infanterie,<\/li>\n\n\n\n<li>des unit\u00e9s d\u2019artillerie lourde,<\/li>\n\n\n\n<li>des compagnies du g\u00e9nie,<\/li>\n\n\n\n<li>des d\u00e9p\u00f4ts de mobilisation,<\/li>\n\n\n\n<li>des \u00e9tats-majors.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La pr\u00e9sence militaire structure la vie quotidienne. Les rues s\u2019animent au rythme des rel\u00e8ves, des exercices, des d\u00e9fil\u00e9s. Les commerces vivent des soldats. Les habitants s\u2019habituent \u00e0 voir passer des colonnes en marche, des chevaux, des canons.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>1914 : la garnison face au si\u00e8ge<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En ao\u00fbt 1914, Maubeuge est l\u2019une des rares places fortes fran\u00e7aises encore en \u00e9tat de r\u00e9sister. La garnison, compos\u00e9e de troupes r\u00e9guli\u00e8res et de territoriaux, occupe toutes les casernes de la ville. Les b\u00e2timents militaires deviennent des centres nerveux : d\u00e9p\u00f4ts de munitions, postes de commandement, infirmeries improvis\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le si\u00e8ge est terrible. Les casernes sont bombard\u00e9es, certaines d\u00e9truites, d\u2019autres endommag\u00e9es. Mais elles jouent pleinement leur r\u00f4le : prot\u00e9ger, abriter, organiser.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La fin de la place forte et la reconversion<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale, Maubeuge perd progressivement son statut strat\u00e9gique. Les fortifications sont d\u00e9class\u00e9es, les casernes se vident peu \u00e0 peu. Certaines sont d\u00e9molies, d\u2019autres reconverties en logements, en \u00e9coles, en \u00e9quipements publics.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La caserne Joy dispara\u00eet dans les ann\u00e9es 1970. D\u2019autres b\u00e2timents militaires subsistent, parfois m\u00e9connaissables, parfois encore imposants.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une m\u00e9moire militaire profond\u00e9ment ancr\u00e9e<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui, Maubeuge porte encore les traces de son pass\u00e9 de garnison :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>les remparts,<\/li>\n\n\n\n<li>les bastions,<\/li>\n\n\n\n<li>les glacis,<\/li>\n\n\n\n<li>les foss\u00e9s,<\/li>\n\n\n\n<li>les anciennes casernes,<\/li>\n\n\n\n<li>les alignements de briques typiques des b\u00e2timents militaires du XIX\u1d49 si\u00e8cle.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La ville reste marqu\u00e9e par cette histoire longue, dense, parfois douloureuse, mais toujours pr\u00e9sente. Maubeuge fut une forteresse, une garnison, un verrou strat\u00e9gique. Elle en garde la silhouette, la m\u00e9moire, et une part de son identit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">CONCLUSION<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui, les casernes de l\u2019Avesnois ne r\u00e9sonnent plus du pas cadenc\u00e9 des troupes. Beaucoup ont disparu, d\u2019autres ont chang\u00e9 d\u2019usage, certaines ont \u00e9t\u00e9 restaur\u00e9es, d\u2019autres oubli\u00e9es. Mais leur empreinte demeure. Elle se lit dans le plan des villes, dans les alignements de briques, dans les cours int\u00e9rieures, dans les silhouettes des remparts, dans les noms de rues et dans la m\u00e9moire collective.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Quesnoy, Landrecies, Avesnes et Maubeuge ne sont plus des places fortes, mais elles restent des villes fa\u00e7onn\u00e9es par des si\u00e8cles de pr\u00e9sence militaire. Leurs casernes racontent une histoire faite de vigilance, de discipline, de travail, de reconstruction et de transformations. Une histoire qui a contribu\u00e9 \u00e0 donner \u00e0 l\u2019Avesnois son identit\u00e9 singuli\u00e8re : celle d\u2019un territoire de fronti\u00e8re, de r\u00e9sistance et de permanence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En retra\u00e7ant la vie de ces casernements, c\u2019est toute une part de l\u2019\u00e2me de ces villes que l\u2019on retrouve. Une part solide, discr\u00e8te, profond\u00e9ment ancr\u00e9e, qui continue de vivre dans leurs murs et dans leurs rues.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u2b50 <strong>FRESQUE CHRONOLOGIQUE \u2014 LE QUESNOY<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>XIII\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> \u2014 Premi\u00e8res garnisons m\u00e9di\u00e9vales dans la ville close.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>XVI\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> \u2014 Modernisation des d\u00e9fenses sous Charles Quint.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1654<\/strong> \u2014 Prise de la ville par Louis XIV ; arriv\u00e9e des ing\u00e9nieurs du roi.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1654\u20131700<\/strong> \u2014 Transformation compl\u00e8te de la place forte par Vauban.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>XVIII\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> \u2014 Construction des premi\u00e8res casernes d\u2019infanterie et de cavalerie.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1794<\/strong> \u2014 Si\u00e8ge et destructions ; r\u00e9occupation fran\u00e7aise.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>XIX\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> \u2014 Modernisation des casernes ; pr\u00e9sence d\u2019infanterie, d\u2019artillerie et du g\u00e9nie.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1914<\/strong> \u2014 Garnison mobilis\u00e9e ; combats autour de la place.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1940<\/strong> \u2014 Occupation allemande ; casernes r\u00e9utilis\u00e9es.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1998<\/strong> \u2014 D\u00e9part des derni\u00e8res unit\u00e9s fran\u00e7aises.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Aujourd\u2019hui<\/strong> \u2014 Casernes reconverties ; remparts pr\u00e9serv\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u2b50 <strong>FRESQUE CHRONOLOGIQUE \u2014 LANDRECIES<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>XIII\u1d49\u2013XVI\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> \u2014 Garnisons m\u00e9di\u00e9vales dispers\u00e9es dans les tours et les portes.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1655<\/strong> \u2014 Prise de la ville par les troupes fran\u00e7aises.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>XVII\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> \u2014 Vauban renforce la place ; premiers projets de casernes.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1717<\/strong> \u2014 Construction de la caserne Saint\u2011Charles (future caserne Clarke).<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1732<\/strong> \u2014 Reconstruction de la caserne Saint\u2011Philippe (future Dupleix).<\/li>\n\n\n\n<li><strong>XVIII\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> \u2014 Construction de la caserne Biron.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1794<\/strong> \u2014 Si\u00e8ge, destructions, reconstructions.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1830\u20131834<\/strong> \u2014 Reconstruction de la caserne Dupleix.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>XIX\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> \u2014 Caserne Peignan, caserne Foch ; modernisation g\u00e9n\u00e9rale.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1900\u20131914<\/strong> \u2014 Construction de la caserne Chanu.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1940<\/strong> \u2014 Occupation allemande ; casernes r\u00e9utilis\u00e9es.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1959<\/strong> \u2014 D\u00e9molition de la caserne Dupleix.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Fin XX\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> \u2014 D\u00e9part des troupes ; reconversions.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u2b50 <strong>FRESQUE CHRONOLOGIQUE \u2014 AVESNES<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>XIII\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> \u2014 Garnison comtale dans la ville fortifi\u00e9e.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>XVI\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> \u2014 Modernisation sous Charles Quint ; renforcement des remparts.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1659<\/strong> \u2014 Avesnes devient fran\u00e7aise ; travaux de Vauban.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>XVII\u1d49\u2013XVIII\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> \u2014 Construction des casernes d\u2019infanterie et de cavalerie.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1794<\/strong> \u2014 Si\u00e8ge et destructions ; r\u00e9occupation fran\u00e7aise.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>XIX\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> \u2014 Quartiers d\u2019artillerie et du g\u00e9nie ; garnison active.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1870\u20131914<\/strong> \u2014 D\u00e9p\u00f4ts, unit\u00e9s d\u2019infanterie et d\u2019artillerie.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1914<\/strong> \u2014 Occupation allemande ; casernes r\u00e9utilis\u00e9es.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1940<\/strong> \u2014 Nouveaux combats ; destructions.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Apr\u00e8s 1945<\/strong> \u2014 D\u00e9clin progressif de la garnison.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Fin XX\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> \u2014 Casernes reconverties.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u2b50 <strong>FRESQUE CHRONOLOGIQUE \u2014 MAUBEUGE<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>XII\u1d49\u2013XIV\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> \u2014 Garnisons m\u00e9di\u00e9vales dans la ville close et l\u2019abbaye fortifi\u00e9e.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1678<\/strong> \u2014 Maubeuge devient fran\u00e7aise ; Vauban transforme la place.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>XVIII\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> \u2014 Premiers casernements int\u00e9gr\u00e9s aux bastions.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>XIX\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> \u2014 Construction des grandes casernes : Joy, Sous\u2011le\u2011Bois, Douzies.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1870\u20131914<\/strong> \u2014 Maubeuge devient l\u2019une des plus grandes garnisons du Nord.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1914<\/strong> \u2014 Si\u00e8ge de Maubeuge ; casernes bombard\u00e9es.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1940<\/strong> \u2014 Nouvelle occupation ; r\u00e9utilisation des b\u00e2timents militaires.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Ann\u00e9es 1950\u20131970<\/strong> \u2014 D\u00e9classement progressif ; d\u00e9molition de la caserne Joy.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Fin XX\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> \u2014 Disparition de la garnison ; reconversions urbaines.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Aujourd\u2019hui<\/strong> \u2014 Vestiges militaires int\u00e9gr\u00e9s au paysage urbain.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019Avesnois n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un territoire comme les autres. 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