{"id":25514,"date":"2026-06-23T14:54:54","date_gmt":"2026-06-23T12:54:54","guid":{"rendered":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/?page_id=25514"},"modified":"2026-06-23T15:03:58","modified_gmt":"2026-06-23T13:03:58","slug":"nos-aieux-dans-lavesnois-leur-service-sous-les-drapeaux-au-fil-des-siecles","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/nos-aieux-dans-lavesnois-leur-service-sous-les-drapeaux-au-fil-des-siecles\/","title":{"rendered":"Nos a\u00efeux dans l&rsquo;Avesnois : leur service sous les drapeaux au fil des si\u00e8cles"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant des si\u00e8cles, les jeunes hommes de l\u2019Avesnois ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s \u00e0 servir sous les armes. Mais la mani\u00e8re dont ils \u00e9taient recrut\u00e9s, incorpor\u00e9s ou mobilis\u00e9s a profond\u00e9ment chang\u00e9 selon les \u00e9poques. Bien avant le service national moderne, nos anc\u00eatres ont connu les milices m\u00e9di\u00e9vales, les tirages au sort de l\u2019Ancien R\u00e9gime, la conscription napol\u00e9onienne, les lev\u00e9es r\u00e9volutionnaires et, plus tard, le service militaire obligatoire instaur\u00e9 apr\u00e8s 1870.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chaque p\u00e9riode a laiss\u00e9 son empreinte dans les familles de notre r\u00e9gion. Dans les villages, dans les fermes, dans les bourgs, le d\u00e9part d\u2019un fils pour l\u2019arm\u00e9e \u00e9tait un \u00e9v\u00e9nement majeur : parfois redout\u00e9, parfois accept\u00e9, parfois \u00e9vit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 un rempla\u00e7ant pay\u00e9 par la famille. Les registres paroissiaux, les archives communales et les r\u00e9cits transmis de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration t\u00e9moignent de ces d\u00e9parts, de ces retours, et parfois de ces absences d\u00e9finitives.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comprendre comment nos a\u00efeux faisaient leur service militaire, c\u2019est \u00e9clairer une part essentielle de l\u2019histoire sociale de l\u2019Avesnois. C\u2019est retrouver les m\u00e9canismes qui ont fa\u00e7onn\u00e9 la vie de nos villages, les obligations qui pesaient sur les jeunes hommes, les espoirs et les craintes des familles, et les transformations successives qui ont conduit au service national que nous avons connu jusqu\u2019en 1997.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83d\udee1\ufe0f <strong>les milices m\u00e9di\u00e9vales : les premiers soldats de nos villages<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bien avant l\u2019existence d\u2019un service militaire organis\u00e9, les habitants de l\u2019Avesnois \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 appel\u00e9s \u00e0 d\u00e9fendre leur ville ou leur seigneurie. Dans les bourgs fortifi\u00e9s comme Avesnes, Le Quesnoy ou Maubeuge, chaque homme valide devait participer \u00e0 la garde des portes, aux rondes de nuit ou \u00e0 la d\u00e9fense des remparts en cas de menace.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 cette \u00e9poque, il n\u2019existait pas encore de casernes. Les hommes logeaient chez eux et n\u2019\u00e9taient mobilis\u00e9s qu\u2019en cas de danger. Les soldats professionnels \u00e9taient rares ; la d\u00e9fense reposait sur la communaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les paysans des villages environnants pouvaient \u00eatre mobilis\u00e9s pour transporter du mat\u00e9riel, r\u00e9parer les fortifications ou fournir des vivres aux troupes de passage. La guerre \u00e9tait une affaire collective, et chacun y contribuait selon ses moyens.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83c\udf96\ufe0f <strong>Sous Louis XIV : le tirage au sort des milices provinciales<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque l\u2019Avesnois devient fran\u00e7aise en 1659, la monarchie impose un syst\u00e8me nouveau : les milices provinciales. Chaque paroisse devait fournir un certain nombre d\u2019hommes, choisis par <strong>tirage au sort<\/strong>. C\u2019est la premi\u00e8re fois que nos anc\u00eatres se retrouvent confront\u00e9s \u00e0 une obligation militaire nationale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Celui qui tirait le mauvais num\u00e9ro devait partir pour plusieurs ann\u00e9es. Mais il pouvait se faire remplacer, souvent en payant un volontaire. Dans les villages de l\u2019Avesnois, les familles se cotisaient parfois pour \u00e9viter le d\u00e9part d\u2019un fils unique ou d\u2019un soutien de famille.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les premi\u00e8res casernes apparaissent alors dans nos villes, mais elles <strong>n\u2019accueillent que des soldats professionnels<\/strong>. Les miliciens, eux, <strong>ne vivaient pas en garnison<\/strong> : ils \u00e9taient mobilis\u00e9s ponctuellement, puis rentraient chez eux.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u2694\ufe0f <strong>La R\u00e9volution : la lev\u00e9e en masse<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1793, la France r\u00e9volutionnaire d\u00e9cr\u00e8te la lev\u00e9e en masse : tous les jeunes hommes de 18 \u00e0 25 ans deviennent mobilisables. C\u2019est une rupture totale avec les pratiques pr\u00e9c\u00e9dentes. Pour la premi\u00e8re fois, l\u2019id\u00e9e d\u2019un devoir militaire national s\u2019impose \u00e0 tous.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec cette mobilisation g\u00e9n\u00e9rale, les jeunes hommes de l\u2019Avesnois commencent \u00e0 fr\u00e9quenter les casernes, o\u00f9 ils re\u00e7oivent leur premi\u00e8re instruction militaire. Beaucoup partent dans les bataillons du Nord. Certains ne reviendront jamais.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83e\udec5 <strong>Napol\u00e9on : la conscription imp\u00e9riale et le tirage au sort<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sous Napol\u00e9on, la conscription devient un syst\u00e8me rigoureux, implacable. Chaque ann\u00e9e, les jeunes hommes de 20 ans sont convoqu\u00e9s pour le <strong>tirage au sort<\/strong>. Le num\u00e9ro tir\u00e9 d\u00e9termine le destin :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>bon num\u00e9ro \u2192 exempt\u00e9<\/li>\n\n\n\n<li>mauvais num\u00e9ro \u2192 incorpor\u00e9 pour 5 \u00e0 7 ans<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La possibilit\u00e9 de payer un rempla\u00e7ant existe encore, et dans l\u2019Avesnois, les familles se mobilisent souvent pour \u00e9viter un d\u00e9part vers l\u2019Espagne, l\u2019Autriche ou la Russie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est \u00e0 cette \u00e9poque que <strong>nos a\u00efeux vivent r\u00e9ellement dans les casernes locales<\/strong>. Ils y re\u00e7oivent l\u2019instruction, l\u2019\u00e9quipement, la discipline, avant d\u2019\u00eatre envoy\u00e9s dans les r\u00e9giments imp\u00e9riaux.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83c\udf96\ufe0f\u200d\ud83d\udfe6 <strong>Apr\u00e8s 1870 : le service militaire moderne<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la d\u00e9faite de 1870, la France instaure un v\u00e9ritable <strong>service militaire obligatoire<\/strong>. Le tirage au sort subsiste encore quelques ann\u00e9es, mais il dispara\u00eet en 1905 : d\u00e9sormais, tous les jeunes hommes doivent servir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au XIX\u1d49 si\u00e8cle, les casernes de Maubeuge, Avesnes, Landrecies et Le Quesnoy accueillent chaque ann\u00e9e des centaines de jeunes hommes du cru. C\u2019est l\u2019\u00e2ge d\u2019or des garnisons : nos a\u00efeux y passent un an, deux ans, parfois trois.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83c\udfaf <strong>Le Service National (1945\u20131997)<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, le service national devient la norme. Sa dur\u00e9e varie, mais il reste un moment important dans la vie des jeunes hommes. Beaucoup de familles de l\u2019Avesnois ont encore des photos, des livrets militaires, des anecdotes de cette p\u00e9riode.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jusqu\u2019en 1997, la caserne devient un passage oblig\u00e9 pour toutes les g\u00e9n\u00e9rations de l\u2019Avesnois. Une page se tourne ensuite, mais la m\u00e9moire demeure.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83d\udcef <strong>La vie quotidienne dans les casernes de l\u2019Avesnois<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La vie dans les casernes de Maubeuge, Avesnes, Landrecies et Le Quesnoy \u00e9tait rythm\u00e9e par une discipline stricte, mais aussi par une camaraderie profonde. Les journ\u00e9es commen\u00e7aient au clairon, dans les chambr\u00e9es o\u00f9 les soldats dormaient dans de longues salles chauff\u00e9es tant bien que mal par un po\u00eale central. Apr\u00e8s le rassemblement, les exercices prenaient le relais : marches, maniement d\u2019armes, instruction militaire. Pour beaucoup de jeunes hommes de l\u2019Avesnois, habitu\u00e9s aux champs, aux ateliers ou aux mines, ce rythme nouveau \u00e9tait un choc, mais il forgeait une endurance et une solidarit\u00e9 durables.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les repas, simples et souvent frugaux, \u00e9taient des moments de r\u00e9pit o\u00f9 l\u2019on \u00e9changeait des nouvelles du pays, des plaisanteries ou des confidences. L\u2019apr\u00e8s\u2011midi \u00e9tait consacr\u00e9 aux corv\u00e9es et \u00e0 l\u2019entretien des armes, des uniformes et des b\u00e2timents. La discipline \u00e9tait omnipr\u00e9sente, parfois s\u00e9v\u00e8re, mais elle faisait partie int\u00e9grante de la vie militaire. Les permissions, rares mais pr\u00e9cieuses, ramenaient les soldats vers leurs familles, leurs fianc\u00e9es, leurs villages. Les lettres jouaient un r\u00f4le essentiel, maintenant un lien constant avec ceux rest\u00e9s au pays.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le soir, apr\u00e8s l\u2019appel, la caserne retrouvait un calme relatif. Les chambr\u00e9es s\u2019animaient encore de discussions, de rires \u00e9touff\u00e9s, de jeux de cartes, avant que l\u2019extinction des feux ne plonge tout le monde dans le silence. Cette vie, rude mais structurante, a marqu\u00e9 des g\u00e9n\u00e9rations enti\u00e8res de jeunes hommes de l\u2019Avesnois.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83e\udd1d <strong>Les hommes derri\u00e8re l\u2019uniforme : camaraderie, \u00e9motions et souvenirs<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Derri\u00e8re la rigueur militaire, la vie en caserne \u00e9tait avant tout une histoire d\u2019hommes. Les jeunes soldats, venus de villages voisins ou de r\u00e9gions lointaines, apprenaient \u00e0 vivre ensemble, \u00e0 partager leurs joies, leurs peurs, leurs espoirs. Dans les chambr\u00e9es, les amiti\u00e9s se nouaient rapidement, souvent pour la vie. Les anciens guidaient les nouveaux, les plus timides trouvaient leur place, et chacun apportait un peu de son histoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les lettres jouaient un r\u00f4le essentiel. Chaque soir, les soldats \u00e9crivaient \u00e0 leurs familles, \u00e0 leurs fianc\u00e9es, \u00e0 leurs amis rest\u00e9s au pays. Les r\u00e9ponses \u00e9taient attendues avec impatience, lues et relues, parfois partag\u00e9es avec les camarades. Ces \u00e9changes maintenaient un lien pr\u00e9cieux avec l\u2019ext\u00e9rieur, rappelant que la vie continuait au\u2011del\u00e0 des murs de la caserne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les souvenirs de cette p\u00e9riode, parfois difficiles, restaient pourtant grav\u00e9s dans les m\u00e9moires. Beaucoup d\u2019anciens \u00e9voquaient avec \u00e9motion les rires en chambr\u00e9e, les confidences du soir, les marches sous la pluie, les permissions tant attendues. La vie en caserne, avec ses contraintes et ses moments de fraternit\u00e9, a laiss\u00e9 une empreinte profonde dans l\u2019histoire humaine de l\u2019Avesnois.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u2696\ufe0f <strong>L\u2019\u00e9tat d\u2019esprit de nos a\u00efeux : entre paix et guerre<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9tat d\u2019esprit des jeunes hommes de l\u2019Avesnois a profond\u00e9ment \u00e9volu\u00e9 au fil des si\u00e8cles, selon qu\u2019ils vivaient en temps de paix ou en temps de guerre. Avant 1870, la plupart d\u2019entre eux ne passaient que peu de temps dans les casernes : sous Napol\u00e9on comme sous les r\u00e9gimes pr\u00e9c\u00e9dents, ils y recevaient une instruction rapide avant d\u2019\u00eatre envoy\u00e9s sur les routes d\u2019Europe ou d\u2019Afrique. Leur esprit \u00e9tait alors tourn\u00e9 vers l\u2019inconnu, la peur du d\u00e9part, l\u2019espoir du retour, et la r\u00e9signation devant un destin souvent impos\u00e9 par le tirage au sort. La caserne n\u2019\u00e9tait qu\u2019une \u00e9tape ; la guerre, elle, \u00e9tait la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s 1870, avec l\u2019instauration du service militaire moderne, l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit change profond\u00e9ment. En temps de paix, les jeunes hommes vivent plusieurs mois, parfois plusieurs ann\u00e9es, dans les casernes de l\u2019Avesnois. Ils y d\u00e9couvrent la discipline, la camaraderie, la routine, mais aussi une certaine fiert\u00e9 d\u2019appartenir \u00e0 la Nation. Le service militaire devient un passage oblig\u00e9, parfois redout\u00e9, parfois attendu, souvent racont\u00e9 avec humour et nostalgie. Les familles s\u2019y pr\u00e9parent, les villages en parlent, et les jeunes hommes y voient autant une contrainte qu\u2019une \u00e9tape vers l\u2019\u00e2ge adulte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En temps de guerre, l\u2019atmosph\u00e8re se transforme. Les casernes deviennent des lieux de rassemblement, de tension, d\u2019attente. Les soldats y vivent leurs derniers instants de paix avant le front. L\u2019inqui\u00e9tude se m\u00eale \u00e0 la solidarit\u00e9, les rires \u00e0 la gravit\u00e9. Les lettres, les regards, les adieux prennent une importance immense. Pour beaucoup, la caserne est alors le seuil entre deux mondes : celui de la vie civile qu\u2019ils quittent, et celui de la guerre qu\u2019ils appr\u00e9hendent. Cet \u00e9tat d\u2019esprit, fait de courage, de peur, d\u2019espoir et de fraternit\u00e9, a marqu\u00e9 durablement la m\u00e9moire de l\u2019Avesnois.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u2699\ufe0f <strong>Selon l\u2019arme : des vies militaires tr\u00e8s diff\u00e9rentes<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le service militaire n\u2019avait rien d\u2019uniforme. Selon que l\u2019on appartenait \u00e0 l\u2019infanterie, au g\u00e9nie, \u00e0 l\u2019artillerie, \u00e0 la cavalerie ou plus tard \u00e0 l\u2019aviation, la vie quotidienne prenait des formes tr\u00e8s diff\u00e9rentes. Chaque Arme avait sa culture, ses traditions, ses exigences, et les casernes de l\u2019Avesnois refl\u00e9taient cette diversit\u00e9. Un jeune homme affect\u00e9 au g\u00e9nie ne vivait pas du tout la m\u00eame exp\u00e9rience qu\u2019un fantassin, et un artilleur n\u2019avait pas les m\u00eames journ\u00e9es qu\u2019un aviateur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les casernes d\u2019infanterie, la vie \u00e9tait rythm\u00e9e par les marches, les exercices de tir, les man\u0153uvres, la discipline stricte et les longues heures pass\u00e9es dans les cours pav\u00e9es. L\u2019infanterie formait le c\u0153ur de l\u2019arm\u00e9e, et les jeunes hommes y apprenaient l\u2019endurance, la coh\u00e9sion et la rigueur. \u00c0 l\u2019inverse, les soldats du g\u00e9nie \u00e9taient form\u00e9s \u00e0 construire, r\u00e9parer, d\u00e9miner, franchir les obstacles. Leur quotidien m\u00ealait th\u00e9orie, calculs, manipulations techniques et travaux pratiques. Ils \u00e9taient souvent consid\u00e9r\u00e9s comme des hommes \u201cd\u2019ing\u00e9niosit\u00e9\u201d, capables de r\u00e9soudre des probl\u00e8mes concrets sur le terrain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les artilleurs vivaient encore autrement. Leur univers \u00e9tait celui des pi\u00e8ces lourdes, des calculs de trajectoire, des \u00e9quipes soud\u00e9es autour d\u2019un canon ou d\u2019un obusier. Leur formation demandait pr\u00e9cision, coordination et sang\u2011froid. Plus tard, avec l\u2019essor de l\u2019aviation militaire, les aviateurs d\u00e9couvrirent un monde totalement diff\u00e9rent : hangars, pistes, m\u00e9canique, m\u00e9t\u00e9o, transmissions. Leur quotidien \u00e9tait plus technique, plus moderne, parfois plus d\u00e9tendu, mais toujours exigeant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, m\u00eame si tous partageaient la m\u00eame caserne, la m\u00eame discipline et le m\u00eame uniforme, chaque Arme offrait une exp\u00e9rience unique. Les souvenirs des anciens en t\u00e9moignent : certains \u00e9voquent les marches interminables, d\u2019autres les ponts \u00e0 construire, d\u2019autres encore le bruit sourd des canons ou l\u2019odeur du k\u00e9ros\u00e8ne. Le service militaire, loin d\u2019\u00eatre uniforme, refl\u00e9tait la richesse et la diversit\u00e9 des missions confi\u00e9es \u00e0 l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\ud83c\udfdb\ufe0f <strong>La fin du service militaire et ce qu\u2019il en reste aujourd\u2019hui<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1997, la France met fin au service militaire obligatoire, tournant ainsi une page vieille de plus de deux si\u00e8cles. Dans l\u2019Avesnois, cette d\u00e9cision marque la disparition progressive des derni\u00e8res activit\u00e9s militaires qui rythmaient encore la vie de certaines communes. Les jeunes hommes, qui pendant des g\u00e9n\u00e9rations avaient connu le passage oblig\u00e9 de la caserne, ne sont plus appel\u00e9s sous les drapeaux. Pour beaucoup de familles, c\u2019est un changement profond : un rite de passage dispara\u00eet, une tradition s\u2019\u00e9teint, et une part de l\u2019histoire locale se referme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui, le service militaire n\u2019a pas totalement disparu. Il existe sous des formes nouvelles, volontaires, comme le Service Civique, la Garde Nationale ou le Service National Universel. Ces dispositifs n\u2019ont plus rien \u00e0 voir avec le service militaire que nos a\u00efeux ont connu : ils ne reposent ni sur la contrainte, ni sur la vie en caserne, mais sur l\u2019engagement personnel. Ils t\u00e9moignent toutefois d\u2019une continuit\u00e9 : celle du lien entre la jeunesse et la Nation, m\u00eame si ce lien a chang\u00e9 de forme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, si nos a\u00efeux ont v\u00e9cu le service militaire comme une obligation, parfois redout\u00e9e, parfois formatrice, les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui rencontrent l\u2019arm\u00e9e et l\u2019\u00c9tat sous des formes nouvelles. La rupture est nette, mais elle \u00e9claire d\u2019autant mieux l\u2019histoire que nous venons de retracer : celle d\u2019un service militaire qui a profond\u00e9ment marqu\u00e9 l\u2019Avesnois, ses familles, ses villages et ses g\u00e9n\u00e9rations successives.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Retracer la mani\u00e8re dont nos a\u00efeux ont fait leur service militaire dans l\u2019Avesnois, c\u2019est parcourir plusieurs si\u00e8cles d\u2019histoire, depuis les milices m\u00e9di\u00e9vales jusqu\u2019\u00e0 la fin du service national en 1997. C\u2019est comprendre comment les jeunes hommes de nos villages ont tour \u00e0 tour d\u00e9fendu leurs remparts, tir\u00e9 au sort leur destin, travers\u00e9 l\u2019Europe sous l\u2019uniforme imp\u00e9rial, v\u00e9cu la discipline des casernes r\u00e9publicaines ou attendu l\u2019ordre de d\u00e9part en temps de guerre. Chaque \u00e9poque a fa\u00e7onn\u00e9 des exp\u00e9riences diff\u00e9rentes, mais toutes ont laiss\u00e9 une empreinte profonde dans la m\u00e9moire des familles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au\u2011del\u00e0 des dates et des r\u00e8glements, cette histoire est avant tout celle d\u2019hommes : des fils, des fr\u00e8res, des p\u00e8res, qui ont quitt\u00e9 leur foyer pour r\u00e9pondre \u00e0 un devoir souvent impos\u00e9, parfois accept\u00e9, parfois redout\u00e9. Ils ont connu la camaraderie, la fatigue, la peur, l\u2019ennui, la fiert\u00e9, et ces \u00e9motions ont travers\u00e9 les g\u00e9n\u00e9rations. Aujourd\u2019hui, m\u00eame si le service militaire obligatoire a disparu, il demeure dans les souvenirs, les r\u00e9cits, les photos jaunies, les livrets militaires soigneusement conserv\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>\ud83d\udcdc fresque chronologique : comment nos a\u00efeux faisaient leur service militaire<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Moyen \u00c2ge \u2013 XVII\u1d49 si\u00e8cle<\/strong> : milices locales, service ponctuel, pas de casernes.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Sous Louis XIV (1660\u20131789)<\/strong> : milices provinciales tir\u00e9es au sort, service court, retour au village.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>R\u00e9volution (1793)<\/strong> : lev\u00e9e en masse, service obligatoire, d\u00e9part imm\u00e9diat au front.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Napol\u00e9on (1799\u20131815)<\/strong> : conscription imp\u00e9riale, instruction rapide en caserne, campagnes permanentes.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1815\u20131870<\/strong> : tirage au sort, service long mais souvent en op\u00e9rations ext\u00e9rieures, casernes peu utilis\u00e9es.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Apr\u00e8s 1870<\/strong> : naissance du service militaire moderne, vie prolong\u00e9e en caserne, discipline stricte.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1914\u20131918<\/strong> : mobilisation g\u00e9n\u00e9rale, casernes = lieux de rassemblement avant le front.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1920\u20131939<\/strong> : service militaire structur\u00e9, vie quotidienne en caserne, formation intensive.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>1945\u20131997<\/strong> : service national obligatoire, exp\u00e9rience commune \u00e0 toute une g\u00e9n\u00e9ration.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Depuis 1997<\/strong> : fin du service militaire, dispositifs volontaires (Garde nationale, SNU).<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pendant des si\u00e8cles, les jeunes hommes de l\u2019Avesnois ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s \u00e0 servir sous les armes. Mais la mani\u00e8re dont ils \u00e9taient recrut\u00e9s, incorpor\u00e9s ou mobilis\u00e9s a profond\u00e9ment chang\u00e9 selon les \u00e9poques. Bien avant le service national moderne, nos anc\u00eatres ont connu les milices m\u00e9di\u00e9vales, les tirages au sort de l\u2019Ancien R\u00e9gime, la conscription napol\u00e9onienne, &hellip; <a href=\"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/nos-aieux-dans-lavesnois-leur-service-sous-les-drapeaux-au-fil-des-siecles\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Nos a\u00efeux dans l&rsquo;Avesnois : leur service sous les drapeaux au fil des si\u00e8cles&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-25514","page","type-page","status-publish","hentry"],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/PaOEkN-6Dw","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/25514","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=25514"}],"version-history":[{"count":10,"href":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/25514\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":25525,"href":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/25514\/revisions\/25525"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=25514"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}