{"id":26152,"date":"2026-07-05T19:30:21","date_gmt":"2026-07-05T17:30:21","guid":{"rendered":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/?page_id=26152"},"modified":"2026-07-05T20:31:16","modified_gmt":"2026-07-05T18:31:16","slug":"le-four-a-chaux-de-baives-la-matiere-qui-reliait-potiers-et-verriers-de-sars-poteries","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/le-four-a-chaux-de-baives-la-matiere-qui-reliait-potiers-et-verriers-de-sars-poteries\/","title":{"rendered":"Le Four \u00e0 chaux de Baives : la mati\u00e8re qui reliait potiers et verriers de Sars-Poteries"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"488\" height=\"366\" data-attachment-id=\"26167\" data-permalink=\"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/le-four-a-chaux-de-baives-la-matiere-qui-reliait-potiers-et-verriers-de-sars-poteries\/image-2618\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-42.png?fit=488%2C366\" data-orig-size=\"488,366\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"image\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-42.png?fit=488%2C366\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-42.png?resize=488%2C366&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-26167\" style=\"width:606px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-42.png?w=488 488w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-42.png?resize=300%2C225 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 488px) 85vw, 488px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le Four \u00e0 chaux de Baives  Cr\u00e9dit Photo SMPNRA<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-white-color has-medium-brown-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-f6027e18b92855d952cbcfcfe993cd39\">\ud83c\udf8c <strong>Introduction<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur les hauteurs de Baives, au bord des chemins qui traversent les Monts, un four \u00e0 chaux se dresse encore, massif et silencieux, comme un bloc de pierre pos\u00e9 dans le paysage. Il ne fume plus, il ne chauffe plus, mais il garde en lui la m\u00e9moire d\u2019un temps o\u00f9 la mati\u00e8re guidait les gestes et fa\u00e7onnait la vie des villages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ce mont qui fut jadis un r\u00e9cif corallien, on extrayait un calcaire d\u2019une puret\u00e9 rare. Chauff\u00e9 dans le four, il devenait chaux vive, puis chaux \u00e9teinte : une mati\u00e8re humble mais indispensable. De Baives, elle descendait vers Sars\u2011Poteries, o\u00f9 elle consolidait les murs, soutenait les ateliers, renfor\u00e7ait les fours o\u00f9 l\u2019on cuisant la terre puis o\u00f9 l\u2019on soufflait le verre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant que Sars\u2011Poteries ne devienne un village de potiers puis de verriers, tout commen\u00e7ait ici, dans cette mati\u00e8re min\u00e9rale n\u00e9e du mont. Le four de Baives, bien que situ\u00e9 \u00e0 quelques kilom\u00e8tres seulement, fut l\u2019un des piliers de cet \u00e9cosyst\u00e8me o\u00f9 la terre, la pierre, la chaux et le feu formaient un m\u00eame monde, un m\u00eame souffle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et tandis que les poteries ont disparu et que les verreries se sont tues, le four \u00e0 chaux de Baives reste l\u00e0, immobile, comme un rappel discret : l\u2019histoire de Sars\u2011Poteries ne commence pas dans ses ateliers, mais dans la mati\u00e8re venue du mont voisin, dans ce dialogue ancien entre nature et industrie qui a model\u00e9 les paysages, les m\u00e9tiers et les hommes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette page propose de redonner au four \u00e0 chaux sa place dans le r\u00e9cit : non pas comme un vestige isol\u00e9, mais comme le premier chapitre, la matrice min\u00e9rale d\u2019o\u00f9 sont n\u00e9s les gestes et les cr\u00e9ations qui ont fait la renomm\u00e9e du village.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-white-color has-medium-brown-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-5f9c56875f75a418b00624866e5af6dc\">\ud83d\udd25 <strong>I \u2014 Le four \u00e0 chaux de Baives : l\u00e0 o\u00f9 la pierre devenait mati\u00e8re<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur les hauteurs de Baives, le mont n\u2019est pas seulement un relief : c\u2019est un ancien r\u00e9cif corallien, vieux de 370 millions d\u2019ann\u00e9es. Dans ses flancs, on extrayait un calcaire d\u2019une puret\u00e9 rare, arrach\u00e9 \u00e0 la roche \u00e0 l\u2019aide d\u2019explosifs. Des wagonnets de mine, visibles sur les anciennes cartes postales, acheminaient la pierre jusqu\u2019au sommet du four, o\u00f9 commen\u00e7ait la transformation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le four \u00e0 chaux de Baives \u00e9tait un ouvrage vertical, massif, ouvert par le haut. Les chaufourniers y d\u00e9versaient la pierre calcaire par le gueulard, en alternant les lits de pierre et de charbon de bois. Dans ce puits de pierre, le feu devait atteindre pr\u00e8s de mille degr\u00e9s. Pendant des heures, parfois plus de douze, la chaleur montait, gagnait les parois, envahissait la charge. Lorsque la calcination \u00e9tait achev\u00e9e, une chaux tr\u00e8s blanche apparaissait \u00e0 la base du four, retir\u00e9e par l\u2019\u00e9braisoir, l\u2019ouverture inf\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette chaux vive, encore br\u00fblante, \u00e9tait ensuite \u201c\u00e9teinte\u201d dans l\u2019eau pour devenir une p\u00e2te docile, pr\u00eate \u00e0 \u00eatre utilis\u00e9e. Elle n\u2019entrait ni dans la fabrication des poteries ni dans celle du verre : elle jouait un r\u00f4le plus discret, mais absolument essentiel. Elle permettait aux ateliers d\u2019exister. Elle servait \u00e0 b\u00e2tir les murs, \u00e0 consolider les fours de cuisson, \u00e0 stabiliser les sols, \u00e0 r\u00e9parer les structures, \u00e0 assurer la tenue des b\u00e2timents soumis \u00e0 la chaleur, au poids et \u00e0 l\u2019humidit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sans cette chaux, aucun atelier n\u2019aurait tenu, aucun four n\u2019aurait r\u00e9sist\u00e9, aucun m\u00e9tier n\u2019aurait pu se d\u00e9velopper. C\u2019est ainsi que la mati\u00e8re du mont de Baives devint le socle invisible des poteries, puis des verreries de Sars\u2011Poteries. Le four \u00e9tait la base min\u00e9rale, le pilier discret mais essentiel sur lequel reposaient les m\u00e9tiers du village. Il reliait les deux communes dans un m\u00eame souffle : la pierre du mont nourrissait les gestes de la terre, puis ceux du feu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Restaur\u00e9 en 2006 et int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 la R\u00e9serve naturelle des Monts de Baives, le four abrite aujourd\u2019hui plusieurs esp\u00e8ces de chauves\u2011souris. Mais il demeure surtout un t\u00e9moin pr\u00e9cieux : le lieu o\u00f9 la pierre devenait mati\u00e8re, o\u00f9 la roche se transformait en chaux, o\u00f9 commen\u00e7ait l\u2019histoire industrielle de Sars\u2011Poteries.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-white-color has-medium-brown-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-12b09f79f7c52113287bfa0fd11afda9\">\ud83c\udf3f <strong>II \u2014 La terre et les potiers : les premi\u00e8res industries du village<\/strong> de Sars-Poteries<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De la chaux n\u00e9e du mont, les potiers tir\u00e8rent leur force : elle consolidait leurs ateliers, tandis que la terre de Sars\u2011Poteries donnait forme aux premiers m\u00e9tiers du village.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant que le verre ne fasse scintiller les ateliers, Sars\u2011Poteries fut d\u2019abord un village de terre. Une terre lourde, fertile, m\u00eal\u00e9e de cendres noires fossiles d\u00e9couvertes en 1777 et devenues l\u2019une des richesses du lieu. Dans les cours, les foss\u00e9s, les talus, les potiers trouvaient la mati\u00e8re premi\u00e8re de leur m\u00e9tier : une argile mall\u00e9able, docile, qui se laissait fa\u00e7onner au rythme des saisons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les artisans venus de Bouffioulx apport\u00e8rent leurs gestes, leurs habitudes, leurs secrets. Tr\u00e8s vite, le village devint un petit monde de poteries : en 1838, on comptait neuf poteries de terre, huit poteries de gr\u00e8s, et une carri\u00e8re de cendres fossiles. Les ateliers vivaient au son des tours, des coups de fil, des voix qui s\u2019appelaient d\u2019un b\u00e2timent \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour b\u00e2tir ces ateliers, pour consolider les fours, pour pr\u00e9parer les sols, les potiers avaient besoin d\u2019une mati\u00e8re venue du versant voisin : la chaux, produite \u00e0 Baives. Le four \u00e0 chaux, pos\u00e9 sur les hauteurs du mont, fournissait la mati\u00e8re indispensable \u00e0 la stabilit\u00e9 des b\u00e2timents et \u00e0 la qualit\u00e9 des cuissons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, avant m\u00eame l\u2019arriv\u00e9e du verre, le lien entre Baives et Sars\u2011Poteries \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 tiss\u00e9 : la terre du village et la chaux du mont formaient un couple indissociable.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-white-color has-medium-brown-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-20d49cb20b47d5c633a5aa7612047d5f\">\ud83e\ude94 <strong>III \u2014 Du feu au verre : la naissance des verreries de Sars\u2011Poteries<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque les poteries commenc\u00e8rent \u00e0 d\u00e9cliner, un autre souffle prit le relais dans le village : celui du verre. Au XIX\u1d49 si\u00e8cle, Sars\u2011Poteries entra dans une nouvelle \u00e8re, une \u00e8re de chaleur, de lumi\u00e8re et de gestes pr\u00e9cis. Deux verreries s\u2019install\u00e8rent, et le village se transforma. Les rues s\u2019anim\u00e8rent d\u2019ouvriers en sabots, de femmes portant des paniers, d\u2019enfants qui, trop t\u00f4t, apprenaient \u00e0 vivre au rythme des ateliers.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les grandes halles, le feu r\u00e9gnait. Les fours, aliment\u00e9s jour et nuit, projetaient une lueur rouge\u00e2tre sur les visages. Le souffleur, silhouette embl\u00e9matique de cette \u00e9poque, \u00ab cueillait \u00bb la paraison au bout de sa canne : une masse incandescente, vivante, qui semblait respirer. Par un souffle bref, il lui donnait une forme arrondie, fragile encore, qu\u2019il retravaillait ensuite avec des pinces, des fers, des ciseaux. Chaque geste comptait. Chaque seconde d\u00e9cidait de la r\u00e9ussite ou de l\u2019\u00e9chec.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les pi\u00e8ces, une fois form\u00e9es, passaient entre les mains des tailleurs et des polisseurs. On y voyait na\u00eetre des verres, des brocs, des drageoirs, des flacons, des luminaires. Des objets du quotidien, mais fa\u00e7onn\u00e9s avec une pr\u00e9cision presque artistique. Le verre de Sars\u2011Poteries n\u2019\u00e9tait pas celui des grandes manufactures : il \u00e9tait humble, utile, mais il portait la marque du geste, de la patience, de la chaleur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La chaux, encore elle, jouait un r\u00f4le discret mais essentiel. Elle consolidait les structures, entretenait les fours, assurait la r\u00e9sistance des installations. Sans elle, rien ne tenait vraiment. Le four \u00e0 chaux de Baives, pos\u00e9 sur les hauteurs du mont, continuait de nourrir les m\u00e9tiers du feu comme il avait nourri ceux de la terre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant plusieurs d\u00e9cennies, le verre fit vivre Sars\u2011Poteries. Il donna du travail, du rythme, des habitudes. Il fit entrer le village dans une modernit\u00e9 nouvelle, o\u00f9 la mati\u00e8re n\u2019\u00e9tait plus seulement fa\u00e7onn\u00e9e, mais souffl\u00e9e, \u00e9tir\u00e9e, sculpt\u00e9e par la lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Puis, peu \u00e0 peu, les verreries s\u2019\u00e9teignirent. Les fours se refroidirent, les halles se vid\u00e8rent, les gestes se perdirent. Mais le souvenir du verre resta, comme une braise sous la cendre, pr\u00eat \u00e0 rena\u00eetre autrement.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-white-color has-medium-brown-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-058145f2b3da6703e7631acb3badb5d3\">\ud83e\uddca <strong>IV \u2014 Le MusVerre : renaissance artistique d\u2019un village de mati\u00e8res<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque les verreries s\u2019\u00e9teignirent et que les halles se vid\u00e8rent, on aurait pu croire que le verre avait quitt\u00e9 Sars\u2011Poteries pour toujours. Mais il restait dans le village une braise, un souvenir, une lumi\u00e8re pr\u00eate \u00e0 rena\u00eetre autrement. Cette renaissance prit forme en 2016, lorsque le MusVerre ouvrit ses portes, comme un \u00e9cho contemporain aux gestes anciens.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le b\u00e2timent, pos\u00e9 dans le paysage comme une pierre claire, est enti\u00e8rement rev\u00eatu de pierre bleue du Hainaut. Ses lignes sobres, sa lumi\u00e8re ma\u00eetris\u00e9e, ses volumes silencieux rappellent les ateliers disparus, mais les transforment en un lieu de contemplation. Ici, le verre n\u2019est plus un objet utilitaire : il devient sculpture, mati\u00e8re d\u2019art, espace de cr\u00e9ation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mus\u00e9e abrite la plus importante collection publique fran\u00e7aise d\u2019\u0153uvres contemporaines en verre : plus de 550 sculptures, une centaine d\u2019artistes venus du monde entier. On y retrouve les grandes figures de la cr\u00e9ation verri\u00e8re moderne \u2014 Libensky, Saboko, Leperlier, Lugossy, Ben Tre, Zynsky, Mukaide, Levenson \u2014 dont les \u0153uvres semblent prolonger, dans un autre langage, le souffle des verriers d\u2019autrefois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le MusVerre n\u2019est pas seulement un mus\u00e9e : c\u2019est un atelier, un lieu o\u00f9 le verre continue de vivre. Les artistes y travaillent, y exp\u00e9rimentent, y inventent. Le feu n\u2019est plus celui des grandes halles industrielles, mais celui de la cr\u00e9ation. Le souffle n\u2019est plus celui de l\u2019ouvrier, mais celui de l\u2019artiste. Et pourtant, dans ces gestes nouveaux, on retrouve quelque chose des gestes anciens : une m\u00eame attention \u00e0 la mati\u00e8re, une m\u00eame patience, une m\u00eame lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, du four \u00e0 chaux de Baives aux poteries, des poteries aux verreries, des verreries au mus\u00e9e, Sars\u2011Poteries n\u2019a jamais cess\u00e9 de transformer la mati\u00e8re. Le village a chang\u00e9, mais le fil qui relie ses m\u00e9tiers est rest\u00e9 intact.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-white-color has-medium-brown-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-57dbf362470dfeb7a35c609f36cef911\">\ud83c\udf1f <strong>V \u2014 Conclusion : un village fa\u00e7onn\u00e9 par la mati\u00e8re, le feu et les gestes<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le four \u00e0 chaux de Baives, massif et silencieux, appara\u00eet alors comme le premier chapitre d\u2019une histoire longue, patiente, profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans la terre. Il rappelle que tout, ici, est n\u00e9 de la mati\u00e8re : la terre p\u00e9trie par les potiers, la pierre calcaire transform\u00e9e en chaux, le feu qui a donn\u00e9 naissance au verre, puis la lumi\u00e8re qui anime aujourd\u2019hui les sculptures du MusVerre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sars\u2011Poteries n\u2019est pas seulement un village de production : c\u2019est un village de <strong>transformation<\/strong>. Un lieu o\u00f9 les mati\u00e8res deviennent m\u00e9tiers, o\u00f9 les m\u00e9tiers deviennent savoir\u2011faire, o\u00f9 les savoir\u2011faire deviennent patrimoine. Chaque \u00e9poque a laiss\u00e9 une trace : un four, un atelier, une verrerie, un mus\u00e9e. Chaque trace raconte un geste, une saison, une mani\u00e8re de vivre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le four \u00e0 chaux de Baives, discret et solide, en est la cl\u00e9 de lecture. Il est la matrice min\u00e9rale d\u2019o\u00f9 tout est parti : la terre, le feu, le verre, l\u2019art. En le regardant, on comprend que Sars\u2011Poteries n\u2019a jamais cess\u00e9 d\u2019\u00eatre un village fa\u00e7onn\u00e9 par ses mati\u00e8res, un village o\u00f9 la main de l\u2019homme dialogue avec la nature pour cr\u00e9er, transformer, transmettre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\ud83c\udf8c Introduction Sur les hauteurs de Baives, au bord des chemins qui traversent les Monts, un four \u00e0 chaux se dresse encore, massif et silencieux, comme un bloc de pierre pos\u00e9 dans le paysage. 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