{"id":28156,"date":"2026-07-29T12:57:11","date_gmt":"2026-07-29T10:57:11","guid":{"rendered":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/?page_id=28156"},"modified":"2026-07-29T18:16:26","modified_gmt":"2026-07-29T16:16:26","slug":"images-de-la-passion-dans-lavesnois","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/images-de-la-passion-dans-lavesnois\/","title":{"rendered":"Images de la Passion dans l&rsquo;Avesnois"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"484\" height=\"645\" data-attachment-id=\"28167\" data-permalink=\"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/images-de-la-passion-dans-lavesnois\/image-3119\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-533.png?fit=484%2C645\" data-orig-size=\"484,645\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"image\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-533.png?fit=484%2C645\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-533.png?resize=484%2C645&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-28167\" style=\"aspect-ratio:0.7503984870998244;width:418px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-533.png?w=484 484w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-533.png?resize=225%2C300 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 484px) 85vw, 484px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Chapelle du Christ de Piti\u00e9 \u00e0 Cousolre<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Pr\u00e9face<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les villages du Hainaut fran\u00e7ais et de l\u2019Avesnois, les images de la Passion ont longtemps accompagn\u00e9 la vie quotidienne. Elles se dressaient au bord des chemins, dans les cimeti\u00e8res, contre les \u00e9glises, dans les chapelles de pierre bleue o\u00f9 l\u2019on venait prier en silence. Elles \u00e9taient les t\u00e9moins familiers des peines, des esp\u00e9rances, des gestes simples de la d\u00e9votion populaire. Le Christ y apparaissait non comme un roi lointain, mais comme un compagnon de mis\u00e8re, un fr\u00e8re dans la souffrance humaine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces statues, parfois modestes, parfois d\u2019une grande qualit\u00e9 artistique, ont travers\u00e9 les si\u00e8cles. Elles ont surv\u00e9cu aux guerres, aux r\u00e9volutions, aux intemp\u00e9ries, aux destructions. Certaines ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9es, d\u2019autres ont disparu, d\u2019autres encore ont \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9es par l\u2019attachement des habitants \u00e0 leur patrimoine. Elles demeurent aujourd\u2019hui les traces silencieuses d\u2019une pi\u00e9t\u00e9 profonde, inscrite dans la m\u00e9moire des communaut\u00e9s rurales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Regarder ces images, c\u2019est entrer dans une histoire \u00e0 la fois spirituelle et humaine. C\u2019est d\u00e9couvrir comment un territoire a accueilli, interpr\u00e9t\u00e9 et transmis les sc\u00e8nes de la Passion. C\u2019est comprendre comment la douleur du Christ, sa solitude, sa tendresse, ont \u00e9t\u00e9 exprim\u00e9es par des artistes anonymes ou renomm\u00e9s, dans des \u0153uvres qui touchent encore par leur simplicit\u00e9 et leur force. C\u2019est enfin reconna\u00eetre que ces images ne sont pas seulement des objets d\u2019art, mais des fragments de vie, des t\u00e9moins d\u2019une foi partag\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi s\u2019esquisse le paysage int\u00e9rieur dans lequel ces images ont pris place. Pour en comprendre pleinement la port\u00e9e, il faut maintenant revenir \u00e0 leur histoire, \u00e0 leur origine et aux formes qu\u2019elles ont adopt\u00e9es dans le Hainaut fran\u00e7ais et l\u2019Avesnois.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>Introduction g\u00e9n\u00e9rale <\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au XIII\u1d49 si\u00e8cle, l\u2019art religieux du Hainaut fran\u00e7ais montre un Christ serein, glorieux, triomphant. Les sculptures et les peintures expriment encore la majest\u00e9 divine, h\u00e9rit\u00e9e du gothique international. La figure du Christ demeure celle du Seigneur victorieux, \u00e9loign\u00e9e de la souffrance et de l\u2019humanit\u00e9 bless\u00e9e. La culture populaire est alors profond\u00e9ment marqu\u00e9e par les Myst\u00e8res, ces grandes repr\u00e9sentations th\u00e9\u00e2trales jou\u00e9es sur les parvis des \u00e9glises. Pendant plusieurs jours, des acteurs rejouent la Passion devant un public immense, donnant au r\u00e9cit sacr\u00e9 une pr\u00e9sence visuelle et \u00e9motionnelle consid\u00e9rable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 partir du XIV\u1d49 si\u00e8cle, un tournant spirituel s\u2019op\u00e8re. La d\u00e9votion se fait plus intime, plus sensible, plus douloureuse. Les R\u00e9v\u00e9lations de sainte Brigitte, publi\u00e9es en 1455 et traduites en fran\u00e7ais en 1536, d\u00e9crivent la Passion avec un r\u00e9alisme poignant, d\u00e9taillant ce que les \u00e9vang\u00e9listes avaient laiss\u00e9 dans l\u2019ombre. Les M\u00e9ditations sur la Passion, attribu\u00e9es \u00e0 saint Bonaventure, diffusent l\u2019esprit franciscain : une contemplation affective centr\u00e9e sur l\u2019humanit\u00e9 du Christ. Ces textes nourrissent les Myst\u00e8res, qui inspirent \u00e0 leur tour les sculpteurs et les peintres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le contexte historique renforce cette sensibilit\u00e9 nouvelle. Le XIV\u1d49 et le XVe si\u00e8cle sont des temps de d\u00e9tresse : \u00e9pid\u00e9mies de peste, guerre de Cent Ans, mis\u00e8re rurale, ins\u00e9curit\u00e9 permanente. Chaque homme se sent si malheureux qu\u2019il ne peut comparer ses souffrances qu\u2019\u00e0 celles de son Seigneur. La d\u00e9votion au Christ souffrant devient alors un refuge, un miroir, une consolation. La figure du Christ se charge de douleur, l\u2019expression devient plus humaine, la Passion se fait plus proche.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ce climat spirituel, les artistes abandonnent progressivement les attitudes id\u00e9alis\u00e9es du XIII\u1d49 si\u00e8cle. \u00c0 la fin du XIV\u1d49 si\u00e8cle se forme un atelier franco\u2011flamand dirig\u00e9 par Jean de Marville et Claus Sluter, dont le r\u00e9alisme puissant domine tout le XVe si\u00e8cle. Leurs \u0153uvres influencent profond\u00e9ment la sculpture religieuse du nord de la France. Dans le Hainaut, la Renaissance arrive avec Jacques Du Broeucq (1505\u20131584), sculpteur majeur dont les \u0153uvres sont conserv\u00e9es \u00e0 Sainte\u2011Waudru de Mons et \u00e0 la cath\u00e9drale de Saint\u2011Omer. Du Broeucq apporte une anatomie soign\u00e9e, une \u00e9l\u00e9gance du geste, des compositions savantes, et l\u2019influence de l\u2019\u00c9cole de Fontainebleau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 la fin du Moyen \u00c2ge, un registre iconographique nouveau appara\u00eet : celui du Christ souffrant. Il se d\u00e9cline en plusieurs images, chacune exprimant une nuance de la douleur du Christ et de la compassion des fid\u00e8les : l\u2019Agneau du sacrifice, l\u2019Ecce Homo, le Christ aux liens, le Dieu de Piti\u00e9. Ces repr\u00e9sentations ne forment pas une \u00e9volution lin\u00e9aire, mais les diff\u00e9rentes expressions d\u2019une m\u00eame sensibilit\u00e9 religieuse centr\u00e9e sur la souffrance r\u00e9demptrice. J. de Borchgrave d\u2019Altena r\u00e9sume ce courant spirituel en soulignant qu\u2019il se r\u00e9pandit largement en Europe et trouva dans le Hainaut une expression particuli\u00e8rement f\u00e9conde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui frappe le plus, c\u2019est l\u2019ampleur de la d\u00e9votion populaire. Chaque village poss\u00e8de son calvaire, son Christ de Piti\u00e9, son Christ aux liens, ses statues de la Passion. Ces \u0153uvres ne sont pas de simples d\u00e9corations : elles jalonnent les routes, les carrefours, les fortifications, les cimeti\u00e8res. Elles accompagnent la vie quotidienne, les processions, les pri\u00e8res silencieuses, les peurs et les esp\u00e9rances. Le Christ souffrant devient une pr\u00e9sence famili\u00e8re, un compagnon de mis\u00e8re et de consolation, profond\u00e9ment ancr\u00e9 dans la m\u00e9moire des communaut\u00e9s rurales.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>I \u2014 Le Christ souffrant<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"410\" height=\"615\" data-attachment-id=\"28170\" data-permalink=\"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/images-de-la-passion-dans-lavesnois\/christ-souffrant-clairfayts\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Christ-souffrant-Clairfayts.jpg?fit=410%2C615\" data-orig-size=\"410,615\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;CARRE&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1785331948&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"Christ souffrant Clairfayts\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Christ-souffrant-Clairfayts.jpg?fit=410%2C615\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Christ-souffrant-Clairfayts.jpg?resize=410%2C615&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-28170\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Christ-souffrant-Clairfayts.jpg?w=410 410w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Christ-souffrant-Clairfayts.jpg?resize=200%2C300 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 410px) 85vw, 410px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Christ souffrant \u2014 Clairfayts, chapelle de la Nativit\u00e9 de la Sainte Vierge (hameau de l\u2019\u00c9pinoy)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au XIII\u1d49 si\u00e8cle, l\u2019art religieux du Hainaut fran\u00e7ais montre un Christ serein, glorieux, triomphant. Les sculptures et les peintures expriment encore la majest\u00e9 divine, h\u00e9rit\u00e9e du gothique international. La figure du Christ demeure celle du Seigneur victorieux, \u00e9loign\u00e9e de la souffrance et de l\u2019humanit\u00e9 bless\u00e9e. La culture populaire est alors profond\u00e9ment marqu\u00e9e par les Myst\u00e8res, ces grandes repr\u00e9sentations th\u00e9\u00e2trales jou\u00e9es sur les parvis des \u00e9glises. Pendant plusieurs jours, des acteurs rejouent la Passion devant un public immense, donnant au r\u00e9cit sacr\u00e9 une pr\u00e9sence visuelle et \u00e9motionnelle consid\u00e9rable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 partir du XIV\u1d49 si\u00e8cle, un tournant spirituel s\u2019op\u00e8re. La d\u00e9votion se fait plus intime, plus sensible, plus douloureuse. Les R\u00e9v\u00e9lations de sainte Brigitte, publi\u00e9es en 1455 et traduites en fran\u00e7ais en 1536, d\u00e9crivent la Passion avec un r\u00e9alisme poignant, d\u00e9taillant ce que les \u00e9vang\u00e9listes avaient laiss\u00e9 dans l\u2019ombre. Les M\u00e9ditations sur la Passion, attribu\u00e9es \u00e0 saint Bonaventure, diffusent l\u2019esprit franciscain : une contemplation affective centr\u00e9e sur l\u2019humanit\u00e9 du Christ. Ces textes nourrissent les Myst\u00e8res, qui inspirent \u00e0 leur tour les sculpteurs et les peintres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le contexte historique renforce cette sensibilit\u00e9 nouvelle. Le XIV\u1d49 et le XVe si\u00e8cle sont des temps de d\u00e9tresse : \u00e9pid\u00e9mies de peste, guerre de Cent Ans, mis\u00e8re rurale, ins\u00e9curit\u00e9 permanente. Chaque homme se sent si malheureux qu\u2019il ne peut comparer ses souffrances qu\u2019\u00e0 celles de son Seigneur. La d\u00e9votion au Christ souffrant devient alors un refuge, un miroir, une consolation. La figure du Christ se charge de douleur, l\u2019expression devient plus humaine, la Passion se fait plus proche.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ce climat spirituel, les artistes abandonnent progressivement les attitudes id\u00e9alis\u00e9es du XIII\u1d49 si\u00e8cle. \u00c0 la fin du XIV\u1d49 si\u00e8cle se forme un atelier franco\u2011flamand dirig\u00e9 par Jean de Marville et Claus Sluter, dont le r\u00e9alisme puissant domine tout le XVe si\u00e8cle. Leurs \u0153uvres \u2014 tombeaux de Philippe le Hardi, puits de Mo\u00efse, pleurants \u2014 influencent profond\u00e9ment la sculpture religieuse du nord de la France. Dans le Hainaut, la Renaissance arrive avec Jacques Du Broeucq (1505\u20131584), sculpteur majeur dont les \u0153uvres sont conserv\u00e9es \u00e0 Sainte\u2011Waudru de Mons et \u00e0 la cath\u00e9drale de Saint\u2011Omer. Du Broeucq apporte une anatomie soign\u00e9e, une \u00e9l\u00e9gance du geste, des compositions savantes, et l\u2019influence de l\u2019\u00c9cole de Fontainebleau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 la fin du Moyen \u00c2ge, un registre iconographique nouveau appara\u00eet : celui du Christ souffrant. Il se d\u00e9cline en plusieurs images, chacune exprimant une nuance de la douleur du Christ et de la compassion des fid\u00e8les : l\u2019Agneau du sacrifice, l\u2019Ecce Homo, le Christ aux liens, le Dieu de Piti\u00e9. Ces repr\u00e9sentations ne forment pas une \u00e9volution lin\u00e9aire, mais les diff\u00e9rentes expressions d\u2019une m\u00eame sensibilit\u00e9 religieuse centr\u00e9e sur la souffrance r\u00e9demptrice. J. de Borchgrave d\u2019Altena r\u00e9sume ce courant spirituel : \u00ab Ce grand mouvement de d\u00e9votion, parti semble\u2011t\u2011il de nos provinces, se r\u00e9pandit en Allemagne, en France et en Espagne. Il est particuli\u00e8rement bien illustr\u00e9 en Hainaut par une sculpture prosp\u00e8re qui compte les centres de Mons, Tournai, Valenciennes. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui frappe le plus, c\u2019est l\u2019ampleur de la d\u00e9votion populaire. Chaque village poss\u00e8de son calvaire, son Christ de Piti\u00e9, son Christ aux liens, ses statues de la Passion. Ces \u0153uvres ne sont pas de simples d\u00e9corations : elles jalonnent les routes, les carrefours, les fortifications, les cimeti\u00e8res. Elles accompagnent la vie quotidienne, les processions, les pri\u00e8res silencieuses, les peurs et les esp\u00e9rances. Le Christ souffrant devient une pr\u00e9sence famili\u00e8re, un compagnon de mis\u00e8re et de consolation, profond\u00e9ment ancr\u00e9 dans la m\u00e9moire des communaut\u00e9s rurales.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>II \u2014 Le Couronnement d\u2019\u00e9pines<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"321\" height=\"422\" data-attachment-id=\"28174\" data-permalink=\"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/images-de-la-passion-dans-lavesnois\/image-3122\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-536.png?fit=321%2C422\" data-orig-size=\"321,422\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"image\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-536.png?fit=321%2C422\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-536.png?resize=321%2C422&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-28174\" style=\"width:409px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-536.png?w=321 321w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-536.png?resize=228%2C300 228w\" sizes=\"auto, (max-width: 321px) 85vw, 321px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Pierre Paul Rubens, <em>Le Christ couronn\u00e9 d\u2019\u00e9pines<\/em>, avant 1612 \u2014 Mus\u00e9e de l&rsquo;Ermitage \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la flagellation, le Christ est livr\u00e9 \u00e0 la d\u00e9rision. Les soldats le coiffent d\u2019une couronne d\u2019\u00e9pines, le frappent, le raillent comme un roi imaginaire. Cette sc\u00e8ne, qui appara\u00eet d\u00e8s le XIV\u1d49 si\u00e8cle, devient l\u2019un des \u00e9pisodes les plus poignants de la Passion. Elle exprime \u00e0 la fois la cruaut\u00e9 des bourreaux et la solitude du Christ, humili\u00e9 avant d\u2019\u00eatre condamn\u00e9. Le th\u00e8me se d\u00e9veloppe dans toute l\u2019Europe du Nord, nourri par les r\u00e9cits des Myst\u00e8res et par la sensibilit\u00e9 nouvelle qui s\u2019attache \u00e0 la souffrance du Sauveur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La couronne d\u2019\u00e9pines elle\u2011m\u00eame \u00e9volue au fil des si\u00e8cles. Vers 1500, elle gagne en volume, devient plus enchev\u00eatr\u00e9e, presque v\u00e9g\u00e9tale. Certains sculpteurs ajoutent m\u00eame de v\u00e9ritables morceaux de bois ou des \u00e9pines naturelles pour renforcer l\u2019effet dramatique. Cette transformation refl\u00e8te le go\u00fbt croissant pour le r\u00e9alisme expressif, caract\u00e9ristique de la fin du Moyen \u00c2ge et du d\u00e9but de la Renaissance. La douleur du Christ n\u2019est plus seulement sugg\u00e9r\u00e9e : elle est montr\u00e9e, rendue tangible, presque palpable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le couronnement d\u2019\u00e9pines est \u00e9galement nourri par un \u00e9v\u00e9nement majeur de l\u2019histoire religieuse. En 1329, saint Louis ach\u00e8te la Sainte Couronne \u00e0 un marchand v\u00e9nitien. Cette relique prestigieuse, conserv\u00e9e \u00e0 Paris, inspire les artistes et renforce la diffusion du th\u00e8me dans tout le nord de la France. La couronne devient un symbole puissant, \u00e0 la fois de la royaut\u00e9 bafou\u00e9e du Christ et de son sacrifice volontaire. Elle rappelle que celui qui est humili\u00e9 est aussi celui qui r\u00e8gne, et que la d\u00e9rision des hommes ne peut effacer la dignit\u00e9 divine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les sculptures du Hainaut fran\u00e7ais, le Christ couronn\u00e9 d\u2019\u00e9pines appara\u00eet souvent debout, les mains li\u00e9es, le corps meurtri par la flagellation. Son regard est baiss\u00e9, sa t\u00eate pench\u00e9e sous le poids de la couronne. Le manteau de d\u00e9rision, parfois rouge, enveloppe ses \u00e9paules et accentue la fragilit\u00e9 de sa posture. Ces \u0153uvres, qu\u2019elles soient monumentales ou modestes, t\u00e9moignent d\u2019une m\u00eame volont\u00e9 : montrer la souffrance du Christ avec une intensit\u00e9 qui touche le fid\u00e8le, l\u2019invite \u00e0 la compassion et \u00e0 la m\u00e9ditation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le couronnement d\u2019\u00e9pines occupe ainsi une place essentielle dans l\u2019iconographie de la Passion. Il marque un moment de bascule, o\u00f9 la violence humaine se heurte \u00e0 la douceur du Christ. Il pr\u00e9pare l\u2019Ecce Homo, o\u00f9 J\u00e9sus sera pr\u00e9sent\u00e9 au peuple, et annonce d\u00e9j\u00e0 le Dieu de Piti\u00e9, o\u00f9 le Christ, \u00e9puis\u00e9, attend la mort. Dans les \u00e9glises rurales du Hainaut, cette sc\u00e8ne demeure l\u2019une des plus expressives, rappelant que la Passion n\u2019est pas seulement un r\u00e9cit, mais une exp\u00e9rience spirituelle partag\u00e9e par des g\u00e9n\u00e9rations de fid\u00e8les.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>III \u2014 L\u2019Ecce Homo<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"449\" height=\"644\" data-attachment-id=\"28181\" data-permalink=\"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/images-de-la-passion-dans-lavesnois\/image-3126\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-539.png?fit=449%2C644\" data-orig-size=\"449,644\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"image\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-539.png?fit=449%2C644\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-539.png?resize=449%2C644&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-28181\" style=\"aspect-ratio:0.6972224948473844;width:395px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-539.png?w=449 449w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-539.png?resize=209%2C300 209w\" sizes=\"auto, (max-width: 449px) 85vw, 449px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Solre le Ch\u00e2teau : vitrail du c\u00f4t\u00e9 Sud du transept (1532), montrant la sc\u00e8ne de l\u2019Ecce Homo<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Ecce Homo est l\u2019un des moments les plus poignants de la Passion. Pilate pr\u00e9sente J\u00e9sus \u00e0 la foule en pronon\u00e7ant les mots c\u00e9l\u00e8bres : \u00ab Voil\u00e0 l\u2019homme \u00bb. Il esp\u00e8re apaiser la col\u00e8re du peuple, mais il ne fait que r\u00e9v\u00e9ler, sans le savoir, celui qui engage toute l\u2019humanit\u00e9. Cette sc\u00e8ne, qui n\u2019appara\u00eet gu\u00e8re avant le XVe si\u00e8cle, s\u2019impose ensuite dans l\u2019iconographie du nord de la France, nourrie par les r\u00e9cits des Myst\u00e8res et par la sensibilit\u00e9 nouvelle qui s\u2019attache \u00e0 la souffrance du Christ.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Christ est montr\u00e9 dans un \u00e9tat d\u2019extr\u00eame vuln\u00e9rabilit\u00e9. Couronn\u00e9 d\u2019\u00e9pines, drap\u00e9 du manteau de d\u00e9rision, les mains li\u00e9es, il se tient sur une estrade, une tribune ou au sommet d\u2019un escalier ext\u00e9rieur. Sa t\u00eate est pench\u00e9e, son regard baiss\u00e9, son corps meurtri par la flagellation. Cette image est d\u00e9j\u00e0 la pr\u00e9figuration du Dieu de Piti\u00e9 : le m\u00eame visage douloureux, la m\u00eame lassitude, la m\u00eame solitude. C\u2019est pourquoi la confusion entre les deux repr\u00e9sentations est fr\u00e9quente, tant elles expriment une m\u00eame intensit\u00e9 de souffrance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le Hainaut fran\u00e7ais, les repr\u00e9sentations de l\u2019Ecce Homo sont nombreuses et vari\u00e9es. Au Cateau, la chapelle du Bon Dieu a recueilli un ensemble impressionnant de statues et de statuettes, domin\u00e9 par une haute effigie du Christ drap\u00e9 de rouge. Il a la t\u00eate inclin\u00e9e, les mains li\u00e9es, et pr\u00e8s de lui se dresse une croix voil\u00e9e du linceul, symbole de la d\u00e9votion \u00e0 la Sainte\u2011Face. \u00c0 Bousies, une petite chapelle de pierre bleue dat\u00e9e de 1737, d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la Sainte\u2011Croix, est traditionnellement appel\u00e9e \u201cchapelle de l\u2019Ecce Homo\u201d ou \u201cBon Dieu de Giboux\u201d. L\u2019examen du lieu montre toutefois qu\u2019elle abrite un <em>petit groupe de Crucifixion<\/em> : le Christ en croix, entour\u00e9 de quatre personnages, plac\u00e9 dans une niche de l\u2019oratoire. L\u2019appellation populaire a entretenu une confusion avec l\u2019Ecce Homo, mais t\u00e9moigne de la vigueur de la d\u00e9votion au XVIII\u1d49 si\u00e8cle dans les campagnes du Hainaut.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Ecce Homo occupe une place essentielle dans l\u2019iconographie de la Passion. Il marque le moment o\u00f9 J\u00e9sus est expos\u00e9 au jugement du peuple, livr\u00e9 \u00e0 la d\u00e9rision, humili\u00e9 avant d\u2019\u00eatre condamn\u00e9. Il r\u00e9v\u00e8le la fragilit\u00e9 du Christ et la violence des hommes, tout en annon\u00e7ant d\u00e9j\u00e0 les images du Dieu de Piti\u00e9 et du Christ aux liens. Dans les \u00e9glises rurales du Hainaut, cette sc\u00e8ne demeure l\u2019une des plus expressives, rappelant que la Passion n\u2019est pas seulement un r\u00e9cit, mais une exp\u00e9rience spirituelle partag\u00e9e par des g\u00e9n\u00e9rations de fid\u00e8les.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-align-left\"><strong>IV \u2014 Le Dieu de Piti\u00e9<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"612\" height=\"829\" data-attachment-id=\"28192\" data-permalink=\"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/images-de-la-passion-dans-lavesnois\/image-3133\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-546.png?fit=612%2C829\" data-orig-size=\"612,829\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"image\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-546.png?fit=612%2C829\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-546.png?resize=612%2C829&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-28192\" style=\"aspect-ratio:0.7382492453643812;width:412px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-546.png?w=612 612w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-546.png?resize=221%2C300 221w\" sizes=\"auto, (max-width: 612px) 85vw, 612px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Cartignies : Christ aux liens en ch\u00eane, sous un \u00e9dicule support\u00e9 par deux colonnes torses XVI e si\u00e8cle<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Dieu de Piti\u00e9 est l\u2019une des cr\u00e9ations les plus originales de la sculpture du XVe si\u00e8cle. Il montre le Christ assis, \u00e9puis\u00e9, exsangue, dans l\u2019attente de la mort. Cette image, profond\u00e9ment humaine, exprime la lassitude du Sauveur apr\u00e8s la flagellation et avant la mont\u00e9e au Calvaire. Elle s\u2019inscrit dans le grand courant de d\u00e9votion au Christ souffrant qui marque la fin du Moyen \u00c2ge et le d\u00e9but de la Renaissance, nourri par les Myst\u00e8res, les R\u00e9v\u00e9lations de sainte Brigitte et les M\u00e9ditations attribu\u00e9es \u00e0 saint Bonaventure.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Christ est repr\u00e9sent\u00e9 assis sur un rocher, les mains li\u00e9es, parfois les pieds \u00e9galement entrav\u00e9s par une grosse corde. Il porte le p\u00e9rizonium, simple linge pos\u00e9 en travers des cuisses, et une cape rejet\u00e9e sur le dos. La couronne d\u2019\u00e9pines, souvent volumineuse, marque son front. Son attitude exprime la fatigue, la r\u00e9signation, une forme de douceur douloureuse qui invite le fid\u00e8le \u00e0 la compassion. Cette figure n\u2019est pas celle d\u2019un roi bafou\u00e9, comme dans l\u2019Ecce Homo, mais celle d\u2019un homme bris\u00e9 par la souffrance, attendant le dernier acte de son supplice.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette iconographie a connu une immense faveur dans les campagnes du Hainaut. Il semble qu\u2019il y ait eu, dans presque chaque village, une statue de ce type. Les chapelles du Dieu de Piti\u00e9 se trouvaient pr\u00e8s des \u00e9glises, dans les cimeti\u00e8res, aux carrefours, le long des chemins, parfois m\u00eame dans des lieux fortifi\u00e9s. Elles accueillaient les fid\u00e8les qui venaient prier, d\u00e9poser leurs peines, demander secours ou consolation. Certaines chapelles ont disparu, d\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9es dans les \u00e9glises pour \u00eatre prot\u00e9g\u00e9es des intemp\u00e9ries ou des vols. Mais la m\u00e9moire de ces petits \u00e9difices demeure, profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans la vie religieuse des communaut\u00e9s rurales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Dieu de Piti\u00e9 n\u2019est pas seulement une image de douleur : c\u2019est une image de proximit\u00e9. Le Christ y appara\u00eet comme un compagnon de mis\u00e8re, un fr\u00e8re dans la souffrance humaine. Sa posture assise, inhabituelle dans l\u2019iconographie de la Passion, renforce cette impression d\u2019intimit\u00e9. Il ne s\u2019agit pas d\u2019une sc\u00e8ne narrative, mais d\u2019une figure m\u00e9ditative, destin\u00e9e \u00e0 accompagner la pri\u00e8re silencieuse. Dans les villages du Hainaut, cette repr\u00e9sentation a longtemps \u00e9t\u00e9 l\u2019une des plus famili\u00e8res, pr\u00e9sente dans les chapelles de pierre bleue, les enclos paroissiaux, les carrefours o\u00f9 se croisent les chemins de la vie quotidienne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Dieu de Piti\u00e9 occupe ainsi une place essentielle dans l\u2019iconographie de la Passion. Il se situe entre l\u2019Ecce Homo, o\u00f9 le Christ est expos\u00e9 au jugement du peuple, et le Calvaire, o\u00f9 il sera clou\u00e9 sur la croix. Il exprime un moment de suspension, un temps d\u2019attente, une halte dans la douleur. Dans les \u00e9glises et les chapelles rurales du Hainaut, cette image demeure l\u2019une des plus \u00e9mouvantes, rappelant que la Passion n\u2019est pas seulement un r\u00e9cit, mais une exp\u00e9rience spirituelle partag\u00e9e par des g\u00e9n\u00e9rations de fid\u00e8les.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>V \u2014 Les Christ de Piti\u00e9 dans notre r\u00e9gion (Avesnois)<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"392\" height=\"650\" data-attachment-id=\"28193\" data-permalink=\"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/images-de-la-passion-dans-lavesnois\/image-3134\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-547.png?fit=392%2C650\" data-orig-size=\"392,650\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"image\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-547.png?fit=392%2C650\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-547.png?resize=392%2C650&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-28193\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-547.png?w=392 392w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-547.png?resize=181%2C300 181w\" sizes=\"auto, (max-width: 392px) 85vw, 392px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Christ de Piti\u00e9 (Christ aux liens), \u00e9dicule de 1543 \u2014 S\u00e9meries<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"545\" height=\"682\" data-attachment-id=\"28183\" data-permalink=\"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/images-de-la-passion-dans-lavesnois\/image-3127\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-540.png?fit=545%2C682\" data-orig-size=\"545,682\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"image\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-540.png?fit=545%2C682\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-540.png?resize=545%2C682&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-28183\" style=\"aspect-ratio:0.7991284672756223;width:413px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-540.png?w=545 545w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-540.png?resize=240%2C300 240w\" sizes=\"auto, (max-width: 545px) 85vw, 545px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Vue rapproch\u00e9e, statue en pierre et terre cuite, mausol\u00e9e de Hubert Lucarne et de son \u00e9pouse, class\u00e9 Monument Historique<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019Avesnois, les Christ de Piti\u00e9 occupent une place essentielle dans la d\u00e9votion populaire. Souvent rescap\u00e9s de chapelles d\u00e9truites ou mis \u00e0 l\u2019abri dans les \u00e9glises pour \u00e9chapper aux vols trop fr\u00e9quents, ils \u00e9taient particuli\u00e8rement v\u00e9n\u00e9r\u00e9s pendant la Semaine sainte. Ces statues, parfois modestes, parfois d\u2019une grande qualit\u00e9 artistique, t\u00e9moignent d\u2019une pi\u00e9t\u00e9 profonde et d\u2019une tradition religieuse solidement ancr\u00e9e dans les villages de la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Ramousies, dans le canton Nord d\u2019Avesnes\u2011sur\u2011Helpe, on peut admirer le Dieu de Piti\u00e9 de Rempsies. Cette statue, autrefois expos\u00e9e dans une chapelle aujourd\u2019hui disparue, a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9serv\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019attachement des habitants \u00e0 leur patrimoine religieux. Elle exprime avec force la lassitude du Christ, son abandon, sa solitude avant la mont\u00e9e au Calvaire. \u00c0 Liessies, dans l\u2019\u00e9glise Saint\u2011Jean, se trouve un Christ aux liens, repr\u00e9sentation poignante du Christ assis, les mains attach\u00e9es, dans l\u2019attente de son supplice. Cette image, tr\u00e8s r\u00e9pandue au XVI\u1d49 si\u00e8cle, insiste sur l\u2019humanit\u00e9 du Christ et sur la douceur de sa r\u00e9signation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Contre l\u2019\u00e9glise de S\u00e9meries, un \u00e9dicule hexagonal portant la date de 1543 abrite un Christ aux liens r\u00e9alis\u00e9 dans un curieux m\u00e9lange de pierre et de terre cuite. \u00c9rig\u00e9 par l\u2019abb\u00e9 Ducarne en m\u00e9moire de ses parents, ce monument est l\u2019un des plus beaux exemples r\u00e9gionaux. H. Oursel a soulign\u00e9 la proximit\u00e9 stylistique entre cette \u0153uvre et un Christ de Piti\u00e9 en bois du d\u00e9but du XVI\u1d49 si\u00e8cle conserv\u00e9 aux mus\u00e9es royaux d\u2019art et d\u2019histoire de Bruxelles, sugg\u00e9rant l\u2019existence d\u2019un mod\u00e8le commun diffus\u00e9 dans les ateliers du Hainaut.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Cartignies, dans le canton Sud d\u2019Avesnes\u2011sur\u2011Helpe, l\u2019\u00e9glise conserve un Christ aux liens du XVI\u1d49 si\u00e8cle, abrit\u00e9 sous un \u00e9dicule en ch\u00eane port\u00e9 par deux colonnes torses. Cette \u0153uvre, tr\u00e8s proche par l\u2019inspiration de celle de S\u00e9meries, t\u00e9moigne d\u2019une m\u00eame sensibilit\u00e9 : un Christ m\u00e9ditatif, assis, les mains li\u00e9es, dans une attitude de douceur douloureuse. \u00c0 Cousolre, le Christ de Piti\u00e9 n\u2019est plus qu\u2019un buste, fragment d\u2019une statue compl\u00e8te autrefois plac\u00e9e dans une chapelle dat\u00e9e de 1558. En bois violemment polychrom\u00e9, il se distingue par ses larmes de sang, sa large couronne d\u2019\u00e9pines, son long nez pinc\u00e9 et ses paupi\u00e8res lourdes, qui contribuent au puissant r\u00e9alisme de cette \u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Avesnes, la t\u00eate du Dieu de Piti\u00e9 issue de l\u2019ancien cimeti\u00e8re de la Madeleine constitue un t\u00e9moignage rare de la sculpture religieuse m\u00e9di\u00e9vale dans la r\u00e9gion. Dat\u00e9e du XVe si\u00e8cle, elle fut bris\u00e9e en 1793, puis sauv\u00e9e par un enfant qui en recueillit la t\u00eate. Perdue de vue, retrouv\u00e9e, elle est expos\u00e9e depuis 1932 dans l\u2019\u00e9glise de Saint\u2011Hilaire\u2011sur\u2011Helpe. En pierre polychrome, elle exprime avec intensit\u00e9 la douleur du Christ et la fragilit\u00e9 de ces \u0153uvres, souvent menac\u00e9es par les \u00e9v\u00e9nements de l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces Christ de Piti\u00e9 montrent que l\u2019Avesnois a \u00e9t\u00e9, du XVe au XVII\u1d49 si\u00e8cle, un foyer de cr\u00e9ation religieuse particuli\u00e8rement actif. Les \u0153uvres sont parfois rustiques, parfois raffin\u00e9es, mais toujours profond\u00e9ment expressives. Elles t\u00e9moignent d\u2019une d\u00e9votion quotidienne, d\u2019une familiarit\u00e9 entre les fid\u00e8les et la figure du Christ souffrant. M\u00eame si les statues les plus pr\u00e9cieuses ont trouv\u00e9 refuge dans les \u00e9glises ou les mus\u00e9es, elles demeurent les t\u00e9moins d\u2019une pi\u00e9t\u00e9 populaire encore vivante dans la m\u00e9moire des habitants.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>VI \u2014 Le Calvaire<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"352\" height=\"637\" data-attachment-id=\"28186\" data-permalink=\"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/images-de-la-passion-dans-lavesnois\/image-3129\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-542.png?fit=352%2C637\" data-orig-size=\"352,637\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"image\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-542.png?fit=352%2C637\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-542.png?resize=352%2C637&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-28186\" style=\"width:380px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-542.png?w=352 352w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-542.png?resize=166%2C300 166w\" sizes=\"auto, (max-width: 352px) 85vw, 352px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Wargnies\u2011le\u2011Grand \u2014 Calvaire (Christ, Marie, Jean), 1784, \u0153uvre de J.-B. Danezan, r\u00e9implant\u00e9 dans l\u2019\u00e9glise paroissiale.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le calvaire marque le moment o\u00f9 J\u00e9sus est clou\u00e9 sur la croix. Il constitue l\u2019une des images les plus fortes de la Passion, celle o\u00f9 la souffrance atteint son paroxysme et o\u00f9 s\u2019accomplit le sacrifice supr\u00eame. Le groupe du calvaire r\u00e9unit traditionnellement trois personnages : J\u00e9sus au centre, Marie \u00e0 sa droite, Jean \u00e0 sa gauche. Cette triade, profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans l\u2019iconographie chr\u00e9tienne, exprime \u00e0 la fois la douleur de la m\u00e8re, la fid\u00e9lit\u00e9 du disciple et la solitude du Christ dans l\u2019instant de sa mort.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Outre le Christ pr\u00e9sent sur tous les autels, on trouve dans les \u00e9glises rurales du Hainaut la croix associ\u00e9e \u00e0 l\u2019arc triomphal. Il s\u2019agit de l\u2019arcade s\u00e9parant le transept du ch\u0153ur ou la nef du ch\u0153ur. Lorsque l\u2019\u00e9glise ne poss\u00e8de pas de transept, la croix est suspendue \u00e0 cet arc par des cha\u00eenes reli\u00e9es aux extr\u00e9mit\u00e9s des bras. La pr\u00e9sence des croix triomphales est recommand\u00e9e par saint Charles Borrom\u00e9e dans son instruction sur la construction des \u00e9glises. Elles rappellent au fid\u00e8le, d\u00e8s son entr\u00e9e dans le sanctuaire, le c\u0153ur du myst\u00e8re chr\u00e9tien : la mort et la r\u00e9surrection du Christ.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les trois personnages du calvaire ont \u00e9galement pris place sur la poutre de gloire, appel\u00e9e autrefois la trabes. Cette poutre, plac\u00e9e en travers du ch\u0153ur, servait \u00e0 suspendre des lampes, des cierges et le grand voile du car\u00eame. Depuis longtemps, elle supporte les statues du calvaire. Certaines poutres de gloire sont de v\u00e9ritables \u0153uvres d\u2019art. Celle de Berlaimont est un remarquable travail de fer forg\u00e9. Les \u00e9glises de Saint\u2011Martin\u2011sur\u2011\u00c9caillon, Eccles, M\u00e9quignies et Louvignies\u2011Bavay conservent des personnages datant du XVe \u00e0 la fin du XVI\u1d49 si\u00e8cle. L\u2019une des plus belles se trouve dans la chapelle qui sert d\u2019\u00e9glise paroissiale \u00e0 un petit village : l\u2019\u00e9difice, la poutre et les personnages datent tous du XVI\u1d49 si\u00e8cle, formant un ensemble d\u2019une grande harmonie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans certaines \u00e9glises, les personnages du calvaire ont \u00e9t\u00e9 descendus de leur poutre mais demeurent r\u00e9unis. On peut les voir \u00e0 Marpent, dans le canton de Maubeuge\u2011Nord, ou \u00e0 Marbaix, dans le canton Sud d\u2019Avesnes\u2011sur\u2011Helpe. Parfois, J\u00e9sus est repr\u00e9sent\u00e9 sensiblement plus grand que Marie et Jean, ce qui affirme son caract\u00e8re divin. Les groupes d\u2019Hestrud et de Monceau\u2011Saint\u2011Waast, dat\u00e9s des XVe et XVI\u1d49 si\u00e8cles, t\u00e9moignent de la vitalit\u00e9 de ce th\u00e8me dans les campagnes du Hainaut.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le XVIII\u1d49 si\u00e8cle a laiss\u00e9 de nombreux t\u00e9moins de ce moment crucial que furent les derniers instants du Christ. Les al\u00e9as d\u2019une conservation parfois d\u00e9fectueuse ont conduit \u00e0 des remplacements partiels : les comptes de fabrique mentionnent parfois le nom d\u2019un sculpteur pour le Christ, sans que les autres personnages soient indiqu\u00e9s, ce qui laisse supposer que l\u2019on a pu faire appel \u00e0 des ex\u00e9cutants moins r\u00e9put\u00e9s pour les figures jug\u00e9es secondaires. Cette diversit\u00e9 d\u2019interventions n\u2019enl\u00e8ve rien \u00e0 la force expressive de ces groupes, qui demeurent des \u00e9l\u00e9ments essentiels du patrimoine religieux local.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les retables et bas\u2011reliefs des XVe et XVI\u1d49 si\u00e8cles, en pierre, en alb\u00e2tre ou en terre cuite, ornent les murs de nombreuses \u00e9glises. Leur sc\u00e8ne centrale est presque toujours une crucifixion. On en trouve \u00e0 Viesly, \u00e0 Beauvois\u2011en\u2011Cambr\u00e9sis, \u00e0 Pecquencourt. La cath\u00e9drale de Saint\u2011Omer conserve un ensemble exceptionnel de retables, bas\u2011reliefs et triptyques consacr\u00e9s \u00e0 la crucifixion. L\u2019image isol\u00e9e de la Vierge, comme \u00e0 Fournes\u2011en\u2011Weppes ou \u00e0 Mastaing, ajoute une dimension de tendresse et de douleur maternelle \u00e0 ces repr\u00e9sentations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Certains calvaires ont connu des destin\u00e9es mouvement\u00e9es. \u00c0 Wargnies\u2011le\u2011Grand, un calvaire abandonn\u00e9, plac\u00e9 sous un abri semi\u2011circulaire au bord de la route de Valenciennes \u00e0 Bavay, a \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9, restaur\u00e9 et r\u00e9implant\u00e9 dans l\u2019\u00e9glise paroissiale. Le Christ est l\u2019\u0153uvre de J.-B. Danezan, sculpteur r\u00e9put\u00e9 de Valenciennes, tandis que les autres statues sont probablement dues \u00e0 l\u2019un de ses \u00e9l\u00e8ves. L\u2019ensemble date de 1784 et t\u00e9moigne de la persistance de la d\u00e9votion au calvaire \u00e0 la veille de la R\u00e9volution.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Existe\u2011t\u2011il encore des calvaires ant\u00e9rieurs \u00e0 1400 ? Il en subsiste au moins un, celui de Ramousies, dans le canton d\u2019Avesnes\u2011Nord, que l\u2019on attribue au premier tiers du XIII\u1d49 si\u00e8cle. J\u00e9sus est aujourd\u2019hui seul dans l\u2019\u00e9glise qu\u2019il a r\u00e9int\u00e9gr\u00e9e apr\u00e8s un long s\u00e9jour dans les ateliers du Louvre. Cependant, la Vierge et saint Jean qui devraient lui tenir compagnie existent toujours : ils sont conserv\u00e9s au Louvre, et les trois statues ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9unies le temps d\u2019une confrontation d\u00e9terminante et d\u2019un moulage. Ce calvaire, d\u2019une grande anciennet\u00e9, rappelle que la repr\u00e9sentation de la crucifixion est l\u2019un des fondements de l\u2019art religieux dans la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>VII \u2014 La Descente de croix et la Piet\u00e0<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"525\" height=\"538\" data-attachment-id=\"28201\" data-permalink=\"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/images-de-la-passion-dans-lavesnois\/image-3136\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-549.png?fit=525%2C538\" data-orig-size=\"525,538\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"image\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-549.png?fit=525%2C538\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-549.png?resize=525%2C538&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-28201\" style=\"aspect-ratio:0.9758656873032528;width:469px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-549.png?w=525 525w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-549.png?resize=293%2C300 293w\" sizes=\"auto, (max-width: 525px) 85vw, 525px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Ramousies : Retable de la Passion (vers 1550) \u2014 D\u00e9ploration, Mise au tombeau, Crucifiement et Descente de croix, dans le style rh\u00e9nan\u2011bourguignon<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Descente de croix est l\u2019un des moments les plus \u00e9mouvants de la Passion. J\u00e9sus, d\u00e9tach\u00e9 de la croix, est remis \u00e0 sa m\u00e8re. Cette sc\u00e8ne, qui pr\u00e9c\u00e8de imm\u00e9diatement la mise au tombeau, exprime \u00e0 la fois la douleur de Marie, la compassion de ceux qui l\u2019entourent et la fin du supplice du Christ. Dans l\u2019iconographie du Hainaut fran\u00e7ais, elle appara\u00eet moins fr\u00e9quemment que le calvaire ou le Dieu de Piti\u00e9, mais elle n\u2019en demeure pas moins un th\u00e8me d\u2019une grande intensit\u00e9 spirituelle. Les artistes y montrent la fragilit\u00e9 du corps du Christ, la tendresse de Marie, la gravit\u00e9 silencieuse des t\u00e9moins, dans une composition souvent tr\u00e8s \u00e9quilibr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Piet\u00e0, qui en est une forme d\u00e9riv\u00e9e, repr\u00e9sente Marie assise, tenant sur ses genoux le corps inanim\u00e9 de son fils. On l\u2019appelle aussi Mater Dolorosa, Notre\u2011Dame de Piti\u00e9, Notre\u2011Dame des Sept Douleurs. Cette image n\u2019est pas seulement une sc\u00e8ne narrative : elle est l\u2019expression d\u2019un sentiment maternel douloureusement bless\u00e9, d\u00e9passant en intensit\u00e9 la simple d\u00e9votion au Dieu martyris\u00e9. La Piet\u00e0 occidentale proc\u00e8de parfois moins des descentes de croix que des maternit\u00e9s, tant la posture de Marie \u00e9voque celle d\u2019une m\u00e8re tenant son enfant. Cette ambigu\u00eft\u00e9 renforce la force \u00e9motionnelle de l\u2019image, qui touche le fid\u00e8le par sa simplicit\u00e9 et sa profondeur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le Hainaut fran\u00e7ais, la Piet\u00e0 n\u2019a pas connu la m\u00eame faveur que le Dieu de Piti\u00e9, tr\u00e8s r\u00e9pandu dans les villages. L\u2019Artois en fut plus prodigue. Cependant, plusieurs chapelles de pierre bleue sont d\u00e9di\u00e9es \u00e0 Notre\u2011Dame des Sept Douleurs. On en trouve \u00e0 Bousies, o\u00f9 une chapelle dat\u00e9e de 1778 t\u00e9moigne de la permanence de ce culte, mais aussi \u00e0 Cartignies, \u00e0 Saint\u2011Pierre, \u00e0 Etroeungt, \u00e0 Limont\u2011Fontaine et \u00e0 Sars\u2011Poteries. Ces \u00e9difices, souvent modestes, rappellent que la douleur de Marie a longtemps \u00e9t\u00e9 un th\u00e8me de m\u00e9ditation dans les campagnes du Hainaut.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La d\u00e9votion \u00e0 la Sainte\u2011Face, \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la contemplation de la Passion, a \u00e9galement trouv\u00e9 un \u00e9cho dans la r\u00e9gion. Les \u0153uvres qui s\u2019y rattachent montrent l\u2019influence des grands courants rh\u00e9nans et bourguignons, avec parfois des r\u00e9sonances anglaises dues \u00e0 la pr\u00e9sence des alb\u00e2tres de Nottingham dans tout le nord de la France. Plusieurs \u0153uvres conserv\u00e9es en Belgique ont pu influencer des r\u00e9alisations pr\u00e9sentes en Artois et dans la partie fran\u00e7aise du Hainaut. Ces sculptures, souvent en pierre ou en alb\u00e2tre, expriment une grande finesse de model\u00e9 et une sensibilit\u00e9 particuli\u00e8re \u00e0 la douleur du Christ.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En Hainaut, les repr\u00e9sentations de la Descente de croix et de la Piet\u00e0 sont moins nombreuses que celles du Dieu de Piti\u00e9, mais elles n\u2019en demeurent pas moins profond\u00e9ment \u00e9mouvantes. Elles t\u00e9moignent d\u2019une pi\u00e9t\u00e9 attentive \u00e0 la souffrance de Marie, \u00e0 la fragilit\u00e9 du corps du Christ, \u00e0 la compassion silencieuse des t\u00e9moins. Elles rappellent que la Passion n\u2019est pas seulement un r\u00e9cit de violence, mais aussi une histoire de tendresse, de fid\u00e9lit\u00e9 et de douleur partag\u00e9e. Dans les \u00e9glises et les chapelles rurales, ces images continuent d\u2019accompagner la pri\u00e8re des fid\u00e8les, comme elles l\u2019ont fait pendant des si\u00e8cles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Ohain et Tr\u00e9lon, la d\u00e9votion \u00e0 la Sainte\u2011Face a laiss\u00e9 deux t\u00e9moignages distincts. \u00c0 Ohain m\u00eame, la chapelle d\u00e9di\u00e9e en 1887, construite en pierre blanche de Saint\u2011Dizier, porte l\u2019invocation \u201cSainte Face, ayez piti\u00e9 de nous\u201d, mais ne conserve pas l\u2019image elle\u2011m\u00eame. Celle\u2011ci se trouve deux kilom\u00e8tres plus loin, sur le territoire de Tr\u00e9lon, \u00e0 la limite d\u2019Ohain, dans la chapelle du Grand\u2011Dieu, dat\u00e9e de la fin du XVII\u1d49 si\u00e8cle. Cet oratoire abrite une grande statue du Christ assis dont le visage, sculpt\u00e9 frontalement, correspond \u00e0 la repr\u00e9sentation traditionnelle de la Sainte\u2011Face. La chapelle de 1887 n\u2019a donc pas re\u00e7u l\u2019image originelle, mais en rappelle la d\u00e9votion, t\u00e9moignant qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque on ne distinguait pas clairement la Sainte\u2011Face du Grand\u2011Dieu.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>C<\/strong>onclusion g\u00e9n\u00e9rale<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"437\" height=\"587\" data-attachment-id=\"28198\" data-permalink=\"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/images-de-la-passion-dans-lavesnois\/image-3135\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-548.png?fit=437%2C587\" data-orig-size=\"437,587\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"image\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-548.png?fit=437%2C587\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-548.png?resize=437%2C587&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-28198\" style=\"width:399px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-548.png?w=437 437w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-548.png?resize=223%2C300 223w\" sizes=\"auto, (max-width: 437px) 85vw, 437px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Tr\u00e9lon\u2014 Sainte Face, chapelle du Grand\u2011Dieu<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les images de la Passion dans le Hainaut fran\u00e7ais et l\u2019Avesnois forment un ensemble d\u2019une richesse exceptionnelle. Elles t\u00e9moignent de la profondeur de la d\u00e9votion populaire, de la sensibilit\u00e9 spirituelle des fid\u00e8les et de l\u2019habilet\u00e9 des artistes qui, du XVe au XVIII\u1d49 si\u00e8cle, ont su exprimer avec force la douleur du Christ et la compassion de ceux qui l\u2019entourent. Qu\u2019il s\u2019agisse du Christ souffrant, du couronnement d\u2019\u00e9pines, de l\u2019Ecce Homo, du Dieu de Piti\u00e9, des Christ aux liens, des calvaires ou des Piet\u00e0, chaque image porte en elle une part de l\u2019histoire religieuse et humaine de la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces \u0153uvres, parfois modestes, parfois d\u2019une grande qualit\u00e9 artistique, ont accompagn\u00e9 des g\u00e9n\u00e9rations de fid\u00e8les dans leurs peines, leurs esp\u00e9rances, leurs pri\u00e8res. Elles ont jalonn\u00e9 les chemins, les carrefours, les cimeti\u00e8res, les chapelles de pierre bleue, les \u00e9glises rurales. Elles ont surv\u00e9cu aux guerres, aux r\u00e9volutions, aux destructions, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019attachement des habitants \u00e0 leur patrimoine. Elles demeurent aujourd\u2019hui les t\u00e9moins silencieux d\u2019une pi\u00e9t\u00e9 profonde, d\u2019une culture religieuse vivante, d\u2019un pass\u00e9 qui continue de parler \u00e0 ceux qui savent le regarder.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En parcourant ces images, on d\u00e9couvre non seulement l\u2019histoire de la Passion, mais aussi celle d\u2019un territoire, de ses villages, de ses communaut\u00e9s. On y lit la souffrance, la tendresse, la fid\u00e9lit\u00e9, la compassion. On y per\u00e7oit la force d\u2019une foi qui, loin des grands centres urbains, s\u2019est exprim\u00e9e avec une intensit\u00e9 particuli\u00e8re. Ces \u0153uvres, qu\u2019elles soient conserv\u00e9es dans les \u00e9glises, les mus\u00e9es ou les chapelles, constituent un patrimoine pr\u00e9cieux, qu\u2019il importe de pr\u00e9server, de transmettre et de faire conna\u00eetre. Elles rappellent que la Passion n\u2019est pas seulement un r\u00e9cit, mais une exp\u00e9rience spirituelle partag\u00e9e par des si\u00e8cles de croyants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e9face Dans les villages du Hainaut fran\u00e7ais et de l\u2019Avesnois, les images de la Passion ont longtemps accompagn\u00e9 la vie quotidienne. Elles se dressaient au bord des chemins, dans les cimeti\u00e8res, contre les \u00e9glises, dans les chapelles de pierre bleue o\u00f9 l\u2019on venait prier en silence. 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