{"id":18282,"date":"2023-06-13T09:32:20","date_gmt":"2023-06-13T07:32:20","guid":{"rendered":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/?page_id=18282"},"modified":"2023-06-14T17:31:02","modified_gmt":"2023-06-14T15:31:02","slug":"les-elements-constitutifs-du-bocage-avesnois-xiv-xve-siecle","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/les-elements-constitutifs-du-bocage-avesnois-xiv-xve-siecle\/","title":{"rendered":"Les \u00e9l\u00e9ments constitutifs du bocage avesnois (XIV \u2013XV\u00e8 si\u00e8cle)"},"content":{"rendered":"\n<p>L\u2019objectif ici est de savoir pourquoi et quand s\u2019est install\u00e9 dans notre r\u00e9gion le bocage.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour cela remontons le temps et d\u00e9couvrons le paysage au nord de la Thi\u00e9rache aux environs du XII\u00e8me<sup> <\/sup>si\u00e8cle (l\u2019appellation de Thi\u00e9rache est tr\u00e8s ancienne&nbsp;: texte de 1186 Cartulaire de la Terre d\u2019Avesnes&nbsp; folio 30 lettre 45).<\/p>\n\n\n\n<p>On y d\u00e9couvre de minuscules clairi\u00e8res avec des \u00e9tablissements gallo-romains (Avesnes avec le camp d\u2019Avesnelles) germaniques (Sassogne, Landrecies, Cartignies), m\u00e9rovingien (Maroilles). La quasi-totalit\u00e9 des villages qui entourent la for\u00eat de Mormal sont d\u00e9j\u00e0 attest\u00e9s&nbsp;dans les textes : Hargnies (V\u00e8me si\u00e8cle), Bavisiau (VII\u00e8me s), Sassegnies (VIII\u00e8me s), Fontaine-au-Bois (IX\u00e8me s), Obies, Amfroipret, Herbignies et Preux (XI\u00e8me s). En ce XII\u00e8me si\u00e8cle les grands d\u00e9frichements se poursuivent avec ceux d\u2019Englefontaine, de Robersart et du Sart Bara. (1)<\/p>\n\n\n\n<p>La charte de Prisches en 1158 fait connaitre un village d\u00e9j\u00e0 bien peupl\u00e9, une activit\u00e9 \u00e9conomique d\u00e9velopp\u00e9e. Celle&nbsp; de Le Favril en 1174 offre des terres aux personnes qui viendraient s\u2019installer sur le terroir.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut affirmer qu\u2019\u00e0 cette date l\u2019\u00e9largissement des petites clairi\u00e8res est accompli, ce qui ne signifie pas une totale domination de l\u2019espace&nbsp;: des bosquets et des pacages communaux subsistent.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019utilisation des communaux est d\u2019ailleurs le principal sujet de contestation entre les seigneurs et les paysans avec celui des corv\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi en 1208, 1245, 1258, 1259,1289, 1296 les p\u00e2turages sont l\u2019objet de litige entre la communaut\u00e9 rurale de Noyelles et l\u2019abbaye de Maroilles &nbsp;provoquant des d\u00e9cisions de l\u2019\u00e9v\u00eaque de Cambrai, du comte de Hainaut ou du pape. Parfois ils imposent le \u00ab&nbsp;silence perp\u00e9tuel&nbsp;\u00bb. Toujours quelques ann\u00e9es plus tard, les villageois se montrent r\u00e9calcitrants et font fi du pouvoir seigneurial de l\u2019abb\u00e9. Ils s\u2019en tiennent avec une \u00e9nergie farouche \u00e0 leurs anciennes coutumes et \u00e0 la d\u00e9claration de 1245 qui leur reconna\u00eet la possibilit\u00e9 de faire paitre leurs troupeaux dans le bois de saint Humbert sauf au temps de la gland\u00e9e r\u00e9serv\u00e9e aux porcs de l\u2019abbaye.<\/p>\n\n\n\n<p>A Maroilles, toujours en d\u00e9cembre 1245, Guy \u00e9v\u00eaque de Cambrai arbitre un d\u00e9bat entre l\u2019abb\u00e9 et les paysans de la terre de Saint Humbert. L\u2019\u00e9v\u00eaque r\u00e9dige un r\u00e8glement intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9crit des p\u00e2turages&nbsp;\u00bb (2) qui touche la p\u00eache, les p\u00e2turages, les bois et les haies.&nbsp; Les habitants n\u2019ont aucun droit de p\u00eache dans la rivi\u00e8re et l\u2019\u00e9v\u00eaque leur impose le silence universel. Quant aux p\u00e2turages communs, sp\u00e9cialement ceux de Renault Folie, les habitants sont libres d\u2019y conduire leurs troupeaux pour les y faire paitre.<\/p>\n\n\n\n<p>Il apparait en ce XIII\u00e8me si\u00e8cle que les communaut\u00e9s paysannes se dressent pour d\u00e9fendre leurs droits au sujet des p\u00e2tures en commun. Ces communaut\u00e9s vont continuer de s\u2019affirmer et cette affirmation va se traduire par le refus de transformer leurs pr\u00e9s en terre et par le d\u00e9veloppement des cl\u00f4tures entrainant la r\u00e9duction des usages collectifs&nbsp; et la mont\u00e9e de l\u2019individualisme.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>I La mise en herbage source de profit et de conflits<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les surfaces herbeuses comprennent les pr\u00e9s et les p\u00e2tures. En principe, l\u2019herbe du pr\u00e9 est coup\u00e9e en juin tandis que les bestiaux mangent celle de la p\u00e2ture.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les p\u00e2tures communs on distingue deux types de communaux&nbsp;: les aisements, pr\u00e8s d\u2019usage commun d\u2019assez grande \u00e9tendue et les war\u00e9chaix qui regroupent les talus, les accotements des chemins, les terrains incultes et les berges des cours d\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but du XIIIe si\u00e8cle des transformations de pr\u00e8s en terre se signalent. C\u2019est l\u2019\u00e9poque d\u2019une forte demande en grains et des hauts cours du bl\u00e9. Cependant le Hainaut conna\u00eet par la suite des crises frumentaires (notamment en 1315 et 1366-1370) et les paysans du Nord de la Thi\u00e9rache&nbsp; comprennent tr\u00e8s vite que leur r\u00e9gion est de nature herbag\u00e8re et qu\u2019ils ont int\u00e9r\u00eat \u00e0 faire des prairies. Les profits de l\u2019\u00e9leveur sont plus r\u00e9guliers que celui des cultivateurs. Ils sont moins soumis aux al\u00e9as du climat et \u00e0 la guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>Donc, le sol et le profit s\u2019allient pour d\u00e9velopper les p\u00e2turages. La lutte entre l\u2019herbe peut \u00eatre suivie dans les exploitations domaniales du comte de Hainaut localis\u00e9es&nbsp; \u00e0 Renault Folie, aux Etoquies, \u00e0 Landrecies ou bien encore \u00e0 Hachette. Vers 1300 les terres dominent encore mais au cours du XIV si\u00e8cle les p\u00e2turages l\u2019emportent nettement. A Renault Folie en 1297 la r\u00e9partition des formes d\u2019utilisation du sol donne environ 120 mencaud\u00e9es de pr\u00e8s (36 hectares environ) et 133 mencaud\u00e9es de terres (3). En 1334 les prairies de fauche ont une superficie de 35 bonniers (4) soit environ 50 hectares. Aucune terre n\u2019est ensemenc\u00e9e en bl\u00e9 \u00e0 l\u2019automne et il n\u2019y a pas de r\u00e9colte de bl\u00e9 au temps de la moisson. L\u2019avoine est cultiv\u00e9e sur 18 mencaud\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut donc estimer que la superficie des prairies \u00e0 50 hectares contre 6 hectares de terres soit une proportion de 8 contre 1.Cette exploitation s\u2019est orient\u00e9e r\u00e9solument vers l\u2019\u00e9levage (5).<\/p>\n\n\n\n<p>En 1381 la \u00ab&nbsp;maison&nbsp;\u00bb de l\u2019abbaye de Maroilles \u00e0 Landrecies comprend une maison et une salle couverte de tuiles, une \u00e9table pour les vaches, une autre \u00e9table, une vieille grange, une nouvelle grange et une porcherie dispers\u00e9es dans une grande p\u00e2ture couverte d\u2019arbres (6).<\/p>\n\n\n\n<p>Donc l\u2019abb\u00e9 de Maroilles et les paysans s\u2019engagent d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment dans la cr\u00e9ation d\u2019herbages. De grandes prairies pour l\u2019engraissement des bestiaux se localisent dans la vall\u00e9e de la Sambre. En 1418 la cense Renault Folie&nbsp; est une de ces embouches de porcs avec une superficie de 13 hectares (7).<\/p>\n\n\n\n<p>En 1435, dans les possessions de l\u2019abbaye de Maroilles, \u00e0 Noyelles sur Sambre, les surfaces herbeuses continuent de l\u2019emporter sur celles des champs (8).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte d\u2019\u00e9volution sociale et de transformation des paysages dont les&nbsp; raisons sont bien s\u00fbres \u00e9conomiques, moines et paysans s\u2019opposent. Les communaut\u00e9s villageoises revendiquent leurs droits sur les pacages communs que d\u00e9tient l\u2019abbaye, d\u2019une mani\u00e8re abusive selon eux. Les massarts des villages n\u2019h\u00e9sitent d\u2019ailleurs pas \u00e0 louer ces biens communaux aux villageois les plus ais\u00e9s et ce au d\u00e9triment des petits tenanciers qui ne survivent qu\u2019avec le secours de la caisse des pauvres (9).&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Vers 1380-1400 l\u2019abbaye de Maroilles \u00e9l\u00e8ve donc des bestiaux en grande quantit\u00e9 en suivant l\u2019exemple de la mise en valeur des domaines comtaux de Renault Folie, Sassogne, Hachette etc\u2026 Elle r\u00e9ussit sa conversion en vendant les produits de son \u00e9levage aux marchands de bestiaux et aux bouchers de Bruges, Valenciennes Mons\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>A leur tour, les paysans imitent l\u2019abb\u00e9 et se mettent \u00e0 enherber provoquant de ce fait une concurrence telle qu\u2019\u00e0 la fin du XIVe si\u00e8cle l\u2019abb\u00e9 de Maroilles n\u2019arrive pas \u00e0 maintenir le labour (et par cons\u00e9quent moins de recettes) des terres que les paysans jugent trop \u00ab&nbsp;froides&nbsp;\u00bb (10).<\/p>\n\n\n\n<p>Deux rapports des \u00ab&nbsp;dimes et terrages&nbsp;\u00bb sont r\u00e9dig\u00e9s en 1449 et 1483 et permettent de voir l\u2019\u00e9volution d\u2019une partie du terroir du Favril qui reste cependant vou\u00e9e aux cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res compte tenu&nbsp; de cette partie du terroir inter fluvial la plus \u00e9lev\u00e9e (11). N\u00e9anmoins les champs ne doivent pas tous autant de gerbes au cent \u00e0 l\u2019abbaye. C\u2019est l\u00e0 une source d\u2019incessants conflits et proc\u00e8s jusque la fin du XV si\u00e8cle dans lesquels les tenanciers de le Favril&nbsp; n\u2019acceptent pas les dimes et les terrages impos\u00e9s par l\u2019abbaye de Maroilles qui \u00e9tablit scrupuleusement ses rapports (12). Devenus plus puissants gr\u00e2ce au profit de l\u2019\u00e9levage, les abb\u00e9s pr\u00e9tendent faire respecter enfin leur seigneurie. Le refus de payer les redevances au Favril est \u00e0 l\u2019origine d\u2019un proc\u00e8s \u00e0 la cour de Mons en 1470. Celle-ci rend un avis favorable \u00e0 l\u2019abbaye (13) mais les paysans r\u00e9pondent par la mauvaise volont\u00e9. Ils donnent l\u2019impression de se soumettre, font patienter l\u2019abbaye et ne donnent les redevances que d\u2019une mani\u00e8re tr\u00e8s irr\u00e9guli\u00e8re (14).<\/p>\n\n\n\n<p>La seigneurie de l\u2019abbaye de Maroilles continue \u00e0 \u00eatre battue en br\u00e8che. On trouve d\u2019autres exemples o\u00f9 les habitants transforment leurs terres en prairies qu\u2019ils enclosent de haies (15).<\/p>\n\n\n\n<p>Paysans et moines pr\u00e9tendent lutter contre la crise frumentaire en d\u00e9veloppant l\u2019\u00e9levage. Leurs int\u00e9r\u00eats s\u2019opposent. L\u2019abb\u00e9 de Maroilles craint de voir ses rentes en grains diminuer dans de trop fortes proportions. L\u2019abbaye de Maroilles \u00e9tend ses herbages mais exige sans succ\u00e8s que les paysans maintiennent leurs terres.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces conflits s\u2019amplifient&nbsp; par le fait que les villageois ne veulent pas que l\u2019abbaye enclose des pr\u00e8s qui \u00e9taient jusqu\u2019alors consid\u00e9r\u00e9s comme communaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>II \u00ab&nbsp;L\u2019accourtillage&nbsp;\u00bb source de fortes tensions au sujet des pacages communs<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Se d\u00e9couvre au XIVe et XVe si\u00e8cle l\u2019herbe, les grandes prairies et l\u2019encl\u00f4ture, \u00e9l\u00e9ments du bocage. La cl\u00f4ture du courtil c&rsquo;est-\u00e0-dire de la petite parcelle de terre, de verger ou de p\u00e2ture situ\u00e9e pr\u00e8s de la maison et des b\u00e2timents d\u2019exploitation est quasi g\u00e9n\u00e9rale mais dans le nord de la Thi\u00e9rache la cl\u00f4ture d\u00e9passe ce cadre. On utilise le terme d\u2019\u00ab&nbsp;accourtillage&nbsp;\u00bb pour d\u2019autres parcelles que le courtil. La r\u00e9gion s\u2019est tourn\u00e9e nous l\u2019avons vu vers l\u2019\u00e9levage et cela se traduit par la pr\u00e9sence de troupeaux non n\u00e9gligeables. Les paysans veulent prot\u00e9ger les champs de leurs d\u00e9pr\u00e9dations. Ils emploient le terme de hayure pour qualifier la cl\u00f4ture faite en haie. Ce mot hayure est d\u00e9riv\u00e9 de Haye, le bois, r\u00e9serve du seigneur. La raison d\u2019enclore est donn\u00e9e&nbsp;: les bestiaux ne peuvent ainsi faire des d\u00e9g\u00e2ts sur les biens d\u2019autrui. L\u2019abb\u00e9 et les villageois sont d\u2019accord pour enclore mais ils sont partag\u00e9s quant \u00e0 l\u2019encl\u00f4ture des biens communaux. En effet cette obligation d\u2019enclore qui date \u00e0 Maroilles de 1355 provoque des heurts (16). De 1391 \u00e0 1404 plusieurs proc\u00e8s opposent en cour de Mons et devant le bailli du Hainaut l\u2019abbaye de Maroilles et de nombreux paysans des villages riverains de l\u2019Helpe Majeure. Le motif de la querelle est un marais localis\u00e9 entre Dompierre et Marbaix(17). Ce marais qui avait \u00e9t\u00e9 partiellement ass\u00e9ch\u00e9 regroupait des war\u00e9chaix et des aisements.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis de nombreuses ann\u00e9es la coutume \u00e9tait d\u2019enclore les parcelles qui avoisinaient le marais lui-m\u00eame enclos. L\u2019origine du proc\u00e8s est le refus de certains habitants de Dompierre d\u2019enclore leurs tenures et leurs bestiaux ont p\u00e2tur\u00e9 sur les biens de l\u2019abbaye(18).&nbsp; Un sergent a donc saisi les troupeaux. Les paysans en r\u00e9action brisent les cl\u00f4tures o\u00f9 les animaux sont enferm\u00e9s. On profite de ce proc\u00e8s pour rappeler les anciennes coutumes. Par la suite chaque ann\u00e9e aux f\u00eates de P\u00e2ques le maire de Maroilles et les \u00e9chevins vont vers le marais et v\u00e9rifient l\u2019\u00e9tat des cl\u00f4tures. Les n\u00e9gligents doivent payer une amende (19).<\/p>\n\n\n\n<p>Tout nouvel acqu\u00e9reur ou h\u00e9ritier doit enclore son h\u00e9ritage qui est joint aux chemins, aux aisements et aux war\u00e9chaix (20). Toutes ces dispositions sont maintenues et les proc\u00e8s successifs signalent les amendes des r\u00e9calcitrants. Ces faits prouvent bien que les parcelles labourables ne sont pas les seules \u00e0 \u00eatre encloses. Les herbages doivent l\u2019\u00eatre aussi. La v\u00e9rification annuelle peut sugg\u00e9rer des cl\u00f4tures provisoires \u00e0 l\u2019origine. Par la suite la cl\u00f4ture des p\u00e2turages tend rapidement \u00e0 devenir d\u00e9finitive. Les herbages sont permanents et les hayures sont connues dans cette r\u00e9gion depuis le d\u00e9but du XIVe si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019ensuit une restriction de la surface des communaux. Les p\u00e2turages communaux de Renault Folie connus vers 1250 sont englob\u00e9s dans une vaste exploitation agricole vers la fin du XIII si\u00e8cle (21). L\u2019abbaye de Maroilles s\u2019efforce aussi de restreindre le droit de pacage dans d\u2019autres aisements et veut se les approprier. Voil\u00e0 une v\u00e9ritable transformation de la structure agraire&nbsp;: appropriation de certains biens communs avec morcellement et encl\u00f4ture. Les villageois s\u2019opposent et de nombreux conflits \u00e0 ce sujet surgissent. L\u2019encl\u00f4ture et le troupeau individuel semblent bien \u00eatre des innovations monastiques. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 le cas \u00e0 Fesmy en 1213 o\u00f9 l\u2019unique troupeau individuel est celui de l\u2019abbaye qui poss\u00e8de les seules prairies encloses. Dans le cas o\u00f9 ces encl\u00f4tures ne seraient pas l\u2019\u0153uvre initiale des moines, elles le seraient alors de celle du comte car le seul exemple indiscutable de cl\u00f4tures provisoires est celui de Renault Folie en 1304.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019encl\u00f4ture s\u2019acc\u00e9l\u00e8re \u00e0 la fin du XVe si\u00e8cle et au d\u00e9but du si\u00e8cle suivant. Les villageois, oppos\u00e9s aux cl\u00f4tures au cours du XIVe si\u00e8cle en sont devenus les plus ardents protagonistes. Le bocage submerge Prisches et Maroilles.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant l\u2019opposition paysanne est forte aux encl\u00f4tures abbatiales. Ils abattent p\u00e9riodiquement les cl\u00f4tures pour faire paitre le regain par leurs b\u00eates&nbsp;sur des pacages qu\u2019ils consid\u00e8rent communaux. En 1413 l\u2019abb\u00e9 de Maroilles fait \u00e9tablir un certain nombre d\u2019interdictions devant la cour de Mons en refusant d\u2019utiliser le sart Fr\u00e9met et les bois de Maroilles comme p\u00e2turages communaux. Les propri\u00e9taires des b\u00eates&nbsp; trouv\u00e9es dans le bois et le sart doivent payer amende. Signalons ici qu\u2019en termes de corv\u00e9es l\u2019abbaye a droit aux corv\u00e9es des \u00ab&nbsp;chefs d\u2019h\u00f4tel&nbsp;\u00bb&nbsp; \u00e0 savoir deux journ\u00e9es de travail avec leurs chevaux et leurs \u00e9quipages. Plus grave encore est l\u2019obligation d\u2019utiliser le moulin de l\u2019abbaye sous peine de confiscation du sac et du grain.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019accourtillage occasionne de nombreux conflits mais force est de constater que la communaut\u00e9 villageoise a pris le parti de l\u2019encl\u00f4ture et que la manifestation collective d\u2019une d\u00e9fense de droits devient de plus en plus individuelle avec l\u2019\u00e9limination progressive des troupeaux communs par les cl\u00f4tures.<\/p>\n\n\n\n<p>Conclusion<\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9gion appara\u00eet comme le creuset de l\u2019\u00e9levage. Les comtes du Hainaut \u00e0 Noyelles sur Sambre et les moines \u00e0 Maroilles en sont les chefs de file. Aux crises frumentaires, au retrait par le pouvoir comtal de la plus grande partie des taxes sur les \u00e9changes et les droits de justice, \u00e0 la diminution des profits \u00e9conomiques du droit de ban auquel s\u2019opposent les paysans, correspondent le faire valoir direct de l\u2019abbaye et le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9levage, des prairies et des \u00ab&nbsp;encl\u00f4tures&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les facteurs \u00e9conomiques et la nature sp\u00e9cifique du sol contribuent \u00e0 modifier le paysage et transforment la vie \u00e9conomique des campagnes et du bocage.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette contr\u00e9e bien pr\u00e9cise o\u00f9 dominent les prairies, ne laissant le plus souvent les cultures sur les petites hauteurs, les riches communaut\u00e9s paysannes s\u2019opposent violemment&nbsp; \u00e0 tout empi\u00e9tement sur leurs droits.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant cette p\u00e9riode le Nord de la Thi\u00e9rache semble bien avoir entr\u2019ouvert la porte du d\u00e9veloppement o\u00f9 la croissance devient un facteur \u00e9conomique, m\u00eame si cette croissance ne profite pas \u00e0 tout le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Les mutations sociales comme celles de l\u2019agriculture et des paysages sont n\u00e9es de crises \u00e9conomiques et de d\u00e9pression d\u00e9mographique li\u00e9e \u00e0 la Peste Noire et aux guerres. Ces mutations se concr\u00e9tisent par le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9levage, des prairies, des encl\u00f4tures, l\u2019enrichissement d\u2019une cat\u00e9gorie de paysans, le d\u00e9clin progressif des usages collectifs, la d\u00e9fense des libert\u00e9s individuelles et donc la mont\u00e9e de l\u2019individualisme autre fait notable \u00e0 la fin du Moyen Age.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Sources&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>(1): H B\u00e9court&nbsp;: \u00ab&nbsp; Histoire de la for\u00eat de Mormal&nbsp;\u00bb Lille 1886-1895 p 14-15<\/p>\n\n\n\n<p>(2)&nbsp;: Archives D\u00e9partementales du Nord (ADN) 11 H 44 fol 37 sq.<\/p>\n\n\n\n<p>(3) : ADN&nbsp; B 3268 folio 9 vo. Chambre des comptes. H\u00f4tel des comtes de Hainaut<\/p>\n\n\n\n<p>(4) : ADN B 7861 folio 113 vo (environ 63 ha) La recette g\u00e9n\u00e9rale du Hainaut<\/p>\n\n\n\n<p>(5)&nbsp;: ADN B 7860 fol 99 et 108 vo<\/p>\n\n\n\n<p>(6) : 11 H 42 fol 8 vo.&nbsp; Cartulaire de l&rsquo;abbaye de Maroilles. Tome IV (XVIIIe s.).<\/p>\n\n\n\n<p>(7) : 11 H 226&nbsp;Comptabilit\u00e9 de l\u2019abbaye de Maroilles (21 journaux soit environ 13ha)<\/p>\n\n\n\n<p>(8) : 11 H 339 (Comptes des rentes fonci\u00e8res de1435)<\/p>\n\n\n\n<p>(9)&nbsp;: Vers 1450 la location de p\u00e2turages communaux appara\u00eet dans les comptabilit\u00e9s des massarderies des villages voisins de Maroilles&nbsp;: \u00e0 Marbaix en 1448-1449 (11 H 358 et 359 Comptes Massarderie), \u00e0 Noyelles sur Sambre en 1463 (11 H 383 fol 3 Comptes de la Massarderie).<\/p>\n\n\n\n<p>(10)&nbsp;: 11 H 40 fol 34<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;(11)&nbsp;:11 H 46 p 305 et sq : cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res maintenues sur les \u00ab&nbsp;interfluves&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>(12)&nbsp;: 11 H 41 fol 83(1447)-11 H 384 fol 37 (1468) &#8211; 11 H 38 fol 37 (1473) &#8211; 11 H 41 fol 101 et 11 H 38 fol 42 (1497).<\/p>\n\n\n\n<p>(13) : 11 H 38 fol 32 sq. Cartulaire de l&rsquo;abbaye de Maroilles (XVIe s.).<\/p>\n\n\n\n<p>(14)&nbsp;: 11 H 38 fol 39.40. D\u00e8s 1473 lettres de remontrances \u00e0 ceux qui ne paient pas.<\/p>\n\n\n\n<p>(15)&nbsp;: 11 H 96 p 217 sq. Biens et droits. Happegarde. Titres. Rentes d\u2019accourtillage.<\/p>\n\n\n\n<p>(16)&nbsp; Bans de Maroilles Edition Jennepin.<\/p>\n\n\n\n<p>(17) 11 H 43 fol 109 vo. Cartulaire de l&rsquo;abbaye de Maroilles. Tome V (XVIII e). Marbaix, p\u00e2turage.<\/p>\n\n\n\n<p>(18)&nbsp; 11 H 43 fol 110<\/p>\n\n\n\n<p>(19) 11 H 43 fol 111<\/p>\n\n\n\n<p>(20) 11 H 43 fol 110 sq&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>(21) B 1583 n\u00b076 fol 87 vo (1304)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Le bocage de nos jours<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"18283\" data-permalink=\"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/les-elements-constitutifs-du-bocage-avesnois-xiv-xve-siecle\/img_5420-2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_5420-scaled.jpg?fit=2560%2C1920&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"2560,1920\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;2.2&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;iPhone SE&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1557065735&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;4.15&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;25&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.0005720823798627&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"IMG_5420\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_5420-scaled.jpg?fit=840%2C630&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_5420-1024x768.jpg?resize=648%2C487&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-18283\" width=\"648\" height=\"487\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_5420-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_5420-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_5420-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_5420-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_5420-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_5420-scaled.jpg?resize=1200%2C900&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_5420-scaled.jpg?w=1680 1680w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/IMG_5420-scaled.jpg?w=2520 2520w\" sizes=\"auto, (max-width: 648px) 85vw, 648px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le bocage \u00e0 Noyelles sur Sambre<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Plus de 50% du lin\u00e9aire des haies pr\u00e9sentes dans l\u2019Avesnois dans les ann\u00e9es 1950 a aujourd\u2019hui disparu. Il n\u2019en reste que 10400 kilom\u00e8tres (Source : IGN \u2013 BD Topo\u00ae 2020). Cette forte r\u00e9gression est li\u00e9e principalement \u00e0 un changement des pratiques agricoles avec la m\u00e9canisation et sa politique de remembrement conduite \u00e0 partir des ann\u00e9es 1960. Les haies remplissent pourtant plusieurs fonctions pour l\u2019homme et son environnement : limitation de l\u2019\u00e9rosion et des coul\u00e9es de boues, production de bois, \u00e9puration de l\u2019eau, stockage de carbone, support de biodiversit\u00e9 notamment pour les oiseaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bocage constitue ici un \u00e9l\u00e9ment important de son identit\u00e9 culturelle et historique. Les haies ne sont pas les seuls \u00e9l\u00e9ments du paysage et du patrimoine dans cette situation. On constate en effet \u00e9galement une forte r\u00e9gression des prairies et des bosquets.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 ce constat, les pouvoirs publics ont mis en place des dispositifs afin de prot\u00e9ger les haies existantes et d\u2019en accro\u00eetre le lin\u00e9aire.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9cemment, la r\u00e9glementation europ\u00e9enne fix\u00e9e dans le cadre de la PAC a fortement limit\u00e9 les possibilit\u00e9s, pour les exploitants agricoles, de supprimer des haies, sous peine de sanctions financi\u00e8res. D\u2019autre part, la r\u00e9glementation nationale encadre directement et indirectement la gestion et l\u2019arrachage des haies.<\/p>\n\n\n\n<p>En parall\u00e8le, les exploitants agricoles sont aujourd\u2019hui fortement incit\u00e9s et sensibilis\u00e9s pour red\u00e9velopper l\u2019agroforesterie. Le Parc de l\u2019Avesnois accompagne les projets de plantations de haies le long des&nbsp;routes d\u00e9partementales.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 les changements qui s\u2019op\u00e8rent, des arrachages de haies sont constat\u00e9s chaque ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La communaut\u00e9 des communes du Sud Avesnois a mis en place un dispositif ing\u00e9nieux\u00a0: la surveillance du bocage par satellite\u00a0! et ce en vue de faire respecter une d\u00e9lib\u00e9ration courageuse de 2019 qui consiste \u00e0 une d\u00e9claration pr\u00e9alable des coupes ou abattages d\u2019arbres isol\u00e9s, de haies, de r\u00e9sineux sur son territoire comprenant 12 communes.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette surveillance passe par une adh\u00e9sion au dispositif&nbsp; Geosud de \u00ab mutualisation de l&rsquo;imagerie satellitaire&nbsp;entre acteurs publics \u00bb. La photographie instantan\u00e9e mais aussi r\u00e9troactive permet de constater les d\u00e9gradations et les destructions de haies. Ce dispositif permet alors de sanctionner ceux qui modifient ill\u00e9galement le bocage comme par exemple certains \u00ab&nbsp;patatiers&nbsp;\u00bb belges, ces producteurs de pommes de terre qui arrachent les haies et qui labourent les prairies.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019objectif ici est de savoir pourquoi et quand s\u2019est install\u00e9 dans notre r\u00e9gion le bocage. Pour cela remontons le temps et d\u00e9couvrons le paysage au nord de la Thi\u00e9rache aux environs du XII\u00e8me si\u00e8cle (l\u2019appellation de Thi\u00e9rache est tr\u00e8s ancienne&nbsp;: texte de 1186 Cartulaire de la Terre d\u2019Avesnes&nbsp; folio 30 lettre 45). 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