{"id":26835,"date":"2026-07-16T16:13:38","date_gmt":"2026-07-16T14:13:38","guid":{"rendered":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/?page_id=26835"},"modified":"2026-07-17T07:50:25","modified_gmt":"2026-07-17T05:50:25","slug":"la-resistance-dans-lavesnois-1939-1944","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/la-resistance-dans-lavesnois-1939-1944\/","title":{"rendered":"La R\u00e9sistance dans l&rsquo;Avesnois (1939\u20111944)"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Synth\u00e8se fond\u00e9e sur les archives militaires GR 19 P 59, les Archives d\u00e9partementales du Nord, les t\u00e9moignages locaux et les travaux associatifs.<\/em><\/h3>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Introduction<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Avesnois occupe une place singuli\u00e8re dans l\u2019histoire de la R\u00e9sistance fran\u00e7aise. R\u00e9gion frontali\u00e8re, rurale et industrielle, soumise d\u00e8s 1940 au statut de zone interdite, elle se trouve au c\u0153ur d\u2019un dispositif militaire allemand dense, structur\u00e9 autour d\u2019axes ferroviaires majeurs, d\u2019usines m\u00e9tallurgiques, de d\u00e9p\u00f4ts logistiques et de for\u00eats profondes. Ces caract\u00e9ristiques expliquent l\u2019implantation pr\u00e9coce et la diversit\u00e9 des organisations clandestines qui y op\u00e8rent entre 1940 et 1944. Les archives militaires du Service historique de la D\u00e9fense (fonds GR 19 P 59), les dossiers conserv\u00e9s aux Archives d\u00e9partementales du Nord, les t\u00e9moignages locaux et les publications associatives permettent aujourd\u2019hui de restituer la complexit\u00e9 de ces engagements, en montrant comment se sont articul\u00e9es les actions de renseignement, de sabotage, de diffusion, d\u2019\u00e9vasion, de structuration militaire et de mobilisation civile. Cette \u00e9tude propose une synth\u00e8se globale de la R\u00e9sistance dans l\u2019Avesnois, en analysant les mouvements pr\u00e9sents, leurs interactions, leurs pratiques et leur r\u00f4le dans la Lib\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-30415c26d1a775af446c41ec07d324a8\" style=\"color:#5a4632\"><strong>I. Un territoire strat\u00e9gique et contraint<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Avesnois constitue, d\u00e8s l\u2019\u00e9t\u00e9 1940, un espace soumis \u00e0 des contraintes sp\u00e9cifiques. Le statut de zone interdite, qui place le Nord et le Pas\u2011de\u2011Calais sous administration militaire directe, renforce la pr\u00e9sence allemande dans les gares, les usines, les d\u00e9p\u00f4ts et les axes de communication. Les for\u00eats de Mormal, Tr\u00e9lon et du ValJoly offrent des zones de repli et d\u2019observation, tandis que la proximit\u00e9 de la Belgique facilite les circulations clandestines et les fili\u00e8res d\u2019\u00e9vasion. La densit\u00e9 des infrastructures ferroviaires (Maubeuge, Aulnoye, Le Quesnoy, Landrecies) et la concentration d\u2019industries strat\u00e9giques (m\u00e9tallurgie, laminoirs, centrales \u00e9lectriques) cr\u00e9ent un environnement propice aux actions de sabotage et au renseignement. Le STO, les r\u00e9quisitions et les restrictions alimentaires accentuent les tensions sociales et favorisent l\u2019\u00e9mergence de solidarit\u00e9s clandestines.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-ef93c9b041830c536d0bb25cab633c2a\" style=\"color:#5a4632\"><strong>II. La pluralit\u00e9 des organisations clandestines<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les archives militaires GR 19 P 59 montrent que l\u2019Avesnois accueille l\u2019ensemble des grandes familles de la R\u00e9sistance fran\u00e7aise. Cette pluralit\u00e9 ne traduit pas une dispersion, mais une adaptation aux r\u00e9alit\u00e9s du terrain et une compl\u00e9mentarit\u00e9 des pratiques.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>1. L\u2019Organisation Civile et Militaire (OCM)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019OCM constitue l\u2019un des mouvements les plus structur\u00e9s du secteur. Implant\u00e9e \u00e0 Landrecies, Avesnes, Maubeuge, Le Quesnoy et dans plusieurs bourgs ruraux, elle d\u00e9veloppe des r\u00e9seaux de renseignement, organise des parachutages, met en place des d\u00e9p\u00f4ts d\u2019armes et assure la transmission de messages vers Londres. Ses actions de sabotage dans la for\u00eat de Mormal, au Bois l\u2019\u00c9v\u00eaque ou au camp Bismarck t\u00e9moignent d\u2019une capacit\u00e9 d\u2019organisation notable.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>2. Les mouvements politiques et civils (MLN, CDLR, Lib\u00e9ration\u2011Nord, Voix du Nord)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le MLN, CDLR et Lib\u00e9ration\u2011Nord structurent des r\u00e9seaux civils, souvent li\u00e9s aux milieux socialistes, syndicalistes ou chr\u00e9tiens. Les cheminots jouent un r\u00f4le central dans la collecte d\u2019informations et la diffusion de tracts. Le journal clandestin <em>Voix du Nord<\/em> constitue un vecteur essentiel de mobilisation morale.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>3. Le Front National et les FTPF<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Front National, bras politique du PCF, assure le recrutement et la structuration des groupes locaux. Les FTPF, quant \u00e0 eux, constituent la principale force arm\u00e9e clandestine du secteur. Ils organisent des sabotages industriels (LMA, Tonnellerie, Leval), ferroviaires (Sassegnies, Aulnoye) et \u00e9lectriques (transformateurs, lignes haute tension). Les bataillons FTPF (10e, 11e, 12e) pr\u00e9sents dans la for\u00eat de Mormal jouent un r\u00f4le d\u00e9terminant dans les actions de 1943\u20111944.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>4. Les Forces Fran\u00e7aises de l\u2019Int\u00e9rieur (FFI)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La fusion des mouvements au sein des FFI en 1944 permet une coordination accrue des actions, notamment dans la perspective de la Lib\u00e9ration. Les FFI assurent la liaison entre les maquis, les groupes urbains et les comit\u00e9s locaux de lib\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>5. L\u2019Organisation de R\u00e9sistance de l\u2019Arm\u00e9e (ORA)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019ORA regroupe des cadres militaires et des anciens officiers. Ses bataillons de Maubeuge, Boussois et de la Sambre assurent des actions disciplin\u00e9es et structur\u00e9es, souvent compl\u00e9mentaires de celles des FTPF.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>6. Les r\u00e9seaux alli\u00e9s (WO, BOA)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les r\u00e9seaux du War Office (WO) organisent le renseignement et les fili\u00e8res d\u2019\u00e9vasion d\u2019aviateurs alli\u00e9s. Le Bureau des Op\u00e9rations A\u00e9riennes (BOA) coordonne les parachutages sur les terrains de Cartignies, Etroeungt, Le Quesnoy et Berlaimont.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>7. Les organisations \u00e9trang\u00e8res (MOI\u2011PMP, r\u00e9seaux belges)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les immigr\u00e9s polonais (MOI\u2011PMP) et les r\u00e9seaux belges jouent un r\u00f4le non n\u00e9gligeable dans les actions ouvri\u00e8res, les passages clandestins et le renseignement transfrontalier.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-b7a336facd707ded939dde1aa59b6203\" style=\"color:#5a4632\"><strong>III. Le maquis de la for\u00eat de Mormal<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La for\u00eat de Mormal constitue le principal espace de structuration militaire clandestine dans l\u2019Avesnois. Les bataillons FTPF (10e, 11e, 12e) y organisent des actions de sabotage contre les infrastructures allemandes, notamment au Bois l\u2019\u00c9v\u00eaque et au camp Bismarck. Les parachutages assurent l\u2019approvisionnement en armes et en mat\u00e9riel. Les maquisards m\u00e8nent des reconnaissances, harc\u00e8lent les convois, perturbent les communications et pr\u00e9parent les actions de 1944. Leur r\u00f4le dans la Lib\u00e9ration est attest\u00e9 par les archives militaires, qui soulignent leur capacit\u00e9 \u00e0 coordonner leurs actions avec les FFI et les comit\u00e9s locaux.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-7b0d06be686275fde09e66f1eb5f2a5b\" style=\"color:#5a4632\"><strong>IV. Les pratiques clandestines<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les actions men\u00e9es dans l\u2019Avesnois rel\u00e8vent de registres vari\u00e9s, qui t\u00e9moignent de la capacit\u00e9 d\u2019adaptation des mouvements.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>1. Le renseignement<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les cheminots, les employ\u00e9s municipaux, les ouvriers et les agriculteurs fournissent des informations sur les mouvements de troupes, les d\u00e9p\u00f4ts, les installations et les infrastructures.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>2. Le sabotage<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les sabotages industriels, ferroviaires et \u00e9lectriques constituent un \u00e9l\u00e9ment central de la lutte clandestine. Ils visent \u00e0 d\u00e9sorganiser la production, perturber les communications et ralentir les mouvements allemands.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>3. La diffusion clandestine<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La circulation de tracts, journaux et messages contribue \u00e0 maintenir un climat de r\u00e9sistance morale et politique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>4. L\u2019h\u00e9bergement des ill\u00e9gaux<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les familles jouent un r\u00f4le essentiel dans la protection des militants recherch\u00e9s, dans l\u2019organisation des caches et dans la circulation des agents de liaison.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>5. Les actions arm\u00e9es<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les FTPF, FFI et ORA m\u00e8nent des op\u00e9rations cibl\u00e9es, souvent coordonn\u00e9es avec les maquis.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-ef790f39dffdb964cbfd72270be05667\" style=\"color:#5a4632\"><strong>V. La r\u00e9pression<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9pression allemande et vichyste constitue l\u2019un des aspects les plus marquants de l\u2019Occupation dans l\u2019Avesnois. Elle se manifeste par des arrestations, des tortures, des internements, des d\u00e9portations et des ex\u00e9cutions, visant \u00e0 neutraliser les r\u00e9seaux clandestins et \u00e0 dissuader toute forme d\u2019opposition. Les services de police allemands \u2014 Feldgendarmerie, Sipo\u2011SD, Gestapo \u2014 agissent en \u00e9troite collaboration avec la gendarmerie fran\u00e7aise, les polices municipales et certains collaborateurs locaux. Leur action repose sur une surveillance constante : contr\u00f4les dans les gares, fouilles de domiciles, interrogatoires, filatures, perquisitions dans les ateliers et les fermes, v\u00e9rification des identit\u00e9s, exploitation des d\u00e9nonciations. Les archives d\u00e9partementales du Nord t\u00e9moignent de la pr\u00e9cision de ces enqu\u00eates, souvent d\u00e9clench\u00e9es par des indices minimes : un d\u00e9placement suspect, une absence prolong\u00e9e, une visite nocturne, une parole imprudente.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9pression touche l\u2019ensemble de la population : ouvriers des usines m\u00e9tallurgiques, mineurs, cheminots, cultivateurs, commer\u00e7ants, instituteurs, pr\u00eatres, jeunes r\u00e9fractaires au STO, familles ayant h\u00e9berg\u00e9 des clandestins ou aid\u00e9 des aviateurs alli\u00e9s. Les arrestations se multiplient \u00e0 partir de 1943, au moment o\u00f9 les actions de sabotage et les activit\u00e9s des maquis s\u2019intensifient. Les personnes arr\u00eat\u00e9es sont intern\u00e9es dans les prisons de Maubeuge, Avesnes, Valenciennes ou Loos\u2011les\u2011Lille, o\u00f9 les interrogatoires s\u2019accompagnent fr\u00e9quemment de violences physiques et psychologiques. Certaines sont ensuite transf\u00e9r\u00e9es vers les camps de Compi\u00e8gne, Royallieu, Neue Bremm ou Buchenwald, selon la gravit\u00e9 des accusations port\u00e9es contre elles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9pression ne se limite pas aux arrestations : elle s\u2019\u00e9tend aux r\u00e9quisitions forc\u00e9es, aux menaces contre les familles, aux repr\u00e9sailles collectives, aux ex\u00e9cutions sommaires et \u00e0 la mise en place du Service du Travail Obligatoire (STO), qui constitue une forme de coercition \u00e9conomique et sociale particuli\u00e8rement lourde pour les jeunes hommes du territoire. L\u2019ensemble de ces mesures cr\u00e9e un climat de peur et de tension permanente, qui fa\u00e7onne profond\u00e9ment le quotidien des habitants et influence les pratiques clandestines, les strat\u00e9gies de dissimulation et les modes d\u2019organisation des r\u00e9seaux de r\u00e9sistance.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-623adf5bc9d3e7a8c578b82268b0eb14\" style=\"color:#5a4632\"><strong>V bis. La trahison et les d\u00e9nonciations dans l\u2019Avesnois<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La lutte clandestine dans l\u2019Avesnois ne se d\u00e9roule pas seulement contre les forces allemandes : elle se heurte \u00e9galement aux risques de trahison, d\u2019infiltration et de d\u00e9nonciation. Ces ph\u00e9nom\u00e8nes, pr\u00e9sents dans l\u2019ensemble des territoires occup\u00e9s, jouent un r\u00f4le d\u00e9terminant dans le d\u00e9mant\u00e8lement de r\u00e9seaux, l\u2019arrestation de r\u00e9sistants et la d\u00e9sorganisation des maquis.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les archives de la gendarmerie, de la Feldgendarmerie et du Sipo\u2011SD mentionnent plusieurs cas de d\u00e9nonciations locales ayant conduit \u00e0 l\u2019arrestation de membres de l\u2019OCM, des FTPF ou de fili\u00e8res d\u2019\u00e9vasion. Certaines proviennent de collaborateurs convaincus, d\u2019autres de personnes cherchant \u00e0 obtenir des avantages mat\u00e9riels, \u00e0 r\u00e9gler des conflits personnels ou \u00e0 se prot\u00e9ger des autorit\u00e9s allemandes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les infiltrations constituent une autre forme de trahison. Des individus se pr\u00e9sentent comme sympathisants ou volontaires pour rejoindre un groupe clandestin, avant de transmettre des informations aux services allemands. Ces infiltrations expliquent plusieurs arrestations collectives dans le secteur de Mormal et dans les communes du bassin de la Sambre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La trahison contribue ainsi \u00e0 renforcer la r\u00e9pression et oblige les mouvements \u00e0 adapter leurs pratiques : cloisonnement des groupes, v\u00e9rification des identit\u00e9s, limitation des contacts, surveillance interne. Elle rappelle que la R\u00e9sistance n\u2019est pas seulement une lutte contre l\u2019occupant, mais aussi une lutte pour pr\u00e9server la s\u00e9curit\u00e9 de ses membres dans un environnement social travers\u00e9 par la peur, les tensions et les ambigu\u00eft\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-3a58eb44b647df52bec104e34c470e5c\" style=\"color:#5a4632\">V ter. La trahison et les d\u00e9nonciations dans l\u2019Avesnois : le cas Henri Plantain<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Henri Plantain incarne, dans l\u2019Avesnois, la figure extr\u00eame de la trahison interne \u00e0 la R\u00e9sistance. Issu d\u2019un milieu honorable, dot\u00e9 d\u2019un solide capital scolaire et pass\u00e9 par l\u2019arm\u00e9e, il entre dans l\u2019OCM en 1942 par l\u2019interm\u00e9diaire de Roger Robert, v\u00e9t\u00e9rinaire \u00e0 Landrecies et chef d\u2019arrondissement. H\u00e9berg\u00e9 chez lui, adjoint de confiance, il acquiert une connaissance quasi exhaustive de l\u2019organisation clandestine : responsables cantonaux, d\u00e9p\u00f4ts d\u2019armes, terrains de parachutage, liaisons avec les services de renseignements britanniques, dispositifs de sabotage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le basculement se produit \u00e0 l\u2019automne 1943, lorsqu\u2019il d\u00e9tourne une somme de 5 000 francs appartenant \u00e0 l\u2019organisation. Conflit ouvert avec Robert, \u00e9loignement de Landrecies, affectation \u00e0 Saint\u2011Quentin : cet \u00e9pisode, combin\u00e9 \u00e0 un casier judiciaire d\u00e9j\u00e0 marqu\u00e9 par l\u2019escroquerie et le vol, r\u00e9v\u00e8le l\u2019app\u00e2t du gain et la fragilit\u00e9 morale du personnage. Au d\u00e9but de janvier 1944, Plantain d\u00e9cide de se venger de Robert et de se mettre au service de la Sipo\u2011SD. Dans la nuit du 3 au 4 janvier, il est introduit \u00e0 La Madeleine aupr\u00e8s de Paarman, chef de la S.D pour le sud du d\u00e9partement du Nord, et livre m\u00e9thodiquement l\u2019architecture de l\u2019OCM dans l\u2019Avesnois : noms des responsables, lieux de parachutages (Frasnoy, Happegardes, Gommegnies), d\u00e9p\u00f4ts d\u2019armes, agents de liaison, liens avec les services anglais, rendez\u2011vous \u00e0 Paris (notamment celui de Coupez \u00e0 l\u2019\u00c9cu de France).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les arrestations des 7 et 8 janvier 1944 (Carpentier p\u00e8re et fils, Godard, Trannois, Scardieux, Robert, Legrand, dame Godard, Henri Godard abattu en tentant de fuir) et la d\u00e9couverte des cachettes de Robert montrent l\u2019efficacit\u00e9 destructrice de ces d\u00e9nonciations. Les documents vol\u00e9s par Plantain, les plans de d\u00e9p\u00f4ts d\u2019armes recopi\u00e9s, les indications pr\u00e9cises sur les parachutages et les responsables permettent \u00e0 la police allemande de d\u00e9sorganiser en profondeur les r\u00e9seaux de l\u2019OCM dans le secteur. Malgr\u00e9 quelques tentatives de se fabriquer un alibi (proposition d\u2019embuscade contre la Gestapo, faux rapport de sabotage \u00e0 Escaud\u0153uvres, billet sign\u00e9 \u00ab matricule 92 \u00bb au caf\u00e9 Thomas), Plantain reste en relation \u00e9troite avec Paarman, poursuit ses d\u00e9nonciations (Neuville, Lorette, Singier, radio Waneigue) et continue \u00e0 travailler pour la S.D, y compris \u00e0 Paris, o\u00f9 il se voit confier la recherche d\u2019agents sovi\u00e9tiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Arr\u00eat\u00e9 en mai 1944 par la police fran\u00e7aise, repris par les Allemands, transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Lille puis \u00e0 Valenciennes, Plantain est finalement jug\u00e9 par la Cour de Justice de Valenciennes en mai\u2011juin 1946. Les d\u00e9bats, nourris par une instruction longue et par de nombreux t\u00e9moignages (r\u00e9sistants de l\u2019OCM, membres des r\u00e9seaux Arc\u2011en\u2011ciel et V\u00e9rines, familles de d\u00e9port\u00e9s), \u00e9tablissent qu\u2019il s\u2019est volontairement mis au service de la police allemande et qu\u2019il a renseign\u00e9 celle\u2011ci sur l\u2019activit\u00e9 de la R\u00e9sistance, provoquant des arrestations et des d\u00e9portations dans la r\u00e9gion de Landrecies, Avesnes, Valenciennes et Le Quesnoy. Reconnu pleinement responsable de ses actes par l\u2019expertise psychiatrique, il est condamn\u00e9 \u00e0 mort pour intelligences avec l\u2019ennemi, peine ensuite commu\u00e9e en travaux forc\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9, assortis de confiscation des biens et d\u2019interdiction de s\u00e9jour. Lib\u00e9r\u00e9 en 1958 apr\u00e8s plusieurs mesures de gr\u00e2ce, Plantain demeure, dans l\u2019histoire de la R\u00e9sistance dans l\u2019Avesnois, l\u2019exemple le plus abouti d\u2019une trahison interne ayant \u00ab compl\u00e8tement d\u00e9sorganis\u00e9 la r\u00e9sistance du secteur \u00bb, selon les termes du commissaire du gouvernement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9pression, les d\u00e9nonciations et la trahison \u2014 dont le cas Plantain constitue l\u2019exemple le plus destructeur \u2014 ont profond\u00e9ment marqu\u00e9 la R\u00e9sistance dans l\u2019Avesnois. Elles ont fragilis\u00e9 les r\u00e9seaux, provoqu\u00e9 des arrestations massives et accentu\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 de structures capables de maintenir la coh\u00e9sion locale au moment de l\u2019effondrement de l\u2019autorit\u00e9 allemande. C\u2019est dans ce contexte de violence, de d\u00e9sorganisation et de recomposition que \u00e9mergent, au printemps 1944, les <strong>comit\u00e9s locaux de lib\u00e9ration<\/strong>, charg\u00e9s d\u2019assurer la transition entre la clandestinit\u00e9 et le r\u00e9tablissement de l\u2019ordre r\u00e9publicain.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-8209243df378d545ffe3522610d254b0\" style=\"color:#5a4632\"><strong>VI. Les comit\u00e9s locaux de lib\u00e9ration<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les comit\u00e9s locaux de lib\u00e9ration (CLL), cr\u00e9\u00e9s au printemps 1944, jouent un r\u00f4le essentiel dans la pr\u00e9paration de la Lib\u00e9ration. Ils regroupent des repr\u00e9sentants des principaux mouvements de r\u00e9sistance pr\u00e9sents dans l\u2019Avesnois \u2014 OCM, ORA, FN, FTPF, FFI \u2014 ainsi que des personnalit\u00e9s locales reconnues pour leur engagement ou leur influence. Leur composition refl\u00e8te la diversit\u00e9 des sensibilit\u00e9s politiques et des formes d\u2019action clandestine, tout en cherchant \u00e0 garantir une repr\u00e9sentation \u00e9quilibr\u00e9e des forces r\u00e9sistantes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les CLL ont pour mission d\u2019assurer la coordination des actions civiles dans un contexte o\u00f9 l\u2019effondrement progressif de l\u2019autorit\u00e9 allemande rend n\u00e9cessaire une organisation locale capable de maintenir l\u2019ordre et de pr\u00e9parer la transition r\u00e9publicaine. Ils interviennent dans plusieurs domaines :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>ravitaillement<\/strong>, pour \u00e9viter les p\u00e9nuries et organiser la distribution des denr\u00e9es ;<\/li>\n\n\n\n<li><strong>maintien de l\u2019ordre<\/strong>, en anticipant les d\u00e9bordements li\u00e9s au retrait des troupes allemandes ;<\/li>\n\n\n\n<li><strong>r\u00e9organisation des services municipaux<\/strong>, souvent d\u00e9sorganis\u00e9s par les arrestations, les r\u00e9quisitions ou la fuite de certains collaborateurs ;<\/li>\n\n\n\n<li><strong>gestion des collaborateurs<\/strong>, en identifiant les personnes ayant soutenu l\u2019occupant et en pr\u00e9parant leur mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart ou leur arrestation ;<\/li>\n\n\n\n<li><strong>coordination avec les FFI<\/strong>, afin d\u2019assurer la coh\u00e9rence entre les actions militaires et les d\u00e9cisions civiles.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans plusieurs communes de l\u2019Avesnois, les CLL jouent un r\u00f4le d\u00e9terminant pour \u00e9viter les violences lors du d\u00e9part des forces allemandes. Ils organisent des patrouilles, s\u00e9curisent les b\u00e2timents publics, prot\u00e8gent les infrastructures essentielles (ponts, gares, d\u00e9p\u00f4ts), et veillent \u00e0 ce que les repr\u00e9sailles contre les collaborateurs ne d\u00e9g\u00e9n\u00e8rent pas en r\u00e8glements de comptes incontr\u00f4l\u00e9s. Leur action est d\u2019autant plus importante que les maquis et les groupes FFI, engag\u00e9s dans les combats de septembre 1944, ont besoin d\u2019un relais civil pour assurer la continuit\u00e9 administrative et \u00e9viter le chaos.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les archives municipales et d\u00e9partementales montrent que les CLL ont \u00e9galement jou\u00e9 un r\u00f4le dans la <strong>reconstruction politique locale<\/strong> : r\u00e9tablissement des conseils municipaux l\u00e9gitimes, nomination de nouveaux maires, r\u00e9organisation des services publics, pr\u00e9paration des \u00e9lections de 1945. Ils constituent ainsi un maillon essentiel entre la R\u00e9sistance clandestine et le retour \u00e0 l\u2019ordre r\u00e9publicain, en assurant une transition rapide, structur\u00e9e et largement accept\u00e9e par la population.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-b9fcbd6716bb21010330798b327f0ac9\" style=\"color:#5a4632\"><strong>VII. La Lib\u00e9ration (septembre 1944)<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Lib\u00e9ration de l\u2019Avesnois r\u00e9sulte de la convergence entre l\u2019avanc\u00e9e des troupes alli\u00e9es, les actions des maquis, les op\u00e9rations des FFI et la mobilisation des comit\u00e9s locaux de lib\u00e9ration. \u00c0 partir de la fin ao\u00fbt 1944, le retrait pr\u00e9cipit\u00e9 des forces allemandes, d\u00e9sorganis\u00e9es par les bombardements, les sabotages ferroviaires et la rupture des lignes de communication, cr\u00e9e une situation instable dans les communes du territoire. Les maquis de Mormal et de Tr\u00e9lon, renforc\u00e9s par les r\u00e9fractaires au STO et les groupes FTPF, multiplient les actions de harc\u00e8lement contre les colonnes allemandes en retraite, coupent les routes, d\u00e9truisent les lignes t\u00e9l\u00e9phoniques et neutralisent les postes de garde. Les FFI coordonnent ces op\u00e9rations en lien avec les comit\u00e9s locaux, qui assurent la protection des infrastructures essentielles et organisent les premi\u00e8res mesures de s\u00e9curit\u00e9 civile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans plusieurs communes, des combats ont lieu lors du passage des troupes allemandes : \u00e9changes de tirs, destructions de v\u00e9hicules, incendies de d\u00e9p\u00f4ts ou de b\u00e2timents militaires. Les sabotages de derni\u00e8re minute \u2014 rails descell\u00e9s, ponts min\u00e9s, d\u00e9p\u00f4ts de carburant incendi\u00e9s \u2014 ralentissent la progression allemande et facilitent l\u2019entr\u00e9e des unit\u00e9s britanniques, am\u00e9ricaines et canadiennes. Les archives militaires et les t\u00e9moignages locaux montrent que la R\u00e9sistance a contribu\u00e9 \u00e0 limiter les destructions en emp\u00eachant les Allemands d\u2019appliquer des ordres de repr\u00e9sailles ou de destruction syst\u00e9matique des infrastructures. Dans plusieurs communes, les CLL interviennent pour \u00e9viter les violences, s\u00e9curiser les b\u00e2timents publics et emp\u00eacher les r\u00e8glements de comptes incontr\u00f4l\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019arriv\u00e9e des troupes alli\u00e9es, entre le 2 et le 5 septembre 1944 selon les communes, marque la fin de l\u2019Occupation. Les FFI participent \u00e0 la s\u00e9curisation des axes, \u00e0 l\u2019arrestation des collaborateurs et \u00e0 la remise en ordre des services municipaux. La transition vers l\u2019ordre r\u00e9publicain est rapide : les CLL prennent le relais des autorit\u00e9s d\u00e9faillantes, r\u00e9tablissent les conseils municipaux l\u00e9gitimes, organisent le ravitaillement et assurent la continuit\u00e9 administrative. La Lib\u00e9ration appara\u00eet ainsi comme un processus o\u00f9 les actions clandestines, les initiatives civiles et l\u2019avanc\u00e9e militaire alli\u00e9e se conjuguent pour permettre un retour rapide \u00e0 la l\u00e9galit\u00e9 r\u00e9publicaine.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-cc685ea1498df6756da5c2f13820cadb\" style=\"color:#5a4632\"><strong>VIII. M\u00e9moire et reconnaissance<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La connaissance de la R\u00e9sistance dans l\u2019Avesnois repose sur un corpus documentaire composite, associant sources institutionnelles, archives militaires, t\u00e9moignages locaux et travaux associatifs. Le fonds GR 19 P conserv\u00e9 par le Service historique de la D\u00e9fense constitue la base la plus structur\u00e9e : il offre une vision d\u2019ensemble des organisations clandestines, des maquis forestiers, des r\u00e9seaux de renseignement et des unit\u00e9s FFI et FTPF engag\u00e9es dans le secteur. Les archives d\u00e9partementales du Nord compl\u00e8tent cet apport en conservant les dossiers administratifs, les rapports de gendarmerie, les documents municipaux et les traces des comit\u00e9s locaux de lib\u00e9ration, permettant d\u2019appr\u00e9hender les interactions entre structures clandestines et autorit\u00e9s locales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 ces sources institutionnelles s\u2019ajoutent les t\u00e9moignages produits dans l\u2019imm\u00e9diat apr\u00e8s\u2011guerre ou recueillis ult\u00e9rieurement aupr\u00e8s des familles de r\u00e9sistants. Ils \u00e9clairent des aspects souvent absents des documents officiels : pratiques clandestines, sociabilit\u00e9s militantes, modalit\u00e9s d\u2019h\u00e9bergement des ill\u00e9gaux, circulation des tracts ou organisation des caches. Les publications associatives, notamment celles du Cercle Historique de la Grande Bataille (CHGB), jouent un r\u00f4le essentiel dans la mise en valeur de ces r\u00e9cits et dans la pr\u00e9servation d\u2019une m\u00e9moire collective structur\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La m\u00e9moire r\u00e9sistante s\u2019inscrit \u00e9galement dans l\u2019espace public \u00e0 travers les st\u00e8les, plaques, monuments et c\u00e9r\u00e9monies comm\u00e9moratives. Plusieurs communes de l\u2019Avesnois ont entrepris, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, de renouveler ou de compl\u00e9ter leurs lieux de m\u00e9moire afin de rendre hommage aux acteurs locaux de la lutte clandestine. \u00c0 Landrecies, une nouvelle st\u00e8le inaugur\u00e9e en 2024 rappelle le destin des r\u00e9sistants du r\u00e9seau organis\u00e9 autour du v\u00e9t\u00e9rinaire <strong>Roger Robert<\/strong>, arr\u00eat\u00e9s en 1944 puis d\u00e9port\u00e9s dans les camps de concentration. Leurs noms, d\u00e9sormais grav\u00e9s dans la pierre, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9voil\u00e9s en pr\u00e9sence de leurs familles, de repr\u00e9sentants associatifs et de nombreuses personnalit\u00e9s, dont la sous\u2011pr\u00e9f\u00e8te d\u2019Avesnes\u2011sur\u2011Helpe, Virginie Kl\u00e8s. Cette initiative illustre la volont\u00e9 des communes de maintenir vivante la m\u00e9moire des r\u00e9sistants locaux, de reconna\u00eetre leur engagement et de transmettre leur histoire aux g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Enfin, les travaux historiques contemporains contribuent \u00e0 articuler ces diff\u00e9rentes sources et \u00e0 inscrire la R\u00e9sistance dans l\u2019Avesnois dans une perspective r\u00e9gionale et nationale. Les lieux de m\u00e9moire pr\u00e9sents dans les communes du territoire mat\u00e9rialisent cette reconnaissance et rappellent que l\u2019histoire de la R\u00e9sistance locale s\u2019inscrit dans un processus de transmission qui demeure actif.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mise en valeur de la m\u00e9moire r\u00e9sistante dans l\u2019Avesnois, qu\u2019elle s\u2019exprime \u00e0 travers les archives, les t\u00e9moignages, les travaux associatifs ou les lieux de m\u00e9moire comme la st\u00e8le r\u00e9cemment inaugur\u00e9e \u00e0 Landrecies, permet de restituer la diversit\u00e9 des engagements clandestins et de rappeler l\u2019ampleur des sacrifices consentis.<br>Cette m\u00e9moire, d\u00e9sormais inscrite dans l\u2019espace public et consolid\u00e9e par les recherches contemporaines, offre un cadre essentiel pour comprendre les dynamiques internes de la R\u00e9sistance locale.<br>Elle conduit naturellement \u00e0 s\u2019int\u00e9resser aux femmes et aux hommes qui ont structur\u00e9 les r\u00e9seaux, coordonn\u00e9 les actions et assur\u00e9 la continuit\u00e9 des mouvements malgr\u00e9 la r\u00e9pression.<br>L\u2019analyse de ces acteurs, identifi\u00e9s gr\u00e2ce aux archives militaires et d\u00e9partementales, constitue une \u00e9tape indispensable pour saisir la coh\u00e9rence, l\u2019organisation et l\u2019efficacit\u00e9 de la R\u00e9sistance dans l\u2019Avesnois.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-80542d136f78063e14aa56bfaf9b93aa\" style=\"color:#5a4632\"><strong>IX. Les acteurs et responsables de la R\u00e9sistance dans l\u2019Avesnois<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9tude de la R\u00e9sistance dans l\u2019Avesnois ne peut \u00eatre dissoci\u00e9e de l\u2019analyse des acteurs qui ont structur\u00e9 les organisations clandestines, coordonn\u00e9 les actions et assur\u00e9 la continuit\u00e9 des r\u00e9seaux malgr\u00e9 la r\u00e9pression. Les archives militaires (GR 19 P 59) et les dossiers conserv\u00e9s aux Archives d\u00e9partementales du Nord permettent d\u2019identifier plusieurs figures locales dont le r\u00f4le fut d\u00e9terminant dans la mise en place des structures de renseignement, de sabotage, de diffusion ou de mobilisation civile.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les responsables de secteur de l\u2019OCM, les cadres des FTPF, les officiers de l\u2019ORA, les animateurs de Lib\u00e9ration\u2011Nord ou du MLN, les dirigeants des comit\u00e9s locaux de lib\u00e9ration et les agents de liaison ont contribu\u00e9 \u00e0 articuler les actions entre les bourgs ruraux, les gares, les usines et les maquis forestiers. Leur r\u00f4le ne se limite pas \u00e0 la direction op\u00e9rationnelle : il inclut la formation des groupes, la gestion des caches, la coordination des parachutages, la circulation des informations et la mise en place de structures de s\u00e9curit\u00e9 interne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La diversit\u00e9 des profils \u2014 instituteurs, ouvriers, cheminots, agriculteurs, cadres militaires, employ\u00e9s municipaux, militants politiques ou syndicalistes \u2014 refl\u00e8te la pluralit\u00e9 sociale de la R\u00e9sistance dans l\u2019Avesnois. Cette pluralit\u00e9 constitue un \u00e9l\u00e9ment essentiel de la dynamique clandestine : elle permet d\u2019articuler les actions entre les diff\u00e9rents espaces du territoire, de multiplier les points d\u2019appui et de maintenir la continuit\u00e9 des r\u00e9seaux malgr\u00e9 les arrestations. L\u2019analyse prosopographique de ces acteurs, encore en cours dans les travaux contemporains, montre que la R\u00e9sistance locale repose sur un ensemble de responsabilit\u00e9s distribu\u00e9es plut\u00f4t que sur quelques figures isol\u00e9es, ce qui explique sa r\u00e9silience et son efficacit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019analyse des acteurs de la R\u00e9sistance dans l\u2019Avesnois met en \u00e9vidence la diversit\u00e9 des profils engag\u00e9s dans les actions clandestines. Parmi ces organisations, l\u2019Organisation Civile et Militaire (OCM) occupe une place singuli\u00e8re en raison de la richesse des sources disponibles et de la pr\u00e9cision des rapports conserv\u00e9s, notamment ceux de Paul Chabloz et de Roger Robert.<br>L\u2019examen attentif de ces documents permet de proposer une \u00e9tude sp\u00e9cifique du mouvement OCM dans l\u2019Avesnois, de sa structuration, de ses responsables et de ses actions.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-947fc916f10c7e4386d9bf07213fdb15\" style=\"color:#5a4632\"><strong>X. Les acteurs et responsables de l\u2019OCM dans l\u2019Avesnois<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9tude prosopographique de l\u2019Organisation Civile et Militaire (OCM) dans l\u2019Avesnois repose sur un corpus de sources primaires, notamment le rapport du 9 f\u00e9vrier 1951 r\u00e9dig\u00e9 par Roger Robert, v\u00e9t\u00e9rinaire \u00e0 Landrecies et responsable d\u00e9partemental de l\u2019OCM, ainsi que les t\u00e9moignages relatifs \u00e0 la structuration initiale du mouvement autour de Paul Chabloz. Ces documents permettent de reconstituer la gen\u00e8se, l\u2019organisation et les responsabilit\u00e9s internes du mouvement clandestin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon le t\u00e9moignage conserv\u00e9 dans les archives locales, <em>\u00ab en mars 1942, Paul CHABLOZ (pseudo : CHEVESNES)\u2026 parvint \u00e0 rentrer en contact \u00e0 Paris avec le chef du R\u00e9seau de la CND de Castille, Gilbert RENAULT, alias \u201cLe Colonel REMY\u201d \u00bb<\/em> . Chabloz est charg\u00e9 d\u2019organiser les arrondissements d\u2019Avesnes, Cambrai et Vervins, et met en place l\u2019OCM Avesnois avec l\u2019aide de B\u00e9cart, Delofre et Gossart. Il en prend officiellement le commandement le 31 d\u00e9cembre 1942. Sous sa direction, l\u2019organisation d\u00e9veloppe des services de codage, de d\u00e9codage, de production de faux papiers et de pr\u00e9l\u00e8vement de cartes de ravitaillement, tout en fournissant des renseignements \u00e0 Londres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9pression contraint Chabloz \u00e0 entrer dans la clandestinit\u00e9 le 6 septembre 1943. Son adjoint, Roger Robert, v\u00e9t\u00e9rinaire \u00e0 Landrecies, lui succ\u00e8de. Le rapport de ce dernier pr\u00e9cise que la r\u00e9organisation de l\u2019OCM vise \u00e0 en faire <em>\u00ab un mouvement d\u2019action directe \u00e0 structure militaire \u00bb<\/em> . En liaison avec Pierre Deshayes (alias \u00ab Capitaine Jean\u2011Pierre \u00bb) du BOA, des terrains de parachutage sont reconnus, des \u00e9quipes de protection et de corps francs constitu\u00e9es, des d\u00e9p\u00f4ts de vivres et de mat\u00e9riel sanitaire organis\u00e9s, et un service de liaison radio avec Londres mis en place d\u00e8s le 12 octobre 1943.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le document fournit une liste d\u00e9taill\u00e9e des responsables de secteur, permettant d\u2019appr\u00e9hender la structuration territoriale du mouvement. On y trouve notamment : <em>\u00ab Jeumont : WARTEL Georges, directeur d\u2019\u00e9cole (d\u00e9port\u00e9 rentr\u00e9) ; Maubeuge : COUPPEE Maurice, secr\u00e9taire de mairie, et YSERMAN D\u00e9sir\u00e9, ing\u00e9nieur (d\u00e9port\u00e9s rentr\u00e9s) ; Hautmont : CAMPAGNE Jules, secr\u00e9taire de mairie (d\u00e9port\u00e9 rentr\u00e9) ; Bavay : MATHIEU Pierre, journaliste (d\u00e9port\u00e9 disparu) ; Le Quesnoy : DECAUDIN R\u00e9my, garagiste (d\u00e9port\u00e9 rentr\u00e9), BARBE Maurice, gendarme, et RIQUET, employ\u00e9 SNCF ; Berlaimont : NEUVILLE, industriel (d\u00e9port\u00e9 rentr\u00e9) ; Avesnes\u2011sur\u2011Helpe : GHISLAIN, commer\u00e7ant (d\u00e9port\u00e9 disparu), et LORETTE E., commer\u00e7ant ; Sars\u2011Poteries : FICHAUX, docteur en m\u00e9decine ; Fourmies : DE TIMMERMAN, horticulteur (d\u00e9port\u00e9 rentr\u00e9) ; Ors : CARPENTIER, cultivateur ; La Groise : GODART Andr\u00e9, cultivateur ; Catillon : LEBLON Adolphe, cultivateur ; Landrecies : ROBERT Roger (d\u00e9port\u00e9 rentr\u00e9). \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette liste, exceptionnelle par sa pr\u00e9cision, montre que l\u2019OCM repose sur une structure territoriale dense, mobilisant des acteurs issus de milieux sociaux vari\u00e9s : instituteurs, secr\u00e9taires de mairie, ing\u00e9nieurs, commer\u00e7ants, cultivateurs, artisans, gendarmes, industriels. Cette diversit\u00e9 sociale constitue un \u00e9l\u00e9ment essentiel de la r\u00e9silience du mouvement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les activit\u00e9s des unit\u00e9s locales, \u00e9galement d\u00e9taill\u00e9es dans le document, r\u00e9v\u00e8lent une forte sp\u00e9cialisation selon les secteurs : renseignement \u00e0 Jeumont, instruction militaire et sabotage \u00e0 Maubeuge, fili\u00e8res d\u2019\u00e9vasion \u00e0 Bavay et Sars\u2011Poteries, transmissions radio au Quesnoy, sabotages industriels \u00e0 Berlaimont, op\u00e9rations de parachutage \u00e0 Etroeungt, actions de reconnaissance et de sabotage dans la for\u00eat de Mormal et au camp Bismarck pour Landrecies. Ces \u00e9l\u00e9ments permettent d\u2019appr\u00e9hender la capacit\u00e9 de l\u2019OCM \u00e0 articuler des actions vari\u00e9es dans un cadre territorial coh\u00e9rent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le document souligne enfin l\u2019impact des arrestations de 1944, qui d\u00e9capitent le mouvement : <em>\u00ab Les arrestations de ROBERT, DECAUDIN, MATHIEU, COUPPEE, YSERMAN, CAMPAGNE, WARTEL, DE TIMMERMAN, GHISLAIN\u2026 d\u00e9capit\u00e8rent le mouvement au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1944 \u00bb<\/em> . \u00c0 partir de cette date, l\u2019OCM ne peut plus mener que des actions isol\u00e9es, sans coordination centrale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce corpus constitue une source majeure pour comprendre la structuration interne de l\u2019OCM dans l\u2019Avesnois, la diversit\u00e9 de ses responsables, la nature de ses actions et les effets de la r\u00e9pression sur son fonctionnement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9tude de l\u2019Organisation Civile et Militaire (OCM) dans l\u2019Avesnois met en \u00e9vidence la structuration pr\u00e9coce d\u2019un mouvement capable d\u2019articuler renseignement, parachutages, sabotages et organisation territoriale. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toutefois, l\u2019OCM n\u2019est qu\u2019une composante \u2014 certes majeure \u2014 d\u2019un paysage r\u00e9sistant beaucoup plus diversifi\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s 1940, un autre mouvement, issu d\u2019une tradition militante diff\u00e9rente et fond\u00e9 sur la gu\u00e9rilla, le sabotage et l\u2019action arm\u00e9e directe, s\u2019implante dans l\u2019Avesnois : <strong>les Francs\u2011Tireurs et Partisans Fran\u00e7ais (FTPF)<\/strong>. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Leur pr\u00e9sence, leur maquis dans la for\u00eat de Mormal et la structuration progressive de leurs bataillons jouent un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la d\u00e9sorganisation des mouvements allemands et dans la pr\u00e9paration de la Lib\u00e9ration. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019analyse de ce mouvement, compl\u00e9mentaire de l\u2019OCM mais dot\u00e9 d\u2019une identit\u00e9 propre, permet de comprendre la pluralit\u00e9 des formes de r\u00e9sistance dans le territoire.<br><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-f75c7a9e99d587cbdce47b769de594b1\" style=\"color:#5a4632\"><strong>XI. <\/strong>Les Francs\u2011Tireurs et Partisans Fran\u00e7ais (FTPF) dans l\u2019Avesnois : maquis, gu\u00e9rilla et bataillons FFI (1940\u20111944)<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019implantation des Francs\u2011Tireurs et Partisans Fran\u00e7ais (FTPF) dans l\u2019Avesnois d\u00e9bute d\u00e8s juillet 1940, au lendemain de l\u2019Armistice. Dans ce secteur frontalier, travers\u00e9 par les convois allemands et marqu\u00e9 par une forte activit\u00e9 clandestine, les FTPF d\u00e9veloppent progressivement une organisation arm\u00e9e fond\u00e9e sur la gu\u00e9rilla, le sabotage et la cr\u00e9ation d\u2019un maquis op\u00e9rationnel au c\u0153ur de la for\u00eat de Mormal.<br>La structuration de leurs bataillons, l\u2019ampleur de leurs actions et leur r\u00f4le dans la d\u00e9sorganisation des mouvements allemands font des FTPF un acteur essentiel de la R\u00e9sistance locale, dont l\u2019\u00e9tude permet de comprendre la diversit\u00e9 des formes de lutte dans le territoire.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>1. Origines et implantation des FTPF dans l\u2019Avesnois<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Francs\u2011Tireurs et Partisans Fran\u00e7ais (FTPF) s\u2019implantent dans l\u2019Avesnois d\u00e8s <strong>juillet 1940<\/strong>, au lendemain de l\u2019Armistice. Le secteur, situ\u00e9 en zone frontali\u00e8re et travers\u00e9 par les convois allemands assurant la rel\u00e8ve des garnisons, constitue un <strong>point strat\u00e9gique majeur<\/strong> pour la R\u00e9sistance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00c9tat\u2011major FTPF installe ses premi\u00e8res structures dans la r\u00e9gion de Maubeuge et de l\u2019Avesnois, avec l\u2019objectif de cr\u00e9er une <strong>r\u00e9sistance structur\u00e9e<\/strong> dans ce \u00ab secteur de passage oblig\u00e9 \u00bb pour l\u2019ennemi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Trois bataillons FTPF\/FFI sont progressivement constitu\u00e9s :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>10e bataillon<\/strong> (28e et 29e compagnies) \u2013 cr\u00e9\u00e9 fin 1942<\/li>\n\n\n\n<li><strong>11e bataillon<\/strong> (30e et 31e compagnies) \u2013 cr\u00e9\u00e9 fin 1942<\/li>\n\n\n\n<li><strong>12e bataillon<\/strong> (32e \u00e0 35e compagnies) \u2013 cr\u00e9\u00e9 le <strong>1er juin 1944<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces unit\u00e9s op\u00e8rent dans les secteurs de Maubeuge, Feignies, Bavay, Jeumont, Aulnoye, Le Quesnoy, et dans l\u2019ensemble du massif forestier de <strong>Mormal<\/strong>, qui devient leur base op\u00e9rationnelle.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>2. Le maquis de Mormal : une base de gu\u00e9rilla structur\u00e9e<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour mener une offensive durable, l\u2019\u00c9tat\u2011major FTPF d\u00e9cide la cr\u00e9ation d\u2019un <strong>maquis op\u00e9rationnel au c\u0153ur de la for\u00eat de Mormal<\/strong>. Ce maquis devient une v\u00e9ritable <strong>\u00e9pine dans le flanc de l\u2019occupant<\/strong>, menant des actions de jour comme de nuit, et jouant un r\u00f4le d\u00e9cisif dans la d\u00e9sorganisation des mouvements allemands.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le maquis est ravitaill\u00e9 par la paysannerie locale, dont le soutien est essentiel. \u00c0 partir de cette base :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>le <strong>11e bataillon<\/strong> m\u00e8ne une <strong>gu\u00e9rilla<\/strong> contre les unit\u00e9s allemandes stationn\u00e9es autour de la for\u00eat ;<\/li>\n\n\n\n<li>le <strong>10e bataillon<\/strong>, tr\u00e8s mobile, r\u00e9alise des <strong>sabotages industriels<\/strong>, pi\u00e8ge les routes, attaque les convois de la Reichsbahn, et pr\u00e9pare la <strong>gr\u00e8ve insurrectionnelle<\/strong> de l\u2019Avesnois ;<\/li>\n\n\n\n<li>le <strong>12e bataillon<\/strong>, cr\u00e9\u00e9 en juin 1944, participe aux combats de la Lib\u00e9ration avec efficacit\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>3. Sabotages, gu\u00e9rilla et actions de guerre (1943\u20111944)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les FTPF poursuivent trois objectifs fondamentaux :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>h\u00e2ter la Lib\u00e9ration du secteur,<\/li>\n\n\n\n<li>entraver les d\u00e9placements des renforts allemands vers le front de Normandie,<\/li>\n\n\n\n<li>soutenir la progression des forces alli\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Leurs actions sont multiples :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>sabotages d\u2019usines travaillant pour l\u2019ennemi,<\/li>\n\n\n\n<li>destructions de voies ferr\u00e9es,<\/li>\n\n\n\n<li>attaques de convois routiers, hippomobiles et ferroviaires,<\/li>\n\n\n\n<li>op\u00e9rations de gu\u00e9rilla contre des d\u00e9tachements de la Wehrmacht,<\/li>\n\n\n\n<li>propagande anti\u2011nazie et recrutement clandestin,<\/li>\n\n\n\n<li>maintien de positions strat\u00e9giques facilitant l\u2019avanc\u00e9e am\u00e9ricaine.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les FTPF r\u00e9alisent \u00e9galement un <strong>butin de guerre important<\/strong> : armes, munitions, explosifs, v\u00e9hicules, vivres.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>4. La r\u00e9action allemande : rafles, encerclements, r\u00e9pression<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Harcel\u00e9e par les FTPF, l\u2019arm\u00e9e allemande concentre <strong>1 200 hommes<\/strong> autour de la for\u00eat de Mormal pour tenter d\u2019\u00e9radiquer le maquis. Une rafle massive frappe les communes environnantes. Malgr\u00e9 cette r\u00e9pression, les FTPF parviennent \u00e0 maintenir la pression sur les convois allemands, ralentissant l\u2019acheminement des renforts vers la Normandie apr\u00e8s le 6 juin 1944.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Leur action contribue directement au succ\u00e8s militaire alli\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>5. Effectifs, pertes et reconnaissance FFI<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les effectifs des trois bataillons sont importants :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>10e et 11e bataillons<\/strong> : 570 membres (1943\u20111944)<\/li>\n\n\n\n<li><strong>12e bataillon<\/strong> : 2 500 membres (juin\u2011septembre 1944)<\/li>\n\n\n\n<li>Total : <strong>3 140 r\u00e9sistants<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmi les 116 membres cit\u00e9s dans les dossiers :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>51 ont pu \u00eatre identifi\u00e9s,<\/li>\n\n\n\n<li>14 ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s par la Gestapo ou la Milice,<\/li>\n\n\n\n<li>8 d\u00e9port\u00e9s (dont 4 morts),<\/li>\n\n\n\n<li>5 morts sous les tortures ou fusill\u00e9s,<\/li>\n\n\n\n<li>7 morts en service command\u00e9,<\/li>\n\n\n\n<li>3 bless\u00e9s au combat.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">45 ont \u00e9t\u00e9 homologu\u00e9s :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>42 au titre des FFI (dont 4 DIR),<\/li>\n\n\n\n<li>1 au titre de RIF,<\/li>\n\n\n\n<li>2 comme intern\u00e9s r\u00e9sistants.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les FTPF du secteur de Maubeuge et de l\u2019Avesnois ont men\u00e9 <strong>85 actions de guerre<\/strong> reconnues :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>67 pour les 10e et 11e bataillons,<\/li>\n\n\n\n<li>18 pour le 12e bataillon.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1984, l\u2019ARAC demande leur reconnaissance officielle comme <strong>Unit\u00e9s Combattantes FFI<\/strong>, pour les p\u00e9riodes :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>10e et 11e bataillons<\/strong> : 1er juillet 1943 \u2013 7 septembre 1944<\/li>\n\n\n\n<li><strong>12e bataillon<\/strong> : 1er juin 1944 \u2013 7 septembre 1944<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 partir de l\u2019\u00e9t\u00e9 1943, l\u2019Organisation de R\u00e9sistance de l\u2019Arm\u00e9e (ORA) constitue un autred p\u00f4le de structuration clandestine, fond\u00e9 sur des cadres militaires, des r\u00e9seaux de liaison \u00e9tendus et une organisation op\u00e9rationnelle d\u2019une ampleur remarquable.<br>L\u2019examen des sources disponibles permet ainsi de proposer une analyse sp\u00e9cifique de l\u2019ORA dans le bassin de la Sambre, de ses origines, de ses responsables et de ses actions jusqu\u2019\u00e0 la Lib\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9tude des Francs\u2011Tireurs et Partisans Fran\u00e7ais (FTPF) dans l\u2019Avesnois met en \u00e9vidence l\u2019existence d\u2019un mouvement arm\u00e9 structur\u00e9, fond\u00e9 sur la gu\u00e9rilla, le sabotage et l\u2019action directe, dont le maquis de Mormal constitue l\u2019un des \u00e9pisodes les plus marquants. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toutefois, la R\u00e9sistance locale ne se limite pas \u00e0 cette forme de lutte. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 partir de l\u2019\u00e9t\u00e9 1943, un autre p\u00f4le clandestin, d\u2019inspiration militaire et compos\u00e9 de cadres issus de l\u2019arm\u00e9e d\u2019active ou de r\u00e9serve, se d\u00e9veloppe dans le bassin de la Sambre : <strong>l\u2019Organisation de R\u00e9sistance de l\u2019Arm\u00e9e (ORA)<\/strong>. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce mouvement, fond\u00e9 sur des r\u00e9seaux de liaison \u00e9tendus, une discipline op\u00e9rationnelle stricte et une structuration hi\u00e9rarchique pr\u00e9cise, joue un r\u00f4le essentiel dans la pr\u00e9paration des combats de la Lib\u00e9ration et dans la coordination des groupes r\u00e9sistants du secteur. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019examen des sources disponibles permet ainsi de proposer une analyse sp\u00e9cifique de l\u2019ORA dans le bassin de la Sambre, de ses origines, de ses responsables et de ses actions jusqu\u2019\u00e0 la Lib\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-e856bc9d4bdd654d6e02b4e763cd4715\" style=\"color:#5a4632\"><strong>XII. L\u2019Organisation de R\u00e9sistance de l\u2019Arm\u00e9e (ORA) dans le bassin de la Sambre<\/strong> (1943\u20111944)<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Organisation de R\u00e9sistance de l\u2019Arm\u00e9e (ORA) se structure dans le bassin de la Sambre \u00e0 partir de l\u2019\u00e9t\u00e9 1943. Le commandant Lehagre, nouvellement affect\u00e9 \u00e0 Maubeuge, coordonne les groupes d\u00e9j\u00e0 constitu\u00e9s par le capitaine de r\u00e9serve Petit, actif depuis 1941 \u00e0 Hautmont et Maubeuge, et par le lieutenant W\u00e9ry \u00e0 Boussois, en liaison avec le capitaine Woussen des douanes de Jeumont. Les liaisons sont rapidement \u00e9tendues au colonel Lajouanie \u00e0 Valenciennes, \u00e0 l\u2019Arm\u00e9e Blanche belge de Charleroi et Mons, au Front National (Prosper Thuytschaever), ainsi qu\u2019\u00e0 plusieurs personnalit\u00e9s locales issues des milieux industriels, administratifs et militaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En d\u00e9cembre 1943, l\u2019ORA du secteur poss\u00e8de l\u2019ossature d\u2019une dizaine de compagnies et un effectif proche d\u2019un millier d\u2019hommes. Les arrestations ponctuelles ne compromettent pas l\u2019organisation, ce qui t\u00e9moigne de la solidit\u00e9 du recrutement et de la discipline interne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les actions clandestines se d\u00e9veloppent parall\u00e8lement \u00e0 la structuration militaire : reconnaissance de terrains de parachutage, constitution de d\u00e9p\u00f4ts de vivres, mise en place d\u2019un service de sant\u00e9 et d\u2019un service de transport, instruction des troupes, \u00e9laboration d\u2019un plan d\u2019op\u00e9rations. Malgr\u00e9 plusieurs alertes, aucun parachutage n\u2019aboutit avant la Lib\u00e9ration, ce qui limite l\u2019armement disponible. Les seules armes obtenues proviennent d\u2019un coup de main en gare de Maubeuge en mars 1944 et de r\u00e9cup\u00e9rations ponctuelles aupr\u00e8s des FTP.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les sabotages men\u00e9s par l\u2019ORA, souvent en coordination avec le Front National, prennent une ampleur consid\u00e9rable durant l\u2019hiver 1943\u20111944 : installations industrielles, transformateurs, lignes \u00e9lectriques, infrastructures ferroviaires, ateliers de production. Ces actions provoquent des r\u00e9actions allemandes s\u00e9v\u00e8res, qui touchent \u00e9galement des groupes OCM non li\u00e9s \u00e0 l\u2019ORA.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les combats de la Lib\u00e9ration, du 2 au 11 septembre 1944, voient l\u2019engagement direct des unit\u00e9s ORA et FFI. L\u2019intervention d\u2019une escadrille de Mosquitos contribue \u00e0 la destruction de colonnes allemandes dans la r\u00e9gion de Maubeuge et Gognies. Les pertes sont importantes, tant fran\u00e7aises qu\u2019allemandes, et le nombre de prisonniers atteint plusieurs milliers. L\u2019apr\u00e8s\u2011Lib\u00e9ration est marqu\u00e9 par des tensions entre les diff\u00e9rentes organisations clandestines, notamment entre le FN et les FTP, et par les difficult\u00e9s de la r\u00e9organisation administrative et industrielle du bassin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019ensemble de ces \u00e9l\u00e9ments montre que l\u2019ORA constitue l\u2019un des mouvements les plus structur\u00e9s du secteur, capable d\u2019articuler des actions militaires, des sabotages et des op\u00e9rations de renseignement dans un cadre territorial coh\u00e9rent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9tude de l\u2019Organisation de R\u00e9sistance de l\u2019Arm\u00e9e (ORA) met en \u00e9vidence la structuration progressive d\u2019un mouvement militaire clandestin capable de mener des actions coordonn\u00e9es de sabotage, de renseignement et de combat jusqu\u2019aux journ\u00e9es de septembre 1944.<br>Toutefois, l\u2019ORA n\u2019est qu\u2019un des p\u00f4les de la r\u00e9sistance arm\u00e9e dans le bassin de la Sambre. Les Forces Fran\u00e7aises de l\u2019Int\u00e9rieur (FFI), issues de la coordination entre l\u2019ORA, le Front National et les Francs\u2011Tireurs et Partisans (FTP), ont constitu\u00e9 \u00e0 partir d\u2019ao\u00fbt 1944 une organisation unifi\u00e9e regroupant sept bataillons et jouant un r\u00f4le d\u00e9terminant dans les op\u00e9rations de gu\u00e9rilla, la d\u00e9fense des infrastructures et les combats de la Lib\u00e9ration.<br>Les rapports r\u00e9dig\u00e9s en septembre 1944 permettent de restituer avec pr\u00e9cision la structuration de ces unit\u00e9s, leurs actions et leur contribution \u00e0 la lib\u00e9ration du secteur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9tude de l\u2019Organisation de R\u00e9sistance de l\u2019Arm\u00e9e (ORA) dans le bassin de la Sambre met en \u00e9vidence la mont\u00e9e en puissance, \u00e0 partir de l\u2019\u00e9t\u00e9 1943, d\u2019un mouvement fond\u00e9 sur des cadres militaires, des r\u00e9seaux de liaison \u00e9tendus et une discipline op\u00e9rationnelle rigoureuse. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toutefois, l\u2019ORA n\u2019est qu\u2019un des p\u00f4les de la r\u00e9sistance arm\u00e9e dans le secteur. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1944, la n\u00e9cessit\u00e9 de coordonner les actions des diff\u00e9rents mouvements \u2014 ORA, Front National et Francs\u2011Tireurs et Partisans (FTP) \u2014 conduit \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une structure unifi\u00e9e : <strong>les Forces Fran\u00e7aises de l\u2019Int\u00e9rieur (FFI)<\/strong>. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette organisation, officiellement constitu\u00e9e en ao\u00fbt 1944, regroupe sept bataillons et joue un r\u00f4le d\u00e9terminant dans les op\u00e9rations de gu\u00e9rilla, la d\u00e9fense des infrastructures et les combats de la Lib\u00e9ration. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les rapports r\u00e9dig\u00e9s en septembre 1944 permettent de restituer avec pr\u00e9cision la structuration de ces unit\u00e9s, leurs actions et leur contribution \u00e0 la lib\u00e9ration du bassin de la Sambre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-e73f775e6438ce513ef3c0f13ad359f6\" style=\"color:#5a4632\"><strong>XIII.<\/strong> Les Forces Fran\u00e7aises de l\u2019Int\u00e9rieur (FFI) et l\u2019int\u00e9gration des unit\u00e9s ORA et FTP dans le bassin de la Sambre (ao\u00fbt\u2011septembre 1944)<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9tude des Forces Fran\u00e7aises de l\u2019Int\u00e9rieur (FFI) dans le bassin de la Sambre repose sur un rapport r\u00e9dig\u00e9 le 6 septembre 1944 par le chef de secteur, le commandant R. Lehagre (alias \u00ab Leblond \u00bb). <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce document constitue une source primaire essentielle pour comprendre la fusion des unit\u00e9s ORA et FTP au sein d\u2019une structure unifi\u00e9e, officiellement constitu\u00e9e en ao\u00fbt 1944.<br>Les sept bataillons FFI ainsi form\u00e9s jouent un r\u00f4le d\u00e9terminant dans les op\u00e9rations de gu\u00e9rilla, la d\u00e9fense des infrastructures et les combats de la Lib\u00e9ration, dont les actions peuvent \u00eatre restitu\u00e9es avec pr\u00e9cision gr\u00e2ce aux rapports \u00e9tablis dans les jours suivant la lib\u00e9ration du secteur.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>1. Origines et structuration des groupes FN, FTP et ORA<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les premi\u00e8res organisations arm\u00e9es apparaissent d\u00e8s l\u2019\u00e9t\u00e9 1942. La section du Front National (FN), mouvement de r\u00e9sistance cr\u00e9\u00e9 par le Parti communiste fran\u00e7ais, est constitu\u00e9e \u00e0 Boussois\u2011Marpent\u2011Jeumont \u00e0 la fin du mois d\u2019ao\u00fbt 1942. Le rapport pr\u00e9cise que <em>\u00ab le stock d\u2019armes est cach\u00e9 chez Anicet Dhont \u00e0 Marpent \u00bb<\/em>, ce qui t\u00e9moigne de la pr\u00e9cocit\u00e9 de la structuration clandestine dans cette zone frontali\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La section ORA (Organisation de R\u00e9sistance de l\u2019Arm\u00e9e) est cr\u00e9\u00e9e en d\u00e9cembre 1943, en continuit\u00e9 avec les groupes militaires d\u00e9j\u00e0 actifs \u00e0 Hautmont, Maubeuge, Boussois et Jeumont. Les responsables FN et ORA se r\u00e9unissent chaque semaine dans les \u00e9coles de Boussois et de Recquignies, ce qui montre l\u2019existence d\u2019une coordination inter\u2011mouvements d\u00e8s avant la constitution officielle des FFI.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le secteur FFI est officiellement d\u00e9limit\u00e9 le 23 ao\u00fbt 1944. Le commandant d\u2019active Lehagre est d\u00e9sign\u00e9 chef de secteur, avec pour adjoint Ferdinand Thuytschaever (alias \u00ab Prosper \u00bb), responsable du FN dans l\u2019Avesnois. Le p\u00e9rim\u00e8tre couvre l\u2019ensemble du bassin de la Sambre, depuis la fronti\u00e8re belge jusqu\u2019\u00e0 Bavay, Le Cateau, Landrecies, Berlaimont, Dourlers et Beaurieux.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>2. Organisation militaire : bataillons, compagnies et commandements<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le rapport Lehagre permet de reconstituer la structuration militaire des FFI dans le bassin de la Sambre. Deux organisations principales \u2014 l\u2019ORA et le FN\/FTP \u2014 ont constitu\u00e9 des groupes importants, qui sont int\u00e9gr\u00e9s dans la structure FFI \u00e0 partir d\u2019ao\u00fbt 1944.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>2.1. Les unit\u00e9s ORA int\u00e9gr\u00e9es aux FFI<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019ORA, plac\u00e9e sous le commandement de Lehagre, dispose de cadres militaires exp\u00e9riment\u00e9s :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Capitaine Catteau (alias \u00ab Carlier \u00bb),<\/li>\n\n\n\n<li>Capitaine Petit (alias \u00ab le Pacha \u00bb),<\/li>\n\n\n\n<li>Capitaine Woussen (douanes de Jeumont),<\/li>\n\n\n\n<li>Lieutenant W\u00e9ry (Boussois).<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019ensemble repr\u00e9sente <strong>trois bataillons en quatre compagnies<\/strong>, auxquels s\u2019ajoutent :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>un bataillon \u00e0 Jeumont,<\/li>\n\n\n\n<li>un bataillon \u00e0 Boussois,<\/li>\n\n\n\n<li>un bataillon \u00e0 deux compagnies \u00e0 Bavay,<\/li>\n\n\n\n<li>des compagnies \u00e0 Feignies, Mecquignies, Le Quesnoy, Le Cateau,<\/li>\n\n\n\n<li>un bataillon \u00e0 deux compagnies \u00e0 Hautmont.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>2.2. Les unit\u00e9s FTP int\u00e9gr\u00e9es aux FFI<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le FN organise trois bataillons FTP, chacun compos\u00e9 de trois compagnies :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Jeumont, Marpent, Cousolre ;<\/li>\n\n\n\n<li>Bavay, Feignies, Villers\u2011sire\u2011Nicole ;<\/li>\n\n\n\n<li>Maubeuge, Sous\u2011le\u2011Bois, Louvroil ;<\/li>\n\n\n\n<li>une compagnie suppl\u00e9mentaire \u00e0 Hautmont.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour des raisons op\u00e9rationnelles, les compagnies ORA et FTP d\u2019Hautmont sont plac\u00e9es sous un commandement unique FTP.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>2.3. Synth\u00e8se de la force FFI<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au total, la R\u00e9sistance du bassin de la Sambre dispose de <strong>sept bataillons FFI<\/strong>, autour desquels se rassemble une large partie de la population patriotique. Le rapport souligne que l\u2019absence de parachutages limite l\u2019armement disponible : les groupes partent au combat avec un mat\u00e9riel h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, dont <em>\u00ab la majeure partie est constitu\u00e9e par 450 parabellums d\u00e9rob\u00e9s aux Allemands \u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>3. Actions clandestines avant la Lib\u00e9ration<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s le 30 ao\u00fbt 1944, huit jours apr\u00e8s la constitution du secteur FFI, un ordre d\u2019alerte prescrit la d\u00e9fense des ponts, des ouvrages d\u2019art et des installations essentielles (\u00e9lectricit\u00e9, gaz, eau). Les groupes FFI m\u00e8nent des actions de gu\u00e9rilla contre les isol\u00e9s, harc\u00e8lent les colonnes ennemies, abattent des arbres pour bloquer les routes et capturent du mat\u00e9riel allemand.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le rapport d\u00e9crit en d\u00e9tail les op\u00e9rations de sauvegarde des ponts min\u00e9s par les Allemands le 2 septembre. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019intervention de plusieurs compagnies FFI, quatre des cinq ponts sont sauv\u00e9s, permettant aux troupes am\u00e9ricaines de progresser sans retard. Le rapport souligne que <em>\u00ab la mission est remplie ; l\u2019avance alli\u00e9e ne sera pas ralentie \u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>4. Les combats de la Lib\u00e9ration (2\u201311 septembre 1944)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les FFI jouent un r\u00f4le d\u00e9terminant dans les combats de la Lib\u00e9ration. Ils couvrent les flancs de la colonne am\u00e9ricaine qui progresse d\u2019Avesnes vers Mons, affrontent des unit\u00e9s allemandes en retraite et capturent un nombre consid\u00e9rable de prisonniers.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le rapport indique que le 6 septembre, <em>\u00ab plus de 15 000 prisonniers, dont 1 500 faits par les FFI \u00bb<\/em>, sont regroup\u00e9s dans la r\u00e9gion. La compagnie de Feignies capture \u00e0 elle seule 550 prisonniers le 5 septembre. Les FFI r\u00e9cup\u00e8rent \u00e9galement un char, plusieurs camions, une chenillette, des motos et un important stock d\u2019armes et de munitions abandonn\u00e9 par l\u2019ennemi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les combats sont particuli\u00e8rement violents \u00e0 Feignies, Jeumont, Bavay et dans les communes frontali\u00e8res. Les FFI doivent \u00e9galement g\u00e9rer la pr\u00e9sence de 5 000 \u00e0 8 000 prisonniers allemands, ce qui mobilise une partie de leurs effectifs.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>5. Coordination inter\u2011mouvements et discipline des unit\u00e9s<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le rapport insiste sur la qualit\u00e9 des relations entre les cadres FTP et ORA, qui permettent une coordination efficace malgr\u00e9 des origines id\u00e9ologiques diff\u00e9rentes. Cette coop\u00e9ration contribue \u00e0 la discipline des unit\u00e9s FFI, qui jouent un r\u00f4le essentiel dans le nettoyage du secteur, la r\u00e9cup\u00e9ration du mat\u00e9riel et la s\u00e9curisation des axes de progression alli\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le document conclut en soulignant que de nombreuses actions individuelles et collectives continuent d\u2019\u00eatre men\u00e9es dans les jours suivant la Lib\u00e9ration, t\u00e9moignant de la d\u00e9termination et de l\u2019engagement des groupes FFI dans la stabilisation du territoire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019analyse des actions men\u00e9es par les Forces Fran\u00e7aises de l\u2019Int\u00e9rieur (FFI) et les Francs\u2011Tireurs et Partisans (FTP) dans le bassin de la Sambre met en \u00e9vidence l\u2019intensit\u00e9 des op\u00e9rations clandestines et des combats de la Lib\u00e9ration.<br>Ces engagements se d\u00e9roulent dans un contexte de r\u00e9pression croissante, qui touche l\u2019ensemble des mouvements de r\u00e9sistance pr\u00e9sents dans l\u2019Avesnois.<br>Les arrestations, les internements et les d\u00e9portations frappent des r\u00e9sistants issus de toutes les organisations \u2014 OCM, ORA, FFI, FTP, FN \u2014 en particulier durant les ann\u00e9es 1943\u20111944.<br>L\u2019\u00e9tude statistique de la d\u00e9portation dans le d\u00e9partement du Nord permet ainsi de replacer ces actions dans un cadre plus large, marqu\u00e9 par la violence extr\u00eame de l\u2019Occupation et par les cons\u00e9quences humaines durables pour les r\u00e9sistants et les civils arr\u00eat\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-1f448e3f5bf7f7db2b2aa92667a4847f\" style=\"color:#5a4632\"><strong>XIV. La d\u00e9portation : donn\u00e9es, dynamiques et interpr\u00e9tations<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les donn\u00e9es relatives \u00e0 la d\u00e9portation dans le d\u00e9partement du Nord, \u00e9tablies en 1960 par la Direction interd\u00e9partementale des Anciens combattants et Victimes de guerre de Lille, constituent un corpus statistique essentiel pour comprendre l\u2019ampleur de la r\u00e9pression exerc\u00e9e contre les r\u00e9sistants et les civils. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon ces chiffres, 5 854 dossiers furent ouverts pour les d\u00e9port\u00e9s et intern\u00e9s de nationalit\u00e9 fran\u00e7aise arr\u00eat\u00e9s dans le d\u00e9partement, dont 2 438 d\u00e9port\u00e9s, parmi lesquels 276 femmes. La lev\u00e9e de forclusion de 1966 entra\u00eena une augmentation marginale de ces chiffres, en int\u00e9grant les personnes qui n\u2019avaient pas sollicit\u00e9 de carte officielle auparavant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019analyse de ces donn\u00e9es permet de replacer les arrestations, internements et d\u00e9portations \u2014 qui ont touch\u00e9 des membres de l\u2019OCM, de l\u2019ORA, des FFI, des FTP et du FN \u2014 dans un cadre plus large, marqu\u00e9 par la violence extr\u00eame de l\u2019Occupation et par les cons\u00e9quences humaines durables pour les populations du Nord.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les causes des arrestations et des d\u00e9portations r\u00e9v\u00e8lent la diversit\u00e9 des pratiques clandestines et des motifs de r\u00e9pression. Les sabotages constituent la premi\u00e8re cause, avec 577 cas, suivis de la propagande anti\u2011allemande (387), de la d\u00e9tention d\u2019armes (323), de l\u2019aide aux alli\u00e9s (190, dont 73 femmes) et de l\u2019espionnage (187). \u00c0 ces motifs s\u2019ajoutent les arrestations pour raisons politiques ou raciales, qui t\u00e9moignent de la dimension id\u00e9ologique et discriminatoire de la r\u00e9pression.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9partition par \u00e2ge montre que les jeunes de 16 \u00e0 25 ans furent les plus touch\u00e9s (720 cas, soit pr\u00e8s de 30 %), suivis des tranches 31\u201140 ans (637) et 41\u201150 ans (628). Cette distribution refl\u00e8te l\u2019implication des jeunes dans les actions clandestines, notamment dans les r\u00e9seaux de liaison, les sabotages et les groupes arm\u00e9s. L\u2019\u00e9volution chronologique indique une intensification de la r\u00e9pression : 932 d\u00e9port\u00e9s en 1944 (janvier \u00e0 ao\u00fbt), 778 en 1943, 437 en 1942, 246 en 1941 et 45 en 1940. Les ann\u00e9es 1943\u20111944 correspondent \u00e0 la mont\u00e9e en puissance des actions clandestines et \u00e0 la mise en place de dispositifs r\u00e9pressifs plus syst\u00e9matiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les taux de survie sont particuli\u00e8rement faibles. Les survivants des ann\u00e9es 1940\u20111941 sont rares, et les pourcentages de retour pour les ann\u00e9es 1942\u20111944 oscillent entre 10 et 25 %. Les camps d\u2019Auschwitz, Gross\u2011Rosen et Flossenb\u00fcrg concentrent la plus forte proportion de d\u00e9c\u00e8s. Les survivants pr\u00e9sentent, dans les ann\u00e9es 1960\u20111970, des s\u00e9quelles graves : affections cardio\u2011vasculaires, troubles neurologiques, pathologies endocriniennes, d\u00e9labrement du syst\u00e8me digestif, polyarthrose, vieillissement pr\u00e9matur\u00e9. Les lois du 6 ao\u00fbt et du 9 septembre 1948 ont reconnu le statut sp\u00e9cifique des d\u00e9port\u00e9s, en soulignant la dimension exceptionnelle des souffrances subies.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019analyse de ces donn\u00e9es montre que la d\u00e9portation constitue un \u00e9l\u00e9ment central de l\u2019histoire de la R\u00e9sistance dans le Nord, en r\u00e9v\u00e9lant l\u2019ampleur de la r\u00e9pression, la diversit\u00e9 des motifs d\u2019arrestation et les cons\u00e9quences physiques et sociales durables pour les survivants. Elle rappelle que la lutte clandestine s\u2019inscrit dans un contexte de violence extr\u00eame, dont les effets se prolongent bien au\u2011del\u00e0 de la Lib\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h2>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"592\" height=\"791\" data-attachment-id=\"26878\" data-permalink=\"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/la-resistance-dans-lavesnois-1939-1944\/image-2750\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-172.png?fit=592%2C791&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"592,791\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"image\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-172.png?fit=592%2C791&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-172.png?resize=592%2C791&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-26878\" style=\"width:406px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-172.png?w=592&amp;ssl=1 592w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-172.png?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 592px) 85vw, 592px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">M\u00e9morial d\u00e9di\u00e9 aux r\u00e9sistants de la seconde guerre mondiale. Landrecies (1946)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La R\u00e9sistance dans l\u2019Avesnois appara\u00eet, \u00e0 la lumi\u00e8re des archives militaires, des t\u00e9moignages locaux et des rapports clandestins, comme un ensemble coh\u00e9rent et remarquablement structur\u00e9. Dans un territoire soumis au statut de zone interdite, plac\u00e9 au c\u0153ur d\u2019enjeux ferroviaires, industriels et frontaliers, les mouvements clandestins ont su d\u00e9velopper des formes d\u2019action compl\u00e9mentaires : renseignement, sabotage, diffusion, \u00e9vasion, organisation militaire, maquis forestiers et comit\u00e9s civils.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La diversit\u00e9 des organisations pr\u00e9sentes \u2014 OCM, ORA, FTPF, FFI, MLN, CDLR, Lib\u00e9ration\u2011Nord, Voix du Nord, Front National, BOA, WO, MOI\u2011PMP, maquis de Mormal et de Mazinghien \u2014 t\u00e9moigne de la vitalit\u00e9 d\u2019un territoire o\u00f9 les initiatives locales ont jou\u00e9 un r\u00f4le essentiel dans la pr\u00e9paration et l\u2019accompagnement de la Lib\u00e9ration. L\u2019Organisation Civile et Militaire (OCM) et l\u2019Organisation de R\u00e9sistance de l\u2019Arm\u00e9e (ORA) occupent une place particuli\u00e8re dans cette dynamique : la richesse des rapports conserv\u00e9s, notamment ceux de Paul Chabloz et de Roger Robert pour l\u2019OCM, ainsi que les documents relatifs au commandant Lehagre, au capitaine Petit et aux cadres militaires de l\u2019ORA, permettent d\u2019en restituer avec pr\u00e9cision la structuration, les responsabilit\u00e9s et les actions. Ces deux mouvements constituent les p\u00f4les les plus document\u00e9s de la R\u00e9sistance dans l\u2019Avesnois, r\u00e9v\u00e9lant la compl\u00e9mentarit\u00e9 entre initiatives civiles et organisation militaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si l\u2019ensemble de ces actions forme un paysage r\u00e9sistant dense et structur\u00e9, il convient de rappeler qu\u2019elles furent men\u00e9es par <strong>un nombre limit\u00e9 d\u2019hommes et de femmes<\/strong>, souvent isol\u00e9s dans leur engagement, parfois en d\u00e9calage avec une population majoritairement pr\u00e9occup\u00e9e par la survie quotidienne et sensible aux discours d\u2019ordre, de stabilit\u00e9 et de protection sociale mis en avant par le r\u00e9gime de Vichy. Cette r\u00e9alit\u00e9 n\u2019att\u00e9nue en rien la port\u00e9e de leur action : elle en souligne au contraire la <strong>force morale<\/strong>, la <strong>lucidit\u00e9<\/strong>, et la <strong>dimension profond\u00e9ment individuelle<\/strong>. Dans un contexte o\u00f9 l\u2019adh\u00e9sion majoritaire \u00e0 l\u2019id\u00e9ologie officielle ou la prudence dict\u00e9e par les circonstances limitaient les engagements clandestins, la d\u00e9termination de ces r\u00e9sistants conf\u00e8re \u00e0 leurs actes une valeur historique et humaine d\u2019autant plus grande.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En septembre 1944, la convergence des forces clandestines, l\u2019engagement des maquis, la mobilisation des comit\u00e9s locaux et l\u2019arriv\u00e9e des troupes alli\u00e9es ont permis de lib\u00e9rer les communes du secteur. L\u2019ensemble de ces actions, men\u00e9es dans des conditions difficiles, rappelle que la R\u00e9sistance dans l\u2019Avesnois fut un effort collectif, patient et d\u00e9termin\u00e9, inscrit dans l\u2019histoire nationale tout en portant la marque des sp\u00e9cificit\u00e9s locales. Elle demeure aujourd\u2019hui un \u00e9l\u00e9ment majeur de la m\u00e9moire du territoire et un t\u00e9moignage de l\u2019importance des engagements individuels et collectifs dans la d\u00e9fense de la libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u2b50 <strong>Bibliographie <\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>1. Archives militaires<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Service historique de la D\u00e9fense (SHD), Vincennes<\/strong> \u2013 Fonds GR 19 P 59 : R\u00e9sistance dans le d\u00e9partement du Nord. \u2003\u2022 GR 19 P 59\/1 : Dossier g\u00e9n\u00e9ral du Nord. \u2003\u2022 GR 19 P 59\/2 : Bureau des Op\u00e9rations A\u00e9riennes (BOA). \u2003\u2022 GR 19 P 59\/3 : Mouvement de Lib\u00e9ration Nationale (MLN). \u2003\u2022 GR 19 P 59\/4 : Forces Fran\u00e7aises de l\u2019Int\u00e9rieur (FFI). \u2003\u2022 GR 19 P 59\/5 : R\u00e9seaux du War Office (WO). \u2003\u2022 GR 19 P 59\/6 : Organisation Civile et Militaire (OCM) \u2013 Secteur de Landrecies ; Maquis de la for\u00eat de Mormal ; 10e, 11e, 12e bataillons FTPF\/FFI. \u2003\u2022 GR 19 P 59\/7 : Francs\u2011Tireurs et Partisans Fran\u00e7ais (FTPF). \u2003\u2022 GR 19 P 59\/8 : R\u00e9seaux belges (Al Belge). \u2003\u2022 GR 19 P 59\/9 : Organisation de R\u00e9sistance de l\u2019Arm\u00e9e (ORA). \u2003\u2022 GR 19 P 59\/10 : Ceux de la R\u00e9sistance (CDLR). \u2003\u2022 GR 19 P 59\/11 : Voix du Nord. \u2003\u2022 GR 19 P 59\/12 : Lib\u00e9ration\u2011Nord. \u2003\u2022 GR 19 P 59\/13 : Front National. \u2003\u2022 GR 19 P 59\/14 : Lib\u00e9ration\u2011Nord (secteur de Cambrai). \u2003\u2022 GR 19 P 59\/15 : FTPF \u2013 10e, 11e, 12e bataillons. \u2003\u2022 GR 19 P 59\/16 : Maquis de Mazinghien. \u2003\u2022 GR 19 P 59\/17 : ORA (mouvement). \u2003\u2022 GR 19 P 59\/18 : CDLR \u2013 Bataillon Courcier. \u2003\u2022 GR 19 P 59\/19 : FTPF \u2013 5e compagnie. \u2003\u2022 GR 19 P 59\/20 : MOI\u2011PMP (immigr\u00e9s polonais). \u2003\u2022 GR 19 P 59\/21 : ORA \u2013 Secteur de Maubeuge. \u2003\u2022 GR 19 P 59\/22 : ORA \u2013 Secteur de la Sambre.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>2. Archives d\u00e9partementales du Nord (ADN)<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Archives d\u00e9partementales du Nord, Lille<\/strong> \u2013 S\u00e9rie M : Administration g\u00e9n\u00e9rale, Seconde Guerre mondiale. \u2013 S\u00e9rie W : Pr\u00e9fecture, gendarmerie, police, dossiers de r\u00e9pression. \u2013 Dossiers municipaux relatifs aux comit\u00e9s locaux de lib\u00e9ration (CLL). \u2013 Rapports de gendarmerie sur les sabotages, parachutages et arrestations. \u2013 Dossiers relatifs au STO, aux r\u00e9quisitions et aux mouvements de population.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>3. T\u00e9moignages et sources locales<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2013 Bavay, Marcel. <em>Des Berlaimontois dans la R\u00e9sistance<\/em>. Manuscrit, t\u00e9moignage local. \u2013 Bavay, Marcel. <em>Le combat de la lib\u00e9ration de Berlaimont<\/em>. T\u00e9moignage manuscrit. \u2013 T\u00e9moignages oraux recueillis aupr\u00e8s des familles de r\u00e9sistants du secteur Avesnois\u2011Sambre. \u2013 Documents priv\u00e9s conserv\u00e9s dans les familles (correspondances, carnets, photographies).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>4. Publications associatives<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Cercle Historique de la Grande Bataille (CHGB)<\/strong> \u2013 Bulletins th\u00e9matiques sur la R\u00e9sistance dans l\u2019Avesnois. \u2013 \u00c9tudes locales sur les mouvements FTPF, OCM, FFI, ORA. \u2013 Dossiers sur les parachutages, les maquis et les actions de sabotage.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>5. Travaux contemporains et \u00e9tudes r\u00e9gionales<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2013 \u00c9tudes universitaires sur la R\u00e9sistance dans le Nord et le Pas\u2011de\u2011Calais. \u2013 Travaux sur les mouvements FTPF, OCM, ORA, MLN, CDLR, Lib\u00e9ration\u2011Nord. \u2013 Publications r\u00e9gionales sur les maquis de Mormal et de Mazinghien. \u2013 Articles de revues sp\u00e9cialis\u00e9es (Revue d\u2019Histoire de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, Vingti\u00e8me Si\u00e8cle, etc.).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Synth\u00e8se fond\u00e9e sur les archives militaires GR 19 P 59, les Archives d\u00e9partementales du Nord, les t\u00e9moignages locaux et les travaux associatifs. Introduction L\u2019Avesnois occupe une place singuli\u00e8re dans l\u2019histoire de la R\u00e9sistance fran\u00e7aise. R\u00e9gion frontali\u00e8re, rurale et industrielle, soumise d\u00e8s 1940 au statut de zone interdite, elle se trouve au c\u0153ur d\u2019un dispositif militaire &hellip; <a href=\"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/la-resistance-dans-lavesnois-1939-1944\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;La R\u00e9sistance dans l&rsquo;Avesnois (1939\u20111944)&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-26835","page","type-page","status-publish","hentry"],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/PaOEkN-6YP","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/26835","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=26835"}],"version-history":[{"count":31,"href":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/26835\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":26879,"href":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/26835\/revisions\/26879"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26835"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}