{"id":27732,"date":"2026-07-23T18:28:38","date_gmt":"2026-07-23T16:28:38","guid":{"rendered":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/?page_id=27732"},"modified":"2026-07-23T19:18:55","modified_gmt":"2026-07-23T17:18:55","slug":"simone-jacques-yahiel-grande-dame-de-lavesnois-1917-2011","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/simone-jacques-yahiel-grande-dame-de-lavesnois-1917-2011\/","title":{"rendered":"Simone Jacques\u2011Yahiel, grande dame de l&rsquo;Avesnois (1917\u20132011)"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em>Matricule 27858 \u2013 Une vie pour danser, r\u00e9sister et transmettre<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Simone Jacques\u2011Yahiel fut l\u2019une des figures les plus discr\u00e8tes et les plus lumineuses de l\u2019Avesnois. Danseuse form\u00e9e en Scandinavie, r\u00e9sistante engag\u00e9e dans le r\u00e9seau Brandy, d\u00e9port\u00e9e \u00e0 Ravensbr\u00fcck puis aux mines de sel de Beendorf, survivante revenue de l\u2019horreur avec 24 kilos et une force int\u00e9rieure intacte, elle consacra ensuite sa vie \u00e0 la danse, \u00e0 la transmission et \u00e0 la m\u00e9moire.<br>Pendant plus de cinquante ans, elle garda le silence sur ce qu\u2019elle avait v\u00e9cu. Puis, \u00e0 partir de 1998, elle devint l\u2019une des grandes voix de la R\u00e9sistance dans l\u2019Avesnois, racontant aux \u00e9l\u00e8ves, aux enseignants et aux associations ce qu\u2019elle avait enfoui depuis si longtemps.<br>Install\u00e9e \u00e0 Bas\u2011Lieu en 1983, elle y v\u00e9cut ses derni\u00e8res ann\u00e9es, entour\u00e9e d\u2019amis, d\u2019anciennes \u00e9l\u00e8ves et de compagnons de m\u00e9moire.<br>Simone Jacques\u2011Yahiel, matricule 27858, laisse derri\u00e8re elle une vie de courage, de gr\u00e2ce et de fid\u00e9lit\u00e9, une vie o\u00f9 la danse, la r\u00e9sistance et la transmission ne cess\u00e8rent jamais de se r\u00e9pondre.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"386\" height=\"490\" data-attachment-id=\"27739\" data-permalink=\"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/simone-jacques-yahiel-grande-dame-de-lavesnois-1917-2011\/capture-1152\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Capture-4.jpg?fit=386%2C490&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"386,490\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;CARRE&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1784833347&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"Capture\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Capture-4.jpg?fit=386%2C490&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Capture-4.jpg?resize=386%2C490&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-27739\" style=\"aspect-ratio:0.78776090806166;width:470px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Capture-4.jpg?w=386&amp;ssl=1 386w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/Capture-4.jpg?resize=236%2C300&amp;ssl=1 236w\" sizes=\"auto, (max-width: 386px) 85vw, 386px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Simone Jacques\u2011Yahiel jeune, avant la R\u00e9sistance et la d\u00e9portation. Le visage d\u2019une vie qui n\u2019a pas encore bascul\u00e9.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>I. Origines et enfance : la danse comme h\u00e9ritage familial<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Simonne Doroth\u00e9e Yahiel na\u00eet le <strong>18 novembre 1917<\/strong>, au <strong>1 boulevard du Temple<\/strong>, dans le 3\u1d49 arrondissement de Paris. Elle grandit dans une famille o\u00f9 la danse est une tradition profond\u00e9ment ancr\u00e9e. Sa m\u00e8re, <strong>Alice Van Goethem<\/strong>, originaire de Crespin, fut petit rat \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra d\u2019Anvers. Ses grandes tantes, <strong>Charlotte<\/strong>, professeur \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Paris, et <strong>Marie<\/strong>, mod\u00e8le du peintre <strong>Edgar Degas<\/strong>, incarnent un h\u00e9ritage artistique exceptionnel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tr\u00e8s jeune, Simone apprend la danse. Elle y trouve une discipline, une gr\u00e2ce, une force int\u00e9rieure. Cet art deviendra son refuge, son langage, sa vocation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>II. Une adolescence entre la France, la Suisse et la Scandinavie<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La crise des ann\u00e9es 1930 oblige la famille \u00e0 quitter la France. Simone passe son adolescence en <strong>Suisse<\/strong>, en <strong>Belgique<\/strong>, au <strong>Danemark<\/strong>, en <strong>Su\u00e8de<\/strong> et en <strong>Finlande<\/strong>. C\u2019est \u00e0 <strong>Helsinki<\/strong>, \u00e0 l\u2019op\u00e9ra de la capitale, qu\u2019elle perfectionne son art, suivant les traces de sa m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette p\u00e9riode lumineuse, faite de voyages, de d\u00e9couvertes et de danse, sera bient\u00f4t balay\u00e9e par la mont\u00e9e des p\u00e9rils en Europe.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>III. Lyon : la danse professionnelle et les premi\u00e8res ombres<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La famille rentre en France et se r\u00e9fugie \u00e0 <strong>Lyon<\/strong>, en zone libre. Simone reprend la danse et devient <strong>danseuse professionnelle<\/strong>, touchant ses premiers salaires, construisant un avenir prometteur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais dans l\u2019ombre des salles de spectacle, une autre vie commence : celle de la R\u00e9sistance.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>IV. R\u00e9sister en famille : le r\u00e9seau Brandy<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s 1940, la famille Yahiel s\u2019engage dans la R\u00e9sistance, au sein du <strong>r\u00e9seau Brandy<\/strong>, aux c\u00f4t\u00e9s du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle. Son fr\u00e8re <strong>Maurice<\/strong> en devient l\u2019un des piliers. Ses parents accueillent des parachutistes, h\u00e9bergent des soldats anglais, fabriquent de faux papiers. Tous renseignent le <strong>BCRA<\/strong>, le service de renseignement de la France libre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Simone devient une <strong>\u00ab hirondelle \u00bb<\/strong>. Avec sa bicyclette, elle transporte des messages dans les traboules de Lyon. Profitant de ses s\u00e9jours \u00e0 Paris pour la danse, elle transmet des renseignements.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>V. Arrestation et prisons : Montluc, Fresnes, Compi\u00e8gne<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <strong>27 juin 1943<\/strong>, Simone est arr\u00eat\u00e9e en gare de Lyon. Le <strong>23 juillet<\/strong>, sa m\u00e8re est arr\u00eat\u00e9e \u00e0 son tour. Elles sont enferm\u00e9es au <strong>Fort de Montluc<\/strong>, puis transf\u00e9r\u00e9es \u00e0 <strong>Fresnes<\/strong> jusqu\u2019en janvier 1944.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Fresnes, Simone rencontre <strong>Genevi\u00e8ve de Gaulle<\/strong>, ni\u00e8ce du g\u00e9n\u00e9ral, et <strong>l\u2019abb\u00e9 Franz Stock<\/strong>, aum\u00f4nier allemand des prisons parisiennes. Issue d\u2019une famille juive d\u2019Istanbul ayant perdu toute pratique religieuse, Simone n\u2019a re\u00e7u aucune \u00e9ducation religieuse. L\u2019abb\u00e9 Stock l\u2019accompagne, l\u2019\u00e9coute, la guide. Elle re\u00e7oit le <strong>bapt\u00eame \u00e0 Fresnes<\/strong>, juste avant son d\u00e9part pour Ravensbr\u00fcck.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En janvier 1944, Simone et sa m\u00e8re sont transf\u00e9r\u00e9es \u00e0 <strong>Compi\u00e8gne<\/strong>, puis d\u00e9port\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>VI. D\u00e9portation : Ravensbr\u00fcck et Beendorf<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <strong>2 f\u00e9vrier 1944<\/strong>, Simone, sa m\u00e8re et pr\u00e8s de mille femmes sont d\u00e9port\u00e9es \u00e0 <strong>Ravensbr\u00fcck<\/strong>. Simone devient le <strong>matricule 27858<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle re\u00e7oit une robe ray\u00e9e trop grande, marqu\u00e9e d\u2019un <strong>triangle rouge<\/strong>, celui des prisonniers politiques. Elle endure les appels interminables, le froid, les ex\u00e9cutions, les travaux forc\u00e9s. Un jour, un rire nerveux manque de lui co\u00fbter la vie lorsqu\u2019une kapo l\u00e2che un chien sur elle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle \u00e9chappe \u00e0 une s\u00e9lection d\u2019officiers gr\u00e2ce \u00e0 un transfert vers les <strong>mines de sel de Beendorf<\/strong>, o\u00f9 les conditions sont encore plus terribles. Elle y sabote des pi\u00e8ces destin\u00e9es \u00e0 l\u2019aviation allemande. Sa m\u00e8re manque d\u2019y mourir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elles sont lib\u00e9r\u00e9es le <strong>1er mai 1945<\/strong>, \u00e0 Hambourg. Simone p\u00e8se <strong>24 kilos<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>VII. Une famille bris\u00e9e par la guerre<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La guerre d\u00e9truit la famille Yahiel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son p\u00e8re meurt \u00e0 <strong>Buchenwald<\/strong>. Son fr\u00e8re <strong>Maurice<\/strong> dispara\u00eet au <strong>camp de Dora<\/strong>. Son fr\u00e8re <strong>Georges<\/strong> revient de <strong>Buchenwald<\/strong>, bris\u00e9 mais vivant. Son fr\u00e8re <strong>Ren\u00e9<\/strong> est lib\u00e9r\u00e9 en 1945. Sa m\u00e8re survit, mais profond\u00e9ment marqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De six, ils ne seront plus que quatre. Cette plaie ne se refermera jamais.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>VIII. Se reconstruire par la danse<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la guerre, Simone mettra <strong>cinq ans<\/strong> \u00e0 se reconstruire. La danse professionnelle est d\u00e9sormais impossible. Mais la danse reste son chemin de vie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1950, elle devient <strong>professeure de danse \u00e0 Bruxelles<\/strong>, puis \u00e0 <strong>Maubeuge<\/strong> et <strong>Avesnes<\/strong>. Avec sa m\u00e8re, elle anime <strong>onze \u00e9coles de danse<\/strong>, en Belgique et en France.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En <strong>1983<\/strong>, elle s\u2019installe d\u00e9finitivement \u00e0 <strong>Bas\u2011Lieu<\/strong>, rue de la Brasserie.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>IX. Une pr\u00e9sence discr\u00e8te mais essentielle dans l\u2019Avesnois<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant pr\u00e8s de trente ans, Simone Jacques\u2011Yahiel fut une figure famili\u00e8re de l\u2019Avesnois. Sa silhouette fine, toujours v\u00eatue de noir, \u00e9tait indissociable des c\u00e9r\u00e9monies de la <strong>Journ\u00e9e de la D\u00e9portation<\/strong>. On la voyait \u00e0 Avesnes-sur-Helpe, puis \u00e0 Bachant, aux c\u00f4t\u00e9s de <strong>Valentin Pilarski<\/strong>, fid\u00e8le \u00e0 la m\u00e9moire du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle ne manquait jamais ces rendez-vous. Pour elle, la m\u00e9moire n\u2019\u00e9tait pas un devoir abstrait : c\u2019\u00e9tait une fid\u00e9lit\u00e9 aux siens, \u00e0 ses fr\u00e8res disparus, \u00e0 ses compagnes de Ravensbr\u00fcck, \u00e0 ses camarades de Beendorf.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle disait souvent que l\u2019essentiel de la vie tenait en quelques mots transmis par ses parents : <strong>\u00ab Savoir se sacrifier par amour, pour la libert\u00e9 et la fraternit\u00e9. \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>X. Le silence, puis la parole retrouv\u00e9e<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant plus de cinquante ans, Simone Jacques garde le silence. La douleur est trop grande, les souvenirs trop lourds.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En <strong>1998<\/strong>, un professeur d\u2019histoire du lyc\u00e9e d\u2019Avesnes l\u2019encourage \u00e0 t\u00e9moigner. Elle accepte. Ce sera un tournant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle raconte alors son histoire \u00e0 des centaines d\u2019\u00e9l\u00e8ves. Elle devient une <strong>passeuse de m\u00e9moire<\/strong>, avec une douceur et une pr\u00e9cision qui marquent profond\u00e9ment ceux qui l\u2019\u00e9coutent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle accompagne les laur\u00e9ats du <strong>Concours de la R\u00e9sistance et de la D\u00e9portation<\/strong> \u00e0 la pr\u00e9fecture de Lille pendant dix ans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle aimait dire : <strong>\u00ab L\u2019Histoire est faite de belles histoires mais aussi de sombres p\u00e9riodes. Nous nous devons de tout transmettre. \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>XI. Une vie d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la danse<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parall\u00e8lement, Simone Jacques continue d\u2019enseigner la danse. Son \u00e9cole d\u2019Avesnes est un \u00e9v\u00e9nement annuel de la vie locale, r\u00e9unissant des g\u00e9n\u00e9rations de danseuses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La danse, pour elle, n\u2019est pas un art : c\u2019est une reconstruction, une respiration, une mani\u00e8re de rendre la vie plus belle apr\u00e8s l\u2019horreur.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>XII. Derni\u00e8res ann\u00e9es et disparition<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Doyenne de Bas\u2011Lieu, elle re\u00e7oit en <strong>2010<\/strong> le <strong>dipl\u00f4me des combattants de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise<\/strong>. Elle intervient encore au club Agora de Sains\u2011du\u2011Nord : ce sera sa derni\u00e8re apparition publique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle pr\u00e9pare un livre, <strong>Ma raison d\u2019\u00eatre<\/strong>, qui devait \u00eatre imprim\u00e9 chez L\u2019Harmattan. Elle en parle encore la veille de sa mort avec un professeur du Cateau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Simone Jacques\u2011Yahiel s\u2019\u00e9teint le <strong>5 novembre 2011<\/strong>, \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Maubeuge. Elle allait avoir 94 ans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ses obs\u00e8ques ont lieu \u00e0 <strong>Saint\u2011Hilaire<\/strong>, dans la stricte intimit\u00e9, selon sa volont\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle rejoint alors ceux qu\u2019elle appelait <strong>\u00ab ses fr\u00e8res d\u2019armes \u00bb<\/strong> et <strong>\u00ab ses compagnes \u00bb<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>XIII. <\/strong><em><strong>Ma raison d\u2019\u00eatre<\/strong><\/em><strong> : un t\u00e9moignage pour ne jamais oublier<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 la fin de sa vie, Simone Jacques\u2011Yahiel entreprend de rassembler ses souvenirs dans un ouvrage intitul\u00e9 <strong>Ma raison d\u2019\u00eatre<\/strong>. Ce livre est un hommage \u00e0 sa famille, \u00e0 la danse, \u00e0 la R\u00e9sistance, \u00e0 la foi, et \u00e0 ceux qui l\u2019ont aid\u00e9e \u00e0 survivre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle y \u00e9voque ses <strong>bienfaiteurs<\/strong> : l\u2019abb\u00e9 <strong>Franz Stock<\/strong>, les p\u00e8res <strong>Fischer<\/strong>, <strong>Loslever<\/strong>, et <strong>Dominique Pire<\/strong>, prix Nobel de la paix en 1958.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle y raconte sa jeunesse heureuse, son parcours entre la France, la Belgique et la Scandinavie, son engagement dans le r\u00e9seau Brandy, sa d\u00e9portation, sa reconstruction, sa rencontre avec le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle, et sa carri\u00e8re de professeure de danse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle y raconte aussi ses rencontres avec les \u00e9l\u00e8ves, les coll\u00e9giens, les lyc\u00e9ens, les personnes \u00e2g\u00e9es, \u00e0 qui elle transmet inlassablement un message simple : <strong>bannir la haine, source de tous les conflits.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son t\u00e9moignage r\u00e9v\u00e8le ce qu\u2019elle appelait <strong>\u00ab le sublime \u00bb dans un monde inhumain<\/strong>, une lumi\u00e8re qui subsiste m\u00eame dans les t\u00e9n\u00e8bres.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>XIV. Une vie racont\u00e9e et \u00e9tudi\u00e9e : la m\u00e9moire selon L\u2019Observateur<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2025, <em>L\u2019Observateur de l\u2019Avesnois<\/em> rappelle que la vie de Simone Jacques\u2011Yahiel est aujourd\u2019hui \u00e9tudi\u00e9e, transmise et document\u00e9e, notamment gr\u00e2ce au travail de <strong>Marie\u2011Fran\u00e7oise Potier\u2011Talon<\/strong>, publi\u00e9 dans le tome 42 des <em>M\u00e9moires de la SAHAA<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le journal souligne la double vie de Simone : celle d\u2019une danseuse qui, un an avant son arrestation, portait encore tutu et chaussons de satin sur sc\u00e8ne, et celle d\u2019une r\u00e9sistante qui transportait des messages, renseignait le r\u00e9seau Brandy, et participait \u00e0 la lutte clandestine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette synth\u00e8se moderne rappelle que Simone Jacques\u2011Yahiel est devenue, apr\u00e8s la guerre, une professeure de danse renomm\u00e9e, ouvrant des \u00e9coles en Belgique et dans le Nord, et qu\u2019elle a consacr\u00e9 les derni\u00e8res d\u00e9cennies de sa vie \u00e0 transmettre la m\u00e9moire de la R\u00e9sistance et de la D\u00e9portation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>XV. Un hommage durable : l\u2019EHPAD R\u00e9sidence Simone Jacques<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Avesnes\u2011sur\u2011Helpe, l\u2019EHPAD porte aujourd\u2019hui son nom : <strong>R\u00e9sidence Simone Jacques<\/strong>. Ce choix n\u2019est pas anodin. Il t\u00e9moigne de la reconnaissance de tout un territoire envers celle qui fut \u00e0 la fois danseuse, r\u00e9sistante, d\u00e9port\u00e9e, survivante et passeuse de m\u00e9moire. En donnant son nom \u00e0 une maison de retraite, l\u2019Avesnois a voulu inscrire son souvenir dans la vie quotidienne, au c\u0153ur m\u00eame de la ville o\u00f9 elle enseigna, t\u00e9moigna et v\u00e9cut ses derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La R\u00e9sidence Simone Jacques est ainsi devenue un lieu de m\u00e9moire silencieux, un hommage discret mais profond \u00e0 une femme dont la vie fut un exemple de courage, de dignit\u00e9 et de transmission.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>XVI. Une figure f\u00e9minine majeure de l\u2019Avesnois <\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Simone Jacques\u2011Yahiel demeure l\u2019une des grandes dames de l\u2019Avesnois, une pr\u00e9sence discr\u00e8te mais essentielle dont la vie continue d\u2019\u00e9clairer notre territoire. Danseuse form\u00e9e en Scandinavie, r\u00e9sistante engag\u00e9e dans le r\u00e9seau Brandy, d\u00e9port\u00e9e \u00e0 Ravensbr\u00fcck puis aux mines de sel de Beendorf, survivante revenue de l\u2019horreur avec une force int\u00e9rieure intacte, elle a su transformer la souffrance en lumi\u00e8re et la m\u00e9moire en h\u00e9ritage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son parcours, fait de courage, de dignit\u00e9 et de fid\u00e9lit\u00e9, incarne ce que l\u2019Avesnois compte de plus pr\u00e9cieux : la capacit\u00e9 de se relever, de transmettre et de croire encore en la beaut\u00e9 du monde. Pendant plus de cinquante ans, elle garda le silence sur ce qu\u2019elle avait v\u00e9cu. Puis, lorsqu\u2019elle accepta de t\u00e9moigner, elle devint l\u2019une des voix les plus marquantes de la r\u00e9gion, parlant aux \u00e9l\u00e8ves, aux enseignants, aux associations, avec une douceur et une pr\u00e9cision qui touchaient profond\u00e9ment.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Simone Jacques\u2011Yahiel a \u00e9galement marqu\u00e9 la vie culturelle locale. Ses \u00e9coles de danse, ses spectacles, son exigence bienveillante ont form\u00e9 des g\u00e9n\u00e9rations de danseuses dans l\u2019Avesnois, \u00e0 Maubeuge, \u00e0 Avesnes, en Belgique. Pour beaucoup, elle fut une ma\u00eetresse de danse, une \u00e9ducatrice, une pr\u00e9sence lumineuse qui donnait confiance et go\u00fbt de l\u2019effort.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sa silhouette fine, toujours v\u00eatue de noir, \u00e9tait indissociable des c\u00e9r\u00e9monies de la Journ\u00e9e de la D\u00e9portation. Elle ne manquait jamais ces rendez-vous, fid\u00e8le \u00e0 ses compagnes de Ravensbr\u00fcck, \u00e0 ses camarades de Beendorf, \u00e0 ses fr\u00e8res disparus. Elle portait la m\u00e9moire comme on porte une flamme : sans bruit, sans emphase, mais avec une fid\u00e9lit\u00e9 absolue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui, son nom vit dans l\u2019Avesnois. Il vit dans les souvenirs de ses \u00e9l\u00e8ves. Il vit dans les \u00e9coles o\u00f9 elle a t\u00e9moign\u00e9. Il vit dans les c\u00e9r\u00e9monies o\u00f9 elle se tenait droite, malgr\u00e9 les ann\u00e9es. Il vit dans l\u2019EHPAD d\u2019Avesnes-sur-Helpe qui porte son nom. Il vit dans les pages de son livre <em>Ma raison d\u2019\u00eatre<\/em>. Il vit dans la m\u00e9moire de ceux qui l\u2019ont connue.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"259\" height=\"335\" data-attachment-id=\"27740\" data-permalink=\"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/simone-jacques-yahiel-grande-dame-de-lavesnois-1917-2011\/image-3067\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-486.png?fit=259%2C335&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"259,335\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;,&quot;alt&quot;:&quot;&quot;}\" data-image-title=\"image\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-486.png?fit=259%2C335&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-486.png?resize=259%2C335&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-27740\" style=\"aspect-ratio:0.7731445950939427;width:479px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-486.png?w=259&amp;ssl=1 259w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-486.png?resize=232%2C300&amp;ssl=1 232w\" sizes=\"auto, (max-width: 259px) 85vw, 259px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Simone Jacques\u2011Yahiel lors d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie de m\u00e9moire, recevant des fleurs. Une image de reconnaissance, de dignit\u00e9 et de fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 ses compagnes de d\u00e9portation. Photo Patrimoine du doyenn\u00e9 de l&rsquo;Avesnois<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Simone Jacques\u2011Yahiel laisse une empreinte profonde, une lumi\u00e8re discr\u00e8te mais essentielle, et un t\u00e9moignage qui ne doit jamais s\u2019effacer. Elle appartient d\u00e9sormais \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019Avesnois, \u00e0 celle de la R\u00e9sistance, et \u00e0 la grande famille des t\u00e9moins dont la parole \u00e9claire les g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle est, et restera, <strong>l\u2019une des grandes dames de l\u2019Avesnois<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Matricule 27858 \u2013 Une vie pour danser, r\u00e9sister et transmettre Simone Jacques\u2011Yahiel fut l\u2019une des figures les plus discr\u00e8tes et les plus lumineuses de l\u2019Avesnois. 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