{"id":9241,"date":"2020-02-27T16:03:34","date_gmt":"2020-02-27T15:03:34","guid":{"rendered":"http:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/?page_id=9241"},"modified":"2026-06-28T19:14:07","modified_gmt":"2026-06-28T17:14:07","slug":"les-villes-fortifiees-de-lavesnois","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/les-villes-fortifiees-de-lavesnois\/","title":{"rendered":"Les villes fortifi\u00e9es de l&rsquo;Avesnois"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-bright-blue-color has-text-color has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Le Quesnoy<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Quesnoy occupe une place singuli\u00e8re dans l\u2019histoire militaire du nord de la France. Fond\u00e9e au Moyen \u00c2ge, la ville n\u2019a cess\u00e9 d\u2019adapter ses d\u00e9fenses aux \u00e9volutions de la guerre, passant d\u2019une enceinte m\u00e9di\u00e9vale flanqu\u00e9e de tours \u00e0 un remarquable syst\u00e8me bastionn\u00e9 perfectionn\u00e9 par les ing\u00e9nieurs espagnols puis par Vauban. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019absence de d\u00e9mant\u00e8lement au XIX\u1d49 si\u00e8cle, ses remparts forment aujourd\u2019hui l\u2019un des ensembles fortifi\u00e9s les mieux conserv\u00e9s d\u2019Europe. Bastions, courtines, foss\u00e9s inondables et ouvrages avanc\u00e9s composent un paysage unique, o\u00f9 se lisent encore huit si\u00e8cles de transformations, de si\u00e8ges et de reconstructions. Explorer les fortifications du Quesnoy, c\u2019est parcourir un v\u00e9ritable livre d\u2019histoire \u00e0 ciel ouvert, o\u00f9 chaque pierre raconte la d\u00e9fense d\u2019un territoire et l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 des hommes qui l\u2019ont fa\u00e7onn\u00e9.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"4032\" height=\"3024\" data-attachment-id=\"9243\" data-permalink=\"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/les-villes-fortifiees-de-lavesnois\/img_7027\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7027.jpg?fit=4032%2C3024&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"4032,3024\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;2.2&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;iPhone SE&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1582815728&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;4.15&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;200&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.03030303030303&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"IMG_7027\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7027.jpg?fit=840%2C630&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7027.jpg?fit=840%2C630\" alt=\"\" class=\"wp-image-9243\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7027.jpg?w=4032&amp;ssl=1 4032w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7027.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7027.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7027.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7027.jpg?resize=1200%2C900&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7027.jpg?w=1680 1680w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7027.jpg?w=2520 2520w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Les remparts de Le Quesnoy<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Quesnoy peut s\u2019enorgueillir d\u2019\u00eatre aujourd\u2019hui la deuxi\u00e8me ville de France apr\u00e8s Carcassonne \u00e0 avoir conserv\u00e9 ses fortifications en si bon \u00e9tat. Vue du ciel elle affiche clairement son statut de ville fortifi\u00e9e : : un octogone bastionn\u00e9 presque intact, entour\u00e9 de foss\u00e9s et d\u2019ouvrages avanc\u00e9s, t\u00e9moignant de huit si\u00e8cles d\u2019histoire militaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ses bastions recouverts de verdure se d\u00e9tachent nettement dans la partie sud de la ville. De cinq sous Charles Quint, ils passent \u00e0 huit sous Vauban, qui transforme profond\u00e9ment la place entre 1668 et 1673. L\u2019ing\u00e9nieur revient plusieurs fois sur le chantier pour s\u2019assurer de la qualit\u00e9 des travaux, perfectionnant notamment le syst\u00e8me d\u2019inondation aliment\u00e9 par les eaux de Mormal et du canal de l\u2019\u00c9caillon. Le Quesnoy devient alors une place forte de premier plan dans le Pr\u00e9 Carr\u00e9, la double ligne de d\u00e9fense destin\u00e9e \u00e0 prot\u00e9ger le royaume.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Deux promenades, \u00ab la promenade du bastion Vert et des N\u00e9o-z\u00e9landais \u00bb et \u00ab la promenade des bastions imp\u00e9riaux\u00bb, au d\u00e9part de la Porte du Fauroeulx et de l&rsquo;office du tourisme&nbsp; permettent de d\u00e9couvrir les principaux points d&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cette ville fortifi\u00e9e : les bastions du Gard, Imp\u00e9rial, Royal et C\u00e9sar, ainsi que tous les autres ouvrages : contre-garde, demi-lune ou tenaille \u2014qui compl\u00e8tent le dispositif d\u00e9fensif.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Porte du Fauroeulx ne date pas de Vauban, mais a \u00e9t\u00e9 r\u00e9am\u00e9nag\u00e9e en 1857 pour faciliter la circulation. Une seconde porte, dite de Valenciennes, s\u2019ouvre au nord de la ville. En parcourant les remparts, on d\u00e9couvre le haut mur de la courtine entre le bastion Vert et le demi\u2011bastion du Ch\u00e2teau, o\u00f9 l\u2019on peut observer les boutis permettant de maintenir plusieurs \u00e9paisseurs de briques. Derri\u00e8re ce demi\u2011bastion se trouvait autrefois le ch\u00e2teau \u00e9difi\u00e9 par Baudouin IV au XII\u1d49 si\u00e8cle, rappelant les origines m\u00e9di\u00e9vales de la place.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La promenade se poursuit le long d\u2019une nouvelle courtine vers le bastion du Gard, o\u00f9 un jardin a \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9. \u00c0 quinze m\u00e8tres de hauteur, depuis le parapet accessible par une poterne, appara\u00eet une lagune aliment\u00e9e par l\u2019\u00e9tang du Pont Rouge, dernier vestige des quatre \u00e9tangs qui entouraient autrefois la ville. Les galeries de contre\u2011garde, le bastion Royal au nord\u2011est et de nombreux ouvrages avanc\u00e9s compl\u00e8tent ce patrimoine exceptionnel, l\u2019un des mieux conserv\u00e9s d\u2019Europe.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><strong>\u00c9tapes de la fortification<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>XII\u1d49\u2013XIV\u1d49 si\u00e8cles : les origines hainuy\u00e8res<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Fond\u00e9s vers 1150\u20111160, le ch\u00e2teau et la ville occupent un site strat\u00e9gique entre Valenciennes, Mons et Avesnes. D\u00e8s cette \u00e9poque, l\u2019eau joue un r\u00f4le essentiel : foss\u00e9s, \u00e9tangs et mar\u00e9cages constituent une premi\u00e8re ligne de d\u00e9fense. En 1184, Baudouin V incendie la ville pour emp\u00eacher le comte de Flandre de s\u2019y retrancher, preuve de l\u2019importance militaire du lieu.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>XIV\u1d49\u2013XV\u1d49 si\u00e8cles : l\u2019enceinte bourguignonne<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Entre 1370 et 1412, une vaste enceinte urbaine est construite. Longue de 2200 m\u00e8tres et flanqu\u00e9e d\u2019une trentaine de tours, elle fait du Quesnoy une place forte majeure du comt\u00e9 de Hainaut. Le ch\u00e2teau devient \u00e9galement un lieu de r\u00e9sidence appr\u00e9ci\u00e9 des ducs de Bourgogne.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>1534\u20131649 : modernisation espagnole<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Charles Quint entreprend une transformation radicale : l\u2019enceinte m\u00e9di\u00e9vale est int\u00e9gr\u00e9e dans un syst\u00e8me bastionn\u00e9 moderne, con\u00e7u par Frate da Modena. Cinq bastions (bastion imp\u00e9rial ou de Bauet, bastion Forest ou Vert, bastion Soyez ou du Mayeur, bastion C\u00e9sar, bastion du Moulin ou du Gard) sont \u00e9difi\u00e9s, parmi les premiers du genre dans la r\u00e9gion. Au XVII\u1d49 si\u00e8cle, les ing\u00e9nieurs espagnols de Philippe IV, dont le lillois Govaert Blom ajoutent des ouvrages avanc\u00e9s pour renforcer la d\u00e9fense. <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>1667\u20131686 : Vauban et la fortification fran\u00e7aise<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la conqu\u00eate fran\u00e7aise, Vauban perfectionne l\u2019ensemble : le Quesnoy devient un octogone bastionn\u00e9 dot\u00e9 de foss\u00e9s inondables. Quatre bastions sont repris de l\u2019\u00e9poque espagnole (Forest, Imp\u00e9rial, C\u00e9sar, Soyez), quatre autres sont construits ou remani\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque de Louis XIV : bastion royal (1668), demi-bastion du Ch\u00e2teau (1671), bastion du Gard nouveau et bastion Saint-Martin de pair avec l\u2019am\u00e9nagement de la demi-lune des Suisses. Le syst\u00e8me hydraulique, aliment\u00e9 par Mormal et l\u2019\u00c9caillon, devient l\u2019un des plus efficaces du royaume.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">XVIII\u1d49 si\u00e8cle : ouvrages avanc\u00e9s et perfectionnements<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant sa mort en 1732, le gouverneur Valory insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 de renforcer la place. La contregarde du bastion du Gard (1732\u20111735) achev\u00e9e sous la direction de l\u2019ing\u00e9nieur Le Virloys et l\u2019ouvrage \u00e0 corne du faubourg Fauroeulx am\u00e9nag\u00e9 au milieu des \u00e9tangs au sud-ouest de la ville (\u00e0 partir de 1738) compl\u00e8tent la d\u00e9fense sud, traditionnellement plus vuln\u00e9rable.   <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">XIX\u1d49 si\u00e8cle : modernisation, d\u00e9classement et survie<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Face aux progr\u00e8s de l\u2019artillerie, plusieurs projets de modernisation sont propos\u00e9s.  En 1833-1834, des cavaliers sont am\u00e9nag\u00e9s sur le bastion C\u00e9sar et le bastion Soyez en m\u00eame temps qu\u2019on \u00e9rige la caserne Lowendal en arri\u00e8re du bastion Royal. Au sud, trois ouvrages avanc\u00e9s couvrant le demi-bastion du Ch\u00e2teau sont supprim\u00e9s et remplac\u00e9s \u00e0 partir de 1845 par un ouvrage unique beaucoup plus grand. Ce sera le dernier ouvrage fortifi\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 au Quesnoy car, deux ans plus tard, en juin 1867, la place est d\u00e9class\u00e9e. Reclass\u00e9e en 1878 dans le syst\u00e8me S\u00e9r\u00e9 de Rivi\u00e8res, certains am\u00e9nagements y sont alors apport\u00e9s comme la construction de nombreux abris-traverses, d\u2019un t\u00e9l\u00e9graphe optique dans le cavalier du bastion C\u00e9sar et d\u2019une caserne souterraine de si\u00e8ge dans le bastion Royal en 1881. La place est finalement d\u00e9class\u00e9e d\u00e9finitivement en 1901 \u2014 mais <strong>elle n\u2019est jamais d\u00e9mantel\u00e9e<\/strong>, ce qui explique son \u00e9tat exceptionnel aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Source : CAUE du Nord \u2013 Mars 2006 <a href=\"https:\/\/observatoirecitoyen.urcaue-hautsdefrance.fr\/fr\/portail\/640\/mediatheque\/5076\/carnet-de-ville-du-quesnoy-septentrion-2006.html\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/observatoirecitoyen.urcaue-hautsdefrance.fr\/fr\/portail\/640\/mediatheque\/5076\/carnet-de-ville-du-quesnoy-septentrion-2006.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Carnet de ville du Quesnoy Septentrion 2006<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 travers ces si\u00e8cles de transformations, d\u2019adaptations et de reconstructions, les remparts du Quesnoy r\u00e9v\u00e8lent une histoire d\u2019une rare continuit\u00e9, o\u00f9 chaque \u00e9poque a laiss\u00e9 son empreinte sans effacer les pr\u00e9c\u00e9dentes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les fortifications du Quesnoy, patiemment fa\u00e7onn\u00e9es du Moyen \u00c2ge au XIX\u1d49 si\u00e8cle, offrent aujourd\u2019hui un ensemble exceptionnellement pr\u00e9serv\u00e9 qui t\u00e9moigne de huit si\u00e8cles d\u2019histoire militaire. Bastions, courtines, ouvrages avanc\u00e9s et galeries souterraines composent un paysage unique o\u00f9 se lisent encore les choix strat\u00e9giques des souverains, des ing\u00e9nieurs et des gouverneurs qui ont fa\u00e7onn\u00e9 la ville. Pr\u00e9serv\u00e9 des d\u00e9mant\u00e8lements qui ont touch\u00e9 tant d\u2019autres places fortes, Le Quesnoy demeure un v\u00e9ritable livre de pierre, ouvert sur le pass\u00e9 et offert \u00e0 la d\u00e9couverte. Ses remparts, devenus lieux de promenade et de m\u00e9moire, rappellent la place essentielle qu\u2019occupa la cit\u00e9 dans la d\u00e9fense du royaume et dans l\u2019histoire du Hainaut.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\"><span style=\"color:#007acc\" class=\"tadv-color\">Landrecies<\/span><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www2.culture.gouv.fr\/Wave\/image\/memoire\/0826\/sap01_tcf06288_p.jpg?resize=840%2C640\" alt=\"\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les fortifications m\u00e9di\u00e9vales<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Les fortifications de Landrecies sont li\u00e9es \u00e0 la pr\u00e9sence des seigneurs d&rsquo;Avesnes.<br>Le site de Landrecies, travers\u00e9 par la Sambre, constituait un point fort, passage oblig\u00e9 de routes mettant en communication l&rsquo;Avesnois avec le Cambr\u00e9sis et le Vermandois. Aussi, d\u00e8s la fin du XI e si\u00e8cle, fut \u00e9rig\u00e9 sur la rive gauche de la Sambre un donjon carr\u00e9 entour\u00e9 d&rsquo;eau, connu sous le nom de vieille tour<br>des Etoquies. Cette derni\u00e8re contr\u00f4lait, \u00e0 la corne de la for\u00eat de Mormal, le franchissement de la rivi\u00e8re ainsi que la circulation en aval de Landrecies sur la route qui reliait les r\u00e9gions de la Thi\u00e9rache du Nord et de la Haute Sambre \u00e0 celle de la Sambre moyenne.<br>Une seconde \u00e9tape fut franchie vers le milieu XII e si\u00e8cle pour doter le fief de fortifications castrales p\u00e9riph\u00e9riques \u00e0 Tr\u00e9lon, Sassogne et Landrecies.<br>&#8211; Entre la Sambre et l&rsquo;\u00e9glise paroissiale fut \u00e9difi\u00e9 un castrum de plan carr\u00e9 de 80 \u00e0 90 m environ de c\u00f4t\u00e9. Les courtines du castrum se d\u00e9veloppaient sur 80 m environ de longueur. Elles \u00e9taient renforc\u00e9es aux angles par des tours rondes en forte saillie, \u00e0 parois fortement talut\u00e9es, perc\u00e9es de longues et fines arch\u00e8res. Le flanc nord poss\u00e9dait une tour suppl\u00e9mentaire occupant le milieu de la muraille. De ces tours, une seule, celle qui occupait l&rsquo;angle sud-est du castrum subsiste.<br>&#8211; La ville basse formait \u00e0 l&rsquo;origine la basse cour du ch\u00e2teau et poss\u00e9dait pour unique moyen de d\u00e9fense un foss\u00e9 noy\u00e9 par les eaux de la Sambre.<br>&#8211; La ville haute comprenait une partie intens\u00e9ment b\u00e2tie qui s&rsquo;\u00e9tendait \u00e0 l&rsquo;est du ch\u00e2teau, formant un espace carr\u00e9 de 90 m de c\u00f4t\u00e9 et une partie plus verdoyante et plus \u00e9troite de 60 m environ de largeur. Tr\u00e8s vraisemblablement, l&rsquo;agglom\u00e9ration n&rsquo;\u00e9tait prot\u00e9g\u00e9e \u00e0 l&rsquo;origine que par un tr\u00e8s large foss\u00e9, de 23 \u00e0<br>25 m de largeur.<br>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;au tout d\u00e9but du XIVe si\u00e8cle que d\u00e9bute la construction des murailles urbaines et des portes en ma\u00e7onnerie. Landrecies ne poss\u00e9dait que deux portes, l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e est, connue \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque sous le nom de \u00ab\u00a0porte le Comte Guy\u00a0\u00bb et l&rsquo;autre, \u00ab\u00a0la neuve porte\u00a0\u00bb, construite \u00e0 la sortie de la ville basse. D\u00e8s cette \u00e9poque, Landrecies avait atteint \u00e0 l&rsquo;est, \u00e0 l&rsquo;ouest et au nord les limites qui seraient celles, d\u00e9finitives, du corps de la place.<br>L\u2019incendie de la ville en 1477, par les soldats de Louis XI, fut suivi d&rsquo;une campagne de restauration et d&rsquo;am\u00e9lioration des fortifications urbaines. Les plus notables furent le remplacement des tours d&rsquo;angle rondes par des tours carr\u00e9es d&rsquo;artillerie et le renforcement de la courtine la plus expos\u00e9e, parall\u00e8le \u00e0 la Sambre, par des terr\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les fortifications du XVI\u00e8me si\u00e8cle<\/strong><\/h2>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"785\" height=\"596\" data-attachment-id=\"18668\" data-permalink=\"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/les-villes-fortifiees-de-lavesnois\/image-1858\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/image.png?fit=785%2C596&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"785,596\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"image\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/image.png?fit=785%2C596&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/image.png?resize=785%2C596&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-18668\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/image.png?w=785&amp;ssl=1 785w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/image.png?resize=300%2C228&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/image.png?resize=768%2C583&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 785px) 85vw, 785px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Plan de Landrecies d\u00e9but XVI e si\u00e8cle<a href=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/btv1b53178934v\/f1.item.r=Avesnes%20sur%20Helpe%20sur%20un%20plan%20de%201645.zoom\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/btv1b53178934v\/f1.item.r=Avesnes%20sur%20Helpe%20sur%20un%20plan%20de%201645.zoom\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"> Gallica<\/a><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Prise par les troupes du duc de Vend\u00f4me en 1521, Landrecies fit retour \u00e0 l&rsquo;Empire par le trait\u00e9 de Madrid. D\u00e8s juillet 1523 commen\u00e7a une campagne de nouveaux travaux qui marqu\u00e8rent progressivement le passage \u00e0 une fortification horizontale en renfor\u00e7ant les capacit\u00e9s du site \u00e0 \u00e9loigner l&rsquo;assaillant (construction d&rsquo;un batardeau destin\u00e9 \u00e0 retenir les eaux des foss\u00e9s, creusement sur le front nord d&rsquo;un foss\u00e9 r\u00e9gulier avec escarpe et contrescarpe&#8230;).<br>N\u00e9anmoins, les d\u00e9fenses \u00e9taient encore archa\u00efques et h\u00e9t\u00e9roclites lorsque la place fut prise en 1543 par Fran\u00e7ois I er. Le roi fit alors appel \u00e0 un ing\u00e9nieur italien, Giralamo Marini, afin de pourvoir Landrecies de fortifications plus modernes. Mais, parant au plus press\u00e9, les travaux de bastionnement des murs<br>se firent h\u00e2tivement.<br>Rendue \u00e0 son propri\u00e9taire Philippe de Cro\u00ff, par le trait\u00e9 de Cr\u00e9py-en-Laonnais, Landrecies fut c\u00e9d\u00e9e en 1545 \u00e0 Charles Quint qui fit de celle-ci \u00ab\u00a0le s\u00fbr rempart du Hainaut\u00a0\u00bb : foss\u00e9s \u00e9largis, approfondis et r\u00e9guliers, courtines terrass\u00e9es plus \u00e9paisses et rev\u00eatues, cinq bastions assez r\u00e9guliers \u00e0 orillons plats, portes ouvertes dans les fronts est et ouest.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"840\" height=\"535\" data-attachment-id=\"16679\" data-permalink=\"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/les-villes-fortifiees-de-lavesnois\/image-73-8\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/image-73.png?fit=897%2C571&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"897,571\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"image-73\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/image-73.png?fit=840%2C535&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/image-73.png?resize=840%2C535\" alt=\"\" class=\"wp-image-16679\" style=\"width:840px;height:535px\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/image-73.png?w=897&amp;ssl=1 897w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/image-73.png?resize=300%2C191&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/image-73.png?resize=768%2C489&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><br><strong>Les innovations du XVII\u00e8me si\u00e8cle<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Sous la domination espagnole, les am\u00e9liorations notables du corps de la place port\u00e8rent sur les dehors (construction de demi- lunes, de petits bastions, &#8230;).<br>Prise par les troupes du cardinal de la Valette en 1637, Landrecies allait rester fran\u00e7aise pendant dix ans. Les d\u00e9fenses de la place furent alors reconsid\u00e9r\u00e9es et ex\u00e9cut\u00e9es selon les principes du chevalier Antoine Deville charg\u00e9 de fortifier les villes c\u00e9d\u00e9es \u00e0 la France. L&rsquo;effort porta principalement sur les dehors. La ville basse, compl\u00e8tement d\u00e9truite en 1637, fut quasiment abandonn\u00e9e.<br>Reprise par Turenne et la Fert\u00e9 en 1655, Landrecies devint d\u00e9finitivement fran\u00e7aise par le trait\u00e9 des Pyr\u00e9n\u00e9es en 1659. Des travaux furent ex\u00e9cut\u00e9s de 1667 \u00e0 1688 selon les vues et les principes de Vauban. La mise en eau des foss\u00e9s et l&rsquo;inondation tendue autour de la place furent nettement am\u00e9lior\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Compl\u00e9ments historiques sur les innovations du XVII\u1d49 si\u00e8cle \u00e0 Landrecies<\/strong> :<\/h6>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le r\u00f4le des ing\u00e9nieurs espagnols avant 1637<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant la prise de 1637, les ing\u00e9nieurs espagnols avaient d\u00e9j\u00e0 entrepris plusieurs modernisations pour adapter la place aux progr\u00e8s de l\u2019artillerie. Ils ajout\u00e8rent notamment :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>des <strong>demi-lunes<\/strong> pour prot\u00e9ger les portes,<\/li>\n\n\n\n<li>des <strong>petits bastions<\/strong> destin\u00e9s \u00e0 renforcer les angles morts,<\/li>\n\n\n\n<li>des <strong>ouvrages avanc\u00e9s<\/strong> pour \u00e9loigner l\u2019ennemi du corps de place.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces travaux t\u00e9moignent de la volont\u00e9 espagnole de maintenir Landrecies comme un verrou important sur la Sambre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019intervention du chevalier Antoine Deville (1637\u20131647)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque Landrecies devient fran\u00e7aise pour dix ans, Antoine Deville \u2014 l\u2019un des plus grands ing\u00e9nieurs militaires avant Vauban \u2014 applique ses principes :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>renforcement des <strong>dehors<\/strong> (ouvrages ext\u00e9rieurs),<\/li>\n\n\n\n<li>am\u00e9lioration des <strong>chemins couverts<\/strong>,<\/li>\n\n\n\n<li>cr\u00e9ation de <strong>tenailles<\/strong> et de <strong>contre-gardes<\/strong>,<\/li>\n\n\n\n<li>rationalisation des lignes de tir.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Deville cherche \u00e0 adapter la place aux nouvelles m\u00e9thodes de si\u00e8ge, notamment celles utilis\u00e9es pendant la guerre de Trente Ans. La ville basse, d\u00e9truite en 1637, n\u2019est pas reconstruite : on privil\u00e9gie une d\u00e9fense compacte et plus facile \u00e0 tenir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La p\u00e9riode fran\u00e7aise apr\u00e8s 1659 : une place strat\u00e9gique du Pr\u00e9 Carr\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s le trait\u00e9 des Pyr\u00e9n\u00e9es, Landrecies devient un \u00e9l\u00e9ment essentiel de la fronti\u00e8re nord. Avant m\u00eame l\u2019intervention de Vauban, plusieurs ing\u00e9nieurs fran\u00e7ais (dont Marini et Chamois) proposent :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>d\u2019\u00e9largir les foss\u00e9s,<\/li>\n\n\n\n<li>de renforcer les bastions existants,<\/li>\n\n\n\n<li>de perfectionner les syst\u00e8mes d\u2019inondation,<\/li>\n\n\n\n<li>d\u2019am\u00e9liorer la communication entre les ouvrages.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces projets pr\u00e9parent le terrain pour les travaux plus ambitieux de Vauban.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les innovations vaubaniennes (1667\u20131688)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque Vauban intervient, il ne se contente pas d\u2019am\u00e9liorer : il <strong>r\u00e9organise<\/strong> la place selon ses principes :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>perfectionnement du <strong>syst\u00e8me d\u2019inondation<\/strong>,<\/li>\n\n\n\n<li>cr\u00e9ation d\u2019un r\u00e9seau d\u2019<strong>\u00e9cluses<\/strong> permettant de noyer la vall\u00e9e,<\/li>\n\n\n\n<li>renforcement des <strong>bastions<\/strong> et des <strong>demi-lunes<\/strong>,<\/li>\n\n\n\n<li>am\u00e9lioration du <strong>profil des remparts<\/strong> pour mieux r\u00e9sister \u00e0 l\u2019artillerie,<\/li>\n\n\n\n<li>rationalisation du <strong>chemin couvert<\/strong> et des <strong>places d\u2019armes<\/strong>.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Landrecies devient alors une place forte moderne, parfaitement int\u00e9gr\u00e9e au <strong>Pr\u00e9 Carr\u00e9<\/strong>, cette double ligne de fortifications destin\u00e9e \u00e0 prot\u00e9ger le royaume.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Du XVIII\u1d49 si\u00e8cle au d\u00e9mant\u00e8lement : une place forte en mutation<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au XVIII\u1d49 si\u00e8cle, Landrecies demeure une place forte importante du dispositif frontalier fran\u00e7ais. Bien que les grands travaux de Vauban soient achev\u00e9s, la ville continue de faire l\u2019objet d\u2019am\u00e9liorations ponctuelles destin\u00e9es \u00e0 adapter ses d\u00e9fenses aux \u00e9volutions de l\u2019artillerie. Les ing\u00e9nieurs du G\u00e9nie entretiennent les bastions, renforcent les chemins couverts et veillent au bon fonctionnement du syst\u00e8me d\u2019inondation, \u00e9l\u00e9ment essentiel de la strat\u00e9gie d\u00e9fensive locale. La place conserve ainsi un r\u00f4le militaire actif, tout en voyant son urbanisme se stabiliser autour de l\u2019enceinte bastionn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La fin du XVIII\u1d49 si\u00e8cle et les guerres r\u00e9volutionnaires rappellent l\u2019importance strat\u00e9gique de Landrecies. La ville subit plusieurs si\u00e8ges, dont celui de 1794, particuli\u00e8rement \u00e9prouvant. Malgr\u00e9 les dommages, les fortifications restent op\u00e9rationnelles et continuent d\u2019\u00eatre utilis\u00e9es au d\u00e9but du XIX\u1d49 si\u00e8cle. Sous l\u2019Empire puis sous la Restauration, la place est maintenue dans le r\u00e9seau d\u00e9fensif, mais les progr\u00e8s rapides de l\u2019artillerie rendent progressivement ses ouvrages moins adapt\u00e9s aux nouvelles formes de guerre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au cours du XIX\u1d49 si\u00e8cle, Landrecies perd peu \u00e0 peu son statut de place forte de premier plan. Les priorit\u00e9s militaires se d\u00e9placent vers d\u2019autres secteurs, et les remparts, co\u00fbteux \u00e0 entretenir, ne b\u00e9n\u00e9ficient plus que de r\u00e9parations limit\u00e9es. Apr\u00e8s les si\u00e8ges de 1814 et 1815, quelques restaurations sont entreprises, mais l\u2019ensemble reste vieillissant. L\u2019enceinte bastionn\u00e9e, autrefois mod\u00e8le de modernit\u00e9, devient progressivement un h\u00e9ritage du pass\u00e9 plus qu\u2019un outil strat\u00e9gique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette lente perte d\u2019importance de la valeur strat\u00e9gique aboutit finalement au d\u00e9classement officiel de la place en 1894 : Landrecies n\u2019est plus consid\u00e9r\u00e9e comme un point militaire essentiel, ouvrant la voie aux r\u00e9flexions sur le d\u00e9mant\u00e8lement de ses fortifications.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"840\" height=\"599\" data-attachment-id=\"16682\" data-permalink=\"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/les-villes-fortifiees-de-lavesnois\/image-75-8\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/image-75.png?fit=851%2C607&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"851,607\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"image-75\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/image-75.png?fit=840%2C599&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/image-75.png?resize=840%2C599\" alt=\"\" class=\"wp-image-16682\" style=\"width:840px;height:598px\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/image-75.png?w=851&amp;ssl=1 851w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/image-75.png?resize=300%2C214&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/image-75.png?resize=768%2C548&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le d\u00e9mant\u00e8lement<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s son d\u00e9classement en 1894, la place forte de Landrecies entre dans une nouvelle phase de son histoire. Bien que les fortifications de Vauban aient travers\u00e9 les si\u00e8cles sans transformations majeures, leur utilit\u00e9 militaire est d\u00e9sormais jug\u00e9e d\u00e9pass\u00e9e. Les ing\u00e9nieurs du G\u00e9nie avaient pourtant soulign\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises la solidit\u00e9 de l\u2019enceinte et les enseignements tir\u00e9s des si\u00e8ges pass\u00e9s, notamment celui de 1712, mais ces arguments ne suffisent plus face aux \u00e9volutions de l\u2019artillerie moderne et aux besoins croissants d\u2019urbanisation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Devenue \u00ab un bijou archa\u00efque \u00bb, la place voit son d\u00e9mant\u00e8lement d\u00e9buter en mai 1895, avec l\u2019ambition de lib\u00e9rer de nouveaux espaces pour le d\u00e9veloppement urbain. Cependant, les projets de la municipalit\u00e9 sont brutalement interrompus par la Premi\u00e8re Guerre mondiale. En 1918, il ne s\u2019agit plus d\u2019am\u00e9nager de nouveaux quartiers, mais de reb\u00e2tir les \u00e9difices publics d\u00e9truits et de relever une ville meurtrie, presque enti\u00e8rement ravag\u00e9e par les bombardements.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Malgr\u00e9 ces destructions, Landrecies a conserv\u00e9 son identit\u00e9 d\u2019ancienne ville de garnison. Quelques constructions rappellent encore aujourd\u2019hui son pass\u00e9 militaire : la tour du ch\u00e2teau, la caserne Clarke et la caserne Biron demeurent les t\u00e9moins les plus visibles de cette longue histoire. <em>(Extrait : \u00c9volution des fortifications de Landrecies, J.-L. Boucly)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour mieux comprendre ce que devint Landrecies apr\u00e8s ces transformations et ces \u00e9preuves successives, il est utile de suivre l\u2019\u00e9volution de la ville au cours du XX\u1d49 si\u00e8cle, entre reconstruction, r\u00e9am\u00e9nagements urbains et red\u00e9couverte progressive de son patrimoine fortifi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s la fin de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, la ville dut se reconstruire presque enti\u00e8rement. Les priorit\u00e9s furent d\u2019abord la remise en \u00e9tat des infrastructures essentielles : ponts, voies de communication, b\u00e2timents administratifs et habitations. Les anciennes structures militaires, d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9es par le d\u00e9mant\u00e8lement de la fin du XIX\u1d49 si\u00e8cle, furent souvent n\u00e9glig\u00e9es au profit de la reconstruction civile. Certaines portions de l\u2019enceinte disparurent alors d\u00e9finitivement, tandis que d\u2019autres furent int\u00e9gr\u00e9es au nouveau trac\u00e9 urbain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au cours du XX\u1d49 si\u00e8cle, l\u2019urbanisation progressive de Landrecies effa\u00e7a encore quelques vestiges, mais la ville conserva malgr\u00e9 tout son identit\u00e9 de place forte. Les reliefs des anciens foss\u00e9s, les alignements de rues h\u00e9rit\u00e9s du plan bastionn\u00e9 et la pr\u00e9sence de b\u00e2timents militaires rappellent encore aujourd\u2019hui l\u2019importance strat\u00e9gique qu\u2019eut la cit\u00e9 pendant plusieurs si\u00e8cles. Depuis les ann\u00e9es 1970, un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat pour le patrimoine fortifi\u00e9 a permis de mieux documenter, prot\u00e9ger et valoriser les \u00e9l\u00e9ments subsistants, offrant aux visiteurs un aper\u00e7u pr\u00e9cieux de l\u2019histoire d\u00e9fensive de Landrecies.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019histoire des fortifications de Landrecies, depuis leur apog\u00e9e sous Vauban jusqu\u2019\u00e0 leur d\u00e9mant\u00e8lement puis leur lente red\u00e9couverte, t\u00e9moigne de la capacit\u00e9 de la ville \u00e0 se r\u00e9inventer sans renier son pass\u00e9. Malgr\u00e9 les destructions, les transformations urbaines et les usages successifs, la cit\u00e9 a conserv\u00e9 les traces essentielles de son identit\u00e9 militaire. Aujourd\u2019hui encore, ces vestiges, parfois discrets mais toujours \u00e9loquents, rappellent la place strat\u00e9gique qu\u2019occupa Landrecies pendant plusieurs si\u00e8cles et invitent \u00e0 porter un regard attentif sur un patrimoine aussi fragile que pr\u00e9cieux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-bright-blue-color has-text-color has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Avesnes-sur-Helpe<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"4009\" height=\"2888\" data-attachment-id=\"9244\" data-permalink=\"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/les-villes-fortifiees-de-lavesnois\/img_7028\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7028.jpg?fit=4009%2C2888&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"4009,2888\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;2.2&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;iPhone SE&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1582815819&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;4.15&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;200&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.058823529411765&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"IMG_7028\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7028.jpg?fit=840%2C605&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7028.jpg?fit=840%2C605\" alt=\"\" class=\"wp-image-9244\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7028.jpg?w=4009&amp;ssl=1 4009w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7028.jpg?resize=300%2C216&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7028.jpg?resize=768%2C553&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7028.jpg?resize=1024%2C738&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7028.jpg?resize=1200%2C864&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7028.jpg?w=1680 1680w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7028.jpg?w=2520 2520w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le Bastion Saint Jean d&rsquo;Avesnes-sur-Helpe<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avesnes-sur-Helpe a beaucoup de charme et de cachet, ses\nhauteurs se d\u00e9coupant dans un paysage de bocage et&nbsp; les pierres bleues de ses courtines r\u00e9pondant\nharmonieusement aux maisons de pierre et de briques couvertes d&rsquo;ardoises.\nVauban jugeait ses murailles des plus belles et des mieux entretenues. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La ville a toujours \u00e9t\u00e9 une place forte. Juch\u00e9e sur des plateaux escarp\u00e9s, elle domine le cours de l&rsquo;Helpe et poss\u00e8de des fortifications depuis le d\u00e9but du Moyen-\u00e2ge, notamment lorsque le seigneur des lieux, W\u00e9dric le Barbu \u00e9difia une tour au XIe si\u00e8cle. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;une grosse tour dont les fouilles effectu\u00e9es au milieu des ann\u00e9es 1970 ont permis d&rsquo;en d\u00e9terminer les dimensions :20 m x 17 m. Elle avait deux ou peut-\u00eatre trois \u00e9tages. Le rez-de-chauss\u00e9e servait de grenier et de magasin; au-dessus se trouvaient le logis et la salle commune; et plus haut encore les chambres avec la salle de guet. Pas de porte au rez-de-chauss\u00e9e : on acc\u00e9dait au premier \u00e9tage par une passerelle en plan inclin\u00e9 (source : Camille Enlart :  Manuel d&rsquo;arch\u00e9ologie fran\u00e7aise). Ce donjon couronnait le rocher sur lequel fut \u00e9difi\u00e9 par la suite la prison, laquelle existait encore dans les ann\u00e9es 1970. An nord de la tour, c&rsquo;\u00e9tait le roc abrupt, \u00e0 l&rsquo;ouest un ravinement qu&#8217;emprunte de nos jours la rue L\u00e9o Lagrange dite Grand&rsquo;Rue. Ailleurs, elle \u00e9tait prot\u00e9g\u00e9e par un foss\u00e9 at au del\u00e0, sur une lev\u00e9e de terre,  une palissade en planches solidement attach\u00e9es formait l&rsquo;enceinte. Ce ch\u00e2teau n&rsquo;\u00e9tait pas en fait une r\u00e9sidence seigneuriale \u00e0 proprement parler mais un ouvrage de fortifications. Les textes du XI e si\u00e8cle qualifient Avesnes de Castellum ou de castra.   <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Gossuin d&rsquo;Oisy, neveu de Thierry lui m\u00eame fils de W\u00e9dric le Barbu am\u00e9liora non seulement les fortifications du ch\u00e2teau mais \u00e9tablit une seconde enceinte renfermant et prot\u00e9geant les maisons de la ville. Il est ainsi le premier \u00e0 avoir cr\u00e9\u00e9 les remparts d&rsquo;Avesnes. Il \u00e9tendit son ch\u00e2teau qui devint une r\u00e9sidence f\u00e9odale comprenant avec le donjon, des d\u00e9pendances, une \u00ab\u00a0basse-cour\u00a0\u00bb c&rsquo;est \u00e0 dire une esplanade qui deviendra par la suite la Petite Place, berceau de la cit\u00e9. Il existait des communs, des \u00e9curies, une caserne, une prison, des logements et sans doute une chapelle (Dechelette manuel d&rsquo;Arch\u00e9ologie). Le mur d&rsquo;enceinte forma alors une ceinture autour de toutes les habitations, group\u00e9es elles-m\u00eames autour du ch\u00e2teau et de l&rsquo;\u00e9glise. Gossuin fit b\u00e2tir, nous l&rsquo;avons dit, un donjon c&rsquo;est \u00e0 dire une tour, qu&rsquo;il ne faut pas confondre avec celle \u00e9difi\u00e9e par W\u00e9dric quarante ans plus t\u00f4t et qui existait encore. On peut donc imaginer que cette grosse tour fut l&rsquo;une des tours d&rsquo;angle des fortifications et peut-\u00eatre celle qui deviendra la tour St Jean dont les proportions permirent \u00e0 une partie de la population d&rsquo;y trouver refuge lors des guerres du moyen-\u00e2ge. On peut ainsi supposer qu&rsquo;il existait plusieurs tours et que la ville formait alors un v\u00e9ritable quadrilat\u00e8re, born\u00e9 par le donjon d&rsquo;une part et la Tour St Jean (sur l&rsquo;actuel emplacement du jardin du presbyt\u00e8re) et d&rsquo;autre part une enceinte suppos\u00e9e se trouvant derri\u00e8re l&rsquo;\u00e9glise et allant rejoindre une autre tour  dont les vestiges existaient encore autrefois vers les Petits Degr\u00e9s. Vers le nord, le rempart \u00e9pousait le rocher, depuis le ravin de la Grand&rsquo;Rue jusqu&rsquo;\u00e0 la Grimpette du Couvent, bord\u00e9 par un chemin de ronde qui devint par la suite la ruelle Flajolet. Puis il contournait l&rsquo;\u00e9glise et la Grand&rsquo;Place pour venir rejoindre la Grand&rsquo;Rue aux Petits degr\u00e9s. Telle \u00e9tait vraisemblablement la premi\u00e8re enceinte de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le comte de Penthi\u00e8vre, Olivier de Bretagne, seigneur d&rsquo;Avesnes, songea en d\u00e9but du XV e si\u00e8cle \u00e0 s\u00e9curiser la ville. Il obtint de la comtesse du Hainaut Jacqueline de Bavi\u00e8re des lettres d&rsquo;octroi pour lever, dans toute l&rsquo;\u00e9tendue de la terre d&rsquo;Avesnes , pendant six ans \u00e0 compter du jour de la purification 1422 six deniers au lot de vin ou de bi\u00e8re, avec affectation du produit aux fortifications du chef-lieu de la seigneurie. Ainsi l&rsquo;enceinte fut consid\u00e9rablement \u00e9largie. Au nord, elle d\u00e9passait l&rsquo;Helpe pour englober la basse ville, quartier regroupant l&rsquo;h\u00f4pital et bient\u00f4t deux couvents, dont l&rsquo;un, celui des s\u0153urs grises (plus tard les Recollectines) fut fond\u00e9 en 1434 par Quentine de Jauche, dame de Mastaing, pour le service de l&rsquo;H\u00f4pital, et l&rsquo;autre, celui des Cordeliers (plus tard les Recollets) fond\u00e9 par la m\u00eame dame en 1460 sous l&rsquo;invocation de Saint Bernardin. L&rsquo;enceinte comportait cinq portes : celle d&rsquo;Enghien ou du Mauvinage (porte de Mons), celle des Demoiselles (porte de France), la porte Cambr\u00e9siene, la porte du Crochet, \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 de la rue Ste Croix, et une autre porte vers les prairies mar\u00e9cageuses qui ont donn\u00e9 leur nom \u00e0 la rue des Pr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La lutte de Louis XI contre le T\u00e9m\u00e9raire cr\u00e9ant une lourde menace pour le Hainaut, Isabeau de la Tour, agissant comme tutrice de sa fille Fran\u00e7oise de Bretagne (ni\u00e8ce d&rsquo;Olivier), fit lever un imp\u00f4t, dit maltote, sur le vins, brassins et breuvages consomm\u00e9s en la ville d&rsquo;Avesnes, imp\u00f4t affect\u00e9 aux fortifications. Cela n&#8217;emp\u00eacha pas Louis XI de prendre Avesnes le 11 juin 1477. La ville fut aras\u00e9e avec ses remparts. Les tours avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9molies, les murailles abattues, les foss\u00e9s combl\u00e9s. En 1490, nouveau d\u00e9sastre. les fran\u00e7ais s&#8217;empar\u00e8rent \u00e0 nouveau de la ville, la pillant et la br\u00fblant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cependant en 1502 le seigneur d&rsquo;Avesnes Charles de Cro\u00ff  fit remettre la ville en \u00e9tat de d\u00e9fense, l&rsquo;enceinte \u00e9tant reconstruite et les portes r\u00e9tablies. Un homme \u00e9tait alors charg\u00e9 d&rsquo;aller ouvrir les portes le matin et de les fermer le soir, accompagn\u00e9 par le mayeur et le massard, repr\u00e9sentant la commune (Michaux, Chronologie des seigneurs d&rsquo;Avesnes).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est en ce d\u00e9but du XVI e si\u00e8cle que le duc de Cro\u00ff fit b\u00e2tir six bastions \u00e0 oreillons compl\u00e9t\u00e9s par des galeries de contre-mine. De cette \u00e9poque a surv\u00e9cu le bastion de la Reine que Vauban doubla d\u00e8s le d\u00e9but de ses travaux en 1673.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"833\" height=\"625\" data-attachment-id=\"18667\" data-permalink=\"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/les-villes-fortifiees-de-lavesnois\/plan-avesnes\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Plan-Avesnes-.jpg?fit=833%2C625&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"833,625\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;CARRE&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1688901113&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Plan-Avesnes-\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Plan-Avesnes-.jpg?fit=833%2C625&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Plan-Avesnes-.jpg?resize=833%2C625&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-18667\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Plan-Avesnes-.jpg?w=833&amp;ssl=1 833w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Plan-Avesnes-.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/Plan-Avesnes-.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 833px) 85vw, 833px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Plan d&rsquo;Avesnes XVI e si\u00e8cle (Plan de Guichemin vers 1575) <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/btv1b53178934v\/f1.item.r=Avesnes%20sur%20Helpe%20sur%20un%20plan%20de%201645.zoom\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/btv1b53178934v\/f1.item.r=Avesnes%20sur%20Helpe%20sur%20un%20plan%20de%201645.zoom\" target=\"_blank\">Gallica<\/a><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce plan est remarquable car tout est reproduit dans le moindre d\u00e9tail (configuration du terrain, des rues, le ch\u00e2teau et sa tour, les couvents, les chapelles St Jean, Ste Madeleine, Ste Marguerite, St Michel, le terrain vague de la Sotti\u00e8re, les Grands et Petits Degr\u00e9s, m\u00eame la Cour du Seigneur). <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ses travaux furent impressionnants avec une red\u00e9finition des ouvrages d\u00e9tach\u00e9s, un renfort de la garnison de casernes et de poudri\u00e8res, le perforage de nouvelles portes et la cr\u00e9ation du Pont-des-Dames. Ce pont \u00e9cluse \u00e0 quatre vannes permit de r\u00e9guler le cours de l\u2019Helpe et de tendre des inondations d\u00e9fensives.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un m\u00e9moire instructif sur la ville d&rsquo;Avesnes et ses fortifications d&rsquo;octobre 1742 nous permet de connaitre plus en d\u00e9tail ses remparts.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, \u00ab Avesnes est ferm\u00e9 par 6 Bastions, dont 4 ont \u00e0 leur gorge un cavalier ; elle a 5 courtines droites et une bris\u00e9e, rev\u00eatues de ma\u00e7onnerie commune ; il y a des demi-lunes aussi devant toutes les courtines, dont trois ont des r\u00e9duits, et 2 bastions sont couverts chacun d&rsquo;une contre-garde, et \u00e0 la porte de Mons (35), sur la face droite de la contre- garde (!o), une petite demi-lune coup\u00e9e avec un r\u00e9duit<br>pour couvrir la porte et un autre r\u00e9duit cr\u00e9nel\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du pont de la porte de France (44). Tous les ouvrages ci- dessus sont environn\u00e9s de leurs foss\u00e9s, dont les deux tiers sont secs et l&rsquo;autre plein d&rsquo;eau, et garnis dans leur pourtour d&rsquo;un chemin couvert ; toutes ces pi\u00e8ces de m\u00eame que les contrescarpes, parapets int\u00e9rieurs du corps de la place et celui du chemin couvert sont rev\u00eatues de ma\u00e7onnerie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a deux lunettes et une redoute aussi rev\u00eatues de ma\u00e7onnerie, dont les deux lunettes sont ferm\u00e9es par un avant-chemin couvert faisant front au village d&rsquo;Avesnelles. La redoute qui est carr\u00e9e est \u00e0 la sortie des eaux ; elle n&rsquo;est<br>environn\u00e9e seulement que de la rivi\u00e8re d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il n&rsquo;y a que le bastion (3) appel\u00e9 la reine, qui est contre-min\u00e9 ; tous les autres bastions et demi-lunes ne le sont point, non plus que les chemins couverts.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le rempart du corps de la place, est fort \u00e9troit ; il est appuy\u00e9 dans son pourtour des maisons bourgeoises, ce qui fait qu&rsquo;on ne peut faire dans un besoin aucune man\u0153uvre derri\u00e8re ce rempart \u00bb. Source Archives de la Section Technique du G\u00e9nie Art. 8, Carton 1, N\u00b0 17, Avesnes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s le d\u00e9classement en 1873, la ville oublia son pass\u00e9 militaire. Les remparts restent cependant tr\u00e8s pr\u00e9sents. Le Bastion royal porte la sous-pr\u00e9fecture et le bastion Saint-Jean restaur\u00e9 en 2006 est le pr\u00e9texte \u00e0 la promenade. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-bright-blue-color has-text-color has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Maubeuge<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"4032\" height=\"3024\" data-attachment-id=\"9242\" data-permalink=\"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/les-villes-fortifiees-de-lavesnois\/img_7026\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7026.jpg?fit=4032%2C3024&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"4032,3024\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;2.2&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;iPhone SE&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1582815108&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;4.15&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;200&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0.04&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"IMG_7026\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7026.jpg?fit=840%2C630&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i1.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7026.jpg?fit=840%2C630\" alt=\"\" class=\"wp-image-9242\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7026.jpg?w=4032&amp;ssl=1 4032w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7026.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7026.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7026.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7026.jpg?resize=1200%2C900&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7026.jpg?w=1680 1680w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/IMG_7026.jpg?w=2520 2520w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Les fortifications de Maubeuge<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Maubeuge, assise sur un coteau culminant \u00e0 plus de 20 m\u00e8tres, laisse\nd\u00e9couvrir ses fortifications qui ne furent sauv\u00e9es que de justesse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1677 les Espagnols en quittant la ville d\u00e9truisirent ses fortifications. Vauban ne souhaitait pas inclure Maubeuge dans le Pr\u00e9 Carr\u00e9. C\u2019est \u00e0 la demande des Chanoinesses aupr\u00e8s de Louis XIV que la ville fut fortifi\u00e9e, servant de rempart \u00e0 la vall\u00e9e de la Sambre en fermant la fronti\u00e8re entre Le Quesnoy et Philippeville. Vauban fit table rase du pass\u00e9 : tous les vestiges des fortifications pr\u00e9c\u00e9dentes furent ras\u00e9s. Vauban fit alors \u00e9tablir des lignes de remparts imposants, hauts d\u2019une dizaine de m\u00e8tres, flanqu\u00e9s de sept bastions \u00e0 oreillons. Une ceinture de demi-lunes cern\u00e9e de fosses renfor\u00e7\u00e2t l\u2019ensemble. La construction s\u2019effectua en un temps record de 1679 \u00e0 1685. Vauban modifia \u00e9galement le passage de la Sambre pour ses nouvelles fortifications qui furent une v\u00e9ritable r\u00e9ussite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jusqu\u2019en 1914 la place forte de Maubeuge \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme une place forte de 2 \u00e8me classe. D\u00e9truite \u00e0 98 % pendant la premi\u00e8re Guerre mondiale la ville conserva cependant ses fortifications. A partir des ann\u00e9es 1920 commen\u00e7a le d\u00e9mant\u00e8lement qui s\u2019arr\u00eata lorsque la menace de la Seconde Guerre mondiale devint une r\u00e9alit\u00e9. Malheureusement, le mal \u00e9tait fait&nbsp;: toute la partie sud de l\u2019enceinte (la rive Limite de la Sambre) avait disparue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On peut n\u00e9anmoins parcourir le chemin couvert et le foss\u00e9 de la demi-lune. Les cavaliers, les arrondis, les obliques et saillants des murailles offrent de superbes perspectives. Il faut \u00e9galement admirer la Dame de garde avec son chapeau chinois, cet obstacle massif en forme de tourelle, pos\u00e9 au dessus d&rsquo;un batardeau pour emp\u00eacher le passage de l&rsquo;assi\u00e9geant.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Source : Extraits du Hors S\u00e9rie Pays du Nord Ann\u00e9e 2007 : Vauban Balades sur les traces d&rsquo;un homme de G\u00e9nie <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">\u00c9tapes de la Fortification<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>670<\/strong> Fondation d&rsquo;un ermitage par Sainte Aldegonde<br><strong>Xe si\u00e8cle<\/strong> Implantation d&rsquo;une forteresse qui peu a peu s&rsquo;entoure de palissades et de fosses.<br><strong>1167<\/strong> Ach\u00e8vement par le comte Baudouin de la premi\u00e8re v\u00e9ritable muraille, qui s&rsquo;appuie au nord-est sur la cl\u00f4ture du chapitre de Sainte Aldegonde et borde la rive nord de la Sambre.<br><strong>XIVe si\u00e8cle<\/strong> \u00c9l\u00e9vation par le comte Guillaume II d&rsquo;impressionnantes fortifications englobant la Sambre t le fond de vall\u00e9e. Les six portes et trente-deux tours entour\u00e9es de fosses en eau forment une r\u00e9volution de plus de 3000 m\u00e8tres.<br><strong>1478<\/strong> Destruction compl\u00e8te de la ville par Louis XI.<br><strong>1594<\/strong> Construction d&rsquo;une fortification rempar\u00e9e mais non bastionn\u00e9e. Seules les quatre portes principales sont munies de demi-lunes.<br><strong>Fin XVIIe si\u00e8cle<\/strong> La ville et ses murs sont en ruine quand Vauban d\u00e9cide d&rsquo;int\u00e9grer Maubeuge au \u00ab Pr\u00e9 carr\u00e9 \u00bb. Il adopte un plan heptagonal, garni de demi-lunes. Les hauts bastions (9m) toisent de tr\u00e8s larges et profonds fosses secs. La Sambre canalis\u00e9e mouille toutefois les fosses sud. Grace aux \u00e9cluses, elle peut inonder la vall\u00e9e en cas de danger. Pour mener \u00e0 bien son projet, Vauban ampute la ville de 1\/3 de sa superficie. La r\u00e9volution des murs passe ainsi de 3000m a 1500m.<br><strong>XIXe si\u00e8cle<\/strong> Les fortifications mal entretenues ((cons\u00e9quence des conqu\u00eates et des si\u00e8ges de 1814 et 1815) connaissent des travaux de restauration entre 1830 et 1840. Peu \u00e0 peu la ville s&rsquo;ouvre : en 1877, la porte de France est perc\u00e9e d&rsquo;une seconde ouverture, en 1885 est construite \u00e0 l&rsquo;ouest une troisi\u00e8me porte, dite de Bavay. Portes d&rsquo;entr\u00e9e et de sortie des eaux sont ras\u00e9es afin de faciliter la navigation.<br><strong>XXe si\u00e8cle<\/strong> Le d\u00e9classement militaire de la ville a lieu le 30 novembre 1928 et d\u00e8s 1930-1933, les remparts au sud de la Sambre sont d\u00e9mantel\u00e9s. Bien que class\u00e9e en 1947, l&rsquo;enceinte est plus ou moins malmen\u00e9e par les travaux d&rsquo;apr\u00e8s-guerre et sombre finalement dans l&rsquo;abandon. Elle connait un regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e0 partir des ann\u00e9es 70 qui marquent une nouvelle \u00e8re de sauvegarde et de valorisation de la fortification.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u2019apr\u00e8s les textes de Yohann TRAVET Historien<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"734\" height=\"710\" data-attachment-id=\"21159\" data-permalink=\"https:\/\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/les-villes-fortifiees-de-lavesnois\/capture1-109\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Capture1-1.jpg?fit=734%2C710&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"734,710\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;CARRE&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;1740586319&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Capture1\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Capture1-1.jpg?fit=734%2C710&amp;ssl=1\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Capture1-1.jpg?resize=734%2C710&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-21159\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Capture1-1.jpg?w=734&amp;ssl=1 734w, https:\/\/i0.wp.com\/patrimoine-avesnois.fr\/chemin\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Capture1-1.jpg?resize=300%2C290&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 734px) 85vw, 734px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Carte con\u00e7ue et r\u00e9alis\u00e9e par Yves Roum\u00e9goux:<br>Service r\u00e9gional de l&rsquo;arch\u00e9ologie \u00e0 la Direction R\u00e9gionale des Affaires Culturelles<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Source : CAUE du Nord \u2013 Septembre 2005 Carnet de ville de Maubeuge.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Maubeuge porte encore dans son paysage les traces d\u2019une histoire militaire dense, marqu\u00e9e par destructions, reconstructions et innovations strat\u00e9giques. Ses fortifications, remodel\u00e9es au fil des si\u00e8cles et profond\u00e9ment transform\u00e9es par Vauban, t\u00e9moignent d\u2019un pass\u00e9 o\u00f9 la ville occupait une position cl\u00e9 sur la fronti\u00e8re nord du royaume. Comprendre leur \u00e9volution, c\u2019est entrer au c\u0153ur d\u2019un territoire fa\u00e7onn\u00e9 par la g\u00e9opolitique, l\u2019ing\u00e9nierie et la r\u00e9silience.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Comprendre les fortifications de Vauban<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les fortifications de Maubeuge appartiennent au syst\u00e8me bastionn\u00e9 mis au point par Vauban, fond\u00e9 sur une g\u00e9om\u00e9trie pr\u00e9cise et une d\u00e9fense en profondeur. Bastions, demi\u2011lunes, cavaliers, glacis et foss\u00e9s secs formaient un ensemble coh\u00e9rent destin\u00e9 \u00e0 retarder l\u2019ennemi et \u00e0 multiplier les angles de tir. \u00c0 Maubeuge, cette architecture atteint une grande efficacit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019adaptation du plan aux reliefs naturels et au contr\u00f4le de la Sambre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Maubeuge dans le Pr\u00e9 Carr\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019int\u00e9gration de Maubeuge dans le Pr\u00e9 Carr\u00e9 r\u00e9pondait \u00e0 une logique strat\u00e9gique : cr\u00e9er une double ligne de places fortes prot\u00e9geant le royaume. Situ\u00e9e entre Le Quesnoy et Philippeville, la ville compl\u00e9tait un maillage d\u00e9fensif destin\u00e9 \u00e0 verrouiller la fronti\u00e8re nord. Son r\u00f4le \u00e9tait d\u2019autant plus important qu\u2019elle contr\u00f4lait un axe de circulation majeur et une vall\u00e9e facilement franchissable.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Ce qu\u2019il reste aujourd\u2019hui<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Malgr\u00e9 les destructions successives, Maubeuge conserve encore des \u00e9l\u00e9ments remarquables de son enceinte. Le chemin couvert, les foss\u00e9s et la demi\u2011lune permettent de comprendre l\u2019organisation de la place forte et la logique d\u00e9fensive imagin\u00e9e par Vauban. Ces structures, parfois discr\u00e8tes, dessinent encore les lignes du syst\u00e8me bastionn\u00e9 et offrent de belles perspectives sur les reliefs militaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La <strong>Dame de garde<\/strong>, avec son \u00e9tonnant \u00ab chapeau chinois \u00bb, demeure l\u2019un des ouvrages les plus singuliers. Pos\u00e9e au\u2011dessus d\u2019un batardeau, elle contr\u00f4lait autrefois le passage et emp\u00eachait toute progression ennemie. Sa silhouette massive rappelle la sophistication des obstacles mis en place pour ralentir l\u2019assi\u00e9geant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les bastions, m\u00eame partiellement aras\u00e9s, restent lisibles dans le paysage. Leurs volumes, leurs arrondis et leurs saillants t\u00e9moignent de la puissance des remparts \u00e9lev\u00e9s \u00e0 la fin du XVII\u1d49 si\u00e8cle. Le trac\u00e9 du glacis et les cavaliers, perceptibles dans les pentes et les reliefs, compl\u00e8tent cette lecture sensible du site fortifi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 ces vestiges s\u2019ajoute la <strong>porte de Mons<\/strong>, l\u2019un des acc\u00e8s majeurs de la place forte. Elle conserve encore son <strong>pont\u2011levis militaire<\/strong>, rare t\u00e9moin de ce type d\u2019ouvrage dans la r\u00e9gion. Con\u00e7u pour se relever rapidement en cas de menace, il isolait la ville et renfor\u00e7ait la protection de la porte. Restaur\u00e9 r\u00e9cemment, il offre aujourd\u2019hui un aper\u00e7u concret du fonctionnement d\u00e9fensif imagin\u00e9 par Vauban.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019ensemble de ces \u00e9l\u00e9ments, visibles ou sugg\u00e9r\u00e9s par les formes du terrain, constitue un pr\u00e9cieux t\u00e9moignage de l\u2019ing\u00e9nierie militaire du XVII\u1d49 si\u00e8cle. Parcourir les remparts de Maubeuge, c\u2019est lire dans le paysage l\u2019histoire d\u2019une ville strat\u00e9gique, fa\u00e7onn\u00e9e par les guerres, les reconstructions et la volont\u00e9 de pr\u00e9server un patrimoine exceptionnel.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une lecture sensible du site fortifi\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au\u2011del\u00e0 de l\u2019histoire militaire, les fortifications de Maubeuge racontent aussi une relation particuli\u00e8re entre la ville et son paysage. Les courbes des bastions, les volumes massifs, les jeux d\u2019ombre et de lumi\u00e8re cr\u00e9ent une atmosph\u00e8re singuli\u00e8re. Parcourir ces lieux, c\u2019est ressentir la pr\u00e9sence d\u2019un pass\u00e9 dense, fait de si\u00e8ges, de reconstructions et de transformations successives.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Quesnoy Le Quesnoy occupe une place singuli\u00e8re dans l\u2019histoire militaire du nord de la France. Fond\u00e9e au Moyen \u00c2ge, la ville n\u2019a cess\u00e9 d\u2019adapter ses d\u00e9fenses aux \u00e9volutions de la guerre, passant d\u2019une enceinte m\u00e9di\u00e9vale flanqu\u00e9e de tours \u00e0 un remarquable syst\u00e8me bastionn\u00e9 perfectionn\u00e9 par les ing\u00e9nieurs espagnols puis par Vauban. 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