L’Eglise de Neuville-en-Avesnois

L’église Sainte Élisabeth aurait été bâtie vers 1568 en remplacement d’un édifice plus ancien de 1398. Selon les albums de Croÿ, l’église apparaît derrière un mur, flanqué d’une tour cylindrique appartenant au mur d’enceinte. Celui-ci n’enserre pas totalement l’église rejoignant la nef au niveau de la jonction nef/chœur. Il y a donc ici, à cette époque, à la fois le clocher-donjon mais aussi le cimetière fortifié.

De nos jours elle possède encore sa nef unique couverte d’une voûte en bardeaux et son chœur est carré.

Sur le plan architectural, le plus remarquable est sans aucun doute ses deux échauguettes, l’une au Nord Ouest, l’autre à l’angle Sud Est du chevet. Cette disposition permettait aux défenseurs de surveiller les quatre façades.

La première échauguette a une hauteur de 2.50 m pour un diamètre de 1.50 m. Elle est maçonnée en briques sur console de grés et est coiffée d’une poivrière.  Elle dispose de quatre meurtrières. La seconde en possède trois.

L’église servait de défense en cas d’attaque mais n’était pas habitable longtemps contrairement à celle de Féron, Floyon ou Fontaine-au-Bois.

C’est certainement une des églises fortifiées les plus caractéristiques de l’Avesnois actuel.

Synthèse patrimoniale

Extrait de la planche Album de Croÿ Tome IX Ed Crédit Communal de Belgique

🟦 1. Ce qui existait vers 1600

Les Albums de Croÿ montrent l’église Sainte‑Élisabeth telle qu’elle venait d’être reconstruite en 1568 : une nef unique, un chœur carré, deux ouvertures déjà percées dans le mur du chevet, une tour carrée occidentale jouant le rôle de clocher‑donjon, et deux échauguettes opposées assurant la surveillance des quatre façades. L’ensemble était entouré d’un mur d’enceinte, attesté par le plan cadastral du Tome II, qui protégeait le cimetière.

🟦 2. Ce qui a disparu

Du dispositif défensif représenté dans les Albums de Croÿ, seule la tour ronde de flanquement du cimetière a disparu. Le mur d’enceinte a perdu sa fonction défensive, mais son tracé subsiste encore autour du cimetière. Aucun autre élément majeur n’a été supprimé : la silhouette générale de l’église, ses volumes et ses organes défensifs sont restés remarquablement stables depuis le XVIᵉ siècle.

🟦 3. Ce qui est conservé et ce qui a été ajouté

L’église actuelle conserve presque intégralement son état de 1568 : nef, chœur, ouvertures du chevet, clocher‑donjon et les deux échauguettes parfaitement intactes. Les seules modifications notables sont le percement tardif de deux baies vitrées dans la nef, ajoutées pour améliorer l’éclairage intérieur. Hormis ces ouvertures, l’édifice est demeuré l’un des plus authentiques témoins de l’architecture fortifiée de l’Avesnois.

🟦 4. Une église fortifiée demeurée intacte : un témoignage rare et concret

L’église Sainte‑Élisabeth a traversé les siècles sans transformations majeures, offrant aujourd’hui une image presque identique à celle représentée dans les Albums de Croÿ. Grâce à cette continuité exceptionnelle, Neuville‑en‑Avesnois permet de se représenter de manière concrète, fidèle et immédiate ce qu’était une église fortifiée rurale au XVIᵉ siècle dans l’Avesnois.