Les censes de Charles Bady, comte de Normont

En l’An II et III de la république, les biens de Charles Bady (1756 1843), émigré, furent confisqués et déclarés domaines nationaux. Suivant le sommier dit des émigrés, déposé aux archives de l’administration des domaines, il fut vendu de ces biens pour 878,675 livres, dont :

1° en immeubles 836,134 livres.

2° en meubles  42,54 livres

Bellignies

Charles Bady possédait à Bellignies une ferme comme en témoigne un arrêté en l’An IX, sur pétition du Sieur Alexis Joseph Delvoi, demeurant à Lille, acquéreur de bois situés à Bréaugies, commune de Bellignies, provenant de l’émigré Bady, ordonnant la démarcation des dits bois avec les terres d’une ferme de Charles Bady, acquise en l’An VI par Pierre Massart, Charles Hennebert et consorts, demeurant à Bavai (ADN 1 Q 1165 Contentieux Domanial)

Dourlers

Au moyen des acquisitions que Pierre Bady avait faites en 1693 et de celles qu’il réalisa en 1709, il se trouva seigneur d’Aymeries, de la Porquerie, du Sart-de-Dourlers. En 1679, il était qualifié « architecte des bastiments « du roy » et avait l’entreprise générale des fortifications de Maubeuge, où il gagna énormément d’argent.

Un de ses descendants, Charles Bady, comte de Normont, né à Avesnes le 15 juillet 1756, fut le dernier seigneur de la terre de Dourlers, qui lui échut à la mort de son père Bertrand en 1788. Ce gentilhomme, qui avait servi comme lieutenant, puis comme capitaine dans le régiment de Royal-Dragons, était en 1786 lieutenant des maréchaux de France au département d’Avesnes. Il était commandant de la garde générale d’Avesnes en 1791.

Charles Bady, rayé de la liste des émigrés le 12 germinal An X  rentra en possession de la Cense de la Basse-Court et de beaucoup de biens en dépendant, par la vente que lui en avait faite, le mercredi 8 mai 1809, moyennant la somme de 21,725 fr., le Sr Cuisset, qui s’en était rendu acquéreur, en ventôse an XI, pour le prix de 43,300 livres. (Notice historique sur la terre seigneuriale et sur les seigneurs du Sart de Dourlers par Lebeau Isidore)

Feignies

En l’An IV (09 1795-09 1796) une enquête fut ouverte pour reconnaître si la ferme de l’émigré Bertrand Bady occupée par le Sieur Derkenne était réputée bien national (ADN 1 Q 1190).

Bertrand Bady (1748 Avesnes-sur-Helpe + 1845 Quiévrechain) était le frère de Charles cité ci-dessus (1746 Avesnes-sur-Helpe + 1833 Bruxelles). L’occupant Joseph Derkenne (1754 1835) était le fils de Joseph Germain Derkenne (1720 1792) fermier laboureur et de Catherine Hannecart (1724 1810) cultivatrice. Il épousa le 10 germinal An VII Célestine Lotteau.

Lez-Fontaine

Une ferme ayant appartenu à l’émigré Bady fut achetée le 17 Prairial An 6 par Antoine Hazard puis une seconde le 7 messidor An 6 par le même acquéreur. (ADN 1 Q 152 / 1398 et 1 Q 155 / 1635)

Louvroil

Apparait également lors des ventes des biens de Charles Bady une ferme située à Louvroil acquise le 25 Thermidor An IV par Lelièvre Hardenpont Dethuin (ADN 1 Q 25 / 1210).

Difficile de se prononcer sur l’identité de ces trois acquéreurs : Lelièvre pourrait-il être ce Louis François Lelièvre contrôleur des fermes des douanes, marié en 1757 à Bavay avec Marie Jacque ? Quant à Hardenpont s’agirait-il de Jean Baptiste (1747 1827) concessionnaire des mines de Mariemont à Mons ? Pour ce qui est de Dethuin, Louis Félix Joseph Dethuin (1759 1835) Avocat – Notaire Impérial – Maire Adjoint de Mons – Membre du collège Électoral du département de Jemappes se serait il associé à Lelièvre et Hardenpont pour l’achat de cette ferme ?

Semousies

La cense de Semousies 27 rue de la cense

La Maison-Forte ou Cense de Semousies.

A une époque qu’il n’est guère possible maintenant de déterminer, la ferme de Semousies fut éclissée du Sart-de-Bouviers, pour former un fief de la dépendance de cette terre. Jeanne de Semousies (Simousies) posséda ce fief, dont elle rendit foi et hommage. Elle était vraisemblablement parente de Grard de Simousies, écuyer, prévôt de Mons en, 14021 puis châtelain, l’année suivante, de la forteresse de la Malmaison, assise sur les confins du Cambrésis. Ce gentilhomme était pauvre : sa charge ne lui rapportait, en effet, que 300 écus par an, et il n’avait d’ailleurs que peu de ressources. Jeanne, en épousant Fastré, sire d’Esclaihes, prévôt du Quesnoy, lui porta le fief de Semousies, qui passa, après eux, à leur fille, Jeanne d’Esclaihes, mariée à Michel_ de Haynin, surnommé Brongnart. Elle fit le relief de ce domaine féodal en 1405, après le décès de sa mère. Il est à croire que sa postérité, si elle en a eu, se sera bientôt éteinte, car, à peu de temps de là, le fief était possédé par les seigneurs d’Eclaibes. Il fut rattaché en 1591, lors de l’ouverture «de la succession du bastard de feu monsr d’Esclaihes, » au fief dominant, la seigneurie d’Aymeries, de laquelle le Sart-de-Dourlers faisait encore partie. « La maison, tourre,  grange, édifices, cours, mareschauchie, jardins, pastures, prets et terres labourables à trois royes, que l’on dist la censse de Scemozies, le droit de terraige que MM d’Aymeries avoient au territoire dudit Scemozies » ont été loués, par baux : 1er le 1er mars 1616, moyennant un fermage de 600 livres par an ; 2° en 1694, pour 500 livres; 30 et en 1707, aussi pour 500 livres.

En 1793, lors de la bataille de Wattignies, cette ferme, qui appartenait toujours au seigneur de Dourlers, fut pendant un moment le point de mire des canonniers français. Ils visaient à l’incendier; mais il n’en fut rien : l’action principale ayant cessé.

(Notice historique sur la terre seigneuriale et sur les seigneurs du Sart de Dourlers par Lebeau, Isidore)