Avesnes-sur-Helpe

Vue aérienne d’Avesnes-sur-Helpe
Miniature d’Avesnes-sur-Helpe. Album de Croÿ

La ville d’Avesnes-sur-Helpe est une cité pittoresque accrochée au flanc d’une falaise rocheuse. Ses seigneurs furent illustres. Le premier, Wédric le Barbu, la fonda au IX e siècle et la ville se construisit autour de son château seigneurial. En 1080, son fils Thierry d’Avesnes bâtit une autre tour.
Au XII e siècle, une agglomération unique était formée. Elle était entourée d’un mur d’enceinte qui réunissait les deux tours. Sur la place du marché fut fondée l’église saint Nicolas. Les seigneurs d’Avesnes étaient alors particulièrement puissants. En 1200 la ville reçut sa charte et la ville basse naquît autour de l’Helpe.

Au XV e siècle, Avesnes était une la ville du drap et connut la prospérité. Cependant elle dut subir de plein fouet le choc des guerres entre Louis XI et Charles le Téméraire puis de la guerre de succession de Bourgogne. En 1477, Alain d’Albret, pourtant seigneur d’Avesnes, fut obligé de prendre et de détruire la ville qui refusait de se rendre par fidélité envers Marie de Bourgogne.

La ville fut reconstruite grâce à Louise d’Albret . C’est à elle que l’on doit le chapitre de Chanoines et l’érection de l’église en collégiale en 1534, en style gothique tardif.

Les rois de France la convoitèrent longtemps pour en faire un bastion avancé sur la route de Paris. Mais elle passa sous la domination de l’Autriche, puis de l’Espagne avant de devenir française par le traité des Pyrénées en 1659.

Vauban la fortifia en agrandissant le bastion de la Reyne et en redessinant tous les ouvrages détachés.

Le XVIII e siècle fut une période de développement de la ville et la plupart des maisons datent de cette époque.

Le presbytère, où Napoléon Ier passa la nuit avant la bataille de Waterloo.

Ancienne maison du lieutenant de roi (XVIII e siècle) Napoléon y logea les 13 et 14 juin 1815. Le prince Impérial, fils de Napoléon III, logea dans le même immeuble.

 Napoléon y rédigea son dernier ordre du jour avant la bataille de Waterloo.

Au XIX e siècle la ville connut une réelle prospérité. Son marché au beurre était l’un des tous premiers de France.

En 1867, la ville fut déclassée en tant que place militaire. C’est aussi l’année de l’arrivée du chemin de fer et la population va ainsi doubler.

Le Prince Impérial logea à Avesnes à la veille de la bataille de Sedan.

Hindenbourg et le Kaiser à Avesnes

En 1918 la ville était le quartier général du Kaiser et du maréchal Hindenbourg.

Septembre 1944
La collégiale sans son clocher

le 2 septembre 1944 les allemands incendièrent le clocher de la collégiale lors de leur retraite.

Avesnes, sous préfecture est donc par son passé une seigneuriale et glorieuse cité.

Elévation de la Tour et de l’Eglise d’Avesnes-sur-Helpe 1840. Fonds Préfecture ADN 2 O 36 / 112
La collégiale à la « Belle Époque » .
La collégiale

Le choeur est édifié au milieu du XIII e siècle. L’église est remaniée vers 1484 après sa destruction partielle par Louis XI et achevée peu avant 1504, au moins dans son gros-œuvre. Elle est de nouveau remaniée après un incendie survenu en 1514. On termine les voûtes en 1533. On renforce la tour et l’on en complète les parties hautes vers 1547-1561.

L’église est érigée en collégiale en 1534. En effet, à cette date, Louise d’Albret, princesse de Chimai et dame d’Avesnes , fille d’Alain d’Albret et de Françoise de Bretagne et veuve de Charles de Croy, fonde le collège de chanoines d’Avesnes.

Dans l’ensemble, l’édifice appartient à l’époque brillante de l’architecture hennuyère. L’autel mis à part, c’est une église-halle avec des bas-côtés, des chapelles latérales et de sveltes colonnes. St-Nicolas d’Avesnes est un des exemplaires caractéristiques du flamboyant en Hainaut.

Sa tour carrée et massive soutenue par des contreforts se terminant dans un encorbellement d’échauguette qui forme chéneau, s’élève à 60 mètres. Au sommet du dôme se dresse un campanile où logea le guetteur jusqu’en 1815.

Le carillon reconstitué en 1956 après l’incendie le jour même de la libération, le 2 septembre 1944 par un obus, est composé de 48 cloches. Il est l’un des plus beaux instruments de l’art campanaire du Nord.

Le Chœur
Les sièges des stalles
Tapisserie
Le Chœur

Le choeur, en briques et pierre est la partie la plus ancienne de l’édifice. Il est du XIII e siècle. Il est formé d’une abside polygonale à cinq pans, plus basse que la nef. Le pavement du choeur eut lieu en 1851 (ADN Série 4 V).

La Nef

Celle-ci a une gracieuse légèreté et une harmonie qui font du bâtiment un exemple unique en son genre de l’architecture religieuse du XVI e siècle.

La grande Chapelle de la Vierge
Triptyque : à gauche l’Annonciation, au centre l’Assomption et à droite la Visitation

Ce merveilleux triptyque date de 1541 et est composé de quatre volets peints sur chaque face, et qui pivotent de chaque côté d’un panneau central aujourd’hui disparu. Il représente des scènes de vie de Saint Sébastien que l’on invoquait autrefois contre la peste.

Watteau exprime ici l’élan ascensionnel et démontre toute sa maîtrise technique dans un style typique du baroque tardif. Watteau acheva le cycle en 1768 et les toiles sont restées en place dans leur cadre d’origine depuis le XVIIIe, ce qui les rend d’autant plus rares et précieuses.

L’orgue construit par Victor Gonzalez dans ses ateliers en 1958, installé dans la Collégiale d’Avesnes-sur-Helpe en 1964 par Jean-Marc Cicchero.
Dalle funéraire d’Adrien de Blois mort en 1561 et de sa femme Jeanne Lallaing.

Sous la tribune d’orgues, figure la pierre tombales d’Adrien de Blois, bailli de la terre d’Avesnes et gouverneur de la ville de 1544 à 1555. Il est représenté aux côtés de sa femme. Cette pierre, d’un beau marbre rouge, a été très détériorée dans l’incendie de la tour en 1944.

Dalle
Dalle funéraire symbolisée par « la Grande Faucheuse »

Les chapelles absidiales : en partant du portail à gauche :

Chapelle avec de magnifiques boiseries Louis XV
Confessionnal , contemporain des lambris (1740)
Chapelle Sainte Anne
  • la quatrième Chapelle Sainte-Anne avec retable montrant les premiers signes de l’art baroque, à son sommet une statue de Sainte-Anne du XV ee siècle.
  • La grande chapelle de la Vierge avec ses boiseries exécutées vers 1740 et ses toiles peintes de Louis Joseph Watteau représentant l’Annonciation, la Visitation et au centre l’Assomption.

à droite :

Chapelle Saint Antoine : toile représentant Saint-François d’Assise au désert (XVIII e siècle) et statue de Saint Antoine.
Chapelle Saint Nicolas : au sommet Dieu le Père. Les grandes toiles sont aussi de Louis Watteau :saint Jean Baptiste baptisant, saint Nicolas apparaissant aux galériens et apaisant la tempête, saint Sébastien
  • la chapelle Saint-Antoine
  • La grande chapelle Saint-Nicolas
  • La chapelle Notre Dames des Mouches
La chapelle Notre Dame des Mouches. Le tableau représente les Français mis en fuite par des essaims d’abeilles, grâce à l’intervention de la Vierge, en 1498.
Notre Dame de Bonsecours dite Notre Dame des Mouches : la statue date du XV e siècle

La légende des mouches :

En 1498, alors que le Hainaut appartient aux Pays-Bas, les armées françaises assiègent Avesnes, place forte de première importance. Le 21 novembre, jour de la présentation, les paroissiens réunis en grand nombre dans l’Eglise prient la Sainte Vierge avec ferveur pour la délivrance de leur ville.

C’est alors que les abeilles du château fort d’Avesnes, troublées par la mitraille, sortent de leurs ruches et forment un rempart en face de l’ennemi qui se disperse en toute hâte. C’est pourquoi, dans les armes d’Avesnes, figurent une ruche et neuf abeilles.

La Chaire
Fonts Baptismaux
Vitrail

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La collégiale Saint-Nicolas d’Avesnes-sur-Helpe a été victime d’un incendie le lundi 5 avril 2021. On déplore la destruction par les flammes du retable situé dans la chapelle sud, retable qui abritait 3 tableaux réalisés en 1768 par Louis Watteau, classés Monuments Historiques en 1913, en même temps que la collégiale elle même. Afin d’accompagner et soutenir la commune d’Avesnes sur Helpe, une association locale « Sauvons la Collégiale d’Avesnes » a été créée pour animer l’appel aux dons. Tous peuvent contribuer à cet effort de restauration et de sauvegarde.

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Le polyptyque de Saint Sébastien

de la chapelle hospitalière d’Avesnes

par Michel Defossez,

Président de la Société Archéologique et Historique de l’Arrondissement d’Avesnes, Membre de la Commission Historique du Nord

Valentiana N° 22 Décembre 1998


Depuis le début du XIXe siècle se trouvaient dans la collégiale Saint-Nicolas d’Avesnes quatre volets de bois peints aujourd’hui classes, et représentant une scène de peste. L’origine précise de ces panneaux est inconnue. Lebeau écrivit qu’ils passaient pour provenir de la Maladrerie de la ville. (1)

En fait ces panneaux proviennent plutôt de l’ Hotel-Dieu de la ville, parfaitement distinct de la Maladrerie. Ils constituent un témoignage passionnant de l’ architecture hospitalière au milieu du XVIe siècle et de ce qu’était un hôpital à l’époque.

Pour établir cela, il faut commencer par décrire l’oeuvre.

Description du polyptyque

Les quatre panneaux peints correspondent à des volets permettant d’ouvrir et de fermer un retable central, aujourd’hui disparu. Ils comportent des personnages et des sujets sculptés comme les ateliers d’Anvers en ont produit en quantité au début du XVIe. Il existait de semblables retables à la collégiale d’Avesnes (deux furent cédés à La Flamengrie dans l’ Aisne où ils ont été volés, le troisième est maintenant à l’église de Saint-Germain l’Auxerrois à Paris). On en trouve encore deux à Ramousies ; les volets de l’ un de ces deux retables subsistent toujours.

L’ analyse suppose donc de détailler les panneaux volets fermés et volets ouverts.


Volets fermés

On a de gauche à droite :

I – Scène de peste dans un hopital :

Des religieuses récollectines, dites sœurs grises, s’ affairent autour des malades ; on apporte le viatique à un mourant. La légende précise : «Es stalles peste régnait si fort qu’à mort mettait grands petits faibles forts».

Des lits sont alignés le long d’un mur, une boiserie commune les relie. Sur la partie supérieure de la boiserie on aperçoit une sorte de devise : PAIX VIVIS REQUIES. Apparemment une inscription latine, en caractères romains alors que les légendes sont en caractères gothiques, a été reproduite par le peintre qui a confondu latin et français. Des tentures rouges permettent d’isoler les lits. Une fenêtre porte des armoiries, avec la date de 1551. On a lu au XIXe siècle 1441, mais le tableau est bien du XVIe siècle et porte bien cette date selon une écriture classique dans l’Avesnois.

II – Scène de peste dans une ville :

Un dragon survole la ville avec un glaive ; à la fenêtre dune maison une personne le regarde ; dans la rue, un homme le montre du doigt à une femme (plan supérieur). Le long du chevet de l’église, un homme transporte le cadavre d’ un enfant ; un cadavre, à demi étendu sur le seuil, sort d’une maison en pierre à l’ architecture présentant des éléments Renaissance ; dans le cimetière près de l’église un homme creuse la tombe de son épouse qui est en train de défaillir (plan médian). Enfin des porteurs transportent un cercueil (plan inférieur).

Cette scène traduit l’horreur de la peste, qui outre la mortalité importante, crée une mortalité brutale qui empêche les rites habituels de la mort, et donc sans doute aussi les prières des vivants pour les morts et les sacrements, permettant d’éviter l’Enfer.

<< Tant aux maisons de coups frappait le diable Tant mouraient gens de peste dommageable ».

III – Saint Sébastien réconforte Marc et Marcellin

C’est là le début de la vie de saint Sébastien. En haut, dans une église de campagne, Marc et Marcellin sont baptisés. Ils sont nus, à genoux devant des fonts baptismaux tels qu’on les connait depuis l’époque romaine. Un évêque les baptise. Dehors un personnage au chaperon vert observe ; c’est lui qui va dénoncer et provoquer l’arrestation des néophytes.

En bas, Marc et Marcellin sont enfermés en prison et Sébastien les réconforte et les encourage à rester fermes dans la foi, malgré la présence de l’ épouse avec un jeune enfant et de deux hommes. La légende precise :

« Sebastien fut en for tenant deux frères malgré leur enfant et leurs confrères ».

IV Martyre de Marc et Marcellin, arrestation de saint Bastien

Le plan supérieur nous montre le martyre de Marc et Marcellin par le feu dans un paysage on a cru voir les Pierres Martines de Solre-le-Château ; il s’ agit plutôt d’une maladresse de représentation d’une montagne.

En dessous, Sébastien comparait devant l’Empereur. Le turban et la barbe font allusion au Grand Turc, mais les armoiries du bâtiment sont celles du Saint-Empire. Le menton n’est pas sans évoquer celui de l’empereur Charles-Quint. Les costumes sont caractéristiques du début du XVIe siècle. On revoit le personnage au chaperon vert qui avait assisté au baptême.

« Des gens plusieurs après sont convertis pouquoi fut prins mais propos ne dit »

On observera que le martyre de saint Sébastien n’est pas représenté ; il devait l’être dans le retable central.

Volets ouverts

I – Saint Sébastien apparaît lors d’une peste

Une personne alitée voit saint Sébastien sous son aspect traditionnel, nu et perce de flèches. Il révèle que si on construit une chapelle en son honneur la peste cessera. C’ est ce que la légende devait préciser ; on n’ arrive plus à lire que :

« fut que…. peste

….église…… chapelle »

II – Construction de la chapelle

Un architecte visite le chantier et donne des ordres comme l’indique la position de la main. Les différentes étapes de la construction sont représentées : monter les pierres, les tailler, gâcher le mortier. Une petite niche est déjà en place. La légende précise le miracle :

« d’une église faire on travailla

et la peste plus nuls ne travailla »

III et IV – Procession d’action de grâces

Une procession, clergé en tête, suivi des hommes pieds nus et en chemise, puis des femmes habillées, se rend à l’église dont on aperçoit le choeur et le jubé. Quelques cadavres, face contre terre, jonchent encore le sol. Le tout
se passe au milieu d’architectures ou les éléments décoratifs Renaissance dominent, alors que l’église est de style gothique. On peut lire de la légende : …. voyant cessation

……firent procession ».

Il s’agit donc bien d’une procession d’action de grâces et l’ordre logique des panneaux est respecté.

Le polyptyque : reflet de l’Avesnois et d’une époque

Le sens général de ces panneaux est donc de montrer comment saint Sébastien est un saint intercesseur privilégié contre la peste.

La référence à la Légende dorée

Le polyptyque se réfère à un épisode de la Légende Dorée qui est le suivant (nous nous referons ici a la traduction de J-B M. Roze, Garnier-Flammarion 1967) : « Au temps du roi Gombert, l’Italie fut frappée d’une peste si violente que les vivants suffisaient à peine à ensevelir les morts ; elle fit de grands ravages particulièrement à Rome et à Pavie. Alors un bon ange apparut sous une forme visible a un foule de personnel ordonnant au mauvais ange qui le suivait et avait un épieu de frapper et exterminer Or autant de fois il frappait la maison, autant il y avait de morts à enterrer. Il fut révélé alors par l’ordre de Dieu à une personne que la peste cesserait entièrement ses ravages si l’on érigeait à Pavie un autel à saint Sébastien. Il fut en effet élevé dans l’église Saint-Pierre-aux-Liens. Aussitôt après le fléau cessa ».

On saisit bien ici l’influence de la LégendeDorée de Jacques de Voragine sur le tableau, mais avec des nuances. Dans la Légende Dorée, saint Sébastien fait un discours au moment de la comparution devant l’Empereur. Dans notre polyptyque, il se tait. On ne voit pas de bon ange. Enfin c’est saint Bastien qui apparaît directement.

Et surtout, il n’y a pas de scène d’hôpital dans la Légende Dorée, ce qui nous ramène a notre sujet.

Une représentation d’Avesnes

Les auteurs qui ont examiné l’oeuvre ont toujours été frappés par l’aspect local des architectures et des paysages. L’église où Marc et Marcellin sont baptisés, les maisons de la ville, la nature évoquent ce qu’on sait d’Avesnes et de l’Avesnois au XVIe siècle.

Le décor flamboyant de la niche de Saint-Sébastien est l’écho des portails flamboyants de l’époque qu’on peut voir àFlaumont, Lez-Fontaine, Dimont, Avesnelles, Waudrechies etc.

Mais bien entendu il est impossible de dire que on est en présence d’une description fidèle d’Avesnes, d’ autant qu’il y a en même temps des architectures imaginaires avec des décors Renaissance qui n’ont pas d’équivalents connus.

II en va cependant différemment de la scène de l’hôpital. Dans celle-ci, la perspective a été intentionnellement déformée pour montrer en même temps l’ allée centrale de l’hôpital et des fenêtres latérales qui portent des verrières armoiries.

Les donateurs avesnois

Ces armoiries sont aisément reconnaissables, même si elles posent quelques problèmes de date. La première est celle des Croÿ entourée du collier de la Toison d’Or, la seconde est celle des Blois-Trélon, c’est-a-dire des descendants du bâtard de Blois, fils naturel de Jean II de Blois-Chatillon, qui reçut la Terre de Trélon alors éclissée de la Terre d’Avesnes à la fin du XIVe siècle (2). Le bâtard de Blois avait épousé Sophie Van Dalem dont il prit les armes en les brisant d’ un franc quartier reprenant les armes des Blois-Chatillon (3).

La date de 1551 fait donc allusion à des libéralités faites à l’hôpital par des personnages titulaires de ces armoiries. Pour l’un d’eux, l’identification est facile. Le gouverneur d’Avesnes, Adrien de Blois, frère du vénérable Louis de Blois, abbé de Liessies, descendait du Bâtard de Blois. Il fut gouverneur de la ville jusqu’en 1555 et il y fut enterré. Sa pierre tombale est encore visible dans la collégiale Saint-Nicolas.

En revanche, il n’existait pas de Croÿ, chevalier de la Toison d’ Or en 1551. Philippe II de Croÿ était décédé en 1549; Charles son premier fils décéda en 1551 avant d’avoir été fait chevalier ; Philippe III le second fils fut fait chevalier bien après 1551.(4). La solution la plus vraisemblable est que des libéralités testamentaires furent faites par Philippe II, mais que les travaux ne furent achevés qu’en 1551.

Un autre indice est apparent dans le carrelage qui montre sur certains carreaux un monogramme présentant un A entrelace de deux P, qui évoquent soit le couple Anne de Croÿ (Dame d’Avesnes décédée en 1539) -Philippe II soit éventuellement Anne de Lorraine (seconde épouse) – Philippe II. Cette dernière aurait agi comme exécutrice testamentaire de son mari à qui elle survécut jusqu’en 1568.(5)

Quoi qu’il en soit de l’attribution exacte, le polyptyque décrirait alors l’ hôpital d’Avesnes en 1551, tel qu’il était après des travaux financés pour partie par Adrien Blois-Trélon, gouverneur de la Ville, et par Philippe de Croÿ, seigneur de la Ville, Terre et Pairie d’Avesnes. Et il est donc probable que le tableau était destiné à orner cet hôpital.

Hôpital ou maladrerie ?

Car c’est bien de l’hôpital qu’il s’agit et non de la maladrerie, comme on pensait au début du XIXe siècle.

Les deux établissements sont distincts dans leur origine, leur fonction et leur architecture.

Selon la tradition (manifestée par des tuiles portant une date et qui remontent au XVIIe siècle conservées au Musée de la Société Archéologique d’Avesnes), la maladrerie remonterait à 1158. La première mention de l’hôpital l remonte à l’ acte de 1212 par lequel Gauthier II d’Avesnes constitue des sortes d’apanages à ses frères et donne la Terre de Dourlers à Guy. Il s’agit dans cet acte d’ un hôpital des pauvres (6). En 1268, Jean I de Chatillon, seigneur d’Avesnes, fait des legs distincts à la « Maison-Dieu » (c’est-a-dire l’ hôpital) et à la « Maladrie »(7).

La maladrerie est un endroit où l’on isole les lépreux, l’ hôpital un lieu où l’on recueille les pauvres, et où ils ont gite, couvert et soins. Parmi ces pauvres, il peut y avoir des catégories particulières : pèlerins, orphelins etc. La maladrerie comportait une chapelle et des maisonnettes distinctes pour les lépreux. Au contraire, comme on le voit sur le tableau, les pauvres étaient recueillis dans un édifice en forme de chapelle où ils avaient des lits baldaquins tendus de couvertures rouges, et ils recevaient une assistance matérielle et spirituelle. Le fond de l’édifice était une abside avec un autel, et les malades pouvaient donc assister à la messe. Le tableau montre une succession de quatre lits, soit plus que n’aurait pu, en toute hypothèse, contenir la chapelle de la Maladrerie dont la longueur totale (chœur compris) ne dépassait pas dix mètres. Ceci est un argument supplémentaire pour identifier l’hôpital et non la maladrerie.

Tous ces éléments sont bien connus et nous rappellent les hospices de Beaune. D’une certaine façon, on peut dire que notre polyptyque de Saint-Sébastien est l’équivalent (fonctionnel, sinon artistique) du Jugement Dernier de Rogier de la Pasture, avec un bon demi-siècle d’écart.

Mais si l’hôpital était fondamentalement une chapelle, il n’était pas que cela ; il fallait en effet au minimum une cuisine. Par ailleurs, il fallait du personnel pour assurer les soins quotidiens. A Avesnes, et à cette époque, l’hôpital était desservi par des sœurs grises dont le couvent avec une chapelle propre jouxtait le bâtiment. Ces sœurs grises avaient pris la succession des béguines dites encore Filles-Dieu ou Filles dévotes en 1473, sans doute par transformation de la communauté religieuse préexistante. (8)

De cet hôpital même, il ne reste rien ; tout fut reconstruit en 1632. (9) Mais la reconstruction respectait le schéma ancien de la grande salle en forme de chapelle. Cette grande salle fut compartimentée en 1835. Le chœur est resté intact et la structure d’origine est encore parfaitement visible dans la construction qui est maintenant appelée la « Résidence de la Chapelle ».

La représentation fidèle d’une époque ?

Il ne nous est donc pas possible de vérifier in situ si la représentation du tableau est fidèle. Il est vrai que les architectures figurées posent problème. Le mur de briques et sa corniche a l’arrière de la scène de la comparution de saint Sébastien devant l’Empereur ne correspondent pas à ce qu’on sait de l’ architecture du milieu du XVIe siècle dans nos régions. De même l’arc de la fenêtre armoriée de la scène de l’hôpital, en plein cintre, est totalement inhabituel. Ces deux éléments feraient plutôt penser à la première moitié du XVIIe siècle.

A l’inverse, les décors en gothique flamboyant de la niche de saint Sébastien, les costumes, notamment des soldats, l’église du baptême des saints Marc et Marcellin, l’église de la ville et son jubé, les maisons et les costumes de la scène de peste en ville correspondent bien à la période qui va de 1500 a 1550. Même le remplage des verrières du chœur de l’église, présentant des motifs circulaires et non en arc brise, répond aux fenêtres situées à l’entrée de la collégiale Saint-Nicolas d’Avesnes datables des années 1550. Ce qui signifie que l’arc brise commençait à être abandonné en Avesnois vers cette date ; le tableau représente une église de style gothique hennuyer, dont la collégiale d’Avesnes est le meilleur exemple.

On notera aussi la tonalité « médiévale » de l’ œuvre, non seulement dans l’ inspiration (Légende Dorée), mais encore dans les représentations. L’architecte qui visite le chantier exprime le commandement dans une attitude classique au Moyen Age (10).

L’écriture n’est pas sans poser aussi problème : les légendes sont en gothiques, la devise sur les lits en caractères latins.

Il ne faut pas chercher dans une reprise du tableau l’explication de ces discordances. Nous avons pu vérifier qu’il n’y avait pas de repeints, qui n’ont pas davantage été décelés lors de la dernière restauration par les services du Musée du Louvre.

La date de 1551 n’ est pas douteuse. Au début du XVIIe siècle, entrée en vigueur du Concile de Trente aidant, on n’aurait plus fait un tel retable à scènes faisant référence à la Légende Dorée ; l’empereur et ses soldats auraient été représentés à la romaine, et non comme Charles Quint et ses soudards qui s’illustrèrent lors de la prise de Rome.

Mais l’esthétique Renaissance commence à apparaître dans un Hainaut particulièrement conservateur et attaché au style gothique qu’il illustre encore par les églises d’Avesnes, Chimay etc. Le peintre a cherché à représenter l’antiquité, d’ où, au milieu d’ architectures « contemporaines », des représentations différentes qui nous évoquent l’ art de la Renaissance. La brique et l’ arc en plein cintre étaient sans doute perçus comme représentatifs de la Rome antique, comme les figures de chimères et de monstres qui décorent certains murs. Cette représentation de l’antique est encore très maladroite, l’humanisme n’ a pas encore porté tous ses fruits dans cette œuvre d’origine locale et le peintre a donc inventé des arcs en briques assez étranges.

Pour ce qui concerne la scène de l’hôpital, l’emploi de l’écriture romaine est l’un des premiers témoignages de cette nouveauté, déroutante (11) pour ceux qui avaient appris à lire avec l’ancienne écriture, signe peut-être d’ une origine princière du donateur des lits qui avaient voulu une inscription latine. Quant aux fenêtres en plein cintre, nous avons vu qu’elles existaient déjà dans la collégiale Saint-Nicolas d’Avesnes. Mais il est aussi possible qu’elles soient déformées en plein cintre pour signifier qu’on est dans l’antiquité et non dans la période contemporaine.

Au total l’œuvre est donc un témoignage précieux de la pénétration de l’art de la Renaissance dans nos contrées.

Il existe encore en Avesnois deux autres exemples de cette architecture hospitalière traditionnelle encore vivace au XVIIe siècle : il s’agit des vestiges de la chapelle Saint-Roch à Solre-le-Château et de la chapelle Saint-Julien a Dourlers, chapelle destinée a l’accueil des pèlerins. Il est malheureusement à craindre que nous ne soyons pas en mesure de laisser à nos successeurs ces précieux témoignages.

Notes

  1. LEBEAU, Précis de l’histoire d’Avesnes, Avesnes, 1836, p. 113.
  2. 2. Acte aux Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, cote E 120, publie par J. FINOT, « Une émeute à Avesnes en 1413 ›>, Mémoires de la Societé des sciences de l’agriculture et des arts de Lille, 1895, p. 84.
  3. Cf. « Généalogie des seigneurs de Trélon… », Mémoires de la Société Archéologique et Historique de l’Arrondissement d’Avesnes, t. XI, p. 202.
  4. Sur les Croÿ, on peut consulter : Robert BORN, Les Croÿ, 1981 ; Jean-Marie DUVOSQUEL. « La fortune foncière du duc Charles de Croÿ et les albums de Croÿ», dans Villes et Villages de la Belgique Espagnole ( 1596-1612), Actes du colloque de Chimay et Fourmies des 7 et 8 mai 1992, Crédit Communal de Belgique. 1996. p. 13 et ss.
  5. Hypothèse proposée par M. François Boniface de la Commission Historique du Nord, que je remercie spécialement pour ce qui concerne ces questions d’ identification.
  6. Acte publié dans le « Cartulaire de la Terre d’Avesnes >›, Mémoires de la Société Archéologique et Historique de l’Arrondissement d’Avesnes. t. IX, p. 96.
  7. A. J. MICHAUX, Chronologie Historique des Seigneurs d’Avesnes, Avesnes 1844-1868, reprint Office d’ Edition et Diffusion du Livre d’Histoire et Société Archéologique et Historique de l’Arrondissement d’Avesnes, 1994, p. 111.
  8. M. DEFOSSEZ, « L’ implantation des ordres religieux dans les petites villes du Hainaut méridional (XIIIe-XVIIe) », Actes du XXXVe Congres de la Fédération des Sociétés Savantes du Nord de la France, Le Touquet 1994, p. 42 et ss.
  9. Date portée sur une niche du bâtiment.
  10. François GARNIER, Le langage de l’image au Moyen Age, t. 1, p. 165 et ss.
  11. Lorsque Galliot du Pré publie en 1531 les Illustrations de la Gaule Belgique de Jacques de Guyse, il emploie les caractères gothiques plus appropriés au lectorat, que les caractères romains dont il dispose et qu’il utilise pour indiquer son nom. C’est seulement à la fin du XVIe siècle que l’écriture gothique disparaît des monuments funéraires de l’ Avesnois. A Ramousies, la pierre tombale de Hiltrude Damanet, épouse de Jacques Herbecq, fabriquée en 1592 et écrite en caractères gothiques, reçut en 1617 la date du décès de la défunte en caractères romains.

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Installation et baptême des nouvelles cloches à la collégiale d’Avesnes 1923

Histoire de la reconstitution du carillon tel que M Cayasse, Inspecteur de l’enseignement primaire à Avesnes, l’a racontée et qui se trouve dans les archives de la S.A.H.A.A.

« Nous ne verrons plus celles que l’Allemand nous a prises. Le bourdon a été seul à chanter la délivrance de notre ville et depuis plus de 6 ans nous n’avons que lui pour annoncer les offices, célébrer les fêtes, sonner les cérémonies funèbres. La municipalité avait espéré pouvoir rendre plus tôt la vie au clocher muet, mais les difficultés se sont accumulées. Tout d’abord il fallait de l’argent pour les nouvelles cloches et l’on ne peut encore prévoir aujourd’hui quand la ville recevra l’indemnité de dommages de guerre destinée à faire face à cette dépense. Heureusement M.Wauthy, de Douai, le fondeur renommé de tant de belles cloches, a consenti à recevoir 25.000 Francs seulement à la livraison et à se contenter de l’intérêt de 22.905 Francs de surplus jusqu’au jour où la ville toucherait des dommages de guerre et un conseiller municipal membre de la Société d’Archéologie a prêté 25.000 francs à la ville.

La première difficulté était donc résolue, le fondeur se mit en œuvre et livra les 4 cloches qui furent bénites le 28 octobre 1923 par Monseigneur Chollet, archevêque de Cambrai assisté de M. le Chanoine Lenotte Vicaire-Général, en présence de maître Edouard Gir Doyen de la paroisse St Nicolas d’Avesnes et de M.Maurice Picard, Maire de la Ville d’Avesnes.

Les noms anciens furent conservés, sauf celui de Benoîte que ne désignait pas une aussi lointaine tradition. La cloche qui la remplaçait reçut le nom de Jeanne d’Arc, il a paru qu’il était bien qu’une des voix de la tour de notre église évoquât la Sainte de la Patrie.

Le Bourdon Charlotte pèse 3160 kilogrammes et donne le « La » de l’octave. Les inscriptions des cloches disparues ont été reproduites sur leurs cadettes ainsi que les sujets de la cloche Hiltrude et l’on y a ajoute sur le côté libre ce qui suit:

Aldegonde : j’ai nom Aldegonde, Mon parrain a été M.Henri Foisset, juge honoraire. Ma marraine Madame Maurice Pécard. Je remplace la cloche Aldegonde enlevée par les Allemands le 15 octobre 1917. Mon poids est de 146o kgs. Je donne le « Ré” naturel.

Hiltrude : J’ai nom Hiltrude, Mon parrain a été M.Jules Wittrant Avoué. Ma marraine Madame Georges Maire. je remplace la cloche Hiltrude enlevée par les Allemands le 15 octobre 1917. Mon poids est de 1050 kg, je donne le « Mi » naturel.

Joséphine : J’ai nom Joséphine. Mon parrain a été M.Henri Lenain, Président de la Confrérie de St Vincent de Paul. Ma marraine a été Madame Auguste Deshayes. Je remplace la cloche Joséphine enlevée par les Allemands le 13 octobre 1917. Mon poids est de 725 kgs, je donne le « Fa » dièze.

Jeanne d’Arc : J’ai nom Jeanne d’Arc. Mon parrain a été M.Charles Beaumont, banquier. Ma marraine Madame Edouard Chevreux. Je remplace la quatrième cloche enlevée par les Allemands le 17 octobre 1917.Mon poids est de 450 kgs, je donne le « La » naturel.

La cérémonie de la bénédiction fut très belle, la foule s’y pressait et il ne restait dans l’église pas une place assise ou debout….

Les cloches que leurs marraines avaient enveloppées d’aubes brodées, étaient suspendues sur deux rangs, à droite et à gauche de l’entrée du choeur.

Monseigneur l’Archevêque a revêtu l’ornement du centenaire de Notre-Dame des Mouches, il s’avance au son des orgues avec ses acolytes l’abbé Peter et l’abbé Declémy, suivi d’un très nombreux clergé qui lui fait cortège….

Monseigneur procède ensuite aux cérémonies de la bénédiction rituelle pendant que les jeunes files des familles des parrains et marraines distribuent des dragées à l’assistance. Dès qu’elle est accomplie, Monseigneur l’archevêque, les parrains et les marraines, le Doyen, le Maire, le Président du Conseil Paroissial font tour à tour tinter chacune des cloches..

Les cloches durent ensuite attendre pendant 18 mois sur les dalles de la nef et d’une chapelle collatérale que le clocher fût prêt à les recevoir. La direction des Beaux-Arts à qui incombait la mise en état de ce dernier, a fait les plus louables efforts pour les hâter, mais if a fallu attendre les crédits nécessaires à l’énorme dépense de réfection de la toiture et de la charpente et d’installation d’un beffroi indépendant des murailles, pour la suspension des cloches.

C’est seulement en mai 1925 qu’elles purent faire entendre aux Avesnois leurs voix aimées. Elles sont aujourd’hui mises en branle au moyen d’un pédalier qui remplace avantageusement les sonneurs d’autrefois.

La municipalité s’est occupée également de notre pauvre carillon qui a beaucoup souffert de ces péripéties. Elle a pu ramener au bercail les cinq cloches descendues par les Allemands et qui après l’armistice s’étaient envolées vers diverses autres communes, elle a fait fondre une remplaçante à celle qu’ils ont brisée et exécuter les réparations nécessaires aux autres.

La mise en place du carillon, la restauration du cadran de l’horloge ne sont pas encore près d’être réalisées, il faut s’y résigner en murmurant le proverbe éternellement vrai Patience et longueur de temps…. »

***

LA GRAND-PLACE :

L’Hôtel de Ville : : histoire et protection patrimoniale

L’Hôtel de Ville
Sur la façade de la mairie : Gloire aux Morts pour la Patrie

L’actuel Hôtel de Ville occupe l’emplacement de l’ancienne « maison de ville », reconstruite en 1757‑1758. L’édifice d’origine se composait de deux bâtiments séparés par une petite cour intérieure. Le corps donnant sur la Place d’Armes abritait, au rez‑de‑chaussée, les bureaux municipaux, tandis que le corps de garde se trouvait juste en dessous. À l’étage, une vaste salle servit dès 1765 de salle d’audience pour le tribunal de bailliage. Le bâtiment situé à l’arrière accueillait quant à lui la prison, longtemps restée dans un état de délabrement avancé. Il fut finalement reconstruit en 1811, selon un nouveau plan, et réaffecté : il ne comptait plus qu’un étage, divisé en deux pièces, l’une destinée aux audiences, l’autre au greffe des justices de paix et au tribunal de simple police.

Lors de la reconstruction de 1757, une plaque de plomb fut scellée dans les fondations. Elle portait les noms de l’architecte Pierre Salengros, de l’entrepreneur Charles Jamar, ainsi que ceux des principaux responsables locaux, dont le marquis d’Argouges, gouverneur d’Avesnes depuis 1750. La façade en pierre bleue, agrémentée d’un élégant perron, constitue encore aujourd’hui l’un des ornements majeurs de la Place d’Armes.

Classement et inscription au titre des Monuments Historiques
  • Le perron, la façade sud et les toitures du bâtiment principal sont classés au titre des Monuments Historiques depuis le 9 janvier 1930.
  • En novembre 2021, la protection a été étendue par inscription à plusieurs autres éléments :
    • les façades arrière et latérales du bâtiment principal ;
    • les intérieurs présentant des aménagements significatifs des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles :
      • au rez‑de‑chaussée : salles voûtées et passage voûté ;
      • au premier étage : vestibule, cheminée du XVIIIᵉ siècle (salle sud‑ouest), cheminée du début du XIXᵉ siècle (salle sud‑est), cage d’escalier et escalier avec garde‑corps du XVIIIᵉ siècle ;
      • au deuxième étage : grande salle avec tribune, combles avec papiers peints imitant le cuir de Cordoue et bibliothèque murale ;
    • les façades, toitures et escalier extérieur du bâtiment situé au fond de la cour ;
    • les salles voûtées et le passage cocher voûté du rez‑de‑chaussée de ce même bâtiment ;
    • ainsi que le sol de la cour.

Ces protections successives témoignent de l’importance historique et architecturale de l’Hôtel de Ville, dont les différentes campagnes de construction et de réaménagement reflètent l’évolution administrative et judiciaire d’Avesnes‑sur‑Helpe depuis le XVIIIᵉ siècle.

Fontaine sur la Grand’Place

Au centre de la Grand’Place d’Avesnes‑sur‑Helpe se trouve une fontaine contemporaine, installée à l’initiative du Rotary Club local.

La fontaine, de conception moderne, associe sobriété des lignes et matériaux durables, en harmonie avec l’architecture environnante — notamment la façade en pierre bleue de l’Hôtel de Ville.

Elle constitue aujourd’hui un élément de repère pour les habitants comme pour les visiteurs, et témoigne de l’engagement du Rotary dans la valorisation du patrimoine urbain et la vie locale.

Maisons anciennes

belle Bâtisse ornée de grands balcons
Autre jolie bâtisse
Belle porte avec écussons et belle pierre sculptée
La rue Léo Lagrange

La rue Léo Lagrange réunit la ville haute à la ville basse. elle ne manque pas de pittoresque avec ses maisons bâties de guingois et ses vieilles façades.

LA PETITE PLACE : LA PLACE Guillemin

L’ancien Palais de Justice

L’ancien Palais de Justice de style néo-grec.

L’ancien palais de justice d’Avesnes‑sur‑Helpe est un édifice remarquable de style néo‑grec, dont la construction s’inscrit dans un long processus de reconstruction judiciaire. Le premier tribunal, situé à proximité d’un magasin à poudre, fut détruit en 1815 lors d’une explosion. Il fallut attendre 1827 à 1829 pour qu’un nouveau bâtiment voie le jour, conçu par l’architecte Victor Leplus (1798‑1851).

Leplus, qui réalisera plus tard le palais de justice de Lille (détruit en 1963), adopte pour Avesnes un style inspiré de l’architecture italienne et palladienne. Le bâtiment principal, de plan rectangulaire, abritait la salle des pas‑perdus et la salle d’audience, tandis qu’une aile perpendiculaire, plus basse, regroupait les bureaux administratifs.

Transformations du XIXᵉ siècle

Entre 1835 et 1840, Leplus ajoute un étage supplémentaire destiné à accueillir les archives. En 1837, le plafond de la salle d’audience est abaissé afin d’améliorer l’acoustique.

Cependant, dès 1851, le Conseil général juge l’organisation du bâtiment peu fonctionnelle. L’architecte Jules Fiévet est alors chargé d’un important réaménagement. Ses interventions comprennent :

  • la division de la salle des pas‑perdus en trois espaces distincts,
  • l’aménagement du couloir ouest en salles d’attente pour témoins et prévenus,
  • la transformation de la salle d’audience, désormais dotée d’un hémicycle,
  • le remplacement du plafond à caissons par un plafond à voussures, plus bas,
  • la construction d’une nouvelle cage d’escalier à l’arrière.

Ces travaux s’achèvent en 1853.

Évolutions au XXᵉ siècle

Dans les années 1930, des travaux de consolidation sont entrepris pour renforcer les planchers des combles — qui supportaient les archives — ainsi que la charpente de la salle d’audience. Après la Seconde Guerre mondiale, le palais de justice fait encore l’objet d’agrandissements afin de répondre aux besoins croissants de l’institution judiciaire.

Un nouveau palais de justice

L’ancien bâtiment reste en fonction jusqu’au début du XXIᵉ siècle. Entre 2005 et 2006, un nouveau palais de justice est construit sur le plateau Chémerault, sous la direction de l’architecte Pierre‑Louis Faloci, marquant la fin de l’utilisation judiciaire de l’édifice historique.

Monument Guillemin

Monument aux Guillemin. Sculpteur Bertrand Boutée

Érigé en 1910, le monument rend hommage à trois figures majeures de la vie politique avesnoise : Joseph Guillemin, maire d’Avesnes sous la Restauration, ainsi qu’à son fils Ernest et à son petit‑fils Léon, tous deux parlementaires du XIXᵉ siècle. Cette œuvre commémorative, installée sur la Grand’Place, témoigne de l’influence durable de cette famille dans l’histoire administrative et politique de la ville.

Le monument est dû au sculpteur Bertrand Boutée, artiste actif au tournant du XXᵉ siècle, dont le style associe sobriété, sens du portrait et mise en valeur des personnalités locales. Par son traitement classique et son inscription dans l’espace public, l’ensemble s’inscrit dans la tradition des monuments civiques célébrant les notables ayant marqué la vie municipale.

Niche de 1678 sur la Place Guillemin. Statue de Ste Thérèse d’Avila.
L’école Sainte Thérèse

Le Pensionnat de Sainte Thérèse

Le pensionnat fut édifié sur l’emplacement d’une maison qui fut le quartier général de Jourdan et Carnot au début de la bataille de Wattignies (1793). Les religieuses appartiennent à l’ordre des sœurs de la Providence, fondé à Avesnes au début du XIX e siècle par Mère Carlin, à qui Talleyrand rendait fréquemment visite.

Marie Jeanne Thérèse Carlin est née le 1er janvier 1785 à La Sablonnière, hameau de Jeantes, petit village de l’Aisne. A 20 ans, le 2 juillet 1805, Monique prononce les vœux de chasteté, d’obéissance et de dévouement à l’éducation de la jeunesse… Désormais, son nom sera sœur Thérèse-Monique Carlin. En 1817, elle est sollicitée par les autorités d’Avesnes pour instruire les jeunes. Elle vient dans cette ville avec quatre personnes pour ouvrir un pensionnat, une école gratuite et un hôpital. Elle ébauche un premier règlement et prend la tête de la congrégation qui prend le vocable de Ste Thérèse d’Avila. Le 4 octobre 1822, mère Carlin et dix-huit sœurs font leurs premiers vœux à la collégiale d’Avesnes.

Les sœurs de Sainte-Thérèse d’Avesnes sont présentes dans le diocèse de Cambrai depuis la fondation. Actuellement, elles sont au Quesnoy, à Maubeuge, Marcoing, Fourmies, Avesnelles et une communauté est également présente à Tourcoing (diocèse de Lille). Les sœurs ont pour mission l’instruction de la jeunesse. Leurs principes pédagogiques découlent de la vie de mère Carlin, au contact de la nature.

En 1820, mère Carlin ouvre le premier hôpital à Maubeuge pour le service des malades. Elle veut être présente auprès du plus délaissé et de celui qui souffre… Les Sœurs restent fidèles à cette mission et essaient de répondre aux besoins de leurs temps.

La congrégation est arrivée à Madagascar en 1963 en réponse a l’appel de Monseigneur Michel Canonne, originaire du diocèse de Cambrai. Cette mission continue de s’élargir en 2007: une communauté des Sœurs de Sainte-Thérèse est ouverte au Burkina Faso (diocèse de Nouna). En 2022, deux sœurs Malgaches sont arrivées dans le diocèse de Cambrai : sœur Sabine à Bagatelle (Avesnelles) pour une mission au sein de la Congrégation et sœur Albertine a Fourmies pour renforcer la communauté des sœurs et répondre aux besoins pastoraux ; sœur Jeanne Florentine est également arrivée à Tourcoing, pour une formation.

Source : Sœur Véronique Supérieure Générale Nos clochers avril 2022

Institut Villien
façade de l’Institut
Institut Villien

L’Institut Villien est un édifice emblématique d’Avesnes‑sur‑Helpe, construit en 1869 grâce au legs du colonel Villien, bienfaiteur de la ville. L’architecture adopte le style Louis XIII, reconnaissable à l’usage combiné de la brique et de la pierre, aux toitures élancées et aux lignes sobres mais élégantes qui rappellent les grandes constructions civiles du XVIIᵉ siècle.

Dès son origine, le bâtiment est destiné à accueillir les sociétés savantes, artistiques et culturelles d’Avesnes. Il devient rapidement un lieu de rencontre privilégié pour les érudits locaux, les amateurs d’histoire, les associations littéraires et les cercles artistiques, jouant un rôle central dans la vie intellectuelle de la cité.

Aujourd’hui, l’Institut Villien a conservé sa vocation culturelle : il abrite le musée archéologique, où sont présentées les collections locales retraçant l’histoire ancienne de l’Avesnois, de la préhistoire au Moyen Âge. Par son architecture soignée et sa fonction patrimoniale, il demeure l’un des bâtiments les plus remarquables du centre‑ville.

Le Musée d’histoire et d’archéologie d’Avesnes-sur-Helpe :

Historique des collections

Les premières collections du musée prennent forme dès 1851, grâce aux dons des membres de la Société historique et archéologique et aux objets issus de fouilles menées dans la région : Bavay, Ferrière‑la‑Grande, Saint‑Hilaire, Fuchau et d’autres sites de l’Avesnois. Lorsque la Société s’installe à l’Institut Villien en 1870, elle y rassemble progressivement un ensemble d’objets archéologiques et historiques qui formeront le noyau du futur musée.

Points forts des collections

Le musée conserve plusieurs ensembles remarquables :

  • un fonds exceptionnel lié à l’égyptologue et orientaliste Prisse d’Avesnes, figure majeure du XIXᵉ siècle ;
  • un fonds local regroupant des objets provenant de l’ensemble de l’Avesnois ;
  • des collections archéologiques régionales : monnaies gauloises, bijoux gallo‑romains et mérovingiens, statuettes en bronze ;
  • des sculptures des XVe et XVIe siècles, dont un Christ en bois du XVIᵉ siècle ;
  • des documents et objets d’histoire locale, notamment des balances de changeurs du XVIIᵉ siècle ;
  • des manuscrits enluminés de l’abbaye de Liessies, parmi lesquels un remarquable Saint Marc issu de l’Évangéliaire de 1146 ;
  • des pièces d’arts populaires, des faïences, ainsi que des collections minéralogiques et paléontologiques.

Thématiques représentées

Les collections couvrent un large éventail de domaines :

  • Antiquités étrangères : objets égyptiens ;
  • Archéologie nationale : préhistoire, protohistoire, périodes gallo‑romaine, médiévale et moderne ;
  • Art religieux : manuscrits médiévaux, statuaire du XIVᵉ au XVIIᵉ siècle ;
  • Civilisations extra‑européennes : notamment des pièces d’art islamique ;
  • Collections militaires : armes et équipements ;
  • Manuscrits et incunables ;
  • Numismatique ;
  • Ethnologie : habitat, métiers, outils, pratiques religieuses et collectives ;
  • Histoire locale et régionale.

Cet ensemble varié fait du musée un lieu incontournable pour comprendre l’histoire de l’Avesnois, depuis les premières occupations humaines jusqu’aux périodes modernes.

Vue sur le bras de l’helpe qui borde les bâtiments de l’ancien Hôpital

L’Hôpital fut fondé au XII e siècle. il s’agissait probablement d’un hôpital‑aumône, tenu par des religieux ou des confréries locales; Les bâtiments actuels sont du XVII et XVIII e siècles et ces campagnes de reconstruction correspondent à un mouvement général observé dans tout le Nord–Pas‑de‑Calais, où les hôpitaux anciens sont reconstruits pour répondre à l’augmentation de la pauvreté et aux nouvelles exigences sanitaires.

L’hôpital d’Avesnes a longtemps joué un rôle essentiel dans la vie locale :

  • accueil des malades et vieillards,
  • prise en charge des indigents,
  • gestion de biens et de rentes destinés à financer l’assistance,
  • présence d’une chapelle et de bâtiments conventuels.

Il constituait un pôle important de la ville basse, en lien avec les activités caritatives et religieuses.

Le monument au Tambour Stroh inauguré le 3 septembre 1905 . Il a été élevé à la mémoire d’un enfant de 15 ans dont Michelet a vanté l’héroïsme.


Inauguré le 3 septembre 1905, le monument dédié au Tambour Stroh rend hommage à Jean‑Baptiste Stroh, jeune Avesnois de quinze ans dont l’héroïsme fut célébré par Michelet. L’œuvre s’inscrit pleinement dans l’esthétique commémorative de la Belle Époque, mêlant sobriété classique et exaltation patriotique.

Le monument se compose d’un socle en pierre aux lignes nettes et équilibrées, typiques du vocabulaire néoclassique encore en vogue au début du XXᵉ siècle. Ce socle, volontairement massif, sert d’assise à la figure sculptée et met en valeur la verticalité de l’ensemble. La sculpture représente le jeune tambour dans une attitude résolue, le corps légèrement projeté vers l’avant, comme saisi dans un élan. Son tambour, symbole de sa fonction militaire, accompagne la composition et rappelle son rôle dans l’action qui fit sa renommée.

Le sculpteur a choisi un traitement réaliste, fidèle à l’esprit du XIXᵉ siècle : le visage conserve la douceur et la jeunesse de l’adolescent, tandis que les plis du vêtement, soigneusement modelés, traduisent le mouvement et la tension dramatique du moment. L’ensemble dégage une impression de dignité simple, sans emphase excessive, mais suffisamment expressive pour évoquer le courage et la détermination du jeune héros.

Par son style, son équilibre et sa présence sur l’espace public, le monument au Tambour Stroh s’inscrit dans la tradition des hommages civiques de la Troisième République, où la célébration des figures locales exemplaires participait à l’éducation patriotique et à la mémoire collective.

Stroh était originaire d’Alsace. En 1792, ce très jeune patriote de la Révolution quitta sa région avec ses frères pour s’engager comme volontaire dans l’armée. Âgé de seulement quinze ans, il fut incorporé comme tambour dans l’ancien régiment du Royal‑Suédois, devenu le 89ᵉ régiment de ligne.

Au début du mois d’octobre 1793, il se trouvait à Avesnes, alors que se préparaient les combats qui allaient mener à la bataille de Wattignies. C’est là que Stroh se distingua : entraînant avec lui un petit groupe de soldats, il partit affronter les troupes autrichiennes. Infatigable, il battait la charge pour soutenir l’assaut. Cerné par des grenadiers hongrois et refusant de se rendre, il fut abattu héroïquement, au moment même où des renforts arrivaient sur les lieux.

Les restes du jeune tambour furent retrouvés en 1837 et transférés au cimetière communal de Dourlers, où ils reposent désormais.

Les Monuments aux Morts

Ce monument est aujourd’hui au centre d’une petite place pavée. il n’en fut pas toujours ainsi car le monument fut jadis dans un espace clos de murets de béton et de grilles.
Situé dans la partie basse de la ville, rue de Mons, près de l’ancien hôpital et de l’Helpe majeure, le monument se trouve légèrement en retrait de la rue.

Il associe un socle massif en pierre à une figure sculptée représentant un soldat en tenue de poilu, debout, l’arme au repos, dans une attitude de dignité et de recueillement. Cette posture, à la fois simple et héroïque, incarne le courage des combattants et la douleur silencieuse des familles.
Il mesure plus de 3m50 de haut, 3m30 de large et a une longueur de 6m40.

Stèle érigée en mémoire des Déportés de la Résistance disparus au cours de la guerre 1939 – 1945

Sobre et recueillie, elle adopte la forme d’un monument vertical en pierre, dont la simplicité volontaire renforce la solennité du lieu. L’inscription gravée rappelle le sacrifice des résistants avesnois morts dans les camps nazis entre 1939 et 1945

Stèle érigée en mémoire des Enfants d’Avesnes morts pendant la guerre 1939 – 1945

Une stèle commémorative rend hommage aux Enfants d’Avesnes tombés durant la Seconde Guerre mondiale. Érigée pour perpétuer leur souvenir, elle adopte une forme volontairement sobre, fidèle à l’esprit des monuments de l’après‑guerre.

Hommage à Léo Lagrange, député du Nord, Ministre des Sports et Loisirs, Mort au champ d’Honneur 1900 1940
Monument à Jessé de Forest, teinturier originaire d’Avesnes, colon pionnier du groupe qui fondera la ville de New York.

Érigé en 1926, le monument dédié à Jessé de Forest rend hommage à cet Avesnois du XVIIᵉ siècle, considéré comme l’un des initiateurs de l’émigration huguenote vers l’Amérique du Nord. La stèle, taillée dans une pierre claire, adopte une forme verticale et épurée, typique des monuments commémoratifs de l’entre‑deux‑guerres. Sa silhouette sobre met en valeur l’inscription gravée qui rappelle le rôle historique de Jessé de Forest et le lien durable entre l’Avesnois et les colonies wallonnes du Nouveau Monde. Par sa simplicité et sa dignité, le monument affirme la place singulière de cet homme dans la mémoire locale et dans l’histoire transatlantique.

6 oratoires et 3 chapelles

Avesnes-sur-Helpe vers 1910
Avesnes-sur-Helpe 2011

Le kiosque à danser a été installé en 1890 place de la Rotonde. Il est circulaire surélevé sur pied unique en fonte, constitué d’une charpente métallique et d’une toiture en zinc. Le plancher de la plateforme est en bois. Il a été restauré en 2012 dans le cadre de la préservation et de la valorisation du patrimoine bâti du Parc naturel régional de l’Avesnois.

La Salle des Fêtes rue Cambrésienne

La Salle des Fêtes d’Avesnes‑sur‑Helpe, située rue Cambrésienne, est un édifice emblématique de la vie culturelle locale depuis le début du XXᵉ siècle. Construite dans un style sobre et fonctionnel, elle présente une façade en brique typique de l’architecture publique de l’entre‑deux‑guerres, rythmée par de hautes baies qui assurent une belle luminosité intérieure. L’espace, vaste et modulable, a longtemps accueilli bals, concerts, réunions associatives et cérémonies municipales, jouant un rôle central dans la sociabilité avesnoise. Par sa simplicité et sa générosité d’espace, la salle demeure un lieu familier et attachant, témoin de plusieurs générations de fêtes et de rencontres. Le bâtiment est aujourd’hui utilisé comme espace de stockage municipal et pour des besoins techniques de la ville. Il n’accueille plus de public et n’est plus considéré comme un équipement culturel ou festif.

Les remparts
Bastion de la Reyne

Le donjon du XII e siècle et une partie de l’enceinte médiévale ont été mis au jour depuis 1975. L’enceinte du XVI e siècle a été construite par les Espagnols et réaménagée au XVII e siècle (largement conservée : Porte de Mons, bastion de la Reyne, bastions de France et Saint-Jean).

Le Pont des Dames

Le Pont des Dames est un un pont-écluse à quatre vannes édifié par Vauban, permettant de réguler le cours de la rivière, de tendre des inondations défensives et de réguler le volume d’eau des fossés.

L’HeLpe Majeure au Pont des Dames
Tour près du Pont des Dames
la Gare

La gare d’Avesnes‑sur‑Helpe, mise en service au XIXᵉ siècle lors du développement du réseau ferroviaire du Nord, constitue l’un des édifices publics les plus marquants de la ville. Son bâtiment voyageurs, construit en brique et pierre, présente une architecture typique des gares régionales de cette époque, avec une façade symétrique, des baies en plein cintre et un corps central légèrement avancé. Longtemps animée par le trafic voyageurs et marchandises, la gare a joué un rôle essentiel dans l’essor économique de l’Avesnois, facilitant les échanges et reliant la ville aux grands axes régionaux. Aujourd’hui encore, malgré une activité réduite, elle demeure un repère urbain important et un témoin de l’histoire industrielle et ferroviaire du territoire.

Avesnes-sur-Helpe comptait deux moulins, le moulin St Pierre situé sur le ruisseau du même nom et le moulin du domaine royal sur l’Helpe Majeure, rue de Mons,  qui était à quatre tournants dont un à usage d’écoussière c’est-à-dire à écoudre l’épeautre. Il fut démoli en 1891.

Le Moulin Saint Pierre
Brasserie-malterie Hazard Paul, puis Hazard et Cie
Ministère de la Culture – Base Mémoire, référence : IVR31_19915900953V

Selon la tradition orale, la brasserie‑malterie aurait été fondée à la fin du XIXᵉ siècle par Paul Hazard, dont les initiales PH figurent encore sur la façade donnant sur la rue. L’établissement prend ensuite la raison sociale Hazard et Cie, qu’il conservera jusqu’à l’arrêt de la production en 1960. À cette date, les bâtiments sont reconvertis en dépôt de boissons, avant d’être transformés en logement en 1985.

L’activité brassicole y fut particulièrement soutenue : en 1927, la production oscillait entre 6 000 et 12 000 hectolitres de bière par an. En 1946, la brasserie fabriquait encore environ 15 000 hectolitres de bière de fermentation haute, et la malterie demeurait en fonctionnement.(35 rue de Mons)

Brasserie‑malterie Herbecq Avesnes‑sur‑Helpe
Ministère de la Culture – Base Mémoire, référence : IA59000151

Située au lieu‑dit du Clos Fleuri, cette ancienne brasserie constitue l’un des témoins discrets mais significatifs de l’activité brassicole qui anima longtemps Avesnes‑sur‑Helpe. Exploitée au début du XXᵉ siècle par Léonce Herbecq, elle produisait une bière de fermentation haute dont la fabrication atteignait encore 6 000 hectolitres en 1927. L’établissement cesse son activité avant la Seconde Guerre mondiale et connaît ensuite une reconversion industrielle : les bâtiments sont repris par l’Union Paysanne Ogan Viande, qui y installe un abattoir. Aujourd’hui désaffecté, l’ensemble conserve néanmoins ses volumes caractéristiques et rappelle la diversité des petites industries qui structuraient autrefois les faubourgs avesnois.

Caserne Chémerault : 84e Régiment d’infanterie. – Bureau de recrutement (1re région) : Choisy (chevalier de la Légion d’Honneur), chef de bataillon d’infanterie, commandant en 1908.

Édifiée au XIXᵉ siècle, la caserne Chémerault occupe une place importante dans l’histoire militaire d’Avesnes‑sur‑Helpe, longtemps ville de garnison. Installé en bordure du centre ancien, l’ensemble se compose de bâtiments en brique ordonnés autour d’une vaste cour, selon un plan fonctionnel typique de l’architecture militaire de cette période. La caserne a accueilli différents régiments au fil du temps, participant à la vie économique et sociale de la ville par la présence quotidienne des soldats. La caserne est fermée en 1938, mettant fin à plusieurs décennies de présence de troupes au cœur de la ville. Ses volumes imposants et sa façade rythmée rappellent encore aujourd’hui le rôle stratégique qu’Avesnes jouait dans la défense du territoire. Depuis sa désaffectation, le site a été reconverti et accueille aujourd’hui des services municipaux.

L’ancienne Gendarmerie Place Guillemin
AVESNES-La Gendarmerie
La gendarmerie, la prison et le palais de justice

Sur cette carte postale on y voit la Gendarmerie prolongée par la prison dont on aperçoit le porche au fond à gauche. A droite le Tribunal.

À la suite de la caserne Chémerault, le front bâti se prolongeait autrefois par la gendarmerie et la maison d’arrêt, deux établissements qui formaient un ensemble cohérent au cœur de la vie administrative et judiciaire d’Avesnes‑sur‑Helpe. La gendarmerie jouxtait directement la prison, dont on apercevait le porche monumental depuis la place Guillemin. C’est en face de cette maison d’arrêt que se dressait la guillotine, utilisée pour la dernière fois en 1891 lors de l’exécution des Écumeurs de Cartignies, un fait divers qui marqua durablement la mémoire locale

Gendarmerie en cours de destruction

La gendarmerie fut transférée dans les années 1930 route de Landrecies.

AVESNES-La Prison
Porche d’entrée de la prison

La prison ancienne, devenue insalubre au milieu du XIXᵉ siècle, fut entièrement reconstruite : un premier projet, jugé trop coûteux, fut rejeté en 1854. Il fallut attendre 1862 pour que s’élève un nouvel établissement, capable d’accueillir 120 détenus dès 1864, contre 85 auparavant. Cet ensemble, qui formait avec la gendarmerie un véritable pôle judiciaire, demeura en service jusqu’à sa démolition. Sur son emplacement a été édifiée la nouvelle Trésorerie, bâtiment moderne qui a ensuite été transféré en 2010 vers le plateau Chémerault, près du nouveau tribunal

L’Office de Tourisme

Installé au cœur de la ville, l’Office de Tourisme occupe un bâtiment qui sert de point d’accueil privilégié pour découvrir l’Avesnois. Il assure la promotion du patrimoine local, des circuits de randonnée et des richesses naturelles du Parc naturel régional. Lieu de ressources autant que de rencontres, il accompagne les visiteurs dans la découverte de la cité fortifiée et de son territoire, tout en valorisant les acteurs culturels, artisanaux et touristiques de la région.

Vue aérienne d’Avesnes-sur-Helpe

Cette vue aérienne offre une lecture remarquable du cœur historique d’Avesnes‑sur‑Helpe, dominé par la silhouette imposante de la collégiale Saint‑Nicolas. Autour de l’édifice, les toitures serrées des maisons anciennes dessinent un tissu urbain dense et régulier, hérité du Moyen Âge et des reconstructions successives. L’ensemble révèle la structure concentrique de la ville fortifiée, où la collégiale, véritable repère monumental, organise encore aujourd’hui la trame des rues et la vie du quartier.