Vieux-Mesnil

Vieux-Mesnil Rue de l’Eglise
Vieux-Mesnil

🟦 1. Introduction historique

Les premières mentions de Vieux‑Mesnil remontent à 1180, lorsque Jacques, seigneur d’Avesnes et avoué de l’abbaye d’Hautmont, ratifie un accord entre cette abbaye et le seigneur d’Hargnies.

Sur le plan religieux, Vieux‑Mesnil forme dès le XIIᵉ siècle, avec Manissart et Hargnies une paroisse relevant de la collation de l’abbaye Saint‑Pierre d’Hautmont, qui conservera ses droits jusqu’à la Révolution.

La terre de Vieux‑Mesnil constituait un fief‑lige relevant de la pairie de Barbençon. Au XIVᵉ siècle, elle est tenue en fief par la famille de Sars : Guillaume de Baraf est cité comme « seigneur de Sars, de la Haye et du Mesnil ». La suzeraineté relève alors du sire de Beaumont, Jean de Hainaut, qui en 1336 en fait donation à sa fille Jeanne pour constituer sa dot. La tenure locale demeure toutefois dans la lignée des Sars jusqu’au XVIᵉ siècle : Michel de Sars est encore mentionné comme « seigneur de Vieux‑Mesnil ». Par héritage, la terre passe ensuite à sa fille Isabeau de Sars et à son époux Jean de Wasservas, puis à leur fils Godefroid de Wasservas, dont les biens sont confisqués en 1587 pour cause de rébellion. Les fiefs sont alors acquis par Charles‑Philippe d’Ongnies (1570‑1632), comte d’Estrées, qui les ajoute aux domaines de Ressaix hérités de son épouse. Fort endettée, la maison d’Ongnies doit aliéner ses terres, et les quatre fiefs seigneuriaux de Ressaix sont finalement vendus aux enchères en 1628.

Au XVIᵉ siècle, la seigneurie de Vieux‑Mesnil entre dans la maison de la Barre, grande famille hennuyère dont plusieurs membres furent trésoriers, receveurs ou échevins de Mons. Les sires de la Barre détiennent alors à la fois la tenure locale et la suzeraineté supérieure, héritée du démembrement du comté de Beaumont. Au XVIIᵉ siècle, une dame de la Barre transmet ces droits par alliance aux comtes de Corswarem, qui conservent la seigneurie jusqu’à sa vente au marquis de Gages en 1760.

Synthèse féodale

Tenure locale (seigneurs du lieu) :

Sars → Wasservas → confiscation (1587) → Ongnies → vente (1628) → La Barre → Corswarem → Gages

Suzeraineté supérieure (seigneurs en titre) :

Beaumont → Blois‑Châtillon → Orléans → démembrement → La Barre → Corswarem

La liste des seigneurs locaux, leurs offices, leurs alliances et l’histoire du château de Vieux‑Mesnil s’inscrit dans cette double structure féodale. La section relative au château que vous trouverez en bas de page présente la succession complète des familles seigneuriales, depuis les Sars jusqu’au marquis de Gages, ainsi que l’histoire du château détruit en 1794.

Au début du XVIIᵉ siècle, sous l’abbatiat de Gaspard Hanot, l’abbaye renforce sa présence en procédant à de nombreuses acquisitions à Manissart.

La fin de l’Ancien Régime est marquée par plusieurs épisodes violents : le 28 juillet 1789, les paysans de la région manifestent avec véhémence contre l’abbaye d’Hautmont ; en juillet 1792, les troupes autrichiennes ravagent le secteur ; en 1794, les troupes françaises incendient le château.

Après la Révolution, la paroisse connaît des réorganisations : en 1791, Vieux‑Mesnil est rattaché à Boussières ; en 1846, l’inverse se produit et Vieux‑Mesnil redevient paroisse autonome.

L’ancienne église romane, située à l’emplacement de l’actuel cimetière, ayant été ruinée et incendiée en 1794, il fallut attendre le milieu du XIXᵉ siècle pour que la commune entreprenne la construction d’un nouvel édifice.

🟦 2. Patrimoine religieux

L’Ă©glise Saint-Martin de Vieux-Mesnil

L’église Saint‑Martin de Vieux‑Mesnil, héritière d’une chapelle romane dépendant de l’abbaye d’Hautmont dès 1187, fut reconstruite en 1852–1855 sur un plan allongé à trois vaisseaux, orienté à l’Est, avec un chevet en abside et un porche en pierre de Soignies. La décision fut prise le 6 mai 1852 et la réception des travaux eut lieu le 3 décembre 1855 par M. Fievet, architecte à Avesnes, et l’abbé Boitiaux. Les travaux, d’un montant de 20 000 francs, furent exécutés par M. Delahaye (Feignies) et M. Marchipont (La Longueville). Une partie des matériaux de l’ancienne église fut réemployée pour la nouvelle construction, notamment pour les soubassements et le dallage.

Le clocher‑porche nord, élevé sur trois niveaux, ouvre sur une nef voûtée en berceau, séparée des bas‑côtés par des arcades en plein‑cintre. Les chapelles latérales sont ornées de boiseries.

Son mobilier remarquable comprend une chaire sculptée, des stalles anversoises, une charité de Saint Martin et des éléments d’une ancienne grille de chœur.

Gravement touchĂ©e en 1914, puis rĂ©quisitionnĂ©e en 1918 comme hĂ´pital allemand, l’Ă©glise a fait l’objet de restaurations importantes tout au long du XXᵉ siècle.

Elle conserve aujourd’hui une chaire sculptée figurant le Christ et les évangélistes, des chapelles dédiées à la Vierge et à Saint Joseph, ainsi qu’une grotte mariale. Le chœur abrite un autel restauré après les bombardements de 1914, des stalles de Van Erkel et les fragments de l’ancienne grille de chœur retirée après Vatican II. On y trouve également une charité de Saint Martin, un confessionnal sculpté, plusieurs objets liturgiques anciens et un orgue mélodium du XIXᵉ siècle. Les vitraux, endommagés lors de la Grande Guerre, ont été restaurés une première fois en 1924 puis entièrement repris en 2019‑2020.

Pour une prĂ©sentation complète, consulter ici le pdf très documentĂ© rĂ©alisĂ© par l’Association MĂ©moire de Maisnil et d’Hargnies, en collaboration avec la MunicipalitĂ© de Vieux-Mesnil et la Paroisse St Pierre en Bavaisis.

Quelques photos du site :

Calvaire 14 rue de Maubeuge

Ce calvaire fut érigé à l’initiative de Raymond Erraux (1899‑1971) et de son épouse Eva Haplencour (1900‑1981). Leur fille Georgette Erraux (1925‑2008), agricultrice et demeurée célibataire, en fit don à la commune.

🟦 3. Patrimoine civil

La Mairie et son site

Elle se trouvait rue de Boussières, au fond de l’impasse mais fut brĂ»lĂ©e par les Allemands en 1914. En 1928 elle Ă©tait place des Tournelles puis par la suite installĂ©e Ă  quelques pas de lĂ , au 35, rue de l’Ă©glise.Enfin elle intĂ©gra l’ancien presbytère oĂą elle se trouve actuellement.

09.10.1927 – Inauguration du bâtiment Ă©cole-mairie

Monument aux Morts rĂ©alisĂ© en pierre de granit de Soignies d’une hauteur de 4 m sur un socle carrĂ© de 1,70 m de cĂ´tĂ© .

Le Monument aux Morts érigé en 1921. Marbrier : Euclide Bavay Lixon

L’Ă©rection de ce monument aux morts fut dĂ©cidĂ©e par dĂ©libĂ©ration du conseil municipal en date du 20 mai 1920. D’un montant de 4 000 francs, le monument fut payĂ© pour moitiĂ© par la commune et pour moitiĂ© par une souscription.

le Moulin :

L’ancien moulin de Vieux-Mesnil

A la fin de l’Ancien RĂ©gime le moulin Ă  deux tournants qui n’était pas banal appartenait Ă  François Joseph Bonnaventure Dumont, marquis de Gages (1739 1787). Son fils FĂ©ry Louis (1768 1840) le loua en 1799 Ă  Marguerite Delpature (1744 1810) veuve de Michel Minaire (1735 1779) lequel occupait de son vivant le moulin. Justine Dumont Ă©pouse de Rodriguez d’Evora y Vega hĂ©rita du moulin au dĂ©cès de son père FĂ©ry Louis. DĂ©cĂ©dĂ©e en 1855 ses trois filles, AdĂ©laide, EmĂ©rence et Maria, entrèrent en possession du moulin. Puis en 1861 seule AdĂ©laide Rodriguez Ă©pouse d’Alfred de Lichtervelde, propriĂ©taire Ă  Mons le dĂ©tenait. Constant Blanchard (1818 1899), meunier, occupa le moulin Ă  partir de 1846 jusqu’aux environs de 1881. Le moulin d’un Ă©tage resta dans la lignĂ©e des de Lichtervelde jusqu’à sa dĂ©molition en 1964 : Alfred (1813 1880), son fils Gaston (1847 1913) puis la fille de celui-ci Blanche (1885 1961) Ă©pouse de  Fernand Philippe Marie Joseph Ghislain van de Werve de Vorsselaern (1879 1958).

Il ne reste aujourd’hui à la sortie du village en contrebas de l’église que les vestiges des vannes.

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La cense des Ecrolies

Le hameau des Ecrolies relie Manissart Ă  un autre hameau : le Trieu Audin.
(Trieux est synonyme de secteur en friche)

On explique l’appellation « Ecrolies » Ă  l’existence du verbe « écroler qui signifie Ă©crouler » ainsi, lorsque les charrois empruntaient cette voie, les rebords des traces laissĂ©es dans la chaussĂ©e s’Ă©croulaient tant le matĂ©riau Ă©tait friable.

La cense des Ecrolies qui n’existe plus aujourd’hui Ă©tait « un fief qui comprenait 8 bonniers et demi de bois (bois Galant) maison, grange, Ă©table, assises sur 4 rasières et demi… Â». (Minon frères : Hautmont et son abbaye page 449)

Elle appartenait en 1773 à De Lattre seigneur de Feignies. Elle fut ensuite vendue à Louis Joseph Vautier, maître de forges à Maubeuge.

Le vicomte Florent Maximilien Joseph De Lattre, nĂ© en 1747 Ă  Feignies, 
fils de Roger Florent De Lattre de Feignies et d’Alexandrine Le Vaillant,
fut officier des gardes Wallonnes du roi d’Espagne (1762), lieutenant-
colonel au service d’Espagne. Il Ă©pousa le 03 10 1804 Ă  Ayette sa cousine 
Amable EugĂ©nie Guislaine De Lattre de Neuville nĂ©e Ă  Ayette en 1775. 
Il devint maire d’Ayette. Il habita en Catalogne. Il décéda à Arras le 12 06 1831.

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🟦 4. Le château et les seigneurs de Vieux‑Mesnil :

Les premiers seigneurs connus de Vieux‑Mesnil sont Helin et Raoul du Maisnil, qui prirent part à la troisième croisade. En 1189 apparaît également Olbardi del Maisnil, témoin dans un acte de Wautier, seigneur d’Avesnes et avoué de l’abbaye d’Hautmont.

À la fin du XIIIᵉ siècle surgit la famille de Sars, originaire de Sars‑la‑Bruyère en Belgique, qui va marquer durablement l’histoire seigneuriale du Mesnil. Parmi ses membres, Guillaume (ou Wuillaume) de Baraf, seigneur de Sars et de Maisnil, est armé chevalier en 1301 par l’empereur Albert Iᵉʳ à Aix‑la‑Chapelle. Il devient ensuite grand bailli du Hainaut en 1361 et bailli des bois du Hainaut entre 1360 et 1361. Marié à Marie du Sart, il meurt à Mons, où il est inhumé dans l’église des Cordeliers.

Son successeur, Guillaume de Sars, seigneur du Maisnil, époux de Berthe d’Asselstein, remet en 1384 au duc Albert le rapport de sa terre « dou Mesny » en faveur de ses enfants. À sa mort, il est enterré dans l’église des frères mineurs de Mons. Lui succède probablement Wuillaume de Baras de Sars, sire du Mesnil, marié à Agnès d’Anvaing.

Au début du XVe siècle, Gérard de Sars, époux de Marie de Beaufort, exerce les fonctions de bailli des bois du Hainaut (1422‑1423) et de prévôt de Beaumont (1420‑1422). Puis vient Jacques de Sars, seigneur d’Angre, Audignies, Trazegnies et Vieux‑Mesnil, marié à Marguerite de Barbençon. Il assiste le 26 mai 1439 à la translation du corps de Sainte Aldegonde à Maubeuge. Décédé à Angre, il est enterré dans la chapelle sépulcrale près de l’église.

Un autre membre de la famille, Jean de Sars, est mentionné en 1472 dans un procès l’opposant au seigneur de Bellignies. Puis apparaît Jacques de Sars, seigneur du Maisnil et de Saulchoit. Enfin, Michel de Sars, seigneur du Mesnil, marié à Marguerite de Vertaing, meurt sans enfant après avoir été prévôt de Maubeuge de 1463 à 1485.

Après l’extinction de la branche locale des Sars, la seigneurie passe en 1534 au seigneur de Clerfayt, puis en 1552 à sa veuve. Elle entre ensuite dans la maison De La Barre, grande famille hennuyère.

Le premier représentant de cette lignée est Hugues de la Barre, auteur de la branche du Mesnil d’Erquelines, fils de Nicaise de la Barre. Trésorier‑général des guerres par lettres patentes du 12 juillet 1536, il épouse Catherine Du Mont. Leur fils Philippe de la Barre, seigneur de Vieux‑Mesnil et de Maurage, receveur général des aides du Hainaut, épouse le 14 juillet 1560 Jacqueline François dite de Sémeries.

Leur descendant Jean‑Paul de la Barre, seigneur de Vieux‑Mesnil et de Masny‑Saint‑Pierre, épouse le 1ᵉʳ juillet 1611 Jeanne Dessus‑Le‑Moustier. Il figure parmi les échevins de Mons en 1612, 1615 et 1616. Ses armes sont : d’azur à la fasce d’or, accompagnée de trois têtes de lion de même.

Un autre membre de la famille, Jean de la Barre, seigneur de Maisnil et de Manissart, épouse Dorothée‑Jeanne de la Hamaide. Il est créé baron du Mesnil et meurt sans alliance en 1721. Lui succède Charles Joseph Troffee de la Barre, marié à Polyxène‑Auguste de Croix, puis leur fils Sébastien Charles Joseph de la Barre, baron, seigneur de Vieux‑Mesnil et de Noirchin, marié en 1775 à Barbe‑Françoise, baronne de Marche.

Selon le dénombrement de la principauté de Barbençon présenté au roi Louis XVI le 24 février 1784, le seigneur de Vieux‑Mesnil est alors Charles Louis Auguste Ferdinand, comte de Corswarenne, héritier des droits des sires de La Barre.

Mais quelques années plus tôt, en 1760, les seigneuries de Manissart et de Vieux‑Mesnil ont été rachetées par François Bonaventure Joseph du Mont de Gages, marquis de Gages, au duc Charles Louis de Corswarenne. Le rapport d’Hennet, prévôt de Maubeuge, daté du 5 juin 1788, confirme que le marquis de Gages est le dernier seigneur de Vieux‑Mesnil.

Né à Mons le 13 octobre 1739, François Bonaventure Joseph du Mont de Gages est créé marquis le 9 décembre 1758. Il épouse en 1763 sa cousine‑germaine Alexandrine‑Françoise‑Pétronille de Bousies‑Champvant, dont il a trois enfants. En août 1784, il adresse au gouvernement une requête pour obtenir l’autorisation d’ajouter des ornements à son blason. Dans sa supplique, il invoque la fidélité de sa lignée à la maison souveraine et demande l’usage du manteau de gueules fourré d’hermines, surmonté d’une couronne ducale, entourant ses armoiries : de gueules au chevron d’or accompagné de trois trèfles d’argent, deux en chef et une en pointe, supportées par deux hommes sauvages au naturel couronnés et couverts de lierre, appuyés chacun sur une massue.

La faveur lui est accordée par lettres patentes du 2 novembre 1784.

Le marquis de Gages est également nommé, le 22 janvier 1770, grand maître provincial de toutes les loges des Pays‑Bas autrichiens.

Ce fut le dernier seigneur de Vieux‑Mesnil. Le château, quant à lui, fut incendié par les troupes françaises en 1794.

Source : « MEMOIRE DE MAISNIL et D’HARIGNY » association ayant pour objet la promotion du patrimoine historique et culturel des villages de VIEUX MESNIL et d’HARGNIES.

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🟦 5. Sources et liens

Pour tout connaitre sur Vieux-Mesnil (sa mairie,sa mĂ©diathèque, son Ă©cole, ses associations, son histoire, ses entreprises, ses circuits de randonnĂ©es …) je vous invite Ă  consulter le Site Officiel Portail de Vieux-Mesnil Mairie de Vieux-Mesnil rĂ©alisĂ© par M. Alain LiĂ©nard dans le cadre de sa fonction de maire du village.


Portail du site de la Mairie http://www.vieux-mesnil.fr