
Notice historique des Fayts (Grand‑Fayt & Petit‑Fayt)
L’existence du site de Petit‑Fayt, qui n’est pas distinct de celui de Grand‑Fayt, est attestée dès 921 par une charte de Charles le Simple affectant à perpétuité ce lieu au service des frères du couvent de Maroilles. Au XIᵉ siècle, l’ensemble appartient à Wedric‑le‑Barbu, seigneur d’Avesnes, et se structure autour d’un pôle castral : Grand‑Fayt prend le nom de Fayt‑le‑Château, tandis que Petit‑Fayt devient Fayt‑la‑Ville (du latin villa, exploitation agricole), regroupant les terres dépendant du château.
En 1186, Petit‑Fayt apparaît comme une paroisse du décanat d’Avesnes, avant de devenir une simple annexe de Grand‑Fayt. Au XIIIᵉ siècle, la terre des Fayts appartient à Philippe de Hainaut, seigneur de Sebourg et d’Angre, petit‑fils de Baudouin l’Édifieur, comte de Hainaut. Les deux villages ne forment alors qu’un seul ensemble paroissial et territorial.
Les registres de l’abbaye de Maroilles, renouvelés en 1460 et 1528, montrent que Fayt‑le‑Ville (Petit‑Fayt) et Fayt‑le‑Casteau (Grand‑Fayt) constituent une seule paroisse placée sous l’autorité spirituelle et féodale de l’abbaye. Celle‑ci détient le patronage, les grosses et menues dîmes, la majorité du terrage et la gestion paroissiale. Maroilles perçoit dix garbes sur cent, contre six pour le seigneur d’Avesnes.
À cette époque, la seigneurie laïque d’Avesnes est tenue successivement par Françoise de Châtillon‑Limoges, son époux Alain d’Albret, puis leur fille Louise d’Albret et Charles de Croÿ‑Chimay. Ces seigneurs locaux, résidant à Avesnes‑sur‑Helpe, disposent dans les Fayts d’un prévôt et d’un fermier chargés de percevoir leur part de terrage. Leur autorité demeure toutefois secondaire face à celle de l’abbaye de Maroilles, véritable seigneur principal des deux villages.
Au XVIᵉ siècle, la famille Préseau apparaît déjà dans les Fayts : installée dans le village depuis au moins 1515, elle y possède des terres, des fermes et un réseau d’alliances locales. Mais c’est au XVIIᵉ siècle que les Préseau prennent une place décisive dans l’histoire des deux Fayts.
En 1663, Nicolas Philippe Joseph de Préseau, greffier du magistrat d’Avesnes et futur anobli, acquiert un vaste ensemble féodal comprenant le Sart‑de‑Dourlers, Écuélin, Mécrimont et les fiefs d’Avesnes. L’année suivante, il revend Dourlers à Ernest d’Esclaibes. En compensation du prix, il accepte la terre du Fayt, composée d’une cense, d’un muid de blé assis sur le moulin de Cartignies et de plusieurs rentes.
C’est cet échange de 1664 qui introduit officiellement les Préseau dans les Fayts. La famille, déjà présente localement depuis le XVIᵉ siècle, devient alors propriétaire seigneuriale d’un domaine structuré, centré sur la cense du Fayt.
Nicolas de Préseau meurt en 1682. Lors du partage de ses biens en 1678, son fils Jean‑Baptiste de Préseau, grand bailli d’Avesnes, reçoit quatre fermes à Fayt, qui constituent le cœur de la seigneurie foncière des deux villages. À partir de cette date, il porte le titre de seigneur de Fayt‑Ville, titre qui englobe l’ensemble formé par Grand‑Fayt et Petit‑Fayt.
Sous l’autorité de Jean‑Baptiste de Préseau, les Fayts ne sont plus seulement un ensemble paroissial dépendant de l’abbaye de Maroilles : ils deviennent une véritable seigneurie familiale, structurée autour des fermes, des cens et des rentes du domaine du Fayt. Pendant une génération, le titre de seigneur de Fayt‑Ville reflète cette appropriation seigneuriale des deux villages par la famille Préseau.
Cependant, cette construction seigneuriale ne survit pas à Jean‑Baptiste. Son testament de 1708 ne mentionne plus la terre de Fayt‑Ville : elle n’est ni léguée, ni citée parmi les fiefs ou mains‑fermes. Dès le début du XVIIIᵉ siècle, les Préseau cessent d’utiliser ce titre ; ils ne sont plus que seigneurs de Floyon, de Thiernu ou d’Hugémont.
La seigneurie foncière des Fayts semble donc s’être éteinte comme entité autonome entre 1678 et 1708. Elle revient alors à son seigneur naturel : la terre d’Avesnes, dont le titulaire devient en 1706 Philippe d’Orléans, futur Régent de France. Sous son autorité, les Fayts retrouvent leur statut traditionnel de dépendance directe vis‑à‑vis de la seigneurie d’Avesnes, tandis que l’abbaye de Maroilles conserve son rôle spirituel et décimal.
Au siècle suivant, cette terre d’Avesnes passe à son petit‑fils, Louis‑Philippe d’Orléans (1747‑1793), dit Philippe‑Égalité, dernier seigneur supérieur d’Avesnes sous l’Ancien Régime. C’est lui qui, à la veille de la Révolution, vend la terre d’Avesnes, mettant fin à plusieurs siècles de seigneurie princière sur l’ensemble du territoire, y compris les Fayts.
Les Fayts ne forment qu’une seule commune jusqu’en 1845. Une ordonnance du 20 décembre 1847 érige Petit‑Fayt en succursale, mais la paroisse continue d’être administrée par le desservant de Grand‑Fayt.

L’église de la Visitation avec porche a été reconstruite en 1650, et agrandie en 1718-1719 par l’adjonction de nefs latérales.
La face est du clocher est percée de petites baies géminées romanes, vestiges de l’édifice du XIIIe siècle : source MH
Notons la pose d’un nouveau coq sur le clocher le 28 novembre 2011.
L’intérieur possède quelques statues intéressantes dont un saint Corneille et une Vierge portant l’Enfant-Jésus.
La dalle funéraire d’André Gosse, mort en 1691 et de Marguerite Manesse sa femme est classée MH et représente la mort tenant une bêche et une faux entre deux personnages placés sous un arc en plein cintre.


Beau monument rectangulaire de pierre bleue de 4 mètres de haut pour 1,60 mètre de longueur et 1,20 mètre de largeur. Il se compose de 3 parties : Sur la partie inférieure, on trouvait à l’origine les noms des soldats victimes des trois guerres (1870-1871 /1914-1918/ 1939-1945) sur des plaques de marbre rivetées aux quatre faces du monument. Les noms étaient entourés d’un côté d’une feuille d’olivier et de l’autre d’une feuille de laurier. Plus tard, ces plaques furent enlevées et l’on ne trouve aujourd’hui que les noms des soldats gravés dans la pierre.
Sculpteur : Etienne Camus. Marbrier : Alphonse Moronval d’Avesnes

Kiosque à danser circulaire en fonte sur pied unique fabriqué vers 1890 par la fonderie Paradis d’Hautmont.
La principale activité de la commune est la laiterie qui récolte tout le lait produit sur l’Avesnois ; elle est l’héritière de la Laiterie coopérative des Fayts.


- 1891: Création de la SA coopérative de la laiterie de Fayt par Auxibe Benvenot.
- 1935 1937 : Utilisation du lait pour en faire du beurre et du fromage à pâte molle (Vezin C et P Vandame).
- 1967 : Fermeture. Les adhérents partent surtout à la laiterie de l’Abbaye de Dompierre-sur-Helpe.
- 1972 : Achat des bâtiments par l’Abbaye. Celle-ci du groupe Ucanel en 1989 ferma en 1992.
- 1997 : Alliance entre une coopérative agricole UCANEL et un géant du lait LACTALIS pour former CANELIA.
Canélia compte deux sites de production : Petit-Fayt spécialisé dans la matière grasse et le lait UHT et Rouvroy-sur-Audry, dans l’Aisne, dédié à la poudre de lait. - 2018 : Investissement de 2,2 millions d’euros pour moderniser l’outil de travail et améliorer la qualité (L’Observateur de l’Avesnois 17/09/2017).
- 2019 : Suppression d’une chaudière de 41 tonnes et de 25 m de haut qui avait été installée en 1978. Cette chaudière à fioul lourd servait à fabriquer la vapeur pour pasteuriser les produits laitiers (La Voix du Nord).
- 2022 : Réorientation stratégique : fermeture d’une ligne UHT + annonce d’un investissement de 10 M€ pour réorienter le site vers la production de beurre industriel et de matière grasse laitière (Process Alimentaire 14/12/2022).
- 2024 : Modernisation confirmée et montée en puissance. L’usine met désormais en bouteilles d’un litre du lait UHT, lait collecté par sa voisine, la Coopérative UCANEL à Grand-Fayt avec 73 millions de litres de lait par an, et produit également du beurre et de l’huile de beurre MGLA (Matière Grasse Laitière Anhydre) avec 35 000 de tonnes de matière grasse laitière (Canal FM 28/05/2024).
- 2024 : Conformité environnementale : site industriel agroalimentaire conforme aux seuils de pollution (La Voix du Nord 5/11/2025).

