
Dourlers est un ancien village dont l’existence est attestée dès le début du XIIᵉ siècle. Par lettres de l’an 1111, l’évêque Odon concède à l’évêque de Cambrai la terram de Durlero, première mention connue du lieu.
🟦 Du XIIᵉ au XIVᵉ siècle : prévôté des Avesnes et fief‑lige
Au XIIIᵉ siècle, Dourlers devient le siège d’une prévôté, seigneurie fondée par Gautier II d’Avesnes pour servir d’apanage à ses frères cadets, Guy, puis Bouchart d’Avesnes. Un peu avant 1300, la prévôté est éclissée pour devenir un fief‑lige, toujours tenu par la famille d’Avesnes jusqu’en 1334.
Cette année‑là, Jean de Bohême, comte de Luxembourg, vend Dourlers au comte de Hainaut, dont la terre commence alors à relever directement.
🟦 XVe siècle : intégration dans la terre d’Aymeries
Au XVe siècle, Dourlers est englobé dans la terre d’Aymeries, que le duc de Bourgogne déclare terre‑franche et qu’il donne en usufruit à son chancelier Nicolas de Rolin, qui en fait bientôt l’acquisition. Dourlers suit alors les évolutions de la grande terre d’Aymeries jusqu’au début du XVIIᵉ siècle.
🟦 Vers 1618 : renaissance d’un fief particulier
Détachée du domaine d’Aymeries, la terre de Dourlers redevient fief particulier vers 1618. Cette seigneurie comprend alors Dourlers, Saint‑Aubin, Floursies et Semousies, ensemble traditionnel du Sart‑de‑Dourlers.
Elle ne reçoit un titre officiel qu’en 1781, lorsque Bertrand Bady, grand bailli de la pairie d’Avesnes, est créé comte de Normont par Louis XV.
🟦 Organisation administrative (XVIIIᵉ–XIXᵉ siècles)
Dourlers et Saint‑Aubin ne forment qu’une seule commune jusqu’en 1725, intégrée au gouvernement, à la prévôté et à la subdélégation de Maubeuge. De 1790 à l’an X, Dourlers devient chef‑lieu de canton, regroupant quatorze municipalités.
🟥 1793 : Dourlers dans la bataille de Wattignies
Dourlers est le théâtre de plusieurs combats lors de la bataille de Wattignies (15 octobre 1793). Sur les plans de Jourdan et Carnot, qui ont leur quartier général à la cense à Longe (aujourd’hui Les Trois‑Pavés), la colonne du général Balland attaque le village, occupé par les Autrichiens.
Dourlers change de mains plusieurs fois dans la journée. Les combats incendient 22 maisons. C’est dans une ruelle près de l’église que le jeune tambour Stroh est tué. Le futur maréchal Mortier et le futur général Désenfant y sont blessés.
Voir Notice historique de Dourlers : Gallica

L’église de l’Immaculée‑Conception de Dourlers se présente comme un long vaisseau de brique, orienté et sans transept, dont la silhouette est dominée par un clocher‑porche massif. Cette tour d’entrée, articulée en quatre niveaux, s’élève vers une flèche élancée entourée de quatre lanternons, donnant à la façade une verticalité très marquée.

La nef et ses bas‑côtés se déploient en six travées rythmées par des contreforts. Les murs latéraux, percés de baies en arc brisé au niveau inférieur, sont surmontés d’une rangée d’oculi qui anime la partie haute de l’élévation. À l’extrémité orientale, le chevet s’impose par sa sobriété : un volume polygonal, éclairé par de hautes fenêtres en arc brisé, qui prolonge naturellement la nef et affirme la vocation liturgique de l’édifice.


Dès 1083, une église est attestée à Dourlers, puisque l’évêque Gérard de Cambrai confie le bénéfice de son autel à l’abbaye d’Hautmont. Elle a été reconstruite aux XIVe (tour et nef principale), XVIe (chapelles latérales de 1517) et XVIIe siècles(chœur de 1617) et finalement remplacée par un nouvel édifice en 1862 dans le style néo‑gothique.
On peut y voir la dalle funéraire de A.F. Bady, seigneur de Dourlers mort en 1735 et de Marguerite Rouillon, sa femme morte en 1760.

La nef est couverte d’une voûte d’ogives qui accompagne une élévation à deux niveaux : en partie basse, de grandes arcades en arc brisé reposent sur des piliers cylindriques flanqués de colonnettes et ouvrent sur les bas‑côtés ; au‑dessus, un registre d’arcatures aveugles groupées par trois, peintes en bleu, est rythmé par des oculi qui apportent une lumière plus haute et structurent la paroi intérieure.


Sous le tombeau d’autel repose une statue du Christ mort, sculptée en bois et traitée en polychromie. Le corps allongé, drapé et verni, occupe toute la longueur de la cuve liturgique, formant une pièce de 180 cm qui constitue l’élément central du décor du tombeau.

Sous l’autel de célébration, un relief en pierre représente la Déploration du Christ : le corps du Sauveur, étendu après la Crucifixion, est entouré de la Vierge, de saint Jean et des saintes femmes, groupés dans une attitude de deuil.


Le confessionnal, en bois finement sculpté, adopte le vocabulaire néo‑gothique avec ses arcatures pointues, ses pinacles et ses motifs ajourés. Sa façade est ornée d’un panneau figuré placé au‑dessus de la porte de la loge du prêtre, représentant le Christ remettant les clés à saint Pierre.




La chaire à prêcher, réalisée vers 1862, est un bel exemple de mobilier néo‑gothique en bois finement sculpté. Élevée sur une base polygonale et accessible par un escalier latéral, elle présente une cuve ornée de panneaux à arcatures et un abat‑voix richement décoré de pinacles et de motifs ajourés.









Il mesure 4 mètres de haut et un mètre de large à la base. C’est un obélisque de pierre bleue de Soignies au sommet duquel, perché sur une sphère, un coq, symbole gaulois, domine la petite place. Sur la face principale sont sculptés une couronne de laurier avec la croix de guerre, un casque et deux épées croisées, l’une d’elle est enveloppée dans un drapeau.


La fontaine de la rue La Haut apparaît pour la première fois dans le relevé cadastral de 1868. Son édification peut être liée à l’important essor démographique de la ville de Dourlers à cette période. Cette fontaine est constituée d’une cuve de collecte et d’une cuve de puisage, entourées de margelles en pierre bleue, rendues accessibles par un escalier de pierre bleue et d’un pavage mélangeant pavés de grès et dalles de pierre bleue. La cuve de collecte est couverte par une dalle de protection et d’appui. Elle a fait l’objet de travaux de restauration inadaptés (piédroits en béton, pavage hétérogène) qui ont nécessité en 2014 une reprise de la maçonnerie et du pavage.

Kiosque à danser rond en fonte sur pied unique avec couverture hexagonale dont le revêtement métallique forme une rive en « dents de scie ». Un support de partitions entoure le mât central.

Un second kiosque en fonte dans le parc du château de Dourlers.
Le Château de Dourlers :



Un premier château construit aux environs du XIII e siècle fut en ruines vers 1450. En 1618, les seigneurs de Lestang relevèrent ses vestiges, mais la nouvelle construction fut à nouveau ruinée à la fin du siècle.
Entre 1710 et 1713, lors de la signature de la paix d’Utrecht, Pierre Bady,
écuyer, originaire du comté de Namur, qui peu de temps avant avait acquis la terre et seigneurie du lieu, fit ériger un nouveau château, encore en place. Il subit d’importants dégâts en 1793 ; entre 1845 et 1869, il fut restauré profondément à l’initiative du marquis de Nédonchel, qui l’agrémenta d’un parc à l’anglaise.







Face au cimetière se trouve la chapelle funéraire de la famille Degardin François qui concerne Célestin Degardin, propriétaire, né en 1839 et décédé en 1914 à Dourlers, fils de Célestin et d’Angélique Mathieu, marié en 1864 à Limont-Fontaine avec Zelmire François fille d’Augustin et de Rosalie Lefranq née en 1840 et décédée en 1916 à Dourlers. Cette chapelle datée environ des années 1890 porte le nom de chapelle Delcroix car elle est située dans la rue alors appelée chemin vicinal n° 5 dit chemin de la Croix.

Sur la route de Dourlers à Beugnies on aperçoit des bâtiments de ferme avec une chapelle. Celle-ci à clocheton comporte une porte latérale à encadrement gothique de pierre, surmonté d’une niche renfermant la statue de Saint Julien. Il s’agit d’un hôpital qui avat it été fondé au XV e siècle par un habitant, Pierre Maillart, pour y héberger les pèlerins qui passaient nombreux à cette époque pour se rendre à N.D de Walcourt. Dévasté en 1622 par les troupes de Mansfeld et pendant les guerres de Louis XIV, l’hôpital St Julien fut maintenu, après son affectation, jusqu’en 1789. Il se trouvait sous la direction d’un chapelain qui y logeait et y disait la messe chaque jour. Cet édifice est en cours de restauration et il le mérite car cet ancien asile de pèlerins est très rare dans l’Avesnois.
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Recensement de deux calvaires :

Il appartient en 1870 aux héritiers DESOBLIN d’Avesnes sur Helpe (ADN 35 P 405). Il s’agit des héritiers d’Agnès DESOBLIN domiciliée en 1830 à Dourlers et mariée à Raphael APPLINCOURT.


René Deconinck naît le 28 novembre 1921 à Malo‑les‑Bains. Il est le fils de Maurice Deconinck, employé de la SNCF installé à Cappelle‑la‑Grande, et de Juliette Devos. Très jeune, il s’engage dans la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), où il se distingue par son sens du service, sa générosité et son attachement profond aux valeurs de fraternité et de liberté. Il devient rapidement vice‑président fédéral de la JOC de Dunkerque.
Dès 1940, il entre en résistance. Il constitue d’abord un petit groupe baptisé La Jeunesse patriotique, avant de fonder les Jeunes Chrétiens Combattants. Il aide des familles d’ouvriers dont les hommes sont partis au STO et fournit des fausses cartes de travail à des réfractaires pour leur éviter la déportation en Allemagne.
Son engagement le conduit ensuite à rejoindre l’Organisation civile et militaire (OCM), qui lui confie des responsabilités couvrant les Ardennes, la Somme et l’Aisne. Il devient par la suite lieutenant FFI.
Arrêté en 1944, René Deconinck est exécuté le 31 août 1944 à Dourlers. Contraint par l’occupant de creuser lui‑même sa fosse, il est fusillé à l’âge de 23 ans. Son parcours, marqué par le courage et l’abnégation, en fait l’une des figures marquantes de la Résistance dans le Nord.
(D’après l’article de Géraldine Beys et Marie‑France Maréchal, La Voix du Nord, 30 août 2017.)
Le Mur des Sarrazins :
A 500 m au nord de l’église, on voit un mur large d’un mètre qui s’élève de 2 mètre au dessus du chemin vicinal sur une vingtaine de mètres. Ce sont les restes d’un pont romain construit par les Romains qui permettait à l’acqueduc de Floursies à Bavay de franchir la vallée du ruisseau de La Braquenière. Plus à l’ouest, la base de l’aqueduc affleure dans l’axe du chemin sur environ 60 mètres.
Le Hameau de Mont-Dourlers :
Au XVe siècle, pour accueillir les pèlerins et les indigents, est fondé au hameau de Mont-Dourlers (partie du village qui se trouve sur la route d’Avesnes à Maubeuge) un hôpital, par Pierre Maillart et Tassine Leclercq. Reconstruit au XVIe siècle, il a subsisté jusqu’en 1789. Aujourd’hui seule la chapelle en est conservée.
En bas de la côte, au carrefour de Mont-Dourlers, le roi Louis Philippe qui visitait l’armée du Nord, s’arrêta le 8 janvier 1833. Il venait de reconnaitre parmi les villageois qui saluaient son passage, un chirurgien nommé Boucher, qui avait combattu à ses côtés à Valmy et à Jemappes.
Industrie :
Au milieu du XIXe siècle, Dourlers une des rares communes du secteur comportant une petite industrie : elle abrite notamment des fabriques de grosse quincaillerie, d’instruments aratoires (fabriques Brillet, Lambert et Cie) , de clous, des métiers à tisser pour les cazées, étoffes destinées au peuple et tissées à partir de laine des Ardennes, une bonneterie spécialisée dans les bas de laine, des ateliers de boissellerie et deux brasseries.
Source MH
La première de ces brasseries était tenue par Ernest Bruyère (1890 1900) puis par Ernest Demade jusqu’en 1914 avant de devenir la brasserie de Fortuné Marant jusqu’en 1940. La seconde brasserie Pierart de 1890 à 1902 puis Leroy jusqu’en 1914, fut dirigée par la suite par Lucien et Evariste Mary.
Une carrière de calcaire marbrier, appelé brèche de Hainaut, était également exploitée, ainsi que des carrières de moellons.

Par arrêté préfectoral du 23 août 1856, on apprend qu’un moulin destiné à travailler le fer fut érigé à cette date par Auguste Brillet (1811 1865), négociant et maire de Dourlers. Cette usine a peut-être été transformée en brasserie par Ernest Demade mais sous toutes réserves.

