Dimechaux

Ecole et Eglise de Dimechaux


Dimoncellus, le petit Dimont, est un village très ancien mentionné dès 921. A cette date, Charles-le-Simple, roi de France, fit don à l’abbaye de Maroilles d’une manse, avec ses dépendances, située dans ce village. L’abbaye d’Aulne y posséda par la suite des biens importants.

L’église de Dimechaux Photo Chatsam 08/2008
L’église de Dimechaux Photo Chatsam 08/2008

L’église Saint‑Maurice occupe une petite place en terrasse, dominant la vallée de la Solre. Elle succède à un premier édifice mentionné dès 1160, lorsque l’évêque de Cambrai concéda « l’autel de Dimoncel » aux Hospitaliers de Saint‑Jean de Jérusalem, sous réserve du droit épiscopal. L’église actuelle, élevée au XVIᵉ siècle, adopte une architecture de style ogival caractéristique du bocage de l’Avesnois, mêlant appareil de briques et de pierres.

L’édifice présente un clocher occidental dont la silhouette a été profondément marquée par les restaurations récentes. Après un vaste programme de travaux portant sur le clos et le couvert, la dernière tranche, achevée en 2019, a consisté en la restitution à l’identique de la flèche du clocher. Cette pièce de charpente, haute de huit mètres, a été réalisée par les Compagnons du bois de Moeuvres, dans le Cambrésis, redonnant à l’église son profil traditionnel.

L’intérieur de l’église Saint‑Maurice : visite

En entrant dans l’église Saint‑Maurice, on traverse d’abord un petit bâtiment accolé à la façade occidentale : un narthex qui sert de sas entre l’extérieur et la nef. De là, l’espace s’ouvre sur un édifice en croix latine, composé d’une nef unique prolongée par un transept saillant et un chevet plat. Les volumes, sobres et réguliers, reflètent l’architecture du XVIᵉ siècle propre au bocage de l’Avesnois.

La nef conduit vers le transept, dont les bras marquent nettement la forme cruciforme de l’édifice. Sur la droite, un élément rare attire l’attention : un hagioscope, percé dans le mur du bas‑côté. Cette ouverture permettait autrefois d’apercevoir l’autel depuis un espace latéral. Ce dispositif, inhabituel dans la région, n’est attesté localement qu’à Dimechaux et à Lez‑Fontaine.

Le chœur, légèrement surélevé, concentre les éléments les plus anciens et les plus remarquables. Il est presque entièrement occupé par la dalle funéraire à effigies gravées en creux de Jean de Courtrai et de son épouse Dame Katherine, datée de 1317 et classée au titre des Monuments historiques. Le chevalier y apparaît en armure, le visage entièrement couvert par un heaume orné d’une croix. Certains auteurs ont évoqué un possible lien avec les chevaliers ayant combattu lors de la bataille des Éperons d’Or (1302), mais aucune source ne permet de confirmer cette hypothèse.

Dans la nef et le transept, plusieurs statues anciennes témoignent de la richesse du mobilier paroissial : Saint Nicolas, Saint Jacques, Saint Fiacre et Sainte Anne, datées des XVe et XVIᵉ siècles, ainsi qu’une statue de Saint Martin du XVIIIᵉ siècle. Leur présence illustre la continuité du culte et l’enracinement des dévotions locales.

L’ensemble intérieur, où se mêlent structure du XVIᵉ siècle, traces liturgiques médiévales et mobilier ancien, offre ainsi l’image cohérente et authentique d’une petite église rurale de l’Avesnois, patiemment enrichie au fil des siècles.

La mairie de Dimechaux
Monument aux Morts de Dimechaux
Photo : Mom — licence CC BY‑SA 3.0 (Wikimedia Commons).

Le monument aux morts de Dimechaux se présente sous la forme d’un pilier commémoratif en pierre blanche, élevé sur une colonne quadrangulaire. Il est surmonté d’un coq, symbole républicain, et orné d’un casque accompagné de palmes. L’ensemble est entouré de bornes reliées par des chaînes, selon un dispositif typique des monuments érigés dans l’entre‑deux‑guerres.

Le kiosque à musique de Dimechaux Photo Budotradan 05/2007

Kiosque à danser en fonte de forme rectangulaire à six pieds galbés construit en 1880 par la Société Paradis d’Hautmont. Impressionnante lyre sur le garde-corps.

5 oratoires et 1 chapelle Voir mon site
L’éventuelle ancienne brasserie

La famille Achille Bultieaux Denys a exploité la brasserie de bière locale jusqu’aux environs de 1880 Elle a fait bâtir une chapelle en 1908 située sur la D 27 au 5 Route de Solre-le-Château. En face de l’édifice le bâtiment pourrait correspondre à la brasserie qui appartenait à Jules César Gagedois entre 1890 et 1900.

Calvaire vers 1905 L’actuel calvaire

Une pierre sur le fronton, indique le nom de ses fondateurs et la date d’édification :« SURY DEMASSURE H.C 1831 ».

Il s’agit du couple SURY  Dieudonné né en 1797 à Ferrière la Petite marié à Dimechaux en 1825 à MASURE Honorine née en  1805 dans cette même commune. En 1902 le calvaire est toujours détenu par la famille SURY à savoir leur fille Célina Renelde veuve WAUTERS Paul.

Un deuxième calvaire se trouve sur la commune de Dimechaux
Un deuxième calvaire se trouve sur la commune de Dimechaux

Une plaque difficilement lisible indique qu’il a été construit en 1830 par  LEFRANCQ. Il pourrait s’agir du couple LEFRANCQ Jean ° 1773 marié à THOMAS Catherine ° 1780+1839. En 1902 le calvaire est au nom de LEGRAND Philibert et de sa femme MICHAUX Hermeline.

La Ferme de la Couture sur la D 80
La ferme de la Couture Vue aérienne.

La ferme de la Couture, située à Dimechaux, appartenait à l’abbaye cistercienne d’Aulne, qui possédait dans la région plusieurs domaines agricoles. À la suite de la suppression des établissements religieux et de la mise en vente des biens nationaux, la ferme fut adjugée le 17 nivôse an VIII (7 janvier 1800) à Constantin Carton, selon un acte conservé aux Archives départementales du Nord (ADN, 1 Q 128, contrat n° 6393).

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Le camp de Dimechaux

Le camp de Dimechaux est situé sur le plateau de Souvergeaux . C’était jadis une lande couverte de bruyère où les habitants de Damousies, Obrechies et Choisies avaient le droit de mener paître leurbétail, moyennant la redevance d’une poule par famille au profit du comte de Solre.

Cadastre Dimechaux 1828 ADN P 31 / 685 Vue 3/10

Ce plateau fut le théâtre de nombreux événements historiques. Les combattants de Wattignies y bivouaquèrent, ainsi que la colonne du Général Duquesnoy. En 1815, le roi de Prusse Wellington et l’empereur Alexandre de Russie passèrent en revue les troupes russes d’occupation. Une nouvelle revue eut lieu en 1818, avec les mêmes troupes, accompagnée d’une représentation théâtrale. Le lieu-dit s’appelle encore «  le camp des russes ». En 1832 l’armée du maréchal Gérard s’y installa et fit de grandes manœuvres accompagnées de grandes festivités en 1833. Ce fut la dernière fois que le camp fut occupé par les troupes.

Le plateau de Souvergeaux
Le Plateau de Souvergeaux

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Vue de Dimechaux Photo Chatsam