



🟥 Hautmont : histoire et héritage de l’abbaye
L’étymologie du nom de Hautmont provient d’un lieu‑dit appelé « Mont‑Aigu », petit monticule situé sur la rive droite de la Sambre. C’est là qu’un oratoire dédié à Saint Waast fut édifié. Ce « mont élevé » — Altus Mons — donnera plus tard son nom à la ville : Haut‑Mont, devenu Hautmont.
Hautmont a un passé riche et bénéficie d’un patrimoine remarquable, à commencer par son abbaye bénédictine.

Abbaye d’Hautmont en 1598 (Albums de Croÿ)

🟥 Hautmont : une ville née de son abbaye
Hautmont est littéralement née de son abbaye. Fondée en 643 par Madelgaire, futur Saint Vincent, l’abbaye attire moines, pèlerins, artisans et cultivateurs. Autour d’elle se structure progressivement un bourg, puis une ville.
Rapidement en effet, des moines venus d’Irlande s’y installent. L’abbaye, forte de plus de 300 membres, devient l’une des plus importantes du royaume mérovingien et accueille des visiteurs prestigieux, parmi lesquels Charlemagne. À partir du XIᵉ siècle, elle est occupée par des moines bénédictins, qui y demeurent jusqu’en 1791, date de leur exil forcé lors de la Révolution.
🟦 L’âge d’or de l’abbaye
Son apogée est atteint au XVIᵉ siècle, sous l’abbatiat de Gaspard Hanot. L’abbaye rayonne alors sur les plans religieux, économique et politique. Selon les Frères Minon dans Hautmont et son abbaye, le complexe bénédictin s’organise entre 1588 et 1791 autour de trois grands pôles formant un quadrilatère : la cour d’honneur, cœur civil de l’établissement.
🟩 L’architecture du quadrilatère
- Le bâtiment du fond, reconnaissable à son grand escalier, est le plus ancien : il servait à accueillir les hôtes de l’abbé.
- L’aile droite, datée de 1720, abritait probablement la bibliothèque et le réfectoire des moines.
- L’aile gauche, remaniée vers 1750, complète l’ensemble.
- Enfin, l’aile donnant sur la place De Gaulle est la dernière construite, marquant l’achèvement du quadrilatère.
Cet ensemble, parfaitement ordonné, constitue l’un des plus beaux quadrilatères monastiques de l’Avesnois.

Le cadastre consulaire d’Hautmont, réalisé avant 1811, constitue une source essentielle pour comprendre l’organisation de l’ancienne abbaye. On y distingue clairement trois parcelles majeures : 68 pour l’abbaye, 69 pour l’église abbatiale et 70 pour le cimetière.
La parcelle 69 confirme l’emplacement exact de l’église des moines, aujourd’hui disparue, qui se trouvait à l’emplacement de l’actuelle mairie.
Ce document, antérieur à la destruction complète de l’édifice, offre une preuve cartographique rare de la configuration du site religieux avant la Révolution et éclaire la topographie monastique d’Hautmont.
🟨 Une abbaye fondatrice
Ainsi, l’abbaye Saint‑Pierre Saint‑Paul n’est pas seulement le berceau spirituel de Hautmont : elle en est l’origine même, le point de départ de son nom, de son développement et de son identité. De la fondation mérovingienne à la Révolution, elle incarne treize siècles d’histoire, où se mêlent foi, puissance et mémoire.


🟫 Le noyau religieux et économique de l’abbaye
Le noyau religieux de l’abbaye Saint‑Pierre Saint‑Paul était constitué de l’église et de son cloître. À l’époque, deux églises coexistaient : l’une destinée aux paroissiens, l’autre réservée aux moines, appelée église abbatiale. Cette dernière se situait à peu près à l’emplacement de l’actuelle mairie et était reliée à l’aile droite de l’abbaye par un couloir fermé, le cloître, permettant aux moines de passer discrètement du réfectoire ou de la bibliothèque vers leur lieu de prière.
🟦 Le noyau économique et artisanal
Le noyau économique se trouvait dans la basse‑cour, juste derrière le centre culturel actuel. Ce lieu servait autrefois de brasserie aux moines avant d’être transformé en fabrique de savon. Devenue une friche industrielle après l’arrêt des activités, la bâtisse fut finalement démolie. Les artisans vivaient à proximité, dans des maisons encore visibles aujourd’hui, notamment impasse Wincart. L’ancienne mairie servait quant à elle d’entrepôt pour le bois, la poudre et les cordes, tandis qu’un potager, situé à l’emplacement de l’actuelle rue de Maubeuge, fournissait fruits et légumes frais.
🟪 Transformations et déclin
L’abbaye, solidement structurée et prospère, subit de profondes transformations au fil des siècles, notamment lors des guerres et de la Révolution française. Son espace religieux fut détruit entre 1791 et 1811, marquant la fin d’un cycle.
Au XVIIIᵉ siècle, elle représentait un véritable moteur économique et culturel, possédant :
- 40 % des terres d’Hautmont,
- 25 fermes,
- 3 moulins,
- 15 exploitations.
La Révolution française marque une rupture brutale : les moines sont expulsés, les bâtiments vendus, et l’espace religieux détruit.
Aujourd’hui, elle demeure un symbole majeur de la ville, dont chacun souhaite comprendre et préserver l’histoire.
🟧 Les bâtiments subsistants
L’essentiel des bâtiments visibles aujourd’hui date du XVIIIᵉ siècle, période de reconstruction :
- le palais abbatial vers 1700,
- l’aile droite abritant la bibliothèque vers 1720,
- l’aile gauche, aujourd’hui englobée dans des constructions modernes,
- et enfin l’aile du midi, ouvrant sur la Grand‑Place, édifiée vers 1750.
La vente des biens de l’abbaye eut lieu en 1791. Le bâtiment central accueillit brièvement une manufacture de verre, vite abandonnée. La brasserie fut remise en activité sous Louis‑Philippe, et une seconde, installée dans le cloître, poursuivit son activité jusqu’à il y a une vingtaine d’années. Les bâtiments actuels correspondent peu ou prou à l’ensemble de l’ancienne cour d’honneur, ultime témoin de la grandeur passée du monastère.

Ancienne brasserie et dépendances formant une sorte de béguinage





L’abbaye en bord de Sambre Photo 2022
🟧 Rénovation contemporaine (2021–2026)
Suite à une mobilisation massive des habitants d’Hautmont dont certains se sont même regroupés en association, l’abbaye va être sauvée. D’ici 2025 elle sera rénovée et réhabilitée. En plus de retrouver son cachet d’origine, elle accueillera une quarantaine de logements de standing, en accession ou en location. En effet les bâtiments viennent d’être rachetés en 2021 par la société Histoire et Patrimoine, détenue par le groupe Altarea spécialisé dans la rénovation de l’immobilier ancien. Les travaux dont le lancement est prévu en 2023 auront le mérite de préserver ce joyau architectural en y conservant les pierres, les poutres, les hauts plafonds …Quant à la cour qui reste propriété de la mairie, elle retrouvera ses beaux et grands pavés d’origine. Une salle publique devrait également voir le jour en vue d’accueillir des expositions et des évènements culturels occasionnels et ainsi de faire revivre ce véritable joyau historique vieux de quelque 1400 ans.
Malgré les ambitions initiales et l’enthousiasme suscité par le rachat de l’abbaye en 2021, le vaste chantier de rénovation a connu plusieurs retards. La société Histoire et Patrimoine, spécialisée dans la réhabilitation de bâtiments classés, peine en effet à commercialiser les cinquante logements prévus dans le projet, condition indispensable au lancement des travaux. Ce contexte économique délicat ralentit l’opération, mais ne l’interrompt pas : le maire d’Hautmont, Stéphane Wilmotte, a confirmé en mai 2026 que l’entreprise restait pleinement engagée et que les études techniques se poursuivaient. Selon lui, les bureaux d’études ont déjà défini les interventions à mener, laissant espérer un démarrage du chantier au début de l’année prochaine.
En 2026 donc, malgré les retards liés à la commercialisation des logements, la société Histoire & Patrimoine confirme sa volonté d’aboutir. La renaissance de l’abbaye demeure engagée.
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🟦 Patrimoine religieux
🟦 L’église Notre‑Dame de l’Assomption

L’église fut construite entre 1866 et 1870 sur le site de l’ancienne église paroissiale du XVI e siècle. Elle est l’oeuvre de l’architecte Jules Fiévet qui l’a conçue de style néo-gothique. Des travaux de restauration furent entrepris après la première guerre mondiale, en 1924 puis en 1947.
L’église présente un plan traditionnel en croix latine avec un porche, une nef avec deux bas-côtés, deux transepts, un choeur et des chapelles rayonnantes. Sa façade tripartite offre une verticalité accrue par le clocher en façade et les contreforts.
🟦 Les vitraux
« L’’église d’Hautmont se distingue également par ses vitraux. En effet, les premiers vitraux néo-gothiques sont commandés au maître-verrier Durieux en 1876, tout d’abord dans la nef puis dans les quatre baies des chapelles. Ce sont huit sujets représentés et dont il subsiste uniquement aujourd’hui la figure de Saint-Marcel, des deux sacrés Coeurs, du Christ et enfin celle de Marguerite-Marie Alacoque. Suite aux dommages successifs des deux guerres mondiales, des restauration sont été rendus nécessaires sur les vitraux. Aussi, en 1961 et en 1965, de nouveaux vitraux sont installés dans respectivement le choeur de l’église puis dans les collatéraux. Il s’agit de vitraux dont on pourrait qualifier le style de contemporain. En effet ces derniers illustrent le goût de l’époque pour la représentation abstraite et plus particulièrement au sein des édifices religieux nouvellement construits. En 2005, ce sont les vitraux de la nef et du transept qui sont remplacés sous les mains des maîtres-verriers Michel Mauret, puis Charles-Henri Billerey qui privilégient les motifs d’entrelacs, la simplicité et la clarté des couleurs. » Source Mairie
🟦 Le mobilier et les statues restaurées
L’église renferme un mobilier de très grande valeur.


Résumé : L’église actuelle de Hautmont conserve un mobilier remarquable, témoin d’une histoire religieuse ancienne. Dans la chapelle latérale sud, deux statues en bois doré du XVIIIᵉ siècle représentent saint Éloi, protecteur des artisans du métal, et sainte Barbe, patronne des métiers du feu. Elles sont placées près de l’autel de saint Marcel, réunissant ainsi les saints patrons locaux en un même lieu.
L’édifice abrite également des fonts baptismaux romans du XIIᵉ siècle, d’une grande sobriété, ainsi qu’une plaque funéraire de 1711 retrouvée fortuitement. Quatre statues restaurées en 2018, dont une Vierge à l’Enfant polychrome, enrichissent encore le patrimoine visible. L’église possède en outre un orgue de qualité, apprécié des organistes régionaux.




Quatre statues de l’église d’Hautmont représentant Saint-Marcel, Saint-Eloi, Sainte-Barbe et une Vierge à l’Enfant ont été restaurées en 2018 par Sylvie Marez, maître artisan en métiers d’art.

🟦 Le carillon
Quant au carillon extérieur en haut de l’église, il se compose de 14 cloches. Les 8 premières furent installées en 1997. Composées à 78 % de cuivre et 22 % d’étain, la plus grosse des cloches pèse environ 145 kg contre 20 kg pour la plus petite. En 1998, 6 cloches supplémentaires furent installées au carillon, permettant ainsi une meilleure harmonisation du carillon.
🟦 Le calvaire (1837–1843)



Le Calvaire a été construit entre 1837 et 1843. Sur l’îlot de la Sambre existait jadis une chapelle, qui a été détruite en 1837 par la commune. Ses pierres ont servi à édifier le Calvaire dont la trace figure sur le cadastre de 1843.
Il consacre l’entrée de la ville par l’ancien chemin de Bavay, devenu aujourd’hui l’avenue Gambetta. Il représente le Christ sur la Croix avec à ses côtés saint Jean et la Vierge Marie. Archives Municipales

🟦 Oratoires et chapelles
2 oratoires et 3 chapelles
Voir mon site
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🟩 Patrimoine civil et monumental
🟩 Les statues de la place Charles‑de‑Gaulle
Les statues en bronze de Saint-Vincent (fondateur de l’abbaye) Sainte- Waudru et Saint-Amand, place Charles-de-Gaulle,nous rappellent qu’Hautmont existait dès le VIIème siècle.
Commandées à l’artiste Sellier en 1997 et inaugurées en 1998, leurs représentations sont un clin d’œil à l’histoire ancienne de la commune, notamment à son abbaye. Chaque sculpture est composée de 2 parties : le personnage d’une hauteur de 1,70 m environ et le socle sculpté et gravé des noms et attributs du saint représenté (20 cm). Déclinons les :

- D’abord Saint-Vincent – également connu sous le nom de Madelgaire – représenté avec une crosse, le bras tendu portant une petite construction dans la main. Saint Vincent est considéré comme le fondateur de l’abbaye, d’où l’édifice qu’il tient dans sa main. Quant à la crosse, elle marque son statut religieux.

- A ses côtés, on trouve son épouse, Sainte-Waudru. Elle serait à l’origine de la fondation de l’abbaye de Mons. Comme son mari, elle est représentée en religieuse mais aussi en protectrice des enfants. D’ailleurs, si l’on observe davantage la statue, on remarque que des têtes d’enfants sortent de sa robe.

- La sculpture suivante représente Sainte-Alegonde, sœur de Waudru. Connue pour être la fondatrice du monastère de Maubeuge, cette sainte porte dans ses mains un oiseau à tête humaine. La légende raconte que celle-ci devint maire après avoir été visitée par le Saint-Esprit, ici symboliquement représenté par l’oiseau.

- Enfin, Saint-Amand. Connu pour avoir prêté son nom à une commune, il l’est également comme étant l’instigateur de toutes les constructions précédemment citées. En effet, c’est lui qui aurait encouragé Saint-Vincent, Sainte-Waudru et Sainte-Aldegonde dans leurs démarches d’édification.
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🟩 « Michel‑Ange au travail » (Landowski)

Cette imposante statue de bronze (235 x le 105 x 85) est l’oeuvre du
sculpteur Paul-Maximilien Landowski (1875-1961). Elle a été réalisée en 1947. Elle illustre l’intérêt du sculpteur « pour les grandes figures, qu’elles soient mythiques, historiques ou humanistes ».
L’Etat l’a achetée à l’artiste en 1957. Elle a été mise en dépôt à Hautmont le 31 décembre 1963. La statue initialement devant la mairie fut déplacée dans les jardins de la Colombe, derrière La Poste.
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🟩 Monument aux Morts et hommage aux soldats belges

Monument composé d’une colonne avec les noms de soldats français, d’un bas-relief avec les noms de soldats belges et victimes civiles ainsi qu’une statue de poilu. A côté se trouve une stèle en hommage à Jean de Lattre de Tassigny, Maréchal de France avec l’inscription : NE PAS SUBIR.

🟩 Centre culturel Maurice‑Schumann


La première coulée de béton eut lieu en mai 1952 et le 15 octobre 1961, le centre culturel fut inauguré.
Avec sa salle de spectacles de 860 places assises et sa salle de bal, le centre culturel Maurice-Schumann, situé en plein cœur de ville, accueille tout au long de l’année différentes manifestations. Le cinéma Le Paradiso est également installé dans ses murs. Enfin, avec ses deux salles de réunions, les salles Halver et Kalisz, il peut recevoir des plus petits groupes. Inauguré en 1961, le centre culturel Maurice‑Schumann est l’un des équipements emblématiques de la ville.
🟩 Bibliothèque municipale

🟩 Jet d’eau de la place Charles‑de‑Gaulle

🟩 Fresque en céramique – L’Île des Quatre Maîtres

La fresque en céramique de la place des Bateliers, intitulée L’Île des Quatre Maîtres, est conçue par Brigitte Gagnepain et réalisée en 1996‑1997. Mesurant 11 m × 2,80 m, elle associe émaux, dalle de verre et inox, et constitue l’une des œuvres publiques majeures de la ville.
🟩 Arboretum urbain (2013)

Née de la volonté municipale de transformer l’image d’une cité longtemps marquée par l’industrie, Hautmont s’est engagée dès la fin des années 1980 dans une vaste politique de végétalisation. En mai 2013, la ville inaugure ainsi son arboretum urbain, le premier du genre dans la région. Ce parcours botanique, jalonné de plaques indiquant les noms latins et français des essences, permet de découvrir la diversité des arbres plantés depuis plus de vingt ans. De la place de la Mairie au haut de la rue Gambetta, il offre une promenade pédagogique au cœur d’une ville devenue « la cité aux 3 000 arbres », avec plus de 150 espèces d’arbres et variétés d’essences diverses, symbole d’un renouveau paysager et d’un cadre de vie réinventé.
🟩 Hautmont, ville fleurie

Hautmont cultive depuis plusieurs années une véritable démarche en faveur du cadre de vie, illustrée par son concours annuel des maisons fleuries. Ouvert à tous les habitants, il valorise les initiatives individuelles qui embellissent balcons, jardins, façades ou terrasses. Chaque été, la ville distingue ainsi celles et ceux qui contribuent à l’esthétique urbaine et au charme floral de la commune. Avec ses différentes catégories — des maisons fleuries aux créations des enfants — cette action locale renforce l’identité d’une ville attentive à son environnement, à son attractivité et au bien‑être de ses habitants.
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🟫 Patrimoine industriel
🟫 1. Avant l’industrie : les activités de l’abbaye
🟫 Les moulins de l’abbaye
Avant 1789 la vie économique tourne autour de l’abbaye.
Le moulin banal se trouvait en aval du pont, près de la foulerie située dans l’îlot de la Sambre. Narcisse Démaret suivi de Louis Gricourt (1750 1816) en furent les meuniers avant 1789.Voir mon site sur les moulins Les moines géraient aussi un moulin à vent.
🟫 Les censes de l’abbaye
L’Abbaye employait aussi des cultivateurs dont certains géraient des domaines importants. On peut citer, entre autres, la Cense Pierre Renaux avec plus de 30 hectares au XVIIIe siècle, la Cense de Saint-Pierre-au-Bois de 40 hectares, dont les terres produisaient davantage que la ferme de Wargnories, pourtant deux fois plus grande. L’exploitation la plus imposante était la Ferme de Forest avec 150 hectares gérée par Narcisse Carion dès 1768 et qui était en 1836 le plus gros cultivateur d’Hautmont. Voir mon site sur les censes de l’abbaye
A la fin du XVIII e siècle l’abbaye devient une annexe de la manufacture d’armes de Maubeuge.
🟫 Les brasseries
Entre 1821 et 1840, le houblon fut cultivé autour du village (superficie : ~ 13 ares) et la plus ancienne brasserie appartenait à la famille Collet, brasseurs depuis le XVIIIe siècle, fondée par Antoine Collet (1762-1827).
🟫 2. Hautmont, ville aux cent cheminées


Autrefois surnommée la « Ville aux cent cheminées », Hautmont fut l’un des grands foyers industriels du Nord, dominée par ses forges, laminoirs, brasseries et ateliers qui animaient la cité jour et nuit. À partir du milieu du XIXᵉ siècle, l’essor métallurgique transforme profondément le paysage urbain : hauts‑fourneaux, aciéries, ateliers mécaniques et fabriques chimiques se multiplient, attirant une population ouvrière nombreuse et cosmopolite. Cette puissance industrielle marque durablement l’identité de la ville et façonne ses quartiers périphériques, ses voies de communication et son développement urbain.
🟫 3. Les grandes usines du XIXᵉ et XXᵉ siècle
🟫 La Providence (Cockerill)

Au milieu du XIX e siècle, Hautmont devint la Cité de l’Acier. Le Manuel d’Histoire et de Géographie locales rédigé en 1911 par A G Bruyelle, instituteur à Haumont (librairie historique des provinces Emile Lechevalier 16 rue de Savoie Paris- imprimerie R Minon Guise) nous relate la métamorphose du paysage de cette ville :
8 e leçon : Haumont aujourd’hui (1911) L’industrie métallurgique :
« Hautmont, serait resté un modeste village, sans ce qui fait sa force, sa richesse, son mouvement l’industrie métallurgique.
Sans elle, l’étranger n’aurait voir que des maisons pittoresquement groupées sur les bords d’une rivière et entourées de bois, de jardins, de cultures et d’étangs.
Au lieu de cela, et autant que les yeux permettent de voir des hautes cheminées d’où s’échappent, des flots de fumées épaisses ; des rues noires et boueuses, des usines pleines de lueurs et de bruits des chariots pesants, des locomotives sans cesse µn mouvement, des ouvriers empressés. Et dans les cours, les rues, les boutiques, une population cosmopolite, bourdonnante, travailleuse, venue des divers points de la France et de la Belgique, pour faire la richesse de notre région et vivre de son activité.
Il faut remonter à 1842 pour comprendre cette transformation du pays d’Hautmont. C’est à cette époque, en effet, que la Société » la Providence » créa a Hautmont des forges et un laminoir.
De grands chariots partaient chaque jour de l’usine dans toutes les directions : les uns ramenant la houille et les matières premières , les autres emportant le fer fabriqué vers les principaux débouchés de la région.
En 1848, on adjoint un haut fourneau à l’usine primitive, et il fonctionne bientôt régulièrement, donnant ainsi une nouvelle impulsion à l’activité du pays, que les Chemins de fer vinrent encore augmenter.
Aujourd’hui cette usine s’étend sur une longueur de plus de deux kilomètres. Elle comprend : hauts-fourneaux, laminoirs, fonderie, aciérie, galvanisage, puddlage, réchauffage, chaudronnerie, forges, fours, etc.. Elle a plus de deux mille ouvriers et leur distribue trois millions de salaires. Ses représentants se trouvent dans presque toute l’Eutope : à Paris, Lille, Angers, Bordeaux, Nancy, Londres, Bruxelles, Le Caire, etc…. C’est une des plus grandes sociétés métallurgiques de France.
🟫 Les ateliers Pigé, Paradis, Vieille‑Montagne, etc.
En 1854 M Pigé fondait a Hautmont un atelier pour la fabrication des enclumes, bascules, charpentes, pièces de forges, de ponts, etc. Cette usine a pris également aujourd’hui une grande extension.

En 1857, la Société des Mines de Sambre et Meuse, créa l’usine des Produits Chimiques, destinée à fournir ses produits à l’industrie : (acides : chlorhydrique et sulfurique ; chlorure de chaux, soude caustique, eau de javel etc….) et à l’agriculture de la région des engrais appréciés.
En 1866, M. Paradis père, transfère à Hautmout sa forge de Vieux-Mesnil et construit un atelier destiné surtout à la production des machines agricoles : celles-ci sont connues dans toute la région du Nord.
🟫 Saint‑Marcel (Trancel)

En 1869, une autre société fonda à Haumont l’usine de Saint-Marcel, pour la fabrication des fers marchands et larges plats, fesrs fendus pour clouteries, fers spéciaux pour les fabriques de fers à cheval mécaniques, fers cavaliers, fers fins, etc.
Cette usine comprend : puddlage, laminoirs, atelier de réparations, fonderie, forges, -presses, machines à forer, poinçonner, tourner, fraiser, tarauder et raboter. Elle coupe plus de sept cents ouvriers.
🟫 Les laminoirs à tubes

En 1878, la Société des laminoirs à tubes, fut créée a Hautmont et fonda l’usine à tubes, ainsi appelée parce qu’elle produit des tubes à gaz avec accessoires, de tubes soudés à recouvrement pour chaudières, des robinets, des conduites d’eau, des pistons, des tubes pour puits etc
Depuis, les créations d’établissements industriels n’ont cessé d’avoir lieu. Plus de vingt nouvelles usines se sont groupées autour des anciennes pour collaborer à la richesse du pays, citons entre autres : les usines du Bassin, les fabriques Dembiermont, Géhu Hicgue, Pigé, Derombise, l’Entre deux Bois, la Vieille Montagne, les acièreies de l’Union, la société métallurgique d’Hautmont etc etct
En résumé , la population ouvrière dépasse 7.000 travailleurs sur une population totale de 15200 âmes. Et pour nourrir tout cela, comptez ce qu’il faut de pain, de viande, de lait et de denrées de toutes espèces.
Aussi les environs d’Hautmont rivalisent-ils de zèle avec la cité ouvrière pour lui fournir ce dont elle a besoin : les territoires environnants comprennent de vastes champs de froment, d’avoine et de légumes; dans les pâturages paissent de nombreuses vaches à lait et des anilmaux de boucherie.
Par contre, la culture de houblon a été abandonnée, Il faut aller dans le dud de arrondissement d’Avesnes pour la retrouver; l’œillette, le lin, le chanvre ont également disparu; le tissage à la main est depuis longtemps abandonné.
Nos ancêtres reconnaîtraient difficilement leurs pays. Les voies de communication ont été changées, les chemins améliorés et élargis, les bateaux sont nombreux dans le canal; les trains et les tramways circulent à tout moment. »
🟫 La sucrerie

La sucrerie d’Hautmont, active à la fin du XIXᵉ siècle, fut l’un des sites industriels de la ville. Alimentée par les betteraves des fermes de l’Avesnois, elle employait de nombreux ouvriers et participait à l’essor économique local. Comme beaucoup d’usines de la région, elle déclina au début du XXᵉ siècle sous l’effet de la concurrence et des crises agricoles, avant de fermer définitivement. Aujourd’hui disparue, elle demeure un témoignage important de l’histoire industrielle hautmontoise.

🟫 4. Une ville façonnée par l’industrie
L’industrie a donc façonné l’image d’Haumont et contribué à l’essor de ses quartiers périphériques, notamment la Rive Gauche au XIXe s et le Bois-du-Quesnoy au XXe s. Les champs, les bois et les fermes ont peu à peu cédé la place aux logements ouvriers, construits d’abord par les usines pour fixer leur main-d’œuvre puis par le Foyer de l’Ouvrier, ancêtre des bailleurs sociaux actuels (Promocil ou Habitat du Nord). A partir des années 1950, le logement collectif se développe sous l’impulsion des entreprises, qui embauche une main-d’œuvre étrangère.
🟫 5. La reconversion des friches (années 1990–2010)
La crisé économique de la décennie 1980 a pour conséquence d’une part la fermeture en 1985 de l’usine Cockerill (La Providence), d’une superficie de 52 ha répartis sur les deux rives de la Sambre, et d’autre part en 1989 la fermeture de l’usine Saint-Marcel (Trancel) laissant 9 ha à l’abandon rue de la Gare. La Ville héritant de ces friches industrielles,n’eut d’autres choix que de démolir ces bâtiments industriels. Dans les années 1990, les deux usines sont rasées et leur sol dépollué. La friche Cockerill se transforme ainsi en un emplacement pour un supermarché (le LIDL), un espace de jeux pour jeunes et permet la jonction entre les deux rives de la Sambre par Grattières (doublement de la RD 121). La friche Trancel sert d’abord de lieu pour la foire Sainte-Waudru en automne, puis de déchetterie. En 2007, un nouveau lycée professionnel sort de terre, pour être inauguré en septembre 2009, soit 20 ans après la fermeture de l’usine. Enfin octobre 2013 voit naître le port de plaisance qui contribue au rayonnement de la ville.
🟫 6. Le port de plaisance (2013)

Inauguré en octobre 2013, le port de plaisance marque une étape majeure dans la reconversion des anciennes friches industrielles de la ville. Installé en plein cœur d’Hautmont, sur les rives de la Sambre, il offre un espace moderne et convivial qui accueille plaisanciers, promeneurs et visiteurs. Avec ses pontons, ses aménagements paysagers et ses accès directs aux commerces du centre‑ville, le port participe pleinement au renouveau urbain et touristique de la commune. Il symbolise la transformation d’une cité autrefois industrielle en une ville tournée vers la qualité de vie, le patrimoine et les loisirs fluviaux.

🟨 Hautmont : vie urbaine et mémoire locale
🟨 Les rues d’Hautmont
L’histoire de toutes les rues d’Hautmont est racontée, dans les moindres détails, dans plusieurs brochures éditées par l’association la mémoire d’Hautmont. Des brochures en vente auprès de l’association ou à la Maison de la presse à Hautmont.
🟨 Le développement des quartiers ouvriers
À partir du XIXᵉ siècle, l’essor industriel transforme profondément le paysage hautmontois. Les usines de la Providence, de Saint‑Marcel ou des laminoirs à tubes attirent une main‑d’œuvre nombreuse, française et belge, qui s’installe d’abord dans des maisons ouvrières construites au plus près des ateliers. La Rive Gauche devient l’un des premiers quartiers structurés autour de l’industrie, suivie au XXᵉ siècle par le Bois‑du‑Quesnoy, marqué par l’arrivée de logements collectifs. Ces quartiers, nés de la métallurgie, ont façonné l’identité sociale de la ville et témoignent encore aujourd’hui de son passé industriel.
🟨 Le renouveau urbain
Après les fermetures successives des grandes usines dans les années 1980, Hautmont engage une vaste politique de transformation urbaine. Les friches industrielles sont dépolluées, réaménagées et réinvesties : création de nouveaux espaces publics, modernisation des voiries, construction d’un lycée professionnel, ouverture du port de plaisance en 2013. Ce renouveau urbain, mené sur plus de vingt ans, redonne à la ville une attractivité nouvelle, tournée vers la qualité de vie, les mobilités douces et la valorisation de son patrimoine.
🟨 Le tissu associatif
Le dynamisme du tissu associatif hautmontois joue un rôle essentiel dans la vie de la commune. Clubs sportifs, sociétés musicales, associations culturelles, comités de quartier et groupes patrimoniaux contribuent à animer la ville tout au long de l’année. Ils organisent événements, expositions, fêtes locales et actions de solidarité, renforçant le lien social et l’identité collective. Ce réseau associatif, très actif, accompagne le renouveau urbain et participe pleinement à la vitalité d’Hautmont.
🟨 La mémoire d’Hautmont (brochures)
L’association La Mémoire d’Hautmont joue un rôle essentiel dans la préservation et la transmission de l’histoire locale. Depuis plusieurs années, elle publie des brochures détaillées consacrées aux rues, aux quartiers, aux familles, aux usines et aux lieux emblématiques de la commune. Ces livrets, disponibles auprès de l’association ou à la Maison de la Presse, constituent une véritable encyclopédie hautmontoise, accessible à tous. Ils permettent de comprendre l’évolution de la ville, de ses paysages et de ses habitants, et offrent un précieux complément aux recherches patrimoniales menées sur Hautmont.
▣ Conclusion générale : Hautmont, une ville entre mémoire et renouveau
Hautmont apparaît, au fil de ses siècles d’histoire, comme une ville façonnée par trois forces majeures : son abbaye fondatrice, son formidable essor industriel et sa profonde transformation contemporaine. De l’Altus Mons mérovingien aux quadrilatères bénédictins, des hauts‑fourneaux de la Providence aux ateliers de Saint‑Marcel, des quartiers ouvriers à la reconversion des friches, la ville n’a cessé de se réinventer. Aujourd’hui, Hautmont valorise son patrimoine religieux, civil et industriel tout en affirmant une nouvelle identité urbaine : port de plaisance, arboretum, espaces publics rénovés, dynamisme associatif et mise en valeur de la mémoire locale. Cette page témoigne d’une cité qui conjugue héritage et modernité, fière de son passé et résolument tournée vers l’avenir.














