Fontaine-au-Bois

Fontaine-au-Bois : son église située le long le long de la route départementale 43 reliant Landrecies et Bousies. Village entre la forêt de Mormal et le bois L’Evêque.

🌿 Aux origines du village : de Fontanae à la Révolution

Histoire, seigneuries et dualité féodale (VIIᵉ – XVIIIᵉ siècle)

Les premières populations stables s’installent à l’époque mérovingienne sur le site du hameau actuel de Malgarni, alors nommé Wattignies ou Fontanae (« les fontaines »). Vers 770‑780, Fontaine devient une dépendance d’un noble landrecien, Aldebert. Son fils Rodin, nommé par Charlemagne à la tête de l’abbaye de Maroilles, fait entrer Fontaine‑au‑Bois dans le domaine monastique pour plusieurs siècles.

🟦 La querelle des abbayes (XIᵉ – XIIIᵉ siècle)

Au XIᵉ siècle, Fontaine‑au‑Bois apparaît dans l’acte de 1046 par lequel Gérard, évêque de Cambrai, fonde et dote l’abbaye Saint‑André du Cateau. L’alleu de Fontaine est alors donné au Cateau, qui devient le premier seigneur foncier du village. Cette donation provoque une longue querelle avec l’abbaye de Maroilles, qui revendiquait des droits anciens sur le hameau de Wattignies. Le conflit est finalement tranché en 1248 par Jean d’Avesnes, en faveur de Maroilles et de son représentant local, Wautier de Bousies, avoué de Maroilles. Celui‑ci défend les droits de l’abbaye dans la région, sans pour autant être seigneur de Fontaine‑au‑Bois. C’est probablement à cette date que Fontaine‑au‑Bois adopte la croix d’argent sur azur, armoiries identiques à celles de la Maison de Bousies, avoués de Maroilles. Cette adoption reflète l’influence féodale régionale des Bousies, C’est probablement au moment de la querelle entre Maroilles et le Cateau, tranchée en 1248, que Fontaine‑au‑Bois adopte la croix d’argent sur azur, armoiries identiques à celles de la Maison de Bousies, avoués de Maroilles. Cette adoption reflète l’influence féodale régionale des Bousies, sans pour autant avoir été seigneurs du village.

🟦 La dualité féodale : seigneurs laïcs et seigneurs ecclésiastiques (XIVᵉ – XVIIIᵉ siècle)

Au fil des siècles, l’abbaye du Cateau conserve la dîme, l’autorité spirituelle et certains biens fonciers, tandis que la seigneurie temporelle passe à des lignages laïcs. En 1430, Fontaine‑au‑Bois est possédé par Willaume de Lalaing, Grand Bailli du Hainaut, qui exerce la justice et la protection militaire du village. Plus tard, la seigneurie laïque est intégrée dans les domaines du duc d’Orléans, qui devient le seigneur direct du village au XVIIIᵉ siècle. C’est lui qui finance une grande partie de la reconstruction de l’église en 1749, tandis que l’abbaye du Cateau finance le chœur et son maître‑autel en marbre.

Ainsi, du Moyen Âge à la Révolution, Fontaine‑au‑Bois vit sous une dualité féodale durable :

  • un seigneur spirituel, l’abbaye du Cateau,
  • un seigneur temporel, Lalaing puis selon toute vraisemblance, les lignages nobles qui dominent la région (Humières, Croÿ, Arenberg), avant le duc d’Orléans au XVIIIᵉ siècle.

Cette structure explique la richesse des archives et la complexité des influences qui ont façonné le village.

🟦 Un village exposé aux conflits (XVIIᵉ – XVIIIᵉ siècle)

La situation militaire du village, proche de Landrecies, explique les destructions répétées. En 1793‑1794, les combats franco‑autrichiens entraînent la destruction complète du village. Cette exposition aux conflits justifie la présence d’une église fortifiée dans la région.

🛡️ L’église fortifiée Saint‑Rémi : un donjon religieux unique

Fontaine-au-Bois
Église fortifiée de Fontaine-au-Bois.
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Un témoin des anciennes églises fortifiées

L’église Saint‑Rémi se dresse au cœur du village, le long de la route principale qui traverse Fontaine‑au‑Bois. Sa silhouette, à la fois simple et imposante, raconte une histoire ancienne : celle des églises fortifiées de l’Avesnois, autrefois nombreuses, aujourd’hui presque toutes disparues. Fontaine‑au‑Bois en conserve l’un des derniers témoins, avec sa tour‑donjon en grès, percée de meurtrières, qui rappelle les temps où le village servait de défense avancée aux fortifications de Landrecies.

La tour‑donjon médiévale

De l’édifice médiéval, seule subsiste cette tour massive, construite en moellons de grès, longtemps dépourvue de porte. L’ouverture actuelle, percée dans la façade, daterait de 1807.

Album de Croÿ

Les Albums de Croÿ montrent ce qu’était l’ensemble originel : un clocher‑donjon flanqué de contreforts, entouré d’un cimetière quadrangulaire protégé par quatre tours en poivrière. Cet ensemble défensif, aujourd’hui disparu, témoigne de l’importance stratégique du village dans les périodes troublées.

L’église st Rémy de Fontaine-au-Bois :

L’église dans le paysage

L’église actuelle adopte un plan allongé, terminé par un chevet à trois pans coupés. La tour‑donjon forme un clocher‑porche puissant qui domine la façade occidentale. La maçonnerie mêle la brique et le grès, matériaux typiques du secteur, et les contreforts d’angle soutiennent la tour comme des épaules solides. Le clocher est coiffé d’un toit à quatre pans, ouvert par des abat‑sons qui laissent passer le vent. Les murs gouttereaux de la nef, en brique sur soubassement de grès, présentent un seul niveau d’élévation et sont percés de grandes baies qui éclairent l’intérieur d’une lumière douce. La nef est couverte d’un toit en bâtière, simple et fonctionnel, qui souligne la sobriété de l’édifice.

La nef et ses trois vaisseaux

En pénétrant dans l’église, on découvre une nef à trois vaisseaux. Le vaisseau central, couvert d’une voûte en berceau, avance comme une longue respiration, tandis que les collatéraux, séparés par des arcs formerets, accompagnent le mouvement avec discrétion. L’ensemble est harmonieux, calme, presque silencieux, comme si les murs avaient conservé la mémoire des siècles.

Le chœur en hémicycle

Le chœur, en hémicycle, s’ouvre comme une alcôve. Autrefois séparé de la nef par un chancel, il conserve encore les stalles réalisées en 1866 par Alphonse Trouvez, menuisier de Landrecies. Au-dessus du tabernacle, un grand tableau attire le regard : une Descente de Croix, copie remarquable de Rubens, installée en exécution d’un vœu. Son histoire est singulière : un maire surpris par un orage, une promesse faite au ciel, une mort soudaine, un vœu transmis puis transformé. Le nom du peintre est inconnu, mais un ex‑voto rappelait autrefois : « Don de Monsieur Constant Copy, maire. »

Un mobilier marqué par les siècles

La chaire à prêcher, les confessionnaux, les fonts baptismaux et les autels latéraux ont traversé le temps. Les statues anciennes ont disparu, remplacées au début du XXᵉ siècle par des figures en plâtre peint, naïves et touchantes. Dans le chœur, un fauteuil de célébrant en bois exotique, venu d’Asie, rappelle les voyages d’Oscar Berquet, donateur généreux qui offrit également la grande cloche de 1925. Celle‑ci, baptisée Adolphine‑Archange‑Joséphine‑Sophie‑Virginie, pèse 2 500 kilos et sonne encore aujourd’hui, comme un cœur de bronze suspendu dans l’air. Sa vie fut mouvementée : une chute en 1891, une destruction en 1918, une refonte en 1925. Elle est l’un des objets les plus emblématiques de l’église.

La grande reconstruction de 1749

L’histoire architecturale de Saint‑Rémi est marquée par la grande reconstruction de 1749. Cette année‑là, l’architecte Delille rédige un devis précis pour rebâtir l’église. Les habitants démolissent l’ancien édifice « à corvée », et les travaux sont confiés à Jean Ternand, mayeur et maréchal. Le chantier s’étend sur plusieurs décennies. Les matériaux sont choisis avec soin : chaux vive, sable pur, briques bien cuites, chêne sans aubier, ardoises de Fumay taillées d’équerre. Le registre paroissial raconte les paiements étalés sur trente ans, les artisans qui se succèdent, les lambris ajoutés en 1765, les stalles en 1866, les blanchiments, les réparations, les dons.

Une église qui renaît aujourd’hui

Depuis les années 2010, l’église Saint‑Rémi renaît peu à peu : restauration du tableau, remise en état des vitraux, peinture intérieure, rejointoiement des bas‑côtés, accessibilité, et désormais la grande campagne de restauration de la tour‑clocher. Chaque chantier est une manière de dire que l’église n’est pas un vestige, mais un lieu vivant, un repère, un héritage partagé.

Un patrimoine majeur du Pays de Mormal

Ainsi, l’église Saint‑Rémi de Fontaine‑au‑Bois demeure l’un des témoins les plus précieux de l’architecture religieuse fortifiée de l’Avesnois. Par sa tour‑donjon, son histoire mouvementée, son mobilier singulier et les restaurations successives qui l’ont accompagnée, elle continue de veiller sur le village, comme elle le fait depuis près d’un millénaire.

🕍 Le chœur de Saint‑Rémi : un écrin baroque et un vœu du XIXᵉ siècle

D’Anvers à l’Avesnois : l’histoire inédite du maître‑autel et du tableau Pasqualini

photo 2C2M

Un chœur où dialoguent deux siècles

Derrière le maître‑autel de l’église fortifiée de Fontaine‑au‑Bois se cache l’une des plus étonnantes énigmes de l’art sacré régional. Le chœur réunit deux œuvres séparées d’un siècle : un autel baroque en marbre commandé par un abbé bâtisseur du XVIIIᵉ siècle, et une toile monumentale née d’un vœu familial au XIXᵉ siècle. Cette rencontre inattendue fait du chœur de Fontaine‑au‑Bois un lieu unique dans l’Avesnois.

L’écrin baroque : le maître‑autel de Dom Pierre Méreau (1749‑1752)

Au milieu du XVIIIᵉ siècle, l’abbaye bénédictine Saint‑André du Cateau‑Cambrésis entreprend la reconstruction de l’église. Tandis que les habitants rebâtissent la nef, l’abbaye finance entièrement le chœur. Son supérieur, Dom Pierre Méreau, commande un autel‑tombeau galbé, aux lignes sinueuses du style Louis XV, entièrement sculpté dans un marbre véritable rehaussé de dorures.

Cet autel est le frère jumeau de celui installé au même moment dans l’église abbatiale du Cateau‑Cambrésis. Les deux œuvres sortent des mêmes ateliers de marbriers monastiques et partagent la même noblesse minérale. Ainsi, dans un village rural, le chœur de Fontaine‑au‑Bois devient une véritable vitrine de l’art abbatial du XVIIIᵉ siècle.

Un cadre vide pendant un siècle

Lorsque l’autel est posé vers 1752, son grand cadre supérieur reste vide. Pendant cent ans, le marbre attend son tableau, comme un écrin sans joyau. Ce silence sera rompu par un événement intime, né non pas d’un projet artistique, mais d’un vœu formulé dans la tourmente.

Le vœu du maire : un orage, une promesse, une mort (1856)

Vers 1856, Constant Copy, maire de Fontaine‑au‑Bois, est surpris par un orage d’une violence extrême. Croyant sa dernière heure venue, il promet d’ériger une chapelle ouverte pour abriter les voyageurs. Il survit, mais meurt subitement sans avoir pu accomplir sa promesse.

Sa fille et son gendre, le pharmacien Marsy de Landrecies, consultent le doyen Desse. Celui‑ci propose de commuer le vœu : offrir à l’église une grande œuvre de dévotion. Le cadre vide du retable trouve enfin sa raison d’être.

Le choix du peintre : la piste Jules Pasqualini

Le doyen Desse connaît bien un tableau reçu en 1851 par l’église de Landrecies : une œuvre non signée, mais attribuée par les archives ministérielles au peintre académique Jules Pasqualini. Naturellement, il oriente la famille Marsy‑Copy vers ce même artiste.

Entre 1856 et 1860, Pasqualini réalise une copie monumentale de la Descente de la Croix de Rubens. Fidèle aux usages de l’art officiel, il ne signe pas son œuvre. L’identité du peintre reposait sur un ex‑voto en carton : « Don de Monsieur Constant Copy, maire ». La disparition de ce carton et l’incendie de 1918 plongent l’œuvre dans l’anonymat pendant un siècle.

Ce n’est que grâce à la comparaison stylistique avec le tableau de Landrecies que l’attribution à Pasqualini a pu être rétablie.

La renaissance de 2012

Gravement altérée par l’humidité, la toile est restaurée en 2012 à Valenciennes. Cette intervention marque le début d’une vaste campagne de sauvegarde de l’église : vitraux, peintures, rejointoiement, puis restauration de la tour‑donjon jusqu’en 2026.

Aujourd’hui, la Descente de la Croix trône au centre du marbre baroque installé par Dom Méreau. Le chœur de Fontaine‑au‑Bois offre un raccourci saisissant de l’histoire artistique régionale, où le XVIIIᵉ siècle et le XIXᵉ siècle dialoguent dans une harmonie inattendue.

L’ancienne Mairie et école des garçons mise en vente en 2013

L’école des garçons fut installée en 1849 dans le grand bâtiment en briques du 70 rue de Landrecies, qui servait aussi de mairie, remplaçant la maison Gotte de la rue du Pont où l’on comptait déjà plus de cinquante élèves lorsque la commune dépassait les 1100 habitants. À la même époque, l’école des filles accueillait environ 75 élèves dans son bâtiment du 11‑13 rue de Landrecies, détruit pendant la guerre 1914‑1918 puis reconstruit en 1920. Après 1945, l’école des garçons fut dirigée par Robert Barbry, puis par Christian Trouillez de 1967 à 2001. La tornade du 24 juin 1967 endommagea gravement les deux écoles, mais les réparations permirent une rentrée normale. Cette même année, les deux établissements furent fusionnés dans les locaux de l’ancienne école des filles, au 11‑13 rue de Landrecies. L’école mixte fut progressivement modernisée (chauffage, sanitaires) et en 2003, une cantine fut créée.

Pour améliorer les conditions d’accueil, la commune décida ensuite la construction, au 29 et 31 rue de Landrecies, d’un nouveau groupe mairie‑école, répondant aux normes HQE, inauguré en 2012. L’école publique fut officiellement baptisée Les Hirondelles en 2019.

La Mairie actuelle Rue de Landrecies Photo 09/2019

Inauguration du Keighley Hall le samedi 21 juin 2025

le Monument aux Morts de Fontaine-au-Bois, érigé en 1926 au pied de l’église en l’honneur des Fontagnards tombés lors de la première guerre mondiale

Le Lavoir de Fontaine-au-Bois:
un lavoir existe à cet emplacement depuis le xve siècle, et on peut le reconnaître sur un dessin de Fontaine-au Bois datant de 1598.

Ensemble source-lavoir, récemment restauré, dont s’écoule l’Hirondelle en direction de Bousies.

Le Kiosque de concert de Fontaine-au-Bois

Le kiosque de concert fut inauguré le 21 juin 2011  par M. Jean-Luc Pérat, député et M. Jean-Pierre Abraham, maire de Fontaine-au-Bois. Terrassement effectué par Yves Carpentier, maçonnerie par Christophe Delfosse, ferronnerie par Jean Pierre Bisiaux et couverture par Dominique Leclercq. (Source : 2c2m)

Calvaire de Fontaine-au-Bois.  Route de Landrecies
Calvaire de Fontaine-au-Bois. Route de Landrecies

Calvaire érigé à priori après 1933.

La section britannique du cimetière communal
Le Cross Roads Cemetery

Les cimetières britanniques : un premier cimetière situé dans la ruelle Hainaut à l’intérieur du cimetière communal, est constitué de 95 tombes. Un autre, Cross Roads Cemetery, abrite plus de 750 corps de jeunes Britanniques tués lors des combats violents qui eurent lieu en 1918 pour la prise de contrôle de Landrecies et de la forêt de Mormal.

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Sur le plan économique et social, il est à noter une vie associative et un secteur  artisanal très actifs. Si le nombre d’exploitations agricoles a chuté à moins d’une dizaine (contre 41 en 1950) et s’il ne reste qu’un seul estaminet contre 27 en 1900, on constate un très fort développement récent des constructions et rénovations d’habitations. Preuve de la qualité de vie que propose Fontaine-au-Bois. rédacteur : Jean Marie Leblanc, natif du village et ancien directeur du Tour de France de 1989 à 2006.

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Petites routes de campagne, chemins empierrés et de terre, vous entraînent à la découverte du bocage et de la lisière forestière.
Un circuit permanent de VTT et randonnée pédestre départemental a d’ailleurs été labellisé et la Randonnée du Bocage, organisée par le Club VTT Nature, principale manifestation locale, rassemble plus de 1000 participants chaque année au mois de mars.

Photo en 2015 par Sebastien du CRF Ferriere la Grande .
En 2018 a eu lieu la vingt deuxième Randonnée du Bocage. Elle a été annulée en 2019 en raison du vent.