
La terre de Bry fut vendue, en 1484, par Charles de Croy, comte de Chimay, à Gilles de Ruelin, seigneur d’Eth.
Le château et la cense qui en dépendait ont été, en 1606, fortement endommagés par un ouragan.
Vers 1700, le village devient propriété de la famille Le François. Source :
Bulletin de la Commission historique du département du Nord de 1866.
Bry était au XX siècle un petit village de douaniers.

L’église Saint‑Laurent de Bry, reconstruite en 1759, se présente comme un vaisseau unique terminé par un chevet à trois pans coupés et précédé d’une tour‑porche massive intégrée à la façade. Les murs latéraux, rectilignes et sobres, sont percés de trois grandes baies, tandis que des annexes basses de plan rectangulaire s’adossent discrètement au vaisseau. La tour‑porche, élément majeur de la composition, se développe en quatre niveaux distincts : un premier niveau en moellons de calcaire formant le socle ancien conservé lors du remaniement de 1759 ; un second niveau en brique, marqué aux angles par des chaînages en pierre ; un troisième niveau percé de fines ouvertures verticales ; et un quatrième niveau campanaire doté de baies géminées à abat‑sons, au‑dessus duquel s’élève une flèche pyramidale.
Son intérieur mérite une visite. On y voit un tabernacle en bois peint et doré, en forme de globe céleste, ceint des signes du zodiaque. On peut également y regarder un reliquaire et buste de Saint Fiacre sous les traits d’un paysan balourd, sans oublier d’admirer la chaire et les confessionnaux Louis XVI.

Le tabernacle, de style baroque tardif, présente une composition particulièrement soignée centrée sur un globe terrestre doré, symbole de la souveraineté universelle du Christ. Autour de ce globe prennent place les quatre grands Docteurs de l’Église latine — Saint Jérôme, Saint Augustin, Saint Grégoire le Grand et Saint Ambroise — chacun identifiable par son attitude, ses attributs et son rôle doctrinal. Cette iconographie, très répandue dans l’art religieux du XVIIIᵉ siècle, exprime l’idée d’une doctrine catholique solidement fondée sur l’enseignement de ces quatre piliers de la théologie occidentale.

Ce reliquaire du XVIIIᵉ siècle, entièrement réalisé en bois taillé, peint en faux bois et rehaussé de dorures, témoigne du savoir‑faire raffiné des ateliers régionaux de sculpture religieuse. Haut de 64 cm et large de 45 cm, il présente une silhouette équilibrée où les volumes s’organisent autour d’un décor foisonnant de motifs baroques tardifs : volutes, feuilles d’acanthe, reliefs sculptés et rehauts dorés qui animent la surface et lui confèrent une présence liturgique affirmée. Le traitement du bois, travaillé en ronde‑bosse puis enrichi de polychromie et de dorure, illustre la recherche d’un effet précieux typique des objets de dévotion du XVIIIᵉ siècle. Par son style, sa qualité d’exécution et son vocabulaire décoratif, ce reliquaire s’inscrit pleinement dans la tradition baroque tardive encore vivace dans les églises de l’Avesnois à cette époque.







Plus d’explications sur ces 2 oratoires et cette chapelle sur mon site :
http://oratoiresetchapelles-avesnois.fr/bry/
