


Bettignies était un petit village de douaniers, à la frontière sur la route Paris Bruxelles.

L’église de Bettignies
Bettignies possédait déjà une église dédiée à Saint‑Nicolas au XIIᵉ siècle. Elle relevait alors du chapitre Saint‑Germain de Mons, comme l’attestent plusieurs mentions médiévales. L’édifice, modeste et adapté à la taille du village, se trouvait autrefois près de la ferme du château. Couvert de chaume, il était parfois pris pour une simple cabane, ce qui témoigne de sa grande simplicité.
Les guerres successives ont durement touché Bettignies et son église. Le village fut ravagé à plusieurs reprises, notamment à la fin du XVIIᵉ siècle lors des affrontements entre les troupes du prince d’Orange et celles du maréchal de Luxembourg, puis durant les campagnes révolutionnaires. Les destructions répétées finirent par rendre l’ancienne église inutilisable.
L’édifice actuel fut reconstruit en 1879, en face de la mairie, afin de remplacer l’ancienne église ruinée. Il s’agit d’un bâtiment typique des petites paroisses rurales de la fin du XIXᵉ siècle, simple, clair et fonctionnel.
À l’est de l’église se trouvait autrefois un château aujourd’hui disparu, détruit lors des guerres de Louis XIV et jamais relevé. Ses terres appartenaient au comte de Vanderbuch, héritier d’une lignée de seigneurs liés aux comtes de Flandre et aux souverains des Pays‑Bas.
Le chœur et le mobilier
Le chœur, légèrement surélevé, présente un décor sobre et harmonieux. Il est orné de boiseries basses et d’un maître‑autel en marbre clair, typique des réalisations de la fin du XIXᵉ siècle. La voûte lambrissée, peinte en clair, renforce la luminosité de l’ensemble, tandis que le pavement géométrique polychrome apporte une note décorative caractéristique de cette période. Une tribune d’orgue occupe le revers de la nef, sans qu’un instrument soit attesté. Le mobilier, homogène, comprend notamment des fonts baptismaux en pierre dotés d’un couvercle en bois ainsi que quelques statues en plâtre polychrome et un chemin de croix en relief. L’ensemble constitue un témoignage authentique de la vie paroissiale locale à la fin du XIXᵉ siècle.

La mairie et l’école de Bettignies occupent un bâtiment typique des constructions communales de la fin du XIXᵉ siècle. Comme dans de nombreux villages de l’Avesnois, la commune s’est dotée d’une mairie‑école après les lois scolaires de Jules Ferry (1881‑1882), qui imposèrent la création d’écoles publiques dans chaque commune.
Le bâtiment, de plan simple et symétrique, associe sous un même toit la salle de classe, les locaux municipaux et autrefois le logement de l’instituteur. Il s’inscrit dans la série des édifices standardisés construits dans la région entre 1880 et 1910, période de fort développement de l’enseignement primaire.

Le monument aux morts de Bettignies se présente sous la forme d’une stèle ornée d’un casque entouré de feuilles de laurier et de chêne, symboles de bravoure et de mémoire. Il porte également la Croix de Guerre, rappelant les décorations militaires françaises attribuées aux soldats du village.

La façade de cette unique chapelle sur Bettignies est recouverte de crépi. La porte métallique peinte en rouge dispose de deux vantaux et sa partie supérieure est doublée d’une vitre derrière les entrelacs de ferronnerie. Une croix en relief s’affiche en haut du pignon composé de bordures de rives en tôle zinguée.
Une terre appelée Pierre‑Fontaine, située à l’extrémité sud‑ouest du territoire de Bettignies, a appartenu à plusieurs familles seigneuriales du Hainaut. On y rencontre notamment Wuillaume de Parfontaine, homme du comte de Hainaut, ainsi que Nicaise de Pierre‑Fontaine et Jean de Betegnies, cités comme témoins dans un jugement rendu à Bavay en 1181. Ces noms apparaissent dans plusieurs titres médiévaux, attestant l’ancienneté et la continuité de cette petite seigneurie.
Dans son Histoire du Cambrésis, Carpentier mentionne également un « Monseigneur Baudouin de Parfontaine », chevalier du Hainaut en 1288. Plus tard, en 1345, Jean de Perfontaine, fils de Gilles de Perfontaine, lui‑même chevalier, occupe la charge de grand bailli du Hainaut. Cette lignée, bien implantée dans la région, a conservé une certaine importance durant tout le Moyen Âge.
L’ancien château de Pierre‑Fontaine, aujourd’hui disparu, témoignait de cette présence seigneuriale. Il n’en subsiste plus que la ferme, qui perpétue l’emplacement et le souvenir de cette ancienne maison noble.

