

Jolimetz doit son nom à un château, ou metz (mansio), bâti par un seigneur dans cette partie de forêt pour s’y reposer et s’y livrer aux plaisirs de la chasse.
Du XVIIᵉ au XVIIIᵉ siècle, la seigneurie de Jolimetz appartient à la famille Le François, grande lignée d’officiers du Quesnoy.
- Jean‑Charles Le François (1674), écuyer, est seigneur d’Artois, de Jolimetz, de Moreausart et d’Orchival ; il est grand bailli du Quesnoy et commissaire des guerres.
- Amand François Le François, écuyer, mayeur du Quesnoy et subdélégué de l’intendant, est seigneur de Jolimetz et d’Orchival.
- Joseph Humbert Amand Le François, écuyer, bailli du Quesnoy, est seigneur d’Artois, de Jolimetz, de Moreausart et de Brie.
Leur héritière, Bonne Aimée Victoire Le François d’Orchival (1760–1810), reçoit l’ensemble des domaines familiaux : Jolimetz, Artois, Moreausart, Orchival.
En 1774, elle épouse Marie‑Alexandre Bonaventure de Nédonchel (1741–1834), lieutenant général, baron de Nédonchel, vicomte de Staple et de Walval, futur ministre de la Guerre.
Par cette alliance, la terre de Jolimetz passe dans la famille de Nédonchel, comme le confirme le Bulletin de la Commission historique du Nord (1866) : « La famille de Nédonchel, originaire de l’Artois, devint, par alliance, propriétaire de la terre de Jolimetz.»
Louis XV avait octroyé en 1723 le titre de marquis à Octave‑Eugène de Nédonchel, mais ce marquisat portait sur Bouvignies et non sur Jolimetz.
Ce n’est donc qu’après 1774, grâce au mariage avec Bonne Aimée Victoire Le François, que les Nédonchel deviennent seigneurs de Jolimetz, héritiers du metz et des terres environnantes. La Révolution abolit la seigneurie, mais les Nédonchel, revenus d’émigration, demeurent des figures marquantes du village. Leur influence se manifeste désormais non plus par des droits féodaux, mais par des œuvres de piété et de mécénat, notamment en faveur de l’église.
L’église de Jolimetz est due aux libéralités de la famille Nédonchel.


L’église de Jolimetz, suivant une inscription scellée dans le clocher, a été achevée en 1380. On peut conclure que le village existait longtemps avant cette époque. Cette église possède deux cloches fondues l’une en 1541 et l’autre en 1574. La première porte pour inscription en lettres gothiques : « Jehanne de Montmort, comtesse de Noielles, me donna nom ». Il est probable que cette dame était alors femme ou parente du seigneur du lieu. (Annuaire statistique du département du Nord – 1837).
L’édifice est de plan allongé et orienté, organisé autour d’une nef à trois vaisseaux divisée en cinq travées. Le vaisseau central est flanqué de deux collatéraux, tandis que le chevet, à pans coupés, s’ouvre par deux baies en plein cintre. Les murs gouttereaux alternent baies en arc plein cintre et contreforts, donnant à l’ensemble une silhouette régulière. L’entrée se fait par un clocher‑porche à quatre niveaux (1866), encadré de deux chapelles avancées et couronné d’une flèche polygonale. Le tout est couvert d’un toit à longs pans, qui confère à l’église son allure sobre et harmonieuse.
















À l’intérieur, le vaisseau central est couvert d’une voûte en berceau plein cintre, tandis que les collatéraux reçoivent des voûtes d’arêtes et que le chœur s’ouvre sous une voûte rayonnante. L’élévation se limite à un unique niveau de grandes arcades en plein cintre, retombant sur des colonnes sobres, sans décor sculpté. Une tribune d’orgue, aujourd’hui dépourvue de son instrument, domine le portail occidental. L’ensemble des murs et des plafonds est enduit d’un jaune pâle, et les baies sont garnies de vitraux non figuratifs.








La chapelle N.D de la Délivrance a été reconstruite après sa destruction par un char britannique en 1918. Elle portait dans les années 1930 le nom de chapelle du Pavé. Elle a été restaurée en 2005 grâce à la participation de la Mairie et du Comité de Paroisse. Elle était appelée avant la première guerre mondiale chapelle Pisson du nom de son fondateur et était antérieure à 1830. En voici son apparence.

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🏰 Histoire du château de Jolimetz — récit historique
Le château de Jolimetz, longtemps appelé Maison d’Artois, plonge ses racines dans un passé bien plus ancien que ne le laisse croire la tradition locale. À l’origine, il ne s’agit pas d’un château féodal, mais d’un metz, une maison de chasse construite dans la forêt, destinée au repos des seigneurs et aux plaisirs cynégétiques. Ce metz, qui donne son nom au village, existait déjà au Moyen Âge : l’église, achevée en 1380, et les cloches de 1541 et 1574 témoignent d’une communauté établie depuis longtemps. Le château primitif, probablement en bois puis en pierre, formait le cœur d’un domaine forestier où les seigneurs venaient séjourner.
Au XVIIᵉ siècle, le domaine d’Artois, voisin de Jolimetz, appartenait encore au domaine royal. En 1696, Louis XIV vend cette seigneurie à Amand François Le François d’Orchival, officier du Quesnoy. Cet achat marque le début de l’ascension territoriale de la famille Le François, qui, au fil des générations, réunit autour du metz de Jolimetz un ensemble cohérent de terres : Artois, Moreausart, Orchival, Jolimetz et Brie. Les Le François deviennent alors les véritables seigneurs de Jolimetz, occupant des charges importantes — bailli, mayeur, commissaire des guerres — qui leur donnent une influence considérable dans la région du Quesnoy.
Au XVIIIᵉ siècle, le château de Jolimetz est donc un domaine Le François. Il n’est pas construit par Amand François, comme on l’a parfois écrit, mais hérité et agrandi par ses descendants. Le metz médiéval subsiste, transformé en résidence seigneuriale. C’est dans ce cadre que grandit Bonne Aimée Victoire Le François d’Orchival, héritière de l’ensemble des terres familiales. En 1774, son mariage avec Marie‑Alexandre Bonaventure de Nédonchel, lieutenant général, baron de Nédonchel et futur ministre de la Guerre, fait basculer le château dans une nouvelle lignée. Les sources du XIXᵉ siècle sont formelles : la famille de Nédonchel devient propriétaire de Jolimetz par alliance, et non par achat ou par ancien droit féodal.
La Révolution bouleverse cet équilibre. Bonaventure de Nédonchel émigre, ses biens sont saisis, et le château de Jolimetz est vendu comme bien national. L’acquéreur est Dubois‑Crancé, ministre de la Guerre, figure politique de la période révolutionnaire. Il fait détruire une partie du château, peut‑être par nécessité militaire, peut‑être par volonté de rompre avec l’ancien ordre seigneurial. Le domaine, amputé, perd alors son caractère ancien.


Au début du XIXᵉ siècle, la famille de Nédonchel revient d’émigration et entreprend de reconstruire le château. La demeure nouvelle n’a plus rien du metz médiéval : c’est une maison bourgeoise en brique, élégante mais sobre, entourée de douves et de communs. En 1859, le comte Paul de Lavenne de Choulot, paysagiste renommé, est appelé pour dessiner les écuries et embellir le parc. Son intervention confère au domaine une allure romantique, dans l’esprit des jardins paysagers du XIXᵉ siècle. Le château devient alors une résidence de campagne appréciée, un lieu de sociabilité et de prestige.
Par alliance, le domaine passe ensuite aux Bourbon‑Busset, qui en assurent la continuité patrimoniale. Mais le XXᵉ siècle est moins clément : le château est progressivement délaissé, puis détruit après la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, il ne subsiste que les douves, toujours en eau, et les communs, silencieux témoins d’un passé seigneurial disparu.
Ainsi s’achève l’histoire du château de Jolimetz : né comme metz médiéval dans la forêt, devenu résidence des Le François, transmis aux Nédonchel par alliance, mutilé par la Révolution, reconstruit au XIXᵉ siècle, puis effacé au XXᵉ. Il demeure pourtant, dans la mémoire du village, comme l’un des lieux fondateurs de son identité.


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Les spécialités de Jolimetz étaient son charme et ses cerises : voir « Les promenades dans l’arrondissement d’Avesnes « par Madame Clément Hémery Publié avant 1829 chez Viroux à Avesnes.
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La Maison du sabotier :

Un excellent projet se dessine à Jolimetz en 2022 : redonner vie à une ancienne chaumière de maître sabotier, connue sous le nom de maison Pépin, du nom de son dernier occupant. Cette modeste demeure, tombée dans un état de délabrement avancé, est emblématique de l’histoire locale. La commune souhaite lui rendre son apparence originelle, avec son toit de paille d’antan, et en faire une bibliothèque et un lieu de vie associative, avec un espace dédié aux métiers du bois. Le projet est partagé sur le site de la Fondation du Patrimoine afin de mobiliser les soutiens nécessaires.
Le chantier s’ouvre en 2023, marquant la véritable renaissance de la Maison du Sabotier. La commune s’appuie alors sur les préconisations formulées dès 2014 par Jean‑Bernard Stopin, architecte du Patrimoine, qui avait immédiatement reconnu la valeur exceptionnelle de cette chaumière. C’est lui qui avait recommandé de restituer le toit de chaume d’origine, rappelant que cette modeste longère est le seul exemple conservé en Sambre‑Avesnois d’une maison de travailleur sous Louis XVI, intacte dans ses volumes et ses matériaux.
La restauration est menée dans les règles de l’art : silex, grès, pierre bleue, briques, torchis, charpente en bois et chaume composent à nouveau l’ossature de la bâtisse. Un tiers de la charpente ancienne est sauvé, et une pièce datée de l’époque de Napoléon III est retrouvée entre tenon et mortaise, témoignage rare des pratiques des charpentiers du XIXᵉ siècle. Les murs en torchis sont refaits selon les techniques traditionnelles, et le plafond de l’atelier est volontairement ouvert pour permettre d’admirer la charpente et le chaume depuis l’intérieur. La découverte d’un murin de Bechstein, petite chauve‑souris protégée, conduit à intégrer des abris spécifiques dans la cave pour préserver l’espèce.
La chaumière restaurée n’est pas seulement un lieu de mémoire : elle devient un foyer rural, pensé pour les habitants. L’ancien atelier du sabotier est conservé et enrichi d’une centaine d’outils d’époque, constituant un petit musée. La bibliothèque municipale y est relocalisée, offrant un espace chaleureux pour les écoliers et les lecteurs, accessible depuis la mairie par un nouveau chemin longeant le verger‑conservatoire. Le lieu accueillera également des animations et des activités associatives, faisant revivre la maison Pépin comme un espace culturel et social.
Ce projet exemplaire, désormais inscrit dans les itinéraires touristiques du Pays de Mormal, a été soutenu à toutes les étapes par le Département : recherches historiques, accompagnement de la Médiathèque départementale, conseils juridiques via iNord, et une aide financière majeure dans le cadre de l’ADVB, complétée par un bonus Nord durable pour la préservation des chauves‑souris et l’usage de matériaux biosourcés. La Région et des donateurs privés, via la Fondation du Patrimoine, ont également contribué à cette renaissance.
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