Vieux-Reng

Vue aérienne de Vieux-Reng
Communes limitrophes de Vieux-Reng

Vieux‑Reng est un site très ancien, occupé dès la préhistoire puis à l’époque gallo‑romaine, comme l’ont révélé les fouilles de 1845 qui mirent au jour des ossements humains, des armes, des objets en bronze et des monnaies romaines et gauloises. Le nom même du village renvoie à une fortification : Reng, issu de Ring, désigne une circonvallation, c’est‑à‑dire une ligne de défense continue établie autour d’un camp ou d’une cité assiégée.

En 1185, le village est ravagé par les troupes de l’archevêque de Cologne et du duc de Brabant lors d’une invasion du Hainaut

Dès le XIIᵉ siècle, Vieux‑Reng présente une situation féodale originale : il relève de l’ancienne dotation de l’abbaye d’Hautmont (église, cense de la Cour, moulin), tandis que le comte d’Avesnes y possède aussi des terres, dont le Sart de Jacques cédé en 1197. Cette double implantation — monastique et laïque — explique le seul conflit attesté entre les deux seigneuries : en 1385, le seigneur d’Avesnes tente d’empêcher l’abbaye de nommer mayeur et échevins, mais le Grand Bailli du Hainaut déboute Avesnes et confirme les droits de Hautmont.

À la fin du Moyen Âge, la suzeraineté supérieure de Vieux‑Reng relève du comté de Hainaut, tenu par les ducs de Bourgogne. En 1476, Charles le Téméraire, duc de Bourgogne et comte de Hainaut, affranchit son serf Pierre Bosquet demeurant à Vieux‑Reng, preuve que le village dépend alors directement de la haute justice comtale. Après la mort du Téméraire, la suzeraineté passe aux Habsbourg par Marie de Bourgogne puis Philippe le Beau. Au tournant du XVIᵉ siècle, la mouvance locale d’Avesnes revient à Louise d’Albret (v. 1470–1535), dame d’Avesnes, Landrecies et Chimay, épouse en 1495 de Charles de Croÿ, 1er prince de Chimay.

Sous son autorité, la seigneurie laïque de Vieux‑Reng est tenue par Claude Grébert (1471–1530), Sire d’Aubry et prévôt de Valenciennes, qui acquiert le fief vers 1510 tout en demeurant son vassal. À la mort de Louise d’Albret, la suzeraineté passe à sa fille Anne de Croÿ (1501–1539). Claude transmet ensuite le fief à ses enfants : Philippe Grébert, écuyer, seigneur de Vierent lez Maubeuge, puis Jeanne Grébert (née en 1501), qui hérite du fief à la mort de son frère et devient Dame de Vieux‑Reng. Cette phase marque l’intégration du village dans le réseau seigneurial valenciennois avant son passage aux Camusel au XVIIᵉ siècle.

En 1609, un siècle après la génération Grébert, la suzeraineté supérieure (la mouvance féodale d’Avesnes) passe de la Maison de Croÿ à la Maison de Ligne, par l’héritage d’Alexandrine de Croÿ mariée au prince Lamoral de Ligne. Toutefois, cette suzeraineté ne demeure pas entre les mains des Ligne jusqu’à la Révolution : les archives du Nord attestent qu’au début du XVIIIᵉ siècle, le seigneur en titre de Vieux‑Reng est le comte d’Egmont, Procope‑Charles Pignatelli d’Egmont (1703–1743), puis son fils Casimir (1727–1801). La suzeraineté supérieure relève donc de la Maison d’Egmont – Pignatelli.

Du XVIᵉ au XVIIᵉ siècle, les relations entre les habitants et l’abbaye restent globalement correctes, hormis une tension ponctuelle sur les regains. L’église est finalement consacrée en 1616 après de longues négociations.

Au XVIIᵉ siècle, la seigneurie laïque (et non la suzeraineté) est vendue par Philippe IV d’Espagne à Herman Camusel, écuyer et seigneur de Boulny (Armorial du Nord, Leuridan); elle est ensuite hypothéquée au prince de Chimay (1642) puis cédée à François Domon (1707) identifié comme Jean‑François de Cussemenet dit de Dornon, écuyer, seigneur de Thieusies et de Grand‑Reng. Les armoiries communales — de gueules à l’étoile à douze rais d’or — dérivent de celles de la famille Camusel.

En 1789, les habitants réclament la suppression des droits féodaux et la réduction de la dîme : ces doléances relèvent du mouvement national révolutionnaire et ne traduisent pas un conflit local particulier. En 1822, le hameau de Lameries, frontalier de Grand‑Reng (Belgique), est rattaché à Vieux‑Reng, structurant définitivement le territoire autour de la vallée de la Trouille.

🟦 Tableau chronologique — Vieux‑Reng (XIIᵉ–XVIIIᵉ siècle)

1. XIIᵉ – XIVᵉ siècles

PériodeSuzeraine supérieureSeigneur tenancier laïqueAbbaye d’Hautmont
XIIᵉ s.Comté de Hainaut (Maison d’ Avesnes)Maison d’Avesnes (seigneurie laïque)Église, cense, moulin
1197IdemSeigneur d’Avesnes (Sart de Jacques)Sart de Jacques confirmé
1385Comté de HainautSeigneur d’AvesnesÉglise, cense, moulin

2. XVe siècle (Bourgogne → Habsbourg)

PériodeSuzeraine supérieureSeigneur tenancier laïqueAbbaye d’Hautmont
1433–1477Ducs de BourgogneÉglise, cense, moulin
1476Charles le TéméraireÉglise, cense, moulin
1477–1506HabsbourgÉglise, cense, moulin

3. Début XVIᵉ siècle (Albret → Croÿ)

PériodeSuzeraine supérieureSeigneur tenancier laïqueAbbaye d’Hautmont
1500–1535Louise d’AlbretClaude GrébertÉglise, cense, moulin
1535–1539Anne de CroÿPhilippe → Jeanne GrébertÉglise, cense, moulin

4. XVIIᵉ siècle (Ligne → Camusel)

PériodeSuzeraine supérieureSeigneur tenancier laïqueAbbaye d’Hautmont
1609Maison de LigneÉglise, cense, moulin
17ᵉ s.LigneHerman CamuselÉglise, cense, moulin
1642LigneHypothèque ChimayÉglise, cense, moulin

5. XVIIIᵉ siècle (Egmont – Pignatelli)

PériodeSuzeraine supérieureSeigneur tenancier laïqueAbbaye d’Hautmont
1707Ligne → EgmontDornonÉglise, cense, moulin
1719Procope‑Charles d’Egmont❓ lacuneÉglise, cense, moulin
1739Procope‑Charles (mortemains)Église, cense, moulin
1743–1789Casimir d’EgmontÉglise, cense, moulin

Après 1707, la tenure locale du fief de Vieux‑Reng n’est plus documentée. Il est toutefois probable que la famille de Cussemenet dit de Dornon, déjà tenancière en 1707 et seigneurs de Grand‑Reng, ait conservé la gestion du fief sous la suzeraineté de la Maison d’Egmont – Pignatelli, attestée en 1719 et 1739. Aucune source ne permet cependant de confirmer formellement cette continuité.

L’église de Vieux-Reng photo 2011

Église selon un plan en croix latine

Le chevet de l’église photo 2018

L’église Saint‑Cyriaque de Vieux‑Reng, située au centre du village, est construite selon un plan en croix latine orienté nord‑est. Son clocher‑porche, de type Iverny — reconnaissable à son portail surmonté d’un oculus, d’une meurtrière, de baies géminées et d’une flèche octogonale encadrée de quatre clochetons — domine une nef unique prolongée par un transept marqué et un chevet à cinq pans coupés.

Consacrée le 7 décembre 1616 (H. Fisquet, La France pontificale, 1864), elle est le résultat d’une longue démarche des habitants auprès de l’évêque, après plusieurs années de négociations avec l’abbaye d’Hautmont. Agrandie en 1822 puis restaurée en 1868, elle subit d’importants dommages durant la Seconde Guerre mondiale, notamment l’effondrement des plafonds consécutif aux bombardements du pont de la rivière.

Plafond rénové Photo L’Observateur 21/03/2017

À partir de 1983, une vaste campagne de restauration est engagée pendant quatorze ans par l’Association de Restauration de l’Église, composée de bénévoles. Près de 400 m² de plafonds sont reposés, les voûtes des autels latéraux sont consolidées par un arc métallique, la sacristie est entièrement refaite, le chemin de croix restauré au micro‑pistolet, tandis que la toiture du clocher est reprise par une entreprise spécialisée.

Cette intervention exemplaire a redonné à l’édifice son volume, sa stabilité et son éclat.

Photo Mairie

Elle abrite plusieurs pierres tombales rappelant le souvenir des curés du lieu et des principaux censiers de la Cour aux XVII e et XVIII e siècles.

Le buffet d’orgue et la tribune d’orgue de Vieux-Reng (1868)

Sont classés objets mobiliers protégés au titre des Monuments Historiques du Nord 6 statues (Saint Antoine de Padoue-Vierge à l’Enfant-statue de calvaire : Vierge-statue de calvaire : Saint Jean l’Evangéliste- Saint Laurent- le Christ en croix), le maître-autel, la clôture du choeur et des autels latéraux (banc de communion) avec quatre statues, l’autel latéral sud de Saint-Cyriaque, l’autel de la Sainte Vierge dans la chapelle latérale nord, six stalles avec six statues, une chaire à prêcher dans la nef centrale, le buffet d’orgue et la tribune d’orgue de 1868.

Bâtiment Mairie Ecole reconstruit dans les années 1950 avec un étage afin de scolariser l’ensemble des élèves de la commune. Photo Google 2019

La Salle des Fêtes construite dans les années 1930. Elle fut rénovée il y a une vingtaine d’années et la commune en a profité pour y mettre contiguë une salle de sport (Equipe de Volley Ball). Photo 2011

Le Kiosque à musique de 1925 Photo Havang 2011

Le Monument aux Morts sur la Place Raoul Henri. Photo Havang 2011

Cette place a été rénovée en 2010 avec création d’un espace vert. Elle doit son nom à un agriculteur de Vieux-Reng qui a fait don d’une quinzaine d’hectares à la commune.

Calvaire au hameau de Lameries
Calvaire au hameau de Lameries

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Le puits communal permet aux agriculteurs de venir chercher de l’eau pour leurs troupeaux. Quant à la cascade, elle est artificielle, ayant été aménagée lors de la production après guerre d’électricité par une turbine située dans une habitation voisine.

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Cette localité avait la particularité de posséder quatre moulins dont un sur le Ruisseau de l’Hôpital et trois sur la Trouille.

Vieux-Reng

Le Moulin de Lameries :

Cette rivière, au hameau de Lameries, faisait tourner un moulin situé face à l’église. Louis Ferrand + 1801 époux de Marie Victoire Paveau + 1818 en était le meunier. En 1801 ses trois enfants héritèrent d’une maison avec le petit moulin.

Alexandre Rochefort, meunier, fut le propriétaire suivant (cadastre de 1844).  Sa veuve souhaita vendre en 1851 ce moulin à blé à deux tournants. Vincent Bureau et Vincent Kaupermann en furent les acheteurs. Alexandre Lauthier le détenait en 1873 puis Antoine Coupermanne marié à Odile Bouillez en 1880. Le moulin n’était déjà plus qu’un bâtiment agricole et la maison fut achetée vers 1892 par Pierre Dereme, instituteur à Grand-Reng. Vers 1905, Marie Vergucht épouse d’Omer Delacroix en fit un café.

Le Moulin du Village :

La cascade Par Chatsam — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=14622408

Situé près de l’église, ce moulin appartenait déjà au XII e siècle à l’abbaye d’Hautmont.

Ce moulin a fait, au cours des siècles, l’objet de plusieurs transformations. En 162o, les religieux de Saint-Pierre firent agrandir le bief. En 1629, un procès se termina par l’obligation pour l’abbaye de faire élargir et approfondir le canal servant à amener l’eau au moulin. Un siècle plus tard, les moines d’Hautmont s’entendirent avec le seigneur de Vieux-Reng, M. Camisel, pour faciliter l’écoulement des eaux dans la localité. En 1755, le moulin était exploité par Nicolas Dubois et sa sœur Thérèse. Nous savons qu’il s’agit d’un « moulin à deux tournans, avec les usines et cours d’eau, maison, étable, jardin, un demi-bonnier de pâture, tenant à la Trouille, un journel d’étang servant à l’amas d’eau tenant à la venteillerie du moulin aboutissant à la rivière ». La mouture était au seizième. Le meunier rendait chaque année 220 livres, un porc gras et 9 muids de « verreux » à Saint-Pierre d’Hautmont.

En 1781, l’exploitation que nous venons de décrire était affermée à un meunier de Solre-sur-Sambre, Charles-Joseph André. L’ensemble des constructions était en mauvais état : « comme les édifices du moulin tant corps de logis que la grange, étables, digues et autres sont fort négligés et détériorés, les abbé et religieux promettent de les réparer et mettre en bon état, de même que tout ce qui est jugé défectueux et hors de service par la visite des experts qu’en a été faite le 16 février de la présente année 1781, excepté le bief que le preneur s’est obligé de nettoyer et mettre en bon état à ses frais ».

En 1797 Charles André + 1824 et sa femme Célestine Moreau + 1819 le possédait. Ce couple avait également le moulin de la Salmagne sur le ruisseau de l’Hôpital. A leur décès, le moulin à deux tournants actionnant chacun une paire de meules revint à leurs enfants dont l’un d’eux Charles Alexandre (1780 1819) fut meunier. A leur tour son fils Adolphe (1808 1857) puis son petit-fils Jules Valentin (1841 1888) apprirent le métier. Joséphine Constance Pierart, veuve de Jules Valentin, poursuivit l’activité de meunière jusqu’en 1914. Le moulin fut démoli en 1920 suite aux dégâts occasionnés par la guerre. Il ne reste plus que la cascade.

Le moulin de la Frêle :

Le moulin de la Foulerie ou de la Prêle

A la sortie du village, non loin de l’actuelle école de parachutisme, se mouvait une foulerie qui en 1810 était déjà un moulin à farine appartenant à la veuve Boulard, rentière à Aix la Chapelle. Alexandre Mercier + 1814 en était le meunier. Sa veuve Joséphine Odille Bosquet + 1847 l’acquit vers 1815. Il n’avait qu’une roue mais deux paires de meules. Une de ses filles Caroline (1815 1882) marié à Florent Gérard (1802 1847) puis remariée en 1849 à Usmer Félix Bosquet (1820 1857) y habita et fut à la fois cultivatrice et meunière.

Le moulin dit de la Foulerie fut mis en vente en 1870 et acquis par Timoléon Gillot + 1894 époux de Laure Marie Arnould. Le fils Albert Gillot décéda en 1963 et l’activité du moulin servant à la mouture pour animaux cessa alors. Les bâtiments de briques en L sont toujours visibles de nos jours sur la D 28 au 116 rue de Maubeuge. L’étang quant à lui a été asséché vers 1970.

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Vieux-Reng

Le ruisseau de l’Hôpital délimite sur 600 mètres Villers-Sire-Nicole et Vieux-Reng et faisait tourner le moulin de la Salmagne. Celui-ci dépendait de l’abbaye de Bonne Espérance située dans la section de Vellereille-les-Brayeux de la commune d’Estinnes, en Belgique, à 6 km au sud de Binche.

Il était loué en 1755 à Nicolas Dubois et à sa sœur Thérèse et était à deux tournants. En 1781 Charles Joseph André le reçut par fermage.Il était dans un état de délabrement tel qu’il fut rebâti vers 1785.

Il fut vendu comme bien national en 1797 à Louis Cousin. Comme ce fut souvent le cas, cet acquéreur de biens nationaux le revendit très vite et en 1810 Jean Joseph Chrétien Mercier (1777 1841) marié à Pauline Leclercq (1774 1829) le détenait. Ses enfants Rose, Jean Baptiste et Nicolas en héritèrent. Nicolas (1798 1859) et son épouse Appoline Riche (1809 1885) furent meuniers. Un de leur fils Léon Nicolas, célibataire (1838 1859) travaillait au moulin. Leur autre fils Léopold (1840 1880) marié à Amandine Hanquart eut deux enfants, Albert et Léon tous deux meuniers. En 1894, ces derniers demandèrent à l’administration des Douanes l’autorisation de conserver leur moulin à farine et obtinrent une réponse favorable. En 1922 Léon Mercier était toujours meunier à La Salmagne. De nos jours le ruisseau ne passe plus au moulin qui est devenu une habitation. Celle-ci se compose d’une habitation en L sur deux étages de maçonnerie et un étage de combles. Quant à la ventellerie elle est marquée par un pont de pierre de deux arches du XVIII e siècle.

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Brasserie Grenier Ministère de la culture – base Mémoire

De source orale la brasserie Grenier, aussi appelée la Renommée, aurait été fondée dans la deuxième moitié du 19e siècle. Elle fonctionne jusqu’en 1964-1965. Puis elle est convertie en dépôt de la brasserie Bouchard de Saint-Amand-les-Eaux (59). Actuellement la brasserie est désaffectée. 
En 1927 l’usine produisait 8000 hectolitres ; en 1946 la production était de 6000 hectolitres de bière de fermentation haute. 
En 1946 la brasserie employait 4 ouvriers. culture.gouv.fr

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On voit encore aux environs de l’église une ferme ancienne :

Cense de la Court Saint-Pierre

La cense

Dans le village de Vieux-Reng, l’abbaye d’Hautmont détenait dès le début du XII e siècle l’église, le moulin et la Court Saint-Pierre.

La Cense de la Court était la plus grande ferme du Grand Hautmont avec la Cense de Forest. L’exploitation couvrait 165 hectares.

Au XVII e siècle les Moreau en étaient les censiers. Au XVIII e siècle, l’exploitation gérée par les Watteau comprenait 33 parcelles : 8 pièces de prés et pâtures couvrant 33 bonniers, un demi-journel et 3 quarterons.

D’après le bail de 1751, Jacques Liévin Watteau, laboureur, tenait à ferme la maison de cense avec grange, étables et bergeries, plus la dîme à Vieux-Reng (la onzième gerbe). Il rendait annuellement à l’abbaye d’Hautmont 775 livres en espèces, d’importants rendages en nature, par exemple plus de 16 hectolitres de grains (froment, verreux, soucoron, épeautre et avoine) et 15 animaux !

Le fermier d’Hautmont à Vieux-Reng devait encore plus de 2 hectolitres de grains et 53 écus de 48 patars pour supplément de portion congrue au curé de Vieux-Reng. Il devait entretenir le chœur de l’église paroissiale, voiturer 20 cordes de bois (plus de 200 stères) et 3000 fagoteaux pour le compte de l’abbaye et accomplir plusieurs jours avec ses chariots.

En 1775, Louis Watteau remplaça son parent et le rendage en espèces passa à 1375 livres !…

Le 29 Thermidor An V (16 Août 1797) la ferme appartenait à Delier Anniaux (ADN 1 Q 122). Il s’agit selon moi du couple Delier Ansiaux et plus précisément de Jacques Antoine Delier né à Bernisart dans le Hainaut belge, marchand marié en 1750 à Marie Antoinette Ansiaux née en 1731 à Mons; le couple demeurant dès 1751 à Condé sur Escaut.

Cense de la Court Saint Pierre (face à l’église)

Une autre cense :

La ferme de la Salmagne

Au sud-ouest de Vieux-Reng se trouve la ferme de la Salmagne. La Salmagne formait autrefois une enclave de la commune de Vellereille-lez-Brayeux, prévôté de Binche et relevait de l’abbaye de Bonne Espérance. Elle parait avoir été donnée à ce monastère lors de sa fondation, en 1125, en même temps que le village dont elle dépendait. C’était une ferme importante composée d’une « maison manaule avec salle basse, chambres, cuisine, laiterie et lardier, loge, greniers, forge, carlerie et prison ». Elle était entourée de son vivier, de ses champs et de ses bois. Un moulin appelé moulin de Mairieu dénommé de nos jours le moulin de la Salmagne était sous sa juridiction. (Archives de l’Abbaye de Bonne Esperance transcrites en 18 volumes par l’abbé Englebert Maghe en 1778)

Le 21 Thermidor An IV (8 Août 1796) Constant Godefroy acheta la ferme de la Salmagne alors dite sur le territoire d’Elesmes (ADN 1 Q 23 liasse 1180). Constant Joseph Godefroy né en 1754 à Avesnes-sur-Helpe, marié à Marie Louise Pillot, était Trésorier Massard, puis au décès de son épouse en 1803 Inspecteur des eaux et forêts.

Le 25 Frimaire An VI (15 décembre 1797) cette cense toujours citée sur Elesmes fut acquise par un dénommé Manfroy (ADN 1 Q 33 liasse 3296). Il s’agit à cette date d’un achat de la ferme par cette famille Manfroy qui occupait les lieux depuis le XVII siècle. En effet, Nicolas Manfroy (1667 1756) était « Fermier des Mr de Bonne Espérance ». Son fils Philippe François (1702 1755) était également dit » censier et Fermier des Dames de Bonne espérance ». Le rachat de 1797 pourrait être à l’initiative d’un de ses fils à savoir Philippe François né en 1751, laboureur marié en 1781 à Catherine Ducarne.

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La ligne de la Trouille et le camp de Givry

Au moment du siège de Mons, Louis XIV avait fait établir une ligne de défense qui suivait la vallée de la Trouille depuis Mons jusqu’à Erquelinnes. Elle profitait des accidents de terrain et d’anciennes fortifications comme le camp romain de Rouveroy. Des vestiges de cette ligne Maginot de l’époque se voient encore aujourd’hui. 

En 1692 le roi passa sur cette ligne une revue qui fut célèbre et qu’on appela la Revue du camp de Givry. A vrai dire, elle s’étendit bien au-delà du village belge de ce nom. Les troupes françaises étaient massées dans la vallée de la Trouille depuis Mons jusque près de Jeumont.

Le poète Jean Racine, qui était alors l’historiographe du roi, a donné un récit de cette revue somptueuse, qui ne manqua pas de le fatiguer :

« Je commençai à onze heures du matin à marcher. J’allai toujours au grand pas de mon cheval, et je ne finis qu’à huit heures du soir. Enfin, on était deux heures à aller d’un bout d’une ligne à l’autre. J’étais si étourdi d’entendre tambours, trompettes et cymbales, si ébloui de voir briller des épées et des mousquets que je me laissai conduire par mon cheval sans avoir d’attention à rien. J’eusse voulu, de tout mon cœur, que tous les gens que je voyais eussent été dans leur chaumière ou dans leur maison, avec leur femme et leurs enfants, et moi dans ma rue des Maçons, avec ma famille… ».

Source du texte : Jean Mossay « En flanant dans l’avesnois »

Les vestiges de cette ligne de la trouille sont visibles au-dessus de la rive gauche de la Trouille entre l’étang du Peignage, la Foulerie et le CD 159 où l’on suit les deux lignes de retranchement avec leurs redans et les cavaliers de la ligne haute. Source UTEL.

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Bloc 2 de l'ouvrage, construit sur la partie sud de l'ancien fort.
Le Fort de la Salmagne

La Salmagne est une des rares endroits où on peut voir – sur un même site – des fortifications Séré de Rivière et Maginot.

Le petit ouvrage d’infanterie de la Salmagne est composé de deux blocs de combat à deux étages, reliés à 30 mètres sous terre par un couloir de 150 mètres donnant accès au casernement. Cet ouvrage est visitable dans son intégralité.
A l’extérieur, des vestiges du fort Séré de Rivière sont encore visibles.

Source : Le fort de la Salmagne

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L’aérodrome de la Salmagne
Photo Club ULM Evasion MAUBEUGE

L’aérodrome de Maubeuge-Elesmes, localement connu sous le nom aérodrome de La Salmagne, est situé à cheval sur le territoire d’Élesmes et de Vieux-Reng.

Le blason de Vieux-Reng : De gueules à une étoile à douze rais d’or