
Le village actuel du Favril – dont le nom dérive de « forge » – s’implante au XIIe siècle sur son site actuel.
La possession de l’église et de deux manses au Favril fut confirmée à l’abbaye de Maroilles, en 1131, par une charte de l’évêque de Cambrai, Liétard, et en 1237, par une bulle du pape Grégoire IX.
Jacques, seigneur d’Avesnes, accorda en 1174 au village une charte de franchise, renouvelée et confirmée, en 1293 par Hugues 1er de Châtillon, l’un de ses successeurs. En 1330, les alleux de Le Favril et de Landrecies furent réunis en un seul fief dépendant de Guillaume, comte de Hainaut, par Guy de Châtillon, seigneur d’Avesnes.
Le Favril a toujours fait partie de la terre et pairie d’Avesnes; à la Révolution le duc d’Orléans y possédait encore le terrage et des rentes.
Le village connut les mêmes vicissitudes que Landrecies et servit de base arrière lors des sièges de la ville, en 1543, 1637, 1794 et 1918 notamment.

Au centre du village, l’église se présente comme un long vaisseau de brique rouge entouré par le cimetière, avec son orientation traditionnelle vers l’est. La façade est dominée par un clocher‑porche dont les niveaux superposés — portail, baies géminées, oculus et abat‑sons — composent une silhouette verticale très lisible. La flèche, d’abord en bulbe puis en pyramide octogonale, lui donne un caractère singulier dans le paysage.

Le portail de l’église associe la brique rouge à une pierre soigneusement sculptée, formant un arc en plein cintre qui encadre une porte en bois peint d’un rouge profond. La clé de voûte porte une tête du Christ, sculptée en relief, qui domine l’entrée comme un signe de protection. Au‑dessus, un entablement en pierre supporte un petit fronton orné de volutes, où l’on distingue la devise latine O Crux ave spes unica — « Ô Croix, salut, unique espérance ». L’ensemble, sobre mais expressif, confère au portail une forte présence symbolique, marquant le seuil de l’église comme un lieu de passage sacré.

Les murs latéraux, largement ouverts par de grandes baies, et la toiture en bâtière complètent l’aspect sobre et régulier de cet édifice rural, typique de l’architecture religieuse de la Thiérache.
Les travaux de l’église :
(annotations faites dans le registre paroissial par Messire Jacques Meurant le curé du Favril )
le 29 de septembre de l’an 1699 Le plat font de la naif de l’église du Fabuvril at esté accomodé et achevez
Le 26 aout 1699 le plat font du coeur de l’église dudit fabvril at estez achevez par les — les abéz et religieux de — Maroilles collateur dudit
le 2è 7bre 1702 fait et achevé le protal de devant l’église, par Jean Baptiste Renaux maçon demeurant à Faÿt par le consentement des messires le pasteur, mayeur et eschevins du fabvril et ledit portal et monté à 50 patacons tout compris aux frais d’ycelle église partant mémoire
l’année 1750 le trente et un de juillet a été posée la chaire de vérité et le confessionnam qui fait face à la ditte chaire, par le sieur Tupinye maitre menuisier demeurant au nouvion aux frais de notre église du Favril, les susdits ouvrages ayant été marchandés par le sr leprohon curé de la ditte paroisse du Favril conjointement nicola marchand mayeur et les échevins ; les ouvrages qui ont été faits les deux années précédentes ont étez faits aux frais de mrs de Maroilles collateurs de la cure du Favril, il est ainsi en foi de quoy jay soussigné le jour et an que dessus Charles Joseph Leprohon curé du Favril
Mémoire que l’année mil sept cent cinquante un le curé conjointement les mayeur et échevins on fait faire une neuve charpente à l’église qui fut achevée au mois d’octobre et une nouvelle couverture dardoise qui fut achevée au mois de 9bre, le tout aux frais de la ditte église le clocher est à la charge de la paroisse partant mémoire charles joseph leprohon.

En 1897, la commune du Favril confia la reconstruction de son clocher à François Guilain Roussel, architecte civil né en 1846 à Beaurains (62) et installé à Cambrai, agréé par la Préfecture du Nord depuis 1873. Habitué des chantiers communaux du Cambrésis et de l’Avesnois, Roussel venait d’expertiser la tour de Prisches, jugée « menaçant ruine ». Il conçut pour le Favril un clocher à bulbe, choix ponctuel qui donne aujourd’hui à l’édifice sa silhouette singulière. Cette reconstruction, décidée par le conseil municipal et réalisée dans le cadre des restaurations communales de la fin du XIXᵉ siècle, marque l’une des grandes transformations de l’église.


L’autel de l’église de le Favril forme un ensemble liturgique imposant, associant un soubassement en marbre à un vaste retable en bois peint et doré. L’architecture, organisée en trois registres, met en valeur une partie centrale avancée encadrée de colonnes composites et d’un tableau richement orné. Le décor culmine avec un double fronton animé d’angelots et d’une représentation sculptée de Dieu le Père, tandis que les ailes latérales accueillent des statues en niche, renforçant l’effet théâtral de l’ensemble. Les figures de saint Pierre et saint Paul, patrons historiques du monastère, complètent cette composition solennelle qui illustre la qualité du mobilier religieux de Maroilles au XVIIIᵉ siècle.

Le maître‑autel de l’église est orné d’un grand tableau représentant l’Adoration des Mages, peint en 1792 et signé « Guillaume à Landrecies ». Les archives paroissiales de Landrecies permettent d’identifier cet artiste : un acte de baptême daté du 8 octobre 1781 mentionne Jean‑Baptiste Guillaume, maître peintre, époux de Marie‑Magdeleine Fevrier, demeurant dans cette paroisse. Cette toile de grandes dimensions (220 × 150 cm), installée dans le retable du maître‑autel, témoigne de la production religieuse locale à la fin du XVIIIᵉ siècle, en pleine Révolution française. L’œuvre est inscrite au titre des Monuments historiques depuis le 27 octobre 1976.

L’autel de la Sainte Vierge associe un soubassement en marbre à un retable en bois peint, dont la grande niche abrite une Vierge à l’Enfant polychrome aux yeux en verre. L’ensemble, daté du XVIIIᵉ siècle, présente un décor sobre relevé de dorures, tandis que la statuette sommitale — une seconde Vierge à l’Enfant en bois doré — correspond à une intervention plus tardive du XIXᵉ siècle. Par son mélange de marbrerie, de sculpture et de menuiserie, cet autel illustre la variété des techniques mobilisées dans le mobilier religieux régional.

Réalisée vers 1750 par le menuisier Tupini, originaire du Nouvion-en-Thiérache, la chaire à prêcher de Le Favril est un bel exemple de mobilier religieux du XVIIIᵉ siècle. Entièrement en bois peint en faux chêne, elle présente une cuve pentagonale ornée de panneaux moulurés, de pilastres à chapiteaux composites et d’un dorsal richement décoré d’arcs à accolades. L’abat‑voix, très travaillé, porte la colombe du Saint‑Esprit en haut‑relief, entourée de rayons dorés et de nuées argentées. L’ensemble est porté par un spectaculaire ange en ronde‑bosse, aux ailes déployées, soutenant la base évasée de la cuve.

Ministère de la culture – base Mémoire



À Le Favril, les statues de saint Nicolas et de saint Pierre témoignent de la richesse du patrimoine statuaire conservé dans l’église. Saint Nicolas, œuvre en bois polychrome du XVIIIᵉ siècle, reflète l’influence artistique encore sensible des anciens Pays‑Bas espagnols et rappelle le vocable sous lequel l’édifice est placé. Saint Pierre, plus ancien, taillé dans le chêne au XVIᵉ siècle, se distingue par sa sobriété et par la présence de la clé, symbole de son rôle d’apôtre et de gardien du Royaume.
L’église conserve également un ensemble varié de statues issues de différentes époques et lieux de dévotion : figures anciennes provenant de la chapelle du Bon Dieu de Giblot, comme l’Ecce Homo ou sainte Restitude ; statues de piété populaire telles que saint Roch ; œuvres plus récentes comme sainte Catherine ou la Vierge à l’Enfant. Cet ensemble reflète la diversité des cultes locaux, la circulation des influences artistiques dans le Hainaut et l’attachement durable de la communauté à ses objets de dévotion. Toutes ont bénéficié de restaurations soignées et illustrent la diversité, l’ancienneté et la valeur des œuvres protégées au titre des Monuments historiques dans la commune.

Ministère de la culture – base Mémoire

Ministère de la culture – base Mémoire
Conservés comme un véritable trésor paroissial, le calice du XVIIᵉ siècle et les burettes d’étain — aujourd’hui protégés au titre des Monuments historiques — seraient parvenus à Le Favril en 1694, lorsque le pape Innocent XII offrit ces objets sacrés à la communauté. Cette même année, le curé Jacques Meurant, arrivé en 1693, fit élever la chapelle du Bon Dieu de Giblot , donnant un nouvel élan à la vie spirituelle du village. Le don pontifical, peut‑être relayé par l’abbaye de Maroilles dont dépendait alors la paroisse, s’inscrit dans ce contexte de dynamisme religieux : un moment où Le Favril affirmait son identité liturgique et enrichissait durablement son patrimoine sacré.

A l’intérieur se dresse également une très belle dalle funéraire de l’abbé Tacquenier, abbé de Maroilles de 1670 à 1698. Originaire de Mons, Pierre Tacquenier devint à cinquante ans, le premier abbé de Maroilles nommé directement par Louis XIV après le rattachement du Hainaut à la France. Bénit par l’évêque de Saint‑Omer en période de vacance de l’archevêché de Cambrai, il dut assumer les lourdes pensions imposées par le pouvoir royal, que même le pape ne put lever. Estimé de ses religieux, il releva une abbaye endettée en restaurant fermes et bâtiments conventuels, en reconstruisant le clocher et en enrichissant le culte d’objets précieux. Son abbatiat fut marqué par les querelles avec les habitants de Taisnières et par le subside de 12 000 livres versé au roi en 1693. Sage, prudent et respecté, il mourut le 14 juillet 1698, laissant pour devise Sustine et abstine.


pour la France 1914-1918

Il est encadré par deux colonnes cannelées, qui proviennent de l’ancien porche principal de l’église du village.



Edifice ceinturé d’une belle grille de fer forgé. Niche abritant une vierge sur son fronton. Bel autel en pierre bleue finement ouvragé. Son aspect actuel date de 1888.
Au sol, derrière le calvaire, se trouve une dalle en pierre portant cette inscription : «chapelle de Nostre Dame de Miséricorde et de Sainte Reine Meurant pasteur 1705 » mention probable d’une chapelle antérieure substituée par le calvaire actuel.
En 1833 le calvaire est détenu par la commune.
Il existait à la même date un deuxième calvaire dont la construction remontait à 1696. Il était à l’intersection de la route de Sambreton et de la rue du Bondieu de Giblot et était également détenu par la commune. Il a été transformé par la suite en chapelle. Celle-ci existe encore de nos jours.

Ce kiosque à danser surélevé rectangulaire à 6 pieds en fonte a été reconstruit et inauguré le 17 mai 2003.

Oratoire N.D de Grâce ( 1748), Jésus (1749) Rue du Bois

Chapelle Le Bon Dieu de Gibelot (1694) Rue d’Ors
Parmi ces 11 oratoires et 4 chapelles, les plus anciens éléments du patrimoine bâti communal sont un oratoire de 1748 et une chapelle érigée en 1694.
Economie :
Sa principale industrie fut la fabrication de fromages.On trouva à Le Favril une brasserie (brasserie Thomas de 1890 à 1914) et 4 moulins à blé, dont 2 mus par l’eau et 2 par le vent. Ces deux derniers étaient détenus l’un en 1770 pour moitié par l’abbaye de Maroilles et pour moitié par le subdélégué de Landrecies au lieu-dit Le Petit Debout, et l’autre en 1769 par Jean Pierre Salengros au lieu-dit La Haute Borne.
Deux moulins jalonnaient la Rivièrette dans la commune de le Favril.

Le premier moulin était le moulin de Jean Pierre Salengros qu’il construisit en 1755 » par concession et octrois de S.A.S Mgr le Duc d’Orléans ».
L’arrêt du conseil autorisant la construction fut signé le 5 avril 1757. J P Salengros et son épouse Anne Marie Castier possédaient ce moulin à deux tournants et un moulin à vent au lieu-dit « La Haute Borne ». En 1803 leur fils Pierre marié à Marie Lucie Staumont était meunier occupant. En 1831, Jean François Avot marié à Marie Jenly Canonne était à son tour le meunier de ce moulin à eau du « Grand Bout » et ce également en 1851. En 1862 Alexandre Avot Presse en était le propriétaire mais le moulin ne fonctionnait déjà plus.

En 1979 on trouve à cet endroit appelé le moulin des Tricoteries un gite rural avant que ce lieu devienne un centre culturel dénommé « la Chambre d’eau ».
L’événement phare de La Chambre d’eau est le festival Éclectic Campagne(s), ayant lieu tous les deux ans. En 2018, il a réuni plus de 1 300 participants. Pour cette occasion, 15 artistes étaient venus présenter leurs œuvres et animer l’événement. En outre, l’association accueille des artistes, sur des durées pouvant aller de quelques jours à plusieurs mois, pour des résidences d’écriture, mais aussi pour effectuer des ateliers artistiques. Enfin la structure culturelle permet aux particuliers, écoles et entretiens de louer des œuvres d’art pour 20 €. C’est le principe d’une « Artothèque ».
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Le second moulin dont le projet était également à deux roues « dont une à farine et l’autre à escoussière et moudre brais pour la bierre » commença d’être bâti fin 1807 par André Manesse sur un terrain lui appartenant dit « le Camp Fortier ». Il s’ensuivit dès lors des oppositions de plusieurs habitants dont Pierre Salengros, beau frère d’André Manesse. Le 17 novembre 1807 la sous préfecture d’Avesnes interdit de continuer la construction et la préfecture de Lille ordonna sa démolition le 30 janvier 1808. Le préfet suspendit le 13 février la démolition suite à un courrier d’André Manesse et demanda un rapport détaillé. Il en résulta de multiples courriers, les uns comme celui du maire favorables à la continuation du projet et d’autres hostiles comme le meunier Salengros. Le rapport de l’ingénieur en chef du 22 mars 1809 conclut de ne pas autoriser cette construction et la préfecture arrêta le 28 mars de la démolir sous quinze jours avec remise du courant d’eau dans son ancien lit. En 1817 Manesse renouvela sa demande de construction qui fut alors approuvée par arrêtés préfectoraux du 17 juillet 1817 et du 4 juin 1819. L’ordonnance royale fut signée le 10 janvier 1821, année du décès d’André Manesse. Le moulin qui n’eut jamais qu’une roue et ne posséda jamais de déversoir appartint ensuite à son fils Jean Baptiste marié à Marie Catherine Huet puis en 1853 à son petit-fils prénommé aussi Jean Baptiste marié à Thérèse Gomet. Il s’arrêta de moudre vers 1890 et l’arrière petit-fils Benjamin Constant Juste Manesse, célibataire, en fut le propriétaire jusqu’à son décès en 1912.
Le bâtiment porte encore de nos jours un écusson sur le linteau avec la date de 1805 et les initiales A M (André Manesse) et A M S (Anne Marie Salengros).
Manifestations :
Tous les ans, une « Fête des Fleurs » est organisée le 3 ème dimanche de mai.
Une « Fête de l’Arbre » organisée par l’association « Le Favril en fleur », a également lieu le 2 ème dimanche de novembre. C’est le rendez-vous idéal pour choisir un nouvel arbre. Elle est accompagnée de la plantation d’un arbre en l’honneur des nouveau-nés de l’année. Bien souvent un concert est donné en l’église et une exposition d’artisanat du bois se tient à la salle des fêtes.

