Bellignies

Bellignies, son église, son château, son gouffre, sa vallée de l’Hogneau, son terrain de camping

L’origine du village pourrait éventuellement provenir d’une divinité gauloise au non de Bel. En tout cas ce village situé sur la route antique de Bavay à Tournai a des origines très anciennes comme en témoignent un dolmen et une tour de Bel au sein de l’enceinte du château. Ce fut un village de marbriers. Il est aujourd’hui un village pittoresque car bâti sur les pentes abruptes de la vallée de l’Hogneau.

Église Saint‑Barthélemy de Bellignies — Description extérieure et intérieure

L’église de Bellignies

1. L’extérieur de l’église

L’église Saint‑Barthélemy occupe un terrain en hauteur, dominant le village. Construite entre 1847 et 1855 par Jules Fiévet, architecte départemental, elle remplace l’ancienne église du XVIᵉ siècle démolie en 1849. Le baron de Molenbaix finança l’édifice et céda le terrain nécessaire à son implantation.

L’édifice adopte un plan allongé terminé par une abside. La construction est en brique, avec un soubassement et un chaînage en pierre, ce qui renforce la stabilité et souligne les lignes architecturales. La couverture est en ardoise, complétée par des matériaux synthétiques sur certaines parties.

La façade occidentale est précédée d’un ancien pavement de grès, partiellement conservé. L’église est encadrée par le presbytère et l’école, formant un ensemble homogène conçu au même moment.

2. L’intérieur de l’église

L’intérieur se compose de trois vaisseaux séparés par des supports réguliers. La nef est couverte d’une voûte en berceau, typique des églises rurales du XIXᵉ siècle reconstruites dans un style néoclassique sobre.

L’espace est clair, ordonné, et conçu pour accueillir une communauté paroissiale en croissance au milieu du XIXᵉ siècle.

3. Le mobilier : éléments remarquables

L’église Saint‑Barthélemy conserve un mobilier homogène, caractéristique des aménagements liturgiques du XIXᵉ siècle, complété par quelques éléments restaurés après la Première Guerre mondiale.

Le maître‑autel

Le chœur est occupé par un maître‑autel en bois peint et doré, de style néoclassique, orné de colonnettes et de motifs végétaux. Le tabernacle, placé au centre, présente une petite porte décorée d’un motif eucharistique (calice ou hostie rayonnante). L’ensemble repose sur une estrade en bois, légèrement surélevée.

Les autels latéraux

De part et d’autre de la nef, deux autels secondaires complètent l’aménagement liturgique. Ils sont dédiés traditionnellement :

  • à la Vierge, avec une statue en plâtre polychrome du XIXᵉ siècle ;
  • à saint Barthélemy, patron de la paroisse, représenté tenant son couteau de martyr.

Ces autels, en bois peint, reprennent les lignes sobres du maître‑autel.

La chaire à prêcher

Une chaire en bois sculpté, accessible par un petit escalier latéral, se dresse contre l’un des piliers de la nef. Elle est décorée de panneaux moulurés et d’un abat‑voix circulaire. Ce type de chaire, typique des églises rurales du XIXᵉ siècle, servait aux sermons avant l’introduction des micros.

Les bancs et le mobilier de nef

La nef est garnie de bancs en chêne, alignés de manière régulière. Certains portent encore les plaques métalliques indiquant les familles qui en avaient la jouissance, usage courant jusqu’au début du XXᵉ siècle.

Le sol, en carreaux de ciment ou en dallage de pierre selon les zones, renforce la sobriété de l’ensemble.

Le chemin de croix

Les murs de la nef accueillent un chemin de croix en plâtre peint, composé de quatorze stations. Ces séries, produites en atelier, étaient très répandues dans les paroisses rurales après 1850.

Les statues

Outre les statues des autels latéraux, l’église abrite plusieurs figures de dévotion populaire :

  • Saint Joseph portant l’Enfant,
  • Sainte Thérèse de Lisieux,
  • Le Sacré‑Cœur,
  • La Vierge de Lourdes.

Ces statues en plâtre polychrome datent pour la plupart de la fin du XIXᵉ ou du début du XXᵉ siècle.

Les vitraux

Les vitraux, restaurés en 1921 par l’architecte Armbruster, constituent l’un des éléments patrimoniaux les plus intéressants. Ils mêlent motifs géométriques et scènes figuratives simples, typiques des ateliers verriers régionaux de l’entre‑deux‑guerres.

Les cloches

Les cloches actuelles proviennent de la fonderie du Blanc‑Misseron, installées lors de la restauration de 1921. Cette fonderie, très active dans le Nord, a produit de nombreuses cloches paroissiales après la guerre.

Le portail flamboyant de l’ancienne église (au cimetière)

Même s’il ne se trouve plus dans l’église, il fait partie intégrante de son histoire. Le portail du XVe siècle, de style gothique flamboyant, a été sauvé lors de la démolition de l’ancienne église et réutilisé pour construire la chapelle du cimetière.

Chapelle dans le cimetière
Chapelle dans le cimetière avec sa façade du XV e siècle de style gothique flamboyant

Cette façade, remarquable par son portail à arc infléchi, ses colonnettes moulurées, ses arcs en doucines et son oculus polylobé, est inscrite Monument Historique depuis 1934.
Elle constitue l’un des rares témoignages conservés de l’architecture gothique flamboyante dans le Bavaisis.

Quant à la chapelle elle‑même, elle n’est pas médiévale : elle a été reconstruite au XIXᵉ siècle, après la démolition de l’ancienne église (vers 1849).

4. Contexte historique

Bellignies dépendait de Gussignies jusqu’en 1454, date à laquelle le prévôt de Mons érigea le village en paroisse distincte. L’église actuelle est donc la troisième connue :

  • une première médiévale,
  • une seconde du XVIᵉ siècle (dont subsiste le portail flamboyant),
  • et l’église actuelle du XIXᵉ siècle.

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Quelques autres chapelles et oratoires sont disséminés dans la commune.

Pour plus de détail voir mon site
http://oratoiresetchapelles-avesnois.fr/bellignies/
Le Monument aux Morts Photo Archives Départementales du Nord 5 FI
Le Monument aux Morts Cliquer ici pour accéder au site de l’université de Lille

Le monument aux morts de Bellignies, érigé sous la forme d’un obélisque orné d’un coq gaulois, d’un médaillon de Poilu, de palmes et d’une Croix de Guerre, a été réalisé par les Marbreries Générales de Paris (Gourdon, dir.). Ce modèle, typique de l’entre‑deux‑guerres, associe sobriété architecturale et symboles patriotiques

BELLIGNIES L'ECOLE COMMUNALE DE GARCONS ET LA MAIRIE - France
La Mairie et l’école
Un siècle plus tard

La mairie et l’école de Bellignies –

La mairie de Bellignies occupe un bâtiment du XIXᵉ siècle situé au centre du village. Construite en briques, avec une façade régulière et une toiture en ardoises, elle s’inscrit dans la tradition des maisons communales édifiées après les lois scolaires de la IIIᵉ République. Sa position centrale en fait le cœur administratif du bourg, autour duquel s’organisent les principaux équipements publics.

À ses côtés se trouve l’école élémentaire, elle aussi issue de l’architecture scolaire rurale du XIXᵉ siècle. Le bâtiment, en briques rouges, comprend deux classes et une cour attenante. Pendant longtemps, les élèves étaient répartis dans deux bâtiments éloignés, ce qui a conduit la commune à envisager une restructuration complète du pôle scolaire.

Ce projet a pris forme avec la réhabilitation de l’ancienne ferme Klabinski, un ensemble du XIXᵉ siècle acquis par la commune après son abandon en 2010. Cette ferme, située immédiatement à côté de l’école élémentaire, est en cours de transformation pour accueillir la nouvelle école maternelle. Les travaux, confiés au Studio Rijsel et à l’Atelier POST, prévoient l’aménagement de deux salles de classe, d’une bibliothèque, d’un préau, d’une salle d’activités et d’un espace polyvalent. L’opération se distingue par l’usage de matériaux biosourcés et par la restauration soignée des façades en briques et pierre bleue.

L’ensemble formera, à terme, un pôle scolaire unifié, regroupant maternelle et élémentaire autour de la mairie, dans une continuité architecturale et fonctionnelle fidèle à l’identité du village.

Le château de Bellignies
Vue aérienne du château

Le château de Bellignies

Le château de Bellignies trouve son origine dans une ancienne place forte médiévale dont subsiste aujourd’hui la tour Le Bel, imposant vestige du XIIIᵉ siècle. Cette tour, construite en moellons calcaires et rehaussée de quelques assises de briques, est coiffée d’un toit en pavillon percé de lucarnes. Elle constitue le témoin le plus ancien du domaine. Deux vues réalisées à la fin du XVIᵉ siècle par Adrien de Montigny pour le comte de Croÿ montrent déjà un ensemble organisé autour de cette tour, accompagné d’un bâtiment muni de deux tourelles et d’une ferme formant une cour fermée.

L’actuel château s’articule autour d’un corps de logis du XVIIIᵉ siècle, construit en brique et pierre, et remanié au XIXᵉ siècle. Le bâtiment adopte un plan en U, avec deux ailes disposées en équerre. La façade principale, rythmée par neuf travées, présente trois niveaux et un étage de comble sous une croupe brisée. Les trois travées centrales sont soulignées par des pilastres qui structurent l’élévation. L’aile orientale prolonge le corps principal, tandis que l’aile ouest, plus basse, est couverte d’une croupe simple. L’arrière du bâtiment est surélevé et accessible par un escalier extérieur droit.

La tour médiévale est insérée à l’angle du corps principal et de l’aile ouest, rappelant la continuité entre la forteresse d’origine et la demeure de plaisance des siècles suivants. À proximité, une dépendance remaniée porte la date de 1679, tandis que la ferme conserve encore ses écuries et ses mangeoires en pierre calcaire, témoignant de l’activité agricole du domaine.

Le château a appartenu successivement à plusieurs familles nobles. Les Berlaimont en furent propriétaires, puis les Chasteler, dont l’un des membres céda à la Révolution une partie du parc à la commune, à condition — dit‑on — qu’on n’y joue jamais la Marseillaise. Au début du XXᵉ siècle, le domaine passa aux barons de Molembaix, avant d’être acquis par la famille de Croÿ, toujours propriétaire aujourd’hui.

La tour Le Bel a également joué un rôle durant la Première Guerre mondiale. C’est là que la princesse Marie de Croÿ cacha des soldats français et britanniques en 1914‑1918, avant d’organiser leur évasion avec l’aide de son frère le prince Réginald, de l’Anglaise Edith Cavell et de Louise de Bettignies, héroïnes de la résistance civile.

Le parc du château, qui conserve des pièces de gazon, des groupes d’arbres et une composition paysagère héritée des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, est lui aussi classé Monument historique, au même titre que la tour.

La Villa Evrard : La tradition orale attribue la construction de cette maison patronale à Henri Armbruster, architecte établi à Valenciennes entre 1904 et 1906

Dans la liste des monuments classées se trouvent aussi quelques maisons et une ferme Base Mérimée.

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La Pierre Croûte de Bellignies

La Pierre Croûte de Bellignies

La Pierre Croûte, souvent assimilée à un dolmen, est l’un des mégalithes les plus singuliers de l’Avesnois. Elle se trouvait encore au début du XIXᵉ siècle près du souterrain d’Houdain, avant d’être déplacée en 1810 par M. de Molembraix dans le parc du château. Selon la tradition locale, la pierre aurait été extraite de la montagne de Bellis, sur la rive opposée de l’Hogneau.

L’abbé Lambiez, curé de Bellignies au début du XIXᵉ siècle, lui attribuait une fonction cultuelle très ancienne. Il pensait qu’elle avait servi d’autel consacré à Bélénos, divinité solaire des Gaulois. Cette hypothèse s’appuyait sur les découvertes faites autour du mégalithe : de nombreux ossements et des cornes d’animaux furent en effet mis au jour à proximité immédiate de la pierre.

La Pierre Croûte demeure aujourd’hui un témoin énigmatique des croyances protohistoriques de la région, et figure parmi les mégalithes répertoriés de l’Avesnois et de la Thiérache.


Abreuvoir (hameau de Bréaugies) construit entre 1830 et 1920. Assez exceptionnel de par sa forme de goutte d’eau, restauré par le club du vieux manoir en 2008-2011 dans le cadre d’un projet du parc de l’Avesnois

L’industrie marbrière à Bellignies

L’industrie du marbre à Bellignies prend véritablement son essor le 16 octobre 1820, sous l’impulsion de Dusart de Molembaix. Avant de lancer son entreprise, le baron avait envoyé son architecte‑constructeur visiter plusieurs ateliers en Belgique afin de s’inspirer des techniques les plus modernes. Pour implanter son établissement sur « la rivière du Hogniau » — selon l’orthographe de l’époque — l’appareilleur prit pour modèle l’usine des Beaugrand à Solre‑Saint‑Géry, installée sur la Hantes.

Quelques années plus tard, en 1825, une seconde scierie, celle de Thiétard, s’établit à Cotipont. L’activité se développa rapidement : en 1835, Bellignies comptait déjà trois établissements marbriers, et en 1863, pas moins de dix‑huit. Cette véritable « ruée sur le marbre » révéla toutefois les limites d’un secteur où la maîtrise de la vente et de la commercialisation était aussi essentielle que le savoir‑faire technique.

À la fin du XIXᵉ siècle, le nombre d’ateliers se stabilisa : huit marbreries en 1882, puis sept en 1910, parmi lesquelles celle de Cordier. Selon Avit Duronsoy, l’un des meilleurs connaisseurs de cette histoire locale, la période la plus florissante s’étend de 1918 à 1937, années durant lesquelles Bellignies devint l’un des centres marbriers les plus actifs de l’Avesnois.

Duronsoy a consacré à ce sujet une documentation remarquable, rassemblée dans son ouvrage De pierre et de marbre (1985), publié à compte d’auteur et vendu au profit du Musée du Marbre. Ce musée, unique en France, doit beaucoup à son énergie et à sa passion. Inauguré en avril 1979 par Pierre Mauroy, alors président du Conseil régional, il n’a cessé depuis d’enrichir ses collections et de valoriser ce patrimoine industriel singulier.

Source : Hanot & Pierrard, Promenade dans la mémoire de l’Avesnois, t.2, D’Aibes à Maubeuge.

  • La scierie de marbre Lerat (moulin), 1821, qui a été quelque temps la grosse forge Crapez avant de redevenir scierie de marbre, classée.
  • L’usine de taille de marbre (atelier), 1826, devenu par la suite la Nouvelle Confiturerie du Nord, classée.
  • Une brasserie, devenu par la suite scierie de marbre, et une ferme-brasserie, les deux du XIX e siècle et classées.

Toutes ces marbreries sont à retrouver sur mon site :
http://www.moulins-avesnois.fr/lhogneau-et-ses-moulins/

Les anciennes brasseries de Bellignies

Bellignies a connu une activité brassicole particulièrement vivante entre la fin du XIXᵉ siècle et le milieu du XXᵉ siècle. Trois brasseries y ont fonctionné, chacune illustrant un modèle différent : la ferme‑brasserie traditionnelle, la brasserie familiale et la brasserie coopérative cantonale. Ensemble, elles témoignent d’un passé où la bière faisait partie intégrante de l’économie rurale.

1. La brasserie du 5 rue du Moulin / rue Riez‑du‑Bois

Cette brasserie, issue d’une ferme‑brasserie du XIXᵉ siècle, s’organisait autour d’une cour fermée comprenant logis, étable, grange et bâtiment de brassage. Les constructions en brique et moellons reflètent l’architecture rurale de l’Avesnois.

Après la Première Guerre mondiale, l’établissement fut dirigé par M. Joselier, puis par M. Montay. L’activité se poursuivit jusqu’en 1955, date à laquelle la brasserie cessa définitivement de fonctionner. Les bâtiments ont depuis été transformés en habitation, mais conservent encore les volumes caractéristiques de leur ancienne fonction.

2. La brasserie Carpentier (10 rue du Riez‑du‑Bois)

La seconde brasserie fut construite en 1890 par Edmond Carpentier, qui y développa une production locale de bière. En 1926, son fils Édouard Carpentier lui succéda et poursuivit l’exploitation familiale.

Encore appelée « brasserie Carpentier » en 1955, elle cessa son activité peu après cette date. La chaudière et la malterie ont été détruites depuis, mais le bâtiment principal subsiste et témoigne de l’essor des petites brasseries familiales dans l’Avesnois à la fin du XIXᵉ siècle.

3. La Brasserie Coopérative du Canton de Bavai (1898‑1940)

Rue du Cotipont, Bellignies

La troisième brasserie, plus importante par sa structure, fut la Brasserie Coopérative du Canton de Bavai, fondée en 1898. Installée rue du Cotipont, elle regroupait des agriculteurs et des commerçants du canton, selon le modèle coopératif alors en plein essor.

Elle produisait une bière de consommation courante, distribuée dans les cafés et foyers du secteur. L’établissement fonctionna jusqu’en 1940, date à laquelle il cessa ses activités, probablement en raison des difficultés liées à la guerre et de la concurrence croissante des grandes brasseries industrielles.

Synthèse

Les trois brasseries de Bellignies illustrent trois visages complémentaires de la production brassicole locale :

  • la ferme‑brasserie traditionnelle, intégrée à une exploitation agricole ;
  • la brasserie familiale, fondée et transmise de père en fils ;
  • la brasserie coopérative, reflet d’une organisation collective à l’échelle du canton.

Si elles ont aujourd’hui disparu, leurs bâtiments et leur histoire demeurent des témoins précieux de la vie économique et sociale du village au tournant des XIXᵉ et XXᵉ siècles.

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L’Hogneau à Bellignies
Les vannes de Bellignies

La vantellerie à quatre arches, datée du XVIIIᵉ siècle, est le principal vestige de l’ancien moulin à pierre bleue fondé en 1693. Au XIXᵉ siècle, le moulin, exploité par plusieurs meuniers dont Auguste Carlot, évolua vers le sciage du marbre.

Un arrêté préfectoral du 12 juillet 1844 autorisa cette transformation, mais imposa des travaux sur la vantellerie, notamment l’ajout d’un déversoir en maçonnerie de 3,75 m.

Aujourd’hui, cette structure demeure un témoignage hydraulique essentiel de l’activité meunière et marbrière de Bellignies.