Orsinval

Orsinval est connu de tous par sa fameuse « côte d’Orsinval ».
Le territoire est en effet traversé par la chaussée menant de Valenciennes aux anciennes places-fortes du Quesnoy et de Landrecies. Le cœur du village situé à l’ouest de cette voie, le long du vallon de la Rhonelle, est un labyrinthe de ruelles escarpées dans lequel se trouve perdue l’église.

Orsinval, le Val d’Ursin ou la Vallée des Ours, fut donné au chapitre de Cambrai par l’évêque Odon en 1111. Le village apparaît dans les listes du décanat de Valenciennes en 1186, mais ne forme pas encore une paroisse autonome.

Un prieuré de femmes dépendant des bénédictines d’Avesnes‑lez‑Bapaume dont l’abbaye fut fondée en 1128 est attesté en 1194 : cette année-là, la comtesse Marguerite lui accorde une rente annuelle de dix livres de Flandre pour l’entretien d’un prêtre chargé de célébrer l’office divin.

Les armoiries d’Orsinval (trois lions surmontés d’une vierge à l’enfant) rappellent cette ancienne dévotion : Notre‑Dame de Grâce figure comme à Maresches dans les armes du village.

🟩 Orsinval : une terre ecclésiastique sans seigneurie propre, puis un fief viager isolé éteint au XVIIIᵉ siècle

Orsinval ne possède pas de tradition seigneuriale ancienne. La terre apparaît d’abord comme un domaine ecclésiastique : elle est donnée en 1111 au chapitre métropolitain de Cambrai par l’évêque Odon.

Un prieuré de moniales dépendant de Notre‑Dame d’Avesnes apparaît ensuite à la fin du XIIᵉ siècle. Ce statut explique l’absence de lignage seigneurial local et la faiblesse de la structure féodale du village durant tout le Moyen Âge.

La seigneurie d’Orsinval n’apparaît dans les sources qu’au début du XVIIIᵉ siècle, entre les mains de Jacques Pédecœur (1653‑1732), écuyer, mayeur de Valenciennes et conseiller‑secrétaire du Roi, sans qu’aucun document ne la rattache à ses parents Jean Pédecœur et Catherine Hoyé.

Ni son épouse Jeanne Quartier, ni aucun de leurs neuf enfants — y compris Jacques‑François Pédecœur, pourtant seigneur de Molain — ne portent le titre de seigneur ou dame d’Orsinval, ce qui suggère qu’Orsinval avait été concédée à Jacques Pédecœur à titre personnel, probablement comme fief viager.

Entre 1690 et 1730, cette seigneurie n’est qu’un petit fief isolé au sein du ressort du Quesnoy ; à la mort de Pédecœur, la concession s’éteint et la terre revient naturellement dans le bailliage du Quesnoy, dont prévôts et gouverneurs assurent justice et administration sans être seigneurs des villages.

Au XVIIIᵉ siècle, les moulins d’Orsinval — notamment le moulin dit “brûlé” — relèvent de la banalité du Quesnoy et du domaine royal, ce qui confirme qu’après l’extinction du fief Pédecœur, Orsinval ne possède plus aucune seigneurie propre.

Orsinval présente ainsi une trajectoire féodale singulière :

  • aucune seigneurie médiévale propre,
  • une donation de la terre au chapitre en 1111,
  • un prieuré de femmes dépendant des bénédictines d’Avesnes‑lez‑Bapaume attesté en 1194,
  • un fief viager tardif (Jacques Pédecœur, 1690‑1730),
  • une extinction rapide,
  • une terre devenue royale au XVIIᵉ siècle,
  • un rattachement complet au bailliage du Quesnoy.

🟩 L’église :

Le prieuré de femmes dépendant des bénédictines d’Avesnes‑lez‑Bapaume possédait une chapelle où un prêtre célébrait l’office divin. Les habitants d’Orsinval pouvaient y assister, mais cette chapelle n’avait pas le statut d’église paroissiale : pour les sacrements — baptêmes, mariages et sépultures — ils relevaient de la paroisse de Villers‑Pol, comme l’indiquent les registres anciens portant l’intitulé « Villers‑Pol (et Orsinval) ».

Au XVIIᵉ siècle, le prieuré fut détruit, probablement lors des guerres de Louis XIV. Sa disparition semble avoir entraîné l’effacement des droits ecclésiastiques sur Orsinval, qui apparaît comme terre royale dès 1670. La chapelle, en revanche, subsista : réaménagée, elle continua de servir de lieu de culte aux habitants et fut agrandie dans la seconde moitié du XVIIIᵉ siècle.

Ce n’est qu’en 1843 qu’Orsinval fut érigé en paroisse autonome : la chapelle de l’ancien prieuré devint alors, de manière officielle, l’église paroissiale du village.

Le clocher d’Orsinval

Le clocher, construit hors œuvre en 1835, se présente comme un campanile carré posé sur quatre puissants piliers de brique. Ses baies, ouvertes sur chacune des faces, sont équipées d’abat‑sons. Cette tour remplace le clocheton en charpente qui surmontait autrefois la façade. Très avancé par rapport à l’église, il faisait office de portail d’entrée du cimetière qui entourait alors l’édifice.

Conçu par l’architecte Charles Benvignat, le clocher est une structure en charpente, couverte d’ardoises artificielles, reposant sur quatre gros piliers de brique de section carrée. Il atteint environ sept mètres de hauteur et abrite une cloche. (Source : Fondation du Patrimoine)

Entrée de l’église d’Orsinval

Façade Ouest : l’église fut allongée dans la deuxième moitié du XVIII e siècle.

L’église se compose d’une nef unique de quatre travées conduisant à un chœur terminé par un chevet plat. Sur le mur gouttereau sud, quatre baies correspondent aux quatre travées de la nef.

Intérieur de l’église à une seule nef

L’Autel

La déposition de Croix. Cette toile n’était apparemment pas prévue pour ce retable. Elle est aussi trouvée sous la dénomination de : Vierge de Pitié avec une brigittine au cœur enflammé et la tête ceinte de bandelettes cachetées à la cire Classée MH

Les stalles

Le confessionnal

Tableau au dessus du confessionnal

La chaire

Les fonts baptismaux

Statues, tableaux du chemin de croix et vitraux de 1870 réalisés par l’atelier Durieux, d’Aulnoye-Aymeries.

monument funéraire

Près de l’église subsiste un imposant monument en fonte du XIXᵉ siècle, haut de plus de trois mètres et posé sur un socle de pierre. Probablement issu de l’ancien cimetière qui entourait l’édifice, il s’agit d’un calvaire ou d’un monument funéraire moulé, orné d’une scène religieuse en relief — probablement une Descente de croix — et surmonté d’une croix.

Restauration de l’église en 2013-2014 :

Les travaux confiés à un architecte du patrimoine, François Bisman, ont duré un an pour se terminer en juin 2014. Le chantier a coûté 553142 euros financé en grande partie par l’État, la Région (Fondation du patrimoine), le Département, la réserve parlementaire et le mécénat. La commune a financé à hauteur de 190 000 euros, une somme très importante pour cette petite commune de 550 habitants. Mais quel résultat !
« Soyez fiers de ce joli patrimoine restauré », a lancé la maire Élisabeth Debruille lors de l’inauguration. Elle a tout à fait raison. La restauration de l’édifice religieux est remarquable. Les travaux de rénovation ont nécessité des interventions sur la charpente, les pierres, les gouttières, les menuiseries, les vitraux, le campanile, l’électricité, la peinture des voûtes, des murs, des dorures et des sujets sculptés sans oublier que ce chantier de grande ampleur a été confronté en plus à deux problèmes : « la fissure de la voûte et l’état des boiseries du campanile ».

La Mairie d’Orsinval

Le calvaire près de l’église

Chapelle N.D des Affligés
Chapelle N.D des Affligés

Cette chapelle rue Berlandois semble avoir été reconstruite vers 1880 à partir d’un édifice préexistant sur une parcelle de terrain appartenant à  Mr et Mme Carpentier Désiré, cultivateur de la ferme Boucher et maire d’Orsinval de 1874 à 1903.

Chapelle N.D de Liesse
Chapelle N.D de Liesse

Cette chapelle située à l’intersection de la rue Gosselin et de la rue de Saulchelle a été bâtie vers 1890 par Locoge Vincent, maçon originaire de Maresches marié en 1879 à Gillot Adolphine native d’Orsinval. Le couple déménage en 1900 à Le Quesnoy où Vincent décède en 1914 et Adolphine en 1921.

Le village d’Orsinval a connu cinq moulins, deux sur la Rhonelle et trois sur son affluent le ruisseau de l’Ange.

Les moulins d’Orsinval Voir mon site Moulins en Avesnois au fil de l’eau

L’ancien moulin d’Orsinval, route de Valenciennes.

l’ancien lavoir dit « Belle Fontaine ».

Fonction originelle : 
Ce lavoir, jadis découvert, a été aménagé au XXème siècle sur une source présentant un débit suffisamment important pour permettre l’aménagement de bassins destinés au lavage et rinçage du linge. Actuellement utilisée comme fontaine, la source a retrouvé son usage primitif comme le suggère la présence d’une volée d’escaliers y facilitant l’accès. 

Restauration : 
Pavage et margelles du lavoir ont été restaurés à l’identique en 2013 au cours d’un chantier de formation aux techniques d’entretien et de restauration du bâti ancien, visant à former un public tout en restaurant un édifice du patrimoine vernaculaire. Cette opération a été réalisée dans le cadre du projet Interreg IV Trans-formation du patrimoine, avec le soutien financier de l’Union Européenne.

Source : CAUE du Nord

Malbrough s’en va-t-en guerre,
Mironton, tonton, mirontaine ;
Malbrough s’en va-t-en guerre,
Ne sait quand reviendra… (ter)

Il reviendra z’à Pâques,
Mironton, tonton, mirontaine ;
Il reviendra z’à Pâques,
Ou à la Trinité. (ter)

La Trinité se passe,
Mironton, tonton, mirontaine ;
La Trinité se passe,
Malbrough ne revient pas. (ter)

Grange (on parle de l’ancienne faisandrie) au 10 Route de Valenciennes

La grange dite « de Malbrough » (10, route de Valenciennes) rappelle une tradition chère aux Orsinvalois : c’est là que la célèbre chanson Malbrough s’en-va-t-guerre  aurait été composée, au soir de la Bataille de Malplaquet (1709), alors que les troupes françaises se repliaient sur le Quesnoy et que le bruit courait que le général anglais était mort sur le champ de bataille.

Les Français s’étaient trompés, car Lord John Churchill, Duc de Marlborough, n’était pas du tout mort, il mourut bien plus tard d’une crise d’apoplexie, dans son lit.

On dit, que cette chanson, fut remise au gout du jour, par Marie-Antoinette, l’épouse du roi Louis XVI, en 1782, lorsqu’elle l’apprit d’une femme du Nord, nourrice du dauphin, qui, pour endormir son royal nourrisson, la lui chantait. Toute la cour la sut dès lors; et la facétieuse complainte fit alors le tour de France.

Giratoire Route de Valenciennes

Aujourd’hui, Malbrough est forcément identifié à Orsinval, dont un arrêt de bus porte le nom, ou encore une salle de réunion à la mairie. Le personnage qui trône désormais sur le giratoire a été représenté sous forme de tableau, de 2 sur 1,5 m, selon les techniques de tôles perforées.

Les trois ruches à Orsinval

Un rucher au cœur du village :

Pour la première fois en 2019, le village participe au concours de villes et villages fleuris et joue la carte de la biodiversité grâce à l’installation de trois ruches sur un terrain communal, entre l’église et la mairie. En effet, la commune et le CCAS ont mis en place en avril une convention de partenariat avec un apiculteur local, Arnaud Aldebert, qui a en charge l’entretien des ruches et le suivi des colonies.

Arnaud Aldebert, apiculteur, a animé un atelier au cours a participé une quarantaine de personnes.
Atelier animé par Arnaud Aldebert à la salle Malbrough. Photo Lucienne Cloez (Clp) La Voix du Nord 30/04/2019

Un atelier animé par l’apiculteur confirmé et formateur au Rucher école quercitain , s’est déroulé à la salle Malbrough le 26 avril 2019. Au programme : présentation du projet de l’installation du rucher- présentation de l’abeille et sa vie au sein de la colonie- zoom sur le frelon asiatique, un prédateur de l’abeille.

La chute de l’ancien moulin