Monceau-Saint-Waast

Vue aérienne de Monceau-Saint-Waast

Monceau, le monticellus, est cette petite éminence où Baudouin V, comte de Hainaut, fit édifier un château fort que le seigneur d’Avesnes tenta en vain d’emporter en 1185. À l’origine, Monceau formait avec Saint‑Waast et Leval une seule seigneurie primitive dépendant de l’abbaye d’Hautmont. Mais, au fil des XIVᵉ et XVᵉ siècles, l’ensemble se fragmente : Leval se divise en plusieurs éclissements, tandis que Monceau et Saint‑Waast évoluent différemment.

Saint‑Waast demeure un domaine ecclésial, rattaché à l’abbaye d’Hautmont, qui y possède cense, rentes, terrage et services d’héritage. Cette situation provoque, dès le Moyen Âge, des rivalités récurrentes entre les moines et les seigneurs laïcs de Monceau. Monceau, de son côté, devient un fief laïc autonome doté de son moulin banal, le Becquereiau, et d’un blason propre à la licorne.

Au XVIᵉ siècle, les Le Boucq apparaissent comme seigneurs de Saint‑Waast et de Leval (bourg), comme en témoigne la dalle funéraire de 1512 et les reliefs du siècle suivant. Leur autorité ne s’étend toutefois jamais à Monceau, dont la seigneurie suit une autre lignée. Au début du XVIIᵉ siècle, Maximilien II de Hennin‑Liétard, comte de Boussu, détient la seigneurie de Monceau et le fief de Batisville à Leval. Saint‑Waast, en revanche, demeure tenu par les Le Boucq au XVIᵉ siècle puis, au XVIIᵉ siècle, par Jean de Sebourg, seigneur de Leval et de Saint‑Waast. Monceau passe ensuite à Gilles Dervillers, attesté comme seigneur du lieu en 1625.

La seigneurie de Monceau entre ensuite dans la maison de Franeau par le mariage, le 7 octobre 1649, de sa fille Catherine‑Marie Dervillers avec Maximilien de Franeau. Leur fils, Georges François Paul de Franeau (1654–1707), devient seigneur de Monceau, puis réunit le fief avec Saint‑Waast, inaugurant la lignée qui conservera l’ensemble jusqu’à la Révolution. Après lui, la seigneurie passe à son fils Alexandre, puis à Charles comte de Fenal, et enfin à Marie‑Thérèse Pauline, avant d’échoir à leurs neveux Liedekerke‑Beaufort. Leur blason à la licorne, emblème de la maison de Franeau, rappelle la nature féodale du lieu, tandis qu’un vitrail de l’église conserve celui de Saint‑Waast, dérivé de celui de Leval mais sans l’écusson, rappelant la présence ancienne des Le Boucq, seigneurs du bourg au XVIᵉ siècle.

Ainsi, Monceau et Saint‑Waast, unis dans la seigneurie primitive, séparés dans leurs évolutions féodales, puis réunis à nouveau au début du XVIIIᵉ siècle, offrent une histoire où se croisent château comtal, fiefs abbatiaux, lignages nobles et transmissions complexes, jusqu’à leur intégration définitive à l’époque moderne.

L’EGLISE :

L’église Saint Martin de Monceau-Saint-Waast Photo Google 2018

L’église Saint Martin de Monceau-Saint-Waast Photo 2011

L’église de Monceau-Saint-Waast est une petite église ravissante du XV e siècle. Sa forme primitive a été quelque peu modifiée par des reconstructions et additions successives. Les fenêtres sont maintenant cintrées, sauf celles du choeur et du transept qui sont restées ogivales.

Porte du XVI e siècle Photo Base Mérimée

La porte en bois est décorée de têtes de clous. Ceux-ci avaient leur utilité car ils servaient à faire dévier le fer de la hache des soldats qui voulaient pénétrer par la force dans le sanctuaire .La face externe est composée de trois lames verticales jointives. La face interne de 5 traverses horizontales et de trois croix de saint André. L’encadrement de pierre finement sculpté est de style gothique.

Calvaire : le Christ entre la Vierge (tête baissée et mains jointes) et saint Jean (livre fermé dans la main gauche et main droite levée) MH

Ce calvaire était à l’origine à l’entrée du village, seule la statue du Christ y a été laissée. Les deux autres statues ont été ramenées à l’église.

Dalle funéraire. Ministère de la culture – base Palissy

Une dalle funéraire datée de 1512, visible contre le mur du chœur de l’église de Saint‑Waast, commémore la dame, épouse de Jehan Le Boucq de Saint‑Waast, lequel est également seigneur de Leval au début du XVIᵉ siècle. Cette dalle, armoriée, constitue le témoignage le plus ancien de la présence seigneuriale de la famille Le Boucq dans la seigneurie primitive Leval–Monceau–Saint‑Waast, immédiatement avant les reliefs du XVIᵉ siècle.

Autre Inscription votive : » INFANTI JESU VIRGINIQUE AUXILIATRICI HERCULES HENNET HUJUS PAGI PROCTOR »   . Photo Ministère de la culture – base Mémoire

Traduction : A l’Enfant Jésus et à Notre-Dame auxiliatrice,Hercules Hennet, prévôt de cette circonscription 1745.

La charge de prévôt de Maubeuge fut exercée pendant tout le XVIII e siècle par la famille Hennet. Monceau faisait partie de cette prévôté.

Signalons également qu’en 1860 on posa une pierre tumulaire à la mémoire des dames Mandron (ADN Série 4 V).

🟩 La Cense d’El Tour

Image associée
La Cense d’El Tour Photo Google 2019

Un premier château fort évoqué plus haut fut édifié ici par Baudouin V, comte de Hainaut, et apparaît sur les Albums de Croÿ comme une grosse tour quadrangulaire, sans couronnement, percée de fenêtres carrées. Cette forteresse, reconstruite après les destructions du XIIᵉ siècle, devint la propriété des seigneurs de Gommegnies.

Albums de Croÿ au début du XVIIe siècle : Le village et « château de Monceau » :

Aujourd’hui, elle subsiste sous la forme d’une ferme fortifiée à deux tours. L’ensemble remonte au XVe siècle, mais les parties internes de la grosse tour pourraient être contemporaines de celles de Beaufort et de Saint‑Waast‑la‑Vallée.

« … la silhouette de la grosse tour domine toujours la campagne. L’épaisseur de ses murs et l’ancienneté de sa maçonnerie peuvent faire remonter la construction au XII e siècle, même si les fenêtres à meneaux témoignent d’une modification ultérieure. Une pierre datée du XVII e témoigne d’un événement qui s’y est déroulé… » (Source : albums de Croÿ)

« … De l’ancien château, subsistent 2 tours, sur les 3 primitives. Celle de gauche est un quadrilatère de 9 mètres de côté pour 18 mètres de hauteur. Les ouvertures à croisillons de pierre sont défensives. L’épaisseur des murs (2 m), le sous-sol voûté et un vestige de puits permettent de dater sa construction au XII e siècle. La tour de droite est plus modeste… » (source : Châteaux et Maisons-Fortes de l’ Avesnois – C. Lompret/J.Chrétien – 2002).

La tour comportait trois niveaux : en haut le seigneur et les capitaines, au milieu les hommes d’armes, au rez de chaussée les chevaux et les provisions.

🟩 L’ancien château de Saint‑Waast (totalement disparu)

Albums de Croÿ au début du XVIIe siècle : Le village et « château de de Saint-Waast « 

Visible sur les Albums de Croÿ au début du XVIIᵉ siècle, le château de Saint‑Waast formait avec l’église un petit ensemble seigneurial distinct de celui de Monceau. Érigé par Jacques d’Avesnes, avoué de l’abbaye d’Hautmont, il servait de résidence et de point d’appui militaire pour défendre les biens abbatiaux face aux seigneurs laïcs voisins. L’édifice comprenait un corps de logis accosté d’une tour quadrangulaire coiffée d’une courte flèche, l’ensemble étant construit en briques avec pierres aux encadrements et aux angles, contrairement à l’église qui était en pierre.

De ce château, il ne subsiste aujourd’hui absolument rien : ni tour, ni logis, ni dépendances. L’église elle‑même a disparu, réduite au XIXᵉ siècle à une petite chapelle formée de l’ancien chœur. Seule une ferme portant le nom de Saint‑Waast perpétue la mémoire du village disparu, dont le château et l’église furent absorbés par Monceau au début du XVIIIᵉ siècle.


Monceau-Saint-Waast
La Mairie

Les morts 1914-18 :
AIMÉ Omer  ANDRÉ Henri BOUTRY Paul Gaston CARION Ernest CARION François CARION Louis CAUDRON Léon CAUDRON Louis HAZARD Auguste 
HERNAUX Paul LEBON Clovis LEFEBVRE Sadi Robert LESCAILLEZ Gaston 
VERHOEVEN Paul VINCENT Victor

Tombes de guerre de la CWCG Photo Havang

Calvaire antérieur à 1812

L’ancien moulin et la brasserie Forest à Monceau-Saint-Waast

L’ancien moulin de Monceau Saint Waast

Ce moulin était déjà nommé moulin du Becquereiau en 1622 où il appartenait alors au seigneur de Monceau le comte de Boussu. Henry Charles Alexandre vicomte de Franeau, comte de Fenal (1720 1759 Namur) le détint par la suite puis sa sœur Marie-Thérèse Pauline comtesse de Franeau (1722 1781). Il était situé sur le ruisseau Fontaine Nenain à 250 mètres du confluent avec la Tarsy (Tarsies). Charles Mousin et son épouse Gillette Delcourt en étaient les meuniers entre 1750 et 1771 puis Antoine Williot entre 1772 et 1799.

Il avait en 1789 une paire de meules à farine et une autre à écoudre l’épeautre.

En 1812 la veuve de Charles de Franeau, Madeleine Sophie Desandrouin (1737 1822) possédait ce moulin.

Augustin Lebeau, médecin à Maubeuge l’acheta vers 1822 et demanda en janvier 1836 d’établir une usine destinée à moudre le blé et à scier le marbre. Il fut autorisé à la construction en février 1837 mais les Ponts et Chaussées en avril de la même année s’y opposèrent. Ils imposaient au demandeur d’obtenir l’accord de tous les propriétaires riverains.

Il n’y eut pas de suite à cette demande.

Le moulin après avoir appartenu aux héritiers d’Augustin Lebeau décédé en 1854 fut acquis en 1884 par Léon Honoré Romain Delevaque (1841 1907), meunier auparavant à Saint-Aubin et marié à Amanda Oliviez (1841 1908). En 1912 le moulin détenu par leur fille Léona Amanda (1873 1939) et leur gendre Oscar Vitrant (1871 1924) cessa de fonctionner.

Le bâtiment existe encore de nos jours. Sur la droite se trouve un ensemble en briques avec un arc d’où jaillissait le ruisseau et qui abritait la roue à augets.

La Brasserie de Monceau-Saint-Waast

Sur la Tarsy signalons la présence d’une brasserie qui à la mort du fermier brasseur Auguste Lescaillez en 1833 fut reprise par Victor Vitrant. Il demanda en 1876 à établir un barrage sur la rivière en vue de la mise en marche « d’un touilleur et d’un concasseur à brai ». La retenue fut réalisée avec un déversoir. Vers 1902 ses héritiers vendirent la brasserie à Oscar Descamps. Son fils Fernand lui succéda puis ses petits-fils Pierre, Jean et Claude, ce dernier jusqu’en 1990. Après cette date, le lieu fut revendu et devint une société d’économie mixte dite « Sodeca et Aulnoye-Aymeries » et se nomma Brasseries de Monceau-Saint-Waast. En 1998 la communauté de communes du Val de Sambre réhabilita le site. A partir de 2001 la SARL Brasserie de Monceau-Saint-Waast y produisit la bière l’Escampette.

En 2009, Olivier Forest a «  remis en route la vieille brasserie » de Monceau-Saint-Waast, fermée alors depuis deux ans.  Il brasse le jeudi, «  à partir de 5 heures du matin et ça dure 12 heures ! » Le vendredi, il met en bouteille.

La brasserie Forest produit 1 000 hectolitres par an avec du houblon et du malt d’orge du Nord. De la cuve, sortent L’Avesnoise (blonde ou ambrée), la Clair de lune à Maubeuge (blonde), L’Écume des jours et L’Abbaye de Maroilles (blonde), «  des bières artisanales naturelles, sans adjuvant » qu’il vend à des grandes surfaces du Nord.

Ses bières sont refermentées en bouteille pour «  garder toutes les qualités gustatives et améliorer la conservation dans le temps » . « La bière, j’essaye de la faire bonne, c’est tout  », résume le patron, laconique. Extrait article VDN du 02/01/2018.

le Préventorium

La Maison de l’enfance et de la famille de l’Avesnois de Monceau existe depuis 1928, date à laquelle le Département du Nord acquit une maison de maître de style victorien, le château de Rombise, pour en faire un préventorium. Celui-ci accueillait, à l’époque, des enfants malades qui venaient recouvrer la santé à la campagne. Puis l’établissement a pris une dimension sociale pour accueillir des enfants maltraités et délaissés. En 1985 le bâtiment a été totalement rénové mais aujourd’hui l’ensemble immobilier ne correspond plus aux normes actuelles pour accueillir des enfants. Il devrait donc quitter Monceau-Saint-Waast pour s’installer à Aulnoye-Aymeries. Le projet a été validé par le Département et inscrit au plan pluriannuel. La construction pourrait être livrée en 2021.

Le déménagement est devenu effectif en août 2023 et l’établissement flambant neuf d’Aulnoye a ouvert progressivement en 2023–2024. Depuis, l’ancien site de Monceau, inoccupé, est en cours de revente : selon un article de La Voix du Nord du 7 août 2025, il devrait être transformé en gîte et salle de réception.

La Tarsy avec de jolies vues à découvrir sur sa vallée.