Bersillies

Bersillies appartint de tout temps, avec ses dépendances, au chapitre de Sainte Aldegonde , qui y possédait des rentes, des revenus, et la plupart des droits seigneuriaux. L’église est d’ailleurs dédiée à la sainte patronne de Maubeuge.
Le village a été dévasté en 1554 par les troupes de Henri II, marchant sur Maubeuge. De cette année date le début de la construction de l’actuelle église,bâtie sur un tertre ceint de murs.

L’église de Bersillies

On accède à l’église par une série d’escaliers qui débouchent derrière l’abside, ornée extérieurement d’un calvaire. L’édifice actuel succède à des constructions plus anciennes : une première église est mentionnée vers 1554, puis une reconstruction intervient en 1700, témoignant de l’importance du lieu de culte dans l’histoire du village.

L’église Saint‑Martin de Bersillies, dans sa forme actuelle, est un édifice en brique du XIXᵉ siècle, reconstruit dans le style néogothique rural caractéristique de l’Avesnois. Elle se compose d’une nef unique, d’un chœur en retrait et d’un clocher‑porche carré surmonté d’une flèche d’ardoise.

L’intérieur, sobre et lumineux, conserve un mobilier du XIXᵉ siècle : un autel principal en bois peint au décor néogothique, des statues de saint Martin, de la Vierge et du Sacré‑Cœur (XIXᵉ‑XXᵉ siècles), un chemin de croix en plâtre peint, ainsi qu’une cloche du XIXᵉ siècle, non protégée au titre des Monuments historiques.

L’élément le plus remarquable demeure une dalle funéraire du XVIᵉ siècle, sculptée en bas‑relief et représentant le Christ en croix. Classée Monument historique depuis 1908, elle est encastrée dans le mur nord de la nef et constitue le plus ancien témoignage de l’histoire religieuse de Bersillies.

Dalle funéraire inscrite aux Monuments Historiques

La restauration de 2010 :

Les habitants de Bersillies gardent un souvenir marquant du 18 juin 2008, date à laquelle fut inauguré le nouveau clocher de l’église. La cérémonie, organisée à 17 h 22, rassembla la maire Marie‑Paule Rousselle, le curé‑doyen de la paroisse Sainte‑Aldegonde, Bernard Bizoux, président de l’association de sauvegarde de l’église, ainsi que les représentants des entreprises et de nombreux villageois venus célébrer l’évènement.
Lors des prises de parole, il fut annoncé que d’autres travaux suivraient afin de poursuivre la restauration de l’édifice.

Deux ans plus tard, en 2010, une nouvelle tranche de restauration arrivait à son terme. Elle témoignait une fois encore du dynamisme de l’Association pour la sauvegarde de l’église Sainte‑Aldegonde de Bersillies, soutenue par la municipalité. Une nouvelle inauguration se profilait alors à l’horizon.

***

Une seule chapelle est visible sur la commune :

Notre Dame de Bon Secours
Notre Dame de Bon Secours. Photo Wikipédia Auteur Havang

Chapelle construite par Jean Baptiste Loiseau.

Le monument aux morts de Bersillies se présente sous la forme d’un pilier commémoratif en pierre, élevé sur une colonne quadrangulaire. Il est orné d’un buste de Poilu, symbole de la mémoire des soldats de la Grande Guerre. L’ensemble est enrichi d’une palme végétale, signe de reconnaissance et de sacrifice, ainsi que d’une croix latine rappelant la dimension religieuse du souvenir. Le monument est protégé par un entourage de grilles, délimitant l’espace dédié à l’hommage communal.

Monument aux Morts et Kiosque de Bersillies

Kiosque à danser cylindrique sur pied unique situé derrière le Monument aux Morts. Sa détérioration le condamna à disparaître de la Place de la Salle des Fêtes entre 1955 et 1960.

Bersillies
La Mairie de Bersillies Photo Havang

s

La ferme du Sart appartenait au XVIII e siècle au chapitre de Sainte-Aldegonde. Elle fut vendue comme bien national. C’est près de cette ferme que commença le fameux combat qui, le 13 juin 1792, se termina au hameau de la Glisuelle. Nestor Mairiau était le fermier de la cense du Sart. François Maurice Nestor Mairiau naquit le 5 Janvier 1740 à Rousies, à la cense de la Genette. Il était fils de Marcel François et de Catherine Dusart.

Il épousa le 27 janvier 1768, à Mairieux, Marie Thérèse Rammery, âgée de 35 ans, « fermière au Sart », fille de Jean Pierre et de Marie Thérèse Moreau, dont il aura quatre enfants nés à Mairieux: Nestor François, né le 5 janvier 1770, Marie Thérèse Norbertine, née le 9 décembre 1771, Aldegonde Joseph, née le 7 juin 1774, et Marie Philippine Louise, née le 25 mars 1777. Par son mariage, Nestor devint donc censier du Sart. Il prit parti pour la Révolution et devint colonel du 10e régiment de hussards créé le 4 juin 1793. Il décéda le 11 Janvier 1816 à Valenciennes.

Un procès verbal d’adjudication en date du 24 thermidor an IV (11 août 1796) indique que Célestine Derbaix s’est rendue propriétaire de la ferme à Bersillies Mairieux et Bettignies provenant du Chapitre Ste Aldegonde de Maubeuge. Célestine Derbay née en 1765 à Havay (Belgique) et décédée le 29 janvier 1830 à Maubeuge était « fille de Notre Dame à Mons », couvent fermé à la Révolution française,devenue prison puis dépôt de mendicité.

Le moulin de Bersillies

Bersillies n’a compté qu’un seul moulin à eau qui appartenait avant 1789 au Collège de Maubeuge. Il était à deux tournants et érigé sur 1 hectare 19 ares 12 centiares. Mis en vente aux enchères en 1799 le citoyen Claro de Douai l’acquit pour la somme de 300.500 francs après 53 feux. Le locataire et meunier Jean Baptiste Wattremez marié à Maxellence Lecouvet en devint immédiatement le propriétaire, Claro n’ayant servi que d’intermédiaire. Le moulin fit l’objet en 1812 d’un arrêté préfectoral qui fixa la hauteur des vannes de décharge et du point d’eau. Au décès en 1823 de Jean Baptiste ses enfants héritèrent du moulin. Son fils Alexandre y était meunier en 1827. Une de ses sœurs Marie Thérèse y décéda en 1864 tandis que son époux Ferdinand Hannecart l’avait entre temps en 1857 mis en vente. Il était  « monté à l’anglaise, composé de deux paires de meules, nettoyage, rouets en fonte, le tout nouvellement restauré ». Il fut de nouveau mis en vente à plusieurs reprises en 1867 par suite d’un procès de saisie immobilière contre « Florent Hannecart, propriétaire et meunier, et la dame Uranie Wattremez son épouse ». Celle-ci était la petite fille de Jean Baptiste et donc la nièce de Marie Thérèse. Quant à Florent il était le neveu de Ferdinand.

Ce fut finalement le notaire Jean Baptiste Bottieau qui l’acquit alors que Joseph Prosper Hugé marié à Marie Philippe Descamps l’occupait en tant que meunier. En 1872 et 1873 plusieurs riverains se plaignirent de la trop haute tenue des eaux du moulin. Une enquête conclut à la construction d’un déversoir et à la nécessité de travaux, lesquels en 1882 n’étaient pas encore exécutés. Depuis le 18 juillet 1876, François Delevacque s’était rendu acquéreur de l’usine qui avait trois paires de meules. Il s’était marié l’année précédente avec Maria Célina Louise Balleux à Saint Aubin où il était meunier. Il avait pour témoins ses frères Léon 32 ans également meunier à Saint Aubin  marié à Amandine Olivier et Augustin 37 ans meunier à Taisnières en Thiérache (cette branche ira s’installer à St Rémy Chaussée comme meunier avec ses fils Augustin ° 1869 Taisnières et Paul ° 1877 Taisnières).

Maria mourut en 1917 et François en 1937. Les bâtiments furent alors convertis en habitation, encore existante de nos jours.

Pendant les deux guerres mondiales, Bersillies faisait partie de la ligne de défense avancée protégeant la place forte de Maubeuge. Au début du premier conflit mondial, le fort se trouvait sous le feu ennemi et fut rapidement isolé. Après neuf jours de siège, ses défenses étant anéanties, il dut être évacué le 6 septembre 1914 sur ordre du commandement.

En 1940, l’ouvrage avait été modernisé, comprenant désormais deux blocs reliés par une galerie souterraine. Le 22 mai, lors de la première journée de bombardement, un obus détruisit les bouches d’évacuation des gaz, rendant la position intenable. Le lendemain, le fort dut capituler sous l’assaut des chars allemands. Les soldats tombés lors de ces combats furent ensuite transférés à la nécropole nationale d’Assevent.

Les environs de Bersillies