
Malgré son nom, il n’y a pas de forêt à Forest : le terme forestum désignait au Moyen Âge un territoire réservé, un espace “hors” (fors) du domaine commun, souvent affecté à la chasse seigneuriale. L’origine du village confirme cette étymologie. Par une charte de 1180, l’abbaye de Saint‑Denis céda au comte Baudouin V de Hainaut les bois qu’elle possédait dans le fisc de Solesmes afin d’y fonder une “ville neuve” baptisée Forest, exemptée de la loi du Quesnoy. Deux ans plus tard, en 1182, l’évêque de Cambrai attribua à l’abbaye l’église du lieu.
Deux seigneuries étaient pourtant installées sur le territoire bien avant la fondation du village. La première est celle des Forest, famille noble qui possédait un domaine rural portant déjà le nom de Forest : le premier seigneur connu, Herbert de Forest, apparaît au tournoi d’Anchin en 1096. La lignée se maintint jusqu’à la fin du XVIᵉ siècle : son dernier descendant mâle, Jacques de Forest, vit sa seigneurie passer à sa fille unique, Jeanne, épouse de Gérard le Louchiez, seigneur de Constantin‑lez‑Tournay.
La seconde est le fief très ancien de Cantraine, enclave seigneuriale primitive installée à un emplacement stratégique : au croisement de la chaussée romaine de Bavay à Vermand et du chemin de Landrecies, c’est‑à‑dire au cœur du futur village. Les comtes de Hainaut versaient « dès les temps les plus reculés » une rente féodale de 60 chapons aux seigneurs de Cantraine ; la première mention certaine d’un seigneur de ce nom apparaît en 1281, avec Gérard de Cantraine, mais le fief est manifestement antérieur à la fondation de Forest.
Ce n’est qu’en 1180 que naît la seigneurie du village, lorsque les comtes de Hainaut deviennent seigneurs directs du territoire en recevant les bois de Solesmes. Les droits seigneuriaux fixés cette année‑là — d’abord exercés par les comtes, puis par l’abbaye de Saint‑Denis — passèrent ensuite à l’archevêché de Cambrai. En 1659, le traité des Pyrénées rattacha Forest à la France : les droits du roi d’Espagne furent transférés à Louis XIV, nouveau seigneur direct du lieu. Avant 1671, le Roi‑Soleil vendit la seigneurie de Forest au baron de Bousies, dont la famille conserva ce titre jusqu’à la Révolution.
Le territoire, traversé par la chaussée romaine de Bavay à Vermand, fut très tôt exposé aux passages militaires. En 1340, le duc de Normandie, fils de Philippe VI, y établit son camp. Du XVe au XVIIᵉ siècle, Forest fut à plusieurs reprises pillé, incendié et ravagé : entre 1452 et 1458, le village fut deux fois brûlé et le Fort démoli ; les troubles religieux de la fin du XVIᵉ siècle entraînèrent de nouvelles destructions ; en 1651, le Fort fut encore attaqué ; et de 1709 à 1712, les sièges de Bouchain, du Quesnoy et l’investissement de Landrecies ruinèrent de nouveau la localité.
Le village possédait autrefois deux relais de poste, ce qui animait fortement ses auberges. L’Hôtel au Chêne, devenu l’Hôtel à la Clef, faisait face à l’Hôtel de la Couronne et apparaît dans les actes d’échevinage dès le XVe siècle. Le sous‑sol du bourg conserve également d’importants souterrains des XVe et XVIe siècles : vastes caves voûtées, galeries en moellon de craie, couloirs bouchés, et même un graffiti daté de 1794 représentant quatre moulins à vent accompagné de l’inscription « Philippe Jacque / le Roi 2 foret / ce 4 mai / 1794 ».
Forest subit encore les invasions de 1792, 1794, 1814 et 1815, avant d’être presque entièrement détruit en 1914. La reconstruction de l’église Saint‑Denis, achevée en 1929, marqua le renouveau du village. Aujourd’hui, Forest‑en‑Cambrésis compte environ 500 habitants, les Forésiens, et perpétue son identité à travers son patrimoine religieux, ses souterrains anciens — dont deux vastes caves situées sous l’ancien relais de poste, aujourd’hui café — ainsi que sa grande brocante annuelle.
Pour une étude approfondie de l’histoire du village avant 1905, vous pouvez consulter : Histoire de Forest (arrondissement d’Avesnes) / par l’abbé S. Poulet, curé de cette paroisse


La reconstruction de l’église de Forest‑en‑Cambrésis s’engagea en 1921, lorsque la commune rejoignit la Coopérative de Reconstruction du diocèse de Cambrai sous la conduite du chanoine Flament. Après une longue phase d’études, les plans des architectes cambrésiens Prudent et Brière de l’Isle furent retenus en 1923. Le chantier, alourdi par des fondations nouvelles, l’achat du mobilier liturgique, la refonte de la cloche et l’installation d’une horloge, atteignit près de 950 000 F, somme considérable pour une petite commune rurale. Les travaux s’étirèrent jusqu’en 1929, année où l’église fut enfin livrée au culte. Son inauguration, le 28 juillet, donna lieu à une journée de célébrations ponctuée d’un grand cortège historique réunissant une centaine d’habitants costumés.

Située au cœur du village, l’église de Forest‑en‑Cambrésis s’élève le long de l’axe principal et adopte un plan en croix latine. L’édifice, construit en brique rouge, s’organise autour d’une nef flanquée de bas‑côtés, de quatre travées, d’un transept marqué et d’un chevet en hémicycle. En façade occidentale, un clocher‑porche massif commande l’entrée ; une petite tourelle cylindrique, accolée à son flanc nord, abrite l’escalier d’accès aux niveaux supérieurs.
Le clocher se distingue par une composition verticale très rythmée : un portail en plein cintre ouvre le rez‑de‑chaussée, surmonté de trois baies géminées, puis d’une meurtrière isolée, avant une dernière série de baies jumelées munies d’abat‑sons. L’ensemble est coiffé d’une flèche octogonale élancée, visible de loin dans la campagne cambrésienne. Les murs gouttereaux présentent deux niveaux d’élévation : de grandes baies éclairent la partie inférieure, tandis que la zone supérieure est percée de baies géminées. Des contreforts réguliers scandent les façades et renforcent la structure.
Les bras du transept sont ornés de rosaces, apportant une touche décorative à la silhouette extérieure. Le chevet semi‑circulaire, soutenu par des contreforts, est ajouré de baies géminées qui diffusent une lumière douce dans le sanctuaire. L’ensemble est couvert de toitures en bâtière, dont les lignes simples mettent en valeur la sobriété de la construction.

Avant sa destruction en 1918, l’ancienne église Saint‑Denis présentait un intérieur marqué par huit siècles d’histoire. La nef unique, prolongée par un transept et un vaste chœur carré, était couverte d’une voûte en plein cintre très surbaissée, divisée par des arcs doubleaux factices et ornée de clefs décoratives. Le chœur était habillé de boiseries sculptées du XVIIIᵉ siècle, composées de trente‑trois panneaux séparés par des pilastres. Le maître‑autel, aux proportions monumentales, provenait de Saint‑Germain‑l’Auxerrois à Paris et avait été utilisé lors de la cérémonie nationale du 6 juillet 1848 sur la place de la Concorde. Cet ensemble, complété par une tour carrée coiffée d’une flèche élancée, formait un intérieur harmonieux, profondément marqué par les restaurations du XVIIᵉ et du XVIIIᵉ siècle.
L’ancien maître‑autel a disparu lors de la destruction de 1918 ; l’église reconstruite en 1929 a été dotée d’un nouveau maître‑autel, acquis dans le cadre des dépenses de reconstruction.

Reconstruite en 1929 en brique rouge, l’église actuelle adopte un plan en croix latine et un intérieur typique des édifices de l’entre‑deux‑guerres du Cambrésis. La nef et les bas‑côtés, éclairés par de larges baies, s’ouvrent sur un transept marqué et un chœur semi‑circulaire. L’espace est rythmé par de hauts piliers supportant une charpente apparente ou une voûte lambrissée selon les travées, créant une atmosphère claire et structurée.
Le chœur est dominé par une grande peinture murale, vaste composition centrée sur le Christ entouré d’apôtres et de figures célestes, complétée par des vitraux lumineux. Le pourtour de la nef est occupé par un chemin de croix peint directement sur les murs, dont les scènes déroulent les épisodes de la Passion au‑dessus des baies. L’église conserve également une Piéta dédiée aux morts du village, élément mémoriel fort de la communauté.
Les peintures monumentales du chœur et le chemin de croix semblent provenir de l’atelier Montagne & Delbecque de Cambrai, actif dans de nombreuses églises du diocèse durant l’entre‑deux‑guerres. Leur style, très représentatif de cette période, s’intègre harmonieusement à l’architecture de la reconstruction.
Actualités : À la suite des violents orages de juin 2026, l’église a subi d’importants dégâts : vitraux brisés, toiture endommagée, infiltrations. Pour des raisons de sécurité, la municipalité a dû en interdire temporairement l’accès, dans l’attente des travaux de consolidation et de restauration.

Il y avait encore avant la seconde guerre mondiale deux tours de garde, en bordure de la chaussée, près de l’église, vestiges d’anciennes fortifications : lire le magazine » Jadis en Cambrésis « de mai 1978 concernant le Fort. L’une d’entre elles a été restaurée en 2012

La tourelle de garde du XIVᵉ siècle, longtemps laissée à l’abandon au bord de la chaussée Brunehaut, a retrouvé son allure grâce à une restauration menée en 2013. Ce petit ouvrage médiéval, autrefois pigeonnier, a été remis en valeur par l’engagement des habitants et le savoir‑faire des artisans locaux, redonnant vie à l’un des témoins les plus anciens de Forest‑en‑Cambrésis.


Le monument aux morts de Forest‑en‑Cambrésis, érigé en 1920, est l’œuvre du marbrier Jules Delvienne‑Papon, installé rue de Fesmy au Cateau. Il se compose d’un pilier commémoratif posé sur un piédestal massif. La statuaire représente une Pietà militaire : une figure féminine soutenant un soldat mourant, symbole de compassion et de sacrifice.
Deux canons encadrent le monument, renforçant son caractère militaire. En arrière‑plan, un grand crucifix surmonté du Christ en croix associe mémoire civique et tradition religieuse, faisant de ce lieu un espace de recueillement central pour les Forésiens.
Mairie et École

Avant 1914, la mairie‑école de Forest ne présentait pas la grande longueur qu’on observe aujourd’hui. Le bâtiment ancien, construit au XIXᵉ siècle dans le style de la Troisième République, était organisé autour d’un corps central qui abritait la mairie, reconnaissable à son fronton triangulaire orné d’un médaillon de Cérès. De part et d’autre s’élevaient deux ailes latérales plus hautes, parfaitement symétriques, qui accueillaient respectivement l’école des garçons et l’école des filles. Ces deux ailes, plus élevées que le fronton, donnaient à l’ensemble une allure imposante, mais sans l’allongement marqué que l’on connaît aujourd’hui.


La partie occidentale et la partie centrale avec le fronton triangulaire orné d’un médaillon de Cérès, symbole républicain de la fertilité et de l’agriculture,ont échappé aux destructions de la Première Guerre mondiale.
La partie orientale, en revanche, fut gravement endommagée en 1918. Elle fut reconstruite en 1928 dans le style des édifices de l’entre‑deux‑guerres du Cambrésis : un bâtiment en brique rouge, moins haut mais également à deux niveaux, rythmé par de larges baies et animé de motifs géométriques en briques blanches. L’entrée principale, portant l’inscription « MAIRIE », affirme la fonction civique du lieu.
L’ensemble actuel associe ainsi une aile ancienne de la Troisième République et une aile moderne de l’entre‑deux‑guerres, témoignant de l’histoire mouvementée du village et de sa reconstruction après 1918.

Le Square Léon Henniaux, inauguré en mai 2013, rend hommage à ce résistant forestier qui s’est illustré durant la Seconde Guerre mondiale et qui, après le conflit, a soutenu généreusement la commune. La plaque dévoilée ce jour‑là rappelle la reconnaissance durable de Forest‑en‑Cambrésis envers cet homme discret mais essentiel, dont l’engagement et la bienveillance ont marqué la mémoire du village.

En 1932 Mr et Mme Pruvot Henniaux Léonce Germaine, cultivateur et marchand de bestiaux rue du Cateau en sont propriétaires. Le calvaire provient des arrières grands-parents de Léonce : Aimé Pruvot 1827 1875, cabaretier et son épouse Victoire Legrand 1823 1903 l’ont fait ériger en 1863.


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Ancien moulin :
Long de 9,6 km, le ruisseau de Richemont prend sa source au Pommereuil et se jette dans la Selle à Montay. Il longe l’extrémité sud du territoire de Forest-en-Cambrésis où un moulin exista entre 1820 et 1920. Voir mon site Moulins en Avesnois au fil de l’eau
Anciennes brasseries :
2 brasseries en 1905 : l’une au nom de Siméon Danjou marié à Laetitia Lacomblez et l’autre au nom d’Achille Payen marié à Adolphine Sard.
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Pour en savoir plus sur les fiefs et seigneuries de Forest
I. La seigneurie des Forest (XIᵉ–1572)
1. Origine et ancienneté du fief
La seigneurie des Forest est l’un des plus anciens fiefs du territoire. Elle existait avant même la fondation du village, dans le voisinage des bois du prieuré de Solesmes. Ce domaine rural, qui relevait du Cambrésis, fut incorporé au comté de Hainaut en 1180 lors de la convention entre l’abbaye de Saint‑Denis et Baudouin V. Malgré cette intégration, on continua longtemps à considérer Forest comme un fief du Cambrésis, ce qui explique sa double appartenance dans les sources médiévales.
Le fief n’eut jamais une grande importance politique. Les premiers possesseurs y avaient fixé leur résidence, mais aucun vestige de leur manoir ne subsiste : il se trouvait sur la Place, en face de l’église, près du courtil du vieux presbytère. Lorsque le comte de Hainaut devint seigneur du lieu, les Forest quittèrent probablement le village, tout en conservant leur fief patrimonial, qu’ils ne vendirent qu’au XVIᵉ siècle.
2. La lignée des Forest : chevalerie et transmission
La généalogie ancienne est difficile à établir avant 1379, mais plusieurs membres de la famille apparaissent dans les actes. Le premier connu est Herbert de Forest, qui figure au tournoi d’Anchin en 1096. Un siècle plus tard, Watier de Forest donne un muid de bois à l’abbaye de Saint‑André, avec le consentement de son épouse Usilie et de ses enfants Herbert, Guillaume, Hugues, Watier et Enguerrand.
Parmi ces enfants, Enguerrand de Forest, surnommé Ame‑Fame, est le plus remarquable. Mort en 1197, il fut célébré pour sa valeur militaire, son amour des lettres et sa générosité envers les églises du Cambrésis. Sa longue épitaphe latine, conservée par les chroniqueurs, en fait un personnage presque légendaire.
Son frère Herbert de Forest, marié à Mathilde de Viesly, eut plusieurs fils, dont Gérard, Guillaume, Simon et Hugues. Plusieurs membres de la famille portèrent le surnom de l’Estoc, en référence à une épée longue et étroite, signe de leur valeur guerrière. On trouve ainsi Gérard de l’Estoc en 1207 et 1209, puis Watier li Estos dans les années 1260.
Au XIIIᵉ siècle, apparaît également le surnom de Sarrasin, probablement lié à des exploits lors des Croisades. Le premier de ce nom est Louis de Forest, écuyer, seigneur d’Aniche, qui signe en 1379 un record de loi concernant la vente d’un fief de 84 mencaudées à Solesmes. Son sceau porte trois croissants au lambel, preuve qu’il était un cadet.
Son fils Thomas de Forest, dit Sarrasin, hérite de la seigneurie d’Aniche et, probablement, du fief de Forest. En 1410, il avoue tenir un fief à Forest du comte de Hainaut. Gouverneur du Cateau, il est confirmé dans cette charge en 1428 par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, qui loue sa loyauté et son courage. Thomas est l’un des personnages les plus importants de la lignée.
Son fils Pierre de Forest, marié à Marguerite Billot, apparaît dans plusieurs actes entre 1442 et 1468. Il réside à Poix mais conserve la maison paternelle à Forest, pour laquelle il paie une rente de vingt‑huit chapons au comte de Hainaut. Il donne à rente plusieurs terres et jardins dans la franche ville de Forest.
Son fils Jacques de Forest, écuyer, demeurant à Cambrai, avoue en 1473 tenir le fief de Forest du duc de Bourgogne. Il épouse Apolline Lefèvre de Bullecourt et transmet le domaine à son fils Jacques de Forest, second du nom, qui se marie d’abord avec Jeanne de Barbençon, puis avec une seconde épouse. Il apparaît dans les actes de 1496, où il concède à rente de nombreuses propriétés situées à Forest, Croix, Solesmes et Le Cateau.
3. Le domaine seigneurial et la vie du fief
La dernière représentante de la famille est Jeanne de Forest, fille de Jacques. Elle épouse Gérard le Louchiez, seigneur de Constantin‑lez‑Tournay. Leur fils aîné, François de Constantin, vend le fief de Forest en 1572, mettant fin à une lignée qui avait duré près de cinq siècles.
4. Extinction de la lignée et héritage
Ainsi disparaît la seigneurie des Forest, fief ancien, discret, mais essentiel pour comprendre les origines du village. Elle n’eut jamais de haute justice, ni de rôle politique majeur, mais elle donna son nom au lieu et transmit à la postérité une tradition chevaleresque, littéraire et féodale qui marque encore l’histoire de Forest.
II. La seigneurie de Cantraine (XIIIᵉ–XVIIIᵉ siècle)


1. Origine et implantation stratégique du fief
À côté de la famille de Forest, une autre puissance féodale privée occupait le territoire : la seigneurie de Cantraine, l’un des fiefs les plus anciens et les plus étendus du village. Sa présence est attestée par une rente féodale de 60 chapons que les comtes de Hainaut versaient « dès les temps les plus reculés » aux seigneurs de Cantraine. Cette rente archaïque, impossible à créer après 1180, prouve que Cantraine est antérieur à la fondation du village.
Le fief est installé à un emplacement stratégique majeur :
- au croisement de la chaussée romaine Bavay–Vermand,
- et du chemin de Landrecies,
- c’est‑à‑dire au cœur du futur village, sur la Place.
Une seigneurie postérieure à 1180 n’aurait jamais été autorisée à s’implanter à cet endroit, réservé au domaine comtal. 👉 Cantraine est donc une enclave seigneuriale primitive, antérieure à la ville neuve.
La première mention certaine d’un seigneur apparaît en 1281, avec Gérard de Cantraine, témoin dans un jugement rendu à Bavay. Cette date n’est qu’une attestation : le fief est bien plus ancien.
2. Domaine, fermes et organisation seigneuriale
La seigneurie se composait de deux fermes seigneuriales :
- La ferme principale, située à l’extrémité occidentale de la Place, entre la rue d’Amerval et la ruelle des Berceaux. Elle comprenait une vaste grange, des écuries, des remises, un enclos et un potager descendant vers un vivier encore appelé les Egardins.
- La seconde ferme, près du vivier de le Roe et des waresquaix, possédait maison, grange, étable et deux mencaudées et demie de terres.
Autour de ces fermes s’étendaient prairies, jardins, enclos, terres labourables, ainsi qu’un vignoble situé sur le coteau du Pommereuil, encore nommé Vignoble au cadastre.
Cantraine formait une véritable petite seigneurie autonome :
- justice haute, moyenne et basse,
- pilori,
- mayeur et échevins, attestés du XVIᵉ au XVIIIᵉ siècle.
Cette organisation judiciaire, rare pour un domaine rural de cette taille, témoigne de l’importance du fief dans la vie locale. Pendant plusieurs siècles, les habitants de Forest dépendirent de cette justice seigneuriale pour les affaires courantes, les litiges de voisinage, les amendes et les obligations féodales.
3. Les seigneurs de Cantraine
Une lignée complète, continue, unique dans l’histoire du village :
3.1. La lignée primitive (XIIIᵉ–XIVᵉ siècle)
🟩 Gérard de Cantraine (1281)
Gérard est le premier seigneur de Cantraine connu avec certitude. Il apparaît en 1281 comme témoin dans un jugement rendu à Bavay, ce qui prouve qu’il appartient à la petite noblesse locale et qu’il possède déjà un domaine structuré. Sa présence dans un acte comtal montre que Cantraine est, dès cette époque, un fief reconnu par les autorités du Hainaut.
🟩 Jehan Havart de Cantraines (1339)
Un demi‑siècle plus tard, Jehan Havart représente la dernière trace de la famille originelle des Cantraine. Son nom apparaît dans les actes de 1339, sans que l’on sache s’il est un héritier direct de Gérard ou un détenteur par alliance. Il marque la fin d’une première lignée seigneuriale.
3.2. La lignée d’Esne et Bougier (XIVᵉ–XVe siècle)
🟩 Robert d’Esne (1396–1442)
Robert d’Esne inaugure une nouvelle succession. Il tient le fief pendant près de cinquante ans, preuve d’une stabilité rare. Sous son autorité, Cantraine semble prospérer : les terres sont entretenues, les dépendances consolidées. En 1412, il vend une partie du domaine à Pierrard Bougier, ce qui ouvre la voie à une nouvelle famille.
🟩 Pierrard Bougier (1412)
Pierrard Bougier n’est pas un seigneur de longue durée, mais il joue un rôle décisif : il achète une portion du fief et introduit le nom Bougier dans l’histoire de Cantraine. Son acquisition témoigne de l’attractivité du domaine et de son importance économique.
🟩 Guillaume Bougier (1459–1462)
Guillaume, chevalier, est le véritable représentant de la famille Bougier. Seigneur de la Mouzelle, il porte la rente des soixante chapons, signe que le fief est pleinement entre ses mains. Son statut chevaleresque montre que Cantraine est alors un domaine noble de premier rang dans le Cambrésis.
3.3. La lignée Baulduin (XVe–XVIᵉ siècle)
🟩 Philippe de Baulduin (1483–1505)
Philippe de Baulduin est l’un des seigneurs les plus importants de Cantraine. Prévôt de Valenciennes en 1504, il appartient à la haute administration du Hainaut. Il accorde en 1499 une rente perpétuelle à Jean de Senlesches, acte majeur qui éclaire les dépendances du fief. Sa mort en 1505 marque la fin d’une période de prestige.
🟩 Jean de Baulduin (1528–1562)
Jean, héritier de Philippe, maintient la seigneurie dans la famille Baulduin. Il apparaît dans les actes scabinaux jusqu’en 1562, preuve d’une gestion active du domaine. Sous son autorité, Cantraine conserve sa structure et ses terres.
🟩 François de Baulduin
François est le dernier Baulduin mâle. Il meurt sans enfants, ce qui provoque la transmission du fief par les femmes, situation fréquente dans les petites seigneuries rurales. Sa disparition ouvre une période de transition.
🟩 Jeanne de Baulduin († 1602)
Jeanne, sœur ou proche parente de François, hérite de Cantraine. Mariée à Corneille de Ligne puis à Arnould de Grunebelst, elle voit ses biens confisqués pour cause de rébellion lors des troubles des Pays‑Bas. Sa mort en 1602 clôt la lignée Baulduin et entraîne un changement de famille.
3.4. Les seigneurs modernes (XVIIᵉ–XVIIIᵉ siècle)
🟩 Antoine d’Yttre (1602–1607)
Antoine d’Yttre, seigneur de Tournelle et de Pitpance, hérite de Jeanne. Il fait relief du fief en 1602, acte qui confirme sa prise de possession. En 1606, une tempête détruit une partie de la ferme, l’obligeant à vendre cinquante mencaudées de terres. Son court passage est marqué par cette catastrophe.
🟩 Nicolas de la Pierre
Nicolas de la Pierre apparaît comme détenteur du fief après Antoine d’Yttre. Les sources sont lacunaires, mais son nom montre que Cantraine passe alors dans une famille de la petite noblesse locale. Il assure la continuité du domaine dans une période troublée.
🟩 Philippe de Blois (1613–1653)
Philippe de Blois inaugure une longue période où Cantraine reste dans la même famille. Seigneur de plusieurs domaines, il stabilise le fief et le renforce. Sous son autorité, la justice seigneuriale est attestée, avec mayeur et échevins.
🟩 Antoine de Blois († 1685)
Antoine poursuit l’œuvre de Philippe. Il maintient les terres, les fermes et les dépendances. Son décès en 1685 marque la transmission du domaine à la génération suivante.
🟩 Jean‑Claude de Blois (1675–1704)
Jean‑Claude, actif à la fin du XVIIᵉ siècle, tient le fief pendant une période marquée par les guerres de Louis XIV. Malgré les troubles, Cantraine reste intact. Il assure la continuité de la famille.
🟩 Charles‑Jacques‑Antoine‑Joseph de Blois (1718–1746)
Charles‑Jacques‑Antoine‑Joseph est le dernier seigneur de la famille de Blois. En 1746, il vend le fief au comte de Bousies, acte majeur qui clôt plus d’un siècle de présence familiale. Cette vente marque un tournant dans l’histoire du domaine.
🟩 François‑Adrien‑Joseph de Bousies (1746–1774)
Le comte de Bousies, puissant seigneur du Cambrésis, intègre Cantraine dans ses vastes possessions. Sous son autorité, le fief perd une partie de son autonomie mais conserve son identité. Il le transmet à sa fille en 1774.
🟩 Nathalie‑Josèphe‑Alexandrine de Bousies (1774)
Nathalie‑Josèphe reçoit Cantraine en dot. Par son mariage, le fief change encore de famille. Son rôle est bref mais essentiel : elle assure la transition vers la période moderne.
🟩 Antoine‑Maximilien Bricout de Cantraine (1804–1848)
Notaire et maire du Cateau, Antoine‑Maximilien achète le fief en 1804 et ajoute à son nom le titre de Cantraine. Il est le dernier seigneur du domaine. À sa mort, en 1848, ses héritiers se partagent les terres, ce qui entraîne la disparition définitive de la seigneurie.
4 Les arrière‑fiefs dépendant de Cantraine
Autour du domaine principal gravitaient plusieurs terres nobles et arrière‑fiefs, qui dépendaient de Cantraine sans constituer des seigneuries autonomes. Préfontaine, vaste ensemble de trente‑huit muids, relevait du fief et formait l’une de ses principales dépendances. Follemprise, concédé en 1499 à Jean de Senlesches, n’est connu que par cette mention unique. Bougier, qui donna son nom à une famille de tenanciers du XVe siècle, ne représentait qu’une parcelle de pré. Lardenois, enfin, fut vendu en 1607 après la tempête qui détruisit une partie de la ferme seigneuriale. Ces terres, dont les sources ne conservent que des traces fragmentaires, complétaient l’ensemble du domaine et contribuaient à son importance économique.
5 Crises, ventes et disparition du fief
Au fil des siècles, Cantraine connut des crises et des transformations.
En 1606, une violente tempête détruisit une partie de la ferme, entraînant la vente de nombreuses parcelles. Les troubles politiques du XVIIᵉ siècle provoquèrent des confiscations temporaires. La vente du fief en 1746, puis celle de 1804, marquèrent les dernières étapes de son histoire.
Peu à peu, la seigneurie se morcela, ses terres furent dispersées, et son rôle judiciaire s’éteignit avec la fin de l’Ancien Régime.
6 Traces actuelles
Aujourd’hui, il subsiste encore des traces visibles de cette longue histoire :
- la ferme de Cantraine, bien que transformée,
- une borne en grès portant l’inscription « Terre et seigneurie des Cantraines »,
- les toponymes Egardins, Longue‑Borne, Waresquaix,
- quelques murs, alignements de pierres, courbes de chemins.
Ces éléments témoignent encore, discrètement, de ce fief qui structura Forest pendant plus de cinq siècles.
III. La seigneurie du village (1180–1789)
1. Fondation de la ville neuve (1180–1182)
La seigneurie du village de Forest naît en 1180, lorsque l’abbaye de Saint‑Denis cède au comte Baudouin V de Hainaut les bois qu’elle possède dans le fisc de Solesmes. Ce transfert, consigné dans une charte solennelle, permet au comte de fonder une ville neuve sur ces terres encore couvertes de futaies. Forest devient ainsi une création seigneuriale : un établissement voulu, organisé, doté d’une place, d’une église et d’un statut particulier. La nouvelle communauté est exemptée de la loi du Quesnoy, privilège rare qui témoigne de l’importance que le comte accorde à cette fondation.
En 1182, l’évêque de Cambrai attribue à l’abbaye de Saint‑Denis l’église du lieu, confirmant l’influence religieuse de l’abbaye sur la jeune communauté.
2. Les détenteurs successifs des droits seigneuriaux
Pendant plus de quatre siècles, les droits seigneuriaux fixés en 1180 demeurent inchangés. Les comtes de Hainaut, puis leurs successeurs, conservent la seigneurie directe du village : ils possèdent les terres, les rentes, les cens, les droits de justice et les obligations féodales.
L’abbaye de Saint‑Denis, qui avait cédé les bois, garde cependant des droits importants, notamment sur l’église. Au milieu du XVIIᵉ siècle, ces droits passent à l’archevêché de Cambrai, qui hérite de l’ensemble des obligations et privilèges inscrits dans la convention de 1180.
En 1659, le traité des Pyrénées rattache Forest à la France : → les droits du roi d’Espagne sont transférés à Louis XIV, nouveau seigneur direct du lieu. Un mémoire de cette année énumère les droits que le Roi‑Soleil possède à Forest : justice, cens, corvées, pâture, moulin, bois.
Avant 1671, Louis XIV vend la seigneurie de Forest à François‑Joseph de la Pierre, baron de Bousies, pair du Cambrésis. Les Bousies deviennent alors les seigneurs du village, héritiers directs des comtes de Hainaut et du Roi‑Soleil.
3. Organisation du pouvoir seigneurial
Les Bousies exercent leur autorité jusqu’à la Révolution. Ils :
- perçoivent les rentes,
- accordent des lettres de non‑préjudice,
- règlent les corvées,
- interviennent dans les affaires communales,
- revendiquent des droits sur les bois et les plantis,
- entretiennent des relations étroites avec les habitants.
Les archives de Forest conservent plusieurs traces de cette seigneurie. En 1671, le baron François‑Joseph de la Pierre adresse à ses manants une lettre solennelle où il reconnaît que les corvées qu’ils lui rendent sont « de pure civilité » et ne doivent jamais être revendiquées comme un droit par ses successeurs.
En 1690, son fils Henri‑Philippe obtient de Louis XIV l’érection de la terre de Bousies en marquisat. Au XVIIIᵉ siècle, les seigneurs de Forest — désormais marquis de Bousies et de Cernay — interviennent dans les questions de bois, de chemins et de plantis, qui provoquent parfois des conflits avec les habitants.
4. Crises, passages militaires et vie du village
Forest, traversé par la chaussée romaine de Bavay à Vermand, fut très tôt exposé aux passages militaires. Du XVe au XVIIᵉ siècle, le village fut à plusieurs reprises :
- pillé,
- incendié,
- ravagé,
- son Fort démoli.
Entre 1452 et 1458, Forest est brûlé deux fois. Les troubles religieux de la fin du XVIᵉ siècle entraînent de nouvelles destructions. En 1651, le Fort est encore attaqué. De 1709 à 1712, les sièges de Bouchain, du Quesnoy et l’investissement de Landrecies ruinent de nouveau la localité.
5. Fin de la seigneurie et héritage (1789)
La seigneurie du village prend fin en 1789, lorsque les droits féodaux sont abolis. Les biens des Bousies sont vendus comme biens nationaux, et Forest devient une commune administrée par ses habitants.
La longue chaîne seigneuriale qui commence en 1180 — comtes de Hainaut → abbaye de Saint‑Denis → archevêché de Cambrai → Louis XIV → maison de Bousies — s’achève avec la Révolution, laissant derrière elle une histoire riche, complexe, profondément ancrée dans les terres et les archives du village.
Pour en savoir plus sur l’ancienne église (1180–1918)

1. L’église primitive (1181–XVIIᵉ siècle)
Construite en 1181, en même temps que les premières maisons du village, l’église Saint‑Denis présentait un plan roman très simple : une nef unique, prolongée par un transept formant croix latine. À l’entrée se dressait une tour massive de dix mètres, véritable ouvrage défensif, utilisée comme guet en temps de guerre. Ses assises sont encore visibles aujourd’hui, de part et d’autre de la tour actuelle. À l’ouest, les fondations d’une petite structure attenante — probablement un baptistère primitif — subsistent également.
Cette tour, exposée aux conflits, fut plusieurs fois incendiée aux XVe et XVIᵉ siècles. Les murs, très épais, permirent néanmoins des restaurations successives. La dernière restauration ancienne attestée remonte à 1697, date gravée sur la clef de voûte de la grande fenêtre du transept gauche.
Le bras droit du transept est considéré comme un vestige intégral de l’église primitive : sa maçonnerie irrégulière, faite de briques de toutes tailles, témoigne d’un appareil très ancien, solide mais non ordonné. Une pierre blanche, probablement datée, fut remplacée en 1885 car elle était devenue illisible.
2. Les chapelains de Forest (XIIIᵉ–XVIIIᵉ siècle)
Forest possédait des chapelains dès le XIIIᵉ siècle : le Cartulaire de 1265 mentionne « li capelains », détenteur d’un courtil soumis à redevance. Les chapelles liturgiques de l’église avaient encore leurs titulaires en 1513, comme l’atteste un acte de fondation de Nicaise Carlier.
Les chapelains :
- célébraient des messes supplémentaires,
- desservaient les autels secondaires,
- assuraient les offices des fondations pieuses,
- multipliaient les célébrations les jours de fête.
Faute de revenus, les bénéfices des chapelles furent réunis à la cure avant 1724, comme dans de nombreuses paroisses du Hainaut. Cette disparition fut regrettée : la présence de chapelains augmentait le nombre de messes et renforçait la vie liturgique quotidienne.
3. La grande enquête de 1754 : ruine et reconstruction
Au XVIIIᵉ siècle, l’église primitive menaçait ruine. Les murs de la nef, récemment ravalés, étaient envahis par le salpêtre ; la tour, dans un état catastrophique, perdait chaque jour des pierres.
Les habitants adressèrent une requête à M. de Moras, intendant du Hainaut, demandant l’autorisation de réparer et agrandir l’église. Le subdélégué Pierrart convoqua une assemblée publique sur la place : seuls deux habitants s’opposèrent aux travaux.
L’architecte Pierre‑Joseph de Brissy, de Marbaix, fut chargé d’examiner l’édifice. Son rapport du 31 janvier 1754 décrit :
- des murs pourris,
- des réparations inutiles,
- une tour dangereuse,
- une nef trop petite pour la population,
- la nécessité de démolir et reconstruire.
Le 24 mars 1754, l’intendant autorisa officiellement les travaux et accorda aux habitants deux années d’exemption de corvées royales.
4. La reconstruction de 1754 : artisans et travaux
Les travaux commencèrent aussitôt. La tour reconstruite porte la date 1754 gravée sur la clef de voûte du portail.
✔ Les artisans du village
Les archives mentionnent plusieurs artisans locaux ayant participé aux travaux :
- Jean Lacomble, charpentier
- Simon Villain, charpentier
- Jacques‑Adrien Carez, chaufournier à Beaurain
- Hubert Trigaut, manouvrier
- Philippe‑Jacques Le Roy, mayeur (coordination)
- Pierre‑Joseph Laurent, échevin
- François Crappet, échevin
Ils assurèrent :
- la charpente provisoire pour la cloche (installée dans le cimetière),
- les transports de matériaux,
- la fourniture de chaux (60 muids, 12 mandes),
- les démolitions,
- les remuements de terre,
- la reconstruction des murs.
✔ Réutilisation des matériaux anciens
Les matériaux anciens — parfois vieux de six siècles — furent réutilisés avec une économie scrupuleuse, ce qui explique les taches d’humidité visibles encore aujourd’hui.
✔ Querelles de clocher
Trois habitants contestèrent leur cote de répartition (Dumez, Bonneville, Foncet), mais furent déboutés en 1756.
5. Le chœur monumental de 1779
Restait à reconstruire le chœur, dont l’état contrastait avec la nef et la tour neuves. Cette charge incombait au collateur de la cure : l’archevêque de Cambrai.
Le cardinal Fleury, archevêque de 1774 à 1780, décida de doter Forest d’un chœur monumental, vaste et harmonieux. Il fit reconstruire :
- le chœur,
- la sacristie,
- les fenêtres,
- divers objets du culte.
Une pierre blanche, encastrée au chevet extérieur, porte ses armes et les chiffres du millésime 1779.
6. L’intérieur disparu : architecture et mobilier (avant 1918)

✔ Architecture intérieure
L’intérieur de l’ancienne église présentait :
- une nef unique sous voûte en plein cintre très surbaissée,
- des arcs doubleaux factices, décoratifs,
- un transept marqué,
- un vaste chœur carré, lumineux,
- une flèche élancée sur la tour carrée.
Les murs étaient blanchis, les fenêtres étroites, et la lumière jouait sur les boiseries du chœur.
✔ Les boiseries du XVIIIᵉ siècle
Le chœur était habillé de trente‑trois panneaux sculptés, séparés par des pilastres, dans un style sobre et élégant. Ces boiseries formaient un ensemble remarquable, probablement réalisé par des artisans locaux ou régionaux.
✔ Le maître‑autel monumental
Le maître‑autel provenait de Saint‑Germain‑l’Auxerrois à Paris. Il avait servi lors de la cérémonie nationale du 6 juillet 1848 sur la place de la Concorde. Ses proportions imposantes dominaient le chœur.
✔ Les fonts baptismaux
Les fonts baptismaux, probablement en pierre bleue ou en grès, se trouvaient près de l’entrée, à proximité du baptistère primitif. Ils étaient surmontés d’un couvercle en bois sculpté, souvent décoré de symboles baptismaux (colombe, eau, croix).
✔ La chaire à prêcher
Une chaire en bois, accessible par un escalier latéral, se dressait dans la nef. Elle était décorée de panneaux sculptés et d’un abat‑voix circulaire.
✔ Le confessionnal
Un confessionnal en chêne, à deux loges, se trouvait dans la nef latérale. Il était orné de motifs simples, typiques du XVIIIᵉ siècle.
✔ Les bancs et le mobilier
Les bancs, en bois massif, étaient alignés dans la nef. Les familles notables disposaient de bancs fermés, parfois munis de petites portes.
✔ La cloche
La cloche, déplacée dans le cimetière en 1754 pendant les travaux, reprit sa place dans la tour neuve. Elle rythmait la vie du village : messes, angélus, décès, incendies, événements majeurs.
✔ Destruction en 1918
L’église fut entièrement détruite en 1918. La reconstruction de 1929 dota Forest d’un nouveau maître‑autel et d’un mobilier moderne.