Wargnies-le-Grand

Vue de Wargnies-le-Grand

Wargnies fut à l’origine une propriété de l’abbaye de Saint‑Amand, fondée au VIIᵉ siècle. En 847, le nom de Wariniacum apparaît dans un diplôme de Charles le Chauve répartissant les biens de l’abbaye « in pago hagnuensi Wariniacum ». Cette possession fut confirmée au début du XIIᵉ siècle par l’évêque de Cambrai. C’est à cette période qu’apparaissent les premiers seigneurs locaux.

Le premier seigneur connu est Dreux de Wargnies (v1130‑v1193), militaire au service du comte de Hainaut, propriétaire de la terre du village et de son église Saint‑Amand. Son fils Wautier de Wargnies, compagnon d’armes du comte Baudouin V, partit à la troisième croisade avec Philippe d’Alsace et mourut en Palestine en 1192.

Au XIVᵉ siècle, la seigneurie de Wargnies‑le‑Grand connut une division décisive. En 1371, Willaume de Wargnies, chevalier et sire du Grand Wargny, sans héritier direct, donna par acte du 8 juin la moitié de la terre, de la justice et de la seigneurie du Grand Wargny à son neveu Willaume, fils de son frère Huon. L’autre moitié revint à la branche issue de sa sœur Béatrix, dont la petite‑fille avait épousé Jean d’Aisne. De cette scission féodale naquirent deux seigneuries au sein du Grand Wargny : l’une pour la branche Huon, l’autre pour la branche Béatrix. Cette dualité ne dura que treize ans : en 1384, le comte de Hainaut trancha le litige entre les deux héritiers et attribua l’ensemble du Grand Wargny à la lignée de Huon, reconstituant ainsi la seigneurie.

Cette lignée se poursuivit jusqu’à Sandrart de Wargnies, prévôt de Valenciennes, dernier seigneur mâle, qui légua le domaine à sa tante Nicole (Colle) de Wargnies. Celle‑ci, héritière du Grand Wargny au début du XVe siècle, épousa Robert “Mansart” d’Esne (v1380‑1424), grand bailli d’Amiens, faisant entrer la seigneurie dans la maison d’Esne. Lui succédèrent Jean « Baudrain » d’Esne (†1415, Azincourt), grand bailli du Cambrésis, puis Jean‑Robert « le Borgne » d’Esne (†1455), qui semble avoir vendu le domaine.

La seigneurie fut ensuite acquise par Jean II de Croÿ « à la Housette » (1380/1395‑1473), qui est cité comme seigneur de Wargnies‑le‑Grand et de Wargnies‑le‑Petit en 1470. Lui succédèrent Philippe Ier de Croÿ‑Chimay (1436‑1482) puis Charles Ier de Croÿ‑Chimay (1455‑1527). En 1506, Charles de Croÿ vendit Wargnies‑le‑Grand, Wargnies‑le‑Petit et Gommegnies à Claude de Bonnard (+1521), gouverneur de Béthune et grand écuyer de l’archiduc Philippe le Beau.

Claude de Bonnard eut une fille, Marie de Bonnard, dame héritière, qui épousa Henri de Montfort, comte de Helfenstein. Le domaine passa ainsi dans la maison de Montfort puis dans celle des Helfenstein au cours du XVIᵉ siècle.

Jean d’Anneux (†1629), seigneur de Crèvecœur et de Rumilly, devint seigneur des deux Wargnies par mariage avec l’héritière Helfenstein. Sous le règne de Philippe II d’Espagne, il fut gouverneur d’Avesnes puis conseiller de guerre de l’archiduc Albert. Son fils Philippe d’Anneux (†1660) lui succéda et obtint en 1630 du roi d’Espagne Philippe IV l’érection de la seigneurie en marquisat de Wargnies, couvrant les deux villages. Il fut gouverneur d’Avesnes et d’Ath. C’est à cette époque que Wargnies adopta les armes d’Avesnes.

À la veille de la Révolution, la seigneurie fut rachetée par le comte d’Espiennes, seigneur de Jenlain.

Sucrerie distillerie de Wargnies-le-Grand
Cadastre de 1897 ADN P31 / 794
Rue du Corbeau

Au XIX e siècle, la famille Dervaux – propriétaire de nombreuses terres et fondatrice d’une importante sucrerie qui fonctionna de 1835 à 1904 – fournit des maires, fonda des écoles et entama la reconstruction de l’église.

Les monuments les plus connus du village sont d’une part le calvaire en bois réalisé par Jean-Baptiste Danezan en 1784 et d’autre part le mausolée dit du Philanthrope dont l’important décor sculpté fut exécuté par Charles-Edmond Boulenger.

L’église de Wargnies-le-Grand
L’Eglise Saint Amand de Wargnies-le-Grand Photo par Chatsam — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=10903372
Façade de l’église

L’église de Wargnies‑le‑Grand, située près de la mairie, adopte un plan en croix latine et une orientation nord‑est. Construite en brique rouge, elle possède un clocher‑porche massif à trois pans coupés, ouvert par un portail surmonté de trois niches, de baies fines, puis de baies à abat‑sons et d’une horloge. La flèche octogonale, élancée, domine l’ensemble. Les murs gouttereaux sont ajournés de grandes baies en arc brisé et soutenus par des contreforts. Le chevet à pans coupés présente de hautes baies et un décor de brique soigné. L’édifice relève du néo‑gothique rural du XIXᵉ siècle, caractéristique de l’Avesnois.

L’actuel bâtiment a été construit entre 1892 et 1900. Le projet d’une nouvelle église, implantée en face de l’ancienne, est lancé au printemps 1892. La première pierre est posée en octobre de la même année, avant que l’ancienne église ne soit démolie en mars 1893. La direction du chantier change plusieurs fois : l’architecte Fievet, à l’origine du projet, est remplacé dès 1892 pour raisons de santé, puis Dutouquet, son successeur, décède en 1898 et laisse la place à Auguste Depasse.

Au fil des années, l’édifice prend forme : le pavage est réalisé en 1897 grâce au financement de Mme Derveaux, qui offre également le maître‑autel et les vitraux du chœur ; les plans définitifs de l’autel sont établis en 1898 ; le rejointoiement des murs est effectué durant l’été 1899 ; les pilastres sont taillés à l’automne par le maître‑tailleur Lebecq Dubois ; le chemin de croix est érigé et les cloches réinstallées en novembre de la même année. L’ouverture solennelle au culte a lieu le lundi de Pâques 1898, avant l’achèvement complet de la construction en avril 1900.

On eut alors l’idée d’orner la terrasse située devant l’église avec les colonnes à chapiteaux provenant de l’ancien édifice. Ces colonnes, remarquables, datent du XIIIᵉ siècle et constituent un précieux témoignage de la première église de Wargnies‑le‑Grand.

Destruction des clochetons en 1917

En 1917, les Allemands retirèrent les cloches. Le clocher fut endommagé durant le conflit et les clochetons détruits. En 1922, trois nouvelles cloches furent installées. En 1930, des travaux de démolition et de réfection des voûtes en briques creuses permirent la pose d’un enduit en imitation pierre. En 1974, l’état de la couverture du clocher et de la nef nécessita une réfection complète. En 1994, la municipalité entreprit des travaux de charpente et de couverture au niveau des noues. Source : Fondation Patrimoine

Photo Chatsam CC BY-SA 3.0 Wikipedia.org

La façade de l’église est parée, de chaque côté du portail, de deux pierres tombales médiévales représentant le comte Jean du Hainaut et son épouse. Ces dalles à gisants, en pierre de Tournai, proviennent de la ferme dite du Château, où elles étaient autrefois conservées. Sur un fragment de pierre, on pouvait encore lire l’inscription : « 28 mars, vendredi d’avant Pâques flories – 1354 ». Classées Monuments Historiques le 29 décembre 1906, elles constituent les plus anciens témoins de l’histoire locale.

En 2017, leur état très dégradé nécessita une intervention majeure. À l’initiative de Bernard Beaufort, premier adjoint, la municipalité fit appel à Christine Bazireau, restauratrice de Monuments Historiques à Saint‑Vast‑en‑Chaussée (Somme). Après que l’entreprise SRMH (Bruay‑sur‑l’Escaut) eut délicatement retiré les deux gisants de leur logement extérieur, la restauratrice entreprit un travail de trois semaines, qui releva davantage de la reconstruction que de la simple restauration.

Elle redonna un visage au comte Jean du Hainaut — dont la sculpture funéraire peut être datée de 1424 — grâce à un cliché couleur ancien conservé au musée La Chartreuse et à la Photothèque Augustin Boutique‑Grard de Douai. Ce document permit une reconstitution fidèle du visage d’origine, offrant à ces deux monuments une nouvelle lisibilité après des siècles d’intempéries.

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Signalons ce très joli calvaire dans l’église à la droite du chœur :

Calvaire en bois réalisé en 1784 par Jean Baptiste Danezan, sculpteur français né en 1733 à Auch et décédé en 1801 à Valenciennes.
Calvaire en bois réalisé en 1784 par Jean Baptiste Danezan, sculpteur français né en 1733 à Auch et décédé en 1801 à Valenciennes.

Le calvaire sculpté par Jean‑Baptiste Danezan en 1784 représente la Crucifixion selon la composition traditionnelle : le Christ en croix, encadré par la Vierge Marie et saint Jean, tandis que Marie‑Madeleine est agenouillée au pied de la croix. Ce groupe en bois, d’une grande finesse, illustre parfaitement le style sobre et sensible de Danezan.

Les éléments de ce calvaire avaient été éparpillés au XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ, avant d’être retrouvés dans les années 1970‑1980. Racheté par la commune puis restauré en 1990, l’ensemble a depuis été classé à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Source : Mairie.

Calvaire lorsqu'il était au lieu-dit LA GENIETTE
Calvaire lorsqu’il était au lieu-dit LA GENIETTE

Autre calvaire dans la commune :

calvaire au cimetière
Calvaire au cimetière

Le Monument aux Morts :

Le Monument aux Morts Photo Chatsam — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5b/Mom_Wargnies-le-Grand.JPG

2 chapelles :

Chapelle St Roch (1847)
Chapelle St Roch (1847)

Intérieur de la chapelle St Roch
Intérieur de la chapelle St Roch

Cette chapelle hexagonale située dans un cadre bucolique dédiée à St Roch a été construite en 1847. Pour rappel, Saint Roch est un pèlerin laïque, originaire de Montpellier (XIV siècle).Il fut miraculeusement délivré de la peste. Il est prié pour protéger les populations des grandes épidémies. Par extension, il est prié aussi pour protéger les troupeaux de toutes les maladies.

Chapelle Ste Vierge
Chapelle Sainte Vierge

Cette chapelle de la Sainte Vierge, rue de la Raquette, a été restaurée en 1952.

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Le mausolée dit du Philanthrope :

Le Mausolée
Le Mausolée, aux environs du cimetière, route de Bry.

Le Mausolée

Le Mausolée ou le « tombeau du Philanthrope » est un chef-d’oeuvre d’architecture que nous devons à Xavier Eléodore Delvallée , riche propriétaire de Wargnies-le-Grand.

« … Xavier DELVALLEE citoyen de Wargnies-Le-Grand né en 1847 mort en 1926, que l’on peut définir comme un hobereau campagnard , fortuné un tantinet mégalomane mais surtout philanthrope c’est-à-dire aimant répandre le bien autour de lui. Ces traits de caractère se retrouvent dans les proportions gigantesques de son tombeau et sa générosité vis-à-vis de la population et de la commune à qui il fit don de terres pour l’érection d’un nouveau cimetière situé précisément à l’arrière du tombeau ». (Extrait d’un article de J. DELHAYE). Pour information, le cimetière fut inauguré le Lundi de Pâques 5 avril 1926.

Sarcophage « Grandeur naturelle » de Xavier Eléodore Delvallée 1847 1926

L’intérieur du tombeau, en pierre bleue de Soignies, est composé de deux salles souterraines. La première est une chapelle. Dans la seconde, tapissée de pierre bleue, le sarcophage réaliste représente le défunt sur son lit de mort. A son chevet est agenouillée une religieuse en prière pour l’éternité.
Au-dessus du gisant, l’épitaphe du philanthrope est gravée sur une plaque : « Il dit au dernier jour : « Adieu mes chers concitoyens je sors de ce monde avec l’espoir que vous ferez exécuter mes dernières volontés Je vous dis Adieu, consolez vous, soyez unis, vivez en paix Et le Dieu d’amour et de paix habitera parmi vous Priez pour moi… Une note gravée indique encore « sur son lit de mort, grandeur naturelle ».

Sur les murs de la crypte, des bustes représentent sa parenté. L’un au moins de ces bustes est l’oeuvre du sculpteur Charles-Edmond Boulenger né à Valenciennes le 16 mai 1868, date de décès non connue, issu d’une famille de sculpteurs valenciennois du XIX e siècle.

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L’ancien château

Ce site, reproduit sur les miniatures de Croÿ vers 1600, a été un robuste château féodal, habité par des familles prestigieuses, les D’Anneux notamment, et érigé en marquisat au XVIIe siècle. A l’origine, ce château se composait d’un donjon carré et d’une tour ronde, les deux reliés par une courtine.
L’ancien château seigneurial, déjà en ruines après les guerres de Louis XIV, fut converti en ferme. Il garde néanmoins des restes de son passé prestigieux, en particulier des oubliettes remarquables par leur taille autant que par leur plafond voûté.

Vestiges du château seigneurial. Vue de la rue du Masil. Propriétaire actuel : Paul Moguet

Les photos qui suivent ont été prises par l’ancienne présidente du Cercle Historique et Généalogique de Berlaimont, Colette RABIN FRANCOIS, aujourd’hui décédée. Ces photos illustrent la visite organisée à l’occasion des journées « Art et Histoire » proposées par l’Association des Paralysés de France du 17 au 19 juillet 2015. (visite guidée et commentée par l’écrivain régional Philippe Tabary).

A l’occasion de travaux dans le terrain jouxtant l’ancienne tour, trois pierres imposantes ont été découvertes. Il s’agirait de la sculpture du haut de deux colonnes, et du fronton d’une chapelle.

Sous la tour, les oubliettes. Plus que des oubliettes, ce sont de petites cellules d’à peine plus de 1,50m de hauteur. Il y en a 6, groupées deux par deux, sur trois niveaux. Elles ne sont pas toutes dans le même état de conservation.

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Ancien moulin à eau puis ancienne sucrerie

Wargnies-le-Grand

L’écluse de Wargnies-le- Grand

Louis Joseph Montay (1725 1811) demande avec succès en 1779 l’érection d’un moulin à eau à moudre grains à Wargnies-le-Grand aux offres de payer 15 florins au Domaine. Il s’agit peut être d’une reconstruction car son père Louis Charles (1684 1743) était déjà meunier dans ce village. Louis Joseph Montay marié à Marie Isabelle Portier ont leur fils Louis Joseph (1763 1851) également meunier. En 1827 c’est le fils Charles (1797 1878) qui est propriétaire du moulin. Il le vend vers 1867 à Ferdinand Dervaux, fabricant de sucre. Le moulin à farine est démoli vers 1875.

Rue du Corbeau

Il y a de nos jours, rue du Corbeau, une habitation à laquelle sont accolés les vestiges des bâtiments industriels.

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Ancien tordoir à vent

Cadastre de 1827 ADN P 31 / 794 : moulin à huile

Emplacement actuel de l’ancien tordoir
Route Nationale

Il était très rare dans la région qu’un moulin à vent fût un tordoir c’est à dire un moulin à huile. Il y en avait un autre en 1734 à Rousies ( ADN C Finances 58 et C 16821).

Celui de Wargnies-le-Grand appartenait en 1827 à Pierre Omer Dervaux, maire du village et cultivateur. Celui ci, né en 1782, marié en 1826 à Jeanne Thérèse Françoise Crapet, exploitait la ferme de l’Abbaye de Saint-Amand à Wargnies.

En 1850 Auguste Lustrement en était en possession et fabriquait encore de l’huile. En 1861 Cyrille Moneuse en était devenu le propriétaire. Il vendit le moulin le 9 juillet 1862 à Jean Baptiste Lecasse, menuisier et à son épouse Angélique Allard. Ces derniers le mirent en vente en mars puis en avril 1863 par suite de surenchère.
Cependant à cette date, le tordoir avait changé de destination car l’adjudication précisait « un moulin à vent, à moudre blé avec tous les ustensiles qui en dépendent, sans exception, petite maison d’habitation avec cave, écurie, grenier et terrain sur lequel le moulin et les bâtiments sont érigés, d’une contenance d’environ 20 ares 03 centiares, sis à Wargnie-le-Grand, Champ du Tordoir, repris au cadastre section C N° 246,247 et 248, tenant à la route et à M Dervaux, sur la mise à prix de 3900 francs, ouitre les frais et les différentes charges, clauses et conditions. » (L’Observateur du 5 avril 1863)

La vente n’eut pas lieu car M Lecasse mit à vendre « en bloc ou en détail un moulin à vent avec une paire de meules anglaise et tous ses accessoires » (l’Observateur du 13 février 1891). Indéniablement le moulin était en ruine et n’apparaît d’ailleurs plus sur le cadastre de 1897.

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L’ancienne gare

La ligne « Douzies Valenciennes » a été déclarée d’utilité publique, à titre d’intérêt local, par un décret le 11 septembre 1873 et une loi du 20 novembre 1883 a reclassé la ligne dans le réseau d’intérêt général. Elle est totalement déclassée, depuis 1965 pour les voyageurs et depuis 2005 pour le fret.

La Gare de Wargnies-le-Grand avec passagers et gendarmes

L’ancienne gare.

La Grande Aumône.

« La Grande aumône  » est un système par lequel le percepteur distribue de l’argent aux habitants de la commune. On ne sait pourquoi elle fut instituée, peut-être après la destruction du village par le duc de Normandie en 1340 ou bien encore sous Louis XI dans sa guerre contre le duc de Bourgogne lorsque le seigneur local, pour inciter les gens à revenir, a concédé aux habitants le produit d’une partie de ses terres.

Cet argent provenait des revenus d’une terre (d’environ 15 ha) réservée pour ce besoin. La gestion en était faite par le maïeur et les échevins. Elle le sera plus après la révolution par un bureau de bienfaisance, puis par la municipalité suite à un arrêté du 30 mai 1808. Cette vieille coutume, sans doute la seule en France, continue à être scrupuleusement respectée. En effet, chaque année les habitants poussent, le dernier mercredi de janvier, la porte de la salle des fêtes. Ils disposent d’une enveloppe à leur nom contenant la fameuse « aumône » et notifient leur retrait sur la feuille d’émargement.

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L’ancienne maison de Xavier-Eléodore Delvallée

Édifiée en 1884 par Xavier‑Éléodore Delvallée, surnommé plus tard « le philanthrope », la demeure connue sous le nom de Château de la Colinière est une élégante construction de la fin du XIXᵉ siècle.

Vue latérale Est du château

Cette maison de maître ambitieuse, avec une mise en scène “châtelaine” se distingue par une composition architecturale soignée, mêlant éléments néo‑gothiques et influences néo‑renaissance, très en vogue à cette époque.

La demeure est organisée autour d’une tour carrée à oculi, accolé à un pavillon. L’entrée du domaine est marquée par deux édicules carrés coiffés de flèches, chacun abritant dans une niche une statue classique masculine drapée à l’antique, effigies d’apparat choisies pour donner prestige et noblesse à l’entrée du domaine.

Une grille monumentale relie ces édicules et ouvre sur une allée arborée menant au corps principal.

La Colinière de nos jours

En 1890, Delvallée vendit la propriété à Élie Broquet, éditeur à Wargnies‑le‑Grand. La demeure est encore visible de nos jours rue du Paradis.

Delvallée fit ensuite construire une nouvelle habitation , visible sur cette carte postale des années 1930. Elle se distingue par une composition asymétrique mêlant : un corps de logis bas à gauche, un avant-corps central plus élevé, et surtout deux tours aiguës jumelles à droite, qui lui donnent un caractère néo‑médiéval très marqué.

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