Preux-au-Bois

Vue aérienne de Preux-au-Bois
Vue aérienne de l’église de Preux-au-Bois
Vue aérienne de la rue de Robersart à Preux-au-Bois

Preux-au-Bois (Petrosum) est étymologiquement un endroit pierreux.

Le territoire de Preux‑au‑Bois est occupé depuis le haut Moyen Âge. En 1978, lors du creusement d’un étang de plaisance, on y a mis au jour les vestiges d’un campement carolingien daté autour de l’an 800, ainsi que des fossés creusés vers 1050, témoignant d’une présence humaine organisée bien avant la formation du village. Au début du XIᵉ siècle, Preux dépend de la pairie d’Avesnes, créée vers 1020, ce qui l’inscrit très tôt dans le réseau féodal structurant du Hainaut. La seigneurie apparaît clairement dans les textes au XIIIᵉ siècle : en 1281, un messire Robert de Preux est mentionné, preuve de l’existence d’un lignage local déjà établi.

Comme dans tout le massif de Mormal, les habitants trouvèrent souvent refuge dans la forêt lors des troubles médiévaux. Le toponyme du Chemin Sauvé, qui mène vers le Petit‑Preux, rappelle ces retraites anciennes où les familles se cachaient dans les bois pour échapper aux bandes armées et aux pillages.

Au cours du Moyen Âge, Preux devint le siège d’une seigneurie dotée d’un château aujourd’hui disparu. Celui‑ci se trouvait à l’emplacement de l’actuelle usine Blanchet. La seigneurie passa entre plusieurs mains, et l’un de ses représentants les plus marquants fut Ghislain de Bouflers, qui au XVIᵉ siècle prit parti contre la domination espagnole. Défenseur de la liberté religieuse et politique, il fut proscrit, dépouillé de ses biens, et ses terres furent confisquées. En 1590, Philippe II les vendit à Charles de Martigny, conseiller‑receveur général du Hainaut. Ses descendants les conservèrent jusqu’au XIXᵉ siècle, avant qu’elles ne passent à un gentilhomme brabançon, le sieur de Sucre.

Le XVIIᵉ siècle fut marqué par les guerres entre la France et l’Espagne. En 1659, par le traité des Pyrénées, Preux devint définitivement français. Quelques décennies plus tard, vers 1709, le château fut pris à coups de canon par les partisans du roi de France : les troupes pénétrèrent dans la demeure, pillèrent les lieux, et même les draps du jeune seigneur bossu furent emportés alors qu’il était alité. Cet épisode, longtemps raconté dans la mémoire locale, illustre la violence des conflits qui traversèrent la région.

Preux subit régulièrement les contrecoups des sièges de Landrecies. En 1793, des combats opposèrent Français et Autrichiens dans le secteur, et une épidémie emporta une partie des habitants. En 1814, après l’abdication de Napoléon, les troupes russes occupèrent le village et se livrèrent à de nombreuses exactions ; après leur départ, les Prussiens prirent le relais.

Au XIXᵉ siècle, les héritiers du sieur de Sucre, établis en Espagne, vendirent en 1824 leurs terres de Preux à Monsieur Lacoste, seigneur de Sebourg. Le choléra frappa en 1849, mais ne fit que quelques victimes. En 1871, lors de la guerre franco‑prussienne, les habitants se réfugièrent une nouvelle fois dans la forêt, comme leurs ancêtres l’avaient fait des siècles auparavant.

La Première Guerre mondiale marqua profondément Preux‑au‑Bois. En août 1914, les troupes allemandes occupèrent le village, tandis que des soldats britanniques défendaient la région. Plusieurs Anglais blessés furent cachés par les habitants dans les baraques de sabotiers en forêt. Un réseau d’évasion se mit en place, dirigé par Louise de Bettignies, Louise Thulliez (née à Preux) et Rose Plez d’Englefontaine, avec l’aide du garde‑chasse M. Taisne. Les prisonniers russes employés par les Allemands à l’exploitation de la forêt moururent en nombre et furent enterrés dans les bois. Le 4 novembre 1918, après un bombardement meurtrier, les Anglais reprirent Preux. Soixante‑cinq d’entre eux furent tués et le village leur offrit une parcelle du cimetière. Les 150 Allemands tombés furent transférés en 1922 au cimetière militaire du Cateau. Preux paya un lourd tribut : vingt‑sept de ses habitants périrent, soixante‑dix immeubles furent détruits et deux cent vingt endommagés. En 1920, la commune fut citée à l’ordre de l’armée et reçut la Croix de guerre pour son courage et ses souffrances.

La Seconde Guerre mondiale entraîna une nouvelle évacuation en 1940. Preux compta soixante‑deux prisonniers, quatre morts, et deux déportés qui ne revinrent pas. La libération intervint en septembre 1944. Après 1945, la fabrication de sabots et de galoches s’éteignit définitivement en 1948. L’ancienne galocherie Blanchet se reconvertit alors dans la mécanique industrielle, tandis que l’exploitation de la forêt de Mormal demeurait l’autre activité majeure du village.

Le charme de ce village est qu’il est bâti tout contre la forêt de Mormal où de multiples promenades peuvent être faites.

L’église de Preux-au-Bois

L’église Saint‑Martin remonte à 1764, date à laquelle l’édifice fut entièrement reconstruit. Elle a conservé ses soubassements gothiques en pierre de grès taillée, témoins de l’édifice antérieur. L’église adopte un plan longitudinal orienté à l’est, organisé en trois vaisseaux : une nef centrale flanquée de deux bas‑côtés. La nef compte six travées et se termine par un chevet plat. La façade occidentale est dominée par un clocher‑porche carré, structuré en quatre niveaux d’élévation, percé d’une porte cintrée, d’une petite baie, d’un oculus et d’une ouverture à abat‑sons. Le clocher est coiffé d’une toiture de type Corneville en ardoises, dotée d’une horloge sur chaque face. Une tourelle circulaire se greffe sur le côté gauche du clocher, tandis qu’à droite se trouve la grotte de Lourdes.

Les élévations latérales sont rythmées par six baies cintrées reposant sur un soubassement en pierre, avec une porte sur la première travée nord. Le chevet, plat, est presque entièrement flanqué d’une annexe dotée de baies et d’une toiture à trois pans. À l’intérieur, la nef est voûtée en berceau et s’ouvre sur les bas‑côtés par des arcades cintrées portées par des colonnes. Les bas‑côtés, également divisés en six travées, possèdent un soubassement appareillé, des baies cintrées garnies de vitraux figuratifs et des voûtes en demi‑berceau. Le chœur occupe les deux dernières travées de la nef.

L’édifice, par son clocher‑porche, ses baies cintrées, ses voûtes en berceau et son chevet plat, relève d’un vocabulaire architectural d’inspiration gothique, tout en appartenant aux reconstructions religieuses du XVIIIᵉ siècle. Sa composition, à la fois sobre et structurée, illustre les formes traditionnelles des églises rurales de l’Avesnois, enrichies ici par des éléments singuliers comme la tourelle circulaire et la grotte de Lourdes.

Intérieur de l’église de Preux-au-Bois
Autre vue de l’église intérieure
Fonts Baptismaux
Une des stations du Chemin de Croix
Plaque commémorative 1914 1918 dans l’église

L’église Saint‑Martin conserve un mobilier remarquable protégé au titre des Monuments historiques. Les lambris de couvrement du XVe siècle, classés en 1922, constituent le vestige le plus ancien conservé dans l’édifice et témoignent de la présence d’un décor médiéval antérieur à la reconstruction de 1764.

Le XIXᵉ siècle est représenté par plusieurs œuvres classées : le tableau Le Christ dépouillé de ses vêtements, classé en 1981, ainsi que l’ensemble liturgique comprenant l’autel, les gradins d’autel, le tabernacle et quatre statues d’anges adorateurs, classé en 1982. Ces éléments confèrent au chœur une forte présence artistique et liturgique.

Le Monument aux Morts de Preux-au-Bois. Inauguré le 15 octobre 1922.
Pierre bleue Sculpture en pierre blanche de Chauvigny. Université Lille 3

Sur une base carrée s’élève un pyramidion en pierre bleue devant lequel l’artiste Charles Henri Pourquet a sculpté la statue d’un soldat posant la main sur la tête d’un jeune garçon.
Celui-ci tourne la tête vers son aîné et, en signe de solidarité patriotique entre les générations, touche le fusil dont il n’hésitera pas à se servir plus tard.

Mémorial en l’honneur du 10 th Battalion Essex Regiment
La grotte de Lourdes devant l’église

1 oratoire et 4 chapelles sur la commune de Preux-au-Bois

La Mairie
La Poste
Calvaire  sous un autre angle
Le calvaire de Preux-au-Bois

Le calvaire a été érigé en 1844 au lieu-dit appelé La Joncquière sur 1 are 80 ca et il appartenait déjà à la commune de Preux au Bois. Il a été restauré en 1858. Il était entouré d’une charmille de 8 mètres de haut plantée entre 1805 et 1825 par le curé Delcroix. En 1898 la croix  menaçait  de ruine et une nouvelle restauration s’imposait. La nouvelle croix a été donnée par Mr Many et le christ en fonte d’une hauteur de 1.78 m  par Naveau Augustin marié à Naveau Adolphie, maire de la commune. La cérémonie de ce calvaire restauré a eu lieu le 21 août 1898. Source Archives départementales du Nord Monographie de Preux-au-Bois  1900.

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La famille de Sucre

En 1600, Catherine de Martignies, Damoiselle de Preux au Bois, fille de Charles Philippe, seigneur de Preux au bois, épouse Antoine de Sucre, seigneur d’Orsinval. Ils ont 4 enfants dont Antoine de Sucre baron de Preux, qui épouse Damoiselle Adrienne d’Yves, chanoinesse de Maubeuge. Ce couple a 6 enfants dont 3 font carrière militaire au service du roi d’Espagne aux Pays-Bas ou en Espagne. Parmi ces enfants Don Charles Adrien de Sucre, (1641 Cambrai -1712 Madrid), baron de Preux, nommé général d’artillerie par le roi d’Espagne en 1688. Il abandonne le château de Preux en 1689, avant d’être nommé gouverneur d’Indias (Colombie) en 1711. Il laisse à Preux-au-Bois comme seigneur, l’un de ses fils, Joseph qui meurt en 1723. Le château est alors détruit. Les pierres sont utilisées pour la reconstruction de l’église actuelle et les fondations de nombreuses maisons.

Un descendant de Charles Adrien de Sucre à la 5 ème génération est Antonio José de Sucre. Né au Venezuela en 1795, il participe à la lutte de libération des peuples d’Amérique contre l’Espagne. Il rejoint Simon Bolivar (qui a donné son nom à la Bolivie), et qui le nomme Général en 1818. Il est gouverneur du Pérou en 1823. Il bat le vice-roi d’Espagne à Ayacucho (Pérou) le 9 décembre 1824, libérant l’Equateur, le Pérou et la Bolivie. En 1826, il est élu président de la Bolivie, quitte le pouvoir en 1828,et est assassiné en 1830.

Portait d’Antonio José DE SUCRE Y ALCALA 1795 1830 et sur la photo de droite son buste à Preux-au-Bois                      

Le buste du Grand Maréchal Ayacucho, Antonio de Sucre, situé près de l’étang communal, a été inauguré le 15 octobre 1995, en présence de personnalités venues du Venezuela.

La sculpture montrait Sucre en uniforme à col haut, orné de décorations finement modelées, le visage tourné légèrement vers la droite, avec une expression calme et déterminée. Le modelé du bronze mettait en valeur les volumes du visage, la chevelure ondulée et les détails du costume, conférant à l’ensemble une présence noble et solennelle.

Malheureusement le buste en bronze a été volé en mai 2019 et demeure introuvable. Cet acte de vandalisme a laissé le monument orphelin de sa figure centrale.

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un moulin à eau

De 1700 jusque 1824 un moulin appartenait au marquis de Sucre puis au marquis de la Coste qui habitait Sebourg. Charles Henri Mouton marié à Virginie Camusez en était le meunier. Son fils Antoine marié à Marie Joseph Ferdinande Harbonnier était meunier en 1852 avec son père et cultivateur en 1864. Déjà à cette date le moulin ne fonctionnait plus. Il tomba en ruine vers 1868.

L’ancienne galocherie : 

Au XIXème siècle, Preux commence à exploiter l’atout qu’est sa proximité avec la forêt de Mormal : forestiers, artisans du bois, sabotiers, galochiers (fabricants de chaussures à semelles de bois) prospèrent dans la petite cité.

La galocherie était une boutique où l’on fabriquait des « galoches », c’est-à-dire des chaussures dont la particularité est d’avoir des semelles en bois.

La galocherie de Preux-au-Bois est fondée en 1889 par Léon Blanchet, et emploie alors 25 ouvriers. La fabrication de galoches s’interrompt en 1948, mais l’atelier ne meurt pas pour autant : Paul Blanchet se lance dans la production de pièces pour machines agricoles. Plus tard, sous la direction de Maurice Blanchet père (1960-1979), l’entreprise devient fournisseur agréé de la SNCF. Depuis, la fabrique Blanchet a constamment diversifié ses activités, et constitue un pôle économique important pour Preux.

Preux au bois reste attaché à ses traditions du travail du bois. La fête du bois les fait revivre tous les deux ans en juin à travers des activités d’aujourd’hui et d’hier.

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Aujourd’hui donc subsiste toujours une menuiserie industrielle, mais Preux essaie surtout de se mettre en valeur en tant que lieu de villégiature : camping, gîtes ruraux, sentiers de randonnée forestière et étang de pêche sont là pour attirer les touristes et leur faire découvrir un village dont le charme est qu’il est bâti tout contre la forêt de Mormal.

Preux-au-Bois
Le centre du village Photo Google 2021