Quiévelon

Rue principale de Quiévelon

La Grand’Rue 110 ans plus tard

La seigneurie de Quiévelon, attestée dès le XIIᵉ siècle, relevait directement du comté de Hainaut.Jusqu’en 1756, le village ne formait pas une paroisse autonome mais dépendait entièrement d’Aibes : l’église de Quiévelon était une simple succursale de la paroisse d’Aibes, et les actes de baptêmes, mariages et sépultures des habitants étaient inscrits sur les registres d’Aibes. Cette dépendance paroissiale éclaire l’acte de 1292 par lequel Gilles d’Aibes, chevalier, déclare tenir en fief la « ville de Montigny », qu’il possédait auparavant comme franc‑alleu. Ce Montigny, probablement un hameau disparu situé entre Aibes et Quiévelon, semble être le lieu d’origine des seigneurs qui, au XIVᵉ siècle, apparaissent dans les sources sous le nom de “de Kévelon” et tiennent alors le fief de Quiévelon.

En 1334, un état des hommages dus au roi de Bohême, comte de Hainaut, mentionne Wuillaume de Kévelon parmi les vassaux nobles du comté. Cet hommage confirme que Quiévelon est alors un fief noble de plein exercice, tenu directement du souverain hainuyer.

En 1339, Rasse de Montigny de Kévelon est nommé arbitre pour régler un différend entre le comte de Beaumont et l’évêque de Liège. Le choix d’un seigneur de Quiévelon pour arbitrer un conflit entre deux grandes puissances régionales témoigne de la considération dont jouissait la famille.

Un autre Rasse de Montigny, seigneur de Kévelon, intervient dans plusieurs actes datés de 1397, 1401 et 1402. En 1397, il reçoit une commission de Guillaume de Bavière, régent du Hainaut, aux côtés de plusieurs gentilshommes du comté, pour résoudre à l’amiable un conflit provoqué par des entreprises injustes du bailli d’Alost, représentant du duc de Bourgogne, sur les terres de Flobecq et Lessines.

Ce corpus documentaire montre que les seigneurs de Quiévelon étaient en faveur à la cour de Hainaut, intégrés dans les affaires territoriales et diplomatiques du comté.

Ces mentions, rares mais précieuses, permettent de situer la seigneurie de Quiévelon comme un fief noble actif, tenu par des familles influentes, impliquées dans les arbitrages, les commissions comtales et les relations entre le Hainaut, Liège et la Bourgogne.

Après le XVe siècle, la seigneurie disparaît des sources : la famille de Montigny s’éteint ou abandonne le fief, qui semble avoir été vendu ou laissé vacant.

Au XVIIᵉ siècle, la seigneurie est acquise par Charles Robert (1622–1689), écuyer, Conseiller du Roi et Président de la Cour Souveraine de Mons. Issu d’une grande famille montoise (Robert × Buisseret), il achète le fief entre 1661 et 1678, probablement après son mariage avec Marie‑Maximilienne de Decker, dame de Choisy.

En 1670, son épouse relève le fief de Choisy à la mort de son père. En 1678, un acte féodal confirme la possession de Quiévelon par Charles Robert. À sa mort en 1689, son fils Philippe‑François Robert relève officiellement le fief le 23 octobre 1690.

Après 1690, la seigneurie de Quiévelon demeure dans la branche montoise des Robert. Philippe‑François Robert (1668–1759), écuyer, bailli du chapitre de Sainte‑Waudru et échevin de Mons, en est le seigneur en titre jusqu’à sa mort en 1759. Le fief de Quiévelon revient dans le partage noble à sa fille Marie‑Agnès Maximilienne Robert (1712–1798).

Celle‑ci, Dame de Quiévelon et de Nouvelles, fut probablement la dernière titulaire du fief avant la Révolution, mourant en célibat en 1798. La branche cousine, dite de Choisy, dont un membre fut créé comte de Robersart en 1778, ne possédait pas Quiévelon.

Leur château, situé au centre du village, fut vendu pendant la Révolution et démoli en 1802. Ses murs, construits en pierres bleues et en moellons, avaient 3 mètres d’épaisseur, sur environ 20 mètres de hauteur. Un vaste souterrain se trouvait sous les bâtiments, qui, indépendamment du rez-de-chaussée , comprenaient trois étages. Le rez-de-chaussée et le premier étage n’étaient éclairés que par des créneaux. La porte d’entrée, unique, était en fer et large de 70 centimètres.

Contrairement à ce qu’indique l’abbé Leuridan dans l’Armorial des communes du Nord (1909), les branches de Choisy et de Saint‑Symphorien de la famille Robert n’ont jamais possédé le fief de Quiévelon. Celui‑ci appartint exclusivement à la branche montoise des Robert, issue de Charles Robert (1622–1689) et de son fils Philippe‑François Robert (1668–1759). Les armes relevées par la commune de Quiévelon correspondent à la branche comtale, et non à la branche seigneuriale de Quiévelon.

L’EGLISE :

L’église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge Photo 2007 Budotradan

C’est sans doute l’une des églises les plus anciennes de la région, avec celle de Damousies, puisqu’elle a été bâtie vers l’an 1300. Elle possède des murs en moellons et un porche ouvert de trois côtés. La voûte de bois et le plafond ont été refaits en 1701.

Le Maître-autel du XVIII e siècle flanqué de colonnes en bois peintes est surmonté d’une représentation de l’Esprit Saint. Entre les colonnes, un tableau du XIX ee siècle illustre une scène de Crucifixion. Deux statuettes de la Vierge et de saint Joseph sont placées de chaque côté de l’autel.

Le confessionnal

La curiosité principale de l’intérieur de l’église est sans nul doute son confessionnal monumental, qui occupe à lui seul le transept gauche.
Il a été réalisé par le menuisier André Haneteaux en 1754 comme l’indique un document dans lequel celui-ci certifie avoir été payé « cent et deux patacons pour un confessionnal et un lambris pour l’église de Quiévelon » Source : Cercle Archéologique d’Avesnes sur Helpe. Il est surmonté d’un retable à cinq compartiments. Dans les trois logettes du centre, on y trouve des statuettes dont une sainte Barbe et un saint Adrien, martyr et patron de la paroisse.

Le retable. Oeuvre restaurée par Dupage en mai 1977. MH 1934/03/17 : les trois logettes peintes en blanc sont classées au titre objet

Antependium : Vierge à l’Enfant entourée de fleurs et de feuillages MH 1975/02/25 : classé au titre objet

Dalle funéraire de Marie de quiévelon (+1327) : femme gravée au trait en creux les mains jointes sous une arcature gothique Ministère de la culture – base Palissy

Dans la nef à gauche, on pourra voir l’une des dalles les plus anciennes de l’Avesnois: celle de Marie de Quiévelon, en pierre noire sur laquelle on pourra déchiffrer l’inscription suivante :
« Chy gist Marie de Chevelons, ki fu fame Bauduin des potes, ki trespassa l’an mil CCC et XXVII au mois de décembre.Priées pour s’aame »

LA PLACE DE L’EGLISE :

La Place de Quiévelon 01/2022

Cette très petite place, située au sud de l’église est très pittoresque : elle est entourée de jolies maisons et est ombragée par un « Tilleul de la Liberté » planté en 1792. D’après l’inscription à son pied « seuls quelques-uns d’entre eux ont survécu aux événements historiques ».

La façade de la Mairie de Quiévelon
Quiévelon
La Mairie de Quiévelon

Le Monument aux Morts 2007

Le Monument aux Morts 01/2022
En face du Monument aux Morts, la « Grotte de Quiévelon », réplique de la grotte de Lourdes, où les passants s’arrêtaient par le passé pour faire une prière.

la « Grotte de Quiévelon » 01/2022
Calvaire de Quiévelon route d'Aibes
Calvaire de Quiévelon route d’Aibes , érigé après 1847.
Ste Face (1776)
Ste Face (1776)

On le découvre rue du Maisnil, inséré dans le mur d’une habitation. Seule la face avant dépasse du bâtiment.Les propriétaires de l’oratoire ont précisé que cet édifice existait avant la construction de la maison. Celle-ci a été construite autour de cet oratoire et on voit le dos de cet oratoire qui saille à l’intérieur d’une des pièces du logement.  Ce n’est pas banal !

Niche 26 Grand Rue
La grange Mengal 28 grand’Rue. Les Mengal étaient bergers de père en fils à Quiévelon
La ferme du Mesnil à  Quiévelon.-  Parc naturel régional de l'Avesnois, dans le  Nord France
La Ferme du Mesnil Par PIERRE ANDRE LECLERCQ — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=40374020
Dalle funéraire d’un des Fermiers de la Cense de Quiévelon, Censier au château (1767) : Michel Joseph Moustier et son épouse Marie Catherine Blampain. Photo 01/2022

 » Icy devant reposent les corps des Michel Joseph Moustier natif de Ostergnies en son tems censier aux chateau de Quevelon décédé me 28 de 9bre 1768 age de 65 ans et de Marie Catherine Blampain sa femme natif de Colleret agee de 77 ans qui deceda le 20 mars 1782
Requiescant in Pace Pour leurs ames « 

Entrée du village qui compte 154 habitants (les Quiévelonais) pour une superficie de 435 hectares.
Photo 2010 Budotradan
Quiévelon rue de Ferrière la Petite
Quiévelon route d’Aibes