
☨ Introduction
Arthur Moulin est l’une des grandes figures politiques de l’Avesnois et du Nord, un homme dont la trajectoire incarne à la fois le courage de la Résistance, la rigueur du gaullisme, l’enracinement rural et la fidélité à la République. Vétérinaire de formation, élu local profondément attaché à son territoire, député puis sénateur du Nord, vice‑président de l’UNR puis du RPR, il a traversé la Ve République en défendant les agriculteurs, les éleveurs, les territoires ruraux, les collectivités locales et les valeurs du gaullisme social.
Né à Saint‑Aubin, réfractaire au STO, résistant, vétérinaire dans l’Avesnois, député d’Avesnes, maire d’Avesnes‑sur‑Helpe, conseiller général, conseiller régional, sénateur du Nord, Arthur Moulin est un homme de terre, de courage, de convictions. Sa vie est un arc : de la Résistance à la Haute Assemblée, de Sains‑du‑Nord à Paris, de l’Avesnois rural aux débats nationaux sur l’agriculture, l’élevage, les territoires et l’Europe.
Cette biographie retrace le parcours d’un homme qui, pendant plus d’un demi‑siècle, a incarné la droite républicaine dans l’Avesnois et dans le Nord.
☨ I. Origines : Saint‑Aubin, une enfance rurale dans le Hainaut
Arthur Moulin naît le 4 juillet 1924 à Saint‑Aubin, dans le Hainaut. Fils d’agriculteur, il grandit dans un monde rural où le travail de la terre, l’élevage, les saisons, les solidarités villageoises façonnent les caractères. L’Avesnois des années 1920 est un pays de bocage, de haies, de prés, de fermes familiales. C’est dans cet univers que se forge la personnalité d’un jeune homme sérieux, travailleur, attaché à la terre et aux valeurs rurales.
☨ II. La guerre : réfractaire au STO, engagé dans la Résistance
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Arthur Moulin est un adolescent. En 1943, il refuse le Service du travail obligatoire. Ce refus, dans un territoire occupé, est un acte de courage. Il entre dans la Résistance, participe aux réseaux clandestins, aux actions de renseignement, aux opérations de soutien. Cette expérience fondatrice marque durablement sa vie. Elle explique son engagement ultérieur dans le gaullisme, sa fidélité à la République, son attachement à la liberté.
☨ III. Formation : Toulouse, l’École nationale vétérinaire
Après la Libération, Arthur Moulin reprend ses études. Il entre à l’École nationale vétérinaire de Toulouse, où il se forme à la médecine animale, à la biologie, à l’hygiène alimentaire. Il en sort docteur vétérinaire. Cette formation scientifique, rigoureuse, ancrée dans le monde rural, deviendra l’un des piliers de son identité politique. Il est un homme de terrain, un praticien, un technicien, un spécialiste des questions agricoles et alimentaires.
☨ IV. Le vétérinaire de l’Avesnois : Sains‑du‑Nord, Avesnes‑sur‑Helpe
De 1947 à 1966, Arthur Moulin exerce comme vétérinaire à Sains‑du‑Nord. Il parcourt les fermes, les hameaux, les exploitations, connaît les éleveurs, les agriculteurs, les familles. Il soigne les bêtes, conseille les exploitants, observe les transformations du monde rural. En 1966, il revient dans sa commune d’enfance, Avesnes‑sur‑Helpe, où il exerce jusqu’en 1971. Il devient vice‑président du Syndicat national des vétérinaires français. Cette expérience professionnelle, profondément ancrée dans l’Avesnois, nourrit toute sa vie politique.
☨ V. L’entrée en politique : le gaullisme, l’UNR, la Ve République
En 1958, au moment où naît la Ve République, Arthur Moulin s’engage en politique. Gaulliste convaincu, il se présente sous les couleurs de l’Union pour la nouvelle République (UNR) dans la circonscription d’Avesnes. Il est élu député au second tour. Il incarne une droite républicaine, rurale, sérieuse, attachée à la modernisation du pays et à la défense des territoires.
☨ VI. Premier mandat de député : agriculture, élevage, affaires étrangères
De 1958 à 1967, Arthur Moulin siège au Palais‑Bourbon. Il devient vice‑président du groupe UNR, vice‑président de la commission des affaires étrangères, secrétaire de l’Assemblée nationale. Il rapporte des textes sur le service militaire franco‑belge, sur l’économie contractuelle en agriculture, sur les accords interprofessionnels agricoles. Il intervient sur l’enseignement agricole, les prix agricoles, le malaise paysan, le marché de la viande, l’élevage. Il présente des propositions de loi sur la protection animale, l’inspection sanitaire, la qualité des denrées alimentaires. Il est l’un des députés les plus actifs sur les questions agricoles.
☨ VII. La défaite de 1967 : un revers, pas une fin
En 1967, malgré un premier tour favorable, Arthur Moulin est battu par le socialiste Charles Naveau. Ce revers ne met pas fin à sa carrière. Il entre au Conseil économique et social, reste conseiller municipal d’Avesnes‑sur‑Helpe, continue de travailler pour son territoire. Il prépare son retour.
☨ VIII. Le retour triomphal : député en 1968, vice‑président de l’UDR
En juin 1968, dans le contexte du raz‑de‑marée gaulliste, Arthur Moulin retrouve son siège dès le premier tour. Il devient vice‑président du groupe UDR, membre de la commission des affaires étrangères puis de celle de la production. Il représente la France au Conseil de l’Europe. Il rapporte des textes sur le fermage, le métayage, la médecine vétérinaire, l’élevage bovin. Il intervient sur le ramassage du lait, les obtentions végétales, les collectivités locales. Il vote la création des Régions en 1972.
☨ IX. La défaite de 1973 : la fin de l’Assemblée, le début du Sénat
En 1973, malgré un premier tour très favorable, il est battu au second tour par Charles Naveau. Il perd son siège de député, mais conserve ses mandats locaux : maire d’Avesnes‑sur‑Helpe, conseiller général, conseiller régional. Il prépare une nouvelle étape : le Sénat.
☨ X. Le sénateur du Nord : RPR, affaires sociales, agriculture
En 1983, Arthur Moulin est élu sénateur du Nord. Il devient vice‑président du groupe RPR, membre de la commission des affaires sociales. Il rapporte des textes sur la prévention des difficultés des entreprises, le règlement judiciaire, l’aide médicale urgente. Il intervient sur les quotas laitiers, les jeunes agriculteurs, la fraude dans le commerce du beurre, la margarine. Il s’exprime sur le service public hospitalier, les catastrophes ferroviaires, les meurtres d’otages. Il vote le RMI en 1988, mais s’oppose au traité de Maastricht en 1992.
☨ XI. Le gaulliste du Nord : fidélité, rigueur, convictions
Arthur Moulin est un gaulliste fidèle. Il préside la fédération du RPR du Nord. Il défend les territoires ruraux, les agriculteurs, les éleveurs, les collectivités locales. Il incarne une droite républicaine sérieuse, enracinée, attachée à la souveraineté nationale, à l’ordre républicain, à la modernisation du pays.
☨ XII. La fin de carrière : retrait, Maine‑et‑Loire, vie paisible
En 1992, il ne se représente pas au Sénat. Il a déjà quitté ses mandats de maire et de conseiller général. Il se retire de la vie politique, s’installe à Avrillé, près d’Angers. Il y mène une vie paisible, entouré des siens, fidèle à ses valeurs.
☨ XIII. La mort : Angers, 2017, une figure respectée
Arthur Moulin s’éteint le 9 mai 2017 à Angers, à l’âge de quatre‑vingt‑douze ans. Il était officier de la Légion d’honneur et chevalier du Mérite agricole. Sa disparition suscite un profond respect dans l’Avesnois, où il a marqué plusieurs générations.
☨ XIV. Conclusion : pourquoi Arthur Moulin est une figure majeure de l’Avesnois
Arthur Moulin est l’un des grands noms de la droite républicaine dans l’Avesnois. Résistant, vétérinaire, député, sénateur, maire, conseiller général, conseiller régional, il a consacré sa vie à son territoire, à ses agriculteurs, à ses éleveurs, à ses communes, à ses habitants. Il a porté la voix de l’Avesnois à Paris, défendu les intérêts ruraux, modernisé les politiques agricoles, incarné le gaullisme social.
Il appartient désormais à l’histoire du Nord, à celle de la Ve République, et à la mémoire de l’Avesnois.