Le Tour de France dans l’Avesnois : une histoire rare mais profonde
🚴♂️ Introduction
Il y a des territoires que le Tour de France traverse comme on traverse un paysage, sans s’y attarder, sans y laisser d’autre trace que le souffle du peloton et la poussière des bas‑côtés. Et puis il y a l’Avesnois.
Un pays de bocage, de vallons doux, de villages serrés autour de leurs clochers, un pays que la Grande Boucle n’a jamais vraiment adopté, mais qu’elle n’a jamais oublié non plus. Un pays où le Tour passe peu, mais où chaque passage devient un événement, une mémoire, une émotion.
🚴♂️ Un territoire discret, mais jamais absent
Depuis 1903, l’Avesnois n’a été placé au centre du Tour qu’une seule fois : en 1999, lorsque Maubeuge et Avesnes‑sur‑Helpe furent villes‑étapes. Une seule fois, mais une fois exceptionnelle.
Deux journées où le bocage devint décor, où les routes étroites se transformèrent en scène, où les foules se pressèrent comme jamais. Deux journées qui résonnent encore comme un sommet dans l’histoire sportive du territoire.
Mais l’histoire du Tour dans l’Avesnois commence bien avant ces deux dates. Elle naît sur les routes de Maubeuge, de Ferrière‑la‑Grande, d’Avesnes, de Fourmies. Elle commence avec un jeune ramoneur valdôtain qui découvre le vélo dans une ville du Nord, s’entraîne sur les chemins du bocage, remporte sa première course entre Maubeuge et Hirson, et devient le premier vainqueur du Tour de France. Maurice Garin, le « Ramoneur maubeugeois », est le premier fil de cette histoire.
🚴♂️ Une relation faite de passages, d’hommages et de hasards
Le Tour n’a jamais installé durablement ses quartiers dans l’Avesnois. Il y passe, il frôle, il traverse, il salue. Il emprunte les routes de Bavay, de Gommegnies, de Le Quesnoy, de Fontaine‑au‑Bois, de Solre‑le‑Château, de Fourmies. Il y revient parfois pour un sprint intermédiaire, parfois pour un hommage, parfois pour une simple transition entre la Belgique et les Ardennes.
Chaque passage est une parenthèse. Une fête. Une histoire.
Et parfois, comme en 2007, le Tour s’arrête pour saluer l’un des siens : Jean‑Marie Leblanc, enfant de Fontaine‑au‑Bois, coureur, journaliste, puis directeur du Tour pendant dix‑sept ans. Ce jour‑là, les maillots distinctifs ralentissent, se tournent vers lui, le saluent. Le village entier applaudit. Le Tour rend hommage à l’homme qui, pendant près de deux décennies, a dessiné ses routes et choisi ses villes.
🚴♂️ Un récit à part dans la grande histoire du Tour
L’Avesnois n’est pas une terre de cols ni de grandes avenues. C’est un territoire de haies, de virages, de petites routes qui serpentent entre les pâtures. Un décor que le Tour ne peut pas toujours emprunter, mais qu’il n’a jamais cessé de regarder. Un territoire rarement choisi, mais souvent honoré.
Ce chapitre raconte cette relation singulière : une histoire rare, profonde, discrète mais essentielle. Une histoire où chaque passage compte, où chaque traversée devient un souvenir, où chaque village devient une étape de mémoire.
🚴♀️ Chapitre I

Maurice Garin : le premier vainqueur du Tour né sur les routes de l’Avesnois
Il y a des destins qui semblent écrits loin des lieux où ils se réalisent. Et puis il y a Maurice Garin. Né dans un hameau de la Vallée d’Aoste, il aurait pu rester un enfant des montagnes, un garçon de pierre et de neige. Mais la vie en décida autrement. À quatorze ans, il traverse les Alpes, franchit la frontière, et découvre un autre monde : celui des villes du Nord, des usines, des ateliers, des rues noires de suie. Un monde rude, mais un monde où l’on peut devenir quelqu’un.
🚴♀️ Le ramoneur de Maubeuge
C’est à Maubeuge que tout commence. Un jeune garçon, maigre, silencieux, qui grimpe dans les cheminées pour gagner sa vie. Un ramoneur parmi tant d’autres, un Valdôtain comme on en voit passer chaque hiver. Rien ne le distingue encore, sinon une énergie étrange, une manière de marcher vite, de regarder loin.
Et puis un jour, il achète un vélo. Un vélo payé deux mois de salaire. Un vélo qui change tout.
Les habitants le voient passer, filer, disparaître au bout des rues. Ils le surnomment « le fou » tant il semble déjà courir après quelque chose que personne ne voit encore.
🚴♀️ Maubeuge–Hirson–Maubeuge : la première course
En 1892, un secrétaire du Vélo‑Club maubeugeois l’inscrit à une course régionale : Maubeuge–Hirson–Maubeuge, plus de 200 kilomètres. Garin n’a jamais couru. Il n’a jamais été entraîné. Il n’a jamais porté de dossard.
Il termine cinquième. Il souffre, il vacille, mais il revient. Et surtout : il comprend.
Il comprend que le vélo n’est pas seulement un outil, ni un jeu, ni une distraction. Il comprend que le vélo peut devenir une vie.
🚴♀️ Avesnes‑sur‑Helpe : le jour où tout bascule
Un an plus tard, Garin se présente à une course à Avesnes‑sur‑Helpe. Mais la course est réservée aux professionnels. On lui interdit de partir.
Alors il attend. Le peloton s’élance. Et lui aussi.
Il dépasse tout le monde. Il chute deux fois. Il se relève deux fois. Il franchit la ligne en vainqueur.
Les organisateurs refusent de lui donner la prime. Alors les spectateurs, émus, admiratifs, passent dans la foule et récoltent 300 francs pour lui. Trois fois plus que la récompense officielle.
Ce jour‑là, Garin comprend qu’il n’est plus un ramoneur. Ce jour‑là, il devient coureur. Ce jour‑là, il décide de devenir professionnel.
Et ce jour‑là se déroule dans l’Avesnois.
🚴♀️ Les routes du bocage : un terrain d’entraînement fondateur
Les routes de l’Avesnois ne sont pas spectaculaires. Elles ne sont pas alpines. Elles ne sont pas mythiques. Elles sont modestes, sinueuses, bordées de haies, traversées par le vent.
Mais pour Garin, elles sont tout. Elles sont son terrain d’entraînement. Elles sont son école. Elles sont son laboratoire.
C’est ici qu’il apprend à rouler longtemps. C’est ici qu’il apprend à rouler vite. C’est ici qu’il apprend à rouler seul.
Et c’est ici qu’il devient le premier vainqueur du Tour de France, en 1903.
🚴♀️ Le “Ramoneur maubeugeois” : un surnom, une identité
Quand Garin gagne le premier Tour, la presse lui donne un surnom : « Le Ramoneur maubeugeois ».
Ce surnom n’est pas une anecdote. Ce surnom est une vérité. Ce surnom dit tout : – son origine, – son métier, – son territoire, – son histoire.
Le premier vainqueur du Tour de France est un enfant de l’Avesnois. Un enfant de Maubeuge. Un enfant des routes du bocage.
🚴♀️ Un héritage pour l’Avesnois
C’est une terre de haies. Une terre de bocage. Une terre de villages. Une terre de routes étroites.
Et c’est pour cela que chaque passage du Tour y est précieux. Parce qu’il est rare. Parce qu’il est attendu. Parce qu’il est vécu. Parce qu’il est aimé.
Maurice Garin n’est pas seulement le premier vainqueur du Tour. Il est le premier chapitre de l’histoire du Tour dans l’Avesnois.
🚵♂️ Chapitre II

1999 : l’année où l’Avesnois devint le cœur du Tour
Il y a des années qui passent sans laisser de trace. Et puis il y a 1999. Une année qui, pour l’Avesnois, ne ressemble à aucune autre. Une année où le Tour de France, cette immense caravane sportive et populaire, décida de poser ses roues, ses camions, ses tribunes, ses rêves, au centre du bocage. Une année où deux villes du territoire devinrent, coup sur coup, villes‑étapes. Une année où l’Avesnois, d’ordinaire discret, devint soudain le centre du monde cycliste.
🚵♂️ Maubeuge : la ville‑arrivée qui fit trembler les pavés
Le vendredi 9 juillet 1999, la 6ᵉ étape du Tour s’élance d’Amiens. Une étape longue, chaude, nerveuse, qui file vers le sud du Hainaut. Et puis, au bout de 171,5 kilomètres, le peloton débouche sur Maubeuge.
Ce jour‑là, la ville est méconnaissable. Les rues débordent. Les trottoirs ploient. Les balcons sont pleins. La Voix du Nord parle d’une foule « monstrueuse », « énorme », si dense qu’elle aurait pu remplir les 80 000 places du Stade de France.
Le sprint est royal. Mario Cipollini, impérial, s’impose. Les drapeaux claquent. Les cris montent. Maubeuge devient, l’espace d’un instant, la capitale du Tour.
Mais avant d’atteindre la ville, le peloton a traversé Landrecies, Fontaine‑au‑Bois, Bavay : trois communes de l’Avesnois, trois villages qui voient passer la Grande Boucle comme on voit passer un météore.
🚵♂️ Avesnes‑sur‑Helpe : la ville‑départ qui ouvrit les portes du bocage
Le lendemain, samedi 10 juillet 1999, c’est au tour d’Avesnes‑sur‑Helpe. La sous‑préfecture se réveille tôt. Les barrières sont en place. Les drapeaux flottent. Les enfants portent des casquettes jaunes. Les élus sourient. Les coureurs s’échauffent dans les rues étroites.
À 205 mètres d’altitude, le départ est donné. La 7ᵉ étape file vers Thionville, 227 kilomètres plus loin. Mais avant de quitter le Nord, le peloton traverse Féron, puis Fourmies, puis Hirson.
Ce corridor Avesnes → Féron → Fourmies → Hirson est unique. Jamais le Tour ne l’avait emprunté. Jamais il ne l’a repris depuis. Ce jour‑là, le sud Avesnois devient le chemin du Tour, un chemin rare, un chemin précieux.
Et comme la veille, c’est encore Mario Cipollini qui s’impose. Deux victoires consécutives. Deux jours consécutifs dans l’Avesnois. Deux moments gravés dans la mémoire du territoire.
🚵♂️ Deux jours qui ont changé l’histoire locale
1999 n’est pas une année comme les autres. C’est la seule année où deux communes de l’Avesnois ont été villes‑étapes. C’est la seule année où le Tour a traversé le territoire sur deux axes différents. C’est la seule année où l’Avesnois a été, réellement, pleinement, officiellement, au centre du Tour de France.
Ces deux jours ont laissé une empreinte. Une empreinte dans les journaux. Une empreinte dans les souvenirs. Une empreinte dans les villages. Une empreinte dans les familles. Une empreinte dans l’histoire du territoire.
1999 est devenu un repère. Un sommet. Un symbole.
🚵♂️ L’Avesnois, terre d’étapes et terre d’émotions
Quand on parle du Tour dans l’Avesnois, on pense à ces deux journées. On pense aux foules de Maubeuge. On pense au départ d’Avesnes. On pense aux villages traversés. On pense aux cris, aux drapeaux, aux applaudissements.
Mais 1999 n’est pas seulement un événement sportif. C’est un événement territorial. Un événement humain. Un événement identitaire.
C’est le moment où l’Avesnois a compris qu’il pouvait, lui aussi, être un décor du Tour. Qu’il pouvait être un lieu de passage. Qu’il pouvait être un lieu d’arrivée. Qu’il pouvait être un lieu de départ.
1999 est devenu l’année fondatrice de la relation entre le Tour et l’Avesnois.
🚴♂️🌀 Chapitre III

Photo Johan Vandamme — Flickr CC BY 2.0
Les passages du Tour dans l’Avesnois : une histoire de routes, de villages et de souvenirs
Le Tour de France n’a pas souvent fait halte dans l’Avesnois. Mais il y est passé. Et chaque passage, même bref, même furtif, a laissé une trace. Une trace dans les villages, une trace dans les mémoires, une trace dans les récits que l’on se transmet encore aujourd’hui. Car ici, le Tour n’est jamais banal : il est un événement, un souffle, une parenthèse.
🚴♂️🌀 2007 : Fontaine‑au‑Bois, le village qui arrêta le Tour
Le 10 juillet 2007, la 3ᵉ étape du Tour relie Waregem à Compiègne. Une étape longue, tranquille, presque paisible. Et puis, au milieu de cette journée, le peloton arrive dans un petit village du bocage : Fontaine‑au‑Bois.
Ce passage n’est pas un hasard. Il est un hommage. Un geste. Un clin d’œil à Jean‑Marie Leblanc, enfant du village, ancien coureur, journaliste, et directeur du Tour pendant dix‑sept ans.
Le village s’est préparé. Les vélos repeints en jaune. Les photos des coureurs nordistes. Les drapeaux. Les estrades. Les habitants massés le long de la rue principale.
Le peloton arrive en retard. Il ralentit. Les maillots distinctifs se mettent de front. Ils saluent Leblanc. Les voitures klaxonnent. Les spectateurs applaudissent.
Ce jour‑là, Fontaine‑au‑Bois devient le centre du Tour. Ce jour‑là, le Tour rend hommage à l’un des siens. Ce jour‑là, l’Avesnois vit un moment unique.
🚴♂️🌀 2015 : Bavay, Gommegnies, Le Quesnoy — l’Avesnois pavé
Le 7 juillet 2015, la 4ᵉ étape du Tour relie Seraing à Cambrai. Une étape pavée, dure, nerveuse, qui traverse le Hainaut belge avant de plonger dans le Nord.
Et soudain, le peloton entre dans l’Avesnois. Il traverse Bavay, capitale antique. Puis Gommegnies, village du bocage. Puis Le Quesnoy, cité fortifiée.
À Le Quesnoy, il est environ 15 h 47. Les spectateurs sont massés autour des remparts. Les coureurs filent, serrés, concentrés, avant d’attaquer les secteurs pavés du Valenciennois.
Ce passage est l’un des plus complets du Tour dans l’Avesnois. Trois communes traversées. Un décor varié. Une étape majeure.
🚴♂️🌀 2017 : Wignehies, Ohis, Hirson — le Tour frôle Fourmies
Le 4 juillet 2017, le Tour relie Mondorf‑les‑Bains à Vittel. Une étape de transition, rapide, qui glisse du Luxembourg vers les Ardennes.
Le peloton passe à Wignehies, puis à Ohis, puis à Hirson. Il frôle Fourmies à trois kilomètres. Il traverse le flanc sud‑est de l’Avesnois, sans s’y attarder, mais en laissant derrière lui un souffle, un bruit, une trace.
Ce passage est bref. Mais il compte. Car ici, chaque passage compte.
🚴♂️🌀 2019 : Jeumont, Solre‑le‑Château, Liessies, Fourmies — le cœur du sud Avesnois
Le 8 juillet 2019, la 3ᵉ étape relie Binche à Épernay. Une étape longue, accidentée, qui traverse la Belgique avant d’entrer dans le sud Avesnois.
Le peloton passe par Jeumont, puis Solre‑le‑Château, puis Liessies, puis Fourmies. À Fourmies, il traverse la rue Édouard‑Verpraet. Il est environ 12 h 30. Les spectateurs sont massés sur les trottoirs. Les enfants agitent des drapeaux. Les coureurs filent vers les Ardennes.
Ce passage est l’un des plus complets du Tour dans le sud Avesnois depuis 1947. Une traversée entière. Une journée de fête.
🚴♂️🌀 2022 : Bavay, Bellignies, Le Quesnoy — le flanc ouest
Le 6 juillet 2022, le Tour relie Lille à Arenberg. Une étape nerveuse, pavée, qui traverse le Hainaut avant de plonger vers la Trouée d’Arenberg.
Le peloton passe par Bavay, puis Bellignies, puis Le Quesnoy. Il est à une dizaine de kilomètres de Fourmies. Il traverse le flanc ouest de l’Avesnois, comme en 2015, mais sans s’y attarder.
Ce passage compte dans les « trois fois en neuf ans » évoqués par le maire de Fourmies.
🚴♂️🌀 2026 : le Tour revient à proximité
En 2026, le Tour repasse près du sud Avesnois. Il ne traverse pas Fourmies, mais il la frôle. Il glisse le long des routes qui bordent la forêt, comme un rappel, comme un clin d’œil, comme une fidélité discrète.
Le Tour ne vient pas souvent dans l’Avesnois. Mais il revient. Toujours. Parfois. À sa manière.
🚴♂️🌀 Une histoire faite de passages, de villages et de visages
L’Avesnois n’est pas une terre de cols. Ce n’est pas une terre de grandes avenues. Ce n’est pas une terre de larges boulevards.
C’est une terre de villages. Une terre de haies. Une terre de routes étroites. Une terre de bocage.
Et c’est pour cela que chaque passage du Tour y est précieux. Parce qu’il est rare. Parce qu’il est bref. Parce qu’il est attendu. Parce qu’il est vécu.
Le Tour passe. Et l’Avesnois se souvient.
🚴♂️✨ Chapitre IV

Jean‑Marie Leblanc : l’enfant de Fontaine‑au‑Bois devenu directeur du Tour
Il y a des hommes qui portent un territoire en eux. Des hommes qui, même lorsqu’ils parcourent la France entière, même lorsqu’ils dirigent l’une des plus grandes épreuves sportives du monde, restent profondément attachés à leur village, à leurs racines, à leurs chemins d’enfance. Jean‑Marie Leblanc est de ceux‑là.
🚴♂️✨ Un enfant du bocage
Il est né ailleurs, mais il a grandi ici. Fontaine‑au‑Bois n’est pas seulement son village : c’est son foyer, son ancrage, son identité. Il y réside depuis l’enfance. Il y est adjoint au maire. Il y connaît chaque maison, chaque jardin, chaque visage. Il est très attaché à l’Avesnois.
🚴♂️✨ Un coureur né dans l’Avesnois
Avant d’être directeur du Tour, Leblanc fut coureur. Et ses débuts, comme ceux de Garin, se déroulent dans l’Avesnois.
Il commence au Vélo Club de Landrecies. Puis il rejoint Ferrière‑la‑Grande, club plus structuré. Puis Dunkerque, puis Pelforth.
Il gravit les catégories comme on gravit les marches d’un escalier. Il gagne des courses. Il progresse. Il devient professionnel.
Et surtout : il participe à deux Tours de France. Deux Tours qui lui donneront, plus tard, une crédibilité immense lorsqu’il en prendra la direction.
🚴♂️✨ Le journaliste : La Voix du Nord, puis L’Équipe
Pendant ses hivers de coureur, Leblanc se forme au journalisme. Il frappe à la porte de La Voix du Nord. On lui dit oui. Il apprend. Il observe. Il écrit.
« Tous les hivers, je m’installais dans la rédaction sportive de La Voix du Nord. »
Il couvre le cyclocross, la boxe, le handball. Il devient journaliste. Puis il rejoint L’Équipe, où il s’impose comme l’une des plumes les plus respectées du cyclisme.
🚴♂️✨ Le directeur du Tour (1989–2006)
En 1989, il devient directeur du Tour de France. Il le restera 17 ans.
Il modernise l’épreuve. Il structure les candidatures. Il redéfinit les parcours. Il impose une vision : celle d’un Tour patrimonial, équitable, national, qui doit aller à la rencontre de toutes les régions.
Il dit :
« Le Tour est patrimonial, il appartient à tous les Français. »
Cette phrase est devenue un principe. Un credo. Une ligne directrice.
🚴♂️✨ 2007 : le Tour s’arrête pour lui
Le 10 juillet 2007, le Tour traverse Fontaine‑au‑Bois. Ce passage n’est pas un hasard. Il est un hommage.
Le village s’est décoré. Les vélos repeints en jaune. Les photos des coureurs nordistes. Les drapeaux. Les estrades.
Le peloton arrive en retard. Il ralentit. Les maillots distinctifs se mettent de front. Ils saluent Leblanc. Les voitures klaxonnent. Les spectateurs applaudissent.
Ce jour‑là, Fontaine‑au‑Bois devient le centre du Tour. Ce jour‑là, le Tour remercie l’homme qui l’a dirigé pendant près de deux décennies. Ce jour‑là, l’Avesnois vit un moment d’histoire.
🚴♂️✨ Un homme profondément humain
Dans l’entretien, Leblanc raconte aussi l’un des moments les plus bouleversants de sa carrière : la rencontre avec les parents de Fabio Casartelli, mort sur le Tour en 1995.
« Ils s’avancent vers moi et m’embrassent. Il ne faut jamais désespérer de la nature humaine. »
Cette phrase dit tout. Elle dit l’homme. Elle dit la sensibilité. Elle dit la profondeur.
Jean‑Marie Leblanc n’est pas seulement un directeur du Tour. Il est un homme de cœur. Un homme de territoire. Un homme de l’Avesnois.
🚴♂️🌄 Chapitre V
Conclusion : une histoire rare, profonde, essentielle
Le Tour de France n’a pas souvent traversé l’Avesnois. Il n’y a eu qu’une seule année de villes‑étapes : 1999. Il n’y a eu que quelques passages : 2007, 2015, 2017, 2019, 2022, 2026.
Mais l’histoire du Tour dans l’Avesnois n’est pas une histoire de quantité. C’est une histoire de qualité. Une histoire de moments. Une histoire de visages. Une histoire de villages.
Elle commence avec Maurice Garin, premier vainqueur du Tour, formé sur les routes du bocage. Elle continue avec Jean‑Marie Leblanc, enfant de Fontaine‑au‑Bois devenu directeur du Tour. Elle culmine en 1999, lorsque Maubeuge et Avesnes deviennent villes‑étapes. Elle se prolonge à travers les passages de 2007, 2015, 2017, 2019, 2022, 2026.
L’Avesnois n’est pas une terre de cols. Ce n’est pas une terre de grandes avenues. Ce n’est pas une terre de larges boulevards.
C’est une terre de haies. Une terre de bocage. Une terre de villages. Une terre de routes étroites.
Et c’est pour cela que chaque passage du Tour y est précieux. Parce qu’il est rare. Parce qu’il est attendu. Parce qu’il est vécu. Parce qu’il est aimé.
Le Tour passe. Et l’Avesnois se souvient.