Jean‑Claude Decagny : une vie vouée à Maubeuge (1939‑2018)

Jean Claude Decagny Maire de Maubeuge (1984-1989 ; 1995-2001

Jean‑Claude Decagny aurait eu soixante‑dix‑neuf ans le 10 juin 2018. Il s’est éteint le 6 mai, à Lille, après une vie entièrement consacrée à Maubeuge, sa ville natale. Ancien maire, ancien député, ancien directeur d’hôpital, il fut l’une des grandes figures de la droite républicaine dans la Sambre, un élu de stabilité, de fidélité et de proximité, profondément attaché à son territoire et à ses habitants.

Né en 1939 dans le quartier de Sous‑le‑Bois, au sein d’une famille ouvrière, Jean‑Claude Decagny grandit dans un environnement modeste qui forge son rapport au réel. Maubeuge n’est pas seulement sa ville : c’est son horizon, son ancrage, son identité. Cette enfance dans une cité industrielle marquée par les solidarités ouvrières façonne un homme simple, direct, concret, attaché à la valeur du travail et à la dignité des gens.

Avant d’entrer pleinement en politique, Jean‑Claude Decagny dirige l’hôpital de Felleries‑Liessies. Il y acquiert une solide expérience de gestion, un sens aigu du service public et une réputation de sérieux. Ce passage par le monde hospitalier marque durablement son style : un administrateur rigoureux, un homme de dossiers, un protecteur attentif aux besoins des plus fragiles.

Il entre au conseil municipal de Maubeuge en 1971, puis devient adjoint aux finances en 1977. Sa montée en responsabilité est progressive, méthodique, fidèle à une droite locale modérée, républicaine, attachée à la gestion et à la proximité. Il s’impose comme un élu de terrain, attentif aux réalités quotidiennes, soucieux de stabilité et d’efficacité.

Le 1ᵉʳ décembre 1984, Jean‑Claude Decagny devient maire de Maubeuge. Il prend la tête d’une ville industrielle en pleine mutation, confrontée aux défis de la Sambre : reconversion économique, modernisation des équipements, réorganisation des services publics, gestion des quartiers populaires. Son style est celui d’un bâtisseur calme, d’un maire de terrain, d’un homme qui rassure et qui protège.

De 1982 à 1988, il siège au Conseil général du Nord, puis de 1992 à 1995 au Conseil régional Nord‑Pas‑de‑Calais. Il y défend les communes industrielles, les infrastructures, les services publics, les enjeux de santé et de cohésion sociale. Son action territoriale est constante, structurée, fidèle à la Sambre et à ses habitants.

Jean‑Claude Decagny devient l’une des figures de la droite républicaine au niveau national. Député du Nord à plusieurs reprises — 1986, 1988, 1993, 1997, 2002 — il siège à la commission des lois, à la commission des immunités, à la Haute Cour de justice et à la Cour de justice de la République. Il est également vice‑président de plusieurs groupes d’amitié parlementaire, notamment France‑Birmanie, France‑Uruguay, France‑Irlande et France‑Guinée. Son action nationale est marquée par la défense des territoires industriels, la protection des services publics et une droite républicaine modérée, sérieuse, institutionnelle.

En 1995, Jean‑Claude Decagny revient à la tête de Maubeuge. Il poursuit la modernisation des infrastructures, la rénovation des quartiers, la consolidation des finances et la structuration des services municipaux. Il incarne une droite locale stable, protectrice, enracinée. Dans la Sambre, on le décrit comme un homme calme, fiable, qui ne promet que ce qu’il peut tenir.

Jean‑Claude Decagny n’est pas un tribun. Il n’est pas un homme de grandes phrases. Il est un élu de terrain, un homme de proximité, un gestionnaire. Son autorité est tranquille, son influence profonde, son style sobre. Il représente une droite républicaine de stabilité, de fidélité, de service public.

Jean‑Claude Decagny est le père d’Arnaud Decagny, maire de Maubeuge depuis 2014 et vice‑président du Conseil départemental du Nord. La famille Decagny incarne ainsi une continuité politique rare : une lignée républicaine, locale, enracinée, fidèle à Maubeuge et à la Sambre.

Après 2007, il devient député suppléant, puis siège au Conseil économique et social. En 2008, il revient au conseil municipal de Maubeuge, dans l’opposition, avant de se retirer progressivement de la vie publique. Le 5 février 1988, il est nommé chevalier de l’ordre national du Mérite pour vingt‑sept ans de services civils, militaires et électifs, reconnaissance officielle de son engagement durable.

Jean‑Claude Decagny meurt le 6 mai 2018. La Sambre perd alors l’un de ses grands élus, un homme discret, solide, fidèle, qui aura consacré sa vie à sa ville natale. Son héritage est celui d’une droite républicaine modérée, d’un maire bâtisseur, d’un député sérieux, d’un homme de proximité, d’un protecteur de Maubeuge. Toute sa vie, il fut un bouclier pour sa ville. Dans ton quatuor, il apporte la grande ville, la droite républicaine, la stabilité institutionnelle et l’équilibre territorial. Un portrait qui complète parfaitement Mauroy, Lagrange et Moulin.