Oscar Lambret : l’enfant d’Avesnelles

Un enfant d’Avesnelles devenu l’un des fondateurs de la cancérologie moderne en France

1872 – 1943

INTRODUCTION

Dans l’histoire de l’Avesnois, certaines trajectoires semblent surgir comme des éclats inattendus, des destins qui dépassent le cadre rural pour rejoindre les grandes pages de la médecine française.

Parmi elles, celle d’Oscar Lambret, né à Avesnelles en 1872, occupe une place singulière.

Issu d’un territoire de bocage, de petites écoles communales, de fermes et d’ateliers, il deviendra l’un des pionniers de la lutte contre le cancer en France, un bâtisseur d’hôpitaux, un maître de la chirurgie moderne, et l’inspirateur d’un centre qui porte aujourd’hui son nom et qui rayonne sur toute l’Europe.

Cette page retrace son parcours, son œuvre, et l’histoire du Centre Oscar‑Lambret, né de sa vision et devenu, près d’un siècle plus tard, l’un des établissements les plus innovants du continent.

I. Avesnelles, berceau d’un destin médical

Oscar Lambret naît le 20 juillet 1872 à Avesnelles, dans ce paysage de bocage où les villages se serrent autour de leurs églises, de leurs écoles et de leurs commerces.

Rien ne laisse présager que ce fils du pays deviendra l’un des plus grands chirurgiens français du XXᵉ siècle.

Il quitte l’Avesnois pour le lycée de Douai, puis rejoint la Faculté de Médecine de Lille.

Très vite, son intelligence, sa rigueur et son intuition chirurgicale le distinguent.

II. Les années de formation : naissance d’un chirurgien

À vingt ans, Oscar Lambret réussit le concours d’internat de Lille.

Il devient chef de clinique à l’hôpital Saint‑Sauveur, où il se forme auprès des maîtres de la chirurgie de son époque.

En 1901, il est agrégé.

En 1907, il prend la tête d’un service de chirurgie générale.

En 1913, il devient titulaire de la chaire de chirurgie générale de la Faculté de Lille.

Ses travaux portent sur la chirurgie du poumon, la chirurgie du sympathique, les techniques opératoires modernes et la biologie de l’opéré.

Il s’impose comme l’un des chirurgiens les plus innovants de sa génération.

III. Le bâtisseur : la Cité Hospitalière de Lille

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Oscar Lambret comprend que la médecine moderne exige des infrastructures nouvelles.

Les hôpitaux de Lille sont dispersés, vieillissants, inadaptés aux besoins croissants de la population.

En 1919, il entre à la commission administrative des Hospices de Lille.

En 1926, il en devient vice‑président auprès du maire Roger Salengro.

En 1929, il propose la création d’une grande cité hospitalière, un ensemble moderne, cohérent, tourné vers la recherche, l’enseignement et les soins.

L’architecte Paul Nelson en dessine les plans en 1932.

Les travaux commencent en 1936, mais la guerre interrompt le chantier.

La Cité Hospitalière de Lille ne sera achevée qu’en 1953, fidèle à la vision d’Oscar Lambret.

IV. Le pionnier de la lutte contre le cancer

Dans les années 1930, Oscar Lambret fonde à Lille l’un des tout premiers services anticancéreux de France.

Dans les locaux de l’hôpital Saint‑Sauveur, il réunit radiothérapie, chirurgie du cancer, premières chimiothérapies, télécuriethérapie et recherche clinique.

Il comprend que le cancer exige une approche globale, associant diagnostic, traitement, recherche et formation.

Ce service pionnier constitue la matrice du futur Centre Oscar‑Lambret.

V. Le Centre Oscar‑Lambret : quatre‑vingt‑dix ans d’innovations

1. Les origines : Saint‑Sauveur (1929)

Il y a près d’un siècle, Oscar Lambret fonde à Lille un service entièrement dédié au cancer.

Dans les murs austères de Saint‑Sauveur, il pose les bases de la cancérologie moderne.

2. La naissance du Centre moderne : 1955

Après la guerre, la cancérologie entre dans une nouvelle ère.

Les besoins augmentent, les techniques évoluent.

C’est en 1955 que les locaux actuels du Centre Oscar‑Lambret voient le jour.

Le service imaginé par Lambret quitte Saint‑Sauveur pour s’installer dans un bâtiment entièrement dédié à la lutte contre le cancer, conçu pour accueillir les nouvelles technologies et les nouvelles équipes.

3. L’essor régional et scientifique (1990–2010)

Le Centre devient un acteur majeur de la lutte contre le cancer dans les Hauts‑de‑France.

Il développe l’oncogénétique, la recherche clinique, la pédiatrie spécialisée, la formation.

4. L’ère des technologies de pointe (2013–2024)

Le Centre entre dans une période d’innovations continues.

TomoHDA™, CyberKnife®, Halcyon™, Radixact, TrueBeam, IRM Linac : chaque décennie apporte son lot de progrès, de machines de dernière génération, de nouveaux programmes de soins et de recherche.

5. La reconnaissance européenne (2026)

En 2026, le Centre Oscar‑Lambret obtient la plus haute distinction européenne en oncologie : l’accréditation Comprehensive Cancer Center de l’OECI.

Cette reconnaissance rare consacre l’excellence scientifique, clinique et humaine du Centre.

Elle place l’établissement fondé par Oscar Lambret parmi les meilleurs centres anticancéreux d’Europe.

VI. Les travaux scientifiques

Oscar Lambret laisse une œuvre scientifique abondante.

Ses ouvrages sur la chirurgie du poumon, la chirurgie du sympathique et les techniques opératoires sont des références.

Ses articles dans le Bulletin de l’Académie nationale de médecine, la Gazette des hôpitaux, l’Écho médical du Nord ou la Revue de chirurgie témoignent de son influence.

Sa nécrologie est rédigée par Gustave Roussy, autre pionnier de la cancérologie.

VII. Distinctions et reconnaissance

En 1931, il préside le Congrès français de chirurgie.

En 1936, il devient membre correspondant de l’Académie nationale de médecine.

En 1937, il est fait grand officier de la Légion d’honneur.

VIII. Fin de vie et héritage

Oscar Lambret meurt le 17 octobre 1943 à Lille.

Il repose au cimetière de l’Est.

Son nom demeure attaché à l’un des centres anticancéreux les plus innovants d’Europe, à la Cité Hospitalière de Lille, et à une vision moderne de la médecine.

CONCLUSION

Ainsi s’achève la trajectoire d’un enfant d’Avesnelles devenu l’un des fondateurs de la cancérologie moderne.

Oscar Lambret a donné à la médecine française une vision, une méthode, une architecture, un centre, une ambition.

Près d’un siècle après la création de son premier service anticancéreux, le Centre qui porte son nom continue de rayonner, d’innover, de soigner, d’enseigner, et d’incarner cette alliance entre science et humanité qui fut au cœur de son œuvre.

L’Avesnois peut être fier d’avoir vu naître l’un des plus grands bâtisseurs de la médecine moderne.

BIBLIOGRAPHIE NARRATIVE

La vie et l’œuvre d’Oscar Lambret ont été documentées par de nombreuses sources médicales et institutionnelles.

Les notices biographiques de la Bibliothèque nationale de France, du Comité des travaux historiques et scientifiques et de l’Université Paris‑Cité retracent son parcours académique et scientifique.

Les archives du Centre Oscar‑Lambret conservent les traces de la fondation du service anticancéreux de Saint‑Sauveur, ainsi que les étapes de la construction du Centre moderne inauguré en 1955.

Ses ouvrages, notamment La chirurgie du cancer du poumon (1936), Technique de la chirurgie du sympathique (1944) et Titres et travaux scientifiques (1901), témoignent de son rôle dans l’évolution de la chirurgie moderne.

Les revues médicales de l’époque – Bulletin de l’Académie nationale de médecine, Gazette des hôpitaux, Écho médical du Nord, Revue de chirurgie – ont publié ses travaux et sa nécrologie, rédigée par Gustave Roussy.

Enfin, les publications contemporaines du Centre Oscar‑Lambret permettent de suivre l’évolution de l’établissement, ses innovations technologiques, ses missions de recherche et de formation, et l’accréditation européenne obtenue en 2026, qui consacre l’héritage du fondateur.