Beaurieux

Vue satellite de Beaurieux

Beaurieux tire son nom de la jolie rivière qui le traverse, le  » Biau ri « . 
Il y avait anciennement deux seigneuries : l’une relevant de celle de Chimai, et l’autre éclissée de la terre et pairie d’Avesnes dans le milieu du XIIe siècle, lors du mariage de Yde, fille de Nicolas d’Avesnes, avec Guillaume III, châtelain de St-Omer et comte de Fauquembergue. Cette dernière resta dans la même famille jusque dans le XVe siècle. Elle passa ensuite dans celle de Bousies-Vertaing, par Jeanne de Beaumont, puis dans celle de Hun. En 1620, elle appartenait à Jacques de Robaulx, gouverneur de Beaumont, dont la famille possède encore le château actuel. Source : Gallica

La Pace de Beaurieux vers 1930
L’église de Beaurieux

L’église de Beaurieux, dédiée à Saint‑Martin fut construite en 1542 par Jehan de Hun, seigneur de Beaurieux et remaniée à plusieurs reprises.

L’INTÉRIEUR DE L’ÉGLISE

L’intérieur de l’église de Beaurieux présente un ensemble harmonieux, sobre et lumineux, typique des édifices ruraux du Hainaut. La nef unique, couverte d’un plafond lambrissé, conduit vers un chœur plus étroit, éclairé par des baies en arc brisé. Les murs enduits, blanchis lors des restaurations de la fin du XXᵉ siècle, laissent percevoir par endroits des reprises anciennes.

Le mobilier liturgique, en grande partie répertorié dans la base Palissy, témoigne de plusieurs siècles de dévotion paroissiale. Le maître‑autel, en bois sculpté et peint, occupe le fond du chœur. Il est accompagné d’un tabernacle orné de motifs végétaux et de dorures discrètes. Deux autels secondaires, placés dans la nef, sont dédiés respectivement à la Vierge et à Saint Martin. Ils présentent des retables simples, composés de niches et de colonnettes, caractéristiques du XVIIIᵉ siècle rural.

Plusieurs statues polychromes complètent cet ensemble. Une Vierge à l’Enfant, en bois peint, se distingue par la douceur de son expression. Une statue de Saint Martin, patron de l’église, le représente partageant son manteau avec le pauvre, selon l’iconographie traditionnelle. On trouve également un Christ en croix, suspendu au-dessus de l’entrée du chœur, ainsi qu’un Saint Joseph portant l’Enfant.

Le confessionnal, en bois sombre, occupe le bas de la nef. Il présente un décor sobre, composé de panneaux moulurés et d’une grille en bois tourné. Les bancs clos, les lambris du chœur et les portes intérieures appartiennent à un ensemble de menuiserie homogène, probablement réalisé au XVIIIᵉ siècle et restauré au XIXᵉ.

La tribune, située au fond de la nef, s’étend sur toute la largeur de l’édifice. Elle abritait autrefois un petit orgue, aujourd’hui disparu, mais dont subsistent les traces d’ancrage et la structure porteuse. Le sol, alternant carreaux de terre cuite et dalles calcaires, témoigne de plusieurs campagnes de réfection.

Enfin, l’église communique directement avec la chapelle seigneuriale par une porte percée dans le mur nord du chœur. Cet accès unique rappelle la fonction originelle de la chapelle : un espace réservé aux seigneurs de Beaurieux, leur permettant d’assister aux offices sans passer par la nef.

La chapelle Saint Christophe

L’INTÉRIEUR DE LA CHAPELLE SEIGNEURIALE

« Avant que ne soit construite l’église en 1542, il existait en dehors du château, à 30 m de son entrée, une chapelle seigneuriale, dite chapelle Saint-Christophe et qui servait à la sépulture des seigneurs; elle était leur propriété particulière au même titre que le château. Cette propriété et cette destination furent reconnues par de nombreux actes publics ou particuliers ou des jugements de la Cour Souveraine du Hainaut. Elle existait déjà en l’an 1100, fut détruite lors des guerres des Flandres et relevée en même temps que le château. Elle tire son nom de la statue de saint Christophe sculptée en plein bois d chêne, à une époque certainement antérieure au XIVe siècle. Cette statue fut de tout temps vénérée dans le pays et elle était l’objet d’un pèlerinage et de visites très suivies de la part des mamans dont les enfants criaient. Saint Christophe fut surnommé saint Braillard par la piété populaire… La chapelle est actuellement accolée à l’église à hauteur du chœur. Elle permettait autrefois d’y suivre la messe a travers six fentes grillagées ». Source du texte :
Historique résumé de Beaurieux, Mémoires de la Société Archéologique et Historique de l’Arrondissement d•Aveanes (Nord), Tome XV, Ed. de l’Observateur, Avesnes-sur-Helpe, 1935, p. 179,

La chapelle seigneuriale, classée Monument historique, constitue l’un des éléments les plus remarquables de l’ensemble paroissial. On y accède exclusivement depuis l’intérieur de l’église, ce qui souligne son statut d’espace réservé aux familles seigneuriales.

Architecture intérieure

La chapelle forme un espace presque carré, d’environ 6,20 m sur 5,95 m. Les murs, enduits et peints, présentent une teinte bleutée jusqu’à la naissance de la coupole. Cette dernière, de couleur crème, est animée de nervures peintes en bleu qui soulignent la structure. Au centre, une clef pendante en bois doré représente un motif floral, accompagnée d’une colombe figurant le Saint‑Esprit. Ces éléments, suspendus, donnent à la chapelle une atmosphère à la fois intime et solennelle.

Les monuments funéraires

Les parois sont entièrement occupées par une série de monuments funéraires appartenant aux différentes lignées seigneuriales de Beaurieux. On en compte huit, couvrant plusieurs siècles d’histoire locale.

Le plus ancien est une grande dalle verticale, encadrée de marbre, portant l’inscription funéraire d’Albert de Robaulx, seigneur de Beaurieux, décédé en 1696, ainsi que celle de son épouse Anne‑Marie de la Fallize, morte en 1700. La transcription que tu m’as fournie montre un texte riche en dévotion, évoquant notamment les fondations de messes hebdomadaires et l’entretien d’une lampe perpétuelle devant le maître‑autel.

Un autre monument, dédié à Ferdinand‑Auguste de Robaulx (1710‑1809), porte la devise familiale : « En avant Robaulx Beaurieux pour Dieu et le Roi », témoignage de la fidélité de la famille à la monarchie.

Le dernier monument est celui du comte Jehan de Robaulx de Beaurieux (1903‑1972), ancien maire du village. À son décès, la propriété seigneuriale fut vendue et la chapelle donnée à la commune, qui entreprit la restauration de la toiture.

Le tabernacle de 1458

La chapelle conserve un tabernacle exceptionnel en pierre sculptée, daté de 1458, attribué à Englebert de Vertain, seigneur de Beaurieux. Il représente le Christ au Jardin des Oliviers, dans un style gothique tardif. Ce tabernacle est l’un des éléments majeurs du mobilier classé.

La statue de Saint Christophe

Une statue ancienne de Saint Christophe, autrefois visible dans la chapelle, a été mise à l’abri pour des raisons de sécurité. Elle appartient au corpus des sculptures régionales en bois polychrome.

L’extérieur de la chapelle

À l’extérieur, la chapelle présente des murs en moellons, renforcés aux angles par des pierres équarries. Quelques reprises en briques témoignent de restaurations successives. La toiture à trois pans, couverte de petites ardoises, s’appuie sur le mur nord de l’église. Une crête métallique, surmontée d’une fine croix, souligne le faîtage.

Pour compléter cette description, les photographies officielles de l’église et de la chapelle seigneuriale, issues des bases Mérimée et Palissy, peuvent être consultées sur le portail POP du ministère de la Culture : https://pop.culture.gouv.fr/recherche?q=église%20beaurieux

En dehors de cette chapelle il existe à Beaurieux une autre chapelle et trois oratoires :

Oratoire St Roch (1767)
Un des trois oratoires

Calvaire appelé calvaire Gobert du nom de son bâtisseur.

Louis Jean Baptiste Gobert né en 1810, décédé en 1858, marié à Hyacinthe Huart née en 1816 et décédée en 1879 ont 8 enfants dont Marie °1848 +1916 mariée en 1872 à Augustin Leroy °1839 +1907 cultivateur à Beaurieux qui possède en 1901 le calvaire.

Le Monument aux Morts de Beaurieux
Photo Université Lille

Le monument aux morts de Beaurieux se présente sous la forme d’un pilier commémoratif de type obélisque, érigé en marbre Lunel, matériau noble et lumineux souvent utilisé pour les monuments funéraires du début du XXᵉ siècle. Sa silhouette élancée et sobre lui confère une présence solennelle au cœur du village.

La face principale est ornée d’une couronne mortuaire associée à une palme, symboles du deuil, du souvenir et de la reconnaissance envers les soldats disparus. Une Croix de Guerre figure également sur le monument, rappelant les décorations militaires attribuées aux combattants de la Grande Guerre.

L’ensemble est protégé par un entourage composé de bornes reliées par des chaînes ou des barres, délimitant un espace de recueillement autour de l’obélisque.

Le monument est l’œuvre de Laurent Gobled, industriel marbrier installé à Cousolre, dont le savoir‑faire a marqué plusieurs réalisations commémoratives dans le secteur.

Le château de Beaurieux

À proximité immédiate de l’église se dresse le château, dont l’aspect actuel résulte d’une reconstruction partielle réalisée entre 1668 et 1672. Il ne subsiste en effet qu’une fraction de l’ancien château féodal, édifice antérieur au XIVᵉ siècle et plusieurs fois détruit au fil des conflits. Une ancre datée de 1621, visible sur la façade tournée vers l’église, rappelle l’ancienneté des lieux et les transformations successives du domaine.

Le bâtiment adopte aujourd’hui un plan en L, l’aile occidentale ayant disparu, mais il conserve encore une tour percée de meurtrières, témoin de ses origines défensives. Malgré les remaniements, l’ensemble a conservé une réelle prestance : tourelles, murs épais, ouvertures dans le style Louis XIV et vitraux armoriés lui confèrent un charme singulier et une allure noble.

Le château est entouré d’un vaste parc arboré, qui met en valeur son architecture et son implantation au cœur du village. Des documents anciens, notamment consultables sur Gallica. ou dans les ouvrages consacrés aux Châteaux de France, permettent d’apprécier l’évolution de cette demeure au fil des siècles.

Le passé de Beaurieux :

La bonneterie est, après l’agriculture, la seule industrie de cette commune. On trouve à Beaurieux 4 fabriques de bonneteries et 1 moulin à blé.

ADN P 31/662 cadastre de1828
La ferme du Moulin Cadastre Google 2019

Le moulin à deux tournants appartenait au seigneur, la famille de Robaulx. En 1828 Ferdinand Auguste de Robaulx le loua à Théophile Blondiau puis en 1829 à Antoine Serlin. En 1835 le moulin revint au fils, Gustave Jules Albert de Robaulx. Il passa bail à Semillon en 1840 puis à Pecquart en 1843. En 1872 le moulin appartenait à Marie de Robaulx avant qu’il fut acquis en 1879 par Louis Hercule Henry Declemy. en 1891 il était la propriété d’Eugène Lhote Declemy, demeurant à Saint Michel (Aisne). En 1954 il était encore dans la famille avec Pierre Mary Lhote habitant Aymeries.

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Église et château de Beaurieux