Ohain

Vue aérienne d’Ohain

Le plus ancien document écrit conservé mentionnant Ohain est une bulle du pape Alexandre III en date du 8 décembre 1180. Dans l’énumération des biens et revenus dont elle confirme la possession au chapitre Saint-Géry à Cambrai, on trouve en effet mentionné Oaing. La même orthographe se rencontre dans le cartulaire du Mont-Saint-Martin en 1190 et 1240.

C’est le village le plus élevé de l’arrondissement, après Anor (253m). L’un des plus jolis points de vue est à Beauvoir, ferme écartée (2 km nord-est) qui, avant la Révolution, fut pendant longtemps le siège d’une poste aux chevaux.

Ohain fit partie de la seigneurie de Trélon, démembrée de la pairie d’Avesnes en 1381, seigneurie comprenant les territoires de Wallers, Eppe-Sauvage, Willies, Baives et Moustier.

Le village fut saccagé en 1543 par les troupes de François I, en 1552 et en 1554 par celles de Henri II, en 1651 et 1653 par les armées de Louis XIV. Il fut un des six villages du marquisat de Trélon créé en 1625 par Philippe IV. En 1637 la commune d’Ohain devint indépendante et ne constitua plus une dépendance de Trélon. En 1773 ce fut au tour de la paroisse d’être indépendante de celle de Trélon. Le chapitre de Maubeuge y posséda des biens et avant 1773 des portions de dîme et de terrage.

Au XVIIIe siècle, la principale activité industrielle de la commune était la bonneterie qui occupa en 1804 près de deux cents personnes avec 70 métiers. En 1780 fut rendu possible l’extraction de minerai de fer issu d’un filon se développant de Féron jusqu’aux environs de Chimay. Une mine de fer fut alors mise en exploitation en 1813 au lieu dit du Trou Beumont. Une seconde mine de fer fut exploitée de 1870 à 1874 dont la famille Mérode en était le concessionnaire. En effet en 1865 le comte Werner de Mérode accorda pour trente ans à partir de 1869 à la société des forges et aciéries de Denain-Anzin et à la société de Vezin-Aulnoye le droit d’exploiter sa concession moyennant une redevance annuelle. En fait l’extraction du minerai de fer cesse vers 1880.

« Trois carrières de pierre calcaire (« pierre bleue ») ont été exploitées sur le territoire de la commune : celle de Morenrieux, une autre située près de la ferme de Beauvoir, la troisième sur la Trouillette face à la chapelle du Grand-Dieu.

Parmi les activités économiques du village, se trouvaient des activités liées aux douanes (l’ancien bureau de douane se situait 39 rue de Momignies) , ainsi que les laiteries d’Ohain, fondées en 1887. Deux filatures ont été créées dans la deuxième moitié du XIXe siècle : une en 1865 par Delval-Hardy, la seconde en 1874 par Bastien-Bourdu et Cie. Réunis aujourd’hui sous le nom de Dégoussé et Cie, les bâtiments des deux filatures ont été victimes d’un incendie en mai 2000 et ensuite rasés ». Source culture.gouv.fr

Sous l’administration de Charles Hanoteau, bienfaiteur de la commune, église, cimetière, mairie, école, salle de musique furent construits au milieu du XIX e siècle.

L’église saint Martin d’Ohain

La construction de l’église dédiée à saint Martin s’étala entre 1843 et 1845 (date sur l’église: 1845). Elle est entièrement en pierres grises. Les cadrans sont désormais éclairés depuis 2018, la toiture a été rénovée la même année
et le parvis composé de dalles en pierre bleue réparé au second trimestre 2019.

Intérieur de l’église
Vitrail de l’église

Les vitraux de l’église datent de 1888 et proviennent d’un atelier de verrerie à Trélon.

Une des stations du chemin de croix
Orgues Delmotte

Les Orgues Delmotte de 1885 ont été restaurés en 1998. (MH depuis 2010)

L’ancienne Mairie qui abritait également l’école.
L’école de nos jours qui porte le nom de Jacques Yves Cousteau

L’école Jacques Yves Cousteau peut profiter d’un restaurant scolaire, d’une cour rénovée avec des jeux, d’un espace de verdure d’un demi-hectare et prochainement (fin 2019 début 2020) d’un poulailler pédagogique avec caméras.

La mairie actuelle d’Ohain Son site internet
Salle de musique

La salle de musique, édifiée grâce au legs de Charles Hanoteau, sert de nos jours de salle des fêtes. Les alentours de la salle des Fêtes se composent d’une esplanade avec un parking ainsi qu’un chemin de randonnée vers le Verger Bio et un accès direct à l’école. (Aménagements réalisés sous le mandat de M Alain Rattez, maire de 1989 à 2020)

Salle polyvalente inaugurée en 2017 : appelée salle des charmilles. 5 rue des Horbes

Cette ancienne battisse vieille de trois siècles fut acquise par la municipalité en 2011 et réhabilitée pour accueillir les manifestations ou encore le périscolaire.

Le Monument aux Morts Université Lille 3
Le calvaire au Trieux de Melsart, rue Neuve
Le calvaire au Trieux de Melsart, rue Neuve
L’ancien kiosque d’Ohain visible entre les arbres de la Place, érigé en 1833.

Kiosque rectangulaire à 8 colonnes en fonte.
Caractéristiques : hauteur 1 m 90, longueur 5 m 90, largeur 1 m 60, balcon en fer et fonte, 2 candélabres et 2 réverbères pour l’orchestre et sur le pourtour 6 grands candélabres avec réverbères.
Adjudication faite aux Sieurs Chartiaux et Gillet demeurant à Trélon au prix de 2340 francs en date du 21/07/1869. Trop petit et trop vétuste il se vit retirer de la Place Foch en 1967.

Le nouveau kiosque

Le nouveau kiosque à musique, reconstruit à l’identique, a retrouvé en décembre 2018 son emplacement d’origine sur la place du village. Le précédent avait été démoli en 1967.

Un circuit permet de visiter un grand nombre de chapelles et oratoires dans le bourg et les hameaux de la commune.

Notons en particulier :

  • La chapelle du Grand Dieu qui date de la fin du XVII e siècle. Elle a reçu son nom de la grande statue du Christ qui remplit quasiment toute la chapelle. Cette statue a été sculptée par un infirme qui y a mis l’expression de ses propres souffrances. Source : Alfred Desmasures Histoire des communes du canton de Trélon et notes historiques sur ses environs, Avesnes, 1860, pg 72 Elle se trouve près de l’endroit où des fouilles ont mis au jour des traces d’habitation préhistorique.
  • La chapelle Sainte-Face, Saint-Georges et Saint-Antoine de 1887 en pierre blanche de Saint-Dizier a été restaurée en 2011 après avoir été endommagée par l’incendie de la filature en 2000.

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L’ancien bureau des Douanes.

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OHAIN-Vve Bastien & Fils
Document Chrisnord

La filature Bastien & Fils, puis Vve Bastien & Fils, deviendra la filature « Hardy-Degousée », et subira des destructions durant la première guerre mondiale. Dans les années 1930, elle prit le nom de « Ernest Degousée et Cie » et sera finalement détruite en 2000 suite à un incendie.

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La laiterie d’Ohain fut créée en 1887. Elle eut par la suite pour succursale la laiterie d’Eppe-Sauvage. Le 16 août 1925, Louis Normant agissait pour le compte « des laiteries coopératives d’Ohain et d’Eppe-Sauvage ». Toutes les deux en 1935 produisaient du beurre, du lait et de la caséine. La laiterie d’Ohain s’arrêta au milieu des années 1970 et avait pour directeur M Sérusier.

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Manifestation à Ohain : la fête médiévale :

La municipalité et l’association Énergie ont organisé conjointement entre 2015 et 2017 la Médiévale.
Ohain s’est alors transformé le temps d’une journée en village médiéval. Au programme spectacle de fauconnerie, l’artilleur du Roy, campement et présentation des métiers d’époque, jeux et musiques, spectacle pédagogique, tir à la corde…

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Restauration du patrimoine de la commune :

Deux chantiers ont fait l’objet d’un appel aux soutiens financiers et ont obtenu le label de la Fondation du Patrimoine.

1 Un abreuvoir à chevaux : un projet en cours

l’égayoir
Avec l’extension de la zone artisanale… on a retrouvé l’existence de l’égayoir communal.
Avec l’extension de la zone artisanale… on a retrouvé l’existence de l’égayoir communal. Photo VDN du 25/02/2017

L’égayoir ou l’abreuvoir destiné aux chevaux est aujourd’hui un édifice rare dans notre région et même au nord de Paris. Il en existe un à Bellignies dans le hameau de Bréaugies (restauré en 2011 par le Parc naturel régional de l’Avesnois) ou encore à Beugnies, dans la cours d’une ferme privée.

A Ohain, l’égayoir a été édifié en 1833 au centre du village avec des pierres provenant de l’ancien cimetière entourant l’église. Il a été partiellement restauré en 1864 puis démonté en 1905 suite à un drame : un enfant s’y étant noyé. Il fut alors vendu pour être reconstruit en dehors du village sur la route de Trélon, dans une pâture derrière l’actuelle déchetterie.

Après une période d’oubli, le projet d’extension de la zone artisanale l’a fait redécouvrir. Pour échapper à sa destruction, il sera démonté puis remonté suite à la construction d’un béguinage qui verra le jour rue des Horbes sur une parcelle de l’ancienne filature.

2 le parvis de l’église : un projet abouti

Le parvis de l’église Saint Martin présente un état de dégradation assez avancé (déformations structurelles, érosion de certaines pierres, casses, réparations grossières au ciment…). Une restauration est devenue indispensable pour assurer la sécurité des usagers, et pour remettre en valeur la majestueuse église. En mars 2019 le parvis s’offrit une cure de jouvence. Johann Leleux, tailleur de pierre originaire d’Ohain et installé à Wallers-en-Fagne travailla ainsi pendant plus de deux mois à la taille de nouvelles marches en pierre bleue de Soignies (Belgique). Il a du tailler 80 marches, 3 pilasses, une vingtaine de pièces pour le perron, et plusieurs dalles de 100 kg chacune pour recouvrir les 100 m2 que totalise le perron.

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La Place d’Ohain dans les années 1970
La Place d’Ohain