Sars-Poteries

Vue aérienne de Sars-Poteries

Faits historiques : Paroisse du décanat d’Avesnes, en 1186. L’abbaye de Liessies avait la collation de la cure. Village de la terre et pairie d’Avesnes , où ces seigneurs ont conservé des propriétés, le terrage et des rentes jusqu’à la révolution. 
La paroisse de Sars-Poteries comprenait le village de Beugnies dans sa circonscription. 

Le village de Sars-Poteries doit la seconde partie de son nom aux nombreuses fabriques de poteries artisanales qui remontent au XVIII e siècle. La terre pour la fabrication des poteries s’extrayait de son sol, des gisements de cendres noires fossiles découverts en 1777 étant exploités depuis cette époque et employés comme amendement.

Cette industrie aurait été importée à Sars par des potiers de Bouffioulx (Belgique). En 1838, il y avait neuf poteries de terre, huit poteries de grès, et une carrière de cendres fossiles. 

La grosse industrie céramique (fabrication des tuyaux, éviers, appareils sanitaires) a disparu depuis longtemps. Seuls de petits ateliers qui fabriquaient des pots, cruches, vases et récipients divers subsistaient encore dans les années 1970 1980. (Poteries Maine, Lempereur,etc). Malheureusement tous ces ateliers ont depuis fermé leurs portes.

Une autre activité faisait la prospérité de Sars : la verrerie.

Entre 1801 et 1937, le village comptait en effet, au plus fort de sa production, deux verreries qui employaient en 1869 huit cents ouvriers. C es travailleurs du verre, hommes, femmes mais aussi les enfants, y réalisaient surtout les éléments de services de table (verre, broc, drageoir), ainsi que des flacons et des luminaires. C es objets étaient réalisés au moyen du soufflage, puis taillés et polis. Le souffleur, à l’aide d’une canne, « cueillait », c’est-à-dire saisissait, une masse de verre, appelée paraison : par un souffle bref, il créait une forme arrondie qu’il retravaillait ensuite à l’aide de fers et de ciseaux .

Les verreries ont fini par disparaître entièrement.

L’Église Saint-Pierre Saint-Paul de Sars Poteries
L’Église de Sars Poteries (1877)
Vue latérale de l’Église Saint-Pierre Saint-Paul de Sars Poteries
Mairie et Salle des Fêtes
Le kiosque de concert dans les années 1920
Le kiosque à musique de Sars-Poteries

Kiosque de concert octogonal sur soubassement en brique et pierre bleue, avec toiture pentue en ardoises. Le chaînage haut entre poteaux est réalisé avec des poutres à croisillons ajourés. Il est un des derniers kiosques à structure porteuse en bois.

Monument aux Morts de Sars-Poteries. Université Lille 3

Marché de gré à gré en date du 4 octobre 1922 entre la mairie et Clotaire Jouniaux Piérart, marbrier, à Sars-Poteries (Monument en granit belge).

Monument aux Morts d’entreprise. Coll. R. VdB

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Le calvaire de Sars Poteries, rue Pasteur lieu dit "le Marquais"
Le calvaire de Sars Poteries, rue Pasteur lieu dit « le Marquais »

Devant la pierre d’autel, on peut lire la date : 1752 JHS
et « CETTE MORT SACREE DONNE LA VIE »

Les statues du calvaire ont été placées en lieu sûr.
Les statues du calvaire ont été placées en lieu sûr.
Calvaire sur le cadastre de 1829 Section A 373
Calvaire sur le cadastre de 1829 Section A 373
section A 1373 qui indique comme propriétaire Alexandre GIBON
section A 373 qui indique comme propriétaire Alexandre GIBON

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Lavoir

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Le Moulin de Sars-Poteries :

le Moulin Delmotte

Charles Montay et Marie Louise Tricot font construire un moulin à deux tournants au lieu-dit « Près des Crayaux » en 1790 sur le ruisseau du Moulin ou ruisseau du Stordoir.

Leurs héritiers vendent le moulin à leur frère Isidore le 20 mai 1813 qui meurt le 16 novembre 1831. Sa veuve Aime-Thérèse Provoyeur et ses enfants le cèdent à Pierre-Joseph Wiart propriétaire à Liessies époux de Marie-Marguerite Petit le 26 janvier 1832. Le moulin est loué à Parmentier le 8 février 1832 puis à Xavier Richet le 16 avril 1844. Pascal Montay fils d’Isidore le loue à partir du 1er Janvier 1847.

Ludivine Wiart (1811 1862) fille du couple Wiart Petit hérite du moulin en 1837. Son époux  Xavier-Antoine Richet qui est le meunier du lieu fait le 15 Février 1862 une demande de régularisation de son moulin qui est réglementé le 28 mars 1863. Un déversoir a été construit et les deux roues par-dessus, l’une d’un diamètre de 2,936 m et l’autre 2,666 m, actionnent chacune une paire de meules.

Le moulin est acquis pour 4/5 e par Alexandre-Prosper-Amédée Richet, époux de Zelmire Thomas en 1882. Le 20 avril 1899, l’ingénieur se rend au moulin pour remettre le repère qui était tombé dans le fond du bief.

Le 5 avril 1903, le moulin est acquis par le fils Albert Richet. Il y travaille pendant 25 ans et échange les deux roues par une seule en bois et en fer. Dès 1920, il ne produit plus de farine mais de la mouture de céréales secondaires pour l’alimentation animale. Il transforme la grange en silos à grains.

Son gendre, Arthur Delmotte, de Ferrière-la-Grande achète le moulin le 7 mars 1928. Il démonte en 1958 la roue pour cause de vétusté et la substitue par une turbine à axe vertical qui actionne trois paires de meules. Il installe en 1961 un appareil de broyage moderne.

Arthur Delmotte, malade, meurt le 13 février 1964, après l’arrêt du moulin le 30 juillet 1963.

A partir de 1972, le moulin est ouvert au public car il est l’un des très rares à avoir conservé ses meules en parfait état.

En 1982 grâce au concours de l’ARAM qui a su obtenir des subventions la toiture des bâtiments est refaite.

La veuve d’Arthur Delmotte, Berthe Richet en est propriétaire jusqu’à sa mort survenue le 11 avril 1994 à l’âge de 89 ans. Une de leurs deux filles, Annette, demeure au moulin, organise des expositions et raconte l’histoire de son moulin comme nulle autre. Elle y décède le 25 avril 2014. L’Avesnois a perdu une forte et belle personnalité.

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Le Stordoir compte à Sars-Poteries un affluent qui a porté à travers le temps différents noms : le ruisseau du Courtemain, du Baty et de nos jours du Lepet. D’amont en aval, il faisait mouvoir en 1873 une brasserie et une verrerie dès 1802.

La brasserie

La Brasserie de Sars-Poteries

Emile Hazard, propriétaire à Beugnies, sollicite le 12 mars 1873 l’autorisation de pouvoir ériger une brasserie sur le territoire de Sars-Poteries section A sous les n° 803 et 804, et qui serait exploitée au moyen d’une roue hydraulique mue par le ruisseau du Baty.

La demande est envoyée à l’ingénieur en chef le 26 mars pour instruction. Une première enquête est ouverte du 4 au 29 avril, à Sars-Poteries dont le maire donne son assentiment, et du 4 au 25 mai à Beugnies où elle obtient aussi l’accord du maire. Le sous-préfet valide le projet le 31 mai. La visite des lieux se tient le 26 juillet. Cependant le 13 août, l’ingénieur en chef ne valide pas le rapport de l’ingénieur, ne le trouvant pas conforme à la circulaire du 23 octobre 1851. Une deuxième enquête se tient du 7 septembre au 25 décembre. Elle ne fait l’objet d’aucune opposition. Emile Hazard est alors autorisé à construire la brasserie par arrêté préfectoral du 14 janvier 1874. Le procès-verbal de recollement a lieu le 5 février 1876 : les travaux sont exécutés sauf le déversoir.

Emile Hazard y fait de la bière jusqu’en 1914, date à laquelle la brasserie est démontée par les Allemands en vue de récupérer le cuivre. Maurice Durieux la rachète après la guerre et en fait un moulin à grains en 1920 jusqu’en 1930, date de son décès. Sa fille Yvonne épouse Maufroid en hérite puis son fils Jean.

La Verrerie

La verrerie de Sars-Poteries est créée en 1802. Le 28 février 1853 Pierre-François Dumont maître de forges à Ferrière-la-Grande, écrit au sous-préfet et demande l’autorisation d’installer une turbine dont l’objet est de faire marcher des tours destinés à polir le verre. Le 30 juin, l’ingénieur ordinaire visite les lieux et les décrit : «  La verrerie et le haut-fourneau de Sars-Poteries, appartenant à M. Dumont de Ferrière sont établis sur la rive gauche d’un cours d’eau nommé ruisseau de Courtemain, formé par la réunion d’un certain nombre de sources provenant des petites vallées voisines. Pour le besoin de ces établissements, deux barrages ont été établis dans le lit du ruisseau, l’un destiné à en conduire les eaux par un canal en partie couvert dans quelques ateliers, l’autre, plus en aval, servant à donner l’impulsion à une turbine correspondant à l’atelier des tours et du polissage. Le Sr Dumont n’est pas propriétaire des deux rives, mais les Srs Wallerand et Buisset, à qui appartiennent les prairies formant la rive droite du cours d’eau ont déclaré consentir à l’établissement du barrage de la retenue à la condition d’être indemnisés, le cas échéant, des préjudices que pourraient leur occasionner la retenue des eaux. La vanne n° 1 de prise d’eau, a une largeur de un mètre dix sept cent. Et relève le niveau de l’eau d’une hauteur moyenne de quatre-vingt deux centimètres. La vanne n° 2 destinée à retenir les eaux motrices de la turbine a une largeur de un mètre dix neuf centimètres et détermine une chute que l’on peut estimer en moyenne à deux mètres soixante quinze centimètres ».

Dans son rapport du 13 juillet, l’ingénieur nous apprend que l’usine tourne avec cette turbine depuis 6 mois environ, et qu’en aval à 552 mètres plus bas existe le moulin du Sr Dubois à deux tournants, maintenu en activité pendant la plus grande partie de l’année.

Un arrêté préfectoral du 26 juillet ordonne d’ouvrir l’enquête de 20 jours, du 5 au 25 août. Le 10 août, Xavier Richet, filateur à Fourmies écrit son opposition et est prêt à les poursuivre devant les tribunaux … Pascal Montay, meunier du même moulin, s’y oppose aussi le 16 août. Une seconde enquête se tient du 15 décembre au 10 janvier 1854. Par son rapport du 24 avril 1854, l’ingénieur affirme que les oppositions ne sont pas fondées car leur usine n’a aucune existence légale, n’ayant pas fait l’objet d’un règlement administratif. C’est certainement pour cette raison que Xavier Richet va demander la réglementation de son moulin quelques années plus tard. Les barrages et la turbine peuvent être conservés par arrêté du 3 juin 1854. La turbine fonctionnera jusqu’à l’électrification vers 1906. La verrerie connait une activité très importante mais ferme cependant ses portes en 1937. Elle est vendue à un fabricant d’engrais puis à une entreprise de construction mécanique qui ferme en 1960.

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L’ancienne gare

1885 : le 29 août 1885, la ligne de chemin de fer Maubeuge-Fourmies fut inaugurée. Le tracé passait par Rousies, Ferrière-la-Grande, Ferrière-la-Petite, Sars-Poteries, Solre-le-Château, Liessies, Trélon.

1901 : ouverture au public de la ligne de chemin de fer Avesnes-sur-Helpe Sars Poteries, aujourd’hui disparue.

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LA PIERRE DE DESSUS-BISE :

Menhir dit La Pierre de Dessus-Bise (MH)

Ce monolithe se trouve sur la Place du Vieux-Marché. C’est un grès landénien de forme conique de 1.5 m de haut avec un diamètre de 2.80 m à la base et 0.70 m au sommet. Cette pierre a été vraisemblablement un menhir de l’époque gauloise. elle aurait servi de pilori pendant le moyen âge. on remarque au sommet un trou carré qui aurait été taillé pour y placer un drapeau de la jeunesse au temps de la ducasse, et cela dès avant la Révolution. Une tradition folklorique veut que les femmes stériles qui vont s’asseoir sur cette pierre, deviennent fécondes.

LES POTERIES LEMPEREUR ET MAINE

Vase poterie Lempereur
Photophore Lempereur 1930 1940
Service poterie Maine

La poterie Maine située au 48 rue jean Imbert a fermé ses portes le 31 mai 2006

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LE MUSÉE DU VERRE :

L’industrie du verre ayant périclité en 1937, c’est en 1962 que l’abbé Louis Mériaux, arrivé quatre ans plus tôt à Sars-Poteries, récolta l’argent nécessaire à l’achat du château du directeur des Verreries (Château Imbert rue du Général de Gaulle) et eut l’idée en 1967 de rassembler dans cette belle maison bourgeoise du XIX e siècle, les objets fabriqués par les ouvriers pendant leurs temps de pause. Ces objets, qu’ils appelaient les « bousillés » étaient offerts le plus souvent à l’occasion des cérémonies familiales, baptêmes, mariages,etc. ce sont des verres gravés, des lampes, des presse-papiers, des vases, des sucriers…Ils forment une importante collection et l’on est surpris de constater comment une fabrication artisanale a pu se transformer en une réelle création artistique. Le musée du verre devient ainsi, un véritable musée des arts de tradition populaire.

Le buste d’Henri Léon Imbert, qui fut patron des Verreries, est visible dans la cour à droite du château Imbert
Lampe monumentale réalisée et offerte par de talentueux verriers à l’occasion du mariage d’Henri Imbert, patron des v erreries de Sars-Poteries et de Marie Deharv eng © Paul Louis


Le Château Imbert abrita jusqu’en 2016 les collections du Musée du Verre, l’exposition de ces bousillés étant à la fois symbole d’une création passée mais aussi la mise à l’honneur d’un réel patrimoine culturel et artistique .

« Le devenir du Château Imbert n’est à ce jour pas acté » : Le conseil départemental souhaite en effet que la bâtisse puisse ne pas accueillir n’importe quoi car elle fait partie de l’histoire de la commune. . Les habitants lui ont, depuis longtemps, donné un nom. Dites le « château Imbert » quand vous parlez d’elle. Le buste d’Henri Léon Imbert, qui fut patron des Verreries, est visible dans la cour à droite. Le château Imbert fut une belle maison bourgeoise du XIXe s. C’était la résidence d’Henri Imbert, à la tête des deux verreries qui ont signé la renommée de Sars-Poteries. C’est fin 1937 que la production s’arrête, pour toujours. Reste la maison du patron verrier en devenir.

Le nouveau musée du verre de Sars-Poteries
Fusion 2018

Conçue spécifiquement par Udo et Pascale Zembok pour le Musverre. Fusion dialogue avec la façade du musée parée de pierre bleue, aux lignes horizontales, par le choix du verre rouge et sa verticalité. Le dégradé vers le rouge sombre évoque le verre en fusion.

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Musée du verre de Sars-Poteries Photo Wikipedia
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Musée du verre de Sars-Poteries Photo Wikipedia

Un nouveau Musée du Verre a ouvert ses portes le 1 er octobre 2016, déménageant du 1 au 76 de la rue du Général de Gaulle.
Il a été conçu par le cabinet d’architecture toulousain W-Architectures. L’ensemble des façades du musée et sa toiture sont revêtus de pierres bleues du Hainaut. Il a double vocation : musée et atelier.
Le musée-atelier départemental du verre possède la plus importante collection publique en France, d’œuvres contemporaines en verre. Elle rassemble une centaine d’artistes internationaux représentés par plus de 550 sculptures. Y sont exposées la plupart des grandes figures de la sphère contemporaine en verre artistique comme Stanislas Libensky (Tchécoslovaquie), Gizela Saboko, (Tchécoslovaquie), Antoine et Etienne Leperlier (France), Maria Lugossy (19502012) Hongrie), Howard Ben Tre (États-Unis), Toots Zynsky (États-Unis),keiko Mukaide (Royaume-Uni) ou encore Silvia Levenson (Italie).

collections du musée du verre musverre de sars-poteries