Wallers-en-Fagne

Vue aérienne

Le roi Dagobert donna en 640 une « villa » au cœur de la Fagne (Cella Faniae) à Saint Landelin, le fondateur de l’abbaye de Lobbes, qui y construisit un monastère en l’honneur des apôtres saint Pierre et saint Paul. Le site du monastère prendra le nom de Moustier. Détruit en 881 par les Normands, puis reconstruit, il appartenait en 968 à Rathier de Vérone, abbé de Lobbes.. En 1125, l’évêque de Cambrai sépara ce domaine de la Fagne de Wallers en 2 entités, Moustier-Baives et Wallers. Les biens de l’église Saint Hiltrude de Wallers furent accordés aux Prémontrés de Saint Feuillien du Rœux. Ces droits sur la dîme, le four et le moulin, furent reconnus en 1189 par les Avesnes, seigneurs de la région et leur premier vassal sur Wallers, Wido en 1235.

C’est entre le XII et XIII e sicècle que le domaine de Wallers (contraction de deux mots celtes, WAL signifiant la forteresse et ERS signifiant le ruisseau), commença à s’agrandir suite à d’importants défrichements.

Les Morchipont puis les Aguilera auront un temps un fief sur Wallers mais au XVI e siècle les Blois-Treslong, descendants des seigneurs d’Avesnes, contrôleront les forges, tenues par les Despret et les Polchet.

Sous les Merode, successeurs des Blois, Wallers fut un des six villages du marquisat de Trélon (1626). En 1678, le traité de Nimègue accorda le marquisat de Trélon à la France mais la frontière avec Macon ne s’établit qu’en 1697 (traité de Ryswick).

Appelée encore récemment Wallers-Trélon (en référence à la commune de Trélon qui lui est limitrophe et pour la distinguer de la commune de Wallers près de Valenciennes), la commune a été rebaptisée en Wallers-en-Fagne par un décret du ministère de l’Intérieur du 10 août 2007 paru au journal officiel le 14 août suivant.

Wallers-en-Fagne
L’église saint Hilaire de Wallers en Fagne
L’église et quelques tombes de l’ancien cimetière qui fut déplacé en 1905 en raison d’un espace insuffisant entraînant un manque de places.

L’église de Wallers-en-Fagne date de 1688 et possède une tour carrée et massive avec porche où l’on distingue encore les arcades ogivales d’une église plus ancienne. La tour carrée aux allures fortifiées est munie d’abats son et se caractérise par une abondance de fers d’ancrages.

A l’intérieur, la nef est marquée par une harmonie qui réside entre le style roman et des éléments gothiques. On découvre au pied de la sacristie des autels avec retables dont celui de Saint Hilaire et de la sainte Vierge, des stalles en bois sculpté, une tribune et son escalier, des statues en chêne peintes et un Chemin de croix.

Saint Hilaire

L’édifice religieux possède les reliques de saint Hilaire de Poitiers, dont certaines sont contenues dans un buste reliquaire du XVIII e siècle. La première donation des saintes reliques fut faite au village en 1518 par une fille d’Alain d’Albret, Louise, vicomtesse de Limoges († 1531) qui épousa en 1495 Charles Ier de Croÿ-Chimay, comte de Chimay et d’Avesnes.

Reliquaire en partie doré : bras avec manche à surplis. L’avant bras est en argent et la main en vermeil. Cabochons de cristal de roche le long du bras MH 15/04/1896

Le reliquaire le plus précieux se trouve dans le trésor de l’église. Il a la forme d’un bras . Il est en argent avec ornements de vermeil et enrichi d’émaux. Il a été donné à l’église par Charles de Croÿ et Louise d’Albret, seigneurs d’Avesnes, en 1518. C’est un chef-d’oeuvre d’orfèvrerie.

Ostensoir . Quatre poinçons : A & AE et lettre S couronnée. MH 1992

Le trésor contient également un ostensoir d’argent repoussé, orné de pierreries de la fin du XVII e siècle. Il porte le nom de la donatrice : Albertine de Mérode.

L’édifice abrite aussi une stèle de Saint-Hubert réalisée en pierre bleue. L’acoustique de l’église y est particulièrement appréciée : les sonneurs de trompes de chasse du Vol-ce-l’Est des Fagnes y rythment chaque année la Saint-Hubert. La messe organisée le troisième week-end de novembre par la municipalité et la société de chasse des Amis de la Fagne est un office suivi en nocturne et à la lueur des flambeaux, des « honneurs aux sangliers ».

La Mairie et son site

Une maison appartenant à Amand Joseph Naveau, construite en pierres et briques, « consistant en quatre places au rez de chaussée et quatre à l’étage, une cour, un jardin, un bûcher et située au centre du village tenant avec le jardin au levant au vendeur, au midi à la rue de Baives, au couchant à Augustin Boulnois et au nord au dit vendeur » fut achetée par la Commune en 1841. Ce bâtiment fut démoli en 1887 pour faire place à la construction actuelle.

Une bibliothèque est attenante à la mairie. Y sont organisés :

– une activité lecture avec l’accueil du public lecteur 2 fois par semaine

– un partenariat avec l’école et un horaire réservé à l’accueil des classes

– une lecture mensuelle à voix haute pour le jeune public

– des animations régulières ancrées dans la culture du territoire

– des actions spécifiques pour la mise en valeur de l’écrit et de la lecture

La Salle Polyvalente

La salle polyvalente a été récemment rénovée. Elle se compose d’un espace restauration pour la cantine scolaire ainsi que d’une grande salle de réception.

Le Monument aux Morts. Université Lille 3
Le Monument aux Morts
 Calvaire proche de l'oratoire ND de Grâce Rte de Baives
Calvaire proche de l’oratoire ND de Grâce Route de Baives
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7 oratoires et 1 chapelle à découvrir ici

Ci-dessus différentes sculptures.

ACTIVITES DISPARUES : – un moulin à eau- un fourneau- une scierie – une carrière de marbre – six carrières de pierre (disparues suite à l’apparition du chemin de fer au milieu du XIX e siècle, la brique arrivant et tuant la filière pierre). – deux ateliers de sabotin – un four à chaux – deux forges de maréchal – deux brasseries (Gobled et Delloue).

Le Moulin

L’ancien moulin accueille les services administratifs de la Carrière

L’ancienne roue
La nouvelle roue La vantellerie

Le moulin de Wallers-en Fagne a été remis en eau après la rénovation totale de la roue et de la vantellerie pour retrouver tout le système hydraulique qui pourrait à l’avenir produire de l’électricité.

Un fourneau

L’industrie du fer n’a jamais été bien florissante à Wallers à cause de la mauvaise qualité du minerai. Le fourneau de Bourges est très ancien. En 1592, il était exploité par Jean Lobet. En 1714,il était occupé par Guillaume Goulard, maître de Forges, demeurant à Trélon. En 1738, il est mentionné le chômage avec 2.000 gueuses en magasin.

Le fourneau de Wallers fut rétabli ou remplacé par une forge et est resté en activité jusqu’en 1825 date à laquelle le sieur Bertrand, propriétaire, fut autorisé à transformer l’usine en scierie de marbre par ordonnance royale du 1er septembre 1825.

Les carrières de pierre

La carrière de Wallers-en-Fagne
Carrière. Photo Wikipedia

La carrière de calcaire CCM (Comptoir Calcaire et Matériaux) s’étend sur un site de plus de 100 ha dont 40 ha d’excavation.

Tous les midis, des tirs ont lieu afin d’extraire la roche qui passe ensuite dans un concasseur, où les plus gros blocs sont cassés. Entre 8000 et 10000 tonnes de granulats sont produits chaque jour !!!

Inauguré en mai 2014, un belvédère offre une vue panoramique de la carrière CCM. Il permet de développer une nouvelle forme de tourisme sur la commune: le tourisme industriel.

LE VILLAGE ET SON ENVIRONNEMENT

  • La pierre bleue,utilisée pour leur construction donne à ce village de trois cents habitants une identité singulière. le village ressemble à ceux de la région de Chimay et des Ardennes. Il contraste étrangement avec ceux de l’Avesnois et semble appartenir à une autre région.

Créé en 2002, le Centre artisanal de la pierre bleue occupe une magnifique grange du XVII e siècle. Il a pour vocation de relancer le travail de la pierre bleue avec des machines numériques et une démarche contemporaine : projets, prototypes et fabrication en petites séries.
Ce Centre devrait devenir rapidement un Centre d’Art et de Recherche consacré à la pierre bleue.

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Au nord s’étale la forêt et ses étangs. A l’est, se dresse une colline boisée désignée sous le nom de Monts de Baives et de Wallers-en-Fagne. L’Helpe majeure, modeste cours d’eau, se faufile entre les maisons à la sortie du bourg.

Un décor à découvrir qui a peu à peu évolué au cours des siècles derniers…

  • Les Monts de Baives et de Wallers-en-Fagne

La réserve Naturelle Régionale des Monts de Baives et Wallers-en-Fagne est un site de 35 hectares du Parc Naturel Régional de l’Avesnois. C’est le seul endroit de l’Avesnois où l’on trouve des pelouses sèches sur sol calcaire. Ce calcaire de couleur bleue gris est appelé Pierre bleue. Une flore et une faune rare et originale s’y est développée.

Sentier de la pierre bleue.3,9 km

Il existe un sentier balisé appelé « Circuit de la pierre bleue et du four à chaux » qui a vocation de mieux comprendre l’histoire et les atouts des Monts.

Le sentier des Monts de Baives et de Wallers-en-Fagne . Photo Mairie

Il existe une autre randonnée qui permet d’apprécier la richesse de ce milieu naturel à sa flore calcicole protégée.

Départ depuis l’église de Baives :

1) Suivez la RD283 en direction de Moustier en Fagne. A l’intersection suivante, au niveau de l’oratoire, grimpez la route vers les Monts de Baives.

2) En haut à gauche, prenez vers le château d’eau, quittez ainsi la route.

Pénétrez dans la Réserve Naturelle Volontaire des Monts de Baives par une barrière.

Tout droit, rejoignez la Chapelle Saint Fiacre (1756), notez à proximité deux tilleuls inscrits à l’inventaire des arbres remarquables du Parc Naturel Régional de L’Avesnois.

3) Face à la chapelle, continuez à gauche. Quittez le site par une seconde barrière et descendez le chemin droit devant vous. Celui-ci offre le panorama de la fagne. Admirez l’ancien four à chaux datant du 19ème siècle, restauré il y a peu.

4) A la route, retrouvez par la gauche l’église et le village de Baives.

Renseignements fournis par la Mairie.

Carte Postale du site Delcampe
Sortie du village
L’Helpe Majeure
L’Etang de la Folie : ce fut un réservoir qui joua dès 1749 un rôle de renfort pour le ruisseau de la Fontaine à Trélon. A partir de 1785
l’eau de La Folie fut dirigée vers la carrière du Château Gaillard, récemment ré ouverte, et les moulins et forges installés à Trélon (petit et grand moulin). Ce canal rejoignait la ferme du moulin du meunier, située au début du canal et toujours visible de nos jours, permettait de réguler le débit de l’aqueduc en fonction des besoins.
De nos jours un site naturel protégé, fermé au public, dont la beauté et la richesse écologique perdurent.