Saint-Waast-la-Vallée

Vue aérienne de Saint-Waast-La-Vallée

Saint-Waast-la-Vallée a été une station néolithique et gallo-romaine.
La première mention de Sanctus Vedastus remonte à 1313 à propos d’une tour peut-être élevée au XII° siècle pour fortifier la frontière sud du Hainaut. Le nom Saint-Waast-la-Vallée, (initialement les-Bavay) apparaît plus tard. Au XV e siècle, Saint-Waast était divisé en quatre fiefs dépendants du comté du Hainaut.(fief de la Tour au Bois, fief du Criauleux, fief du « Petit Quesnoit » et fief de Breaugies qui fut tardivement rattaché à Bellignies)

En 1577 , il forma une seigneurie possédée jusqu’à la Révolution par la famille d’Yve.

L’église de Saint-Waast-la-Vallée

L’église, construite en 1747 et en partie détruite sous la Révolution fut reconstruite en 1827. Les matériaux employés sont la brique pour les élévations, la pierre pour les chaînages, les encadrements et les soubassements. Un calvaire est adossé au mur extérieur de l’église.

Classés MH un tabernacle, un ciboire, un ostensoir et un calice :

La porte du tabernacle est ornée de motifs en argent et cuivre doré.

le ciboire du XVIII e siècle est en argent. Il mesure 39 cm de hauteur avec pied et coupe circulaires. Seule la partie inférieure de la coupe est décorée. Des poinçons sont situés sur le couvercle et sous le pied : lettres Z et S couronnées, lion, le quatrième est non identifiable.

L’ostensoir, en cuivre doré et vermeil, se compose d’un pied mouluré supportant un soleil entouré d’une vigne bien fournie en grappes et l’ensemble est surmonté d’une couronne. Une inscription « Saint-Waast 1738 » donne une indication sur sa date. Il porte quatre poinçons, un lion, un cygne, un P couronné et trois lis couronnés. dimensions 82 h (pied : l = 25) 5, la = 18, couronne : l = 40

Le calice a un pied circulaire et la coupe est sans aucune décoration.
4 poinçons : lettres A et E couronnées, lettre A, lettre W, le quatrième est illisible. Transcription de l’inscription : DON F PAR T RADELET PASTEUR A L’EGLISE ST WAAST . Il provient de Mons (Belgique). XVIII e siècle.

Le calvaire
Le Monument aux Morts. Université Lille 3

Grange

Cette grange du XV° siècle appartenait autrefois à l’abbaye de St Denis qui la céda au chapitre de Cambrai. A partir du XVI° elle fut donnée en bail à la famille Fauville qui la racheta par la suite. Récemment la commune en fit l’acquisition et entreprit sa restauration pour en faire une salle communale.

Motte Féodale

Motte féodale avec sur la droite de la photo le ruisseau du Sart. Chemin du Criaulleu
Vue sattelite

Le Criauleux était un fief dépendant de Saint-Waast-la-Vallée consistant en une ferme fortifiée à laquelle subsistent les traces d’une motte féodale. Au début du XVII e siècle, Jacques de Lamyne était le propriétaire de cette seigneurie.

La butte d’une quarantaine de mètres de diamètre fait environ 2,50 m de haut. Le fossé qui l’entoure est en moyenne profond d’une cinquantaine de centimètre. Il était alimenté en eau par le ruisseau du Sart.

Dans la plupart des cas, le tertre était occupé par une palissade. Un fortin de bois de bois y était aménagé avec une tour de guet. La motte est considérée comme un château fort primitif.

La Tour Féodale

La Tour de Saint-Waast-la-Vallée
  • Origines

Comme celles de Beaufort et de Monceau-Saint-Waast, la Tour de Saint-Waast-la-Vallée aurait été érigée dans la seconde moitié du XII e siècle par Bauduin V Comte de Hainaut. C’est vraisemblablement pour contrarier les prétentions de la maison d’Avesnes et pour renforcer sa puissance que le comte de Hainaut entreprit ces travaux de fortifications au sud du comté. Cependant la première mention écrite remonte à 1313. (Monuments pour servir à l’histoire des provinces de Namur de Hainaut de Luxembourg Léopold Devillers Tome III page 661-662).

  • Ses appellations

Elle est déclinée en 1313 sous l’appellation de Tour-au-Bois, et se retrouve sur tous les actes concernant le fief jusqu’au début de la période révolutionnaire.

Par la suite, elle s’est appelée longtemps la tour Moneuse, du nom du bandit qui terrorisa le Bavaisis durant la période révolutionnaire. Voici ce qu’écrit François Duriez, responsable du service éducatif du musée de Bavay à ce sujet :

« Originaire de St-Waast-la-Vallée, où sa famille était établie, Monneuse fit peut-être de la Tour et surtout du bois de Roisin qui l’environnait le théâtre de ses exploits. Une chose est acquise, le plus grand crime commis par ce brigand et sa bande eut lieu, a quelques kilomètres du village de St-Waast-la-Vallée dans l’auberge dite de La Roulette » où périrent neuf personnel, dont des enfants affreusement massacrés. Un fait établissant un rapport entre le bandit et la tour aurait-il à ce point marque les esprits, pour justifier cette appellation tardive de tour Monneuse ? Un détail assez troublant vient renforcer cette hypothèse. L’un des membres de la famille Monneuse aurait occupé sur les bords de l’Hogneau les dépendances du  » moulin de la tour » situé à deux ou trois cents mètres en contrebas de l’édifice. (« Histoire d’un fief rural du Hainaut : le donjon féodal de St Waast la Vallée » Archives départementales du Nord BH 10015 Mémoires de la Société archéologique de l’arrondissement d’Avesnes Tome XXIV Editions de l’Observateur 1973).

On lui doit également le nom de Tour Sarrazyns. De nos jours, on la nomme la Tour del Cense, puisque dépendante de la ferme voisine.

  • Les seigneurs du fief :

Au cours de ses neuf siècles d’existence, la tour a connu bien des propriétaires. Dans l’état actuel des recherches, plusieurs familles l’ont possédé successivement. Voici une chronologie provisoire des possesseurs du fief :

Avant 1313 : la famille De Strepy En 1313 : la famille Du Marés

1ère moitié du du XV e siècle : la famille Craspournient. En 1410 Jean Craspournient était titulaire du fief de la tour.
2è moitié du XV e siècle : la famille Mahieu. En 1474 Jean Mahieu était feudataire de la tour par sa femme Jeanne Craspournient. Au début du XVIe siècle en 1502 Guillaume Mahieu en était le titulaire. Comme les Craspournient, les Mahieu étaient des bourgeois de la ville de Mons.

1ère moitié du XVI e siècle : la famille de Haynin. C’est par le mariage de Barbe Mahieu dans les premières annnées du XVIe siècle avec Gauthier de Hennin que la tour changea à nouveau de propriétaire (1). Successivement trois générations de propriétaires du fief de la Tour-au-Bois portèrent ce nom. Ce furent : A) Gauthier de Hennin époux de Barbe Mahieu dame de la Tour. Mort en 1513. B) Mathieu de hennin Sr de Ia Crocquerie, et de la Tour. C) Gilles de hennin Sr de Legyes, de la Cocquerie et de la TOUR. Mort en 1551. La famille de Haynin doit son nom a la seigneurie de Haynin près de Saint Ghislain, province de Hainaut.

2è moitié du XVI e siècle : la famille Cappron. Après la mort de Gilles de Hennin, son fils aîné Matthieu ne fut pas seigneur de la Tour. Quelques années plus tard en 1559 c’est un bourgeois de Mons du nom de François Cappron qui en est le propriétaire. (Ci-dessous transcription du premier acte mentionnant un membre de la famille Cappron propriétaire de la tour : Archives Départementales du Nord Chambre des Comptes de Lille Art B 1621 26 è Registre Fol 193 des chartes)

Acte de 1559 octroi de moulin à eau et au blé

XVII e siècle : la famille De Maldonade. Par le mariage de Marie Capron avec Nicaise de Maldonade en 1614, une famille d’origine espagnole vint s’ajouter à la liste des feudataires de la Tour-au-Bois. Le père de Nicaise de Maldonade, Jacques de Maldonade était licencié en Droit et habitait la ville de Mons. En 1618 Nicaise de Maldonade est Echevin à Mons, puis à nouveau en 1632 et 1643. Un seigneur de la tour du nom de Dominicq de Maldonade meurt en la ville de Mons en 1670.

XVIII e siècle : la famille Du Sart de Molembaix. Nous savons par quelques recoupements qu’une alliance intervint par la suite entre les familles des Maldonade et Molembaix. La seigneurie de Bérelles qui appartenait aux Maldonade se retrouva au XVIIIe entre les mains des Molembaix. (A.E.M.C.M 321). Le fief de la Tour dont Lancelot de Maldonade fut le dernier propriétaire à la fin du XVII e siècle se retrouva également entre les mains du Baron du Sart de Molembaix, chevalier Seigneur de Bellignies au XVIIIe siècle (Archives communales de St-Waast) .

XIX e siècle la famille Lucq d’Herchie.
Apres la Révolution les terres passèrent à la famille Lucq d’Herchie qui les conservera jusqu’au XXe siècle.

XX e siècle : Par donations des descendants Lucq, les Hospices de Maubeuge.
Une descendante de cette famine en fit don au debut de ce siecle aux hospices de Maubeuge qui en sont les actuels proprietaires.

  • Description :

Cette tour d’une quinzaine de mètres de hauteur est appareillée en pierre bleue avec une partie supérieure en brique.

Retrouvez sa description sur le site Gallica(Mémoires de la Société archéologique de l’arrondissement d’Avesnes Tome XIV Editions de l’Observateur 1932.)

Le château de Rametz

Carte Postale site Delcampe
Le château de Rametz
  • Son histoire

Le nom ancien du fief de Rametz était appelé le fief « Petit Quesnoit » dans les cartulaires de Hainaut. Ce fief appartenait au XV e siècle à Clarembault de Proisy, à Jacques Grébert,à la famille de Baron De Malet de Grignart. En 1577, le domaine royal vendit à Jean d’Ive, seigneur de Rametz et à ses héritiers à perpétuité, le vinage de St-Waast, avec la haute Justice, le droit de morte-main, les près, la taille due par les habitants et tout ce que le roi possédait dans ce village. (Delhaye Histoire de Bavay p 418).

La famille d’Yve eut des personnages célèbres. Jean d’Yve, l’acquéreur du château, fut prévôt de Mons. Frédéric d’Yve fut abbé de Maroilles et fut en 1578, conseiller d’Etat de Philippe II. Antoine d’Yve représenta la noblesse du Hainaut aux Etats de Bruxelles en 1632.

En 1760 M Genten était le seigneur de Rametz et de St-Waast avant qu’ Henri de Grignard, baron de Rametz en fut le détenteur en 1789. Sous la Restauration, le domaine appartint à Francois de Butron Y Muxica de la Torre (° 1776 Obies + 1822 Gommegnies). Après Charles Baillieu d’Avrincourt, le château passa entre les mains du comte Edouard Le Mesre de Pas, dont l’actuel propriétaire est un descendant.

Image illustrative de l’article Château de Rametz
Vue d’ensemble du château Photo Fvr
  • Sa description :

Le château adopte la forme d’un quadrilatère avec une tour à chaque angle.
Il est entouré de douves remplies d’eau. Un pont dormant donne accès à la cour intérieure, protégée sur trois côtés d’une balustrade. 

Tour de gauche

La tour de gauche abritait un pigeonnier. Dans celle de droite, sans étage, se trouve une chapelle du XVII e siècle surmontée d’un clocheton d’ardoise.

Le centre de la bâtisse est dominé par l’ancien donjon dont le rez-de-chaussée est encore en grès. Y est accolé une tour carrée.

Façade arrière

La façade arrière se présente encore comme aux XVII e siècle, même si des ouvertures furent percées ultérieurement.
Vers 1830, de lourds travaux furent entrepris pour transformer cette forteresse en une demeure agréable et ouverte sur son parc de 5 ha. Une galerie victorienne fut alors installée à la gauche du donjon.

Entrée actuelle du château.
Vue du parc. Photo Cinoworus
  • Autre description donnée en 2011 par la direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) en vue du classement MH.
  • Article du journal « L’Observateur » du 16 septembre 2017 :
Photo L’Observateur

 » Stanislas et Pascale De Pas, 51 ans, ont repris le sublime château de Rametz lors du décès des parents, Charles et Christiane. Ils vous ouvrent les portes de leur bijou dans un écrin de verdure, les samedi 16 et dimanche 17 septembre 2017.

Pendant 27 ans, Charles et Christiane De Pas ont vécu à Rametz. Et cela fait 200 ans que cette petite place forte est dans la famille.

« Nous sommes la 6e génération. Nous en sommes dépositaires, mais pas forcément propriétaires ! »indique Pascale De Pas. « Quand on part, ce n’est plus à nous! »

« Un château, cela demande beaucoup d’investissements. Financiers, bien sûr, mais également personnels » annonce Pascale De Pas.

(…)

De la passion

Même si les fondations datent de la fin du XIIIe siècle, le château a certainement été remanié au XVIIe siècle. Fin XVIIe, début XVIIIe, comme il y a beaucoup moins de guerres, on veut que Rametz serve pour l’habitat. On ouvre alors énormément, notamment en enlevant les murs de courtine.

Une grande galerie sera installée puis retirée pour être en accord avec le parc. Mieux, le grand-père de Stanislas, aquarelliste, a d’abord peint ce qu’il imaginait avant de planter ses arbres d’essences rares. Le souci du détail ! Autre anecdote : à l’intérieur des murs de plus d’un mètre d’épaisseur se cachent deux petits escaliers.

Du partage

Le couple assure être ravi de présenter Rametz lors des Journées du patrimoine. A l’avenir, le site devrait retrouver un but social en y faisant venir L’Arche, une communauté d’enfants handicapés ».

Vue aérienne du château