Le Favril

Le Favril rue de Prisches


Le village actuel du Favril – dont le nom dérive de « forge » – s’implante au XIIe siècle sur son site actuel. 
La possession de l’église et de deux manses au Favril fut confirmée à l’abbaye de Maroilles, en 1131, par une charte de l’évêque de Cambrai, Liétard, et en 1237, par une bulle du pape Grégoire IX.

Jacques, seigneur d’Avesnes, accorda en 1174 au village une charte de franchise, renouvelée et confirmée, en 1293 par Hugues 1er de Châtillon, l’un de ses successeurs. En 1330, les alleux de Le Favril et de Landrecies furent réunis en un seul fief dépendant de Guillaume, comte de Hainaut, par Guy de Châtillon, seigneur d’Avesnes.

Le Favril a toujours fait partie de la terre et pairie d’Avesnes; à la Révolution le duc d’Orléans y possédait encore le terrage et des rentes.

Le village connut les mêmes vicissitudes que Landrecies et servit de base arrière lors des sièges de la ville, en 1543, 1637, 1794 et 1918 notamment.

L’église Saint-Nicolas de Le Favril

L’église a été rénovée en 2007
La nef est de 1672.

Les travaux de l’église :
(annotations faites dans le registre paroissial par Messire Jacques Meurant le curé du Favril )

le 29 de septembre de l’an 1699 Le plat font de la naif de l’église du Fabuvril at esté accomodé et achevez

Le 26 aout 1699 le plat font du coeur de l’église dudit fabvril at estez achevez par les — les abéz et religieux de — Maroilles collateur dudit

le 2è 7bre 1702 fait et achevé le protal de devant l’église, par Jean Baptiste Renaux maçon demeurant à Faÿt par le consentement des messires le pasteur, mayeur et eschevins du fabvril et ledit portal et monté à 50 patacons tout compris aux frais d’ycelle église partant mémoire

l’année 1750 le trente et un de juillet a été posée la chaire de vérité et le confessionnam qui fait face à la ditte chaire, par le sieur Tupinye maitre menuisier demeurant au nouvion aux frais de notre église du Favril, les susdits ouvrages ayant été marchandés par le sr leprohon curé de la ditte paroisse du Favril conjointement nicola marchand mayeur et les échevins ; les ouvrages qui ont été faits les deux années précédentes ont étez faits aux frais de mrs de Maroilles collateurs de la cure du Favril, il est ainsi en foi de quoy jay soussigné le jour et an que dessus Charles Joseph Leprohon curé du Favril

Mémoire que l’année mil sept cent cinquante un le curé conjointement les mayeur et échevins on fait faire une neuve charpente à l’église qui fut achevée au mois d’octobre et une nouvelle couverture dardoise qui fut achevée au mois de 9bre, le tout aux frais de la ditte église le clocher est à la charge de la paroisse partant mémoire charles joseph leprohon

En 1897 l’architecte Roussel, de Cambrai, a rétabli l’édifice avec son curieux clocher à bulbe qui existait autrefois.
L’église vue de la route.

Ici, les statues de saint Nicolas et de saint Pierre sont en chêne taillé, peint (polychrome).

Trésor : calices du XVII (MH), burettes d’étain (MH). Ces objets auraient été donnés à la paroisse par le pape Innocent XII en 1694.

A l’intérieur se dresse également une très belle dalle funéraire de l’abbé Tacquenier, abbé de Maroilles de 1670 à 1698.

La Mairie (1849).
Le Monument érigé aux Enfants de la commune morts pour la Patrie – Coll. Écomusée de l’Avesnois
Le Monument aux Morts Université Lille 3

Il est encadré par deux colonnes cannelées, qui proviennent de l’ancien porche principal de l’église du village.

Calvaire Route de Landrecies
Calvaire Route de Landrecies (1700)
Calvaire  de Le Favril
Calvaire de Le Favril
Explications
Explications

Edifice ceinturé d’une belle grille de fer forgé. Niche abritant une vierge sur son fronton. Bel autel en pierre bleue finement ouvragé. Son aspect actuel date de 1888.

Au sol, derrière le calvaire, se trouve une dalle en pierre portant cette inscription : «chapelle de Nostre Dame de Miséricorde et de Sainte Reine Meurant pasteur 1705 » mention probable d’une chapelle antérieure substituée par le calvaire actuel.

En 1833 le calvaire est détenu par la commune.

Il existait à la même date un deuxième calvaire dont la construction remontait à 1696.  Il était à l’intersection de la  route de Sambreton et de la rue du Bondieu de Giblot et était également détenu par la commune. Il a été transformé par la suite en chapelle. Celle-ci existe encore de nos jours.

Le kiosque à musique type kiosque à danser.

Ce kiosque à danser surélevé rectangulaire à 6 pieds en fonte a été reconstruit et inauguré le 17 mai 2003.

Parmi ces 11 oratoires et 4 chapelles, les plus anciens éléments du patrimoine bâti communal sont un oratoire de 1748 et une chapelle érigée en 1694. 

Economie :

Sa principale industrie fut la fabrication de fromages.On trouva à Le Favril une brasserie (brasserie Thomas de 1890 à 1914) et 4 moulins à blé, dont 2 mus par l’eau et 2 par le vent. Ces deux derniers étaient détenus l’un en 1770 pour moitié par l’abbaye de Maroilles et pour moitié par le subdélégué de Landrecies au lieu-dit Le Petit Debout, et l’autre en 1769 par Jean Pierre Salengros au lieu-dit La Haute Borne.

Deux moulins jalonnaient la Rivièrette dans la commune de le Favril.

Les Moulins au Favril
Moulins à eau à Le Favril

Le premier moulin était le moulin de Jean Pierre Salengros qu’il construisit en 1755  » par concession et octrois de S.A.S Mgr le Duc d’Orléans ».

L’arrêt du conseil autorisant la construction fut signé le 5 avril 1757. J P Salengros et son épouse Anne Marie Castier possédaient ce moulin à deux tournants et un moulin à vent au lieu-dit « La Haute Borne ». En 1803 leur fils Pierre marié à Marie Lucie Staumont était meunier occupant. En 1831, Jean François Avot marié à Marie Jenly Canonne était à son tour  le meunier de ce moulin à eau du « Grand Bout » et ce également en 1851. En 1862 Alexandre Avot Presse en était le propriétaire mais le moulin ne fonctionnait déjà plus.

Le moulin des Tricoteries

En 1979 on trouve à cet endroit appelé le moulin des Tricoteries un gite rural avant que ce lieu devienne un centre culturel dénommé « la Chambre d’eau ».
L’événement phare de La Chambre d’eau est le festival Éclectic Campagne(s), ayant lieu tous les deux ans. En 2018, il a réuni plus de 1 300 participants. Pour cette occasion, 15 artistes étaient venus présenter leurs œuvres et animer l’événement. En outre, l’association accueille des artistes, sur des durées pouvant aller de quelques jours à plusieurs mois, pour des résidences d’écriture, mais aussi pour effectuer des ateliers artistiques. Enfin la structure culturelle permet aux particuliers, écoles et entretiens de louer des œuvres d’art pour 20 €. C’est le principe d’une « Artothèque ».

***

Le second moulin dont le projet était également à deux roues « dont une à farine et l’autre à escoussière et moudre brais pour la bierre »  commença d’être bâti fin 1807 par André Manesse sur un terrain lui appartenant dit « le Camp Fortier ». Il s’ensuivit dès lors des oppositions de plusieurs habitants dont Pierre Salengros, beau frère d’André Manesse. Le 17 novembre 1807 la sous préfecture d’Avesnes interdit de continuer la construction et la préfecture de Lille ordonna sa démolition le 30 janvier 1808. Le préfet suspendit le 13 février la démolition suite à un courrier d’André Manesse et demanda un rapport détaillé. Il en résulta de multiples courriers, les uns comme celui du maire favorables à  la continuation du projet et d’autres hostiles comme le meunier Salengros. Le rapport de l’ingénieur en chef du 22 mars 1809 conclut de ne pas autoriser cette construction et la préfecture arrêta le 28 mars de la démolir sous quinze jours avec remise du courant d’eau dans son ancien lit. En 1817 Manesse renouvela sa demande de construction qui fut alors approuvée par arrêtés préfectoraux du 17 juillet 1817 et du 4 juin 1819. L’ordonnance royale fut signée le 10 janvier 1821, année du décès d’André Manesse. Le moulin qui n’eut jamais qu’une roue et ne posséda jamais de déversoir appartint ensuite à son fils Jean Baptiste marié à Marie Catherine Huet puis en 1853 à son petit-fils prénommé aussi Jean Baptiste marié à Thérèse Gomet. Il s’arrêta de moudre vers 1890 et l’arrière petit-fils Benjamin Constant Juste Manesse, célibataire, en fut le propriétaire jusqu’à son décès en 1912.

Le bâtiment porte encore de nos jours un écusson sur le linteau avec la date de 1805 et les initiales A M (André Manesse) et A M S (Anne Marie Salengros).

Manifestations :

Tous les ans, une « Fête des Fleurs » est organisée le 3 èmee dimanche de mai.

Une « Fête de l’Arbre » organisée par l’association « Le Favril en fleur », a également lieu le 2 èmee dimanche de novembre. C’est le rendez-vous idéal pour choisir un nouvel arbre. Elle est accompagnée de la plantation d’un arbre en l’honneur des nouveau-nés de l’année. Bien souvent un concert est donné en l’église et une exposition d’artisanat du bois se tient à la salle des fêtes.

Le Favril (Nord)
Centre du village