Ferrière-la-Grande

Vue aérienne de Ferrière-la-Grande

Le village doit son nom au minerai de fer qu’on exploitait jadis sur son territoire. C’est pour bénéficier des ressources du sous-sol, du cours rapide de la Solre mais aussi pour garantir l’approvisionnement de sa place stratégique frontalière que s’implante en 1715 une manufacture royale d’armes. La machine – c’est le nom que lui attribuent les ruraux de l’époque – fait la prospérité du bourg. Elle cède la place, en 1830 , aux premiers hauts fourneaux du Nord. Les minerais sont exploités dans l’étendue de la concession faite au propriétaire et maître de forge, M. Dumont.
Le développement du bourg suit celui des établissements Dumont : 903 habitants en 1822, 2 568 en 1866 puis 4 045 en 1906.
Peu à peu, le tissu industriel de la commune s’étoffe : laminoirs Lessafre, fonderie Riquaire, usine Delettre, usine Miroux, usine Auwercx, Cie Duplex, petits ateliers de forges Chef Frères « Forges et Usinage » Marcel Nicodème et de modelages font prospérer la commune. C’est aux Trieux, nouveau quartier créé à l’écart du village lors de l’arrivée du chemin de fer , que le style industriel s’exprimera le mieux.

Rue Victor Hugo :
Une ligne de tramway relie Ferrière à Maubeuge en 1903, contribuant à renforcer les liens, déjà étroits, entre les deux communes.
L’église St Amand de Ferrière-la-Grande
Image associée
La Porte d’entrée
Fichier: Ferrière-la-Grande église 2.JPG
La Nef. Wikimedia
Le Christ en croix, dans le choeur.
Fichier: Ferrière-la-Grande église 12.JPG
Autel du transept 2012
Autel du transept 2019
Fonts baptismaux
Confessionnal
Vitrail
Vitrail
Monument aux Morts
Les grandes orgues, fabriquées par la maison Anneesens d’Halluin
Pierre tombale située dans l’entrée de l’église.

L’église fut agrandie en 1848 avec la réalisation d’un chœur et d’une sacristie. Les deux chapelles latérales furent rebâties en 1851. En 1875 eut lieu la réfection du clocher,puis l’année suivante la restauration de la grande nef et la reconstruction des deux nefs latérales.

La Mairie début XX e s

La Grand’Place et les bâtiments ont été établis sur le site du Marais formé par le ruisseau des Besaces (recouvert en 1885) qui, venant du fort du Bourdiau, coule vers la Solre. ici la mairie, quatre classes primaires et le logement du directeur d’école.

La Mairie

On retrouve aujourd’hui, dans le remarquable ensemble Mairie Centre Administratif-Centre socio-culturel la structure originelle bâtie en 1837 par l’architecte avesnois Thory et agrandue en 1863.

Image
L’ancien kiosque démontable de 1903 devant la Mairie. Carte Postale cparama
Le Monument aux Morts de Ferrière-la-Grande

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Calvaire dédié à P. F. Dumont.

Il est érigé dans le cimetière de Ferrière-la-Grande.

En 1830,  M. Pierre François Dumont, Député et médaillé de la Légion d’Honneur fit ériger au Bois Castiau (Usine d’En Haut) et à La Machine (Usine d’En Bas) les premiers hauts-fourneaux au coke destinés à produire de la fonte d’affinage et le moulage avec les minerais de la contrée.

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Oratoire N.D de Walcourt (1790)

Oratoire N.D de Walcourt daté de 1790, 19 rue Alphonse Splingard.

Chapelle Notre Dame de Bon Vouloir (1752)
Chapelle Notre Dame de Bon Vouloir (1752)

La chapelle Notre Dame de Bon Vouloir (1752) se situe en haut de la rue Roger Salengro.

Au dessus de la porte figure une inscription latine « plo zeLo DoMInoe ConseCrant », signifiant par un zèle pieux consacrée à notre suzeraine. Cette inscription  contient un chronogramme, ce qui signifie que les lettres qu’il renferme, formant chiffres romains, indiquent la date de la construction de la chapelle : MDCCLII (1752).

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La cense de Rémont

La cense de Rémont

Elle constituait la propriété essentielle des bénédictins à Ferrière-la-Grande.

Selon la tradition, elle aurait été le foyer d’une colonie agricole, détachée du monastère dans les premiers temps de sa fondation pour le défrichement des terres voisines.

Au XII le siècle, nos moines cédèrent une partie de leur propriété de Rémont en viager. Mais en 1377, cette portion leur fut rendue par un certain Louis Turch, avec la dîme et les revenus qu’il possédait à Ferrière-la-Grande. Depuis lors, notre abbaye a toujours affermé ses biens de Rémont .Nous avons retrouvé les noms de plusieurs fermiers de l’abbaye à Rémont : Jean de Ramé dit le Pecqueur en 1513, Nicolas Caryon en 1575 « lequel tient à ferme et titre de cense des abbets, religieux et couvens d’Olmant leur maison de cense que l’on dist Reumont avecq les prés, pastures, terres labourables, bois et paissons appendans à laditte censse, parmy rendant par an la somme de 40 livres tournois ».

Au début du XVIIe siècle, le censier de Rémont était un certain Antoine Franchois ; entre 1660 et 1700 se succédèrent Jaspard Noël, Pierre Maillard et Daniel Durieux. Les Dardenne exploitèrent la ferme pendant une bonne partie du XVIII e siècle.

En 1755, Jacques, Jean-Joseph et Marie-Françoise Dardenne renouvelèrent le bail de location de la « Maison de Remont, jardins, prés, pâtures et terres labourables à trois royes avec droit de dîme et terrage que Messieurs les Abbé et religieux ont sur le terroir et jugement de Ferrières-les-Petites ». Les bâtiments consistaient en une « maison chambre, étable, grange, bergeries… et tout le clos de la dite cense et deux petits jardins y joignant ».

L’exploitation comprenait une vingtaine d’hectares de pâtures et de prés parmi lesquels la « sèche pâture », la « pâture à joncq », la « paturette », le « pré de trou », le « grand pré », le « pré de la dîme » et un « pré à verger ». Les terres cultivées s’étendaient sur 105 hectares.

Le rendage en espèce atteignait 1000 livres auxquelles s’ajoutaient bétail, grains, gerbées, voiturage de bois et corvées. De plus, le censier de Rémont participait à l’entretien du curé de Ferrière auquel il donne entre autre un fromage d’une coudée de haut !

En 1764 le bail fut renouvelé aux frères Dardenne.

Dix ans plus tard, suite au décès de Jean et de jacques Dardenne, la cense fut affermée à Pierre Joseph Pouré, laboureur demeurant à Boussières. En 1790, sa veuve Henriette Mercier fut la dernière fermière des moines à Rémont.

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LA MACHINE :

Il n’y avait pas de moulin à farine à Ferrière-la-Grande mais des extensions de la manufacture d’armes de Maubeuge établies par Robert Darest en vertu de lettre-patentes délivrées par le roi Louis XIV le 15 février 1701. Elles comprenaient trois grandes  usines et deux plus petites et l’ensemble de cet établissement était appelé « la machine ». Au début du XIX siècle  Eugène Félix époux de Marie Louise Constance Flore Hennet, directeur de la manufacture nationale d’armes de Maubeuge détenait cette fabrique d’armes qui fut supprimée en 1829.

Le château Darest est du début du XVIII e siècle

En 1836 Pierre François Dumont, natif de Bouchain, marié à Marie Anne Renelde  Aglaé Antoinette de Martigny des Roches, acquit l’ensemble de ces bâtiments. L’un d’entre eux devint une fabrique de quincaillerie vers 1840, un autre, une forge également vers 1840, et un dernière un laminoir réglementé en 1845. En effet Dumont construisit les premiers hauts- fourneaux au coke au lieu dit « trieux des poteries » puis des extensions avec cette forge et ce laminoir à l’emplacement d’une partie de l’ancienne manufacture d’armes.

La fabrique de quincaillerie fut ensuite louée puis acquise par la société  Dandoy-Maillard, Lucq et Cie. Elle était composée de quatre vannes dont trois placées à la dérivation de la Solre, la quatrième dans la cour de l’usine. Celle-ci fut agrandie vers 1875 pour fabriquer des garnitures d’étaux et des essieux. En 1900 l’usine appelée l’usine Vautier employait 80 ouvriers. En 1950 c’était une entreprise de construction métallique.

Après le décès de P.F.Dumont en 1864 une nouvelle Société « A.Dumont et Cie » fut créée dans laquelle E.Lesaffre prit le titre d’associé gérant. Cette société devint en 1877 la « Société anonyme des Ets métallurgiques de Ferrière-la-Grande » et E Lesaffe l’administrateur-délégué et le directeur général. Entre 1880 et 1890, les affaires marchaient, la production doublait. L’essor, avant la morosité financière. La Première Guerre mondiale sonna le glas. L’usine, démantelée par l’armée allemande, n’était plus qu’un amas de ruines, au lendemain du conflit

La forge, nommée la Grosse forge ou usine d’En bas, cessa son activité en 1868.Une distillerie fut installée sur une partie des bâtiments de l’ancien fourneau mais détruite à brève échéance en 1871.

Auguste Delattre né à Preux-au-bois en 1837 créa en 1873 les Ateliers de construction sous la raison sociale : « Aug.Delattre et Cie ». Il décéda le 18 décembre 1907. Cette fonderie en 1928 appartenait à la société anonyme des Etablissements Delattre et Frouard réunis, constructeurs à Paris.

Laminoir

Quant au laminoir ou usine d’En haut, la société anonyme des Etablissements Métallurgiques l’acheta vers 1870 à Alphonse Dumont fils de Pierre François maître de forges à Ferrière-la-Grande. Le laminoir fut démoli en 1924.

Usine du Bois Castiau

À quelques kilomètres du Bois Castiau, les Forges et ateliers de constructions électriques de Jeumont (les FACEJ, l’une des plus grosses entreprises françaises de l’époque, filiale de la Société parisienne pour l’industrie des chemins de fer et tramways électriques) ne cessent d’accroître leur production. En novembre 1923, le directeur des FACEJ dépose les statuts d’une nouvelle société, celle des Forges, chaudronneries et tuyauteries (FTC) de Ferrière-la-Grande. Une nouvelle usine, bâtie sur les cendres des Établissements métallurgiques du bois Castiau.

Dès lors, les pièces qui sortent des ateliers des FTC alimentent ceux de la SPIE, des FACEJ et d’autres sociétés belges. Un nouveau départ et une solide réputation en matière de tuyauteries pour centrales électriques, acquise dès 1936. Durant cinquante ans, l’activité bat son plein. L’usine obtient le quasi-monopole sur la fabrication des tuyauteries du premier programme nucléaire français. En 1969, 1 500 ouvriers sont employés aux FTC, devenues depuis peu la SPIE Batignolles.

L’année 1984 vient mettre un terme à l’euphorie. Le nucléaire stagne, obligeant l’entreprise à s’orienter vers les arsenaux. La reprise espérée n’a pas lieu. Le site ferme en 2001. Des armes à la marine, c’est la fin de deux siècles d’activités. Article VDN du 08/08/2015 

Plaque en hommage à Louis Lutaud, Historien de Ferrière-la-Grande (1866 – 1924).
Déversoir de la Digue

Devant le déversoir de la Digue, ayant pour toile de fond la double allée ombragée dont les Ferrièrois étaient si fiers, pose la famille endimanchée : le poète et historien Louis Lutaud, Mme Lutaud née Louise Debrue, et leurs enfants Jean et Simone.

Monastère des Dominicaines
Le Cloitre
L’ancien couvent Avenue du Mal Foch

Le couvent des dominicaines a été construit en 1933 par les architectes Jean et Henri Lafitte, en collaboration avec l’architecte des bâtiments civils Louis Allix. L’édifice est consacré en décembre 1934. L’édifice a été aménagé en maison de repos à la fin des années 90. culture.gouv.fr

L’ancienne gare

Le 29 août 1885, la ligne de chemin de fer Maubeuge – Fourmies est inaugurée. Le tracé passe par Rousies, Ferrière-la-Grande, Ferrière-la-petite, Sars-Poteries, Solre-le-Château, Liessies, Trélon. Au début du XX e e siècle, le chemin de fer prend une importance considérable et dessert la majeure partie des usines de la cité. La section Ferrière-la-Grande – Glageon de la ligne Maubeuge-Fourmies est fermée depuis 1972. En octobre 2003 est inauguré sur son tracé un chemin de randonnée, dénommé « sentier Emeraude ». À la suite de travaux effectués sur un linéaire plus important, (de Ferrière-la-Grande à Glageon), le « sentier Emeraude » est intégré à la « voie verte de l’Avesnois ». L’ancienne gare de Ferrière-la-Grande a été transformée en relais Eco-Vélo.

Portion du sentier émeraude
Ferrière-la-Grande
Ferrière-la Grande