Preux-au-Sart

Preux‑au‑Sart apparaît pour la première fois en 1083 comme domaine foncier de l’abbaye d’Hautmont. Au XIIᵉ siècle, les chartes le montrent comme la paroisse‑mère d’un petit ensemble comprenant Amfroipret et Petit‑Wargnies : en 1163, l’évêque Nicolas confirme “l’autel de Pereuseum avec ses dépendances Amfroipret et Petit‑Wargnies”, et en 1186, ces deux villages relèvent encore de la paroisse de Preux‑au‑Sart. En 1349, le village est mentionné dans le pouillé du diocèse de Cambrai sous le nom de Preus‑lez‑Wargnies, indication purement ecclésiastique qui confirme son existence mais ne renseigne pas encore sur sa situation féodale. Ces mentions décrivent l’organisation religieuse du territoire et ne concernent pas la seigneurie laïque, qui n’apparaît dans les sources qu’à partir du XVe siècle.

C’est au cours de ce siècle que les documents féodaux commencent à mentionner Preux‑au‑Sart dans la mouvance de la seigneurie de Gommegnies. Les dénombrements du Hainaut et les terriers montrent qu’il perdit alors son autonomie pour devenir l’un des quatre villages formant, en 1473, le bloc féodal de Gommegnies avec Frasnoy et Petit‑Wargnies. Cette structure est confirmée par les actes de relief de la même année, lorsque Philippe de Croÿ, héritant de son père Jean, reçut l’ensemble en fief direct du duc de Bourgogne, comte de Hainaut.

Les registres fiscaux de 1469 comptaient 36 feux à Preux‑au‑Sart (environ 150 à 180 habitants), contre 72 à Gommegnies et 45 à Frasnoy. Les habitants versaient cens, champarts et droits de justice au château de Gommegnies, et dépendaient des infrastructures seigneuriales, notamment du moulin de Marchy. Les terriers mentionnent également les ravages qui touchèrent la seigneurie de Gommegnies en 1477, lors des troubles consécutifs à la mort de Charles le Téméraire. Preux‑au‑Sart, alors dépendance directe de Gommegnies, en subit les révisions de droits et les conséquences économiques.

Du XVe au XVIIᵉ siècle, Preux‑au‑Sart continua de suivre les transmissions successives de la seigneurie de Gommegnies : maison d’Esnes (1410), Croÿ (1482), Bonard (1506), Albenbroeck (1539), Helfenstein (1559), puis Hamal (1613), qui fit ériger le fief en comté en 1614 ; en 1617, Guillaume de Hamal est encore cité comme seigneur du lieu. La seigneurie passa ensuite à Van Etten (1626) avant d’être acquise par les Furstenberg (1635).

Cette dernière transmission entraîna le démembrement définitif du domaine : lors du relief de 1635, Frasnoy, Petit‑Wargnies et le fief du Planty de Preux‑au‑Sart furent vendus séparément. La cession du Planty mit fin à la dépendance directe de Preux‑au‑Sart envers la seigneurie de Gommegnies.

Par la suite, André Joseph Boulé (1670‑1727), magistrat valenciennois, receveur du duc d’Arenberg et président du Conseil provincial en 1708, est cité comme seigneur de Preux‑au‑Sart. Il ne semble pas que son gendre, Nicolas Joseph Franeau‑Hyon, époux de Marie‑Catherine Boulé (1710‑1794), ait exercé la seigneurie ; leur fils, Théodore Joseph Franeau de Hyon (1750‑1814), fut en revanche comte de Gommegnies.

Un peu plus tard, le domaine fut acquis par Marie Anne Ignace Françoise de Sars (1726‑1805), épouse de Benoît Dominique de Croeser. Avec ce couple, le régime féodal prit fin à Preux‑au‑Sart, marquant l’entrée du village dans les structures modernes de l’Avesnois.

Église Saint‑Martin de Preux‑au‑Sart

L’église Saint Martin à Preux au Sart Photo Google 2013

Preux-au-Sart
L’église Saint Martin à Preux au Sart. Photo Google 2013

L’église fut rebâtie en 1878 et dédiée à St Martin.

🕍 Présentation générale

Située au cœur du village, l’église Saint‑Martin occupe une légère éminence qui en fait un repère visuel majeur dans le paysage de Preux‑au‑Sart. L’édifice, construit en briques rouges typiques du Hainaut et de l’Avesnois, présente un plan simple et harmonieux : une nef unique, un clocher‑porche occidental massif et un chevet en hémicycle. L’ensemble s’inscrit dans la tradition des reconstructions religieuses rurales de l’Avesnois du XIXᵉ siècle.

🧱 Architecture extérieure

Le clocher‑porche

La façade occidentale est dominée par un clocher‑porche carré, puissant, percé d’une horloge et surmonté d’une flèche octogonale en ardoises terminée par une croix. Le portail, accessible par un escalier encadré de murets en pierre, constitue l’entrée principale du bâtiment. Ce clocher‑porche, massif et élancé à la fois, constitue l’élément le plus marquant de la façade occidentale.

Le chevet

À l’est, le chevet semi‑circulaire est l’une des parties les plus élégantes de l’édifice. Il présente :

  • des baies en plein cintre,
  • un décor de briques en dents‑de‑scie sous la corniche,
  • une maçonnerie soignée.

Ce chevet arrondi, très représentatif du style néo‑roman rural, confère à l’église une silhouette douce et équilibrée.

La sacristie

Une sacristie en annexe nord est accolée à la nef. Elle prolonge discrètement le volume principal et s’intègre dans la composition générale par l’usage des mêmes matériaux et du même vocabulaire architectural.

🪑 Intérieur

La nef unique est éclairée par des baies latérales et couverte d’une voûte lambrissée ou plâtrée. On y trouve :

  • un autel monumental surmonté d’un retable sculpté,
  • une chaire à prêcher en bois travaillé,
  • des colonnes ou pilastres supportant les arcs,
  • un sol en carreaux décoratifs,
  • une composition intérieure sobre mais harmonieuse, typique des restaurations du XIXᵉ siècle.

L’ensemble offre une atmosphère claire, équilibrée, fidèle à l’esprit des églises rurales de l’Avesnois.

Synthèse

L’église Saint‑Martin de Preux‑au‑Sart est un exemple remarquable de l’architecture religieuse rurale de l’Avesnois au XIXᵉ siècle : briques rouges, clocher‑porche massif, chevet arrondi, décor discret mais soigné, et sacristie en annexe nord. Cette notice constitue la première description complète de l’édifice, absente des inventaires officiels.

Autel de Saint Martin. Photo du Ministère de la Culture, Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn

Maitre-Autel avec son tableau l’Adoration des Mages et l’Autel de la Sainte Vierge avec son tabernacle et retable

Chaire à prêcher abondamment ornée. L’abat-voix est indépendant du reste de la chaire et fixé sur l’abaque du pilier de la nef contre lequel se situe la chaire. Il forme un dôme à plusieurs pans.

L’iconographie reste douteuse en ce qui concerne les trois premiers hauts-reliefs énumérés, figurés sur la cuve : l’Eglise serait représentée par une femme couronnée tenant une croix ; la Religion, par une femme portant un crucifix avec l’Enfant Jésus portant dans un panier les instruments de la Passion ; le saint portant un enfant dans ses bras est très probablement saint Joseph.(Base Palissy)

Sont protégés au titre des Monuments Historiques du Nord les trois autels de l’église : l’autel St Martin, (nef latérale sud), le maitre-autel dans le choeur avec gradins, tabernacle, retable et sa toile représentant l’Adoration des Mages et l’autel de la Sainte Vierge (nef latérale nord). Classés également au titre objet les statues de Saint Antoine ermite, Saint Roch, Saint Martin évêque, le Christ en croix, la Vierge à l’Enfant, et le groupe sculpté la Charité de Saint Martin. Ajoutons les lambris du choeur, le confessionnal , la grille de la chapelle des fonts baptismaux et les les fonts baptismaux.

Trois cloches, fondues en 1813, habitent son clocher : Nathalie, Joséphine et Aldegonde, qui tiennent leur nom de leur marraine (Dame Nathalie, épouse Blareau – Joséphine Gosselin, épouse  Jouglet – Aldegonde Cantiniaux, épouse Monchicourt).

La Mairie

Fontaine Rue de l’Église

La fontaine « Pissot » jouissait d’une grande renommée. Les malades du village et des communes voisines recherchaient son eau pour ses vertus médicinales réputées pour soulager  les maux d’estomac.

Le Monument aux Morts de Preux-au-Sart

Érigé en 1921 sur la place, à proximité de la mairie, le monument aux morts de Preux‑au‑Sart est un pilier commémoratif en pierre, œuvre des marbriers Paul Vilain et Émile Doctobre de Gommegnies.

Sa silhouette est dominée par un pot à feu placé au sommet, symbole funéraire classique évoquant la flamme éternelle. La face principale présente une épée croisée avec une palme, associant le sacrifice militaire à la victoire et au souvenir.

Plaque commémorative 1870 sur le mur de l’église

2 calvaires

Calvaire 1852
Calvaire 1852 Le Warpe/ Rue du Centre

Il a été construit par la famille COQUELET qui habitait le Warpe et qui détenait entre 1828 et 1898 toutes les terres avoisinantes au calvaire. Le calvaire étant daté de 1852, Célestin COQUELET cultivateur, charron ° 1798 + 1892 et son épouse Marie Joseph BLAREAU ° 1797 + 1878 en sont les fondateurs.

Calvaire dans le cimetière
Calvaire dans le cimetière. Familles Tacq Lusremant et Tacq Duquesnoy

Le château

Entrée du château

 Le château du village fut construit vers 1771 par Mme de KROEZER selon une pierre dédicacée apposée sur la façade. Il fut en partie détruit au milieu du XIXème siècle par un incendie. Il reste aujourd’hui la ferme du château avec son pigeonnier-porche de brique du XVIIIème siècle.

Ernest CHAMPEAU acheta le château en 1864 et épousa la fille du maire.  Il devint avocat et bâtonnier de l’ordre des avocats d’Avesnes avant d’enseigner le droit.

Le manoir actuel se compose de deux parties. La partie ferme est marquée par le pigeonnier porche tout de brique du XVIII e qui est l’un des plus hauts du département du Nord et qui est caractérisé par un toit en pagode (le XVIII e et l’orientalisme s’accommodaient alors). Ce pigeonnier comprend trois niveaux dont un de combles à près de 19 mètres de hauteur. Source « Châteaux et Maisons-fortes en Avesnois » Claude Lompret Jérôme Chrétien.

Economie

Elle se basa uniquement sur l’agriculture, l’élevage et les activités annexes.

Le Moulin de Quelipont

Les ruines du Moulin de Quelipont

On mentionne un moulin à eau sur l’Aunelle depuis le XIIIème (cascade de Quélipont), détruit en 1918.
Une carte postale datée 1909 le représente en bon état, avec sa chute et son énorme déversoir. Une autre carte le représente en ruine après la Grande Guerre. Il n’est pas restauré et de nos jours ne subsiste que la chute. Découvrez ses propriétaires successifs sur mon site Moulins en avesnois au fil de l’eau

Une brasserie fonctionna aussi au XIXème siècle, la brasserie de Philippe LOUIS. Deux autres brasseries ont existé au début du XX e siècle : celle de Lepoint et d’Albert Brasseur.

Le golf de Mormal

Le golf de Mormal compte 18 trous répartis sur une distance de plus de 6 000 mètres. Il s’intègre parfaitement dans son environnement naturel ; une ancienne ferme de l’Avesnois abrite le club-house.

Vue aérienne du golf de Mormal ADGF