
Neuville-en-Avesnois qui s’appela autrefois Neuville-lez-Salesches a été créé vers le XII e siècle par le comte de Hainaut, à qui appartenait la seigneurie, et qui y possédait une exploitation rurale (nova villa). Comme à Salesches, l’abbaye de Maroilles y possédait un dîmage et le droit de conférer un bénéfice ecclésiastique.
Neuville subit de nombreuses incursions et invasions, notamment au XV e et XIX e siècles.
Au XIXe siècle, le village, principalement rural, avec une majorité de terres exploitées en cultures, comporte cependant de nombreux tisserands confectionnant de la batiste (fine toile de lin ou de coton) :36 métiers en 1789, 31 métiers en 1804.





L’église Sainte‑Élisabeth aurait été bâtie vers 1568, en remplacement d’un édifice plus ancien mentionné dès 1398. C’est certainement l’une des églises fortifiées les plus caractéristiques de l’Avesnois actuel. Elle a conservé presque intégralement son état du XVIᵉ siècle, ce qui en fait un témoignage exceptionnel de l’architecture paroissiale défensive de la région. Voir mon site églises fortifiées en avesnois pour plus de détails et de photos.
L’édifice reprend le plan des églises analogues de la Thiérache : une nef unique, couverte d’une voûte en bardeaux, et un chœur carré légèrement plus étroit. Le portail en plein cintre, rare pour l’époque, est surmonté d’un œil‑de‑bœuf qui éclaire la façade occidentale. La tour carrée du clocher, parfaitement intégrée à la nef, est déjà représentée dans les Albums de Croÿ et jouait alors le rôle de clocher‑donjon, c’est‑à‑dire de tour maîtresse d’observation et de refuge ponctuel.
L’église comporte deux échauguettes, éléments défensifs remarquables et parfaitement conservés. – La première, à l’angle nord‑ouest, est portée en encorbellement sur consoles de grès, maçonnée en brique et coiffée d’une poivrière. Elle est percée de quatre meurtrières. – La seconde, à l’angle sud‑est du chevet, flanque le pignon et porte la date 1576. Elle possède trois meurtrières. Leur disposition opposée permettait une surveillance complète des quatre façades du chevet, assurant la défense passive de l’édifice.
Le cimetière est encore entouré d’un mur d’enceinte, dont le tracé reprend celui visible dans les Albums de Croÿ. Ce mur n’a plus de fonction défensive, mais il témoigne de l’organisation ancienne du site. Les seules modifications notables depuis le XVIᵉ siècle sont le percement de deux baies vitrées dans la nef, ajoutées ultérieurement pour améliorer l’éclairage intérieur.
Cet édifice remarquable est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis le 6 décembre 1984. Il a bénéficié d’une restauration importante de mai à septembre 2015, portant sur la charpente, le clocher, le coq, le cadran et la façade, consolidant ainsi un patrimoine exceptionnellement bien conservé.

La nef unique est couverte d’un vaillant vaigrage, autrement dit une voûte en bardeaux de bois, remarquable par sa conservation et typique des reconstructions de la fin du XVIᵉ siècle dans l’Avesnois. Cette charpente lambrissée repose sur des sablières et des blochets sculptés, dont certains présentent des motifs végétaux. L’ensemble confère à l’intérieur une atmosphère chaleureuse et rustique, parfaitement cohérente avec l’architecture extérieure.



Le chœur carré abrite un maître‑autel du XVIIIᵉ siècle, inscrit au titre objet, comprenant les degrés, le tabernacle et un retable en bois peint et doré. Celui‑ci encadre un tableau du Christ du Sacré‑Cœur, flanqué de statues religieuses.
Selon l’historien local Jean Mossay, ce maître‑autel portait autrefois les armoiries peintes de l’abbaye de Maroilles — tête de cerf et crosse — rappelant la dépendance historique de la paroisse. Ces armoiries ne sont plus visibles dans l’état actuel du retable.
Le mobilier ancien de l’église comprend plusieurs statues protégées :
- –Saint Gabriel (XVIᵉ siècle, classé),
- – Sainte Élisabeth de Hongrie (XVIIᵉ siècle, classée),
- – Sainte Catherine d’Alexandrie (XVIIᵉ‑XVIIIᵉ siècles, inscrite),
- – Saint Pierre en pape (XVIIIᵉ siècle, classé),
- – Saint Druon (XVIIᵉ siècle, inscrit),
- – Vierge à l’Enfant (XVIIᵉ‑XVIIIᵉ siècles, inscrite),
- – Immaculée Conception (XIXᵉ siècle, inscrite).
Les fonts baptismaux du XVIIᵉ siècle, en pierre grise taillée, et la clôture d’autel du XIXᵉ siècle complètent cet ensemble liturgique.

Dans la nef, deux autels latéraux en marbre clair, ornés de colonnettes, d’un décor sculpté et d’une niche centrale, présentent un petit reliquaire sous verre et sont agrémentés de fleurs et d’ex‑voto.
- – À gauche, l’autel porte une statue d’une sainte en robe brune (peut-être Sainte Élisabeth de Hongrie).
- – À droite, se trouve la Vierge Marie portant l’Enfant Jésus, statue non protégée mais très présente dans la dévotion locale.
Ces autels latéraux, probablement ajoutés au XIXᵉ siècle, enrichissent la nef sans altérer la lecture de l’édifice du XVIᵉ siècle.
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Le Monument aux Morts de Neuville-en-Avesnois est une chapelle, ornée d’une croix latine pattée au sommet et décorée de guirlande avec couronne de lauriers.


La mairie et l’école datent de 1883.

La brasserie Dreum a été créée en 2005 par Jérôme Dreumont. Consulter ici son site.