Vieux-Reng

Vue aérienne de Vieux-Reng
Communes limitrophes de Vieux-Reng

Vieux-Reng a été une station préhistorique puis gallo-romaine et enfin franque d’après des fouilles entreprises en 1845.
Le nom même indique une fortification. « Reng » vient du nom « Ring » : circonvallation, qui est une ligne de défense continue établie par les assiégeants, dans la direction opposée à la cité ou au camp qu’ils assiègent.

Le village dépendait autrefois de l’abbaye d’Hautmont et aussi des seigneurs d’Avesnes, qui se disputèrent longtemps les privilèges seigneuriaux. 

Il est traversé par la rivière la Trouille qui prend sa source au hameau voisin de Lameries. Ce hameau rattaché en 1822 à Vieux-Reng, est frontalier de la commune belge d’Erquelinnes dont fait partie le village de Grand-Reng.

L’église de Vieux-Reng


Fichier:Vieux-Reng dos eglise.JPG
Le chevet de l’église

L’église est dédiée à St Cyriaque. Elle date du XVII e siècle et a été restaurée en 1868.

Plafond rénové Photo L’Observateur 21/03/2017

Les plafonds s’effondrant suite à des dommages de la seconde guerre mondiale,(bombardements du pont de la rivière) l’église fut entièrement rénovée à partir de 1983 et ce pendant 14 ans par l’Association de Restauration de l’Eglise (association de bénévoles).
400M2 de nef ont été posés. Une totale réfection des plafonds a été réalisée pour un résultat impressionnant. Un arc en métal a été posé pour soutenir les voûtes des autels latéraux. La sacristie a été entièrement refaite, le chemin de croix a été restauré au micro-pistolet, etc. .La toiture du clocher a été refaite quant à elle par une entreprise.

Photo Mairie

Elle abrite plusieurs pierres tombales rappelant le souvenir des curés du lieu et des principaux censiers de la Cour aux XVII e et XVIII e siècles.

Bâtiment Mairie Ecole reconstruit dans les années 1950 avec un étage afin de scolariser l’ensemble des élèves de la commune.
La Salle des Fêtes construite dans les années 1930. Elle fut rénovée il y a une vingtaine d’années et la commune en a profité pour y mettre contiguë une salle de sport (Equipe de Volley Ball).
Le Kiosque à musique de 1925
Le Monument aux Morts sur la Place Raoul Henri

Cette place a été rénovée en 2010 avec création d’un espace vert. Elle doit son nom à un agriculteur de Vieux-Reng qui a fait don d’une quinzaine d’hectares à la commune.

Calvaire au hameau de Lameries
Calvaire au hameau de Lameries

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Le puits communal permet aux agriculteurs de venir chercher de l’eau pour leurs troupeaux. Quant à la cascade, elle est artificielle, ayant été aménagée lors de la production après guerre d’électricité par une turbine située dans une habitation voisine.

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Cette localité avait la particularité de posséder quatre moulins dont un sur le Ruisseau de l’Hôpital et trois sur la Trouille.

Vieux-Reng

Le Moulin de Lameries :

Cette rivière, au hameau de Lameries, faisait tourner un moulin situé face à l’église. Louis Ferrand + 1801 époux de Marie Victoire Paveau + 1818 en était le meunier. En 1801 ses trois enfants héritèrent d’une maison avec le petit moulin.

Alexandre Rochefort, meunier, fut le propriétaire suivant (cadastre de 1844).  Sa veuve souhaita vendre en 1851 ce moulin à blé à deux tournants. Vincent Bureau et Vincent Kaupermann en furent les acheteurs. Alexandre Lauthier le détenait en 1873 puis Antoine Coupermanne marié à Odile Bouillez en 1880. Le moulin n’était déjà plus qu’un bâtiment agricole et la maison fut achetée vers 1892 par Pierre Dereme, instituteur à Grand-Reng. Vers 1905, Marie Vergucht épouse d’Omer Delacroix en fit un café.

Le Moulin du Village :

La cascade (Photo Chatsam)

Situé près de l’église, ce moulin appartenait déjà au XII e siècle à l’abbaye d’Hautmont.

Ce moulin a fait, au cours des siècles, l’objet de plusieurs transformations. En 162o, les religieux de Saint-Pierre firent agrandir le bief. En 1629, un procès se termina par l’obligation pour l’abbaye de faire élargir et approfondir le canal servant à amener l’eau au moulin. Un siècle plus tard, les moines d’Hautmont s’entendirent avec le seigneur de Vieux-Reng, M. Camisel, pour faciliter l’écoulement des eaux dans la localité. En 1755, le moulin était exploité par Nicolas Dubois et sa sœur Thérèse. Nous savons qu’il s’agit d’un « moulin à deux tournans, avec les usines et cours d’eau, maison, étable, jardin, un demi-bonnier de pâture, tenant à la Trouille, un journel d’étang servant à l’amas d’eau tenant à la venteillerie du moulin aboutissant à la rivière ». La mouture était au seizième. Le meunier rendait chaque année 220 livres, un porc gras et 9 muids de « verreux » à Saint-Pierre d’Hautmont.

En 1781, l’exploitation que nous venons de décrire était affermée à un meunier de Solre-sur-Sambre, Charles-Joseph André. L’ensemble des constructions était en mauvais état : « comme les édifices du moulin tant corps de logis que la grange, étables, digues et autres sont fort négligés et détériorés, les abbé et religieux promettent de les réparer et mettre en bon état, de même que tout ce qui est jugé défectueux et hors de service par la visite des experts qu’en a été faite le 16 février de la présente année 1781, excepté le bief que le preneur s’est obligé de nettoyer et mettre en bon état à ses frais ».

En 1797 Charles André + 1824 et sa femme Célestine Moreau + 1819 le possédait. Ce couple avait également le moulin de la Salmagne sur le ruisseau de l’Hôpital. A leur décès, le moulin à deux tournants actionnant chacun une paire de meules revint à leurs enfants dont l’un d’eux Charles Alexandre (1780 1819) fut meunier. A leur tour son fils Adolphe (1808 1857) puis son petit-fils Jules Valentin (1841 1888) apprirent le métier. Joséphine Constance Pierart, veuve de Jules Valentin, poursuivit l’activité de meunière jusqu’en 1914. Le moulin fut démoli en 1920 suite aux dégâts occasionnés par la guerre. Il ne reste plus que la cascade.

Le moulin de la Frêle :

Le moulin de la Foulerie ou de la Prêle

A la sortie du village, non loin de l’actuelle école de parachutisme, se mouvait une foulerie qui en 1810 était déjà un moulin à farine appartenant à la veuve Boulard, rentière à Aix la Chapelle. Alexandre Mercier + 1814 en était le meunier. Sa veuve Joséphine Odille Bosquet + 1847 l’acquit vers 1815. Il n’avait qu’une roue mais deux paires de meules. Une de ses filles Caroline (1815 1882) marié à Florent Gérard (1802 1847) puis remariée en 1849 à Usmer Félix Bosquet (1820 1857) y habita et fut à la fois cultivatrice et meunière.

Le moulin dit de la Foulerie fut mis en vente en 1870 et acquis par Timoléon Gillot + 1894 époux de Laure Marie Arnould. Le fils Albert Gillot décéda en 1963 et l’activité du moulin servant à la mouture pour animaux cessa alors. Les bâtiments de briques en L sont toujours visibles de nos jours sur la D 28 au 116 rue de Maubeuge. L’étang quant à lui a été asséché vers 1970.

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Vieux-Reng

Le ruisseau de l’Hôpital délimite sur 600 mètres Villers-Sire-Nicole et Vieux-Reng et faisait tourner le moulin de la Salmagne. Celui-ci dépendait de l’abbaye de Bonne Espérance située dans la section de Vellereille-les-Brayeux de la commune d’Estinnes, en Belgique, à 6 km au sud de Binche.

Il était loué en 1755 à Nicolas Dubois et à sa sœur Thérèse et était à deux tournants. En 1781 Charles Joseph André le reçut par fermage.Il était dans un état de délabrement tel qu’il fut rebâti vers 1785.

Il fut vendu comme bien national en 1797 à Louis Cousin. Comme ce fut souvent le cas, cet acquéreur de biens nationaux le revendit très vite et en 1810 Jean Joseph Chrétien Mercier (1777 1841) marié à Pauline Leclercq (1774 1829) le détenait. Ses enfants Rose, Jean Baptiste et Nicolas en héritèrent. Nicolas (1798 1859) et son épouse Appoline Riche (1809 1885) furent meuniers. Un de leur fils Léon Nicolas, célibataire (1838 1859) travaillait au moulin. Leur autre fils Léopold (1840 1880) marié à Amandine Hanquart eut deux enfants, Albert et Léon tous deux meuniers. En 1894, ces derniers demandèrent à l’administration des Douanes l’autorisation de conserver leur moulin à farine et obtinrent une réponse favorable. En 1922 Léon Mercier était toujours meunier à La Salmagne. De nos jours le ruisseau ne passe plus au moulin qui est devenu une habitation. Celle-ci se compose d’une habitation en L sur deux étages de maçonnerie et un étage de combles. Quant à la ventellerie elle est marquée par un pont de pierre de deux arches du XVIII e siècle.

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Brasserie Grenier Ministère de la culture – base Mémoire

De source orale la brasserie Grenier, aussi appelée la Renommée, aurait été fondée dans la deuxième moitié du 19e siècle. Elle fonctionne jusqu’en 1964-1965. Puis elle est convertie en dépôt de la brasserie Bouchard de Saint-Amand-les-Eaux (59). Actuellement la brasserie est désaffectée. 
En 1927 l’usine produisait 8000 hectolitres ; en 1946 la production était de 6000 hectolitres de bière de fermentation haute. 
En 1946 la brasserie employait 4 ouvriers. culture.gouv.fr

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On voit encore aux environs de l’église une ferme ancienne :

Cense de la Court Saint-Pierre

La cense

Dans le village de Vieux-Reng, l’abbaye d’Hautmont détenait dès le début du XII e siècle l’église, le moulin et la Court Saint-Pierre.

La Cense de la Court était la plus grande ferme du Grand Hautmont avec la Cense de Forest. L’exploitation couvrait 165 hectares.

Au XVII e siècle les Moreau en étaient les censiers. Au XVIII e siècle, l’exploitation gérée par les Watteau comprenait 33 parcelles : 8 pièces de prés et pâtures couvrant 33 bonniers, un demi-journel et 3 quarterons.

D’après le bail de 1751, Jacques Liévin Watteau, laboureur, tenait à ferme la maison de cense avec grange, étables et bergeries, plus la dîme à Vieux-Reng (la onzième gerbe). Il rendait annuellement à l’abbaye d’Hautmont 775 livres en espèces, d’importants rendages en nature, par exemple plus de 16 hectolitres de grains (froment, verreux, soucoron, épeautre et avoine) et 15 animaux !

Le fermier d’Hautmont à Vieux-Reng devait encore plus de 2 hectolitres de grains et 53 écus de 48 patars pour supplément de portion congrue au curé de Vieux-Reng. Il devait entretenir le chœur de l’église paroissiale, voiturer 20 cordes de bois (plus de 200 stères) et 3000 fagoteaux pour le compte de l’abbaye et accomplir plusieurs jours avec ses chariots.

En 1775, Louis Watteau remplaça son parent et le rendage en espèces passa à 1375 livres !…

Le 29 Thermidor An V (16 Août 1797) la ferme appartenait à Delier Anniaux (ADN 1 Q 122). Il s’agit selon moi du couple Delier Ansiaux et plus précisément de Jacques Antoine Delier né à Bernisart dans le Hainaut belge, marchand marié en 1750 à Marie Antoinette Ansiaux née en 1731 à Mons; le couple demeurant dès 1751 à Condé sur Escaut.

Cense de la Court Saint Pierre (face à l’église)

Une autre cense :

La ferme de la Salmagne

Au sud-ouest de Vieux-Reng se trouve la ferme de la Salmagne. La Salmagne formait autrefois une enclave de la commune de Vellereille-lez-Brayeux, prévôté de Binche et relevait de l’abbaye de Bonne Espérance. Elle parait avoir été donnée à ce monastère lors de sa fondation, en 1125, en même temps que le village dont elle dépendait. C’était une ferme importante composée d’une « maison manaule avec salle basse, chambres, cuisine, laiterie et lardier, loge, greniers, forge, carlerie et prison ». Elle était entourée de son vivier, de ses champs et de ses bois. Un moulin appelé moulin de Mairieu dénommé de nos jours le moulin de la Salmagne était sous sa juridiction. (Archives de l’Abbaye de Bonne Esperance transcrites en 18 volumes par l’abbé Englebert Maghe en 1778)

Le 21 Thermidor An IV (8 Août 1796) Constant Godefroy acheta la ferme de la Salmagne alors dite sur le territoire d’Elesmes (ADN 1 Q 23 liasse 1180). Constant Joseph Godefroy né en 1754 à Avesnes-sur-Helpe, marié à Marie Louise Pillot, était Trésorier Massard, puis au décès de son épouse en 1803 Inspecteur des eaux et forêts.

Le 25 Frimaire An VI (15 décembre 1797) cette cense toujours citée sur Elesmes fut acquise par un dénommé Manfroy (ADN 1 Q 33 liasse 3296). Il s’agit à cette date d’un achat de la ferme par cette famille Manfroy qui occupait les lieux depuis le XVII siècle. En effet, Nicolas Manfroy (1667 1756) était « Fermier des Mr de Bonne Espérance ». Son fils Philippe François (1702 1755) était également dit » censier et Fermier des Dames de Bonne espérance ». Le rachat de 1797 pourrait être à l’initiative d’un de ses fils à savoir Philippe François né en 1751, laboureur marié en 1781 à Catherine Ducarne.

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La ligne de la Trouille et le camp de Givry

Au moment du siège de Mons, Louis XIV avait fait établir une ligne de défense qui suivait la vallée de la Trouille depuis Mons jusqu’à Erquelinnes. Elle profitait des accidents de terrain et d’anciennes fortifications comme le camp romain de Rouveroy. Des vestiges de cette ligne Maginot de l’époque se voient encore aujourd’hui. 

En 1692 le roi passa sur cette ligne une revue qui fut célèbre et qu’on appela la Revue du camp de Givry. A vrai dire, elle s’étendit bien au-delà du village belge de ce nom. Les troupes françaises étaient massées dans la vallée de la Trouille depuis Mons jusque près de Jeumont.

Le poète Jean Racine, qui était alors l’historiographe du roi, a donné un récit de cette revue somptueuse, qui ne manqua pas de le fatiguer :

« Je commençai à onze heures du matin à marcher. J’allai toujours au grand pas de mon cheval, et je ne finis qu’à huit heures du soir. Enfin, on était deux heures à aller d’un bout d’une ligne à l’autre. J’étais si étourdi d’entendre tambours, trompettes et cymbales, si ébloui de voir briller des épées et des mousquets que je me laissai conduire par mon cheval sans avoir d’attention à rien. J’eusse voulu, de tout mon cœur, que tous les gens que je voyais eussent été dans leur chaumière ou dans leur maison, avec leur femme et leurs enfants, et moi dans ma rue des Maçons, avec ma famille… ».

Source du texte : Jean Mossay « En flanant dans l’avesnois »

Les vestiges de cette ligne de la trouille sont visibles au-dessus de la rive gauche de la Trouille entre l’étang du Peignage, la Foulerie et le CD 159 où l’on suit les deux lignes de retranchement avec leurs redans et les cavaliers de la ligne haute. Source UTEL.

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Bloc 2 de l'ouvrage, construit sur la partie sud de l'ancien fort.
Le Fort de la Salmagne

La Salmagne est une des rares endroits où on peut voir – sur un même site – des fortifications Séré de Rivière et Maginot.

Le petit ouvrage d’infanterie de la Salmagne est composé de deux blocs de combat à deux étages, reliés à 30 mètres sous terre par un couloir de 150 mètres donnant accès au casernement. Cet ouvrage est visitable dans son intégralité.
A l’extérieur, des vestiges du fort Séré de Rivière sont encore visibles.

Source : Le fort de la Salmagne

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L’aérodrome de la Salmagne Photo tourisme-avesnois.com

L’aérodrome de Maubeuge-Elesmes, localement connu sous le nom aérodrome de La Salmagne, est situé à cheval sur le territoire d’Élesmes et de Vieux-Reng.

Le blason de Vieux-Reng : De gueules à une étoile à douze rais d’or