* Le temps des pommes dans les vergers de l’Avesnois

L’Avesnois est dès le XIX e siècle et ce jusque dans les années 1950 un terroir de tradition fruitière (pommes, poires, prunes, cerises). Les herbagers et les éleveurs rentabilisent alors les prairies pâturées en y intensifiant la plantation de fruitiers et notamment de pommiers. Ils ont en effet acquis une forte expérience de cette activité pomologue puisqu’ils la pratiquent déjà depuis plusieurs siècles.

Les pommiers sauvages sont effectivement déjà présents dans la région au XV e siècle avec un commerce de fruits mentionné à Maroilles en 1449 (1) et en 1483 (2) , l’abbaye percevant les 2/3 des menues dîmes sur les arbres fruitiers. A Liessies un forestier chargé de la surveillance du domaine des moines impose aux contrevenants une amende de 60 sous pour les pommiers et néfliers qui seraient abattus sans autorisation (3). En 1623, l’abbaye de Liessies vend les fruits de son jardin conventuel (4).

Album de Croÿ Béllignies

Les Albums de Croÿ (1598-1601) (5) représentant les communes de l’Avesnois révèlent la forte présence des fruitiers. C’est notamment le cas dans les villages d’Amfroipret, de Beaurieux, de Bellignies, d’Etroeungt, de Larouillies, de Neuville-en-Avesnois, de Rombies, de Taisnières-en-Thiérache et de Noyelles-sur-Sambre (6). Ces gouaches d’Adrien de Montigny contribuent à montrer selon G Sivry les caractères d’un paysage complanté traduisant à ces vergers une « spécialisation artificielle, voulue, de l’activité rurale, se signalant dans la nature des essences et de leurs progrès grâce à des sélecteurs et à la greffe » (7). La tradition arboricole fruitière de l’Avesnois est donc incontestable, notamment à l’ouest, à l’est et au sud du territoire.

En 1804, l’inventaire rédigé par le préfet Dieudonné confirme l’importance du fruitier sur le territoire de l’Avesnois, précisant que l’Avesnois jouit au début du XIXe siècle d’une réputation importante en matière de pommes : pommes Bon-Pommier, Court-Pendu, Belle-Fleur, Reinette de France.

L’étude des cadastres napoléoniens de la région démontre cependant que la structure paysagère des vergers n’est pas homogène sur le territoire : Les communes de Mecquignies, de Bousies, de Louvignies-Quesnoy, de Villers-Pol connaissent la plus forte concentration de vergers et plus au sud; les communes de Bousies, Preux-au-Bois, Robersart et Fontaine-au-Bois forment un ensemble productif cohérent et diversifié (8).

Dès 1870, de grands centres exportateurs vers l’Allemagne et la Belgique sont présents à Avesnes-sur-Helpe, Le Quesnoy ou Bavay. Une variété de pomme est souvent citée : la pomme du bon pommier qui est consommée crue, cuite ou séchée.

En 1884 des variétés se trouvant dans la région de Fourmies sont proposées par des pépiniéristes : gros bonne ente, petit bonne ente, court pendu, de Marais et pommes à cidre (9).

Cueilleurs de pommes

En 1899 dans la région d’Avesnes-sur-Helpe et de le Nouvion en Thiérache, ville limitrophe du sud de l’Avesnois, les pommes sont cueillies à la main, achetées sur place par les Allemands qui en fabriquent un excellent et très recherché « vin de la Moselle ». Les arbres fruitiers sont des espèces locales et exclusivement comestibles (Double et petit Bonne-Ente, Baguette, Richard, Court-Pendu rouge et plat (10).

L’Avesnois possède également une grande variété de pommes à cidre, la marais appelé également la pomme de fer détruite par le gel en 1880 (11). La pomme du Marais, d’aspect vert, assez spécifique par son acidité, est une des variétés les plus rustiques du terroir. Elle est réservée à la cuisine (pâte à pommes) ou à faire du cidre sec . Celui-ci vient assez souvent en mélange pour faire un cidre corsé qui est alors exporté en grande quantité vers l’Allemagne. Ses qualités de très bonne conservation sont telles que les herbagers racontent que la marais est conservée en silos, recouverte de paille et de terre et que dans ces conditions on la retrouve intacte en avril-mai, prête à être commercialisée.

Cueilleurs de pommes dans les vergers de l’Avesnois (Photo Le Grand écho du Nord de la France)

En 1904 la région d’Avesnes a « maintenant des plantations de pommiers (à cidre) un peu partout (12). Ils sont plantés en bordure le long des propriétés, des routes et des avenues, ou en plein dans les prairies naturelles, les herbages et les pâturages. Ils vivent très longtemps et atteignent des dimensions extraordinaires. Parmi ces variétés figurent l’espèce « petite bonne ente ou bien l’arbre de la variété « Armagnac ». L’Avesnois dispose des meilleurs pommes à cidre selon Eugène Leroux (13) : article complet en bas de cet exposé.

En ce début du XX e siècle le quotidien « Le Guetteur de Saint-Quentin et de l’Aisne » (14) nous dévoile les nombreuses variétés de greffons contemporains existants : Amère Lenain, Angers, Armagnac, Baguette, Bel égrain, Belle fleur blanche. Blanche Loiseau, Bonne ente belge, Bonne ente noire, Bonne ente ordinaire, Bonté, Berrichon ou Normande jaune, Busset, Brunètte, Calville rouze, Carizi blanc, Corbeau, Court pendu ordinaire. Court pendu rouge, Coupette rouge, Coupelle grise, Double Bonne ente, Double Belle fleur, Doux à côte, Doux montant, Ente, Essence de Lemé, Fer, Fertile de Courcelles, Grisette, Gros Oignon, Guillaume ou Fosse, Marais, Mariée, Normandie vert, Normandie jaune,Oignon Pierson, Petite Bonne ente, Petit Plat doux blanc, Plat doux rouge, Reinette de France, Reinette dorée, Reinette pigeon, Reinette douce, Richard, Rouge du Moulin, Rousse de la Bouteille, Scarlatine, Turque, Vache etc.

Après la Première guerre mondiale, la production de pommes varie d’une année sur l’autre.

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Les herbagers du Nord se plaignent de la mévente des pommes en 1923. Les récoltes de 1921 et 1922 ayant été exceptionnellement abondantes, des millions de Kilos de pommes se perdent dans l’Avesnois l’année suivante provoquant mévente et effondrement des prix (15) : article complet en bas de cet exposé.

Cette mévente a plusieurs causes : l’interdiction d’exportation en direction de l’Allemagne, mais surtout suite à la clémence de l’hiver 1922-23 la surabondance des fruits à laquelle s’ajoute la difficulté d’écouler les stocks précédents.

La situation de mévente se renouvelle en 1934.

Les prix sont dérisoires à la ferme. Cette situation devenant insoutenable pour les producteurs, le journal Le Grand écho du Nord de la France du 22 octobre 1934 relate les faits et titre « Nourrira-t-on le bétail avec des pommes ? Prix dérisoires à la ferme pendant qu’en ville on paie beaucoup trop cher » (16) : article complet en bas de cet exposé. L’auteur de l’article s’indigne des très bas prix des pommes (80 fr en moyenne les 100 kilos.) offerts aux herbagers angoissés de leur récolte pléthorique tandis que les consommateurs en ville peuvent acheter ces mêmes pommes au prix de un franc 25 le 1/2 kilo.

A cet article s’ensuit quelques jours plus tard une réponse des approvisionneurs à travers une lettre de M. Elie Isbled, président de la Chambre syndicale des Approvisionneurs en fruits, primeurs, légumes de Lille et des environs. La lettre a pour intention de défendre les négociants et les commerçants. Selon M Isbled les prix seraient bien supérieurs si les producteurs « soignaient et traitaient leurs arbres ». Bref un plaidoyer à Produire du « FRUIT DE QUALITÉ » grâce aux traitements chimiques !…(17) : article à retrouver en bas de cet exposé.

« Traitez vos arbres fruitiers vous aurez de nombreux et beaux fruits » Publicité à la fin de la lettre parue par M Isbled !… Journal de Fourmies du 24 Sept 1938

Cet éloge panégyrique aux traitements chimiques se rencontre également en 1938. M Lenfant, professeur spécial d’horticulture, M Vandamme, directeur- adjoint des services agricoles du Nord, M Maréchal, directeur de la Coopérative fruitière visitent certains vergers de l’Avesnois et mettent en exergue la qualité de ces vergers et les résultats obtenus en terme de production à la suite des traitements auxquels ils ont été soumis. « Aujourd’hui, chez les herbagers qui ont suivi le progrès,on enregistre des récoltes allant de 20.000 à 50.000 kilogr. de pommes. Que la leçon des faits soit utile à chacun ! » (18) : article transposé en bas de cet exposé.

Force est de constater que l’incitation au traitement des pommiers est active. Les méthodes employées ne sont pourtant pas écologiques. Il semble cependant que le traitement des vergers de la Groise, de Maroilles, de Bas-Lieu, de Floyon reste l’exception et que le bon sens d’une grande majorité de nos concitoyens de l’époque les incite à reproduire les méthodes écologiques de leurs aïeux.

Photo aérienne des environs de Prisches en 1940 : vous remarquerez l’abondance des pommiers dans les pâtures. Photo IGN Remonter le temps

Après la Seconde guerre mondiale, la mécanisation s’intensifie dans notre bocage avec l’arrivée des tracteurs et des machines dont l’utilisation n’est guère favorisée avec tous ces pommiers qui commencent à gêner. A ceci vient s’ajouter la crise cidricole des années 1950 1960. Les arrachages de pommiers s’accélèrent et se généralisent à toute notre région. Ces sentinelles de nos pâtures disparaissent à jamais de nos paysages.

Cependant tout espoir de les voir revenir n’est pas perdu, ne serait-ce que dans une moindre proportion et ce grâce à la prise de conscience dans les années 1980 de perpétuer la présence des pommiers avant qu’ils ne sombrent dans l’histoire. Ainsi en 1984 des inventaires sont menés sur le territoire mettant en évidence l’importance de la richesse variétale fruitière du Nord/Pas-de-Calais et l’urgence de sauvegarder ce patrimoine exceptionnel.

Le verger conservatoire régional de Villeneuve d’Ascq, créé depuis 1985, regroupe l’essentiel des variétés retrouvées. Le centre régional de ressources génétiques (CRRG) gère ce conservatoire (19).

Le Quesnoy: le verger conservatoire, fruit d'une expérimentation unique  d'une décennie déjà - La Voix du Nord
Le verger conservatoire de Le Quesnoy Photo La Voix du Nord 2016

En 2006 la ville de Le Quesnoy crée sur une parcelle de 4,6 hectares son verger haute-tige avec le soutien du PNR de l’Avesnois et la Communauté de Communes du pays de Mormal et du Centre régional de ressources génétiques. Les arbres plantés en 2006 sont produits par un pépiniériste partenaire du CRRG aujourd’hui en retraite, les pépinières Wuilque à Authion (Aisne). Le verger compte 279 variétés de pommes à couteau, à cuire et à cidre, toutes inventoriées, prospectées et rassemblées par le CRRG à partir de 1980. Les fruits d’été y côtoient les variétés de longue conservation, comme la « pomme de Marais » ou la « Gosselet » qui se conservent presque d’un an sur l’autre.

Le verger conservatoire de Maubeuge et son zoo Photo Tourisme en Avesnois

Toujours en 2006 Le verger de Maubeuge s’implante sur une parcelle, propriété de la commune, qui héberge l’ensemble des installations de la Ferme du Zoo. On retrouve deux vergers : le premier juste derrière la ferme est un verger communal mis en place par la ville sur environ 1 hectare, sa vocation est avant tout pédagogique en présentant au public quelques variétés courantes de la région Hauts-de-France. Le second situé en bas de la parcelle est le verger conservatoire proprement dit. Il s’étend sur une surface de 3 hectares et 5 centiares et comporte 196 variétés : 74 variétés de poiriers, 61 de pruniers, dont la célèbre prune de Floyon, 60 variétés de cerisiers, dont les cerises de Jolimetz et de Preux au Bois. Tous les arbres ont été produits par les pépinières Delsert à Bourlon (59). Ce verger est planté avec l’aide des agents techniques de la commune. Les chantiers de suivi et traçabilité des greffages en pépinière, de piquetage, de plantation et de mise en place des protections contre les bovins ont été supervisés par les techniciens du CRRG(20).

De plus afin de relancer la filière menacée, des agriculteurs du territoire se fédèrent en 2008 au sein de l’association Vergers hautes tiges de l’Avesnois (21). S’ensuit alors la naissance d’un projet commun de territoire dans le cadre de la marque « Produit du parc naturel régional de l’Avesnois », la promotion du jus de pommes issu de vergers hautes tiges, non traité et élaboré à partir de variétés traditionnelles locales, l’établissement d’un partenariat étroit et permanent avec le Parc naturel régional de l’Avesnois (P.N.R.A.) et Espaces Naturels Régionaux – Centre Régional de Ressources Génétiques (C.R.R.G.).

Jus de pommes « haute-tige » marqué « Valeurs Parc naturel régional »

Avec ses 750 ha de vergers hautes-tiges, et une production que l’on retrouve sur tous les étals du territoire, la filière arboriculture se structure et se développe.Le territoire compte une dizaine d’arboriculteurs professionnels en bio, regroupés en association et promus par la marque « Valeur Parc » (22). 20 000 bouteilles de jus de pommes, de pommes-poires, de pommes-mûres et de cidre sont produits en 2013 par les producteurs de l’’association « Vergers hautes tiges de l’Avesnois » (23). Ils produisent collectivement des jus de qualité répondant à un cahier des charges précis (24) :
– Les fruits proviennent exclusivement de vergers haute tige pâturées.
– Les arbres ne sont pas traités.
– Les pommes sont cueillies et pressées à maturité.
– Une sélection des variétés rustiques et locales est opérée en lien avec le CRRG afin d’obtenir un jus équilibré et aromatique.
Les pré-vergers ayant obtenu la marque du parc se situent majoritairement à l’ouest et au sud du territoire, certains arboriculteurs vendant directement leur production aux consommateurs en vue de promouvoir le produit local. A ce jour il n’existe aucune structure de production fruitière dans le Val de Sambre – Nord de l’Avesnois -, région fortement industrialisée.

Carte des producteurs de l’Association « Vergers hautes tiges de l’Avesnois »
Carte reproduite à partir de celle de la Carte Agroforesterie de Marie Delcourte.

Il faut également souligner l’importance du rôle que jouent des associations locales telle que l’association « Croqueurs de pommes de l’Avesnois-Thiérache » (25) qui œuvre à la sauvegarde des variétés anciennes de terroir, par l’usage de ces variétés (fruits de table, fruits à jus, à cidre, ou pour l’eau de vie et réalisation de recettes de cuisine), mais aussi par la mise en place d’ateliers d’arboriculture visant à transmettre les techniques de multiplication et de greffage des arbres.
Notons enfin une excellente initiative du Parc naturel régional de l’Avesnois qui propose chaque année de commander des arbres et notamment des pommiers d’essences locales (26). Cette très louable démarche permet ainsi de pérenniser les anciennes variétés de pommiers de notre région. Voir ci-dessous les principales espèces mises à disposition des habitants de l’Avesnois.

Conclusion
Le pommier fait parti de notre patrimoine et de notre histoire locale. Il a failli disparaitre mais grâce à la bonne volonté de certains passionnés il renait depuis quelques décennies. Sa filière est à la fois économique avec une certaine rentabilité et écologique. Il réalise une valeur ajouté sur une prairie tout en préservant un patrimoine génétique. Il est enfin le symbole d’un paysage « hérité » que nous souhaitons tous revoir dans chacune de nos communes.

Sources :
(1) ADN 11 H 37 f°28r°.
(2) ADN 11 H 46 f°10r°
(3) Commission Historique du Nord, t. LII, Lille, ADN 2005 p 13 -21 G Sivéry, « Arbres fruitiers, vergers et paysages complantés au Moyen Âge dans les régions de Lille, Valenciennes et Avesnes », , p. 19.
(4) ADN 9 H 1009 f°5v°.
(5) Duvosquel, J.-M., Albums de Croÿ : prévôtés de Maubeuge, Bavay, Quesnoy et Landrecies, t. 9, Bruxelles, Crédit communal de Belgique, 1989.
(6) Marie Delcourte : L’arbre fruitier en Avesnois : le « passeur de mémoires» (XIVe-XXIe siècles) 2017 paragraphe « Une tradition arboricole fruitière ancienne »
(7) Ibid (3) p 19
(8) Ibid (6)
(9) Journal de Fourmies du 23 novembre 1884 (10) Journal de la ville de Saint-Quentin et de l’arrondissement, 12 octobre 1899
(11) https://www.terascia.com/les-vergers-de-thierache/
(12) L’acclimatation des animaux et des plantes 24 janvier 1904
(13) Ibid (12) Les meilleures pommes à cidre transcription de l’article de Eugène Leroux secrétaire de la section départementale de l’Aisne du Syndicat Pomologique de France
(14) Le Guetteur de Saint-Quentin et de l’Aisne, 22 mars 1903
(15) Le Réveil du Nord, 27 février 1923 La Mévente des pommes Marcel Polvent
(16) Le Grand écho du Nord de la France 22 octobre 1934 Nourrira-t-on le bétail avec des pommes ? Prix dérisoires à la ferme pendant qu’en ville on paie beaucoup trop cher. Albert Deudon
(17) Le Grand écho du Nord de la France 27 octobre 1934 La question des pommes Le point de vue des approvisionneurs
(18) Le Journal de Fourmies 24 septembre 1938 Aujourd’hui, chez les herbagers qui ont suivi le progrès,on enregistre des récoltes allant de 20.000 à 50.000 kilogr. de pommes Que la leçon des faits soit utile à chacun !
(19) Pommes de l’Avesnois – 2c2m : Le Favril Les pommes en avesnois : un grand patrimoine méconnu…
(20) Le verger conservatoire des Hauts-de France
(21) Entre relance et renouveau de l’arboriculture fruitière en Avesnois-Thiérache et en Wallonie
(22) Le Parc Naturel Régional de l’Avesnois – Territoires Bio
(23) liste producteurs de l’association « Vergers hautes tiges de l’Avesnois ».
Benoît BOUCNEAU à Beaufort – Tél : 03 27 62 19 58
Jean-Paul BRUNELET à Petit Fayt – Tél : 03 27 57 27 78
Gérard DELVA à Ors – Tél : 03 27 77 63 01
Gilles DRUET à Saint-Aubin – Tél : 03 27 59 29 89
Martine DUBOIS à Jolimetz – Tél : 03 27 27 67 80
José HARBONNIER à Gommegnies – Tél : 03 27 49 86 31
Bruno LENGLET à Le Favril – Tél : 03 27 77 15 06
Thierry MEURANT à Robersart – Tél : 06 15 25 73 93
Anthony PIAZZA à Maresches – 06 76 28 32 18
Christelle CONTESSE à Boulogne-sur-Helpe – 03 27 58 07 99
Brigitte PAUCHARD à Beaurepaire – Tél : 03 27 77 95 82 (Ferme des Hurettes à Beaurepaire)
(24) Parc naturel régional de l’avesnois : 20 000 litres produits cette année
(25) Croqueurs de pommes de l’Avesnois-Thiérache
(26) Plantons le décor associée à « Adoptez un arbre fruitier » et coordonnée par les Espaces naturels régionaux

Voici une collection d’espèces locales dont les plus anciens en ont encore le souvenir et qui est mise en vente auprès des habitants de l’Avesnois :

La Gosselet

Pomme créée à Le Favril dans la pépinière de Monsieur Gosselet à la rue du champ de Bousies au dessus du pont de la Riviérette, d’où son appellation au masculin : on dit le Gosselet – variété très localisée sur Le Favril et Prisches – Elle est également connue sous le nom de « Pomme de fer. Grosse pomme plate colorée d’un rouge violacé – la plus tardive des pommes -Cueillette : Fin octobre.Qualité et usage : Fruit strié à épiderme rouge-rosé de calibre moyen à forme arrondie aplatie. D’abord acide, elle devient douce à Maturité. Longue conservation. A cuire et à croquer. A consommer de janvier à mai

La Bon ente charbonnier

Variété retrouvée sur la commune de Le Favril et Grand-Fayt où malheureusement il ne reste aujourd’hui que quelques sujets.
Cueillette : Fin septembre.
Qualité et usage : Grosse pomme rouge à saveur douce de la famille des « Belle fleur ». A couteau et à cuire. Maturité d’octobre à décembre.

Source : Parc naturel régional de l’Avesnois

La Double à l’huile (Haute-tige uniquement)

Variété quasiment disparue de notre territoire et autrefois bien présente dans le Quercitain. Pomme faisant partie des Bon Entes – pomme assez précoce devenant farineuse à la maturité – à consommer avant sa maturité en pomme à croquer.
Cueillette : mi-septembre.
Qualité et usage : fruit jaune strié de rouge au parfum agréable. Mise à fruit rapide. A consommer crue, cuite ou en jus.

La Double bon pommier rouge

Variété ancienne autrefois très répandue dans les prés-vergers de l’Avesnois. On l’appelle aussi « Belle fleur double ».
Cueillette : fin septembre
Qualité et usage : Fruit assez gros et d’épiderme rouge. Bon à croquer, sa chair est jaune, sucrée, acidulée. Excellent pour les jus et les usages culinaires.

La Petit bon ente
La Petit bon ente ou Belle fleur simple

Très ancienne variété autrefois très cultivée dans le secteur et appréciée des agriculteurs. Encore appelée « Belle fleur simple » ou « Petit bon pommier ».
Cueillette : début à mi-octobre.
Qualité et usage : fruit à épiderme rouge agréablement sucré et de bonne saveur aussi bonne à couteau que pour la cuisson.

Source : Parc naturel régional de l’Avesnois

La Court-Pendu Gris

Couleur dominante: Brun. Période de cueillette: Octobre 1ère quinzaine Période maximale de conservation: Janvier Usage

La Reinette de France
La Reinette de France

Variété ancienne autrefois très répandue dans les prés-vergers de l’Avesnois-Thiérache. Son feuillage est roulé et spécifique à la reinette.
Cueillette : mi-octobre
Qualité et usage : Fruit très sucré et acidulé aussi bonne à couteau que pour la cuisson.

La Reinette étoilée

Citée pour la première fois en 1830 on la trouve un peu partout et surtout dans la partie Nord de la France et en Belgique. Cette variété est très caractéristique par la couleur rouge semée de grosses et nombreuses lenticelles étoilées et pas sa chair rosée et bien sucrée/acidulée. L’époque de maturité/conservation est novembre/mars. Fiche d’identité complète : ici

La Reinette commune, dorée ou jaune

Excellente pomme à croquer à chair fine pour la table comme pour la pâtisserie. Procure également un excellent cidre pétillant et sec.

La Reinette dorée

Petite pomme à croquer d’aspect rouge n’ayant pas d’aspect ni de ressemblance aux reinettes – son nom provient de petites tâches blanches (lenticelles) sur la peau rouge de la pomme – bois sain – maturité moyenne novembre-décembre. 2c2m.avesnois.

La Reinette des Capucins

Variété de l’Avesnois par excellence. Forme: Conique-oblongue à conique-arrondie. Épiderme : épais Couleur de fond est jaune verdâtre, recouverte par du liège écailleux au pourtour des cuvettes et marbrée de roussissures sur trois quart de la surface totale. Une jolie teinte rouge vermillon apparaît sur la face ensoleillée dégagée de liège. Des lenticelles blanches sont moyennement nombreuses.Qualité: Grâce à une richesse en sucre et une forte acidité, elle est d’excellente qualité gustative pour la table comme pour la pâtisserie. En cuisson,la chair ne se défait pas. Date de cueillette: première quinzaine d’octobre. Époque de consommation: fin décembre.

La Lanscailler (Haute-tige uniquement)

Traditionnellement cultivée dans le canton de Landrecies. Elle est pourtant en voie de disparition sur son aire d’origine. Le professeur de botanique Carpentier la décrit en 1910 comme nouvelle variété récemment introduite en Avesnois sous l’orthographe de Lanscahire
Cueillette : début octobre.
Qualité et usage : Bon rapport sucre-acidité. A consommer crue, cuite ou en jus.

La Marie Doudou

Ancienne variété tardive de la famille des Bon Ente réputée dans la région d’Englefontaine
Cueillette : début octobre
Qualité et usage : pomme à couteau ayant un bon équilibre sucre-acidité

La pomme à côtes

C’est une ancienne variété autrefois répandue dans le Hainaut et appréciée des agriculteurs. Aussi appelée « Pan à côtes » dans le Quercitain.
Cueillette : De mi à fin octobre.
Qualité et usage : Gros fruit rouge à forme conique. Pomme à croquer de bonne
conservation.

La Quarantaine d’hiver (Haute-tige uniquement)

Variété de haute-tige typique de Gommegnies et de ses alentours. Elle est également connue sous le nom de « Belle fleur d’hiver ». Petite pomme à croquer assez plate d’un rouge violacé – variété très tardive et très rustique – son nom provient de sa petitesse car il fallait compter quarante fruits au kilo – à déguster au printemps suivant lors de travaux de printemps à la pause café – réputée également comme pomme à cidre. source Frédéric Damien 2c2m
Cueillette : première quinzaine d’octobre.
Qualité et usage : Fruit de calibre moyen d’un rouge foncé sur la moitié de sa surface. Pomme idéale pour la cuisson. C’est la seule pomme de l’Avesnois qui peut faire un bon cidre à elle seule. Très bonne conservation et ce jusque mars. Très bonne résistance aux maladies.

Source : Parc naturel régional de l’Avesnois

La Demie-double

Ancienne variété réputée dans le secteur de Bousies et Preux au Bois quasiment disparue du territoire. Elle appartient à la famille des « Belle fleur double ».
Cueillette : Fin septembre.
Qualité et usage : Gros fruit côtelé de couleur rouge foncé. Chair ferme, acidulée et sucrée. A cuire et à croquer. A consommer d’octobre à début décembre.

La Baguette d’hiver

Variété ancienne retrouvée fréquemment dans l’Avesnois. Elle est décrite par Leroy qui mentionne sa culture dans le département de l’Aisne.Elle a été décimée sur les communes de Pommereuil et Fontaine au Bois, suite à la tornade de 1967. Aujourd’hui, on ne dénombre que quelques sujets.
Qualité: Bonne pomme à couteau à la récolte, très parfumée. Elle perd rapidement son acidité. Maturité: Octobre-février. Date de cueillette: Cueillette fin septembre. Époque de consommation: Fruit d’automne et hiver.

Source : Biodimestica

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La Gueule de mouton
Gueules de Mouton

Pomme à croquer très tardive que l’on peut retrouver au printemps – spécifique de l’Avesnois, d’aspect gris, lisse, un peu rouge ou rayée de rouge et tâches de rousseur à certains endroits – bois très sain et dur. Son nom provient de sa forme en tête de mouton.

La pomme Colapuis

Pomme d’origine de Bousies provenant de la contraction de son inventeur Colas Dupuis – forme du fruit assez comparable à la gueule de mouton en sa forme – très colorée d’un rouge vif un peu comparable à la baguette -Cueillette tardive fin octobre début novembre, conservation jusque mars-avril.

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Participez à la sauvegarde des arbres fruitiers emblématiques de nos villages en répondant favorablement à l’action de réhabilitation menée par le Parc naturel régional de l’Avesnois

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Mangez des pommes ! Photo du livre :L’imagerie des bébés Les Fruits
Fleurus Éditions 2020

Transcription ci dessous des articles de presse mentionnés dans cet exposé :

(13) : Les meilleures pommes à cidre :

Ils sont plantés en bordure le long des propriétés, des routes et des avenues, ou en plein dans les prairies naturelles, les herbages et les pâturages. Ils vivent très longtemps et atteignent des dimensions extraordinaires. Parmi ces variétés figurent l’espèce « petite bonne ente ou bien l’arbre de la variété « Armagnac ». Les fruits sont moins riches en sucre que ceux des cidres bretons, normands et picards, mais ils sont plus parfumés et moins amers; ils donnent un cidre moins alcoolique, mais plus bouquet. La vente des cidres tend à devenir chaque jour plus facile; d’ailleurs, elle ne se fait pas de la même manière qu’autrefois. Jadis, presque tous les propriétaires de pommiers fabriquaient eux-mêmes leurs cidres et vendaient le surplus de leur consommation dans un rayon le plus rapproché possible; aujourd’hui, le plus souvent, le propriétaire fait son cidre, mais il vend l’excédent des fruits dont il dispose à des fabricants qui s installent aujourd’hui un peu partout et qui se créent une clientèle, chaque année plus nombreuse.. Il s’organise ainsi des petites cidreries, outillées avec le dernier confort de l’art moderne, et fabriquant des cidres pour toutes les bourses et tous les goûts. Ce qui montre que le commerce du cidre tend à prendre une extension jusqu’alors inconnue, c’est que le bon fabricant ne peut jamais satisfaire complètement sa clientèle. Il faut dire que l’on a fait dans la fabrication du cidre de très réels progrès depuis quelques années. Les brasseurs de bière font très souvent du cidre pendant les trois derniers mois de l’année; ils pensent avec juste, raison que, dans les cafés, dans les estaminets, la chope de cidre se vend tout aussi facilement que la chope de bière. L expérience des dernières années leur a prouvé qu’ils ne se trompaient pas. Eugène Leroux

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(15) La Mévente des Pommes :

L’Avesnois, qu’on a à juste titre qualifié de « Normandie du Nord » est la région agricole la plus opulente, la plus pittoresque et la plus riche, de notre grand département. Dès que viennent lés premiers beaux jours, les arbres de ses forêts se couvrent d’épais feuillage, ses prairies reverdissent, ses pommiers se parent d’un manteau de fleurs d’une blancheur immaculée, qui jettent dans le charmant paysage une note de gaîté introuvable partout ailleurs dans nos vastes plaines septentrionales. La contrée comprise dans le quadrilatère Le Quesnoy-Landrecies-Trélon et Maubeuge est la région herbagère par excellence. Des dizaines de milliers, de pommiers, de poiriers, de cerisiers et autres arbres fruitiers, ombragent les gras pâturages peuplés de plantureux troupeaux.
L’herbe et la pomme constituent les principales ressources de cette région privilégiée. L’une et l’autre viennent-elles à manquer, l’année est considérée comme perdue par les laborieux herbagers. La récolte de» pommes surtout est d’un gros appoint pour les populations agricoles de l’Avesnois. Aussi est-ce avec le plus grand intérêt qu’on suit partout son développement et qu’on se préoccupe de son sort.
Deux récoltes exceptionnelles Suivant une loi naturelle, rarement transgressée, les pommiers donnent d’habitude, une récolte abondante tous les deux ans. Depuis la guerre, l’année 1919 fut assez productive et l’année 21, vraiment exceptionnelle. 1922 devait être une année déficitaire.Or par un hasard vraiment surprenant, la récolte de pommes fut, l’an dernier, plus abondante que jamais De nombreux herbagers de l’Avesnois nous ont assuré que la proportion du rendement avait été de 5 à 1 comparativement à une année moyenne. Cet heureux résultat, qui en période normale, aurait dû réjouir tous les producteurs est pour eux aujourd’hui une source de soucis. Les pommes, en effet, ne se vendent pas, et des millions et des millions de kilos de fruits excellents, se perdent actuellement dans l’Avesnois au grand désespoir des herbagers. Peut-être les producteurs offrent-ils leur marchandise à des prix exagérés ? Nous nous sommes informés. Il n’en est rien. Les pommes ordinaires vendues couramment 40 francs les 100 kilos, chez le producteur, sont offertes partout à 25 et 26 fr. Quant aux fruits de qualité supérieure vendus d’habitude 50 et 55 fr, les herbagers ne demandent qu’à s’en débarrasser à 30 et 32 fr. Malgré ces sacrifices ils ne trouvent aucun acquéreur et les précieux fruits pourrissent dans les caves et sur la paille des granges, alors qu’à Lille, et à Paris, les pommes de qualité inférieure se vendent 0,50, 0,75 et 1 fr. 25 le kilo ! A Prisches, notamment, petite commune de l’arrondissement d’Avesnes. la récolte 1921 a rapporté plus d’un million de francs. La récolte 1922, de beaucoup plus abondante, ne rendra pas plus de 100.000 francs. Les pommes ne trouvent acquéreurs à aucun prix A quoi attribuer cette mévente tout à tait anormale ? Plusieurs raisons semblent prévaloir, chez les agriculteurs du sud du département.
Avant la guerre, les Allemands achetaient dans le Nord, des quantités énormes de fruits. Aujourd’hui, ils ne viennent plus. Depuis l’armistice cependant, les récoltes se sont toujours vendues à bon prix, La mévente n’est donc pas due à cette seuls cause. L’hiver 1922-23 ayant été exceptionnellement doux et bénin, les primeurs et légumes de toutes sortes abondent sur les grands marchés. La consommation de fruits s’en est trouvée d’autant réduite. Les fabriques de pâtes de pommes s’étant d’autre part amplement pourvues l’an dernier, leurs commandes sont maintenant presque nulles ce qui ne contribue pas à l’écoulement des stocks. Plutôt que de perdre complètement leur récolte, les herbagers de l’Avesnois ne demandent qu’à consentir de nouveaux sacrifices, mais fait bizarre et incompréhensible. les acheteurs ne négocient à aucun prix, puisqu’ils ne se présentent même pas ! En désespoir de cause, les producteur» font du cidre en quantité extraordinaire, employant pour la fabrication, des pommes superbes, qui en temps ordinaire, auraient figuré sur les tables des grands hôtels. Cette solution, toute recommandable quelle soit, est bien loin cependant, d’être susceptible, de résoudre le problème angoissant. Quand tous les tonneaux de l’Avesnois» auront été remplis du cidre capiteux qui remplace avantageusement la bière et même le vin. il restera encore d’énormes quantités de pommes inutilisées. Qu’en fera-t-on ? Les laissera-t-on pourrir dans les fruitiers ?… C’est le plus gros souci actuel, des populations rurales de La région d’Avesnes.
Marcel Polvent

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(16) Nourrira-t-on le bétail avec des nommes ? Prix dérisoires à la ferme pendant qu’en ville on paie beaucoup trop cher :

Les vergers de l’Avesnois, ceux de la Thiérache, commencent à se dépeupler du monde bruyant et actif qui les avait envahis il y a quelques semaines. La cueillette touche à sa fin. Les pluies d’automne accompagnées de rafales tempétueuses, périlleuses pour les branches encore chargées, ont accéléré le travail des journaliers et des cueilleurs de profession. Bientôt, le verger sera désert.
En ville, les étalages se sont garnis de la pomme du Nord. Sur le cageot du détaillant urbain, domine une étiquette ornée d’un prix qui fait méditer les ménagères. Il n’y a alors qu’une opinion : le sort du paysan français est encore bien beau. A ce prix-là, entend-on !
Nous sommes allés le voir, ce paysan-là. Il n’est pas très éloigné de cette grande ville du Nord où on lui a rapporté que ces beaux fruits se vendaient si cher. Alors, il a compris pourquoi l’on souriait quand il formulait ses doléances et clamait son cri d’alarme. Il a saisi pourquoi il restait un incompris…
« Il faut, nous a-t-il dit, qu’on sache que notre sort à nous n’est pas celui qu’on croit à voir pratiquer de si hauts prix.» Nous nous sommes promis de faire entendre sa voix lointaine et cependant si proche de vous, gens des villes !
Fruits à bon marché…
Le « pommes à cidre » sont particulièrement abondantes dans la Thiérache et l’Avesnois. En Normandie, elles surabondent. Les récoltes se succèdent sans se ressembler, mais la pomme à cidre est toujours un fruit assez généreux. Quoique cela, son cours avait été plus rémunérateur en 1933 et 1932. Pour 1932, l’on avait traité à raison de 18 à 20 fr. les 100 kilos. Cette année, il y a près de 50 pour 100 de baisse. Certains herbagers rencontrés au cours de notre randonnée entre le Quesnoy et Vervins regardent avec des yeux angoissés leur récolte pléthorique. Il est devenu de règle dans le monde moderne que l’abondance engendre la ruine. Les récoltants ne se rappellent pas sans anxiété l’exemple de leurs frères d’outre-Atlantique forcés de détruire leurs récoltes de café ou de coton, pour ne pas souffrir ce crève-cœur de les « donner » à vil prix.
Le dilemme est le même en Thiérache.La vérité est que beaucoup préférèrent alimenter leur bétail, cet hiver, avec leurs récoltes que de les céder au prix de 10 ou de 12 francs les 100 kilos.Songez que le paysan doit payer ses « ramasseurs » de 20 à 25 francs par jour avec nourriture en sus et que le prix actuel de la betterave fourragère dépasse celui de la pomme à cidre. Vendra-t-il 100 francs les 1.000 kilos sa pomme à cidre pour acheter 115 francs la même quantité de betteraves ? Alors,il n’hésite pas : la pomme a des propriétés nutritives aussi complètes, selon lui…

…Et vie chère !…
Parlons de la pomme à couteau, maintenant.En 1933, année de récolte presque nulle, les producteurs du Nord avaient dû s’approvisionner en Normandie pour leurs propres besoins. On cite le cas d’un verger de 500 arbres qui n’avait pas rapporté plus de 150 kilos de fruits. Cette année, il y a une relative abondance pour la pomme à couteau, sans que cela constitue, pour employer l’expression des arboriculteurs, autre chose qu’une « demi-récolte ».
Mais, les prix pratiqués dans les grands centres urbains constituent par eux-mêmes un fait extrêmement curieux. Le détail ne répond plus au gros et de loin !
Notons, pour les Belles-Fleurs et les ‘Lanscaiets, »bons fruits de table, des ventes en gros dans le pays producteur à raison de 100 fr. les 100 kilos.
Trois espèces principalement recherchées pour leur chair : la « Gold Reinette », la « Reinette de France » ‘et la « Marie-Doudou », se sont traitées à 100 fr., avec actuellement une certaine tendance à la hausse vers la fin de la récolte. Au pis aller, mettons 110 fr.
Quant aux pommes de différentes qualités et de différents crûs, elles ne dépassent guère, cette année, le prix de 1 60 à 70 .francs.
Un herbager, stupéfait, nous a raconté: — Je passais, il y a quelques jours, à Valenciennes, quand du trottoir je jetai un coup d’œil sur l’étalage d’un marchand..Je crus être pris, d’un éblouisse-ment. Savez-vous que le « ramassin » de « Lansçaiet » (c’est-à-dire des pommes tombées et piquées) était affiché un franc 25 le 1/2 kilo, et la « Gold-Reinette » de deuxième choix au même prix ?
Et notre interlocuteur continua :
— Je suis resté là, devant la devanture du marchand, sans comprendre, car ,ces pommes, ces mêmes pommes-là je venais de les vendre 80, voire 50 fr. les 100 kilos. On me répondra : le transport, les frais, la patente du détaillant, etc… Il n’en reste pas moins une marge excessive, anormale de 150 fr. en augmentation du prix payé au producteur, Cette marchandise de deuxième zone ne pouvait en l’occurrence dépasser le prix de 100 francs en gros en y intégrant tous les frais accessoires. Cette semaine, j’ai expédié à Armentières un wagon de 13 tonnes 1/2, départ d’une petite commune de l’Avesnois. Eh bien ! le coût du transport a été de 6 fr. 50 les 100 kilos. L’argument ne tient donc pas quant au transport ! Alors, cette différence, cet écart, qui donc en bénéficie ?
Notre homme n’avait pas fini de s’étonner : quand à son retour il traversa Avesnes, il devait constater que le kilo de pommes se vendait, ici, 1 fr. 75, là 2 francs. Cela, au milieu même du pays de la production, alors que le transport était notoirement nul ou si infime qu’il n’en fallait même pas parler…
Cri d’alarme… !
Cent pour cent, cent cinquante pour cent, parfois même deux cents pour cent d’augmentation entre le prix, de vente au consommateur et la somme qu’à pu empocher l’herbager, l’arboriculteur, l’homme qui, enfin, vit de la terre !
Comment s’étonner quand on. entend le paysan dire avec amertume :
« A quoi bon nos récoltes abondantes. Nous, producteurs, nous vendrons très bon marché, vous, acheteurs des villes, vous paierez malgré tout très cher ! »
Plus loin, l’on nous confia que les premières demandes de pommes avaient été faites, pour le gros, à raison de 80 fr. les 100 kilos. On nous précisa :
— « Nous allions céder, quand l’un des gros marchands encore « libres » de la région voulut à ses risques et périls et pour lutter contre une entente occulte qu’il savait préjudiciable aux intérêts paysans, -revaloriser le marché en offrant 100 fr. Ce prix fut tout à la fois rémunérateur pour lui et pour nous. »
Accablement, d’une part, du producteur, dont, les fermages ne diminuent pas ; accablement, de l’autre, du consommateur : telle est la situation, le cercle. vicieux qu’il importerait de rompre. Devant cette situation, les herbagers de l’Avesnois ont essayé de réagir, mais, hélas ! en n’aboutissant qu’à un échec de leur tentative qui ne dépassa pas le domaine de la parlote !
Il y a quelques semaines, M. Dureux, l’actif et estimé président du Syndicat de Défense des Pommiers de Landrecies et du Nouvion-en-Thiérache, réunissait un certain nombre d’herbagers, dans l’Avesnois. Il leur proposa d’instaurer un système de vente en commun du producteur au consommateur. Les moyens de transport ne manquent pas, rapides, directs de notre Avesnois jusqu’à la capitale des Flandres, pour ne citer qu’elle; ils convergent également vers les centres populeux de consommation ouvrière.
Nouveauté de l’effort à tenter pour en sortir ? Rupture avec d’ancestrales habitudes commerciales ? Il y eut, non seulement du flottement, mais, de la, part de certains, une véritable résistance.
— « Tout serait pourtant si simple, nous a confié, hier, M. Dureux, que cet échec n’a nullement découragé. L’idée reste en l’air et on la reprendra. Il n’en est pas moins regrettable que les producteurs’ n’aient pas encore consenti à s’associer : ce serait double profit et pour eux et pour , le consommateur des villes… »
Albert Deudon

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(17) La question des pommes -le point de vue des approvisionneurs :

L’opinion publique a pu, à juste titre, s’alarmer de la parution dans votre journal du 22 octobre d’un article sur la production fruitière de l’Avesnois et de la Thiérache. Le consommateur, imparfaitement renseigné, pourrait croire que négociants et commerçants exagèrent, puisqu’ils semblent faire encore figure de profiteurs.
Émue et s’estimant mise en cause par votre article, notre Chambre syndicale des Approvisionneurs en fruits, primeurs, légumes de Lille et environs, englobant les principaux négociants en fruits du Nord et du Pas-de-Calais, a jugé nécessaire d’éclairer le consommateur en faisant connaître les prix des pommes à couteau à la production, depuis le début de la saison et les prix de notre marché des Halles Centrales de Lille. Le consommateur pourra juger les abus :
La saison a débuté par la Rambourg des Ardennes (genre Lanscaiets) mais plus précoce, les prix payés sur wagon départ ont été de 85 à 90 frs le quintal : transport jusque Lille, environ 12 fr. ; chiffre d’affaires, 2 fr. 20, soit prix de revient environ 104 frs ; vendues à Lille, 105 à 115 francs.
Pommes de l’Avesnois et de la Thiérache : Double Belle Fleur, prix sur wagon départ, 110 à 120 francs le quintal, suivant qualité ; transport, environ 8 fr., suivant distance ; prix de revient, 120 à 130 frs ; prix pratiqués à Lille, 130 à 140 francs.
Pour les Lancaiets, les prix ont été les mêmes que pour la « Double Belle Fleur ».
La Gold Rainette a été payés 110 à 120 frs sur wagon départ ; prix de revient à Lille, transport et chiffre d’affaires, 10 frs, 120 à 130 frs : vendue, 130 et 140 francs.
Rainette de France, 120 à 130 frs départ ; transport et chiffre d’affaires, 10 frs ; prix de revient à Lille, 130 à 140 frs ; vendue, 140 à 150 frs.
Pommes diverses payées 70 à 80 frs sur wagon départ ; frais de transport et chiffre d’affaires, 10 frs, soit prix de revient à Lille, 80 à 90 frs, et sont vendues à Lille, 90 à 100 francs.
Il est également nécessaire que l’on sache que cette année la pomme fait un gros déchet, qu’elle se conserve mal. Tout négociant n’ayant pas une vente rapide est forcé de trier sa marchandise, et il perd environ 10 % de déchet après cette opération ; et il en est de même pour le détaillant après son achat chez nous.
La pomme de nos régions serait beaucoup mieux vendue et à des prix bien supérieurs, si nos producteurs pouvaient comprendre qu’ils doivent avant tout soigner et traiter leurs arbres, mais malheureusement tout est encore à comprendre et à faire. L’on ergote, on proteste, on demande le renforcement des contingentements contre les produits étrangers, mais on ne cherche pas à lutter contre cette concurrence qu’il serait cependant si facile d’éliminer en faisant aussi bien et même mieux.

Pourquoi les fruits de France ne sont-ils plus les premiers des marchés européens ?… A qui la faute ?… Un exemple pour nos producteurs : la Suisse récolte les mêmes variétés que nos régions du Nord, mais combien mieux travaillées ?
La Gold Rainette a été payée 110 à en caisse au pied de l’arbre, leurs fruits très sains par les traitements appliqués avec soins aux arbres, cette marchandise est de longue conserve et ne laisse aucun déchet. Ainsi le producteur peut échelonner ses ventes, le négoce ne supporte presque aucun déchet, le détaillant de même et le consommateur apprécie comme il convient cette marchandise de choix. Cette année, malgré les contingentements, les pommes suisses sont vendues en moyenne, pour les mêmes variétés que les nôtres, 50 francs le quintal plus cher que chez nous.
Nous ne sommes qu’en octobre, le « Double bon pommier du Nord » et le « Lanscaiets » sont déjà très urgents à vendre, plus que mûres et véreuses. La majorité de ces mêmes variétés en Suisse sont encore vendues jusqu’en février. Voilà une des principales causes du mal : la qualité du fruit. Tant, que le producteur voudra, comme il persiste à le faire, ne conserver que ses vieilles coutumes, il ne pourra prétendre obtenir du prix pour sa marchandise inférieure et de mauvaise conserve, celle-ci doit être vendue sur un temps trop court.
Le producteur qui ne demande pour se protéger que les contingentements, armes à double tranchant, cause de vie chère et de chômage, devient lui-même victime !… S’il y a mévente de la pomme à cidre dans l’Avesnois, c’est que nos principaux acheteurs qui étaient : Belgique, Allemagne et autres, ont, par représailles contre les contingentements que nous avons appliqués à leurs produits agricoles, interdit par des droits prohibitifs l’entrée de nos pommes à cidre dans leur pays.
Il est de même pour toute notre production, hélas !… l’étranger, par voie de réciprocité, refuse de plus en plus nos produits manufacturés. Ceci entraîne la fermeture de nos usines, l’augmentation du chômage et de la misère — Victime, l’ouvrier, privé de ses moyens d’achat, restreint ou supprime partie de ses besoins et l’on arrive aux méfaits de la sous-consommation.
Pour nos producteurs agricoles, un seul remède : Produire du « FRUIT DE QUALITÉ ».

Notre France est mieux placée que quiconque pour parvenir à ce résultat — et nos producteurs qui n’auront plus à craindre la concurrence de la production étrangère trouveront facilement une vente rémunératrice de leurs fruits : C’est là leur seul salut ! ! !

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(18) La leçon d’une excursion à travers les vergers de l’Avesnois et de la Thiérache :

Une excursion dans les vergers de l’Avesnois et de la Thiérache
Le 15 septembre, la Coopérative fruitière de l’Avesnois et de la Thiérache, a organisé une excursion à travers différents vergers de la région.
Jusqu’à ces dernières années, ces vergers étaient improductifs; il s’est agi, à la suite des traitements auxquels ils ont été soumis, de constater les résultats obtenus.
Avant tout commentaires, en voici la sèche mais expressive énumération:
Verger de M. Dassonville, La Croise. — 1ère année de traitement, 40.000 kilos de pommes à couteau sur 400 pommiers environ. (Dépense, 6.000 frs).
Verger de M. Manesse, Maroilles. — 4è année de traitement, 20.000 kilos de pommes à couteau, sur 110 pommiers, qui avant 1935, étaient stériles; en 1935, 8000 kilos; en 1936, 18.000; en 1937, 12.000.
Verger de M. Dematte, Bas-Lieu. — 1ère année de traitement, 20.000 kilos de pommes à couteau, sur 150 pommiers.
Verger de M. Fourdrinier, Floyon.
20.000 kilos de pommes a couteau, sur 200 pommiers.
Verger de M. Guille, Floyon. — 2e année de traitement, 12.000 kilos de pommes à couteau, sur 100 pommiers.
Verger de M. Wattremez, Floyon. — 2e année de traitement, 15.000 kilos de, pommes à couteau, sur 100 pommiers.
Verger de M. de Villongue, Neuve-Maison. — 1ère année de traitement,. 30.000 kilos de pommes à couteau, sur 250 pommiers.
Verger de M. Linders, Neuve-Maison.— 2e année de traitement, 50.000 kilos de pommes à couteau, sur 450 pommiers.

En présence de tels résultats, il vient tout naturellement à l’idée de féliciter, d’abord, les herbagers qui, ayant conscience de leurs intérêts, ont fourni l’effort indispensable.
Et puis, un regret se fait jour dans l’esprit: sans doute, grâce à des initiatives privées, un pas a-t-il été fait en avant, avec l’appui des serv. agric. du Nord — et si certains ont trouvé que ces services n’avaient pas fait assez, M. Lenfant, le distingué et compétent professeur spécial d’horticulture, a-t-il pu dire avec raison qu’en ce qui le concernait, il ne pouvait faire plus qu’il n’avait fait déjà. Mais il faut bien dire qu’en dehors des intéressés, l’on a considéré trop longtemps la production fruitière de l’Avesnois et de la Thiérache, comme quantité négligeable, trop longtemps et peut-être maintenant encore, s’est-on trop peu soucié d’une source de revenus qui serait appréciable pour les herbagers: s’ils avaient été soutenus, encouragés, ne bénéficieraient- ils pas de profits qui leur seraient bien utiles pour faire face aux difficultés actuelles…
Les élus de l’Avesnois et de la Thiérache, comprendront certainement l’importance d’une question à laquelle les intéressés et les services agricoles ne peuvent seuls donner solution. Le conseil général, le Ministère de l’Agriculture doivent, chacun de leur côté apporter l’appui nécessaire.
A ce sujet, tout-à-fait opportune, apparaîtra la réflexion de cet excursionniste qui avait ses raisons pour dire ceci: « Ce n’est pas seulement une excursion d’herbagers qu’il aurait fallu organiser, mais aussi une excursion de conseillers généraux, à travers nos vergers. Les conseilleurs ont à défendre les intérêts de l’arboriculture de l’Avesnois et de la Thiérache, prête à prendre son essor ».

« Et les fruits passeront la promesse des fleurs » dit le poète., il n’est pas douteux que d’année en année, les espérances placées par- les herbagers-arboriculteurs dans les traitements à faire subir ci leurs pommiers, seront dépassées par les résultats. Encore faut-il qu’à la plupart, une aide soit apportée… L. D
Dans les vergers de La Groise
8 heures du matin, temps incertain, grand’rue à La Groise, un groupe attend. Il y a M. Lenfant, professeur spécial d’horticulture, M. Vandamme. directeur- adjoint des services agricoles du Nord. M. Maréchal, directeur de la Coopérative fruitière, M. Millot, constructeur, M. Linders, herbager à Neuve-Maison, Martin, professeur d’agriculture, etc.. On attend les excursionnistes; on se demande si la crainte des événements va les retenir; mais n011, les herbagers sont confiants, bientôt la caravane se forme.
On visite d’abord à La Croise. le verger de M. Dassonville et l’on admire les résultats remarquables obtenus pour une première année de traitement. Chemin faisant, M. Lenfant met sa compétence à la disposition de chacun et fournit avec clarté, les explications les plus détaillées. Aussi un cercle d’auditeurs ne cesse-t-il pas de l’entourer.
Les vergers de M. Manesse, à Maroilles, modèles du genre

De La Groise, l’on gagne Maroilles, où l’on va visiter un verger modèle, celui de M. Manesse.
Et M. Lenfant — témoignage officiel qui à d’autant plus de prix — déclare tandis que M. Manesse s’éclipse modestement: « ce verger est un modèle du genre. Tout en matière d’arboriculture, est réalisé, fumure, élagage, pulvérisation, etc… que ceci serve d’exemple, car dans la culture fruitière, il ne faut pas voir seulement que les traitements mais l’ensemble des soins qu’exigent, pour produire. les arbres fruitiers ».
Parlant des résultats de cette année, M. Lenfant note que les résultats enregistrés en 1938, ne l’ont que confirmer tes observations précédentes, tout eu accusant un progrès sensible dû aux soins éclairés et suivis dont tes vergers ont clé l’objet. Sans doute, au point de vue général, la récolte a-t-elle été compromise en partie par des gelées printanières qui ont .sévi. surtout dans des endroits un peu encaisses et humides. Dans d’autres endroits, la récolte est des plus satisfaisante; il est indéniable que l’on obtient une fertilité plus grande dans les vergers soignes et maintenus dans un état sanitaire parfait.

Explications techniques…

Et M. Lenfant prend pour exemple le verger de M. Manesse : en ce verger le pourcentage des fruits tavelés est insignifiant, 5 % à peine, quant aux fruits véreux, il faudrait en chercher … pour ne pas en trouver.
Le professeur spécial d’horticulture ne manque pas d’insister sur un point important: à savoir l’époque d’application des traitements, ainsi que le nombre des traitements, joue un très grand rôle. Il y a une technique avec laquelle les herbagers-arboriculteurs de la région doivent se familiariser. Il appartient aux exploitants de savoir adapter les traitements aux circonstances, et c’est pourquoi un « calendrier des traitements , ne pourrait être suivi à la lettre, il ne donne que des indications approximatives. Tout dépend, en grande partie, des conditions atmosphériques. Et naturellement, il faut être persévérant…
De vergers en vergers..
L’excursion se poursuit… nous voici a Bas-Lieu, dans les vergers de M. Dematte. Il nous confie toute sa joie des résultats obtenus, sa confiance et aussi son désir de voir vulgariser des traitements aussi efficaces. Même satisfaction chez M. (lui – le, à Floyon, chez JI. Wattremez, à Floyon également, qui pour une deuxième année de traitement, a obtenu sur 5U pommiers, 10.000 kilos de pommes il couteau: chez M. p, Hazard, de Floyon, il en est aussi de même. Tous expriment leur contentement.
Enfin, les excursionnistes arrivent à Neuve-Maison; on admire d’abord les magnifiques vergers de M. de Villongue, dans un cadre admirable et pour terminer. le bouquet, le verger remarquable de M. Linders, dont nous avons gardé une forte impression. Et l’un des excursionnistes, à l’issue de cette visite ne pouvait s’empêcher de remarquer:  » Quand nous sommes allés en Belgique, à Saint-Trond. les 17 et 18 août, on nous a fait voir quelques beaux vergers, mais ici nous en avons vu plus encore et partout, d’aussi belles pommes « ‘, Ce qui prouve qu’en France, rien qu’avec. quelquefois que des initiatives particulières, l’on fait aussi bien qu’ailleurs !
Les Normands dans l’Avesnois

Le jeudi 22 septembre, un groupe d’herbagers arboriculteurs de la Normandie. a parcouru nos vergers de l’Avesnois et de la Thiérache. Ainsi, les résultats obtenus dans notre région ont été si tangibles qu’ils peuvent servir d’exemple pour (d’autres régions. Bravo , herbagers de l’Avesnois et de la Thiérache !
Le but de cette excursion, qui a eu lieu sous la direction des services agricoles du Nord, représentés par M. Lenfant et les services agricoles de la Seine- Inférieure. a eu pour but de permettre aux Normands d’étudier les résultats obtenus chez nous, au point de vue des traitements, du greffage et de l’élagage. Nos visiteurs tireront de leurs études des applications pour leur région.
Ils ont l’intention d’adopter les méthodes appliquées ici et de les adapter à leur région.
Que l’Avesnois et la Thiérache attirent et retiennent l’attention d’herbagers-arboriculteurs d’autres relions. rien de plus flatteur. Il ne faut cependant pas croire que tout est réalisé chez nous: il y a encore bien des routines à vaincre, bien des efforts à faire… Ils le seront… car le succès est le meilleur élément de propagande…. Et le succès. l’ont obtenu tous ceux qui ont employé intelligemment les méthodes. grâce auxquelles dans nos vergers de l’Avesnois et de la Thiérache. des pommiers ploient sous le poids des fruits sains.

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