Louvroil

Multivues Louvroil

Louvroil est apparemment le Val-des-Loups. Son nom (Loveruva) apparaît pour la première fois en 884 dans un diplôme de Lothaire. L’autel fut donné en 1112 par Odon, évêque de Cambrai, aux chanoines et chanoinesses de Nivelles avant d’être cédé en 1158 à l’abbaye d’Hautmont. Celle-ci conserva des droits dans le village jusqu’en 1789, date à laquelle les paysans de Louvroil réclamèrent l’abolition des privilèges et se libérèrent de la tutelle de l’abbaye. Le village associa son sort à celui de Maubeuge et connut de nombreuses destructions.

Louvroil devint une ville importante du Bassin de la Sambre grâce à l’industrie qui s’y implanta à partir de 1837.
A la période 1840 – 1880 correspondit l’époque des hauts-fourneaux et des laminoirs, transformés en aciéries à partir de 1880. Le fer et la fonte furent remplacés par l’acier.

Au début du XX e siècle, elle dut son développement à la métallurgie, à la canalisation de la Sambre et l’arrivée du chemin de fer. Avec l’implantation de la sidérurgie, la commune comptait 5251 en 1914.

Durant la première guerre mondiale, Louvroil subit les bombardements allemands : 150 maisons et le pont Michaux furent détruits, le centre-ville fut durement touché.

« Ainsi, le presbytère, l’église, l’école des garçons du Centre furent anéantis. La mairie, la salle des fêtes, l’école des filles du centre furent fortement endommagées.

Les forges de Mme Veuve Camille Tellier furent dévastées. Les usines de la société « L’Abeille », la société des Poteries, les scieries de bois de Mme Veuve Henri Flament, la fonderie Denis, les usines de produits réfractaires et briqueteries Bertrand, les usines Magnan, Montigny, Daniel, les brassseries des Buttes, Coopérative, Bourgeois, la Fabrique de Fer, les sociétés des Tubes, les Tôleries, les usines Boch Frères ont été plus ou moins gravement éprouvées ». Source du texte : « Louvroil respectueux hommage de reconnaissance », brochure éditée le 9 décembre 1923 à l’occasion de l’inauguration du Monument aux Morts.

En mars 1917, les Allemands procédèrent à la démolition de l’ancienne usine de l’Espérance, puis de la nouvelle; tous les élements seront emportés en Allemagne où les usines seront remontées. Louvroil les récupéra après l’armistice mais certaines pièces avaient été découpées au chalumeau pour être rendues inutilisables. Source : « Louvroil des origines à nos jours » brochure réalisée par le Maillon (RAIL Centre socio-culturel) à l’occasion de son exposition au château Boch du 11 au 23 mai 1979.

La commune a été décorée de la Croix de guerre 1914-1918 le 12 avril 1924.

Lors de la seconde guerre mondiale, la 27ème compagnie de FTP empêcha l’armée allemande de faire sauter le pont Michaux, permettant ainsi aux troupes alliées de foncer sur Maubeuge et Mons.

Au début des années 1960 les industries tournaient à plein rendement. Rien ne semblait alors pouvoir ébranler l’édifice d’Usinor. Cependant, suite à la décentralisation de l’acier, les années 1970 et 1980 furent marquées par de douloureuses restructurations industrielles et une explosion du chômage.

Aujourd’hui, Louvroil connaît un nouvel élan avec le développement de la zone commerciale.

L’église de la Sainte Trinité de Louvroil.

L’église paroissiale fut construite en 1857 et fut complètement détruite le 7 septembre 1914 pendant le bombardement de Maubeuge. Elle fut reconstruite sur le même emplacement que l’ancienne, légèrement en retrait. Sa reconstruction fut confiée à l’architecte lillois Paul Vilain en 1929 et fut terminée en 1932. Elle est plus grande que l’édifice antérieur : le plan allongé est conservé mais comporte plus de travées. L’ensemble est de style néo-gothique. Une horloge publique (prix 18000 F) fut installée en 1933. Le curé Gustave Delattre (1875 1947), curé de Louvroil pendant 25 ans participa activement au bon suivi de la construction de cette église.

Louvroil
La mairie de Louvroil et son site internet
Médiathèque Georges Sand. Photo Mairie

La médiathèque fut inaugurée en octobre 2006.

Conservatoire Municipal de Musique et de Théâtre Photo Mairie

Le conservatoire municipal de musique et de théâtre porte le nom de l’ancien maire André Bocquet.

L’Espace culturel Casadesus

Inauguré en 2010, l’Espace Casadesus contribue à « irriguer le territoire de Louvroil et de la Sambre-Avesnois d’une programmation culturelle résolument ouverte vers de nombreux genres artistiques » .

Monuments aux Morts de Louvroil Université Lille 3

Le monument est composé de deux éléments : au premier plan, un soubassement sur lequel gît un soldat mourant, au second plan, la Marianne casquée portant la couronne, avec un fagot de licteurs et un casque à ses côtés, posée sur un piédestal qui porte l’inscription honorifique. Un muret et deux socle amortis par un vase séparent les deux éléments du monument. Sculpteur : Jules Delvienne de Le Cateau . Fonderie L Bronge.

Capture - Copie

Carte à partir de Mappy

Oratoire dédié à St Marcel Rue René Vicaine
Oratoire  Rue René Vicaine
Grotte N.D de Lourdes Rue des Brasseries
Grotte N.D de Lourdes Rue des Brasseries
Intérieur de la Grotte
Intérieur de la Grotte
Grotte dans les années 1900
Grotte dans les années 1900

La grotte Notre Dame de Lourdes fut créée à la fin du XIX ème siècle par l’abbé Lenain juste à côté de la brasserie dirigée par Mr Bouille et détruite en 1914 lors de bombardements.

La chapelle N.D de Lourdes (Photo de Tigerghien
Anciennement la chapelle N.D de Lourdes (Photo de T Petitberghien Base Mérimée)

Le successeur de l’abbé Lenain, le curé Gustave Delattre réussit à convaincre les paroissiens et les industriels locaux de construire une basilique à l’emplacement de la brasserie détruite. Le prêtre propose les entrepreneurs Lecerf (de Louvroil) et Jules Masse. Sollicité par Vilain, l’architecte Lafitte recommande l’entrepreneur Louis Ruffin pour la construction en béton armé.  La première pierre fut posée en 1933 et la basilique inaugurée en 1937. Elle ne fut jamais terminée à cause de la seconde guerre mondiale. Elle appartient de nos jours à l’usine Tata Steel située en face et elle est désaffectée. De la rue, il est impossible de la voir, cachée derrière un épais rideau de végétation. Une barrière verrouillée par un cadenas empêche d’y accéder. La chapelle Notre-Dame de Lourdes a cessé d’accueillir des fidèles depuis bien longtemps.

***

L’ancien kiosque de Louvroil

Kiosque original par sa forme ronde et sa toiture plate à deux pans dont les plans ont été réalisés en 1948 par l’architecte lillois Michel Vilain. Il fut construit sur pieux en 1951 à la Sablonnière, endroit devenu un parc après avoir été comblé en 1947.

La mise en œuvre des différents éléments en béton lui conférait un aspect moderne mais reprenait des éléments constitutifs des kiosques : soubassement, poteaux, toiture – débord de celle-ci avec la présence d’une corniche, garde-corps en tubes métalliques et poteaux lisses ronds. L’accès à la scène se faisait par deux escaliers en fer à cheval. Construit à l’entrée du jardin public, il fut démonté dans les années 90.

Parc et Château Boch

Le château Boch fut construit en 1900 dans le giron de la faïencerie des frères Boch. La demeure a d’ailleurs conservé les fresques et décors de carrelage produits sur place. Cette bâtisse de 480 m² fut rachetée par Usinor puis léguée à la ville après la fermeture du groupe sidérurgique à la fin des années 1970. C’était un lieu incontournable de la vie louvroilienne : fêtes de famille, centres aérés, rendez-vous politiques ou associatifs, avant sa fermeture il y a quelques années pour raisons de sécurité. 

Zinguerie arrachée, fenêtres cassées, radiateurs en fonte pillés, le château Boch se détériore. Photo SAMI BELLOUMI
dégradation du château Boch. Photo Sami Bellouli – VDNPQR

Trois ans après sa mise en vente par la ville, le château Boch n’a toujours pas trouvé acquéreur. Vandalisé il y a quelques mois, cet élément du patrimoine louvroilien se délabre au fil du temps, rendant de plus en plus compliquée sa réhabilitation.

Quelques étapes de l’Industrialisation à Louvroil :

Dénomination sociétésProductionAnnée de
fondation
Changement de nom
LUCQTuilerie1846
DUMONT VictorLaminoirs, fours à
puddler
1857Usines de l’
Espérance 1883
DUMONT et CieForges et
laminoirs
1861
Laminoirs de la RenaissanceLaminoirs1861
BOCH VictorProduits céramiques1862
DORLODOT et
Cie
Laminoirs, fours à
puddler
1869Fabrique de fer
Maubeuge
DUFERLaminoirs1869
PECQUERIAUX
Frères
Quincaillerie1869
Société du gaz
de Maubeuge
Usine 1870
HOUDART et CieLaminoirs1870
Gustave
DUMONT et Cie
Laminoirs1871Sté Fernand
DUMONT et Cie 1896 (Tôleries)
HANSELLMarteau Pilon1871
HALLEY et CieBoulons, Crampons1872
DANIEL et CieMachines Outils1878antérieurement
MICHAUX Frères
STURBOIS et
TELLIER
Fonderie de
fonte
1881
DESCHAMPS
Frères et Cie
Fonderie1882
COLLETTEBriqueterie1889
Sté Française
pour la
fabrication de
tubes
Tubes, 2 fours Martin1890
Ernest et
Edmond LISSE
Machines Outils1890
Sté Française de
Construction
mécanique
ABBASARTSerrurerie1893
Sté Anonyme de la
Brasserie
Coopérative1894
BOURLETOs secs1894
GEERTS
François
Fonderie fer et
cuivre
1896
FORGES
Louvroil
Fabrication mé-canique d’étaux1896
LISSE SiméonQuincaillerie1897
MICHAUX et
HANNEQUART
Fonderie fer et
cuivre
1898
MAGNAN EmilePetite forge1900
TELLIER
Camille
étaux1900
PETIAUXPetites forges1901
DENYS et CieFonderie de
cuivre
1902
CHOKIER et CieFonderie1903
Sté des TôleriesTôleries1906
Sté l’ABEILLEConstruction
mécanique
1906
BOITIELLE JBModelage bois
avec moteur
1907
BATONOs, Chiffons1908
WATRELOT
Adolphe
Modelage1908
GONDMAND
LIENARD
Scierie
mécanique
1908
Sté des Usines
de l’Espérance
Briqueterie1909
MARCOUX et CieMachines Outils1909
Sté Française
des Tubes
Briqueterie1909
Sté des Usines
de l’Espérance
Haut-fourneau, Aciérie1909
RAMBAUXBriqueterie1910
MOULINRéparation de
modèles
mécaniques
1910
Sté Anonyme de la
Brasserie
Brasserie et
Malterie
1910
Sté Fabrique de Fer de
Maubeuge
Briqueteries1910

L’industrie Louvroilienne dut beaucoup à deux familles belges :

  • Eugène de Dorlodot, de Charleroi qui créa en 1869 ce qui sera la « Fabrique de fer de Maubeuge ».
  • Les Dumont de Charleroi qui édifièrent des usines qui deviendront l’Espérance et qui créèrent des laminoirs en 1871. En 1910 1912 l’Espérance installa 2 nouveaux hauts fourneaux tandis que les autres de la région disparurent à cette époque. L’usine occupait une surfece de terrain de 30 hectares. Elle possédait 4 hauts-fourneaux produisant 600-700 tonnes de fonte par jour, 1 aciérie Thomas, 1 train réversible et des trains finisseurs capables de transformer en billettes et profilés divers.

Où se situaient certaines de ces usines ?

L’usine Tellier se situait à l’emplacement du parc de Stibus actuellement. L’usine Daniel ……..Ets Veraeghe Fonderie Boyer Michaux …. Ets Jouvelet Usine Michaux …… Salle des fêtes Maison Michaux, directeur….. ancien commissariat maintenant parking près de la mairie L’Abeille ….Leroy Merlin

Les usines dans les années 1950 :

Usinor (Sidérurgie)— Fabrique de Fer (Sidérurgie)— Vallourec (Tubes) Usine du Tilleul (Wagons)—Chokier (Fonderie)— Bouilliot (Fonderie) Boyer (Fonderie)— Denys (Fonderie de cuivre) — CGAM (Mécanique générale)— Ribaut (Machines Outils)— Lisse (Mécanique générale) Rahire — Flament (Bois)—Bertrant (Poterie)

Les principales activités dans les années 1980

Fonderie Bouillo et Lebois ( Fonderie de fonte) — Ets Bonacina (découpage, emboutissage)— Dufrasne Aluminium (fabrication châssis en aluminium)— Ets Veraeghe (Fabrication mobilier semi-métallique)— Poinçon et matrice (outillage et moule)— Ets Jamain (imprimerie nouvelle)— Ets Tami (entreprise bâtiment)— Menuiserie Cuvelier (menuiserie, charpente, isolation thermique phonique) Entreprise Rizzo frères (charpente, couverture, zinguerie)— Ets Jouvet (commerce pièces détachées)— Auchan (hypermarché)– Darty (électroménager)— Conforama (meubles) Norauto ( commerce accessoires auto) — Beauguerlange (couverture et dérivés)— Inter papier peint (papier peint droguerie)— Hôtel Mercure— Sté L.B.L (commerce gros matériaux, constructions) — Distram ( (commerce appareil radio, télévision) — Sté Vincent (dépannage radio, télévision)— Ets Courtin Beviere (concessionnaire automobile)— Sté Selmat (location véhicules)–Sté Hautmontoise d’études et de calculs–Ets Marius Lecerf (entreprise de manutention)— Nord prestations industrie (prestation temporaire de personnel)—

Développement industriel de Louvroil :

La situation de quelques sociétés industrielles au siècle dernier d’après « l’histoire du Hainaut Français et du Cambrésis  » de F. Raymond, professeur au collège de Maubeuge en 1899.

En 18 58 , à Louvroil, sous la raison sociale Victor Dumont et Cie, se fondèrent des usines qui commencèrent à fabriquer dès le mois de juin 1859. Elles comptaient au début 10 fours à puddler, 4 fours à réchauffer, un train ébaucheur,un train à fers marchands, une presse pour le martelage des loupes, et feuillards ; plus tard on y ajouta le laminage des poutrelles, des petits profilés, et en dernier lieu (1876) la fabrication mécanique des fers à cheval.

En 1883, la société en commandite Victor Dumont et Cie fut transformée en société anonyme. Elle devint la société anonyme des laminoirs et usines de l’Espérance. Depuis lors, les usines se sont considérablement développées. Elles sont dirigées depuis le ler janvier 1897 ,par M J.Canard. La production atteint actuellement 25 à 30.000 tonnes de produits divers. La fabrique de fers à cheval peut produire annuellement 1500 a 2000 tonnes de fers de toutes dimensions. L’usine comporte 18 fours à puddler, 9 fours à réchauffer, (dont un four gaz, système SIEMENS), 2 pilons pour le martelage des loupes, 6 trains, (à savoir 3 petits trains avec leur train d’aisance, .1 train ébaucheur, 1 train marchand et un train moyen), desservis par 6 puissantes machines, 22,. générateurs de vapeur, et nombre de machines à vapeur actionnant les cisailles, scies circulaires, pompes, tours à cylindres, etc, etc. Le nombre des ouvriers occupés est de 650, Les usines couvrent une superficie totale de 10 hectares, y compris ses dépendances, Les transports s’effectuent soit par chemin de fer, soit par eau, grâce à l’heureuse situation des établissements de l’Esperance entre- la Sambre et le chemin de fer du Nord.

Vers 1869, furent construites par M Dorlodot, sur le territoire de Louvroil, les usines aujourd’hui appartenant à la société anonyme de Fabrique de fer de Maubeuge,et dirigées par M Dufer. Après avoir passé en plusieurs mains, reçu différents noms, éprouvé quelques suspensions de travail, elles furent mises en vente en 1881 et adjugées en janvier 1882 aux propriétaires actuels, qui les exploitèrent jusqu ‘en 1884 sous forme de société en participation . Le 12 juin 1884 fut adoptée la firme actuelle. Ces usines occupent aujourd’hui hui un rang important parmi les établissements métallurgiques du pays. Elles sont reliées au chemin de fer du Nord, et bien placées pour recevoir et expédier ales marchandises par la Sambre. Elles produisent annuellement 20.000 tonnes de tôles de toutes espèces et de larges plats en fer et en acier. L’installation se compose de 20 fours à puddler , 2 marteaux pilons cingleurs, un pilon de 8 tonnes pour le martelage des paquets, un trainn de laminoir à trois cages pour l’étirage des fers bruts, un autre pour les grosses tôles et les larges,; plats, un à quatre cages pour les tôles moyennes et les tôles minces, un atelier de cassage et de triage des fers bruts avec deux puissantes cisailles pour leur découpage, 5 fours à chauffer et 4 fours dormants à recuire, un grand four a réchauffer avec compartiments pour la recuisson en vases clos des tôles minces, 5 cisailles pour les tôles et les larges plats, une forte machine à essayer les métaux, des pompes diverses pour le service des eaux d’alimentation et de refroidissement. Un moteur spécial avec dynamo pour l’éclairage électrique. Cet établissement fabrique des tôles spéciales pour la grosse chaudronnerie, qui lui ont valu une médaille d argent à Marseille en 1886, un diplôme d’honneur et un diplôme de grand prix à Anvers en 1894 . La fonderie de Fer Derombise et Mathieu, qui occupe une soixantaine d’ ouvriers et produit en moyenne 160. tonnes de pièces mécaniques (tuyaux, colonnes, boites d’essieux, poulies, engrenages, volants) fut fondée en 1865 à Wargnories, sur le territoire d’Hautmont.

A Louvroil, la société Gustave Dumont et Cie, devenue le 13 octobre 1896 la société Fernand Dumont et Cie, fut fondée immédiatement après la guerre en 1871. Son capital a été successivement porté de 600 000 à 900 000 et 1.200 000 francs. C’est une société en commandite par actions. Le fonds social est divisé en quatre mille huit cent actions de deux cent cinquante francs chacune. Les actions sont entièrement libérées. La société est administrée par Monsieur Fernand Dumont., seul gérant responsable; il a la direction exclusive des affaires. Les usines sont situées à Louvroil et reliées à la ligne de chemin de Fer- du Nord et à la Sambre. Elles se composent de Laminoirs, forges et aciéries. En 1889, la production annuelle était environ de 30.000 tonnes e tôles en fer et en acier, depuis 0m0005 d’épaississeur et jusqu’à 2m300 de largeur, et de larges plats de 0m .150 à 0m 600 de largeur. Les usines renferment 18 fours à puddler doubles, 3 marteaux-pilons pour le cinglage, un train ébaucheur, un four: Martin- Siemens basique pour la fabrication de l’acier déphosphoré sur sole„ 9 fours à réchauffer, 2 marteaux-pilons pour souder, 3 trains à larges plats, des cisailles des forges, des ateliers de tournage, etc.

A Louvroil existe la fonderie de MM, Deschamps frères et Cie, construite en 1882 sur un terrain d’un hectare. On y fabrique spécialement les cylindres tournés pour laminoirs.. Cette usine comprend une halle de 35 mètres sur 15 pour l’atelier des tourneurs. Il y a aussi un atelier de modelage, d ‘ajustage, d’ébarbage et une forge pour la fabrication et la réparation de l’outillage. Une grande fosse permet de couler les cylindres debout. L’usine est reliée à la gare du chemin de Fer à Maubeuge, et possède un pont roulant de 30 mètres de longueur pour charger et décharger des pièces atteignant jusqu’à 30 tonnes. De petites voies avec plaques tournantes circulent autour de l’usine pour le transport des matières premières et des pièces finies.

En février 1890, fut fondée la société française pour la fabrication des tubes, dont le siège social et les établissements sont à Louvroil, sur l’emplacement des anciens laminoirs de la Renaissance, créés par M. Houdart vers 1865 . La direction de la société est confiée à M Isidore Gosset. Le capital est de 1.200 000 frs. Les usines occupent une superficie de 3 hectares entre la Sambre et la ligne ferrée de Paris Cologne. On y compte environ 520 ouvriers ; 45 monteurs ou ouvriers travaillent au dehors. La force motrice est donnée par 5 machines à vapeur fournissant une force disponible de 620 chevaux, et alimentés par 7 générateurs sur fours et 2 chaudières de secours. L’outillage est tout récent. la production annuelle est de 10 000 tonnes de tubes de toutes espèces représentant une valeur de plus de 4.000.000 francs. La société fabrique, en vertu de brevets dont elle a acquis La propriété, des tuyaux à cloisons pour locomotives système Bère, des appareils à vaporiser les filés, des tuyaux à ailettes en fer pour chauffages, des poteaux coniques d’une seule pièce ; elle travaille pour les constructions navales, les chemins de fer, et installe des chauffages industriels ou particuliers.

***

Fabrique de fer de Maubeuge : historique

Fondée en 1884, la société doit son nom à ce qu’elle consacrait à l’origine, la plus grande partie de son activité à des fabrications de tôles utilisant le fer qu’elle produisait aux fours à puddler dont elle était alors équipée. En 1886, la FABRIQUE DE FER DE MAUBEUGE construit son premier four Martin rapidement suivi de deux autres. Elle développe également ses trains à chaud pour la fabrication de tôles.
Elle crée et 1912 une division pour la fabrication des bandages de roues et d’essieux de chemin de fer.

Ses usines furent totalement détruites au cours de la guerre de 1914- 1918. Dès la fin de la guerre, l’ usine est reconstruite et agrandie. L’atelier de Grosse forge est retrouvé en Allemagne et remonté à Louvroil.

L’aciérie Martin se révélant insuffisante, la FABRIQUE DE FER DE MAUBEUGE acquiert, en 1925, les usines des « Tôleries de Louvroil » disposant de trois fouis Martin et de trains à tôles fines à chaud et à larges plats.

Entre les deux guerres, la société développe ses fabrications dans le secteur des produits plats de qualité. En 1933 et 1934 elle acquiert d’importantes installations pour le recuit et le planage des tôles à chaud.

En 1935, elle crée la première usine française de laminage-étirage à froid de bandes de grande longueur. Elle acquiert le deuxième train Sendzimir construit dans le monde et de conception tenue à cette époque comme révolutionnaire. Elle installe ensuite les fours de recuit et une ligne de galvanisation unique en Europe à ce moment.

Un second train à froid est mis en route à la fin de la seconde guerre mondiale.

Après 1944, les fabrications de laminage à chaud sont arrêtées progressivement.

En 1959, un atelier de fabrication de treillis soudé est créé. II sera diveloppé et modernisé en 1964, 1968 et 1979.

En 1962, un nouveau train Sendzimir est mis en route, ainsi que de nouveaux fours de recuit de tôless minces. Le train a été modernisé en 1979.

En 1968, le gaz naturel de Hollande arrive dans le Bassin de la Sambre. Il est adopté pour tous les fours de la société.
la FFM s’équipe de déroulage de tôles minces, la première est une ligne combinée équipée de planage et de cisaille en feuilles, la deuxième est une ligne de refendage destinée à produire, à partir de bobines mères, des bobines de largeur plus étroites.

En 1969, une grande ligne de recuit et de galvanisation de conception nouvelle est installée. Cette ligne a été modifiée en 1970, 1980 1984 et 1985, sa capacité est ainsi passée, progressivement de 20 tonnes/ Heures a 50 tonnes/ Heure.

Un four Martin a été arrêté en 1971 et la FABRIQUE DE FER DE MAUBEUGE a cessé de produire de l’acier en 1976. La fabrication de recuit blanc a été arrêtée en juin 1980, ainsi que l’activité treillis soudés en décembre 1984.

En 1985, la FFM emploie plus de 560 personnes. Son activité principale est la tôle mince revêtue.

Une ligne de galvanisation et de laquage de l’acier plat en continu (1987) complète en 1987 l’équipement de l’usine. L’entreprise est rachetée par le groupe Hoogovens en 1997 et devient Myriad en 1998. Aujourd’hui, l’usine qui appartient à Tata Steel, est composée de deux lignes de refendage (TECTONIA) et d’une ligne de profilage. Elle est spécialisée dans la fabrication de tôles galvanisées peintes et isolantes. Elle propose ses services pour les travaux de métallerie: démasselottage, ébavurage, grenaillage, sablage, brossage, polissage, parachèvement et vente d’acier pré-laqué en bobine, tôles planes, feuillards…

A la découverte d’un des fleurons de l’industrie à Louvroil autrefois : USINOR

Victor Dumont, industriel belge qui à la suite de difficultés d’exploitation, transporta en 1857 à Louvroil ses ateliers de Montigny-sur-Sambre.

Initialement, l’usine établie entre la voie ferrée Sous-le-Bois Maubeuge et la Sambre, comporte des fours à puddler et un certain nombre de laminoirs.

Implantée sur la rive gauche de la Sambre, elle constitue une partie de l’usine ultérieure.

Aux débuts, la fabrication est limitée aux fours marchands et aux feuillards; plus tard, on y ajoute le laminage des poutrelles et des petits profilés, puis enfin, à partir de 1876, la fabrication mécanique des fers à cheval.

L’ESPÉRANCE

En 1883, la Société en commandite Victor Dumont et Cie est transformée en Société anonyme. Elle devient la SA des Usines de l’Espérance, appellation qui a persisté longtemps dans la région.

la nouvelle société de l’Espérance se lance dans la fabrication de la fonte en 1903, en rachetant à la Société Vezin Aulnoye, en voie de dissolution, ses deux hauts fourneaux, dont le premier a été mis à feu en 1843.

En 1910, la Société des Usines de l’Espérance acquiert des terrains sur la rive droite de la Sambre, fait construire deux hauts fourneaux (mis à feu en 1912), une aciérie Thomas et un laminoir dégraisseur. C’est l’embryon de l’usine nouvelle.

A la veille de la première guerre mondiale, en 1912, les usines produisent 143000 tonnes de fonte et 153000 tonnes d’acier et comptent un effectif de 1900 ouvriers.

De 1914 à 1918, l’usine est soumise à un pillage systématique. En 1916 les allemands procèdent à l’enlèvement de toutes les pièces en cuivre et en bronze des machines. Au cours de l’année 191, ils démolissent d’abord l’ancienne usine puis démontent les installations de la nouvelle usine, qui prennent le chemin de l’Allemagne.

Après la guerre, les responsables de l’usine se préoccupent de la reconstruction et de la modernisation de l’usine, dont les fours à puddler sont tous supprimés.

entre-temps, la Société des usines de l’Espérance a fusionné, en 1921, avec la Société des Forges et aciéries du Nord et de l’Est.

L’usine reprend son activité en 1922, un troisième haut fourneau est construit et mis à feu en 1929. A cette époque, l’usine comprend, outre ses hauts fourneaux, une aciérie Thomas, un blooming et trois trains de laminoirs : un train à feuillard de 280, un train double de 350 pour profilés et bandes à tubes, un train double de 280 pour profilés et laminés marchands.

En 1933, le Nord-est fusionne avec la Société des Hauts Fourneaux et Laminoirs de Montataire et de la Sambre, qui résulte elle-même de la fusion en 1929 de la Société des Hauts Fourneaux et Laminoirs de la Sambre à Hautmont.

A la suite de cette opération, l’usine de Louvroil se voit complétée par l’usine d’Hautmont ( celle-ci datée de 1872 fut créée par la société Michel Helson et Cie et comportait à l’origine deux hauts fourneaux puis en 1908 trois fours Martin destinés à alimenter ses laminoirs).

En 1948 la Société des forges et aciéries du Nord Est fusionne avec la société des Aciéries de Denain-Anzin, afin de constituer USINOR, un groupe sidérurgique puissant qui créera en France le premier ensemble de trains continus à bandes à chaud et à froid.

En 1960 les installations de Louvroil comprennent : une batterie de trois hauts fourneaux, une aciérie Thomas de quatre convertisseurs de 25 tonnes, un blooming avec cages à billettes, un train de laminoir double de 350, un train de laminoir double de 280 ( le deuxième train de laminoir de 280, spécialisé dans la fabrication des feuillards a été arrêtée après la fusion), un atelier de fabrication de ronds Tor dont la première machine a été mise en service en 1954. la production, à cette époque, est de 350 000 tonnes d’acier Thomas par an, et la production de laminés marchands atteint 262 000 tonnes en 1960. Pour information Hautmont dispose d’un train de laminoir de 325, un de 260 et d’un atelier de parachèvement de laminés spéciaux et de profilés pour menuiserie métallique, fabrications dans lesquelles cette usine est désormais spécialisée.

En 1960 commencent les travaux du haut fourneau B, d’un diamètre de creuset de six mètres, qui sera mis à feu en octobre 1961.

La fusion d’USINOR avec Lorraine-Escaut en 1966 apporte à Louvroil l’usine voisine de Maubeuge Sous-le-Bois. Celle-ci, dite du « Nord », fondée en 1837 par M Hamoir était dotée en 1840 d’un premier haut fourneau puis d’un second. Les Hauts Fourneaux du Nord prennent ultérieurement le nom de Hauts Fourneaux de Maubeuge. En 1883 cette dernière fusionne avec les établissements du baron Huart à Senelle, donnant naissance à la Société Senelle Maubeuge. On y supprime en 1900 les hauts fourneaux puis les fours à puddler pour ne conserver en 1914 qu’une fonderie, des laminoirs et d’importants ateliers. En 1953 le fusion de Senelle Maubeuge avec Lorraine-Escaut entraîne pour l’usine de Sous-le-Bois une profonde modification de son activité axée désormais sur le laminage de petits fer marchands au train de 300 et sur la fabrication de fers Caron à haute limite élastique.

A Louvroil de 1961 à 1969 les trois hauts fourneaux furent remplacés par un seul haut fourneau dit presse-bouton, considéré en 1963 comme le plus moderne d’Europe, cessa de fonctionner 6 ans plus tard. Sa construction avait coûté 5 milliards de francs. L’usine occupait en 1967 2400 ouvriers. Après 1969, pendant quelques années, elle occupera encore 840 personnes dont 650 ouvriers travaillant en 3 postes au laminoir.

Lorsque le haut fourneau « presse bouton » cessera de fonctionner, il amorcera peu à peu le déclin d’USINOIR Louvroil. Un matin, le 4 novembre 1977, la sirène retentit pour la dernière fois. Les quelques centaines de travailleurs qui restaient encore ont alors jeté un regard nostalgique sur leur entreprise, sur ces immenses bâtiments en béton ou en ferraille, sur ces 56 hectares de ce qui devenait déjà …des friches industrielles. il ne reste plus actuellement que la tour de dosage et le château d’eau. Source : Brochure réalisée par des élèves du Collège J Brel 1984

résumé :
L’usine de Louvroil fut fondée en 1851 par Victor Dumont. Après des agrandissements successifs, elle prit le nom d’Usine de l’Espérance. Elle était un établissement de la Société des Forges et Aciéries du Nord et de l’Est et, à partir de 1948, du groupe A de la société Usinor (produits longs). Lorsque l’on décide d’arrêter la production, en 1977, l’usine employait 700 personnes, contre 2 400 en 1967.

Tourisme :

Louvroil peut s’enorgueillir de ses réalisations modernes : parc fleuri, quartiers modernes, plan d’eau, etc.

Commune de Louvroil.
Parc du centre ville Photo Mairie

Ce bel écrin de verdure abondamment fleuri fait le bonheur des promeneurs qui empruntent cette coulée verte qui va de la route d’Avesnes à la médiathèque.

Commune de Louvroil.
Plan d’eau du Paradis

En 1959 le lac du Paradis naissait, histoire d’un projet un peu fou.

L’idée germa dans l’esprit de la municipalité en 1953, Maurice Cauchie, adjoint au maire de l’époque (Michel Laloux) ayant auparavant rencontré à Paris un architecte urbaniste. Plusieurs problèmes se posèrent.
-Achat des terrains ; il a fallu négocier pendant 11 ans afin d’obtenir les 10 hectares 85, dont 2 hectares sort en eau soit un volume de 20.000 m3 d’eau.
-Etude du débit,afin de voir si l’étang serait alimenté suffisamment par une rivière. La source du ruisseau du Paradis près du collège est tarie. Ce ruisseau passait sous la RN2. Tout est couvert maintenant. Une autre source, située sur la commune de Beaufort, près du fort de Bourdiaux, avait suffisamment de débit; on étudia ce dernier pendant 2 ans. Les graphiques montrèrent que son débit minima était supérieur aux pertes par le sol, ou par évaporation. Il était 3 a 4 fois plus important que ces pertes.

Restait à savoir si ce ruisseau était permanent. Il existait déjà depuis 200 ans, donc cette source était naturelle, on pouvait estimer qu’elle serait stable.

-Nature du sol : ce sont des limons et schistes clivés. On mit 40 à 50 cm d’argile, prise près du cimetière pour que le fond soit étanche. Mr Mosin avait aidé aux travaux.

– Il fallut trois mois pour la mise en eau. La profondeur moyenne était de 2 m. Mais l’étang s’est vidé peu après, du fait de l’action d’animaux. Il fut remis en état. Sa mise en eau définitive date de 1972. Une partie plus profonde, 4 à 5 m, se situe en aval près de la vanne de sortie, au niveau de la ligne de flotteurs. Cette vanne est un écoulement pour le trop plein et dispose d’une évacuation a 30 ° au cas où une personne viendrait à y tomber. En effet à l’origine, il avait été prévu qu’une partie du lac serait réservée à la baignade mais il fallut y renoncer du fait d’une eau trop polluée. Les plantations furent ensuite, en partie, effectuées par les élèves du CEG, sous la conduite de Mr Laloyaux.

Plan d’eau du Paradis
« Du Visage au Regard universel », sculpture en pierre de Soissons réalisée en 2000 par le sculpteur Bruce Clicq. 
Vue aérienne de Louvroil Photo Mairie
Vue aérienne de Louvroil Photo Mairie