
Les seigneurs de Gommegnies comptaient parmi les familles les plus anciennes et les plus respectées du Hainaut. Leur nom apparaît déjà en 1200, lors de la promulgation de la Grande Charte du Hainaut, solennellement jurée à Mons par Bauduin de Constantinople. Cette présence atteste qu’ils faisaient partie des vassaux majeurs du comté, au même rang que les seigneurs de Bousies, de Bavay ou de Berlaimont. Leur influence se maintint au fil des siècles : au XVIIᵉ siècle, les archiducs Albert et Isabelle élevèrent la terre de Gommegnies au rang de baronnie, l’une des vingt‑deux du Hainaut, avec droits de haute justice et privilèges seigneuriaux étendus.
Cette importance politique entraîna aussi le village dans les conflits européens du XIVᵉ siècle. En 1340, Gommegnies fut brûlé par le duc de Normandie, Jean, futur Jean II le Bon, dans une campagne punitive visant les seigneurs hennuyers alliés à Édouard III d’Angleterre. En 1359, les troupes françaises revinrent saccager le village, toujours en représailles de cette alliance anglo‑hennuyère. Ces deux destructions montrent que Gommegnies n’était pas un simple village rural : il occupait une position stratégique, engagée dans les rivalités franco‑anglaises qui secouaient le Hainaut.
Le château de Gommegnies, plusieurs fois reconstruit après ces événements, resta le centre politique de la baronnie : motte primitive, premier château en pierre dès le XIIIᵉ siècle, reconstructions après les incendies, agrandissements aux XVIᵉ et XVIIᵉ siècles. Il abritait salle d’audience, prison seigneuriale, granges dîmières et colombier, symboles de la haute justice exercée sur la terre.
Ainsi, derrière les quelques lignes des chroniques, se dessine une histoire plus vaste : celle d’une famille seigneuriale influente, d’un village plusieurs fois ravagé, et d’une baronnie du Hainaut engagée dans les grands enjeux politiques de son temps.







Les parties les plus anciennes de l’église Notre‑Dame de l’Assomption dateraient de 1568, ce qui en fait un édifice de la fin de la Renaissance, à une époque où de nombreuses paroisses du Hainaut reconstruisent ou agrandissent leurs sanctuaires après les troubles du XVIᵉ siècle. La tourelle de brique et de grès, située à l’arrière de l’église près du chevet, remonterait à 1636 puis 1701. Ses ouvertures étroites, semblables à des meurtrières ou à des postes de guet, témoignent d’une époque où les églises rurales pouvaient jouer un rôle de refuge ou de poste d’observation, notamment durant les guerres franco‑espagnoles du XVIIᵉ siècle.
L’élévation sud a été remaniée en 1701, ce qui correspond à une phase de modernisation fréquente dans les églises du Hainaut, souvent marquée par l’ajout de baies plus larges ou de contreforts renforcés. Le clocher, quant à lui, a été reconstruit en 1866, dans le contexte des restaurations du XIXᵉ siècle, période où de nombreuses paroisses ont relevé ou modernisé leurs tours, parfois dans un style néo‑gothique ou néo‑roman selon les architectes locaux.
L’ensemble de l’édifice présente ainsi une stratification typique des églises de l’Avesnois :
- un noyau du XVIᵉ siècle,
- des ajouts défensifs ou semi‑défensifs du XVIIᵉ,
- des remaniements classiques du XVIIIᵉ,
- et une restauration du XIXᵉ siècle.
Cette superposition de périodes fait de Notre‑Dame de l’Assomption un témoin précieux de l’évolution architecturale des sanctuaires ruraux du Hainaut, entre fonction religieuse, adaptation aux conflits et modernisations successives.


À l’intérieur, l’église adopte un plan à trois nefs et trois travées. Les arcades ogivales reposent sur des colonnes coiffées de chapiteaux toscans, témoignant du mélange des styles des XVIIᵉ‑XVIIIᵉ siècles. Les retables sont de style Louis XIII, tandis que les boiseries du chœur, dont les lambris du XVIIIᵉ siècle, relèvent de la Renaissance. Plusieurs pierres tombales subsistent, dont celle du comte Michel‑Joseph Franeau d’Hion, dédiée à son épouse. La chaire est ornée de sculptures en demi‑bosse représentant le Bon Pasteur entouré des symboles des quatre évangélistes : l’ange de Matthieu, l’aigle de Jean, le bœuf de Luc et le lion de Marc.







Ministère de la culture – base Mémoire Auteur Moreau-Vauthier Paul (sculpteur)


La salle des fêtes de Gommegnies, située Place du Général‑de‑Gaulle, est un équipement communal moderne créé en 1983 . Dédiée à la gestion de salles de spectacles, elle accueille les manifestations locales et la vie associative du village. La commune dispose également de la salle de la gare, réhabilitée au début des années 2020 avec la création d’un foyer et des travaux d’isolation récents. Les réservations pour ces deux équipements se font directement auprès de la mairie.

Le monument commémoratif de la guerre de 1870‑1871 de Gommegnies se présente sous la forme d’un pilier en colonne, surmonté d’une urne et d’une croix latine, selon l’esthétique sobre des monuments élevés dans les petites communes du Nord à la fin du XIXᵉ siècle. Il rend hommage aux enfants de la commune tombés lors du conflit franco‑prussien, dont les noms – soldats de ligne, mobiles, artilleurs ou chasseurs – sont gravés sur la face principale. Par sa simplicité et sa verticalité, ce monument perpétue la mémoire des Gommegniens engagés dans la défense du territoire, et s’inscrit dans la tradition des premiers monuments commémoratifs ruraux du département.


Symbolique : Soldat casqué et équipé, le fusil à la main droite, pointant le bras gauche vers les cieux, foulant des débris dont un casque allemand. Au sommet du monument une croix de guerre et à la base une couronne traversée par un rameau de laurier.

« Le kiosque, qui date d’après 1930, délaissé peu à peu par la fanfare au profit de la salle–des-fêtes pour une meilleure acoustique et par commodité, après être devenu uniquement un terrain de jeux des enfants du Centre, s’est insensiblement détérioré.Quand les travaux de rénovations furent trop importants pour les finances communales, la municipalité décida de le démonter en 1972 ». Source Jean Pisson.

Édifiée entre 1864 et 1877 grâce au financement des habitants, l’église du Carnoy est un bel exemple d’architecture néogothique rurale. Son clocher‑porche à flèche polygonale, ses façades rythmées par des baies en arc brisé et ses contreforts lui donnent une silhouette élancée. À l’intérieur, la nef à trois vaisseaux est portée par de grandes arcades brisées, tandis que le chœur, éclairé par des lancettes et des oculi, reçoit une voûte rayonnante. Achevée par la flèche en 1881, l’église du Carnoy illustre la volonté des habitants de doter leur hameau d’un lieu de culte moderne et représentatif de son dynamisme au XIXᵉ siècle.




Au XXᵉ siècle, le château de Carnoy a été la propriété de Célestin Hennion (1862‑1915), natif du hameau de Carnoy et figure majeure de l’histoire policière française. Directeur de la Sûreté générale en 1907 – période des célèbres Brigades du Tigre – il fut également maire de Gommegnies‑Carnoy de 1908 à 1913, avant d’être nommé préfet de police de Paris en 1913 puis commissaire général auprès du gouvernement belge réfugié au Havre en 1914.
Le château fut acquis en 1962 par M. et Mme Boutique, qui y développèrent à partir de 1975 une activité spécialisée dans le mobilier haut de gamme, les tissus et les objets d’art, poursuivie jusqu’en décembre 2017.
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Au hameau de Carnoy est né en 1884 le romancier René Jouglet :
Fortement aidé par Célestin Hennion pour ses qualités d’écrivain et de poète, il laisse 30 romans et de nombreuses critiques littéraires. Ses ouvrages : de « L’enfance abandonnée » au « Grand carnaval ». Il faut retenir « Les paysans » en deux volumes. « Enfance et jeunesse », « L’apprentissage » évoquent ses souvenirs d’enfance et les paysages de l’Avesnois où il a vécu au temps de sa jeunesse. Il fut Secrétaire de la Confédération Internationale des Auteurs et Compositeurs de Musique jusqu’en 1960.

Mentionnée en 1724 comme maison Delegove, cette demeure appartenait à un officier des Eaux et Forêts du Quesnoy, dont les biens sont détaillés dans le rôle de capitation de 1726. Occupée au XVIIIᵉ siècle par le bailli Duwooz, elle n’a conservé que quelques maçonneries anciennes. Selon la tradition, elle fut reconstruite au XIXᵉ siècle par le baron de l’Épine, propriétaire également du château de Wargnies‑le‑Petit. Les cadastres du XIXᵉ siècle montrent la formation progressive du domaine, avec porche, logis, écuries, tour néogothique et serre. La décoration du salon d’honneur fut achevée en 1892 par le peintre Édouard Clément. Longtemps délaissée, la demeure est aujourd’hui en rénovation.


Le château de Gommegnies est l’ancien château seigneurial du village, dont l’origine remonte au milieu du XVe siècle. Il appartenait alors aux seigneurs de Gommegnies, notamment la famille de Croy entre 1445 et 1504, avant que la seigneurie ne soit érigée en comté en 1614.
L’édifice visible aujourd’hui conserve quelques portions de l’ancienne habitation seigneuriale, mais il a été reconstruit en 1617 (élévation sur rue) puis largement remanié vers 1880, ce qui explique son aspect plus moderne. Situé près de la place‑forte du Quesnoy, le château a subi de nombreuses destructions au fil des siècles, notamment lors des conflits médiévaux et modernes.
Transformé ensuite en habitations, il demeure un témoin discret mais essentiel de l’histoire féodale de Gommegnies, rappelant l’ancien centre de pouvoir local et l’importance stratégique du village dans le Hainaut.
Le moulin du Fromentel

1 autre moulin à Gommegnies : celui de la Basse Cour




La gare de Gommegnies, ouverte en 1885, s’inscrit dans le grand mouvement d’essor industriel et forestier qui marque la commune à la fin du XIXᵉ siècle. Implantée dans le secteur du Carnoy, elle accompagne l’expansion des hameaux où s’installent alors ouvriers du bois, briquetiers et travailleurs du chemin de fer. Cette gare, modeste mais structurante, reliait Gommegnies aux réseaux ferroviaires régionaux et contribua à l’intégration du village dans les circulations économiques du Hainaut. Désaffecté après l’arrêt du trafic, l’édifice a été progressivement adapté aux besoins du village. Au début des années 2020, la commune a engagé une modernisation de l’ensemble, permettant de redonner usage et confort à ce lieu issu du passé ferroviaire. Intégré désormais à la vie associative, il conserve la mémoire d’un équipement qui contribua autrefois aux échanges et à l’activité du territoire.

Dans les années 1870, Gommegnies connaît une forte croissance de ses hameaux, liée à l’exploitation forestière, aux briqueteries et à l’arrivée du chemin de fer. C’est dans ce contexte qu’apparaît une savonnerie locale, mentionnée dans les archives comme l’un des petits ateliers industriels du Carnoy. Elle employait des ouvriers du village et participait à l’économie artisanale du secteur, aux côtés des métiers du bois et des briqueteries.
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De son riche passé Gommegnies a conservé le blason orné d’une licorne : animal fabuleux à corps de cheval avec une corne unique blanche et noire sur le front, symbole de force et de virginité et qui était censée neutraliser le poison.



