
La Longueville parait tirer son nom d’une « villa » ou « ferme » située sur l’ancienne chaussée romaine allant de Bavay à Trêves. L’aqueduc qui alimentait Bavay passait par La Longueville. Cependant il n’est fait mention du village qu’à partir du XI e siècle. Il fut alors élevé à l’époque de Richilde et de son fils Bauduin, au rang de l’une des douze pairies du Hainaut.
Les seigneurs de la famille de Werchin possédèrent la pairie dès 1150-1160.
La dernière héritière, Philipotte de Werchin en épousant Jean de Barbançon (1354-1415), transmit par ce mariage la seigneurie de La Longueville à la maison Barbançon. Leur fille Jeanne de Barbençon (1400- ?) se maria en 1432 à Jacques de Ghistelles (1395-1452). Leur fils Jacques de Ghistelle possédait cette prairie en 1473 consistant en terres, maisons, bois, moulins, rentes, haute, moyenne et basse justice .
La terre de La Longueville fut enssuite aux mains de la maison de Ligne et de Croÿ. Puis Philippe Louis d’Egmont (1623-1682), comte d’Egmont, prince de Gavre, marquis de Renty, seigneur de Chièvres,officier et ambassadeur au service du roi d’Espagne, devint seigneur de La Longueville par son mariage en 1659 avec Marie Ferdinande de Croÿ (1636-1683).
La Longueville passa ensuite aux familles des Pignatelli-Bisachia et de Luynes et en 1789, au sieur Bady, comte de Normond.
Le village appartenait autrefois à la prévôté de Bavay, mais le chapitre de Maubeuge y prélevait la dîme et y possédait d’importants biens.

Le chœur de l’église de La Longueville, daté du XVe siècle, est un bel exemple de gothique tardif : abside polygonale, hautes baies en arc brisé et élévation soignée autour du maître‑autel, cœur de la liturgie médiévale.
Accolée au chœur, la petite sacristie hexagonale est postérieure (fin XVIIIᵉ–début XIXᵉ siècle). Elle n’appartient pas au chœur médiéval, mais s’y greffe pour des raisons pratiques.
En 1859, la nef et le clocher furent restaurés, dans le cadre d’une campagne de modernisation de l’édifice.
En mai 1940, lors des bombardements qui touchèrent le village, le clocher fut incendié et dut être reconstruit par la suite.

L’intérieur est intéressant. On peut y voir :

une chaire de vérité de 1631, avec l’effigie des quatre évangélistes.

un très beau Christ en croix qui semble provenir d’une ancienne poutre de gloire XVI e siècle.

Sous ce christ un autel qui est en fait une table Louis XV avec sous cette table aux pieds galbés un Christ au tombeau.




L’ancienne salle des fêtes de La Longueville apparaît déjà sur les cartes postales du tout début du XXᵉ siècle, aux côtés de la mairie, formant un ensemble architectural emblématique du cœur du village. Sa façade monumentale en briques, rythmée par trois grandes arcades de style néo‑classique, témoigne d’une construction antérieure à 1920, probablement pensée comme salle de réunions publiques, maison des sociétés ou halle communale. Elle a ensuite servi, pendant plus d’un siècle, de salle des fêtes où se déroulaient bals, banquets, assemblées et manifestations locales.
Avec le temps, le bâtiment n’a plus pu assurer sa fonction festive : son intérieur ne répondait plus aux normes de sécurité et d’accessibilité. La municipalité a donc choisi de lui attribuer un nouvel usage, en le transformant en salle dédiée au réchauffage des plats lors des événements communaux.
Pour remplacer cet équipement devenu insuffisant, le conseil municipal a lancé, fin 2018, la construction d’une nouvelle salle polyvalente. Ce complexe moderne, baptisé Espace Sportif, Festif, Culturel et Intergénérationnel Nicolas Ladrière, est implanté derrière le parking de l’école, au sein de l’Espace Roger Batailler. Conçu pour une polyvalence totale, il accueille désormais les activités sportives (basket, handball, tennis), les événements culturels, les réunions associatives et les fêtes communales. Une salle festive moderne, disponible à la location, complète l’ensemble.
Enfin, la commune dispose aujourd’hui d’une Bibliothèque pleinement opérationnelle et située au 5 rue de Mons. Plutôt qu’une structure strictement indépendante, elle fonctionne comme un relais de lecture publique, proposant des ateliers, des animations, des actions culturelles et un accès aux ressources locales. Installée dans l’ancien local de la Poste, entièrement réhabilité, elle constitue désormais un véritable lieu de rencontre et de dynamisation culturelle au cœur du village.

Érigé entre 1920 et 1922, le monument a été réalisé par la Société granitière GAUDIER‑REMBAUX d’Aulnoye, pour un coût de 7 700 francs, financé par une souscription publique (4 736 frs) et un crédit communal (2 964 frs). C’est un monument communal en pierre grise, de type obélisque sur pilier, orné d’armes entrecroisées, d’un casque, d’une palme et d’une guirlande. Il est entouré d’une haie végétale et situé près de l’église, le long de la Grand‑Rue (RD 68). Il commémore les soldats de La Longueville morts aux conflits de 1870‑71, 1914‑18, 1939‑45, Indochine et Algérie.



Un avion américain ( le P 51 Mustang n° 44-15331) s’est écrasé le 15 janvier 1945. Les restes de l’avion et le corps du pilote ne furent retrouvés qu’en 2001.

Le Lieutenant William Patton Jr fut tué le 15 janvier 1945 alors qu’il effectuait une mission de reconnaissance météorologique. Il avait décollé de la base de Wormingford, située à 9,7 km au nord-ouest de Colchester dans l’Essex en Angleterre. Le contact radio fut perdu suite à un 180 ° dans le brouillard vers 11 h 15.

Economie :
L’agriculture, l’élevage et la sylviculture furent les activités dominantes.

Sur le sol de la commune, on comptait autrefois deux moulins à eau, une brasserie, deux briqueteries, quatre carrières de sable et de nombreuses fermes, dont certaines du XVIIIᵉ siècle subsistent encore aujourd’hui.
Les moulins :
Un moulin à eau existe sous l’ancien régime et un second est bâti durant la période révolutionnaire. Cliquer ici pour mieux appréhender leur histoire.



La brasserie :


Une ancienne légende raconte que la fontaine serait née d’un épisode merveilleux lié à Sainte Aldegonde, native de Cousolre et fondatrice de Maubeuge au VIIᵉ siècle. Un prince anglais, Eudon, épris de la jeune fille, tenta de l’enlever alors qu’elle traversait La Longueville. Aldegonde, refusant ses avances, chercha à s’échapper. Le prince parvint à saisir un pan de son vêtement, mais au même instant, la sainte disparut miraculeusement. Dans sa main, il ne tenait plus qu’une grenouille, qu’il jeta de dépit.
À peine l’animal toucha‑t‑il le sol qu’une source jaillit, marquant l’endroit d’un signe divin. Depuis lors, la fontaine est considérée comme un lieu protecteur, associé à la pureté, à la fuite miraculeuse de la sainte et à la puissance de l’eau dans les récits hagiographiques.
Cette légende, rapportée notamment dans le Guide de Flandre et Artois mystérieux, s’inscrit dans la tradition médiévale où les saints laissent derrière eux des sources guérisseuses, des fontaines miraculeuses ou des traces de leur passage. À La Longueville, la Fontaine Sainte‑Aldegonde demeure ainsi un élément majeur du patrimoine local, mêlant histoire, dévotion et merveilleux.
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Notons qu’à la fin du printemps 2022, à l’initiative du président Laurent Gilliot de l’association Chapelle Sainte Aldegonde, un chemin de randonnée va voir le jour avec quatre à cinq itinéraires afin de mieux faire découvrir le patrimoine de ce village.
Depuis, le projet s’est concrétisé avec la création de plusieurs parcours officiels, dont le circuit “De Sainte‑Aldegonde à Patton” et le grand itinéraire thématique “Dans les pas de Sainte‑Aldegonde”.


